Salut les loulous !

C'est un chapitre particulier que nous postons aujourd'hui. En effet, ceci est le quarantième chapitre de ce deuxième tome. Ce qui fait de lui aussi le 73ème chapitre de cette trilogie. On aurait jamais cru que ça prendrait cette ampleur, alors merci à vous tous d'être encore là.

C'est aussi un chapitre spécial car à l'heure où j'écris ces mots, nous avons très exactement 500 reviews. C'est juste incroyable, extraordinaire et on est super fières et heureuses du soutien que vous nous avez donné et de l'enthousiasme, l'attachement que vous avez pour cette fiction. C'est vrai qu'il nous arrive de râler, à l'occasion, mais bon sang, qu'est-ce-qu'on vous aime !

La semaine dernière, le forum (même s'il est un peu à l'abandon) à fêter son premier anniversaire. On voulait faire quelque chose pour fêter ça, mais le temps à jouer contre nous et on est à la bourre. Mais on va finir notre petite surprise et la poster sur le forum, alors aux inscrites, gardez les yeux ouverts. C'est un remerciement à toutes celles qui ont pris un jour le temps de participer sur le forum, donc même si vous n'êtes plus vraiment actives, n'hésitez pas à aller voir notre surprise (une fois qu'elle sera mise en ligne, of course).

Un grand merci, donc, à Rosevalyne, Valentine2905, Amazaria, Juste Cllia, l'Avadakedavrateur, EmmaUneLectrice, Vastrid, Stilandra Black, Elenna-Hellenika, Choubi Ghetto, Annabet Lovegood, Dean Girl et Flamres !

Nos petites anonymes trouveront la réponse à cette adresse : (h)(t)(t)(p:)(/)(/)(cellesqui.)(forumactif.)(org/)(t119-reponses-aux-reviews-anonymes-du-chapitre-39-celle-qui-etait-vip#2244)

Je vous laisse donc avec le chapitre,

Bonne lecture.


CHAPITRE XXXX

Celles qui voulaient dire la vérité

Avril 1979 :

Morgane venait à peine de quitter leur table, après s'être excusée, que Fergus sentit se poser sur lui le regard insistant et inquisiteur de Kathleen. Il arqua un sourcil, étonné, se demandant pendant un instant à quelle sauce il allait être manger.

- Oui? S'enquit-il, sans manquer de jeter un coup d'œil vers la table de Regulus et Terry qui regardaient Morgane passer à côté d'eux plus ou moins discrètement.

- Morgane insiste sur le fait qu'il n'y a rien entre vous, lança-t-elle en continuant à le fixer.

Gideon poussa un soupir et grommela quelque chose qui ressemblait à "qu'est-ce qu'on en a à faire au fond?" dans son verre de vin blanc.

- Et j'imagine que tu ne la crois pas? Je peux utiliser le tutoiement? Après tout, nous sommes en train de parler de ma vie privée et de ta sœur, ça rapproche, fit Fergus en haussant les sourcils d'un air charmeur ce qui lui valut un regard noir de la part de l'auror. Allons, allons Gideon, on peut se tutoyer aussi, sourit-il, c'est ta future belle-soeur après tout.

- Pas la peine de me le rappeler.

Kathleen jeta un regard faussement offusqué à Gideon, qui lui fit une grimace amusée. Son fiancé avait beau râler contre Morgane, s'en plaindre et soupirer de ses idioties, Kathleen savait qu'il y était très attaché. Lorsqu'elle le lui faisait remarquer, il lui répondait simplement quelque chose du style "je l'aime parce que toi tu l'aimes" mais Kathleen n'était pas dupe. Il était l'un des instigateurs de leur réconciliation, après tout. Même s'il l'avait soit disant fait parce qu'il ne supportait pas de voir la femme de sa vie si mal, la jeune créatrice le connaissait assez pour savoir que l'exubérance de la petite blonde lui avait manqué, à lui aussi.

- Bref, reprit-elle. A vrai dire, peu m'importe ce que tu fais ou ne fais pas avec elle dans son lit ... ou partout ailleurs, connaissant Morgane, je doute qu'elle se limite à ...

- Kathleen, arrêta Gideon, qui n'avait vraiment pas envie de connaître les pratiques sexuelles de sa future-belle-sœur.

- Oui, désolée, je m'égare. Je veux simplement m'assurer que quelqu'un veille sur elle. Elle est fragile en ce moment, même si j'ignore pourquoi ... Tu t'en sens capable ? Parce que je te préviens, dit-elle en s'assombrissant, faisant frissonner un instant Fergus, si tu lui fais le moindre mal, non seulement je te pète les dents mais je m'assurerais que ta descendance ne voit jamais le jour, c'est clair ?

- On ne peut plus clair, s'empressa d'approuver Fergus avec un sourire crispé. Et pour être honnête, je ne demandais qu'à m'occuper d'elle, dans tous les sens du terme, ajouta-t-il en espérant alléger l'atmosphère, mais elle m'a rejeté sans la moindre pitié pour mon petit cœur en mal d'amour !

Kathleen jeta un regard à Gideon qui semblait avoir du mal à contenir son sourire amusé. Elle ne savait pas vraiment pourquoi Morgane avait rejeté les avances de Fergus, ils semblaient vraiment bien s'entendre mais après tout, peut-être ne le voyait-elle vraiment que comme un ami. Ce qui lui paraissait le plus étrange c'était que quelque mois plus tôt, Morgane n'aurait probablement pas résisté bien longtemps au jeune homme, voir même, elle l'aurait dragué elle-même. Avait-elle des vues sur quelqu'un? Se demanda-t-elle... non, elle ne lui aurait pas caché quelque chose de tel... Elle était peut-être juste dans une période de sa vie où elle était mieux seule, après tout, sa sœur était une jeune femme indépendante et forte, et n'avait pas besoin d'un homme dans sa vie pour se sentir exister.

- D'ailleurs elle est tombée dans le trou des toilettes? Demanda Fergus ne voyant pas la blonde revenir à leur table.

- Pour ça il faudrait qu'ils aient des toilettes pour enfants, se moqua Gideon, faisant ricaner Kathleen.

- Heureusement qu'elle ne t'entend pas, sourit le jeune McLaggen.


Morgane soupira en s'essuyant les mains après les avoir lavées et se dirigea ensuite vers la porte pour rejoindre ses amis. Cependant celle-ci s'ouvrit, laissant apparaitre nulle autre que la jeune femme qui accompagnait Regulus, surprenant Morgane qui recula d'un pas, tentant de contrôler tant bien que mal son expression faciale, mais échouant lamentablement.

- Oh, re-bonsoir! Sourit la jeune sorcière que Fergus avait appelé Teddy... à moins que ça ne soit Terry ?

- Bonsoir, répondit Morgane le ventre noué par le mal-être.

C'était difficile de lui en vouloir d'être venue avec Regulus lorsqu'elle lui souriait comme ça... de toute façon, c'était déplacé de lui en vouloir puisque Regulus était tout sauf sien et que c'était entièrement son choix. Même si elle avait fait ce choix avant qu'il ne soit fait pour elle, elle était bien lucide là-dessus.

