Abby était partie depuis quelque jours et déjà, Élise déprimait ferme.
Comme elle ne voulait pas avoir à supporter trop souvent les regards inquiétants de Sebastian et que Ciel s'enfermait dans son bureau presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle se sentait parfois seule. Dans ces cas là, il ne restait plus que le travestit excentrique avec qui parler. Elle s'était familiarisée avec Grell depuis son arrivé et s'était vite rendue compte que quelque chose n'allait pas avec cet homme jusqu'à ce que Sebastian lui explique sa nature de Dieu de la Mort. Élise avait trouvé l'idée absurde, comment pareil excentrique pouvait être une créature tant crainte et si redoutée par les humains ? Elle avait ainsi apprit que bien qu'ils se connaissaient depuis le vivant de Ciel, cela n'empêchait pas Sebastian de repousser ses avances intempestives sans le moindre remord. Élise ne plaignait cependant pas Grell pour autant, le harcèlement était bien réel et les rejets du démon ne semblaient pas l'affecter et ne jamais le démotiver au plus grand malheur de ce dernier. Elle devait même admettre que le Shinigami rendait ce manoir plus vivant.
Le silence et le calme qui hantaient les couloirs jour et nuit ne semblaient jamais disparaître. Faire le moindre bruit lui donnait presque l'impression de profaner les lieux.
Elle aurait bien aimé parler avec Ciel, pour passer le temps, mais ce dernier l'avait chassé de son bureau dès qu'elle avait tenté d'y entrer pour se divertir. Il se comportait comme un ours quand il ne faisait pas de manières. Il ne supportait pas que quelqu'un d'autre que lui soit dans la même pièce pendant qu'il travaillait. Il était en effet la seule tête à gérer une compagnie entière et cela demandait nécessairement un certain investissement personnel en plus de ses fonctions aux sein du NEPS. Les horaires de travail qu'il effectuait étaient pour elle inhumaines: il passait ses journées entières à s'occuper des dossiers, des factures et de l'approvisionnement de ses stocks. C'était simple, elle le soupçonnait même de ne jamais dormir. Aucun être humain n'était capable de supporter toute cette charge de travail et il était bien le seul à pouvoir tenir le coup face au rythme éreintant de son quotidien.
Quand il se concentrait dans ses études de marché, plus rien ne comptait autour de lui et Sebastian veillait au grain pour qu'aucun bruit ne vienne le perturber pendant son travail. A cause de cela, elle n'était même plus autorisée à chanter dans sa salle de bain. L'ouïe d'un démon étant infiniment supérieure à celle d'un humain, Ciel l'entendait apparemment chanter depuis l'autre bout du manoir. Elle se souvenait qu'elle avait éprouvé un certain malaise quand Sebastian avait débarqué pour lui annoncer la nouvelle la seule fois qu'elle s'était adonnée à ce passe temps.
A son grand étonnement, son bras se rétablissait incroyablement vite sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Il persistait néanmoins à la gêner dans ses mouvements du quotidien.
Alors qu'elle lisait un roman d'Edgar Allan Poe par dépit dans un des nombreux salons de la bâtisse, le Shinigami entra à son tour dans la pièce en traînant sa tronçonneuse derrière lui, visiblement démotivé.
« Oy petite »
« Hm ? »
« Qu'est ce que tu fais toi ? »
« Je lis des trucs déprimants »
Il s'affala dans le canapé près d'elle sans aucune grâce.
« Rhaaaa mais c'est d'un ennuiiii. Si encore Willy était là, il prendrait soin de la femme que je suis ! »
« C'est qui Willy ? Et comment ça se fait que tu ne sois pas avec Sebastian ? »
« Il s'agit de mon fougueux collègue~ Eh bien d'un coup, il entré dans une colère noire sans que je comprenne pourquoi alors je me suis réfugiée ici. Ça arrive les disputes dans les couples de temps en temps, tu comprendra quand tu sera plus grande »
Une goutte coula du front d'Élise.
« Enfin tu lui tapait juste sur les nerf à force de le reluquer toute la journée »
« Tu ne comprends pas ! Quand on est grand, un dialogue mental s'établit entre des personnes intimes, au delà des mots et il arrive parfois qu'une de ces personnes ait envie d'être seule pour préparer une surprise à l'être aimée et raviver la flamme de la passion~ »
Elle lui lança un regard désabusé tandis qu'il regardait le plafond d'un air rêveur.
