Élise ouvrit difficilement les yeux.
Elle ne savait plus de quoi il en retournait mais elle avait fait un horrible cauchemar.
Avec des araignées je crois...
Quand elle voulu bouger, une douleur fulgurante lui traversa le bras droit.
« AAAAAAAAH ! »
Elle jura tout haut comme elle en avait le secret. Son corps entier était une enclume brisée. Quoi qu'elle bouge, cela lui faisait mal.
Mais le bras droit a eu un traitement de faveur !
Ce dernier était bandé et une solide atèle le maintenait plié. Sa position était particulièrement inconfortable.
Les coussins le sont pourtant...
...
Des coussins ?
Confortables ?
Non... !
« Vous voilà de retour à la case départ Debussy » Même dans la voix, on pouvait sentir le sourire narquois.
« Vous je vais vous... ! »
Furieuse, Élise se hissa du lit mais lorsque qu'elle tenta de lever son bras droit raide comme un bâton, il se dressa avec peine à la verticale en remuant faiblement. Cet échec lui ôta toute crédibilité comme elle le remarqua bien vite. Les maigres efforts qu'elle fournissait pour se dépêtrer de ses couvertures la faisait suer.
« ... Tuer... ! »
Adossé au chambranle de la porte, Ciel semblait se régaler du spectacle comme devant une bonne comédie de Boulevard.
Elle hurla plus qu'elle ne parla.
« Qu'est ce vous faisiez sur la route ?! Vous vouliez nous tuer ma parole ! »
Il haussa un sourcil.
« Hm ? »
« Il y avait quelqu'un sur la route je n'ai pas rêvé ! Personne n'habite dans les environs avant des lieues et des lieues à par vous et votre fichu majordome ! Votre condition de démon vous trahit, vous nous avez tendu un piège ! »
« Mais qu'est-ce que vous nous faîtes là Debussy, je vous sauve et c'est ainsi que vous me remerciez ? Je ne m'attendais pas à crouler sous autant de reconnaissance »
« Arrêtez de me prendre pour une idiote ! »
Il claqua la langue.
« Vous êtes bien bruyante pour une convalescente »
Elle lui lança un regard noir.
« Vous pouviez très facilement m'amener chez moi alors pourquoi m'avoir ramené ici ? »
Ciel s'avança et s'assit nonchalamment dans le fauteuil en face du lit. Il s'appuya sur l'accoudoir et continua d'un ton posé, comme pour calmer les hostilités.
« Il se trouve que je voulais m'entretenir avec vous. De plus, je ne pense pas avoir été désigné pour être votre chauffeur de taxi personnel, si ? »
Elle sera les dents. Pour qui se prenait-il ? Elle répliqua, piquée au vif.
« Il se trouve que pour qu'une conversation ait lieu entre deux personnes, une volonté réciproque d'y participer est nécessaire. De plus, si vous ne m'aviez pas manipulée comme vous l'avez honteusement fait, je ne me serais jamais mise dans cette situation ! »
« Je ne vous ai obligé à rien, c'est vous qui êtes venue »
« Si j'avais su … ! C'est la même leçon à retenir encore et toujours ! Ne jamais faire confiances aux inconnus ! »
La mâchoire du démon se contracta si brièvement qu'Élise cru avoir rêvé mais elle sentit le malaise qu'avait fait naître ses paroles entre eux. Elle n'allait cependant certainement pas s'excuser. Elle lui en voulait, c'était plus fort qu'elle. Il avait profité de sa faiblesse pour servir ses propres desseins. Peut-être que si il avait été plus coopératif, plus sincère et plus expressif, elle se sentirait un peu moins dans une cage aux lions.
Des coups furent frappés à la porte et Sebastian entra, le sourire aux lèvres.
« Monsieur, il est bientôt l'heure du dîner. Pour ce soir, je vous ai préparé- »
« Le dîner ? Mais on vient à peine de manger ! »
Les deux hommes se jetèrent un coup d'œil à la suite de l'intervention d'Élise. Finalement, Sebastian vint à son secours.