- Vous êtes Morgan, c'est ça ? Lui demanda la charmante américaine avec un accent auquel la petite blonde n'avait pas prêté attention lorsqu'elle était venue saluer Kathleen.

- Morgane, corrigea machinalement la concernée en prononçant son nom à la française, observant la jeune femme qui lui faisait face.

Elle ne savait pas si elle devait se sentir flattée que Regulus ait cherché une nouvelle petite-amie qui lui ressemblait étrangement ou si elle devait être vexée de voir que la nouvelle était bien plus mignonne qu'elle, avec ses boucles disciplinées et son absence de teint cadavérique.

- Oh, pardon, s'excusa Terry. Mais Regulus a l'accent anglais et il ne prononce pas votre nom de cette façon ! Déclara-t-elle avec un sourire innocent qui tordit encore plus l'estomac de Morgane.

- Il ... vous a parlé de moi ? Ne put s'empêcher de demander la petite blonde, se détestant d'entendre cette pointe d'espoir dans sa voix.

- Humhum, acquiesça-t-elle en souriant doucement tout en se dirigeant vers les miroirs des toilettes pour se refaire une beauté.

Quelque chose dans son regard fit comprendre à la future médicomage que l'américaine souhaitait discuter avec elle, pire encore, discuter de Regulus, ce qui -évidemment- n'était pas du tout dans l'intention de Morgane.

- Et bien, il a du dire des choses... qui donnent envie de me connaitre, ironisa-t-elle en faisant un pas en avant vers la sortie, malgré sa curiosité.

Bien entendu, une partie d'elle lui hurlait d'arracher des informations à cette nana, mais une autre -beaucoup plus lucide- lui rappelait qu'il s'agissait de la copine, future fiancée ou autre de Regulus et que de toute façon elle ne devait pas s'intéresser à ce genre de choses. Elle ne devait tout bonnement pas s'intéresser à Regulus.

- Allons, vous ne souhaitez pas savoir ce qu'il m'a dit? Demanda l'américaine d'une voix doucereuse.

Morgane lui jeta un regard en biais. Non mais, c'est quoi cette fille? Se demanda-t-elle en fronçant le nez, perturbée. Est-ce qu'elle était jalouse et allait la tuer dans les toilettes? Elle avait espéré mieux comme mort qu'assassinée dans des toilettes publiques comme cette pitoyable et pauvre Mimi Geignarde, mais au moins c'était propre... Et en marbre contrairement à celles de Poudlard. Finalement, quitte à mourir quelque part, le faire dans un restaurant de luxe, c'était pas plus mal. Elle se secoua intérieurement, fatiguée elle-même de sa stupidité. La jeune femme devant elle devait simplement vouloir s'assurer qu'aucune ex encombrante viendrait foutre en l'air une union avantageuse pour elle. Morgane était d'avis que la petite blonde avait plus à craindre de Léonidepoule que d'elle-même mais bon ...

- Pas particulièrement, mentit-elle néanmoins effrontément. J'ai définitivement coupé tous liens avec Regulus Black lorsqu'il a fait du mal à ma sœur.

- Il le regrette, vous savez ... De l'avoir blessée, même si j'ignore ce qu'il s'est passé ... j'ai vu tellement de douleur dans ses yeux lorsqu'il la regardait ... et tellement d'incompréhension et de regrets lorsqu'il posait son regard sur vous, finit-elle en plongeant ses yeux bleus dans ceux de Morgane, qui déglutit.

- J'ai pourtant été claire avec lui, bafouilla la médicomage d'une voix incertaine.

- Pas assez semblerait-il, lança Terry plongeant Morgane dans ses pensées.

Regrets? Incompréhension?! Lui dire qu'elle ne voulait plus le voir et qu'ils ne pouvaient pas être ensemble, qu'ils finiraient par se détruire mutuellement et tout ce qu'elle lui avait dit dans son appartement ne suffisaient pas pour qu'il comprenne ses motivations? Il fallait qu'elle lui explique par a+b pourquoi ils ne pouvaient pas se voir? Ou lui envoyer un putain de diagramme par hibou ? Il voulait une beuglante au petit déjeuner lui aussi? Quel abruti congénital! Elle s'était refusée de lui avouer directement qu'elle avait commencé à avoir des sentiments pour lui, mais était-il aveugle au point de ne pas s'en être rendu compte ce fils de harpie boiteuse?

- Vous avez l'air en colère... Intervint Terry dont elle avait totalement oublié la présence.

- Je devrais pas l'être? Grogna l'ancienne Gryffondor, les sourcils froncés, intimidant un peu son interlocutrice qui ne s'était pas attendue à ce que la blonde se mette dans cet état d'un seul coup sans prévenir. Qu'il arrête de chialer dans son coin et qu'il se marie avec qui sa maman a choisi pour lui, donc vous j'imagine et moi-

- Hum non, je ne compte pas me marier avec cette loque, lança Terry avec désinvolture.

Morgane écarquilla les yeux, surprise et peut-être un peu blessée de l'entendre parler de Regulus ainsi, puis laissa échapper un petit rire nerveux et étonné.

- Je ne rirais pas de lui, à votre place, c'est un peu de votre faute s'il est dans cet état, gronda sévèrement Terry en fronçant les sourcils.

Ce qui coupa net l'amusement de la jeune française.

- Comment ça "ma faute" ? C'est pas mon problème s'il se décide pas à se sortir les doigts du fion !

- Mais il est anéanti à cause de son amour pour vous ! Vous lui avez brisé le cœur même s'il refuse de l'admettre. Ça le rend littéralement malade de vous voir avec Fergus !

Morgane secoua la tête, refusant de croire la jeune américaine. Regulus avait peut-être quelques légers sentiments pour elle ... mais pas à ce point-là ! Elle refusait d'être la cause de son malheur. C'était injuste de tout lui mettre sur le dos. Elle souffrait elle-même bien assez comme ça.

- Vous dîtes n'importe quoi, souffla-t-elle.

- C'est pas parce que vous mettez vos bottes dans le four qu'elles vont devenir des biscuits, lança Terry désabusée en secouant la tête, très lasse tout à coup.

Morgane cligna des yeux, ouvrit la bouche, la referma et répéta ce manège plusieurs fois avant de sortir un : "Quoi ?" dépourvu de toute élégance.

- C'est une expression de chez moi, expliqua Terry en haussant les épaules. Ça veut dire que vous pourrez dire ce que vous voudrez, les choses sont telles qu'elles sont et fermer les yeux n'y changera rien.

Morgane renifla d'un air dédaigneux et croisa les bras sur sa poitrine, ne cachant pas son agacement -contre Terry, Regulus, elle-même, le monde entier-:

- Écoute Lucky Luke, commença-t-elle en passant au tutoiement, j'entends et enregistre ce que tu me dis, mais crois-moi, j'irais pas voir Regucon, j'ai été claire avec lui: c'est terminé, trancha Morgane en la regardant droit dans les yeux. Ça me fait de la peine qu'il aille pas bien, je suis pas un monstre, mais on finit tous par se remettre de... d'avoir le cœur brisé si vraiment il a eu son cœur brisé même si j'y crois très moyennement. Je pense plutôt que t'as pas les yeux en face des trous...

