Oh, mais... qui voilà?
Après une disparition brusque de presque 8 mois, MilaRukie est de retour!
On ne va pas vous faire une liste des raisons pour lesquelles nous avons mis autant de temps à vous livrer ce chapitre, parce que dans le fond, on s'en fou hein. Mais on est vraiment désolées d'avoir mis une décennie pour vous offrir ça. Sachez que si cette fic n'est pas marquée comme abandonnée: elle ne l'est pas et vous aurez donc une suite (un jour où l'autre mdr).
Comme d'habitude, vous retrouverez les réponses aux reviews anonymes à cette adresse : (ht)(tp:)(/)(/)(cellesqui.)(forumactif.)(org/t126-reponses-aux-reviews-anonymes-du-chapitre-42-celle-qui-defiait-le-destin)
En espérant que le chapitre vous plaira et que ça compensera un peu pour l'attente (pas sûre, mais bon):
Bonne lecture! :)
Chapitre XXXXIII :
Celles qui retournaient à Pré-au-Lard
Mai 1979
Le soleil matinal de la fin du mois de mai brillait sur Pré-au-Lard, réchauffant les sorciers et sorcières de tout âge qui se promenaient dans les rues plutôt tranquilles du village. Le week-end commençait tout juste et tout le monde souhaitait profiter des rayons chaleureux du soleil, que ce soit pour faire des achats, pour aller boire ou manger quelque chose ou bien simplement pour se dégourdir les jambes.
- Je ne suis pas venu ici depuis que j'ai quitté Poudlard, lança Fergus alors qu'il sortait de la boutique de sucreries Honeyduckes suivi de près par Morgane.
La jeune interne en médicomagie était en train de remplir son sac des achats qu'elle venait de faire et rayonnait à l'idée d'avoir refait ses réserves en bonbons et cochonneries magiques en tous genres, alors que son ami regardait autour de lui, très certainement curieux de voir si le village avait subi la moindre modification notable depuis la fin de sa septième année, trois ans plus tôt.
- Hum, grommela-t-elle avant de retirer la sucette qu'elle avait dans la bouche, pourtant il y a des choses que l'on ne trouve que dans ce village, observa-t-elle.
- Il y a toujours un moyen de se procurer ce que l'on veut lorsqu'on connaît les bonnes personnes, sourit Fergus d'un air suffisant avant de plonger sa main dans son sac pour lui piquer un fondant du chaudron.
- Dégage ! Fallait t'en acheter! S'indigna-t-elle en le repoussant. Et pardon de ne pas avoir le même carnet d'adresses que toi, j'ai pas papa et maman derrière moi pour me présenter le roi de pétaouchnoc!
- En parlant de famille, ta sœur n'avait pas l'air bien quand je suis passé hier, commença le jeune McLaggen en faisant mine de rien, elle va mieux ?
- J'en sais rien, soupira la blonde.
Elle était sincèrement inquiète pour Kathleen depuis qu'elle était passée chez elle après sa discussion avec Gideon, si ceci pouvait seulement être qualifié de discussion. Elle savait à quel point sa relation avec l'auror était importante, après tout, les deux jeunes femmes n'avaient pas de réelle famille depuis leur arrivée en catastrophe dans le monde sorcier et pour Kat, Gigi était à présent ce qui se rapprochait le plus d'une famille au sens propre du terme. Il rendait sa présence et son futur concret et si lui dire la vérité sur elle-même le faisait reculer -ce que Morgane ne voulait pas croire- alors le peu de confiance que Kathleen accordait aux gens autour d'elle allait être réduite à néant! En plus, sa révélation sur "son don" l'avait faite réfléchir, une fois sa sœur partie. Morgane n'avait pas pu s'empêcher de se poser des questions sur ce qu'elle lui avait dit avoir vu… Sa vision où elle était en tailleur le jour de l'anniversaire de la mort de Regulus…
- Des problèmes de couple ? S'enquit-il d'un air trop angélique pour être honnête coupant court aux pensées sombres et un peu morbides de son amie. Morgane se demanda un instant en quoi la vie romantique de Kathleen pouvait bien intéresser son désormais officiel meilleur ami, avant de comprendre :
- Laisse tomber, Gugus, t'as aucune chance avec ma frangine !
- Je vois pas ce ... bon okay, il y a pas de mal à se tenir informé, je te signale, bouda-t-il. Et puis, qu'est-ce-que tu en sais, que j'ai aucune chance ? Je plais à tout le monde !
- T'es pas assez roux, mon chat, sourit Morgane amusée. Et je refuse de croire que c'est fini entre elle et Gigi. Ils sont littéralement faits l'un pour l'autre. Gideon, c'est son grand amour, tu vois ?
- Pas vraiment, avoua tristement Fergus, baissant les yeux sur ses chaussures impeccablement cirées.
Morgane n'aimait pas cet air sombre et blessé et attrapa un fondant en soupirant pour le mettre sous le nez de son ami, bien décidée à faire disparaître cet expression peinée de son visage.
- Je te présente le mien : le chocolat. Je veux bien le partager avec toi jusqu'à ce que tu trouves le tien, dit-elle en lui faisant un clin d'œil.
- Tu sais aussi bien que moi que la nourriture n'est plus ton grand amour, ricana le sorcier en attrapant le chocolat.
- Je ne vois strictement pas de quoi tu parles, se renfrogna la blonde en se concentrant sur ce qu'il y avait dans la vitrine d'un magasin de vêtements. Magasin de vêtements qui lui rappela momentanément des souvenirs, n'était-ce pas celui devant lequel elle s'était tenue avec Kathleen après avoir été acheter des sucreries et s'être chamaillée avec Sirius lors de sa première sortie dans le village sorcier? Se demanda-t-elle avec nostalgie, tout en remarquant que les vêtements étaient tout aussi laids qu'à l'époque.
En réalité, elle ne voyait que trop bien ce dont Fergus parlait, mais il lui était douloureux de penser à Regulus. La petite blonde en souffrait déjà bien assez sans que personne n'en parle, alors discuter de son amour impossible avec lui …
- Vraiment? Murmura Fergus dans son oreille en enroulant une de ses mèches blondes entre ses doigts, même pas si je te dis... Regulus Blackounet?
- Tu sais, un jour je vais te casser le nez, faudra pas te demander d'où ça vient, menaça-t-elle sans même tourner son regard vers lui, les lèvres pincées.
- Je te taquine et vérifie que tu ne l'oublies pas, c'est tout ! se défendit le jeune homme en la forçant à se détacher de la vitrine qu'elle fixait sans une once d'intérêt.
- Et si je voulais l'oublier moi? T'y as pensé à ça ? Pour mon bien, le sien et même celui de l'humanité!
- Tu te donnes bien trop d'importance ma biche, lança-t-il avec un sourire désabusé, allez viens, on va boire une bièraubeurre! Proposa-t-il en la traînant derrière lui pour remonter la rue principale.
- Ça me va, mais seulement si on évite la tête de Sanglier ! Accepta Morgane qui commençait à avoir soif après avoir mangé quelques sucreries.
- Loin de moi l'idée de t'emmener dans ce pub miteux, s'exclama Fergus en prenant un air faussement hautain.
Quoique, peut-être pas si faux, Morgane était prête à parier que son ami n'avait jamais mis les pieds dans l'auberge du frère d'Albus, en même temps rares étaient ceux qui y allaient… elle ne savait même pas comment il se débrouillait pour faire tourner son business celui-là.
- Mais puis-je te demander pourquoi tu ne souhaites pas y aller, toi ?
