Bonjour les loulous !

Le chapitre d'aujourd'hui s'est fait désirer, pas vrai ?

C'est qu'on a eu du mal à gérer les explications entre Morgane et Kathleen ! On avait même commencé une version assez OOC des filles, pour tout vous dire, ça ne leur ressemblait pas du tout. Du coup, on a recommencé plusieurs fois et on espère que celle-ci sera la bonne et que le chapitre vous plaira !

Un grand merci à tous ceux qui prennent encore le temps de nous lire, de laisser des commentaires et de nous soutenir ! On vous aime fort !

Comme toujours, un merci particulier à nos super revieweurs, à notre petite nouvelle comme aux anciennes qui sont de retour : Tiph l'Andouille, Inerys, Lizzia0901, GinnyXeasley, Licornecassio, Stilandra Black, Akba-Atatdia, Bloo, httpmoony et Usedtobehere.

Le lien pour la réponse à la review anonyme de Bloo (il faut retirer les parenthèses) : (h)(tt)(p:)(/)(/)(celles)(qui.)(forum)(actif.)(org/t136-reponse-aux-reviews-anonymes-du-chapitre-46-celle-qui-decouvrait-thera#2344)

Bonne lecture à toutes et à tous !

Rukie & Mila


CHAPITRE XXXXVII

Celles qui laissaient tomber les masques

Juin 1979

Morgane pouvait se targuer d'avoir réussi à acquérir un certain contrôle de ses émotions, notamment grâce à une initiation à l'occlumencie durant sa formation de médicomage, mais à cet instant, face au regard inquisiteur et glacial de Kathleen, elle se sentit trembler d'appréhension. Que devait-elle faire ? Que devait-elle dire ? Elle ne pouvait décemment pas lui avouer la vérité en lui déballant de but en blanc qu'elle s'était envoyée volontairement son ex-meilleur ami mangemort pendant des mois. Pire encore, qu'elle avait été contrainte de mettre fin à leurs galipettes car elle avait fini par se rendre compte qu'elle tenait bien trop à lui. Non, Kathleen ne pouvait pas entendre cela. Surtout pas le jour de l'enterrement de Cunégonde, elle devinait que trop bien que sa sœur était à fleur de peau.

Pourtant … Avouer ne la soulagerait-elle pas du poids immense qu'elle portait depuis des mois ? Ne se sentirait-elle pas mieux de pouvoir enfin partager ceci avec sa meilleure amie ? Bien sûr, Kat crierait à la trahison, mais la blonde était prête à parier que cela lui passerait. La brune était rancunière, certes, mais Morgane était sa meilleure amie, sa seule famille ici. Elle lui pardonnerait, avec un peu de temps… et un peu d'explications si nécessaire.

- Morgane, par Merlin, réponds ! S'agaça sérieusement la concernée en face d'elle, après que la serveuse ait déposé leurs boissons.

- Euh …. Je … Je … hésita-t-elle. Comment t'expliquer ...

Kathleen souffla brusquement par le nez, comme pour contenir son agacement.

- Je te jure que si tu es encore en train de le harceler pour "tâter le terrain" et le protéger, je m'occupe personnellement de ton cas. Dussé-je te ligoter à un radiateur et te séquestrer pendant des mois, menaça à moitié sérieusement l'ancienne serpentarde.

- Non, non, s'empressa de rassurer la blonde dont la gorge était si serrée qu'elle se demandait comment elle parvenait encore à produire le moindre son.

- Alors dis-moi, insista Kathleen en partie soulagée, je ne peux pas m'absenter plus d'une demi-journée, je ne peux attendre indéfiniment que tu te décides.

La jeune mariée soupira une nouvelle fois en observant l'attitude de sa sœur qui semblait réfléchir à toute vitesse. Cela n'annonçait rien de bon, songea-t-elle en fronçant inconsciemment les sourcils. La styliste ne l'avait jamais vu comme cela, Merlin savait que Morgane était plus du genre à parler avant de réfléchir et ça ne fit que confirmer ce qu'elle craignait. La médicomage lui cachait quelque chose.

- Je … J'ai couché avec lui, avoua finalement la blonde dans un murmure.

- Je te demande pardon, tu as quoi ? Demanda-t-elle, certaine d'avoir mal entendu.

- J'ai couché avec Regulus, répéta Morgane, à peine plus fort. Plusieurs fois, ajouta-t-elle en baissant vivement les yeux sur son café, devinant le regard noir que devait lui adressait sa meilleure amie.

- Tu as couché avec Regulus Black, répéta Kat à voix basse en insistant sur chaque mot.

Morgane ne savait pas si elle le faisait pour mieux assimiler le fait, parce qu'elle était choquée ou simplement pour lui faire réaliser sa connerie. Elle leva finalement discrètement les yeux vers elle, pour la voir poser sa tasse de thé sur la table, trop estomaquée pour réagir.

Parce qu'estomaquée, Kathleen l'était vraiment. Elle savait que son amie était irréfléchie et impulsive, cela lui avait valu sa place à Gryffondor, après tout. Mais ça ?! Comment ? Même au moment de leur rencontre, la petite blonde avait été assez intelligente pour ne pas faire une erreur pareille ! Qu'il soit le frère de son ex-petit-ami, c'était une chose. Mais un mangemort ? Qu'est-ce qui avait pu lui passer par la tête, par tous les dieux !? Et dans la tête de cet abruti ?