« Et toi tu n'es pas avec Phantomhive ? »
Quand aucun représentant de la gent masculine n'était dans les parages, Grell pouvait passer pour une personne normale et tout à fait gérable. Élise fronça un sourcil dans sa direction.
« Pourquoi je serais avec lui ? »
« Vous allez bien ensembles tous les deux et je suis prête à me séparer d'un des membres de mon fidèle harem mais je te préviens ça sera le seul alors profite-en~ »
Elle haussa un sourcil blasé.
« On parle bien de l'ours apathique qui fait des hypoglycémies toutes les demies heures si il a pas son parfait glacé et qui hiberne dans sa tanière au deuxième étage ? »
Grell s'exclama d'une voix déprimée.
« Tous les hommes de la maison nous ont abandonné comment osent-il ça s'entretient une femme ! »
Élise se laissa aller sur son canapé.
« Ils ont autre chose à faire que de se traîner des boulets comme nous. Ils sont sur une affaire complexe en ce moment »
Elle se renfrogna en y repensant. Ciel ne la laissait même pas venir avec lui pour les affaires concernant le Consortium.
« Mais je suis moi aussi une femme complexe et mystérieuse pourtant ... »
« Ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes veux-tu ? »
« Hannn... »
Élise se redressa soudain.
« Eh »
« Quoi ? »
« J'ai faim pas toi ? »
Il posa le dos de sa main sur son front.
« Hélas ! Ça n'est pas de nourriture dont mon âme se languit ... ! »
Elle leva les yeux au ciel d'exaspération.
« Certes mais en attendant on peut quand même se diriger vers les cuisines tu pense pas ? »
« Je te suis peut être que Sebas-chan y sera »
« Enfin ça ne changera pas grand chose puisqu'il ne veut plus te voir »
Il l'ignora et se dirigea vers la sortie, rien ne pouvant dorénavant entamer sa bonne humeur.
« Allons-y ! »
Ils se dirigèrent vers les immenses cuisines du manoir. Enfin ils essayèrent, ils se perdirent dans le labyrinthe sombre de couloirs.
« Mon instinct féminin me dit que la cuisine est derrière cette porte ! »
La jambe en l'air dans une chorégraphie improvisée, il pointa du doigt une énorme porte de chêne massif.
Élise, qui avait du mal à suivre le rythme, le rattrapa haletante. Elle prit appui sur ses cuisses pour récupérer.
« Enfin ... pour l'instant ... les seuls endroits où ton instinct féminin nous a amené c'est le dressing et les toilettes Grell »
« Tu oublies la magnifique découverte qu'a été la salle de sport ! Tu crois que Sebastian s'y entraîne ? J'aimerais tant le regarder transpirer aaaaah~ »
Le Dieu de la Mort trottinait devant elle en virevoltant joyeusement.
Ils étaient en effet tombés sur une imposante salle de sport et un terrain Multi-sport. Elle se demandait qui des deux démons l'utilisait et pour quoi faire. Qui avait un terrain de basket sous sa maison sérieusement ?
« Ah ! J'ai trouvééé oh je suis trop bonne~ »
Ils étaient en effet enfin arrivés dans les cuisines. De larges plans de travail avec des gazinières et des robots électroménagers de toutes sortes les accueillirent. A sa droite, Élise aperçu le plus grand frigo qu'elle avait jamais vu.
Les yeux pleins de convoitise, elle alla ouvrir ses deux grandes portes et contempla ce qui s'y trouvait. Des étoiles éclairèrent son regard. Le frigo était remplit de jambons, de fromages, de yaourts, de confitures, de plats préparés par Sebastian qui avaient l'air délicieux dont des quiches, des lasagnes, et des plats en sauce, des légumes et des fruits en tout genre qui exhalaient un délicieux parfum sucré. C'était parfait. Elle se dirigea vers le congélateur et remarqua avec surprise qu'il ne contenait presque exclusivement que des pots de glaces de toutes sortes.
Ciel avait un amour dévorant pour le sucre, ça n'était désormais plus un secret. Elle se demandait même si il n'avait pas du diabète avec toutes les pâtisseries qu'il engloutissait, si les démons pouvait en avoir. Elle voyait Sebastian faire des aller-retour chargés entre la cuisine et son bureau au moins sept fois par jour.