- Alberfy' me soule avec Kat, comme quoi il faut que je surveille sa consommation d'alcool, tout ça ... Lança vaguement Morgane en regardant les sorciers vagabonder dans les rues de plus en plus animées du village, avant de croiser le regard perplexe de Fergus. Longue histoire !
La petite blonde oubliait parfois qu'elle ne connaissait pas le jeune McLaggen depuis si longtemps et qu'il n'était pas encore au courant de tous les déboires des deux sœurs Kerrien, heureusement pour lui et pour elles ! Elle lui raconta alors brièvement la demande en mariage désastreuse de Gideon, si on pouvait appeler ça une demande, et combien Kathleen avait paniqué, alors qu'ils poussaient la porte des Trois Balais.
- Bah dis donc, finalement, ce n'est pas de tout repos entre eux ! Rit Fergus, en cherchant une table libre des yeux, avant de se faire accoster par Madame Rosmerta.
- Fergus McLaggen ! S'exclama la tenancière un sourire réjoui aux lèvres. Ça fait une éternité que l'on n'a pas vu ta belle frimousse par ici, mon grand, qu'est-ce-que tu deviens ?
- Glandeur professionnel, ne put s'empêcher d'intervenir Morgane, amusée.
- Pardon, on ne veut pas tous être ridés et bossus avant l'âge juste pour être l'esclave de l'hôpital Sainte Mangouste, répliqua le jeune homme vexé comme un pou. Morgane se hissa sur la pointe des pieds pour lui claquer l'arrière du crâne alors que Rosmerta plaquait une main devant sa bouche pour étouffer un rire. Elle leur indiqua ensuite une table libre.
- Asseyez-vous donc ici ! Au fait, Fergus je n'ai pas de nouvelles d'Angus, que devient-il? Demanda-t-elle en s'attardant près d'eux, son plateau vide sous son bras.
- Il est toujours aussi stupide, rien de nouveau, lui répondit-il avec un sourire beaucoup trop rayonnant pour être innocent. Oh et il a engrossé le trou à rat qui lui sert de femme. Deux Bièreaubeurres s'il te plaît.
- Toujours aussi délicat à ce que je vois, soupira la propriétaire du bar en levant les yeux au ciel, avant de s'éloigner pour chercher leur commande.
Morgane secoua la tête, blasée.
- La façon dont tu parles de ta famille...
- Il couchait avec Rosmerta au début de sa relation avec Veronika et je pense que c'était pas la seule qu'il s'envoyait, lança-t-il sur le ton de la conversation, mais le pli entre ses deux sourcils n'échappa pas à son amie. On me reproche constamment ma façon de vivre et de voir les choses, mais au moins je suis toujours honnête avec les gens avec qui j'ai des relations.
Morgane ne pouvait effectivement pas retirer cela à son ami. Fergus était toujours d'une sincérité pour le moins désarmante, lorsqu'on le rencontrait pour la première fois. Maintenant, la petite blonde avait pris l'habitude. Rosmerta aussi, de toute évidence, car elle n'avait pas semblé particulièrement choquée par l'attitude du jeune sorcier. Au contraire, même si elle avait levé les yeux au ciel, la gérante du pub n'avait pas caché la lueur amusée dans ses yeux. Elle ne devait pas être si attachée que ça au frère aîné de Fergus, songea Morgane.
- En parlant de relation, reprit-il sur un ton plus léger, je t'ai parlé de ... La jeune femme l'écouta distraitement babiller sur sa dernière conquête, ne pouvant néanmoins pas s'empêcher de songer un instant à sa propre vie amoureuse chaotique.
- Va-t-on continuer à se regarder en chien de faïence pendant longtemps ? Ne put se retenir de demander Kathleen, après de longues minutes de silence durant lesquelles Gideon n'avait pas soufflé un mot, ne la quittant néanmoins pas des yeux, assis dans son coin, une expression indéchiffrable mais glaciale, sur son visage d'ordinaire si ouvert et accueillant.
- J'essaie de savoir si tu m'as caché d'autres choses, lui lança-t-il avec une pointe de rancœur non dissimulée dans la voix.
La créatrice ne retint pas son soupir las. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il l'accueille les bras grand ouverts, oh ça non. Elle ne connaissait que trop bien Gideon, c'était la pire tête de pioche qu'elle n'ait jamais rencontré, elle mis à part peut-être. S'il avait en tête de la faire souffrir autant que sa "trahison" l'avait blessé, il y parviendrait sans problème. Elle espérait pourtant qu'il était présent pour aplanir les choses et non pour briser ce qui restait entre eux.
- Tu sais quoi ? Poses-moi toutes les questions que tu veux, je te jure d'y répondre. Il y a peut-être certaines choses que je ne pourrais pas dire, mais ! S'empressa-t-elle d'ajouter en voyant les sourcils de son fiancé se froncer. Désormais je ne te mentirai plus. À défaut de la vérité, je t'offre mon honnêteté.
Car elle savait que certains sujets seraient peut-être difficiles à aborder et qu'elle préférait se garder une porte de sortie, au cas où. Elle n'avait pas été répartie dans la maison des serpents pour rien, même si certaines personnes continuaient de s'en étonner. Mais elle ne ferait plus l'erreur du mensonge. Non, ça, elle n'en voulait plus dans sa vie.
- Parce que ce que tu viens de dire à l'instant ce n'est pas un mensonge alors? Demanda Gideon en lâchant un rire sans joie, ce qui blessa la jeune femme et l'agaça un peu plus, sa patience commençait à être vraiment mise à rude épreuve et de la patience elle n'en avait pas des chaudrons à revendre ces derniers temps, même pour lui. Tu as beaucoup de qualités Kathleen je ne vais pas te mentir, fit-il en insistant sur le dernier mot, mais l'honnêteté n'en fait pas partie.
La styliste serra les poings à s'en faire mal tout en observant son compagnon, s'il l'était encore, essayer de la heurter et d'agir comme un enfant en colère. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux quelques secondes à peine, les mains tremblantes et la mâchoire si contractée qu'elle en grinçait des dents. Tout cela était mauvais signe. Elle prit une grande inspiration, tentant de rester calme car bien évidemment, elle ne souhaitait pas lui faire de mal, malgré qu'une infime partie d'elle lui soufflait que peut-être tout ceci rentrerait mieux dans son crâne épais après un vol plané, mais non, jamais rien ne la pousserait à utiliser sa magie instinctive sur son fiancé. Lorsqu'elle fut certaine d'être un peu calmée, elle se lança:
- J'ai pris la décision de te dire la vérité, décision que je ne regrette pas malgré la tentation, je me suis excusée pour ce que j'ai fait et maintenant je te promets de ne plus jamais te mettre de côté volontairement et de répondre à toutes tes questions avec sincérité! Que veux-tu de plus Gideon? Qu'attends-tu de moi? Que je te dises que c'est fini? Que j'ai été un monstre et que je ne te mérite pas? Demanda-t-elle sa voix montant en volume au fur et à mesure de son discours. Tu veux que j'admette que ta mère avait raison sur toute la ligne et que tu serais mieux avec ton ex?! Termina-t-elle en sentant ses nerfs craquer et quelques larmes, qu'elle pensait avoir épuisées, couler le long de ses joues.
L'auror sembla légèrement déstabilisé par la tournure des choses, peut-être ne s'attendait-il pas à des larmes de la part de sa fiancée, ou à ce qu'elle parle de sa mère ou de son ex, mais se reprit rapidement.
- Ne sois pas stupide Kathleen, je ne nie pas que ça serait plus facile à régler si je pensais ces choses là, c'est vrai, soupira-t-il en fermant les yeux un instant, las, mais ce n'est pas le cas... J'imagine que ça en dit long sur l'étendue de mes sentiments pour toi.