L'espace d'un instant, elle se demanda si Regulus n'avait pas profité de cette relation pour avoir des informations sur l'Ordre, sur elle, sur Gideon et Fabian … Sur leurs déplacements, les lieux où ils allaient … Elle tenta d'arrêter le cheminement de cette pensée, car elle lui était insupportable. Parce qu'elle refusait qu'elle soit vraie. Si elle l'était, alors Regulus était bien plus responsable de la torture de son mari et de son beau-frère qu'elle ne le croyait et Morgane devenait malgré elle sa complice. Kathleen ne le supporterait pas.

Elle essaya de se calmer, de ne pas sauter immédiatement à la gorge de Morgane, de la laisser s'expliquer. Mais la blonde ne disait rien et ça commençait à la rendre folle.

- Je ne comprends pas, siffla Kathleen entre ses dents, ça n'a vraiment aucun sens. Explique-moi, pourquoi ? Pourquoi parmi tous les hommes que tu pouvais avoir, tu l'as choisi lui pour t'envoyer en l'air ? Et désolée de le dire comme ça, mais surtout, pourquoi toi ? Qu'est-ce qui a bien pu vous passer dans vos cervelles pour faire cette putain de connerie ? Questionna-t-elle inconsciente du fait qu'elle haussait le ton au fur et à mesure qu'elle parlait.

Morgane déglutit en l'entendant jurer et s'enfonça contre le dossier de sa chaise, comme pour se protéger de la colère grandissante qu'elle voyait dans les yeux de sa sœur. Elle savait que la réponse qu'elle allait donner à son amie importait peu, en réalité, car il n'y avait rien qui atténuerait sa fureur ou qui dissiperait son incompréhension.

- Je n'en sais rien, soupira-t-elle malgré tout. Je ne sais pas pourquoi ... Écoutes, tout ce que je peux dire, c'est que je … je suis désolée de ne pas t'avoir dit la vérité. J'avais honte, avoua-t-elle sincèrement sous le regard inquisiteur de la styliste, honte de faire ça, honte de mentir encore et encore aux autres et honte d'avoir cédé et embrassé un mec fiancé.

Elle sentit qu'elle avait dit un mot de trop car Kathleen se raidit brusquement.

- Quoi ? Tu as dit "fiancé" ? Reprit Kathleen, semblant compter vivement dans sa tête. Mais … Mais depuis quand ….

- Euh … La soirée du nouvel an, où vous vous êtes fait attaquer, plus ou moins … Réfléchit la petite blonde en essayant de se rappeler à quel moment exactement les choses avaient vraiment basculé.

Regulus l'avait embrassé avant ça, à l'hôpital, mais c'était au moment du nouvel an qu'elle avait pris conscience que non seulement il lui plaisait mais que ce n'était pas seulement qu'un horrible petit con.

- Mais ça fait un moment que c'est fini entre nous ! S'empressa-t-elle d'ajouter.

- Quand tu dis "un moment", j'espère que ça veut dire "avant qu'il ne regarde Gideon se faire torturer sans rien faire et sans que ça ne le perturbe outre mesure" ?! S'enquit sa sœur d'une voix si froide que Morgane était prête à parier que Voldy lui-même aurait dégluti de trouille. Elle sentit pour sa part un frisson lui parcourir l'échine.

- Oui, avant, répondit-elle, remerciant Merlin que les événements se soient effectivement déroulés dans cet ordre-là. Elle n'aurait pas donné cher de leurs peaux, à Regulus et elle, sinon. Je l'ai déjà dit, mais je suis vraiment vraiment désolée, Kat. Je sais que j'aurais dû te le dire dès le départ, quand vous étiez encore amis, parce que tu l'aurais mieux accepté à ce moment-là. Mieux, j'aurais dû te le dire dès qu'il m'a embrassé, la première fois ! Je ne me souviens même plus pourquoi je te l'ai caché, à l'époque, peut-être pour y donner le moins d'importance possible, débita Morgane qui sentait qu'il ne fallait pas laisser une seconde de silence dans son discours. Je me dis aujourd'hui que ça m'aurait sans doute évité de me retrouver dans cette merde, soupira-t-elle, avec du recul, je

- Avec du recul ? Combien de mois as-tu eu, Morgane, depuis votre rupture, pour avoir du recul ? Tu es désolée ? De quoi ? Que j'ai eu à te tirer les vers du nez, à te surprendre avec lui, pour que tu daignes me dire la vérité ? Interrogea Kathleen en posant violemment ses mains sur la table.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire et tu le sais ! Protesta la petite blonde en fronçant les sourcils, se sentant attaquée.

- Non, je ne sais pas ! Je ne sais pas parce que visiblement, je ne te connais pas si bien que ça ! Quand je pense que ce sont des mois et des mois de mensonges … Est-ce que tu comprends au moins que ce n'est pas comme si tu cachais une mauvaise note à tes parents ?! Ces mensonges peuvent avoir des répercussions catastrophiques, sur sa vie, sur la tienne, sur la nôtre ! Qu'est-ce qui te fait croire qu'il n'a pas profité de toi, de tes …

- Je t'arrête tout de suite, Kat, coupa furieusement Morgane, sentant un amer sentiment d'injustice se répandre en elle. Je ne suis pas une traître, je n'ai jamais rien dit, siffla-t-elle. Et il n'aurait jamais …

- Tu ne l'es peut-être pas aux yeux de l'Ordre, déclara Kathleen avec autant de colère que de déception, mais tu l'es aux miens.