- Ne dit pas de lui que c'est un cowboy avant de l'avoir vu monter à cheval! S'agaça Terry, frustrée que la médicomage ne la croit pas. D'accord il est assez froid, mais c'est une apparence!

- Hey, descends de tes grands chevaux Calamity Jane, tu penses le connaitre mieux que moi ? Répliqua la blonde en levant les yeux au ciel face aux expressions qu'employait son interlocutrice. Je nie pas que peut-être il a développé des sentiments pour moi, mais tu pousses avec l'amour et tout le merdier.

Terry pinça les lèvres d'un air contrarié. Des expressions et des jurons colorés de son Texas natal lui traversaient l'esprit mais son éducation l'empêchait de les dire à voix haute. De toute façon, pensa-t-elle en regardant la sorcière qui lui faisait face, le moteur semblait fonctionner mais il n'y avait personne au volant de l'engin. Cette Morgane était soit très peu futée soit très aveuglée par son manque de confiance en eux.

- Alors tu ne vas rien faire ?

- Non.

- Tu vas le regarder s'enfoncer de plus en plus dans son malheur sans t'en soucier ?

- Je te l'ai dis, ce n'est pas mon problème, répéta une nouvelle fois Morgane en détachant chaque mot, même si ça lui crevait le cœur.

- Je le trouvais déjà stupide lui, mais ta bêtise m'épate encore plus.

- Quoi ? S'énerva Morgane en faisant un pas vers l'américaine.

- Ne va pas croire que je n'ai pas vu la façon dont tu m'as regardé ! Siffla Terry en réponse à la colère et l'agacement de la médicomage. T'es aussi dingue de lui que lui de toi !

- Et toi t'es clairement aussi stupide que lui! Si tu as compris que je l'aimais, pourquoi tu me soules alors que je te dis que c'est terminé entre lui et moi ?! J'ai le droit d'avoir mes raisons non?! Continua à s'énerver Morgane, que Terry avait grandement irrité avec sa dernière phrase.

- Comment peux-tu le regarder souffrir si tu l'aimes? Ça doit être insoutenable?! Pourquoi tu t'infliges tout ça? Et puis il a le droit de connaitre ces raisons, si vraiment tu veux pas être avec lui, explique-lui pourquoi!

- Non mais, s'offusqua Morgane face aux ordres que lui donnait la Texane, de quoi je me mêle bordel?!

- Franchement j'en sais rien, se calma Terry, il me fait pitié, tu me fais pitié, ce serait dommage que vous puissiez pas être ensemble quand vos sentiments sont si... purs, s'extasia-t-elle en joignant les mains contre sa joue.

Elle est complètement ravagée, pensa Morgane en fixant la jeune femme d'un air inquiet, se demandant si c'était le moment pour partir en courant, après tout elle s'était suffisamment éternisée dans les toilettes, bientôt quelqu'un allait venir vérifier laquelle avait tué l'autre...

- Sérieusement, tu as vraiment envie de vivre avec des regrets toute ton existence ?

- Par Merlin, vous allez pas fonder un club Fergus et toi sur "les raisons qui font que Regulus et Morgane doivent être ensemble" ?! S'agaça pour de bon Morgane.

Terry allait répliquer lorsqu'une petite vieille entra dans les toilettes, donnant à la petite blonde l'occasion de retourner à l'intérieur de la salle avant que l'américaine ne réplique. Elle fonça droit vers la table de Regulus, telle une fusée et claqua violemment sa main sur la table, faisant sursauter le mangemort.

- Va falloir qu'on cause sérieusement, 'spèce de tête de murlap ! Siffla-t-elle en plongeant ses yeux dans ceux gris décontenancé du jeune Black.

En voyant son air perdu et stressé, Morgane se sentit fondre mais se reprit en voyant arriver Terry de sa démarche gracieuse. Elle se redressa rapidement, tourna les talons et rejoignit sa table, s'installant sous les regards curieux et stupéfaits de ses amis et de sa sœur.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ? Soupira Regulus lorsque Terry repris sa place.

- Oh, trois fois rien. Il y a un dicton chez moi qui dit qu'il y a deux façons de discuter avec une femme et qu'aucune des deux ne fonctionnent. J'aurais jamais cru le dire un jour, mais par Merlin, c'est ma foi vrai !

Regulus n'insista pas, se disant que de toute évidence Morgane lui en dirait plus.


- C'est pas trop tôt! S'exclama Fergus lorsque Morgane se rassit à côté de lui, l'air renfrognée.

- Je peux te demander ce que tu lui as dit? S'enquit Kathleen, en désignant Regulus d'un signe de la tête.

La tablée n'avait en effet pas raté le retour pour le moins énergique de la petite blonde dans la salle du restaurant. Autant dire qu'ils avaient été pour le moins surpris de la voir se précipiter telle une furie enragée vers l'héritier de la maison Black.

- Je l'ai insulté, ça m'a fait du bien, à toi aussi par procuration. Je te fais pas la liste, tu me connais, tu peux la faire toi même je pense, répondit sa soeur en lui offrant un sourire.

Une part d'elle s'attristait de l'aisance avec laquelle elle mentait désormais à Kathleen, elle qui à Poudlard n'était pas capable de lui cacher un secret plus d'une journée.

- Hum... tu l'as perturbé en tout cas... t'as insulté sa mère?

- A ton avis?

Kathleen rit et se fut au tour de Gideon de se tourner vers Morgane pour lui poser une question.

- Mais il s'est passé quoi dans les toilettes pour que tu en sortes avec une envie de l'insulter en public comme ça?

Morgane haussa les épaules d'un air désinvolte.

- Sa meuf est clairement trop bien pour lui, pour un... mangemort, chuchota-t-elle, alors ça m'a soulé, en plus elle posait des questions sur Kat et lui, enfin... tu me connais!

- Je sais pas si c'est vraiment convainquant, soupira Fergus dans son oreille, au fait... je sais que tu voulais me parler ce soir, et moi aussi, mais le serveur me fait de l'œil et...

- Tu veux me planter? S'indigna la blonde en fronçant les sourcils alors que la nourriture arrivait.

-... je ne formulerais pas ça ainsi.

- Nan mais j'ai bien compris que tu préférais t'envoyer en l'air avec lui plutôt que de discuter avec moi, marmonna Morgane en faisant une moue boudeuse.

- Jalouse ? Sourit Fergus, amusé en tirant la peau de sa joue, sous le regard clairement amusée de Kathleen.

- Tu peux toujours crever ! Râla-t-elle en donnant une petite tape sur sa main pour le faire lâcher prise.


- Ce fut un plaisir de vous rencontrer officiellement tous les deux en tout cas ! S'enjoua Fergus devant le restaurant en serrant la main à Gideon, ravi de la soirée qu'ils avaient passé, malgré l'incident "Regulus".