La jeune femme se laissa tomber sur la table basse en face de Gideon, maintenant assise directement nez-à-nez avec lui, et tendis une main hésitante vers le genou de son fiancé, avant de stopper son geste et de laisser pendre mollement sa main craignant trop un rejet pour continuer.
- Alors qu'est-ce ... commença-t-elle à demander lorsqu'elle vit apparaître le patronus d'Alastor Maugrey dans le salon.
Gideon et elle échangèrent un regard alarmé, ne sachant que trop bien ce que ce genre de magie voulait dire. "Violente attaque à Pré-au-lard. C'est un carnage, avons besoin de renforts le plus vite possible. Que Merlin nous vienne en aide !" Annonça la voix froide de l'auror, couvrant les hurlements de terreur derrière lui. Kathleen sentit soudain une sueur glacée dans son dos alors que son rythme cardiaque battait la chamade. Morgane devait sortir à Pré-au-lard avec Fergus, aujourd'hui. Sa sœur était peut-être là-bas ... Elle était peut-être ...
- Il faut y aller, Kathleen, s'agita Gideon en se préparant rapidement.
La jeune femme se leva pour en faire autant, terrifiée de ce qui pouvait arriver à sa meilleure amie, quand une ancienne vision la frappa de plein fouet. Elle se souvenait, tout à coup, de sa blessure sanguinolente à la tête, du combat entre Mary et Morgane, de Gideon et de son regard horrifié, lorsqu'il avait vu, irrémédiablement le sortilège impardonnable la frapper de plein fouet. Elle se souvenait de sa mort imminente ...
Gideon, alerté par la soudaine immobilité de sa fiancée se tourna vers elle, inquiet par sa brusque et inhabituelle pâleur.
- Kat ...
Elle tourna les yeux qu'elle avait précédemment dans le vague vers lui et il fut frappé par la détresse qu'il lut dans ses pupilles si familières. Il allait lui demander ce qui n'allait pas - en dehors des raisons évidentes- quand elle lui prit vivement la main pour la serrer contre son cœur. Des larmes coulant sur ses joues, elle le contempla comme elle ne l'avait jamais fait. Avec tant d'amour et de désespoir qu'il sentit ses entrailles se tordre. Il y avait tant d'urgence et de peur dans ses yeux. De l'acceptation, aussi. Et étonnamment autant de courage et de détermination, ainsi qu'une pointe de défi.
- Je t'aime, Gideon Prewett. Plus que tout au monde. Quoi qu'il arrive ... N'oublie jamais ça.
- Pourquoi j'ai l'impression que tu me fais tes adieux ? Questionna-t-il, soudain terrifié par le ton solennel et urgent de Kathleen.
Elle l'embrassa vivement et avec l'énergie du désespoir pour toute réponse avant de transplaner sur le champ de bataille, gardant comme dernière image un Gideon bouleversé.
Trois mois auparavant, elle s'était vue combattre dans le petit village sorcier. Combattre et mourir. Kathleen n'avait pas pu s'y résoudre. La jeune femme avait supplié Gideon de l'entraîner. L'entraîner vraiment, avec la douleur que cela impliquait Et elle s'était entraînée avec acharnement depuis, déterminée à ne pas trépasser.
Il était maintenant temps de défier le destin.
À Pré-Au-Lard, Morgane et Fergus avaient depuis longtemps quitté leur table aux Trois Balais, abandonnant leurs Bièreaubeurres à moitié finies. Les deux amis avaient été obligés de sortir par la porte arrière du pub lorsqu'une femme était entrée en panique en criant: "Une attaque!".
- Fergus, murmura Morgane recroquevillée derrière des tonneaux, pour la centième fois: transplane à Londres par pitié!
- Je ne peux pas te laisser seule! Siffla-t-il collé contre elle, tentant du mieux qu'il pouvait de ne pas dépasser.
- Tu vas te faire buter s'pèse de crétin!
- Et toi? Tu ne vas pas te faire tuer en restant là peut-être?
- Moins que toi! Et ils ont besoin d'aide, je dois rester pour soigner les blessés, répliqua la blonde à voix basse, ne cachant pas son agacement face aux résistances de son ami. Voulait-il vraiment mourir?!
Au-delà de ça, elle essayait du mieux qu'elle pouvait de ne pas paniquer. Les autres fois où elle s'était retrouvée en présence de Mangemorts avaient été différentes, leur nombre avait été limité, là… ils seraient nombreux, elle n'en doutait pas une seconde et plus ils étaient nombreux plus elle avait de chance de croiser Regulus, pensa-t-elle en retenant un cri de désespoir et un "pourquoi Merlin?". Si en plus elle tombait sur Mary ou Bellatrix, bingo!
- Je sais me battre, je peux aider aussi...
-... Chut! Lui intima son amie en posant son doigt sur sa bouche. Quelqu'un arrive. Les deux ex-gryffondors patientèrent dans des positions inconfortables, alors que les bruits de pas se faisaient de plus en plus proches. Des voix se firent entendre également, au-dessus des cris et des hurlements qui venaient des rues adjacentes. Morgane ne pouvait pas comprendre ce que ces personnes disaient, c'était encore trop indistinct, et par conséquent elle ne pouvait pas en déduire si il s'agissait d'alliés ou d'ennemis...
- Ces espèces d'enfoirés ont réussi à poser une barrière anti-transplanage pour empêcher les gens de fuir, faut qu'on trouve rapidement le nœud magique pour défaire cette protection ! Souffla une voix familière à Morgane, qui soupira de soulagement de voir des alliés. Avant qu'elle ne comprenne les paroles qu'il venait de prononcer. Et merde, jura-t-elle intérieurement en fusillant Fergus du regard. Maintenant cette tête de con était vraiment coincée ici.
- C'est de la haute magie, j'espère que Narita et Patil en viendront vite à bout une fois qu'il sera localisé, répondit une voix encore plus connue qu'elle n'eut aucun mal à identifier. Ça veut dire que Voldemort est certainement sur place, contrairement aux autres attaques éclairs ... Les voix se rapprochaient toujours plus de leur cachette improvisée et Morgane sortit un mouchoir blanc de sa poche et l'agita au-dessus de son tonneau pour être sûre de ne pas recevoir un sort en sortant soudainement.
- Demande permission de se mettre à découvert, lança-t-elle d'une voix qu'elle essayait de rendre amusée, malgré la situation.
- Par Merlin, Morgane ! Grogna la voix de Sirius avant qu'il n'apparaisse devant elle. Qu'est-ce que vous foutez là ?!
- Désolée d'interrompre ta balade romantique avec Benjy, dit-elle en jouant des sourcils. Mais figure-toi que j'ai pas réussi à convaincre cet abruti de partir lorsqu'il le pouvait encore !
- Hey ! S'outra Fergus, froissé dans son orgueil.
- Quoi? Tu aurais préféré autre chose? Demanda-t-elle en se tournant vers lui , ses cheveux volant autour de son visage et lui fouettant les joues au passage. Parce que crois-moi, j'ai des choses bien moins polies qu'abruti en tête!
- Je ne pouvais pas la laisser! Se défendit-il en cherchant du soutien auprès des deux Gryffondors. Soutien qu'il n'obtient pas auprès de Sirius, qu'il était ouvertement en train de mater, avec plus ou moins de discrétion.
- On a pas le temps de débattre là-dessus, même si la chose à faire était de dégager, bien évidemment.
Benjy se contenta de hocher la tête avant de leur faire signe de venir vers eux.