- Kathleen !

- Je te faisais confiance. Je commençais tout juste à te pardonner, à comprendre tes derniers coups en douce ! Tu n'imagines même pas à quel point tu me déçois. Et dire que tu m'as regardé pleurer ceux que je pensais être des amis et qui m'ont trahis alors que tu faisais la même chose ! Et moi qui croyais bêtement qu'on pouvait compter l'une sur l'autre

Elle crispa le poing. Morgane était sa meilleure amie. Certes. Mais elle avait de trop nombreuses fois agit dans son dos. Peut-être était-ce la fois de trop. La confiance qu'elles avaient entre elles avait déjà souffert ces derniers mois. Mais c'était Morgane … Comprenait-elle seulement pourquoi elle était furieuse ? Pourquoi elle se sentait si déçue ? Savait-elle que peu lui importait, au fond, qu'elle couche avec Regulus ou Dumbledore ? Elle aurait même accepté Rusard ou Voldemort. Bon, peut-être pas Voldy, mais quand même. Non, ce qui la rendait dingue, c'était des mois et des mois de mensonges.

Oh, elle avait parfaitement conscience qu'elle n'était pas un exemple de vertu sur cette question. Elle avait fait l'erreur de cacher la vérité à Gideon et s'en était amèrement mordue les doigts. Et il lui avait fallu un certain temps pour partager ses visions avec la petite blonde, mais elle avait pris son courage à deux mains et elle l'avait fait ! Pourquoi Morgane n'en avait-elle pas profité à ce moment-là ?! Elle était tellement abattue qu'elle aurait sans doute à peine bronché. Ou seulement pour le principe.

- Tu es gonflée de me faire la morale, je te signale que la confiance, c'est pas ton truc non plus ! S'offusqua la petite blonde, sincèrement blessée par les dernières paroles de sa sœur. Tu retournes ça contre moi quand ça t'arrange, mais tu ne me dis les choses que lorsque tu ne peux pas faire autrement ! Regarde pour tes visions, tu me l'as avoué après quoi, plus d'un an ? Alors que j'aurais pu t'aider ! Et tu me l'as dit quand Gideon allait peut-être te larguer, donc je pouvais faire quoi d'autre que te soutenir moi ? J'allais pas te faire la leçon comme quoi j'étais blessée parce que tu m'as caché des choses ! Pourtant Merlin sait que tu m'en caches ! Et parfois pour des raisons plus que débiles, alors si tu peux le faire, pourquoi pas moi ?!

Pourquoi Kathleen ne comprenait-elle pas ? Était-ce si difficile de voir qu'elle avait honte et peur de décevoir ses proches ? Car oui, elle avait terriblement honte. D'avoir renié d'une certaine façon ses principes par amour. D'avoir couché avec l'ennemi, car à une époque, il n'avait été ni plus ni moins que cela. Honte d'avoir menti à tout le monde. Tellement honte qu'elle n'osait imaginer la tête des maraudeurs, de ses amis en général, s'ils savaient. Mais ce n'était pas la honte qui avait motivé son silence. C'était la peur.

La peur de décevoir la seule véritable amie sur qui elle pouvait compter. La peur de voir cette putain de déception trop présente à l'instant dans le regard scandalisé et déjà lointain de Kathleen. La peur de la voir s'éloigner, de la perdre sans jamais pouvoir la retenir. La peur de briser une confiance déjà fragile. Oui, elle avait craint tout cela. Elle le craignait encore plus à présent. Tellement qu'elle en avait mal au ventre et qu'elle avait envie de pleurer. Mais elle avait aussi de l'espoir. Parce que Kathleen ne lui avait pas encore renversé sa tasse à la figure, bien qu'elle devait en mourir d'envie vu son regard.

- D'accord, lâcha Kathleen avec un calme des plus suspicieux au goût de Morgane. Tu as raison, c'est vrai.

Cette soudaine approbation, dite sur le ton de constatation alors qu'elle criait précédemment mit la petite blonde sur ses gardes. Merlin savait à quel point sa meilleure amie pouvait être blessante dans ces moments-là, aussi se prépara-t-elle à riposter, bien qu'elle ne sache pas encore comment vu que Kat lui donnait curieusement raison.

- C'est vrai, répéta-t-elle. Tu ne me dois rien, après tout. Qui suis-je pour t'obliger à me dire la vérité ? Ajouta-t-elle dans un rire amer. Et au fond, peut-être même que je préfère ne pas savoir, parce que de toutes les conneries que tu as pu faire, celle-ci est indéniablement la pire. Un mangemort, frère de ton ex, fiancé à l'époque, qui va finir par mourir dans une grotte? Il y a un sacré niveau là, félicitations ! Je suis impressionnée. Mais tu aurais fait quoi si cette relation nous avait mis en danger, hein ? Tu te serais bougée le cul et tu serais venue me le dire? J'en suis même pas sûre … Ça en dit long sur ce que je représente à tes yeux, pas vrai ?, conclut Kathleen en se levant et en attrapant son sac à main pour régler sa consommation.