- Allons Fergus, ne soit pas si cérémonieux tout à coup ! Rit Kathleen qui malgré ses menaces avait définitivement adopté le jeune McLaggen. Tu passes à la maison quand tu veux avec la petite teigne.

- Dès qu'elle aura décidé d'arrêter de faire la gueule ! Promit Fergus.

- Je fais pas la gueule, je suis vexée que tu ai trouvé le moyen de m'avoir moi et ton serveur dans la même soirée !

- Il finit tard et il faut bien qu'un gentleman te raccompagne dans ton appartement minable !

- Mon appart' est pas minable, trou du fion !

- Moins que toi c'est vrai! Continua de se moquer Fergus avant de se prendre un coup de pied dans le tibia, lui arrachant un grognement de douleur exagéré.

- La ferme, grogna la blonde avant de porter son attention sur Kathleen et Gideon, on se revoit vite hein? Avec les autres tâches ce serait bien!

- Si par "tâches" tu parles de James, Sirius, Remus, Peter et Lily, oui il faudrait essayer d'organiser ça, sourit sa soeur.

- Quand le temps le permettra, on pourra faire des repas dans le jardin, ce sera beaucoup plus simple qu'à la maison, tous serrés les uns contre les autres, proposa Gideon.

- Ouais, ou Sirius pourrait s'occuper de ça, il a une grande maison ce con! Fit remarquer Morgane en croisant les bras sur sa poitrine.

- Sirius? Organiser quelque chose? Tu lui en demandes beaucoup, ricana Kathleen en glissant sa main dans celle de Gideon qui venait de jeter un coup d'oeil à sa montre. On va y aller, lança-t-elle en souriant.

- Oh oui désolé! Je fais trainer la conversation! S'excusa Morgane. Rentrez bien! Ajouta-t-elle en les regardant s'éloigner, un sourire aux lèvres.

- Ils forment un très joli couple, fit remarquer Fergus alors que les fiancés disparaissaient au loin.

La blonde hocha la tête frénétiquement, fière, un grand sourire aux lèvres. Elle était ravie que sa soeur ait trouvé quelqu'un comme Gideon, elle était certaine qu'il n'allait pas la lâcher de si tôt et si jamais il lui arrivait quelque chose, il restait quelqu'un pour veiller sur Kathleen, en supposant qu'il n'arrive rien à Gideon non plus...

- Allez viens, faut que je te raccompagne chez toi, lui dit-il en lui offrant son bras la sortant de ses sombres pensées.

- On marche? Demanda Morgane, surprise.

- Ça nous laisse le temps de discuter un peu, et il ne pleut pas encore! Expliqua son ami, toujours le bras plié et tendu vers elle, alors que la porte du restaurant s'ouvrait pour laisser apparaitre nul autre que Regulus et Terry.

Le couple qui n'en était pas un se figea en voyant les fiancés qui ne l'étaient plus, lesquels s'arrêtèrent également.

- Mh, j'aime les moments gênants comme ça, lança Fergus en sentant l'atmosphère se faire soudain très lourde.

- Ta gueule, Gus.

Morgane respira un grand coup et plongea ses yeux dans ceux de Regulus, lui demandant intérieurement de passer dans la soirée pour qu'ils s'expliquent une bonne fois pour toute. Elle fut ravie de le voir hocher silencieusement la tête, preuve que leur communication involontaire mentale avait parfois du bon.

- Terry, je te raccompagne, lâcha-t-il dans un souffle en dégageant son regard pour le poser sur la petite américaine qui observait Morgane avec une moue contrariée.

- Tu es sûr ? Tu ne veux pas plutôt ...

- Non, allons-y, coupa Regulus en l'entraînant de l'autre côté.

- Je sais pas ce que tu as fais pour contrarier la petite Terry, mais tu m'épates ! Elle est tellement bien éduquée que c'est la première fois que je la vois arborer autre chose que son sourire poli à toutes épreuves ! S'exclama Fergus en les regardant s'éloigner.

- Tu rigoles ? Elle a pas arrêté de me souler avec ses cheveux parfaits et ses expressions à deux noises, s'outra Morgane. Pourquoi est-ce qu'elle doit avoir les cheveux parfaits comme ça? Grommela-t-elle dans sa barbe. Et son teint? Comment est-ce qu'elle fait? En plus elle est plus grande que moi, saloperie de Lucky Luke.

- Dans ce cas tu as des choses à me raconter! Notamment ce que vous avez fait dans les toilettes pendant aussi longtemps! Et arrête de parler toute seule ça fait peur.

- On a discuté, je te l'ai déjà dis bon sang! D-I-S-C-U-T-É! Prends pas tes fantaisies cochonnes pour des réalités hein, répliqua la blonde en lui donnant un coup de coude dans les cotes.

- Mais enfin, arrête de me frapper, j'ai besoin d'être au top de ma forme pour cette nuit!

- C'est vrai, c'est vrai, ricana Morgane avec un sourire pervers, bon pour l'ex fiancée de Regucon... c'est toi mais en fille.

- Hein? Fit Fergus alors qu'ils venaient de quitter le chemin de traverse pour accéder au côté moldu de Londres, son ex-fiancée? Moi en fille?

- Elle a grillé qu'il avait un faible pour moi, même si d'après madame c'est plus qu'un faible, et elle m'a harcelé pour que je le reprenne, malgré mes protestations. Grosso modo, expliqua la médicomage avec un soupir.

Fergus hocha la tête, mais resta silencieux, dans ses pensées.

- C'est vrai qu'il avait l'air réellement contrarié de vous voir, Kathleen et toi ce soir, cependant je ne pensais pas que Terry était aussi bonne pour voir au travers des gens... pour comprendre ce qu'il se passe dans sa tête... Finit-il par dire.

- J'ai l'impression que tu la vois comme une petite chose innocente et fragile, ce que je t'assure, elle n'est pas ! S'agaça Morgane.

- Oh mais je sais, je suis juste toujours surpris de voir comment elle peut passer de son extrême politesse et bienveillance à ... ça.

- Franchement, pendant un instant, je l'ai imaginé avec un chapeau de cowboy et un revolver et je te jure que j'ai cru qu'elle allait tirer et souffler sur son arme ensuite, ricana Morgane en imitant les acteurs des films de Far West.

- T'es consciente que je comprends rien à ce ...

- Mais c'est le petit pervers qui en pinçait pour mon petit frère ! Coupa soudain un type en se plantant devant eux en attrapant brusquement le bras de Fergus qui avançait dans la rue avec Morgane.

Morgane fronça les sourcils alors que le jeune McLaggen se défaisait de l'emprise de l'inconnu d'un mouvement sec de l'épaule. Morgane observa l'homme qui venait d'insulter son ami. Un physique plutôt charismatique, des muscles assez développés, un sorcier manifestement au vu de son accoutrement. Il avait certainement cherché à passer inaperçu dans le monde moldu mais vu ses fringues s'était loupé, songea Morgane, toujours sidérée par le manque de jugeote dont faisaient preuve certains sorciers. Ce qui interpella néanmoins la jeune sorcière fût la lueur mauvaise qui brillait dans les yeux de cet inconnu.