- On a une équipe qui se débarrassera du nœud, des professionnels évidemment, donc il faut juste espérer qu'ils en viennent à bout le plus rapidement possible pour que tous les civils puissent être évacués sans trop de... pertes, expliqua-t-il d'un ton posé, sa baguette serrée dans son poing. Mais pour ça il faut le trouver, et vite.
- Pour éviter que nous ayons à vous surveiller en plus de notre travail, ça serait bien que vous vous trouviez un endroit pour vous cacher, un bon endroit avec de l'espace pour que Morgane puisse servir à quelque chose, se reprit Sirius en voyant Fergus qui s'apprêtait à leur faire remarquer qu'ils étaient cachés avant leur apparition dans la ruelle.
- Je n'ai pas beaucoup d'instruments, fit remarquer la blonde en jetant un coup d'œil dans son sac qui débordait de sucreries et de papiers de bonbons, je peux toujours utiliser des couteaux et de l'alcool en dernier recours mais bon... Elle vit Fergus grimacer du coin de l'œil et se retint de lui pincer la cuisse pour le forcer à se reprendre en main. Le kit de premiers secours et l'essence de dictame que j'ai toujours avec moi devraient être utiles !
- On n'a qu'à faire de la tête de Sanglier le point de ralliement et l'infirmerie ? Ab' a sans doute besoin de renfort, ce vieux ronchon refuserait de sortir de ce pub même s'il était en feu !
- Ça ne risque pas d'être trop à découvert ? S'inquiéta Sirius.
- Peut-être, mais Benjy a raison, les tables me seront utiles s'il y a des blessés … graves, grimaça Morgane. Prévenez ceux qui sont avec nous que nous serons là-bas !
- Il vaut mieux que je les accompagne, soupira l'aîné des Black en jetant un regard à Fergus. Ils auront besoin de quelqu'un pour protéger l'entrée … Tu penses pouvoir rejoindre Narita et Patil seul ? Demanda-t-il à Benjy.
- Vous inquiétez pas, c'est mon boulot ! Dépêchez-vous de rejoindre la Tête de Sanglier, hâta le jeune Fenwick. Oh, Morgane … Emmeline a été touchée, je ne pense pas que ça soit grave, assura-t-il en voyant la petite blonde blanchir brusquement, mais elle perdait pas mal de sang.
Morgane se reprit alors que Benjy les quittait en leur souhaitant bonne chance et en serrant brièvement Sirius et Morgane dans ses bras. Cela devait être un bon bordel là-bas, pensa Morgane qui recommença à paniquer un peu.
L'une des premières leçon qu'elle avait suivit lors de son arrivée à St Mangouste était censée lui permettre de soigner n'importe qui, en n'importe quelle situation et de ne rien, ou presque, ressentir. Il fallait se distancer le plus possible de ses patients. Car c'était ce qu'ils étaient, des patients, et non pas des petits garçons de 9 ans avec les dents du bonheur morts dans des situations louches ou encore une femme qui faisait office de mère adoptive depuis bientôt deux années qui était blessée et avait besoin de ses soins … La médicomage prit une grande inspiration, releva ses cheveux en une queue de cheval et se tourna vers Sirius et Fergus qui la fixaient, attendant qu'elle réagisse.
- Bon, on va pas rester là à faire plante verte!
- Les expressions moldue, grommela Sirius avant de l'entraîner avec lui vers une rue adjacente, suivis de très près par Fergus, agacé d'être ainsi ignoré.
Le pauvre McLaggen avait conscience d'être un boulet à leurs yeux et à vrai dire, même s'il était plus âgé qu'eux, il savait parfaitement qu'ils n'avaient pas tort. Mais cela ne l'empêchait pas d'être irrité. Ne pouvait-il pas être aux côtés de sa meilleure amie et la protéger lorsqu'il le fallait ? N'était-il bon qu'à faire rire la compagnie ? Par Merlin, lui aussi était à Gryffondor, ce n'était pas sans raison ! Il se promit alors, non seulement de survivre, mais de veiller à ce que Morgane aille bien. Et Sirius, parce qu'il avait vraiment un joli petit cul …
Fabian grimaça en esquivant un sort qui arrivait dans sa direction. La situation était mauvaise, sur la grande place du village. Très mauvaise. Les pertes parmi les habitants et visiteurs de Pré-au-lard étaient déjà importantes. Le jeune Prewett ignorait ce qu'il en était pour les membres de l'Ordre, mais il doutait malheureusement qu'ils s'en sortent tous indemnes.
Un peu plus tôt, il avait nerveusement quitté Benjy, l'envoyant avec Sirius à la rencontre de deux nouvelles recrues, Patil et Narita, un briseur de sort et une langue-de-plomb. Il fallait à tout prix que la barrière anti-transplanage soit brisée, pour permettre aux renforts de venir et aux habitants de fuir plus rapidement qu'à l'instant présent. Cette barrière compliquait tout. Mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour son meilleur ami.
Tout comme il s'inquiétait pour Gideon qui combattait un peu plus loin sur la place et qui semblait à la fois furieux et terriblement inquiet. Sans doute pour Kathleen. Cette dernière lui fit penser, l'espace d'un instant, aux légendaires walkyries. Couverte de poussière et de sang, elle n'en restait pas moins majestueuse et effrayante. Il y avait une détermination sans faille dans son regard fiévreux. Fabian, qui avait pourtant assisté à ses entraînements, ne put que s'étonner des progrès spectaculaires de sa future belle-sœur.
Son attention fut détournée par l'échange intense de maléfices qu'il voyait au loin. Si ses souvenirs étaient bons, c'était la zone de James, Lily, Franck et Alice …
Un nouveau sort fut lancé dans sa direction et il ne réussit à l'esquiver que de justesse, gagnant une vilaine coupure sur son épaule au passage. Il jura à voix haute. Il ne pouvait pas se permettre d'être aussi distrait dans de telles conditions! Évidemment, il était inquiet pour ses amis, sa famille, mais il savait quoi faire, et ce qu'il devait faire en ce moment même, c'était de se battre, se battre pour qu'un jour l'humanité soit libérée de la terrible emprise qu'avait le mal sur le monde depuis l'arrivée de Voldemort. Peu importait qu'il soit là ou non pour voir ça, pensa-t-il en se dirigeant vers le mangemort lui ayant envoyé des sorts précédemment. Du moment que les autres l'étaient.
Les cris avaient triplé d'intensité depuis un bon moment, et non sans raison, pensa James qui réussissait à garder la tête froide malgré les sorts qui les frôlaient Lily, Franck, Alice et lui chaque seconde. Et tous ces corps sans vies… L'arrivée de Lord Voldemort dans la bataille était une surprise, une très mauvaise surprise, et il priait Merlin pour que tout le monde s'en sorte en un seul morceau. Même si c'était un souhait irréalisable, il préférait y croire. S'ils n'avaient plus d'espoir, ils n'avaient rien.
- James, cria Lily en se rapprochant de lui, essoufflée. Où est Peter ?! Il devait nous rejoindre !
Son mari regarda autour de lui rapidement, scannant le champ de bataille tout en restant concentré sur leurs ennemis, un groupe de mangemorts féroces. Il n'aperçut pas Peter au travers de la fumée, de la poussière et des jets de lumière, probablement était-il plus loin. Il espérait simplement que son ami était en vie…
- Avec Remus ? Proposa-t-il avec espoir en jetant un sort à son adversaire.
- Espérons-le… Souffla la rousse avant de se retourner, les dents serrées, un air déterminé et féroce sur son visage d'ordinaire calme que James ne lui voyait qu'en de très très rares occasions.