Morgane ferma brièvement les yeux pour s'empêcher de pleurer. Comment en étaient-elles arrivées là ? Pourquoi n'avait-elle pas réussi à lui faire comprendre, pourquoi s'était-elle énervée ? Se fustigea-t-elle.

- Kathleen ! S'il te plaît … souffla-t-elle en rouvrant les yeux pour croiser le regard plein d'amertume de sa sœur qui s'apprêtait à quitter la table.

Celle-ci hocha négativement la tête. Elle était désolée, elle-aussi. Désolée de lui avoir fait confiance. Désolée d'être incapable de pardonner, de ne pas pouvoir passer au-dessus de ça. Désolée d'être ce qu'elle était, parce qu'au fond, c'était ça le problème. Elle prenait les choses trop à cœur, à force de croire naïvement en tout le monde, elle finissait toujours déçue. Ce n'était pas la première fois. Mais elle avait cru qu'avec Morgane, ce serait différent. Qu'elle avait enfin trouvé quelqu'un qui comprendrait, qui lui ferait confiance.

- Non, Morgane. Pas cette fois … dit-elle dans un murmure avant de lui tourner le dos et de quitter le café, des larmes amères glissant sur ses joues.

La petite blonde resta un instant, tétanisée, réalisant brusquement que Kathleen venait ni plus ni moins de lui dire que leur amitié s'arrêtait là. Elle jeta quelques pièces pour régler sa consommation et partit en courant, espérant rattraper sa meilleure amie. Ça ne pouvait pas se terminer comme ça, elles étaient censées s'expliquer, se pardonner. Comme toujours. Ça ne pouvait pas être différent cette fois-ci. Elle le refusait. Elle avait besoin de Kat comme Kat avait besoin d'elle. Elles étaient un duo, elles se complétaient l'une l'autre, maintenaient un équilibre ensemble. Elles étaient les Kerrien, par Merlin !

Elle aperçut la silhouette de la jeune mariée après quelques minutes, soulagée et cria le prénom de sa sœur pour qu'elle s'arrête. Cette dernière se figea et sans se soucier d'être en pleine rue, disparut dans le son caractéristique du transplanage. Morgane stoppa sa course, déconfite mais pas vaincue. Elle allait lui laisser un peu de temps. Sa colère tomberait, à un moment ou à un autre. Il suffisait d'attendre, tenta-t-elle de se convaincre en essuyant rageusement ses joues humides.


Morgane sentit la bretelle de sa robe spaghetti claquer avec force contre son épaule, mais ne cilla même pas, trop occupée à fixer le mur derrière le bar d'un air vide.

- Sans rire, on croirait que t'as pas eu ton diplôme! Fit la voix aiguë de Miriam dans son oreille, alors qu'elle prenait place à sa droite au comptoir.

- Tu m'excuseras, mais j'enterre Cunégonde et ma relation avec ma sœur aujourd'hui, alors mon diplôme et mon futur? Je m'en bats la chatte, soupira la blonde.

Miriam eut un mouvement de recul en entendant le ton et les paroles de son amie, d'ordinaire si enjouée et optimiste. D'autant plus qu'elle ne semblait pas avoir bu autre chose que du jus de citrouille, pour une raison qui lui échappait.

- Mo, ma biche, je ne sais pas qui est Cunégonde et je suis désolée d'entendre qu'elle n'est plus, commença son amie en posant une main réconfortante sur son dos. Quant à ta sœur… je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais je suis certaine que ça va s'arranger avec elle! Vous êtes si proches! Il n'y a rien qui puisse détruire votre relation, sourit-elle avant de perdre toute trace de sourire en apercevant l'expression dépitée de la jeune femme.

- Elle m'en veut de lui avoir menti, ce qui est son droit, je n'aurais pas dû lui mentir. J'aurais mieux fait d'être honnête depuis le début, Morgane tourna son regard océan vers Miriam, horrifiée. Doux Merlin, elle m'en voudra d'autant plus lorsqu'elle saura que d'autres personnes étaient au courant.

La nouvellement diplômée guérisseuse écrasa avec force sa paume contre son front en pensant à Fergus, Miriam -qui la fixait, perdue et très inquiète-, Terry la cowgirl et surtout Remus! Il ne faisait aucun doute que d'une façon ou d'une autre, Kat et Remus finiraient par parler d'elle. Merlin, il fallait absolument qu'elle les empêche de communiquer! Mais elle s'était promis de laisser du temps à Kathleen et l'empêcher de savoir que d'autres avaient eu vent de sa relation avant elle ne ferait-il pas qu'empirer son cas?

- Au courant de quoi? Demanda Miriam qui ne suivait pas.

- Ma sœur a découvert pour mon… mes sex-capades avec Troufion.

Sa voisine toussota, surprise avant de taper du poing sur le comptoir:

- Deux Hydromel citron s'il-vous-plaît!


Dans une maison typique, à l'écart du centre de Londres et donc de Morgane, Kathleen déposa une carafe sur le comptoir de sa cuisine avec plus de force que nécessaire, lui arrachant un grognement agacé lorsque quelques gouttes du jus d'œillet que celle-ci contenait tachèrent le plan de travail. Elle entendit son prénom être prononcé dans le jardin et se tourna vers la fenêtre pour y apercevoir James qui l'imitait - elle en mettrait sa baguette au feu - patiner sur le lac Noir sous le rire de Gideon qui se régalait toujours des anecdotes sur son épouse. Rira bien qui rira le dernier, pensa-t-elle en jetant un coup d'œil à un polaroid qui datait de leur premier et seul hiver à Poudlard et qui tenait avec un magnet en forme de Bertie Crochue sur son frigo.