- T'es en bonne compagnie dis-moi, petite tapette ! S'écria le sorcier en lorgnant sur la jeune femme.

- Tu devrais rentrer, Morgane. Je te rejoins plus tard, souffla Fergus, la mâchoire crispée et le poing serré.

Morgane détacha son regard de Fergus, son sang bouillonnant dans ses veines, elle ne savait pas de quoi ce gros connard parlait, mais elle n'acceptait pas qu'il balance des insultes à son ami sur sa sexualité. Merde, elle n'acceptait pas que qui que ce soit insulte son ami sur sa sexualité! C'était quoi cette mentalité de trou du cul?

- 'Scuse-moi gros porc, tu peux pas aller souffler ton haleine nauséabonde d'homophobe sur d'autres personnes? Proposa poliment Morgane d'une voix étonnamment calme, se surprenant elle-même.

Fergus posa une main sur son épaule, la forçant à reculer d'un pas alors que le visage de l'inconnu se renfrognait d'un air menaçant, mais elle se dégagea d'un geste rapide.

- Je serais toi, je fermerais ma gueule.

- Quoi? Tu peux rabaisser Fergus, mais moi j'ai pas le droit de mal te parler? Continua Morgane en observant l'expression sombre de l'homme en face d'eux. C'est parce que je suis avec lui? Ou parce que je suis une femme? Vas-y, frappe-moi, lance-moi un sort, je vois que ça te démange, fils de gobelin! Le nargua-t-elle en souriant, le voyant approcher.

- Non, Morgane, non, intervint Fergus tentant de l'empêcher à nouveau d'avancer.

Elle tourna le visage vers son ami, surveillant du coin de l'œil l'inconnu, et constata que l'expression qu'arborait Fergus était bien loin de celles qu'elle avait pu le voir afficher auparavant. Dans ses yeux, dissimulées par la colère, le mépris et la fierté, Morgane décela une peur et une fragilité qui l'ébranla et lui donna envie de serrer son nouvel ami dans ses bras pour le protéger du monde minable dans lequel il avait dû grandir et vivre.

- Je m'en occupe, ajouta-t-il en remarquant qu'elle ne semblait pas vouloir l'écouter, je ... j'ai l'habitude de ce genre d'attitude.

- L'habitude? Couina la jeune femme en sentant son cœur de briser dans sa poitrine, complètement révoltée.

Évidemment, elle n'était pas naïve, elle savait comment étaient les gens, mais le voir de ses propres yeux, l'entendre... elle jeta un regard autour d'eux, il y avait quelques passants, elle ne pouvait pas sortir sa baguette sans se faire remarquer... Elle afficha soudainement un sourire inquiétant et se concentra, agitant rapidement et discrètement sa main. Ce véracrasse ne payait rien pour attendre!

- Quand je pense que mon frère t'a laissé l'approcher à moins d'un mètre, ça me donne la ge... commença le sorcier avant de se plier en deux, une main sur les intestins. Qu'est-ce-que ...

Les passants entendirent soudain un bruit immonde assorti d'une odeur nauséabonde, jetant des regards outrés à l'homme courbé en avant. Morgane eut un sourire satisfait, avant de se boucher le nez. Le problème de la magie sans baguette était toujours le dosage. Enfin, cet enfoiré l'avait bien mérité.

- Allez, viens Fergus, l'air est pollué par ici ! S'exclama en entraînant son ami par le bras.

- Morgane ... soupira Fergus après quelques minutes de silence.

- Pourquoi tu n'as rien dit, Fergus ? Souffla la petite blonde en lui lançant un regard peiné. Pourquoi tu dis jamais rien de ce qui te fait du mal à toi ? C'est pas juste, c'est pas seulement à toi de ramasser mes pots cassés !

- Je vais bien, je t'assure ... C'est juste que ce type a fait ressortir une période pas évidente de ma vie ... c'était déjà pas facile de côtoyer régulièrement Mouton, le croiser ... j'imagine que c'était ... la goutte de trop ...

- Miriam? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans cette histoire? Demanda la jeune femme en jetant un coup d'œil en arrière, remarquant que le connard essayait avec difficulté de continuer son chemin avec dignité -chose impossible lorsque l'on lâchait des pets pires que ceux d'un géant ayant mangé du cassoulet- d'une démarche tremblotante. Je crois qu'il va avoir plus que des gaz... Constata-t-elle, ce sort est décidément incroyable.

- Si tu veux réellement que Black t'oublie tu devrais peut-être lui raconter ça... Proposa Fergus en suivant son regard.

- Change pas de sujet s'il te plait 'Gus, soupira Morgane, je ne comprends pas toute cette histoire... tu avais un petit copain à Poudlard et c'était le frère de ce salopard? Et Miriam?...

Fergus poussa un long soupir, fixant les pavés sur lesquels ils marchaient, le regard lointain.

- Je préfère ne pas trop penser à mes dernières années d'études à Poudlard, ou même à Poudlard tout court, mais j'imagine que si tu demandes, tu as le droit à des réponses. Tu t'es suffisamment confiée à moi après tout, souffla le jeune homme en lui offrant un faible sourire qui serra le cœur de Morgane.

Elle ne savait pas ce qu'il allait lui raconter, mais ça n'allait pas être joyeux.

- Okay, alors ... Par quoi commencer ? Soupira-t-il en prenant une grande inspiration, le regard vague. Lorsque j'étais ado ... et bien ... Je pensais être hétérosexuel, comme tout le monde, parce que c'est ce qu'on nous dit qu'on est depuis qu'on est gamin, tu comprends ? Mais j'ai fini par me rendre compte que peu m'importait le sexe de la personne, j'aimais les jolis culs bien rebondis ! Dit-il en essayant de mettre de l'humour dans sa voix, mais son sourire comme son ton sonnait faux... A l'époque, j'étais plutôt populaire. Gryffondor, sang-pur, plutôt mignon ...

- Je suis sûre que t'avais une gueule d'ange, sourit Morgane en espérant lui remonter le moral.

- Ouais ... mais ça m'a pas apporté que des avantages, contrairement à ce que la plupart des gens s'imaginent. J'avais un cercle d'amis assez important, sans vraiment être proches d'aucuns d'eux. Sauf un Serdaigle. Il était charismatique, beau, intelligent et sociable ... on était sur la même longueur d'ondes. Je me suis pas rendu compte tout de suite que j'en étais tombé amoureux.

Morgane se souvint de sa conversation avec Miriam ... Elle commençait à se douter de ce qui avait poussé Fergus a critiqué si vivement Miriam.

- T'étais amoureux de lui, alors tu voulais pas qu'il sorte avec Miriam ? Demanda-t-elle doucement en mettant le plus de compassion possible dans sa voix.