- Oui, espérons-le, soupira-t-il en voyant Voldemort progresser vers eux, laissant derrière lui un nombre de victimes grandissant.
Kathleen se jeta brusquement sur le côté et roula sur elle-même dans les gravats, pour éviter l'explosion qui retentissait, là où elle se tenait quelques secondes plus tôt. Elle se redressa rapidement, analysant la situation à toute vitesse. Elle l'avait échappé belle et globalement, mis à part quelques coupures sur le corps qui résultaient de ses esquives plutôt que de maléfices, elle s'en sortait relativement bien.
Elle avait réussi à se débarrasser de nombreux adversaires, au moins temporairement, car elle n'arrivait toujours pas à se résoudre à tuer. Elle espérait que ses ennemis n'auraient pas le bon sens de ranimer les leurs, mais elle en doutait. Au moins seraient-ils largement amochés, songea-t-elle en esquivant une nouvelle volée de tirs.
Quelques minutes plus tôt, elle avait aperçu, horrifiée, la tignasse indisciplinée de sa sœur dans la mêlée. Cette dernière, accompagnée de Fergus, Sirius et de nombreux civils semblaient tenter de rejoindre les rues extérieures, là où se trouvait la cabane hurlante et la Tête de Sanglier. Kathleen espérait qu'elle ait le bon sens d'aller se protéger à Poudlard en utilisant le passage secret de la maison faussement hantée, mais elle connaissait trop bien sa meilleure amie.
Malheureusement, l'attroupement qu'ils formaient avait attiré l'attention de plusieurs mangemorts et Kathleen s'était donc fait un devoir personnel d'attirer leur attention et de les retenir en redoublant de fourberie dans ses attaques. Quelques mois plus tôt, lorsqu'elle était allée acheter son livre sur la divination dans l'allée des embrumes, elle avait aussi déniché un livre de sortilèges oubliés de magie noire. Elle n'avait pas le moindre scrupule à les utiliser aujourd'hui. Bien qu'une part insidieuse d'elle-même craignait, malgré tout le ressentiment qu'elle avait pour lui, que Regulus soit parmi eux.
Mais qu'importe. Elle ferait n'importe quoi pour que Morgane s'en sorte. N'importe quoi.
Regulus n'était qu'assez rarement réquisitionné pour les grosses batailles et il ne s'en plaignait pas. D'ordinaire le Maitre l'envoyait plutôt pour les missions qui devaient être faite rapidement et discrètement. Alors lorsqu'il arriva sur le champ de bataille, la respiration du jeune Black resta coincée dans sa gorge. Cela ne dura qu'une micro-seconde, mais la vision qui s'offrait à lui lui retourna l'estomac. Il fit néanmoins ce qu'il faisait à chaque fois qu'il fallait porter son masque et agir pour ses valeurs. Il mit son esprit en sourdine, s'empêchant de penser, s'empêchant même de ressentir quoique ce soit, le visage vide d'expression, sa baguette serrée dans son poing, et alors qu'il s'apprêtait à s'élancer dans la bataille et quitter sa cachette son regard fut attiré par quelque chose.
La tignasse blonde de Morgane, maintenue dans une queue de cheval qui tenait à peine. Comme si la situation n'était pas déjà assez catastrophique, à ses côtés se tenait son frère.
Regulus hésita, reculant légèrement. Pourquoi? Non. Il ne pouvait pas, pas s'il devait s'attaquer à eux… Tout s'effondra autour de lui, le contrôle qu'il avait de lui-même tomba en miettes et il s'appuya contre le mur alors que Morgane tournait son visage dans sa direction, ne pouvant pas le voir, mais lui pouvant bien l'observer. Elle cria quelque chose à Fergus, qu'il discerna vaguement comme un :
- Dépêche-toi de te bouger le cul, tête de nœud !
Ce dernier venait de se prendre le pied dans un gravât et s'était écrasé comme une masse, ratant de ce fait le sortilège qui était passé là où aurait dû se trouver la tête du jeune McLaggen si celui-ci ne s'était pas ramassé comme une merde. Regulus secoua la tête d'un air affligé. Le meilleur ami de Morgane avait vraiment une chance insolente.
- Morgane ! Grouille-toi d'avancer, faut pas rester là ! Gronda Sirius qui faisait signe aux habitants de se hâter de fuir.
Regulus savait que son rôle aurait dû être de les en empêcher, de bloquer le passage et de faire un massacre. Mais il en était incapable. Parce que Morgane était là et que son cœur se serrait à l'idée qu'elle puisse mourir ici, par sa faute. Il pesta intérieurement sur cette crétine qui avait le chic pour se trouver là où il ne fallait pas. Mais surtout et cette réalisation le paralysa, il était incapable de faire du mal à Sirius. Il avait beau crier à qui voulait l'entendre qu'il ne lui ressemblait pas, qu'il n'avait pas de frère et que plus rien ne les liait tous les deux… Sirius restait son frère.
- Mais Fergus, protesta la petite blonde et regardant son ami qui se relevait péniblement.
- Je m'en occupe, affirma fermement son frère en attrapant le bras du jeune et pénible McLaggen. Avance !
Regulus, qui avait observé l'échange sentit une sueur froide couler le long de son dos quand il aperçut la silhouette encapuchonnée de Bella, la baguette pointée vers l'aîné des frères Black, qui lui tournait sans le savoir le dos pour redresser Fergus. Que faire? hésita-t-il en sentant sa baguette frémir dans sa main, comme pour lui indiquer la réponse évidente à sa question.
Mais Morgane fut plus rapide, ayant vu la même chose que lui et ne se posant aucune question, elle leva sa baguette avec une rage non dissimulée et cria:
- Rictusempra!
Le sort toucha la cousine de Sirius et Regulus en plein estomac et elle se plia en deux, incapable d'avancer ou même de prononcer la moindre parole tant la blonde avait mis de la force dans son sortilège de chatouillis. Le jeune homme soupira, utiliser un tel sortilège lorsqu'il était question de vie ou de mort? Il regarda Bella continuer à rire, un spectacle rarissime et effrayant, alors que Sirius, Morgane et les autres repartaient au pas de course -Morgane non sans offrir à la mangemorte un signe impoli de la main-.
Il fallait qu'il bouge, sinon quelqu'un allait le trouver ici. Et si c'était quelqu'un de son propre camp ce serait encore pire, car il n'était pas du genre à hésiter en se cachant dans un coin… Alors qu'il se décidait à s'avancer, un éclair brun passa à sa gauche, lançant des sorts à tout va. Kathleen, dont les progrès depuis Poudlard étaient stupéfiants... Génial, songea-t-il avec lassitude. Il avait donc trois personnes à éviter à tout prix, se dit-il en sentant son estomac remonter dans sa gorge. Jamais ne s'était-il senti aussi mal, et jamais ne s'était-il sentit moins à sa place…
- J'ai jamais vu un sort de chatouillis aussi puissant, félicita Sirius tout en pressant les civils qui les accompagnaient. J'aurais pas choisi ça, mais pourquoi pas!
- C'est un sort qui a sauvé un grand nombre de très grands sorciers et duellistes, dont Professeur Flitwick! Souffla Morgane, dont le souffle commençait à manquer. J'écoutais en sortilège moi!
- Pas toujours, lui rappela-t-il d'une voix pleine de sous-entendus.
Morgane grogna alors qu'ils arrivaient finalement à la Tête de Sanglier, elle ouvrit la porte à la volée, essoufflée, et Sirius et elle laissèrent tout le monde entrer avant qu'il ne la pousse à l'intérieur.