« Mademoiselle a perdu la notion du temps pendant son inconscience »
Élise ne savait pas pourquoi, mais elle sentait que la situation amusait le majordome.
Lequel des deux est le pire ?
« Combien de temps j'ai dormis ? Où est Abby ? Elle va bien ? »
« Cela fait près de 23 heures que vous êtes inconscientes et miss Adams occupe la chambre voisine. Elle ne s'est pas encore réveillée mais ses jours sont hors de danger mademoiselle »
« Il ne manquerait plus que ça ! Si elle a des séquelles de l'accident à cause de vous je vous colle un procès au c- »
Son ventre se manifesta à temps d'une façon particulièrement bruyante. Elle était dans un tel état de choc qu'elle en avait oublié sa faim.
Ciel soupira.
« Je ne semble pas être le seul à penser que vous parlez trop »
Comte ou pas Comte je vais le... !
« Attendez. Personne ne bouge »
Elle s'observa. Elle ne portait qu'une chemise de nuit blanche. Sa voix devint menaçante et elle parla lentement en détachant chaque syllabe.
« Où son mes habits ? »
Ciel dirigea son regard vers Sebastian.
« Une telle robe est particulièrement inconfortable pour dormir, je me suis permis de m'éviter de nombreuses heures de repassage en vous l'ôtant avant de vous allonger »
Il avait osé la déshabiller ? Était-il au courant de cette notion du droit international humanitaire relatif à la bioéthique qu'était la dignité humaine ?
« En fait vous vous en fichez que je dorme bien ou pas ! »
De son côté, Ciel se massait les tempes.
« Quand vous aurez fini de jacqueter comme des pies nous pourrons enfin caresser l'espoir de tenir une conversation digne de ce nom »
Les deux se turent à son intervention.
Il n'a qu'à le caresser tout seul son espoir ce traître, il n'a même pas empêché Sebastian de me mettre dans cette tenue
« Bien. Debussy, je pense que vous devriez- »
Elle le coupa aussitôt.
« Loin de moi est l'envie d'entretenir la moindre conversation avec vous plus longtemps Comte, tout ce que je veux, c'est quitter cet endroit au plus vite et vous oublier tous les deux ! »
L'œil de Ciel s'agrandit légèrement tant il semblait médusé par la réaction d'Élise.
De son côté, le majordome avait mystérieusement détourné la tête, la main plaquée sur la bouche. Ses épaules remuaient par spasmes incontrôlables. Ciel le remarqua à son tour et Sebastian dû redevenir sérieux, ou du moins, il le tenta. Il y mettait toute sa volonté et Élise reconnue qu'il semblait faire un effort considérable.
Le regard de Ciel s'assombrit et devint très inquiétant et Élise déglutit difficilement devant l'aura de meurtre qui émanait du noble. Sa voix paraissait très calme mais son visage indiquait qu'il n'allait pas tarder à tuer quelqu'un.
« Sebastian quand tu sera calmé, fiche nous la paix et va donc t'occuper de tes sales boules de poils sinistrées par les puces que tu cache si mal dans ta chambre avant que je ne les écorches vives pour m'en faire une carpette »
Élise écarquilla les yeux d'horreur. Elle était officiellement traumatisée.
« Yes, my Lord ! »
Il s'inclina et sortit de la pièce d'un pas précipité, son sourire ne quittant pas ses lèvres. Elle constata que ce majordome avait des prédispositions à la rébellion.
Une fois seuls, Ciel jeta un regard agacé à Élise qui se décida à l'écouter sans un mot.
« Arrêtez de tirer cette tête, je n'étais pas vraiment sérieux » Puis il se murmura pour lui même d'un air presque rêveur. « Enfin je crois »
Voyant qu'Élise ne sortait pas de sa torpeur, il continua d'un ton plus mesuré.