Toujours était-il que, entre le frigo et les conserves des placards, ils avaient de quoi tenir un siège. Elle leva les mains en l'air, enthousiaste.
« On va se faire un festin ! »
Grell hocha la tête, sceptique.
« C'est la nourriture qui te mets dans cet état ? »
« Ça n'est rien d'autre que l'amour de ma vie~»
« Ne dis pas ça ou tu finira vielle fille dans ton canapé avec tes chats à manger des crackers »
« Parle pas de malheur toi »
« Mais comment ça se fait que tu sois aussi fine alors que tu mange autant ? »
« J'ai un métabolisme rapide ! »
Grell sembla retomber dans sa déprime.
« J'aimerais tellement avoir un corps de jeune fille en fleur moi aussi pour m'amuser avec Sebas-chan... C'est pas juste ! Pourquoi il m'a abandonné ? »
Il commença à pleurer dans son coin.
« Tu veux qu'on l'appelle ? »
« De quoi avez-vous besoin mademoiselle ? »
La voix qui retentit derrière eux les fit sursauter.
« Mon Sebas-chaaaaaan »
Grell se jeta dans ses bras mais il se décala d'un pas et le Shinigami s'effondra sur le sol. Sebastian se dirigea vers Élise.
« Mademoiselle, sauf votre respect vous ne devriez pas manger en dehors des repas »
Elle se retourna vers le frigo.
« Tout va bien, je ne vais pas grossir pour si peu »
Il réaffirma ses dires, catégorique.
« Je ne peux pas vous laisser manger maintenant »
Elle fronça les sourcils.
« Ciel vous a dit de pourvoir à mes besoins pendant toute la durée de mon séjour ici »
« Justement, m'occuper de la santé de vos vêtements fait aussi partie de ma tâche »
« Comment ça ? Ils vont très bien mes vêtements, c'est plutôt moi qui souffre à cause d'eux ! »
« Cela ne sera pas longtemps le cas si vous commencez à manger des glaces toute la journée mademoiselle »
Élise se renfrogna et parla sèchement.
« Je vous remercie de porter un si vif intérêt au bien être de ma garde robe mais je suis une grande fille maintenant »
Voyant qu'il ne cillait pas, elle roula des yeux et attrapa un pot de glace en douce avant de s'enfuir par la porte arrière. Le démon la rattrapa en une seconde et essaya de lui reprendre sa précieuse denrée.
« Allez-vous en ! Je crois que Ciel a une poussière dans l'œil et il vous appelle ! Vous n'entendez pas ?! Reposez-moi bon sang ! »
Il l'avait mise sous son bras avec délicatesse et avait attrapé son pot de glace de l'autre main.
« Sebastian ! Laissez-le moi s'il vous plaît ! »
« Navré mademoiselle mais les ordres sont les ordres »
Elle gesticula et essaya de se dégager de son emprise mais sa force ne lui laissait pas le loisir de bouger du moindre centimètre.
« Je vais le dire à Ciel ! »
Elle devenait une vraie gamine quand on la privait de sa nourriture et qu'elle était vraiment frustrée.
Sebastian eu un sourire amusé.
« Mais je n'en doute pas »
« Oh Sebas-chan punis-moi moi aussi je veux te manger~ »
Il les fit esquiver le Shinigami fou en les penchant sur le côté une nouvelle fois. Élise ne laisserait pas son repas lui filer entre les doigts si facilement sans faire d'histoires.
« Alors appelez Ciel ! Il sera d'accord ! Enfin il y a tout intérêt puisque sinon je fais une fugue pour mauvais traitements sur détenue »
« Veuillez m'excuser mais monsieur ne va certainement pas se déplacer pour si peu »
Elle s'indigna.
« Pour si peu ?! On parle de mon estomac ! »
Sebastian soupira.
« Bon... Je suppose que l'ordre ne s'applique uniquement qu'à la nourriture déjà préparée »
« Oh ? Alors si je fais mon propre gâteau je pourrai le manger ? »
« Eh bien oui, un invité de la maison Phantomhive ne doit jamais être dans le besoin ni manquer de quoi que ce soit »
« Mais c'est super ça ! »
Sebastian la reposa délicatement sur le sol.