- Je vais rester là un moment pour vérifier que l'on ne nous a pas suivi, commença-t-il avant qu'elle ne le coupe.
- Quel meilleur moyen pour montrer qu'il se passe un truc à l'intérieur que de monter la garde devant la porte! S'exclama-t-elle, inquiète pour sa sécurité et celle des civils, C'est à peine louche!
- Vous n'avez pas vraiment le temps de vous disputer, fit remarquer Fergus qui attendait sa meilleure amie, en panique, regardant de tous les côtés.
- Il a raison, pour une fois, souligna Morgane. Pitié Sirius, pour une fois dans ta vie, ne fais pas ta tête de mule et fais ce que je te demande !
Sirius regarda son ancienne petite-amie le fixer d'un regard implorant. Elle ne le dirait pas à voix haute parce qu'elle avait sa fierté, mais elle avait besoin de lui. De se sentir en sécurité pour secourir ceux qui en avait besoin. Et malgré tout ce qui s'était passé entre eux, la présence de Sirius lui donnait cette impression que rien ne pouvait arriver avec lui. Il dut le comprendre car il céda, en partie.
- Lily m'a appris quelques runes de protection. C'est moins efficace que la magie du sang, comme le fidelitas, mais ça sera toujours ça de pris … si jamais on est repéré et qu'ils veulent mettre le feu à l'auberge ou quelque chose du genre, soupira-t-il. Je rentre dès que je les ai installé …
- J'en connais quelques unes, s'exclama soudain Fergus, ravi de pouvoir intervenir et agir. Je vais t'aider !
Morgane hocha la tête, le cœur battant à tout rompre, maintenant que l'adrénaline du champ de bataille retombait. Mais il fallait qu'elle se reprenne, ils n'étaient pas pour autant à l'abri ici et elle avait encore fort à faire, se rendit-elle compte en pénétrant dans la salle bondée du pub. La Tête de Sanglier n'avait jamais dû être aussi remplie depuis sa création. Abelforth essayait d'évacuer les civils par cheminette, pour ceux qui étaient en état de voyager et qui n'avaient pas leur domicile enregistré au ministère.
Les autres, les blessés, étaient assis pour ceux qui le pouvaient. Certains étaient appuyés par terre, contre les murs. Les pires cas étaient allongés sur les tables à la propreté douteuse. L'odeur du sang, de la bière, de la transpiration et de la bile imprégnait l'endroit. Morgane réalisa alors l'ampleur du champ de bataille et de la guerre dans laquelle elle s'était impliquée. Elle avait vu l'horreur, à l'hôpital. Les membres de l'Ordre qui étaient morts et ceux qu'elle avait sauvé. Mais ça … Il y avait tellement … Tellement de monde.
Tellement de morts, constata-t-elle en voyant les yeux vides de certaines personnes qu'elle n'avait pas pu soigner à temps. Les paroles de Benjy lui revinrent et elle chercha soudain frénétiquement Emmeline des yeux. Lorsqu'elle trouva enfin sa mère de substitution, assise sur une chaise à l'autre bout du pub, Morgane se précipita vers elle, l'observant et analysant la situation, son cerveau fonctionnant à cent à l'heure. La sang-pure tenait fermement l'intérieur de son bras, pressant un morceau de tissu qui ressemblait à un châle, qui avait dû être d'une couleur claire avant d'être imbibé de sang.
- Emmeline! S'exclama la médicomage en attrapant une chaise pour s'asseoir en face d'elle et lui attraper la main pour pouvoir observer sa blessure.
- Morgane ma belle, commença-t-elle d'une voix beaucoup moins forte que celle qu'elle employait d'ordinaire, occupe-toi des autres, je vais bien…
La blonde fronça les sourcils lorsqu'elle vit l'espèce de coupure qui ornait le bras d'Emmeline, elle ignorait qui lui avait fait ça, mais il était clair que si elle avait été touchée un peu plus à droite, elle serait par terre avec les autres à cet instant… Ce n'était vraiment pas beau à voir pensa-t-elle en nettoyant la plaie, qui était étonnamment profonde pour une blessure infligée par un maléfice et non pas une arme, et les contours semblaient avoir été brulés… Probablement un sort inventé par un de ces malades à capuche! Le plus important était d'empêcher Emmeline de se vider de son sang, elle allait arborer une méchante cicatrice, mais les conditions n'étant pas idéales, elle allait devoir faire avec ce qu'elle avait, se dit la petite blonde en commençant à la soigner le plus rapidement possible. La liste de ses patients ne faisait que s'allonger de minute en minute.
- Plus vite McLaggen, on a pas toute la journée, pressa Sirius, en regardant derrière lui pour vérifier que personne ne venait vers la tête de Sanglier.
- Je fais aussi vite que je peux! S'indigna Fergus, outré d'être traité de la sorte alors qu'il aidait et faisait de son mieux. Pour une fois que ça vient du cœur, pensa-t-il.
- Désolé, soupira le jeune Black, je suis un peu à cran.
- On l'est tous, il y a Tu-Sais-Qui et son groupe de fous mal habillés qui veulent nous tuer, commença-t-il en se tournant vers le brun pour le fixer d'un air déterminé, et ne va pas croire que tu es le seul à vouloir protéger Morgane.
Sirius lança un rapide regard vers le plus jeune des McLaggens. Malgré sa propre réputation de fauteur de troubles, l'aîné des Black avait des difficultés à prendre le meilleur ami de Morgane au sérieux. Mais la situation l'exigeait. Merlin savait qu'ils avaient besoin de toute l'aide possible. Il analysa les défenses qu'ils avaient mises en place. Ce n'était pas grand-chose et ça tiendrait le temps que ça tiendrait, mais c'était toujours mieux que rien. Disons que si la situation devenait trop extrême, ça laisserait à un certain nombre des personnes là-dedans la possibilité de s'enfuir par cheminette. Et avec un peu de chance, leur équipe parviendrait à défaire la barrière anti-transplanage d'ici là.
- Euh … Sirius … Lança soudain Fergus d'une voix mal-assurée, le regard fixé vers la rue.
- Me dis pas qu'on est repéré … Soupira plaintivement l'animagus en resserrant sa prise sur sa baguette.
- Bah en fait, je voulais te dire que tu avais des fesses à tomber mais effectivement, il y a trois, quatre nazguls … heu mangemorts qui arrivent.
Sirius le regarda, les yeux écarquillés de surprise avant de lâcher un soupir blasé.
- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Rentre à l'intérieur et prévient Ab' et Morgane qu'on a de la compagnie.
- À vos ordres, mon général ! S'écria Fergus en entrant en trombe dans la salle de bar, cherchant des yeux sa petite teigne.
Il la trouva près d'un homme d'une soixantaine d'années, le visage pâle et couvert d'une fine pellicule de sueur.
- Yeurk, c'est quoi ce truc blanc qui dépasse ? Demanda-t-il, oubliant l'espace d'un instant sa mission.
- C'est un os, abruti, souffla Morgane, concentrée sur sa tâche.
Fergus secoua la tête, affligé.
- Mais non, enfin, Mo'! Voyons, tout le monde sait que les os, c'est à l'intérieur. Il ne peut pas sortir du bras comme ça. Tu travailles dans un hôpital et tu connais même pas les bases de l'anatomie ?! S'écria-t-il. Je serais vous, Monsieur, j'éviterais de me faire soigner par elle, ajouta-t-il à l'égard du pauvre bougre qui se faisait remettre l'os en place et qui gémissait de douleur.
- Sérieusement McLaggen, si on survit, je te tue.