« Toujours est-il je n'y suis pour rien dans cette histoire d'accident je vous l'ai déjà dis. Ce point maintenant clarifié, passons aux choses sérieuses. Comme je le disais, il serait préférable que vous- »
« AAAAAAAAH ! »
Le cri assourdissant provenait de la chambre voisine. Une veine saillante apparue sur le front du Comte qu'Élise sentait de plus en plus exaspéré.
« Quoi encore ? »
Elle tiqua.
« Abby ?! »
Elle se leva d'un bond en courant vers la chambre voisine.
Ciel la regarda passer comme une furie, hébété, et son envie de meurtre s'intensifia encore.
A quelques mètres de là, Élise ouvrit la porte de la chambre d'Abby précipitamment, prête à utiliser la lance attrapée au vol sur une armure d'apparat du couloir pour la défendre d'un agresseur. Elle la trouva agenouillée sur son lit en chemise de nuit qui pointait la fenêtre du doigt.
« Là ! Y'a un mec pas net dehors ! »
« Quoi ? »
Le sang d'Élise ne fit qu'un tour et elle déboula dans la chambre toute aussi luxueuse que la sienne avant de s'avancer vers la fenêtre, la lance brandit devant elle.
Elle fixa la nuit avec attention au travers la vitre pendant quelques dizaines de secondes mais ne distingua rien. Alors qu'elle allait renoncer et questionner Abby sur sa santé mentale, une silhouette la tête en bas apparue à quelque centimètres du visage d'Élise. Tout ce qu'elle pouvait distinguer, c'était une touffe rouge et un large sourire de dent pointues.
« AAAAAAAAAH ! »
Elle se poussa en arrière par réflexe mais son bras droit inerte la déséquilibra et la fit tomber à la renverse.
Mais quelles sottes à crier comme ça !
Ciel se dirigea à son tour vers la chambre voisine d'un pas furibond. Il ne s'entendait pas à la vision qui l'y accueilli.
Pendant qu'Adams réduisait ses coussins en lambeaux à force de les serrer convulsivement entre ses ongles, Debussy, les fesses par terre et le bras en l'air, tentait de se protéger d'une façon particulièrement ridicule de la vision cauchemardesque que leur offrait la fenêtre.
Une goutte de stupéfaction coula le long de son front malgré lui. Il soupira lourdement et se pinça l'arrête du nez.
« C'est pas vrai pas encore lui... Sebastian ! »
Le majordome noir apparu aux cotés de son maître dans la seconde qui suivit.
« Yes, my Lord ? »
Ciel lui lança un regard désabusé en montrant du doigt le nouvel arrivant.
« Emmène ce travestit congénital loin d'ici »
Sebastian se tourna vers la fenêtre et son regard s'assombrit. Il soupira à son tour.
« Je me disais aussi que l'odeur était particulièrement désagréable à l'instant »
Il s'avança dans la chambre, enjambant Élise, avant d'ouvrir brusquement la fenêtre. Le nez de la chose rouge heurta violemment le tapis. Sebastian le mit en garde d'un ton guindé.
« Je vous prierai de bien vouloir arrêter de souiller de vos liquides organiques la carpette napoléonienne de monsieur et de cesser d'importuner les invités de la maison Phantomhive »
« Sébas-chaaaaaaaaaaan~ ! »
L'hurluberlu sauta au cou du majordome dès qu'il eu finit de parler.
Élise n'était pas sûre de tout comprendre. L'homme qui se tenait près d'elle était habillé en rouge et portait des chaussures à talons, des faux cils et même ses cheveux étaient teints en rouges. Seuls ses yeux, assez perturbants, étaient d'un vert très clair.
« C'est Freakshow gratos pour tout le monde ce soir ? »
N'ayant plus de coussin à dénaturer, Abby était sortit de son mutisme.
Élise tenta de reculer, sa tête à peine à quelques centimètres du genoux de l'invité perturbateur qui s'était scotché au majordome. C'est à ce moment là qu'il la remarqua vraiment.