- C'est ce qu'elle pense ? Ricana amèrement Fergus. Les choses se sont pas vraiment passées comme ça. J'étais ado et à cet âge, tu affiches pas ta bisexualité. Surtout dans un pensionnat de british coincés ! J'ai caché mes sentiments pour lui, jusqu'à ce que je me rende compte qu'ils étaient réciproques. Seulement en septième année, moi j'ai commencé à assumer ce que j'étais. Pour avoir la paix et faire taire une bonne fois pour toute les rumeurs, j'ai même fait une annonce officielle avec un sort pour amplifier ma voix. Pas lui. Il n'assumait pas ce qu'il était, ce qu'il ressentait. J'imagine que son connard de frère croit toujours aujourd'hui que c'était moi le pervers et que son petit frère adoré est tout ce qu'il y a d'hétéro. Bref. On sortait ensemble sans vraiment s'afficher, sauf qu'il y a eu des rumeurs et qu'il a pris peur ... alors quand il a vu la charmante Mouton le regarder avec adoration ... Il y a trouvé un moyen de faire taire les racontars.

Fergus eut un rire amer.

- Je me suis senti ... blessé, méprisé ... c'était comme recevoir le dégoût d'un million de gens en pleine figure. Et j'ai pensé à cette pauvre Miriam qui essayait de me piquer mon mec, sans avoir la moindre idée du manipulateur qu'il était en train de devenir ... Je sais pas ce qu'elle a entendu dire ou ce qu'elle croit savoir ... Mais des deux, ce n'était certainement pas moi le pire.

La gorge de Morgane se serra tant la douleur dans la voix de son ami était perceptible, elle lui saisit la main et la tint fermement dans la sienne, traçant des cercles avec son pouce sur le dos de celle-ci, ne sachant pas quoi dire ou faire.

- C'est le passé, c'est derrière moi tout ça maintenant, lui dit Fergus avec un petit sourire, tu n'as pas besoin d'avoir de la peine pour moi.

- Ça me dépasse que les gens soient comme ça, murmura la jeune femme, si seulement ils pouvaient sortir leurs têtes de leurs cul et arrêter d'être stupide!

Fergus laissa échapper un petit rire avant de secouer la tête:

- Changeons de sujet, l'ambiance est devenue beaucoup trop mélodramatique!

- Euh ok... Tu comptes expliquer tout ça à Mimi?

- J'appelle pas ça un changement de sujet, s'agaça Fergus en la regardant de travers.

- Pas faux... Ma voisine d'en face a été retrouvée morte dans sa salle de bain avant-hier! Et je savais même pas que j'avais une voisine d'en face!

Il allait devoir faire avec un fait divers, elle savait qu'il avait envie de parler de Regulus mais... elle non! Sa nuit allait déjà être suffisamment remplie en émotions et discussions qui ne mènent à rien et elle avait déjà eu le droit au speech de Terry la cowgirl zinzin, pas la peine de rajouter une discussion avec Fergus à la liste.

- Morgane, qu'est-ce que tu as dit à ce pauvre garçon ?

La petite blonde soupira.

- Peut-être bien que je lui ai dis que c'était une tête de Murlap ... Et qu'il fallait qu'on parle.

- Pourquoi est-ce que j'ai peur alors que ça devrait me réjouir ? Soupira Fergus, las de l'entêtement de sa meilleure et seule véritable amie.

- Parce qu'apparemment va falloir que je mette les points sur les "i" et que ça va pas être joli ... Pourquoi tu t'arrêtes ?

- Je me demandais s'il existait un temple dédié à Merlin pour que j'aille prier pour ton cas. Il me semble que les moldus ont aussi une sainte parfaite pour toi ...

- Il y a peut-être un temple dédié à son slip... et de quelle sainte tu parles? Demanda suspicieusement Morgane étonnée que Fergus ait des notions de religion moldue.

- Sainte Rita, sainte des causes désespérées.

- Petit con.


Loin de Morgane et Fergus, dans la proche banlieue de Londres, Kathleen et Gideon étaient confortablement installés l'un contre l'autre dans leur canapé, des tasses de tisane à moitié remplies entre les mains. La styliste soupira de contentement. Elle aimait ces instants qu'elle passait avec Gideon, en toute simplicité. Même si Morgane s'amusait à dire qu'ils ressemblaient à un vieux couple !

- Encore une semaine et demie et j'en aurais fini avec toute cette paperasse administrative, soupira Gideon, je pourrais enfin retourner sur le terrain!

- Pas avant avoir subis un examen complet, lui rappela sa fiancée d'une voix lente, sa tête posée sur son épaule, je comprends que tu en ai assez, mais pense à ta santé.

- Je n'ai mal nulle part et mes blessures sont guéries, grommela-t-il en affichant un air boudeur qui fit rire Kat lorsqu'elle leva son visage vers lui.

- Tu as déjà entendu plein de fois pourquoi tu ne devais pas forcer, tu as envie d'entendre ce discours de ma bouche aussi? Demanda-t-elle en arquant un sourcil.

- Non merci, sourit-il avant de vider sa tasse et de se lever, je vais me coucher, tu viens?

- Je termine ma tisane et j'arrive, répondit la jeune femme avant de le regarder partir vers la cuisine pour nettoyer sa tasse et ensuite monter les escaliers vers leur chambre.

Elle perdit son sourire dès qu'il disparut de son champ de vision. La journée avait été excellente, le match extraordinaire et leur repas, malgré l'apparition de Regulus qui lui avait donné envie de hurler et de pleurer en même temps, s'était vraiment bien passé. Mais entendre Gideon dire qu'il retournerait bientôt sur le terrain l'inquiétait. Par ailleurs, penser au bureau des aurors lui rappelait sa conversation tendue avec Alastor Maugrey. Elle le lui avait affirmé, elle n'avait pas l'intention de lui dire son secret, certainement pas avant Gideon.

Mais ... Elle allait épouser Gideon, malgré tous les obstacles qui se mettaient sur leur route. Dans quelques mois elle ne serait plus Kathleen Kerrien, un nom auquel elle avait fini par s'habituer, mais Kathleen Gideon Prewett, et même si ça continuait de l'effrayer, elle en avait envie. Néanmoins, elle ne pouvait pas commencer sa vie de couple sur un mensonge. Gideon avait le droit de savoir et de choisir s'il voulait toujours d'elle ... après avoir entendu toute la vérité.

Elle avait retardé cette décision depuis trop longtemps, par peur et par culpabilité. Ça ne pouvait pas continuer. Elle se sentait prête, autant qu'elle pouvait l'être du moins, à être entièrement à lui et ça impliquait de se livrer sans secrets.

Kathleen avala la dernière gorgée de sa tasse. Gideon et elle seraient en congés tous les deux, Dimanche. Elle lui proposerait d'aller se promener à la Chaumière aux Coquillages et là ... elle lui avouerait tout. Auparavant, il lui faudrait avertir Morgane, qui était après tout autant concernée qu'elle puisqu'elle partageait une grande partie de ses secrets. Dimanche, se répéta-t-elle pour ne pas se dérober. Elle avait hâte de se libérer de ce poids autant que ça la tétanisait ...