La brunette sentit son estomac se contracter désagréablement, incapable de l'ignorer. La soirée touchait à sa fin et Morgane n'avait toujours pas fait d'apparition, alors qu'elle avait promis de quitter sa fête de fin d'internat pour venir voir ses amis et festoyer avec eux. Kathleen ne pouvait pas le nier, elle était soulagée que la petite blonde n'ait pas encore pointé le bout de son nez, car après leur face à face en début de journée, elle ne savait pas si elle pouvait la regarder dans les yeux sans s'énerver ou même faire semblant devant les autres que tout allait bien entre elles. Elle avait beau avoir passé du temps à en parler et à extérioriser -dans la mesure du possible, autant dire pas beaucoup- avec Georgina après la révélation et plus tard avec Gideon, elle ne s'en sentait pas moins frustrée et meurtrie.

- Kat ? Appela une voix depuis la porte de sa cuisine.

La jeune femme releva la tête, surprise. Une jolie rousse qui ne lui était pas inconnue se tenait nonchalamment dans l'encadrement de la porte. Elle semblait hésitante en la dardant de ses yeux clairs et Kathleen se rendit compte qu'elle avait dû arborer une mine bien sombre pour inquiéter ainsi son amie.

- Joséphine ? Que …

- Qu'est-ce que je fais chez toi ? Compléta la joueuse de Quidditch professionnelle, amusée de la surprise qu'elle avait créée chez sa partenaire occasionnelle.

- Je lui ai proposé de venir avec moi, comme c'est ton amie, je me suis dit que ça ne te dérangerait pas, expliqua Peter en arrivant derrière la fille de la Ministre de la Magie.

Kathleen ne put s'empêcher de remarquer, le sourire aux lèvres, la main de son ami posée sur la hanche Joséphine, qui avait répondu par un grand sourire à ce contact. Elle était sincèrement heureuse de constater qu'ils étaient restés en contact après sa nuit de noce et que leur relation semblait prendre une bonne direction. James devait être fou de jalousie, comme beaucoup d'autres. Joséphine était talentueuse, drôle, charismatique et issue d'une prestigieuse lignée, bien que le jeune Potter ne l'idolâtre que pour son don sur un balai. Kathleen espérait que la confiance de Peter en lui-même grandirait grâce à l'influence de Joséphine, qui était une incroyable optimiste.

- Tu as bien fait ! Approuva Kathleen. Fais comme chez toi, Jo' ! Tu connais la maison, ajouta la jeune sorcière.

La rouquine approuva et s'engagea dans le couloir pour rejoindre les autres, avant de s'arrêter et de lancer un regard interrogateur à son nouveau petit-ami qui était toujours dans l'encadrement de la porte.

- Vas-y, je te rejoins dans quelques minutes.

Elle hocha la tête, semblant comprendre que Peter voulait discuter seul avec leur amie commune. Kat regarda l'animagus, surprise, alors que les pas de la jeune Bagnold s'éloignaient.

- Tout va bien, Kathleen ? S'enquit doucement ce dernier en venant s'appuyer contre le comptoir de la cuisine. Tu as les yeux rouges …

- Oh, dit-elle en levant la main vers ses yeux. J'étais à un enterrement, ce matin, ajouta-t-elle avec un faible sourire.

Elle aurait pu s'arrêter là, prétendre que tout allait bien, qu'elle était juste triste d'avoir perdu Cunégonde. Pet' n'aurait pas insisté, il était le seul maraudeur à avoir une notion du tact. Mais Kathleen, tout en ayant conscience du risque, avait un lien spécial avec le jeune Pettigrow. Il avait été son complice, à Poudlard, lorsqu'elle cachait à tous ses visions. Un complice qui lui donnait des alibis sans même chercher à savoir ce qu'elle dissimulait. Puis il avait été son partenaire, durant les missions pour l'Ordre. Il avait essayé de lui sauver la vie, durant l'une d'elles, en prenant à ses trousses le plus gros des troupes ennemies. C'était peut-être mal, surtout après son expérience avec Regulus et Morgane, mais elle avait confiance en lui. Elle voulait croire qu'il avait changé, qu'il n'était plus le traître de l'histoire canon.

- Je me suis fâchée avec Morgane, dit-elle dans un murmure.

- Je vois ... Tu veux en parler ? Demanda-t-il doucement en voyant les larmes briller dans les yeux de son amie.

- Tu te souviens, quand on était à Poudlard, on avait discuté de ça, une fois … Après mon empoisonnement … Tu m'avais dit que ceux … ceux qui nous trahissent ne nous aiment pas vraiment, qu'il ne mérite pas nos larmes.

Peter hocha la tête, se souvenant de combien la serpentarde était mal, après la trahison de Johanna qui avait failli la tuer, bien que ça ne soit pas son intention. Le jeune gryffondor l'avait consolé avec une patience d'ange.

- C'était vrai à l'époque, commença-t-il, mais pas aujourd'hui ...

- Pourquoi ? On ne peut pas faire deux poids, deux mesures ! S'exclama Kathleen.