« Misérable ! »
Il la poussa violemment en arrière et elle retomba brutalement sur ses fesses.
« Ne touches pas à mon Sebby ! »
Il libéra Sebastian de son étreinte et s'appuya à la fenêtre dans une position incongrue qui semblait vouloir escompter un effet sexy. Il fit un signe de la main qui lui rappelait celui des fans de hard rock et tira la langue.
« Il préfère les femmes plus sensuelles et plus matures alors désolée pimbêche mais tu n'a aucune chance~ DEATH~~ ! »
Élise avait définitivement perdu le fils, jamais elle n'avait rencontré un individu aussi bizarre. Abasourdie, elle ne répondit rien à l'excentrique.
Abby, qui avait le réflexe systématique de la défendre dès qu'on s'en prenait à elle, agressa verbalement le nouvel arrivant.
« Dis le travelo, tu veux pas allez racoler ailleurs ?! »
« A moins que tu ne sois son amante ? Sebas-chaaaaan comment as-tu pu ? Je me voyais déjà porter tes enfants, la vie était toute tracée pour nous deuuuux »
Il eu un air affligé et posa le dos de sa main sur son front dans un effet tragique. Il ne vit pas venir le poing de Sebastian qui termina directement dans sa mâchoire.
« Cessez de me mettre dans l'embarra en nous vomissant vos impertinences »
A l'inverse d'Élise, il n'était pas du tout amusé. Il affichait un sourire absolument terrifiant qui leur donnèrent des sueurs froides aussi bien à l'excentrique qu'à Élise.
Ciel, quant à lui, ne savait plus si il devait partir pour soulager sa nausée ou hurler.
« Grell ! Tire-toi de mon manoir ! »
L'inconnu tiqua à ses paroles.
« Comte c'est toi ? Comme tu as changé ! Quel jeune homme tu es devenu aaaaaaaaah~ ! Je te préfère comme ça qu'en petit nabot râleur qui me volait mon Seby ! Mais malheureusement, ta mine renfrognée t'empêche de rivaliser avec Seby-chou et son sex-appeal naturel ! Aaaaaaaaaah~ que j'aime être entourée de beaux jeunes hommes fougueux ! »
Ciel pâlit à vue d'œil et toute trace de vie déserta son visage.
« Un point pour toi le travelo, il est tellement déprimé qu'on dirait Montgomery Burns dans une ville d'écolos »
« La ferme ! Vous la femme de chambre on vous a pas sonné ! Et qu'est ce qui te fais croire que j'ai envie de t'entourer ? Espèce d'erreur de la nature ! »
Abby se renfrogna tandis Ciel semblait malgré lui perdre son sang froid légendaire.
Grell l'ignora et poursuivit son mélodrame.
« Sébas-chaaaan pourquoi reste-tu avec ce mioche éborgné plutôt qu'avec moiiii ? »
« Je suis encore là je te signale ! Mon œil fonctionne très bien et tu le sais triple buse ! »
Pourquoi porte-t-il un cache œil alors ?
« Disons que même la compagnie de monsieur m'est préférable à la vôtre » Répondit Sebastian en ignorant totalement la prise de parole de son maître.
C'était selon elle sa façon bien à lui de le défendre, il ne fallait pas trop lui en demander à ce qu'elle avait pu observer. Elle se mit à la place de Ciel et se dit qu'il n'était pas toujours gâté avec un majordome pareil.
« Arrêtez votre cirque ! » Vociféra Ciel en vain.
« Vraiment !? Pourtant je ne sais pas ce que tu lui trouve, il est toujours habillé en sombre ça n'a rien de sexy... »
« Parce qu'il est pas en noir lui peut-être ?! Il n'y a personne de sensé qui te demanderait ton avis sur ses goûts vestimentaires ! »
Il semblait avoir de vielles querelles refoulées entre ces trois là.