Morgane était en train de lire les rapports que Ian l'avait laissé dupliquer de manière plus ou moins légale aux urgences lorsqu'elle entendit des coups secs être frappés à la porte de son appartement.

- Pas trop tôt, pensa-t-elle en posant les parchemins sur sa table basse, ça fait une heure que j'attends.

Elle avait eu le temps de se changer pour enfiler quelque chose de plus confortable que la robe que Fergus lui avait conseillé de mettre au restaurant et de lire et prendre quelques notes pour essayer d'avancer sur son enquête "il y a un mangemort dans l'hôpital", du coup elle se demandait bien ce qui avait pu le retenir pendant aussi longtemps, lui et Terry étaient sortis du restaurant un peu après eux et n'étaient certainement pas rentrés à pieds...

Morgane se dirigea vers la porte, les mains moites et le coeur tambourinant contre sa poitrine, dire qu'elle était angoissée de se retrouvée seule à seul avec Regulus, dans son appartement, à nouveau, était un euphémisme. Elle savait ce qu'elle avait à faire, à dire, mais elle avait peur de ce que lui pouvait faire ou dire, si vraiment Terry disait la vérité... Elle secoua la tête en plaçant sa main sur la poignée, comme si Regulus allait parler ouvertement de ses sentiments -en supposant qu'il en ait-, c'était tout bonnement tiré par les cheveux.

- J't'attendais.

- Ça se tient, tu m'as demandé de venir, répliqua la jeune homme en la dévisageant, enfin, ordonné serait le terme exact.

Morgane ne répondit pas, pour éviter de se lancer dans une joute verbale, et se poussa pour le laisser entrer.

- Assieds-toi, l'invita-t-elle en désignant le canapé.

Elle eut une pointe au cœur en voyant Stitch se précipiter joyeusement vers Regulus, comme s'il revoyait un vieil ami perdu depuis longtemps. Elle secoua la tête, il fallait qu'elle arrête ses conneries. Son chat était génial, mais ce n'était qu'un chat. Il s'était simplement habitué à la présence de Regulus.

- Tu as mis du temps à venir ... ne put-elle s'empêcher de faire remarquer.

- Tu n'as pas précisé d'heure et Terry ... Terry voulait mettre les choses au clair entre nous pour ... pour la suite. Et puis, je ne voulais pas vous déranger, McLaggen et toi.

- Sérieusement ? T'as pas remarqué le manège de Fergus avec le serveur ? A l'heure qu'il est, ils doivent bien s'amuser les cochons, dit-elle en ricanant nerveusement.

Du moins, elle l'espérait. La rencontre de l'autre abruti et sa révélation de son passé avait perturbé son nouvel ami et Morgane craignait qu'il ne soit plus dans l'ambiance pour son rendez-vous. Elle reposa son attention sur Regulus. Il semblait sincèrement surpris et ça l'agaça un peu.

- Quoi ? Tu t'imaginais vraiment que je sortais avec lui ? C'est quoi ton putain de problème, Regulus ?! Explosa-t-elle. Il faut que je te le dise en quelle langue qu'il y a rien, qu'il n'y aura JAMAIS rien entre lui et moi ? Et pourquoi, par Merlin, est-ce que ça t'importe autant ?!

Regulus resta silencieux, un peu secoué par ce soudain éclat de colère, puis se décida à parler:

- Et bien oui, je m'imaginais vraiment que tu sortais avec lui, vous vous entendez tellement bien et vous vous êtes embrassé sous mon nez je te rappelle-

- Et moi je te rappelle qu'après ce baiser je t'ai dit qu'il n'y avait rien entre Fergus et moi, qui plus est, on ne s'est pas embrassé sous ton nez, mais il m'a embrassé sous le nez de tout le monde, ce qui à mon avis n'est pas du tout la même chose! Coupa Morgane, en colère.

- Je peux parler sans que tu me coupes la parole? Demanda Regulus d'une voix calme.

- Oui, désolée, soupira la jeune femme.

- Donc comme je disais, vous ressemblez... vous ressemblez à un couple tout simplement, et j'imagine que ça m'importe tant parce que même si je niais être jaloux et je continuais à affirmer que l'on pouvait aller voir où l'on voulait, j'aurais préféré quelque chose de plus... exclusif entre nous, avoua le jeune homme en gardant un visage impassible.

Morgane le fixa, incrédule, la bouche entrouverte. Elle ne savait pas comment prendre exactement les paroles de son ancien amant, surtout après avoir entendu Terry lui déballer ses théories un peu plus tôt. Elle était perdue et tout se bousculait dans sa tête, mais même si ces mots laissaient place à l'interprétation, il était assez clair que ce que Regulus était en train de lui dire était qu'il s'était attaché à elle, ou du moins, c'était ce qu'elle comprenait.

- Je ... je suis désolée, souffla-t-elle. Je pensais vraiment que ... que tu avais compris que ce n'était pas à cause de Fergus que je ... enfin, il y a vraiment vraiment rien entre nous, bon sang, crois-le ou pas, il fait tout pour me pousser dans tes bras, rit-elle nerveusement en passant une main sur son visage pour éviter de regarder Regulus. Je suis navrée si l'idée que je ... mette fin à notre ... truc ... à cause de lui t'a blessé, d'une manière ou d'une autre. C'était pas voulu et ... et ce n'était pas la raison de tout ça.

Regulus hocha simplement la tête.

- J'imagine que c'est ma faute, c'est ... c'est moi qui ait refusé de te croire. Et de toute façon ça ne me concerne plus alors ... alors je n'avais pas à réagir ... à réagir comme je l'ai fais ... mais ...

Il souffla et se leva du canapé, se dressant de toute sa hauteur. En le voyant marcher nerveusement dans l'appartement, Morgane sentit son ventre se tordre. Elle anticipait la suite avec crainte. Pour le moment, ils avaient réussi à garder plus ou moins leur calme et à être honnête l'un envers l'autre, ce qu'ils ne leur étaient d'ailleurs pas coutumier, mais combien de temps cela durerait-il ?

- J'ai besoin de comprendre, de vraiment savoir pourquoi ... qu'est-ce qui s'est passé avec McLaggen ce soir-là qui ait pu te pousser à mettre fin à tout ça si ce n'était pas pour être avec lui ?

- Je ne pense pas que ça te ... commença Morgane avant d'entendre le bruit d'un poing qui s'abat violemment sur une table.

Elle écarquilla les yeux et fixa son attention sur le mangemort qui s'était énervé subitement en l'entendant presque dire que ça ne le regardait pas, lui qui d'ordinaire se contrôlait si bien.

- Morgane ... S'il-te-plaît ? Insista-t-il en lui tournant le dos.

Etais-ce de l'entendre lui demander, la supplier de lui dire la vérité qui lui donnait ainsi des frissons et l'envie de pleurer ou simplement le fait d'entendre son prénom, qu'il avait si peu dit, qui la remuait à ce point ?

- D-d'accord, accepta-t-elle la gorge serrée, j'imagine que je te dois ça.