- Parce que Johanna ne te connaissait pas vraiment, Kat, expliqua-t-il patiemment. La situation est différente. Morgane t'aime, tu es peut-être en colère, mais tu le sais, au fond de toi. Elle ne cherchera jamais consciemment à te blesser.

- J'en suis pas aussi sûre que toi … Tu l'aurais entendu, tout à l'heure … Souffla-t-elle, la gorge nouée en se remémorant les paroles dures de sa meilleure amie.

- Honnêtement, Kathleen, est-ce que tu peux me dire en toute sincérité que tu n'as pas cherché toi aussi à la blesser ? C'est humain d'attaquer l'autre lorsqu'on a mal. C'est dur et bas, même, mais c'est humain. Je suis sûr qu'elle ne pensait pas ce qu'elle t'a dit !

Kathleen se mordit la lèvre, honteuse. Bien sûr qu'elle avait attaqué, parce qu'elle se sentait tellement trahie, tellement … frustrée … qu'elle avait eu besoin de transmettre la peine, la douleur que Morgane lui avait causé, mais elle lui en voulait tellement qu'elle ne se sentait même pas coupable d'avoir pu la blesser par ses paroles. Rien de ce qu'elle avait pu dire n'équivalait la souffrance que Morgane lui avait infligé, en la trahissant de cette manière.

- Je sais … souffla-t-elle, la gorge nouée. Je sais que je ne suis pas toute blanche dans cette histoire, que j'ai ma part de responsabilité … mais … elle le pensait, Pet'. Je l'ai vu dans ses yeux. Ce qu'elle m'a dit, elle le pensait vraiment. Je crois même qu'elle le pensait depuis un moment mais qu'elle n'osait simplement pas le dire.

- Peut-être. Peut-être pas. Tu ne le sauras jamais si tu ne mets pas les choses à plat avec elle, conseilla le jeune maraudeur.

L'ancienne serpentarde secoua négativement la tête, butée.

- Je ne veux plus la voir, dit-elle, la voix brisée. Je ne serais pas capable de la regarder dans les yeux et de faire comme si de rien n'était …

- Personne ne te demande de prétendre que tout va bien, murmura Peter en posant une main apaisante sur celle de Kathleen qui s'était mise à trembler. Écoutes, pour le moment, n'y pense plus. Laisse les tensions retomber et viens t'amuser avec nous ! Tu en as besoin et tu le mérites. Et je suis sûre que Joséphine meurt d'envie de te parler de sa dernière technique de Quidditch, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil complice.


- Je croyais que c'était une soirée pour les internes, s'exclama Morgane en apercevant Hippocrate penché par dessus le bar.

Miriam se tourna brusquement pour vérifier les dires de son amie, gesticulant afin de regarder entre les personnes qui se déhanchaient sur la piste de danse.

- J'y crois-pas, comme si on se coltinait pas déjà suffisamment sa tronche de troll quand on bosse, soupira-t-elle avant de prendre une gorgée du cocktail qu'elle tenait à la main.

- J'ai l'impression que d'autres titulaires sont là, remarqua la blonde en apercevant Joshua dans un coin en train de discuter avec une jeune femme qui semblait boire ses paroles.

Miriam haussa les épaules avant de lever les bras en l'air, faisant tomber un peu d'alcool et de jus autour et sur elle, et recommença à se déhancher en rythme. Morgane l'imita, fermant les yeux et profitant de la sensation de liberté que l'alcool lui conférait pour le moment. Elle n'avait pas à penser à Kathleen, à leur dispute, à leur séparation cet après-midi, ou à Regulus, à ses sentiments, à leur face-à-face ce matin. Non, elle pouvait juste se perdre dans la foule et bouger son corps sans avoir à réfléchir.

- Kerrien! Fit soudainement une voix qu'elle ne connaissait que trop bien dans son dos.

La blonde se tourna vers lui, agacée:

- Qu'est-ce que tu me veux Hipopo? Tu viens me rappeler que t'es titulaire? BAH MOI AUSSI! VIVE NOUS! HEIN MIMI!?

Hippocrate haussa les sourcils, apparemment surpris que la jeune femme lui parle ainsi, et jeta un coup d'œil vers Miriam qui lui adressa une grimace avant de lui tendre son verre pour qu'il aille le poser pour elle.

- Hum, non, je venais simplement te dire que ta robe était coincée dans tes dessous, lança-t-il en pointant la hanche de la petite blonde du doigt, et j'ajouterais que tu devrais arrêter avec l'alcool. J'ai honte pour toi, tu danses comme un merrow à qui il manque une nageoire.

- C'est toujours mieux que de ressembler à Donald Trump en 2017! T'as vu ta coupe?!

- Je ne comprends jamais rien quand tu parles.

- Il divorce autant que toi, ricana Morgane en s'appuyant contre un gars qui passait et qui ne comprit pas ce qui lui arrivait.

- Je te ferais remarquer que je n'ai jamais divorcé! Se vexa Hippocrate en prenant un air pincé, les bras croisés sur son torse. Et pour ta gouverne, j'ai une petite amie!

- Cool pour toi, renifla Morgane dubitative.

- Évidemment, c'est un concept pour quelqu'un comme toi qui ne sait pas ce qu'est l'amour.

Morgane pinça les lèvres avant de donner un coup sur le bras d'Hippocrate, coup qu'il sentit à peine.