« Sebas-chan moi aussi je veux que tu me prenne dans tes bras ! »
Sebastian lança un regard meurtrier au Shinigami se frottait contre lui.
« Ça n'est pas près d'arriver. »
Élise était déjà affairée à rassembler les ingrédients pour faire son Layer Cake au chocolat et elle parla d'une voix absente.
« Oui vous êtes trop sérieux Sebastian décoincez-vous un peu »
« Oh oui mon Seby laisses-toi aller~ »
Son regard devint encore plus inquiétant et il écrasa la tête de Grell avec son pied.
« Dîtes Sebastian vous avez un tablier ? Je ne voudrais pas tâcher la robe ... »
On avait mit à sa disposition toute une garde de robe du style victorien et elle n'avait pas eu d'autre choix que de porter ce genre de robes à jupons depuis son arrivée. Elle avait du mal à s'y faire.
« Bien sûr, peut-être souhaitez-vous des habits plus confortables pour cuisiner mademoiselle ? »
« Attendez. Vous m'obligez à porter ça alors que vous avez d'autres habits ? »
Un sourire apparu sur ses lèvres.
« Cela amuse beaucoup monsieur »
Elle faillit s'étrangler. Elle aurait deux mots à lui dire la prochaine fois qu'elle le verrai. Mais pour l'heure, manger était sa toute puissante priorité.
« Allez me chercher ça vite s'il vous plaît Sebsatian ! »
« Bien sûr, my Lady »
Il s'inclina et il disparut dans la seconde.
Elle sourit, satisfaite.
« Il est très serviable au final »
Grell se relevait en massant ses fesses douloureuses.
« Dommage qu'il soit si impétueux ahh-ahh... »
Sebastian réapparaissait déjà. Il avait avec lui un pantalon et une veste de cuisine avec une toque. Ils faisaient bien les choses quand ils cuisinaient par ici. Elle s'attacha les cheveux dans un chignon lâche et alla se délester de sa robe et de son corset dans l'arrière cuisine. Elle fronça les sourcils et repassa la tête par l'entrebâillement de la porte. Sebastian n'avait pas bougé d'où il était et Grell lui attrapait le bras et se frottait contre lui.
« Sebastian »
Il cogna Grell sans ménagement et se retourna vers elle, tout sourire.
« Mademoiselle ? »
« Y-aurait-il quelque chose qui puisse servir de soutien-gorge ici ? »
« Un soutien-gorge ? Je crains que nous n'ayons pas un tel vêtement ici mademoiselle »
« Vraiment... ? »
Elle allait devoir encore garder ce corset ? Elle se sentit déprimer d'avance. Sebastian s'inclina.
« Je vais de ce pas vous en procurer mademoiselle »
Elle écarquilla les yeux, étonnée.
« Vous allez allez vraiment m'en acheter ? »
Sebastian eu un sourire amusé.
« Que serait-le majordome de la famille Phantomhive si il n'était pas à même de choisir de la lingerie féminine pour une hôte de son maître ? »
« Je ne sais pas, normal ? Merci beaucoup en tout cas ! »
Son sourire ne faiblissait pas.
« Mais pas de problèmes mademoiselle »
Il s'éclipsa peu après.
Élise, qui n'avait pas tous ses sous-vêtements, se demanda ce qu'elle allait pouvoir faire en attendant qu'il revienne avec ses achats. Elle avait tellement faim. Elle avait déjà enfilé le pantalon noir qui se révéla parfaitement ajusté à ses formes et elle décida de simplement mettre la veste sans rien d'autre en dessous en attendant.
Une fois apprêtée comme un chef, elle fit une entrée triomphante dans la cuisine le poing en l'air.
« Grell ! Aux fourneaux ! »
Il grimpa sur la table et prit une position victorieuse.
« Je vais faire un gâteau aphrodisiaque pour Sebastian comme ça il ne pourra plus me résister ! »
Élise plaignit quelque peu le majordome et redressa ses manches et ils se mirent au travail.
La pâte était à présent faite et elle n'avait plus qu'à faire ses manipulations pour faire les différentes couches avant d'enfourner le tout. De son côté, Grell qui ne semblait pas avoir de don inné pour la cuisine, pataugeait dans le sucre et la farine. Pour une raison qui lui échappait, il avait réussit à s'en mettre partout dans les cheveux et sur le visage et elle ne distinguait même plus ses yeux derrière ses lunettes. Le plan de travail était lui aussi maculé.