- Ce que tu es susceptible. Ah, au fait, en parlant de tuer ! Se souvint-il brusquement. Il y a des mangemorts à la porte, Fessier Musclé les retient.
- Fessi… Quoi ?! S'écria Morgane en levant enfin la tête vers le jeune homme.
- Je suis jaloux je l'avoue, quand je pense que toi tu l'as vu à de nombreuses reprises-
- Mais non! Pas le cul de Sirius! Les mangemorts! T'as dit quoi à propos des mangemorts!? Paniqua la blonde en tentant de garder un volume sonore relativement bas pour ne pas faire paniquer toutes les personnes présentes dans le pub.
- Ah, chacun ses priorités j'imagine, je disais, il y en a un petit groupe qui veut rentrer.
Morgane s'excusa auprès de l'homme, qui leva un regard vitreux et interrogatif vers elle, avant de terminer de remettre l'os à sa place d'un geste rapide, sec et précis, arrachant un cri à ce dernier qui tomba dans les pommes sur le coup. Elle versa quelques gouttes d'essences de dictame sur la plaie et banda son bras sous le regard abasourdi de son ami avant de se lever. Fergus fronça les sourcils.
- Ne me dis pas que tu comptes sortir.
- Dans ce cas, je ne te dis rien, sourit-elle, en glissant des scalpels et quelques baumes et potions soignantes dans ses poches.
- C'est du suicide Morgane! Tenta de raisonner son meilleur ami. Et les gens ici? Ils ont besoin de toi, il y a énormément de blessés!
- Ils seront tous morts si les mangemorts entrent alors il vaut mieux que j'aide Sirius ne crois-tu pas? En attendant mon retour tu peux nettoyer les plaies avec cette solution si tu veux te rendre utile?
Fergus fronça les sourcils, sa baguette à la main.
- Je peux me rendre utile en me battant!
- Non, tu restes ici, et tu soignes les gens du mieux que tu peux avec Alberfy! Je reviendrais!
- Promets-le.
- Oh Gugus, je ne peux pas te faire de promesse que je ne peux pas tenir, sourit-elle avant de déposer un rapide baiser sur sa joue et de courir vers la porte, baguette dans la main, une expression déterminée collée sur son visage.
Elle allait leur montrer qu'elle n'était pas juste une médicomage de bas étage qui lançait des sorts de première année utilisés pour faire des farces à tout va!
Kat n'avait plus revu Morgane. Elle espérait que cela signifiait qu'elle était en sécurité quelque part… Un regard à sa droite et elle put voir Gideon qui se battait sans relâche contre un mangemort dont elle ignorait l'identité, mais son fiancé avait l'avantage. Elle pouvait voir qu'il n'utilisait pas toute sa puissance et gardait de son énergie au cas où, et en effet à peine eut-elle pensé ça qu'il mit hors course son adversaire. Il tourna son regard vers elle, se sentant peut-être observé et après un court instant de réflexion, se dirigea vers elle.
Arrivé près d'elle, il sembla soudain hésitant mais l'auror ne put s'empêcher de poser ses mains sur les joues de Kathleen avant de lâcher un soupir de soulagement. Sa fureur et son sentiment de trahison lui semblaient loin désormais. En la voyant couverte de sang, il réalisa que peu lui importait qu'elle vienne d'un monde différent. Peu importait qu'elle ait menti. Par Merlin, elle pouvait bien venir d'une autre planète, être une sorte d'extraterrestre que ça lui serait bien égal. Il aimait cette femme comme un fou et l'idée de la perdre lui était insupportable.
Lorsqu'elle l'avait embrassé, avant de partir, il avait cru mourir. Car c'était un baiser d'adieu que Kathleen lui avait donné. Il ne pouvait pas se résoudre à la perdre.
- Tu n'as rien … Souffla-t-il d'une voix rauque.
Kathleen fronça les sourcils mais prit une de ses mains dans les siennes, comme pour lui assurer qu'elle était bien là, face à lui.
- Ne te déconcentre pas, Gideon. La bataille n'est pas fini, même si j'ai l'impression qu'on commence à en venir à bout, constata-t-elle en jetant un regard nerveux autour d'elle.
Elle était surprise de la négligence de son fiancé, lui qui était d'ordinaire si prudent et méticuleux. Il devait vraiment être soulagé au-delà des mots pour perdre ainsi ses réflexes. Une part d'elle-même en était heureuse, car cela signifiait qu'elle comptait encore à ses yeux. Le rouquin reprit une posture de combat et ils avancèrent, dos à dos, protégeant les arrières de l'autre. Mais Kathleen avait raison, la grande place s'était vidée et il ne restait plus que quelques mangemorts autour de leur maître, lequel combattait avec ardeur leurs amis.
- Il faut aller les aider, souffla Kathleen, le cœur battant à tout rompre.
Elle avait beau savoir que James, Lily, Alice et Frank sortaient vivants de cette bataille et que le face-à-face Voldemort/Lily et James qui les tuerait sera celui où Harry héritera de sa célèbre cicatrice, elle savait aussi que le futur devenait de plus en plus flou. En effet, elle ne doutait pas que sa présence et celle de Morgane avaient bousculé des choses, elle ne pouvait donc plus entièrement faire confiance à ses connaissances.
- Oui, allons nous débarrasser des Mangemorts restants! Une fois seul et face à nous et aux renforts, Voldemort prendra la fuite, acquiesça l'auror en se dirigeant vers le groupe en pleine bataille, sa fiancée à ses côtés.
Kathleen vit soudainement un mangemort passer à toute vitesse à sa gauche et s'apprêtait à lui jeter un sort avant qu'il ne le fasse en premier, mais celui-ci la vit et se stoppa brusquement pendant un bref instant. Instant qui suffit à la jeune femme pour l'identifier, car aucun autre mangemort n'aurait agit de la sorte.
- Regulus… murmura-t-elle, plusieurs émotions se mélangeant en elle.
Elle s'était préparée à le croiser éventuellement, après tout, il était un mangemort et elle, un membre de l'Ordre. Elle s'était promis de ne pas faiblir face à lui, cependant il semblait qu'elle n'avait pas la force de s'en prendre à son ancien meilleur ami, ce qui était apparemment également le cas de son côté car il était reparti aussi vite qu'il était arrivé, s'éloignant de la place principale. Ou peut-être n'avait-il pas le temps de se battre, peut-être avait-il une mission plus importante?... Il ne semblait pas prêt à partir. Non, il partait dans la même direction que Morgane, Sirius et Fergus… Kathleen paniqua un instant. Que comptait-il faire ?
- Je te retourne ton conseil Kat, ne te déconcentre pas, lui souffla Gideon, inquiet. Voldemort et certains de ses mangemorts les plus puissants sont à quelques pas de nous.
Kathleen hocha la tête et resserra sa main autour de sa baguette qui frémit d'excitation, jamais ne s'était-elle retrouvée dans une situation aussi dangereuse, même son escapade romantique gâchée à Venise n'était pas comparable à ce qu'elle vivait en ce moment, et pourtant, elle avait frôlé la mort! Elle repensa à l'attaque qui avait eu lieu ici-même lors de sa septième et unique année à Poudlard. Comme les choses avaient changé. Comme elle avait changé!