- Je sais ce que c'est okay! Et je sais ce que c'est que d'avoir le cœur brisé alors me parle pas comme ça

Hippocrate sembla se sentir coupable pendant un moment puis soupira:

- Arrête de boire.

La blonde haussa les épaules et le regarda s'éloigner avant de pousser un cri de surprise lorsqu'il rejoint une jeune femme à qui elle avait déjà parlé plusieurs fois.

- Il sort avec Ziba Bahram!

- Nan! Cria Miriam en se collant à elle pour les espionner. Mais elle est beaucoup trop bien pour lui!

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard de connivence et s'écrièrent :

- Il lui a fait pitié !


- Le matin se lève doucement sur le village de Godric Hollow, souffla d'une voix d'outre-tombe Kathleen, alors que sa terrasse était plongée dans l'obscurité et la lumière vacillante des bougies. Mais hélas, les détraqueurs ont frappé ! Le pauvre Benjy est là, sur la place, le regard vide et sans âme !

- Oh non, mon Benjy ! Sanglota faussement Fabian en se jetant dans les bras de son meilleur ami, sous les rires de l'assemblée.

- Tu vas devoir me venger, mon ami ! Moi, pauvre moldu sans défense qui ait été sournoisement embrassé contre mon gré ! Singea le jeune Fenwick en montrant sa carte.

Kathleen avait décidé de leur faire découvrir le jeu du loup-garou. C'était une idée qu'elle avait eue avec Morgane, lorsqu'elles étaient encore à Poudlard, mais qu'elles n'avaient jamais eu l'occasion de mettre en place. Par égard envers Remus, Kathleen avait décidé de remplacer les loups garous par des détraqueurs. Au fond d'elle, elle se doutait que les maraudeurs l'auraient sûrement pris à la rigolade, mais cela la dérangeait, elle, de mettre en scène un jeu qui rappelait à tous la nature involontairement sanguinaire des lycanthropes. Ainsi, il y avait deux détraqueurs dans la partie, l'un d'eux étant Sirius qui s'était fait démasquer rapidement par James.

Il ne restait plus en vie que Fabian, Lily, Remus et Joséphine. Alice avait eu le rôle de la voyante et s'était offusquée trop vivement lorsque les détraqueurs avaient choisi de tuer Frank, ce qui avait fait pouffer Kathleen. Elle boudait depuis. Les autres n'étaient que des moldus, Kathleen ayant choisi de commencer avec une partie simplifiée.

- Lily, toi qui es ministre de la magie, éclaire nous de tes lumières et dis nous ce que nous devons faire pour survivre ! Lança d'une voix larmoyante Joséphine qui s'était rapidement prise au jeu.

- Hélas, je ne sais plus quoi faire, ma chère amie. L'un de nous a le massacre de nos concitoyens sur la conscience. Et je vengerais assurément le meurtre de mon époux bien-aimé ! Joua l'autre rousse de la soirée avec véhémence.

- Oh ma Lily, comme je t'aime ! S'écria James en se jetant sur elle pour la prendre dans ses bras.

- Tu n'as plus d'âme, James, rappela Kathleen pour la septième fois.

- Même sans âme, mon cœur battra toujours pour ma Lily ! Répondit ce dernier avec enthousiasme.

Kathleen secoua la tête, dépitée et intérieurement hilare. Lorsque ce cher Cornedrue apprendrait que c'était Lily elle-même qui avait décidé d'éliminer son mari, il tomberait sûrement de haut.

L'ancienne Gryffondor était une sacrée stratège. Non seulement, elle avait réussi à se faire élire Ministre de la magie par les autres, tout en ayant l'air de ne pas le vouloir, ce qui lui donnait deux voix, mais en plus, personne ne la soupçonnerait jamais d'avoir éliminé James. Kathleen était sincèrement admirative et se demandait si le choixpeau ne s'était pas trompé lors de la répartition de la jeune Lily Evans.

- Moi je dis que Remus a l'air trop innocent pour être honnête ! S'écria Fabian en regardant le jeune Lupin d'un air suspicieux.

- Et moi je trouve ça curieux que Gideon se soit fait embrasser juste après avoir fait une remarque sur la propreté douteuse de ton appartement, fit remarquer Joséphine en plissant des yeux.

Oui, décidément, Lily était drôlement maligne et avait un sens du timing parfait pour les éliminations, même si elle avait également été aidé par Sirius en début de partie.

- Et pour qui votez-vous, mes chers concitoyens? Demanda la rousse, sans nul doute pour mieux choisir qui évincer. Votre avis est important après tout, je suis une ministre moderne!

- Finalement, je trouve Joséphine louche, annonça Fabian en se tournant brusquement vers la jeune femme.

- Ah oui? Et pourquoi donc? Fit mine de se vexer celle-ci en croisant les bras sur sa poitrine.

- Déjà, t'es rousse!

- Parce que t'es brun peut-être?! S'esclaffa Gideon, toujours surpris de pouvoir être étonné par les stupidités que son frère sortait.

- D'ailleurs, comment ça se fait que le détraqueur t'ai pris ton âme, vu que tu n'en as pas? Demanda Benjy, mort de rire, avant de se prendre une bouteille en pleine face.

- Le maître du jeu vous invite à voter, intervint Kathleen qui voyait que la partie n'avançait absolument pas.