« Mais comment tu fais ton compte ? »
« Ça éclabousse partout et ça vole dans l'air ! »
Elle se pinça l'arrête du nez et décida de le laisser faire son chef d'œuvre seul dans son coin.
Son gâteau à elle était fin prêt à aller au four. Tout ce qu'il lui manquait, c'était des fraises pour la garniture.
Elle les chercha du regard. Grell les avaient mise de côté pour son propre usage.
« Grell tu me donne des fraises ? »
Il se tourna vers elle et fixa le paquet d'un air hésitant.
« Non ! Il me les faut pour mon plan diabolique ! »
Élise écarquilla les yeux face au refus.
« Mais au moins quelques-unes alors ! »
« Non petite ! Ce sont des affaires de grandes personnes ! »
« Mais je ne veux pas regarder ta feuille d'imposition je veux juste que tu me donne des fraises ! »
« Hors de question »
Elle se redressa, les poings sur les hanches.
« Et pourquoi donc ? »
« Je vais les mettre sur le corps de Sebas-chan et les manger avec de la crème Chantilly~ »
Elle leva les yeux au ciel. Ces fraises n'allaient donc jamais servir alors elle ne voyait pas pourquoi elle ne pourrait pas les avoir.
« Donne moi des fraises ! »
« Non ! »
« Si ! Espèce d'égoïste ! »
Grell serra la barquette de fraises contre son cœur.
« Je ne partagerai pas Sebas-chan ! »
« Mais c'est pas Sebastian que je veux c'est les fraises ! »
« Jamais ! »
« Ah oui ? »
Elle sauta sur le plan de travail comme une lionne sur son dîner et attrapa la barquette avant de filer à l'anglaise vers l'arrière cuisine.
« Saligaude ! Rends-moi mes fraises ! »
Grell se mit à la poursuivre et Élise essaya d'accélérer mais elle ne rivalisait absolument pas en vitesse avec le Dieu de la Mort qui lui retira vite la barquette des mains. Dépitée, elle pointa la porte d'entrée du doigt.
« Là! Sebastian ! »
« Où çaaaa~? »
Grell se détourna aussitôt dans la direction opposée et elle en profita pour lui sauter dessus pour récupérer la barquette. L'entendant arriver, le Shinigami écarquilla les yeux avant de s'écrouler sous son poids par surprise. Elle récupéra les fraises pendant qu'il était encore sonné et s'échappa par la porte de la cuisine.
Maintenant, tout ce qu'elle avait à faire, c'était de se trouver une cachette pour manger ses fraises tranquillement dans son coin. Tant pis pour la garniture.
Elle courut dans tout le manoir pour essayer de dissuader le Dieu de La Mort qui était à ses trousses mais ce dernier ne semblait pas renoncer si facilement à sa séance de sex-food imaginaire avec Sebastian.
Alors qu'elle prenait un virage serré à droite à toute vitesse en essayant d'éviter un meuble, un lourd projectile la percuta de plein fouet et elle s'écroula par terre.
Elle toussa et éternua longuement. Cet abruti de travestit lui avait jeté un sac de farine à la figure pour la faire tomber. Elle en était à présent maculée et laissait des traînées blanches et poudreuses sur le parquet parfaitement ciré et jadis reluisant. Elle se retourna vers son poursuivant et parvint à éviter le nouveau sac de farine à la dernière seconde.
Grell, qui courait avec les paquets de farine sous le bras, gagnait progressivement de la distance sur elle.
« Rends-moi mes fraises sale petite garce ! »
Élise continua de courir avec la barquette de fraise au dessus de sa tête. Elle se jeta à sa droite pour éviter un autre sac et enjamba une commode pour gagner du temps.
« Non ! J'en ai plus envie que toi ! »
« Mon envie pour Sebas-chan n'a pas de limites ! »
« Mais on parle de fraises pas de Sebastian bon sang ! »
« Tu veux essayer de me séparer de mon Seby ! »
« Mais non ! »
La barquette de fraises en l'air, elle commençait à fatiguer. Elle devait trouver un échappatoire rapidement.
« Je sais que veux te garder Sebas-chan pour toi toute seule ! »
Une porte s'ouvrit à la volée et Ciel émergea soudain de son bureau, agacé.