« Monsieur aime les couleurs sombres. Mais je dois bien reconnaître que vous avez raison : cela ne met pas ses atouts naturels en valeur. Par exemple l'autre jour, je lui ai proposé de porter du jaune (pour le faire paraître plus joyeux), mais voyez vous il- »
« Ça SUFFIT ! »
Élise ne loupa pas l'occasion de participer aux réjouissances et réagit aussitôt à ce qu'avait dit Sebastian.
« Le jaune créerait un effet « poussin » assez kawai, c'est une piste à explorer, après voilà, moi je trouve que du rose un peu framboise ça mettrait bien ses cheveux en valeur »
« Vous pensez ? »
Sebastian avait placé son index devant sa bouche d'un air pensif.
« Il est vrai que Monsieur cache forcément une certaine part de féminité en lui... »
« Cieeeeellleee ! Soyons amiiiiies »
Abby tiqua.
« Qui voudrait être amis avec toi le travelo ?! »
Ciel envoya son poing dans la direction de l'excentrique qui alla percuter l'armoire à l'autre bout de la pièce.
« Oooh, si svelte et pourtant tant de d'ardeur...~ DEATH~ » Il s'évanouit peu après.
Des veines saillantes étaient apparues de par et d'autre du front du concerné. Elle sentait qu'il allait exploser d'une seconde à l'autre. Finalement, il se tourna vers elle d'un mouvement éclair et commença à hurler:
« Debussy ! Retournez donc gigoter vôtre bras comme une otarie atrophiée dans votre chambre et fichez nous la paix ! »
Il pivota vers la créature rouge qui peinait à reprendre pied.
« Suttcliff ! Pourquoi n'irais tu pas mourir une bonne fois pour toute dans un caniveau et arrêter d'harceler sexuellement tous les représentants de la gent masculine que tu croise !? Sebastian tu me paiera ça très cher, tu ne sais même pas à quel point. Adams arrêtez de traumatiser ces coussins et ça va filer doux ou j'en prend un pour taper sur l'autre ! »
Il avait un regard de tueur assoiffé de sang qui ne donnait pas vraiment envie de braver ses ordres.
Abby, vexée, lâcha le coussin qui passait le plus mauvais quart d'heure de son existence.
« Je suis outrée. »
Grell, vexé(e) de se faire éconduire, surenchérit et la dream team fut formée :
«Parfaitement, ce genre de traitement envers les femmes est révoltant » Elle tendit son bras à Abby. « Allons-nous-en ma brave, la bave du molosse n'atteint pas la rouge colombe »
Une goutte coula du front d'Élise.
« Non c'est pas ça le proverbe... »
« C'est pareil ! »
« Parfaitement ! »
Elles sortirent bras dessus-bras dessous, la tête haute sans un regard en arrière. Quelque secondes passèrent avant que les trois derniers occupants de la pièce ne sortent de leur léthargie. Ciel s'exaspéra le premier.
« Mais il faut les bâillonner ces deux là ! »
Élise, toujours les fesses par terre, commençait à se sentir seule dans cette pièce avec deux démons. Elle se releva et essaya de se retirer elle aussi le plus discrètement possible. C'était sans compter la volonté propre du tapis qui semblait vouloir prolonger leur relation intime. En se relevant, elle s'y prit les pied et s'écroula une troisième fois.
« Uoh ! »
Elle entendit Ciel soupirer lourdement et la seconde d'après, un bras la rattrapait de justesse par la taille.
Les yeux encore fermés dans une grimace de douleur anticipée, elle papillonna des cils avant de comprendre que non, elle ne sentait pas les poils du tapis sur sa joue. Tout en la tenant, Ciel avait les sourcils froncé dans son éternelle expression désabusée qui semblait demander « Mais comment faîtes-vous pour être aussi manche ? »
Il la remit sur pied en moins de deux et Élise, froissée dans son orgueil, fusilla des yeux le majordome qui semblait être repartit dans un fou rire incontrôlable.
Même le majordome essaie ô combien subrepticement de se foutre de ma gueule maintenant !