Ce n'était pas qu'elle souhaitait que ses amis partent, mais il était maintenant bien après minuit et elle commençait ressentir les effets de la fatigue sur son corps. La journée avait été forte en émotion.

- Je vote contre Fabian! Grogna Joséphine en lui tirant la langue. S'il n'est pas un détraqueur et est tué c'est pas grave, il risque de mener notre magnifique village à sa perte de toute façon!

- Et moi, je vais voter contre Lily, annonça Remus d'une voix faussement grave tout en jetant un regard en biais à son ancienne camarade de classe.

Oh, pensa Kathleen, voilà qui était intéressant! Remus semblait avoir remarqué quelque chose. Mais de toute évidence, Lily allait voter contre lui et son vote comptant double, il était celui qui allait être jeté au Magyar à pointes.

- Je suis tout bonnement outrée, s'exclama Lily, une main sur son cœur, quelle trahison. Je suis donc obligée de voter contre toi Remus. Ça me fait mal, après tant d'années d'amitié, mais tu ne me laisses pas d'autre choix!

La brunette sourit, ce jeu était parfait pour son groupe d'amis. Ils aimaient se mettre en scène et faire les idiots. Le reste de la partie se déroula comme elle s'y était attendue et Lily gagna, choquant tout le monde, surtout James qui fit mine de demander le divorce. Kathleen se surprit à penser qu'elle se devait de raconter tout ça à Morgane dès qu'elles se verraient, avant de se rappeler qu'elles ne se verraient pas de si tôt. Et c'était tant mieux.

- Tu es moins tendue que quand je suis arrivé, fit remarquer Peter alors que les invités commençaient à partir.

- J'imagine que voir Lily tuer tout le monde, ou plus exactement, voler l'âme de tout le monde, m'a fait du bien! Sourit la styliste.

Elle ne savait pas si elle était moins tendue, très honnêtement, elle ne pensait pas l'être. Elle avait mis ses soucis de côté pendant quelques heures, ceci sonnait plus approprié, car elle ne pensait pas pouvoir se détendre après ce qu'elle avait vécu aujourd'hui.

- Je ne sais pas ce qui s'est passé avec Morgane, mais n'oublie pas ce que vous avez c'est spécial. Tu n'auras pas une deuxième Morgane, lui dit-il alors qu'elle l'accompagnait jusqu'à l'entrée où Joséphine l'attendait.

- Non, tu ne sais pas, souffla-t-elle dans un murmure en les regardant disparaître, et ça vaut sans doute mieux ainsi …

Kathleen était furieuse, blessée et beaucoup d'autres choses, mais elle ne se sentait pas capable pour autant de mener un pugilat contre Morgane. Car si elle parlait aux Maraudeurs, ce n'était ni plus ni moins ce qui se passerait. Sirius … Sirius serait fou de rage et perdrait la raison, comme cela lui arrivait parfois dans ses excès de fureur. James suivrait, envers et contre tout, son meilleur ami. Peter et Remus temporiseraient sûrement leurs amis, mais deviendraient tout de même méfiants envers la petite blonde. Les filles et Frank … Ils ne comprendraient pas. Alice criait facilement à la trahison et au complot et Frank ne pourrait pas lui donner tort cette fois. Quant à Lily … Kathleen ne savait pas trop ce que la rousse en penserait. Dans tous les cas, Kathleen se tairait.

Pas pour Morgane. Mais pour ses autres amis. Pour leur épargner la peine et la déception qu'elle-même ressentait.

- Kathleen ? Appela Gideon, inquiet. Tu devrais monter te coucher, tu as l'air exténuée !

La jeune styliste approuva en souriant. Elle était épuisée.


Morgane n'avait pas la moindre idée de la manière dont elle était rentrée chez elle. Ni même de l'heure. A vrai dire, elle n'avait pas le moindre souvenir. La dernière chose qu'elle pouvait affirmer avoir vu, c'était Hippocrate et sa superbe copine dans une position assez gênante. Mais elle n'était pas certaine que ça ne soit pas une invention de son cerveau noyé par l'alcool. Il était peu probable que ce couillon -bon, il n'était pas méchant mais quand même- se soit trouvé une fille pareille !

En tout cas, après ça, c'était le vide intersidéral. Curieusement, elle avait eu l'air en état de rentrer et de se mettre en pyjama, si elle en croyait sa présence dans son appartement et sa tenue. Bon, le haut était à l'envers, mais on pouvait pas trop lui en demander.

- Oh putain, ma tête ! Gémit-elle en entendant tambouriner lorsqu'elle voulut se lever.

Elle se recoucha quelques secondes, surprise que le vacarme ne cesse pas. En fronçant les sourcils, elle réalisa que ça ne venait pas de son mal de crâne mais de la porte d'entrée.

Son cœur eut un battement d'espoir.

C'était peut-être Kathleen, furieuse qui frappait à la porte pour continuer leur explication de la veille ? Elle se leva prestement, eut un vertige mais se dirigea vers le salon pour ouvrir la porte. La partie rationnelle de son cerveau bien endommagée, cela étant dit, lui souffla qu'il était plus probable que ça soit la vieille peau de l'étage d'en-dessous venue râler sur le bruit qu'elle avait probablement fait en rentrant quelques heures plus tôt. Mais elle préféra faire taire cette voix et ouvrit vivement la porte, avec espérance.