Elle le regarda se retourner, surpris qu'elle cède aussi facilement, elle aurait préféré qu'il reste de dos pour ne pas avoir à voir son visage lorsqu'elle lui livrerait les réponses à ses questions. La jeune femme pensa un instant à se retourner et lui tourner le dos, mais autant assumer ses erreurs jusqu'au bout et le regarder droit dans les yeux... même si elle ne voyait pas leur relation comme une erreur. Elle prit une grande inspiration et débuta:

- Il a juste fait remarquer comme je te l'avais déjà dit, sans que je ne dise rien évidemment, qu'il y avait quelque chose entre nous, d'ailleurs si il m'a embrassé c'était simplement pour voir si ça te ferait réagir.

Morgane marqua une courte pause pour reprendre son souffle tout en évitant consciencieusement le regard de Regulus.

- Enfin, cette soirée et ma discussion avec Fergus m'ont beaucoup fait réfléchir. Je m'explique, je me suis rendue compte que au delà de la relation physique qu'on entretenait on était aussi de plus en plus... euhm... on ressemblait de plus en plus à un couple, à passer du temps ensemble, ou même à sortir, rien à voir avec ce qu'on faisait au début ou on s'envoyait en l'air et basta. Mais le pire dans tout ça, c'est que je me suis rendue compte que j'avais... hum... je préférais comment était notre relation quand on ressemblait à un couple un peu bizarre que quand on s'envoyait simplement en l'air... Et ça c'est juste pas possible, du coup j'ai préféré mettre fin à ce qu'il y avait entre nous avant de vraiment souffrir.

Morgane soupira, espérant que son discours maladroit suffirait et leva les yeux vers Regulus qui était en train de l'observer. Il semblait perdu dans ses pensées, ou peut-être perdu tout court, les sourcils froncés et les lèvres pincés.

- Je ne t'aurais jamais fait de mal ... souffla Regulus d'un air perdu qui l'attendrit plus que ça ne l'aurait dû.

- Pas volontairement, je sais, affirma-t-elle avec un sourire triste. Mais ... mais tu ne voulais pas faire de mal à Gideon, n'est-ce-pas ? Demanda-t-elle avec un sanglot dans la voix. Et tu ne voulais pas perdre Kathleen non plus ... La situation ... Ton engagement ... fait que tu vas être amené à faire des choses que tu n'auras pas forcément envie de faire ... Et moi ... moi je suis pas ... Par Merlin, je suis pas assez forte pour ça, Regulus ! Je ne peux pas continuer à m'attacher à toi alors qu'un jour ... un jour ... tu seras peut-être l'assassin ... de quelqu'un que j'aime ... Je ne peux pas. Je peux plus. Cette crainte, cette angoisse ... c'était en train de me bouffer ... Après l'incident ... c'est à peine si j'osais regarder Gideon en face ... Alors, tu vois, c'était pas Fergus. C'était juste mon attachement à toi qui devenait trop dangereux ... Je suis désolée, mais j'ai préféré me préserver, moi...Et toi, aussi, évidemment.

- Je vois, souffla-t-il d'une voix éteinte.

- Je te demande pardon, Regulus ... C'est moi qui nous ait entraîné là-dedans et ... Enfin, j'imaginais pas que les choses évolueraient ainsi.

Il y avait dans ce regard vide et éteint quelque chose qui fit peur à Morgane. Elle avait l'impression que la dernière étincelle de vie avait quitté le jeune Black. Qu'elle avait soufflé de toutes ses forces sur la flamme d'une bougie déjà vacillante. Et Merlin savait que ce n'était pas ce qu'elle voulait, mais il avait voulu la vérité et elle lui avait dite, sincèrement cette fois. Elle aimait peut-être un meurtrier, mais ça ne voulait pas dire qu'elle l'acceptait. Non, elle ne le pouvait pas.

- Mais tu sais... commença-t-elle en s'approchant de lui d'un pas hésitant, je sais que tu n'es pas quelqu'un de mauvais Regulus... si seulement tu pouvais le voir toi aussi.

Le jeune homme ne broncha pas en la voyant approcher de lui, d'ailleurs il ne bougea pas et son expression ne changea pas, ce qui fit froncer les sourcils de la blonde.

- Après ce que tu viens de dire, j'ai du mal à te croire, lança-t-il d'une voix plate.

- Je pense que tu as fait les mauvais choix, tu finiras par t'en rendre compte, tenta-t-elle en s'arrêtant devant lui, peut-être qu'au fond tu le sais déjà. Mais crois-moi, je ne serais jamais tombée amoureuse de toi si tu étais foncièrement mauvais.

Morgane écarquilla les yeux, surprise d'avoir laissé ça échappé et par conséquent d'accidentellement faire une déclaration, mais certainement moins que Regulus qui la fixait, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés. Au moins il avait changé d'expression, pensa-t-elle.

- Je... Je voulais dire... commença Morgane avant de soupirer et de passer une main las sur son visage brulant, je voulais juste dire que tu es quelqu'un de gentil dans le fond et sur les bords et c'est pour ça que je t'aime bien quoi. T'es cool, balbutia-t-elle, les joues en feu.

Si elle n'avait pas Regulus en face d'elle, Morgane aurait volontiers fait un facepalm pour son idiotie et sa maladresse.

- On aura essayé ... souffla Regulus, doucement. On aura vraiment essayé d'aller contre le destin, pas vrai ?

- Ouais, approuva-t-elle les yeux humides. Mais on dirait que c'était couru d'avance ...

Elle se mordit la lèvre. Elle avait crié pour qu'il s'en aille, elle l'avait blessé, engueulé ... Merlin, elle ne l'avait pas épargné lors de leurs dernières rencontres. Et pourtant, Merlin pouvait être témoin qu'elle les avait préférées à celle-ci qui avait un goût amer d'adieu définitif. Regulus semblait le savoir aussi, car elle lisait dans ses yeux combien il était désolé et combien il aurait voulu, lui aussi, que les choses soient différentes pour eux.

- Dans une autre vie, peut-être, tenta-t-il de plaisanter.

- Tu parles, avec la poisse qu'on a, on se réincarnerait durant la seconde guerre mondiale, tu serais chez les nazis et moi je serais une résistante ! Ou pire, dans le monde de Star Wars, tu serais un seigneur Sith et moi ...

- R2D2 ? Proposa le jeune Black d'une voix étranglée.

- T'es con, rit-elle en reniflant, ne se rendant pas compte que quelques larmes lui avait échappés.

Il lui fit un sourire triste, fit un mouvement vers la porte mais brusquement se pencha vers elle pour capturer ses lèvres. La petite blonde ferma les yeux et s'accrocha désespérément aux mèches noires du jeune homme, l'embrassant avec tout le désespoir et l'amour qu'elle avait pour lui, tentant de lui faire comprendre combien il lui avait manqué et combien ça la désolait de devoir mettre un terme à leur relation. A bout de souffle, il se détacha d'elle, plongea ses yeux gris dans ceux humides de la petite sorcière et souffla en s'éloignant :

- A dans une autre vie.