Depuis que Ciel n'était plus le sujet du lynchage, la situation était bien moins amusante et une veine saillante apparue sur son front. Elle en avait vraiment marre de ce bras pourri qui l'empêchait de se mouvoir correctement et que l'on se moque d'elle à tout va. Elle hurla à son tour.
« L'otarie atrophiée n'a pas envie de passer la soirée à moisir ici ! Bonjour chez vous ! »
Elle repoussa sèchement le bras de Ciel et se dégagea de son emprise avant de tourner les talons et de se diriger vers la porte en tentant de préserver le mince reliquat de fierté dont elle disposait encore.
Dans la chambre, le silence étonné entre les deux hommes fut rompu au bout de quelques secondes.
« Mais qu'est ce qu'il leur prend ? »
Ciel, les sourcils froncés, semblait essayer de comprendre ce qu'il se passait concrètement.
« Et elle, pourquoi elle est énervée comme ça ? Ça n'est pas de ma faute si elle n'est pas fichue de faire trois pas sans trébucher »
« Vous avez agi comme le digne gentleman que vous êtes, my lord »
« Tss. Quelle ingrate »
Sebastian eu un sourire étrange.
« D'après ma vielle expérience, je dirais qu'elle est dans sa partie difficile du mois monsieur »
Ciel lui lança un regard interrogateur en haussant les sourcils et son sourire s'élargit.
« Vous m'avez quitté trop tôt bochan, je n'ai pas eu le temps de vous dispenser des cours d'éducation sexuelle... »
Ciel cligna des yeux plusieurs fois, abasourdit par une telle réponse.
« Mais... comment ça me donner des cours ? Et cesse de dire des insanités pareilles ! Mais c'est pas possible il n'y en a pas un pour rattraper l'autre ! Ce manoir va finir en d'institut psychiatrique avec des cas pareils ! »
Il se dirigea en trombe vers la sortie en s'arrachant les cheveux.
Une fois seul, le majordome noir s'autorisa un gloussement.
OoOoOoO
Près de vingt-quatre heures plus tard, les cinq joyeux lurons parvenaient encore, bien que difficilement, à cohabiter dans cet immense manoir et personne n'avait, pour l'instant, été assassiné dans de mystérieuses conditions.
« Tu comprends ? On m'attends au bureau et j'ai pas de RTT en réserve je vais me faire passer un savon si je rentre pas vite... »
Élise était fortement déçue que des obligations professionnelles obligent son amie à retourner à Londres. Miraculeusement, elle n'avait subit qu'un choc à la tête et s'en était sortit avec de simples bleus.
Tandis que moi, mon bras ressemble à du boudin blanc dans ce plâtre infâme
Sebastian avait dû lui même s'occuper du bras d'Élise, cette dernière ne souhaitant pas aller se faire recenser comme blessée à l'hôpital. Elle se voyait mal débouler dans une clinique en déclarant « Oui je sais je suis morte depuis pas mal de temps donc je ne suis plus très fraîche mais j'en appelle à la solidarité féminine soignez moi s'il vous plaît ? »
Elle n'avait pas reçu « l'autorisation » de quitter le manoir. Pour la faire rester contre son gré, Ciel lui avait rappelé qu'elle avait une dette envers lui et que de toute façon, avec son bras, elle n'allait pas pouvoir aller bien loin. La voiture d'Abby était bonne pour la casse et le Comte avait fait appeler un taxi exprès pour elle.
« Me laisse pas toute seule avec ces fous »
« J'ai beaucoup discuté avec ce Grell, c'est un homme enfin femme charmant-te »
Entre extraterrestres de la mode ils se comprennent
« Finalement, ces démons ne me semblent pas dangereux pour nous » poursuivit-elle. « Ils auraient pu nous laisser mourir dans le talus si ils l'avaient voulu, on leur doit une fière chandelle»
« Enfin c'est eux qui ont provoqué l'accident donc c'était un peu normal de nous aider... »
Elle était persuadée que Ciel se moquait d'elle en clamant son innocence.