Deux figures encagoulées virent à leur rencontre, leur barrant la route et les empêchant de rejoindre leurs amis qui combattaient un groupe de quelques mangemorts et Voldemort non loin. Kathleen les observa rapidement, l'un d'eux était grand et massif tandis que l'autre était de taille et de carrure moyenne. Elle n'avait aucun moyen de reconnaître l'un d'eux, même si l'armoire à glace lui rappelait étrangement une de ses anciennes camarades de Serpentards: Emerson Crabbe. Cependant rien ne lui permettait de vérifier son identité, ce n'était pas comme Regulus qu'elle avait déjà vu en "tenue de travail" et qui ne l'avait pas attaqué lorsqu'il l'avait vu, trahissant son identité de ce fait. Quand à l'autre mangemort… il pouvait être n'importe qui. Elle pensa un instant à Severus, même s'il avait été un abruti lors de leur dernière (et seule) année, elle ne souhaitait pas vraiment se retrouver face à lui…
Kathleen se plaça de nouveau en position de combat. Peu importait, au final, l'identité de ses adversaires. C'était une guerre et elle était prête à les affronter. D'ailleurs, si le mangemort qui lui faisait face était réellement son ancienne camarade de dortoir, ça ne changeait pas grand chose. Elle n'avait jamais eu de très bons rapports avec elle, même si Kathleen admettait avec honte qu'elle était celle qui avait démarré les hostilités.
Elle évita avec agilité un sort, l'esprit focalisé sur son combat.
Regulus avait pris le chemin de la tête de Sanglier, après avoir croisé la route de Kathleen. Le jeune mangemort ne saurait exprimer les sentiments qui l'avaient saisi lorsqu'il s'était retrouvé face à la jeune femme, couverte de sang, de terre et d'égratignures. Au fond de lui, il savait que Kathleen l'avait reconnu, sans doute en raison de son inaction, et il était soulagé qu'elle ne le déteste pas au point de lui envoyer un sortilège dans le dos lorsqu'il avait pris, il lui fallait l'admettre, la fuite. L'affection des sœurs Kerrien lui importait curieusement plus que n'importe quoi en ce moment, bien qu'elle soit très différente d'une sœur à l'autre. Il doutait même que Kathleen en ait encore à son égard et cela le blessait plus qu'il ne voulait le dire, bien qu'il le comprenait. Au moins ne voulait-elle pas sa mort … songea-t-il en arrivant enfin près du vieux pub décrépis.
Son sang se glaça en voyant Morgane en mauvaise posture tenter de protéger son frère, gravement blessé s'il en jugeait par la mare de sang qui entourait l'aîné des Black. Celui-ci avait tout de même réussi à protéger l'auberge de la majorité de leurs assaillants puisqu'il ne restait plus qu'un mangemort face à Morgane. Ce dernier, aux yeux de Regulus, semblait davantage jouer avec la jeune femme qu'autre chose et ne se préoccupait pas des corps inanimés de ses compagnons. Ni l'un ni l'autre ne semblait l'avoir remarqué, malgré le fait qu'il soit planté au milieu d'une petite place vide, à quelques pas d'eux. Morgane était en train de lancer des sorts, apparemment tous ceux qu'elle connaissait, tentant désespérément de garder leur assaillant à distance et espérant probablement que l'un d'eux le touche et le mette K.O., tandis que celui-ci se contentait simplement de jeter des "protego" tout en parlant avec elle, la mettant de plus en plus en colère.
- En tout cas Kerrien, on ne peut pas t'enlever ça, tu n'abandonnes pas, même quand tu devrais! Fit son adversaire sur le ton de la conversation. Mais en tant que médicomage, tu sais que ton ami n'a aucune chance de s'en sortir, alors pourquoi ne pas simplement arrêter de me lancer tout ces sorts digne d'une deuxième année et me laisser te torturer un petit peu? Promis quand tu me supplieras de te tuer, je le ferais avec plaisir! Ou je te livrerais à Mary… On verra!
Regulus écarquilla les yeux en reconnaissant la voix de Philander Collins et en l'entendant prononcer ces paroles. Apparemment, Morgane ne savait pas qu'il s'agissait de lui et le jeune Black se surprit à chercher une solution pour empêcher que cela n'arrive, car après tout, le choc risquait d'être violent et elle avait besoin de rester concentrée pour rester en vie. Il l'aurait bien aidé, en jetant un sort à Philander, cela aurait été la solution de facilité et la plus tentante, mais il ne pouvait pas s'en prendre à un autre mangemort, surtout en public, et cela mettrait son ancienne amante en danger.
Morgane arrêta de jeter des sorts, mais ne baissa pas pour autant sa baguette. Elle était à bout de souffle, ses cheveux collaient à sa peau qui était recouverte de sueur et de sang. Il espérait que ce sang n'était pas le sien, du moins en partie, mais pouvait voir de là où il était qu'elle arborait un bon nombre de blessures, qui semblaient cependant ne pas réellement la déranger. Il mit ça sur le compte de l'adrénaline et la colère. En effet le jeune homme ne l'avait jamais vu dans une telle rage, cela n'avait rien à voir avec les fois où elle s'était énervée contre lui, à cet instant elle était hors d'elle et semblait lutter pour garder le contrôle sur elle-même et ne pas se jeter à la gorge de Philander.
- Oh je devrais te remercier pour ta magnanimité alors, répondit-elle entre ses dents, la mâchoire serrée.
- N'est-ce-pas ? S'exclama le mangemort dans un éclat de rire cynique, qui crispa Regulus.
Ce dernier se retenait d'envoyer un sort dans le dos de son partenaire. Son partenaire … Par Merlin, jamais encore la pensée d'être associé à des gens pareils ne l'avait écœuré à ce point.
Morgane de son côté, reprenait difficilement sa respiration pendant que l'autre s'esclaffait comme le malade qu'il était vraisemblablement. Elle fronçait les sourcils de concentration, cherchant dans sa mémoire pourquoi cette voix lui semblait si familière. L'échange de maléfices reprit soudain, éloignant ces pensées. Elle regretta un instant de ne pas avoir suivi l'entraînement intensif de Kat, même si elle savait pertinemment qu'elle n'aurait jamais eu l'énergie pour tenir le coup avec sa formation et ses horaires. Un gémissement plaintif de Sirius la déconcentra, lui rappelant comme le temps pressait, offrant une faille que son adversaire n'hésita pas à utiliser.
Au ralenti, Morgane le vit lever sa baguette et commencer à prononcer l'un des sortilèges impardonnables. Elle eut une pensée pour Kathleen et Gideon, qui combattaient. Pour Fergus, qui l'attendait à l'intérieur du pub. Pour tous ses amis.
Et par dessus tout … Elle pensa à Regulus.
Comment ça un cliffhanger? Elles nous donnent pas de chapitre pendant 8 mois et ensuite on a ça? WTF?
:DDDDD
J'espère que ça vous a plu! On a g-a-l-é-r-é nos races pour écrire ce chapitre, avec tous les points de vues (on vous a placé James, big up à tous ces fans inconditionnels, dont nous et je sens les réclam' arriver jusqu'ici, ne vous inquiétez pas, on fera apparaitre Mumus) et le prochain sera écrit en suivant le même modèle à priori (on a le début, c'est dommage que FF ait pas un truc où on peut poster notre progression, ça vous permettrait de savoir où on en est et quand vous allez avoir la suite).
On espère que c'est pas trop dark non plus... enfin si, c'était le but en fait mdr. Et c'est pas fini.
N'hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, qu'est-ce qu'il va pas passer dans le prochain d'après vous, ou qu'est-ce qu'il DEVRAIT se passer dans le prochain d'après vous! Est-ce que vous vous attendiez à ce que les choses tournent comme ça? N'hésitez pas, après tout, vous êtes une de nos principale source de motivation ;)
Pleins de bisous et à la prochaine :)
Vous êtes géniaux, l'oubliez jamais!