« Ils n'ont rien à voir la dedans »
Élise fronça les sourcils, interloquée.
« Comment ça ? »
« Eh bien on a heurté la chose ou on aurait dû du moins. Ils n'ont pas retrouvé de corps »
« Qu'est ce que tu me dis là... »
« Je me disais aussi que j'avais eu une drôle d'impression. C'était pas matériel, on est passé au travers »
Elle n'en crut pas ses oreilles. Un spectre ?
« Et puis Phantomhive ne te fera pas de mal »
« Je vois pas comment tu peux en être sûre »
Elle se pencha vers elle et baissa le ton comme pour faire une confidence.
« Il t'aime bien, m'est d'avis ~ »
Elle écarquilla les yeux et chuchota à son tour d'un ton plus haut à cause de l'indignation.
« Hein ? C'est la plus grosse connerie que j'ai jamais entendue de ma vie ! Si tu es persuadée de ça avec si peu de fondements je suis bien dans la merde si je reste ici ! »
Sur un clin d'œil, Abby quitta la chambre pour se diriger dans le hall où les attendaient leurs hôtes. Cet abruti de Grell s'était invité dans le manoir pour une durée indéterminée et Élise sentait qu'elle n'était pas près d'avoir la paix avec l'hurluberlu au manteau rouge.
Et encore un chapitre de bouclé :)
C'était pas son jour à Ciel mais bon il en aura d'autres!
Oh mon dieu! Du nerf les mecs on va perdre la gothique en chef dans une crise cardiaque xD Merci pour ton super commentaire, je suis vraiment contente que le chapitre t'ai plu! Mais attends un peu mes diagnostiques sont on ne plus sérieux, je suis moi même la directrice du fameux et éminent institut "Jeneconnairienalaviemaijelevibien" Oui, tout attaché, encore un truc suédois ! Et je peux te dire que ces hypothèse au réalisme saisissant ont été approchées par nos plus grands spécialistes à travers le monde. Oui justement je le trouvait un peu déprimant ce chapitre alors je me suis rattrapée x) En même temps Abby elle flippait on peut la comprendre xD Mais Sebastian a clairement des penchants pas net, ça reste un démon, un vrai XP J'adore faire des petites allusions à ce genre d'incidents xD Sérieusement j'ai jamais essayé de corset mais ça me plairait trop pour voir ce que ça fait! Mais oui: tu reste une maso muhuhuhu ;3
Et la réponse était...! L'hypothèse numéro deux! Notre Ciel a un sacré flair! Il a bien évidement remarqué que c'était un pokémon qui s'était réfugié dans le bassin des Debussy pour y faire sa lessive. N'écoutant que son courage, il n'allait pas tarder à sortir sa pokéball mais le filou (qui était en fait à la recherche de la recette des Ben&Jerry's) a très vite fait de décamper ses chaussettes et ses petites culottes encore trempées! Dommage Ciel, mais on est de tout cœur avec toi et on compte sur toi pour ne pas en rester là dans ta fabuleuse aventure et... Oh mon dieu! Je viens de tuer une énorme arachnide à patte longue dégueulasse qui avait décidé de se taper l'incruste sur mon clavier. Tremblante et névrosée, j'ai maintenant milles et unes interrogations sans réponses. D'où sort-elle ? Espionnait-elle mes faits et gestes sur internet ? A-t-elle des congénères qui me guettent encore dans l'ombre et attendent l'occasion de venger leur camarade tombée au combat ? Rien n'est plus sûr et même après une inspection attentive de toute ma chambre, j'ai du mal à m'en remettre.
Je suis en tout cas fière de vous annoncer que je suis sortie vivante et à peu près saine d'esprit de ce pugilat musclé,
Sans transition sur cette parenthèse traumatisante je vous dit à la semaine prochaine (si mes craintes ne sont pas fondées)!