« Mais bon sang c'est pas bientôt finit vos histoires ?! Je n'entends même plus ce qu'on me dit au téléphone ! »
Elise fronça les sourcils. Ils avaient du parcourir beaucoup de distance pour arriver aussi loin dans les couloirs.
Ciel écarquilla les yeux quand il vit l'état du couloir et Élise, maculée de farine qui courait comme une furie tandis que l'abrutit de Shinigami s'amusait à saccager les couloirs en balançant des sacs de farines qui n'atteignaient jamais la cible visée mais les carpettes et buffets qui se trouvaient sur leur chemin.
« Rends les moi ! Je suis sûre que tu veux aussi manger des fraises et de la chantilly sur son corps nu ! »
Élise cria par dessus son épaule en se jetant à plat ventre pour éviter un énième sac de farine.
« Mais je veux rien manger sur le corps de Sebastian bordel ! »
Élise se releva et évita un nouveau projectile qui termina sa course vers Ciel qui l'évita à la dernière seconde et reçu de la farine quand il éclata sur la porte de l'étude.
Une veine saillante apparue sur sa tempe et il aboya plus qu'autre chose après eux.
« Mais nom de dieu qu'est ce que vous faîtes dans mon manoir avec toute cette farine ?! »
Tout en courant, Grell remarqua sa présence et lui sourit de toutes ses dents.
« Oh Phantomhiive comme j'aime quand tu jure et deviens grossier aaaah...~ »
Ciel se raidit et pâlit instantanément.
Élise, qui luttait pour sa survie, cherchait toujours une issue de secours les mains en l'air.
« Au secouurs mayday mayday ! »
Elle changea de trajectoire et Ciel remarqua avec effarement qu'elle se dirigeait droit sur lui. Il agita les mains devant lui en signe de rejet.
« Ne venez pas ici avec toute cette farine ! »
« Vous voulez ma mort sur la conscience ?! »
« Mais vous allez me ruiner les tapis vous êtes toute sale ! »
« Je m'en fiche pas mal de vos tapis ! Ma vie et mes fraises sont en jeu ! »
Elle se précipita sur lui et il écarquilla les yeux en prévoyant le choc imminent. Il eu juste le temps de se décaler pour qu'elle ne le percute pas de plein fouet. Il ferma aussitôt la porte pour limiter les dégâts dans son bureau et le choc mat qui la secoua quelques secondes plus tard l'informa que Grell avait du s'y écraser.
Il se rendit compte avec horreur que ce dernier avait eu le temps de jeter un sac de farine sur Élise juste avant que la porte ne se referme. Il y en avait partout. Il secoua ses cheveux enfarinés et déplora l'état lamentable de son tapis avant que des veines saillantes apparaissent sur son front.
« Bon sang vous pouviez pas attendre de rentrer chez vous pour refaire le monde Debussy ?! Ce manoir est un vrai champ de bataille ! »
« Allô ? Monsieur le Comte ? Tout va bien ?! »
Ciel réalisa la bourde de l'avoir appelé par son nom de famille et se précipita vers le combiné.
« Oui oui Monsieur Wordsmith ! Je vous rappelle d'ici peu »
Il raccrocha et se retourna vers la masse inanimée sur le sol.
Étalée sur le tapis, Élise n'écoutait pas ce qu'il se passait et se releva difficilement. Elle souleva la barquette de fraises en l'air d'un air triomphant.
« WORTH IT ! »
Excédé, il vociféra.
« Absolument pas ! »
Élise semblait nager dans le bonheur. Elle sortit une fraise de la barquette qu'elle tint fièrement entre son pouce et son index.
« Vous m'avez aidé alors vous êtes mon complice, je vous donne une fraise et on est quittes »
« Vous croyez vraiment dur comme fer que marchander des fraises va arranger la situation ?! »
« Attendez, elles sentent vraiment bon »
« Je vois pas ce que ça change ! »
« Mademoiselle Élise ? »
Ils se tournèrent vers Sebastian qui venait d'apparaître à la fenêtre. Grell ouvrit la porte d'un coup sec et Sebastian resta médusé face au désordre qui régnait dans le manoir.
« Que c'est t-il passé ici ? »
« Trois fois rien. Une lutte passionnée entre deux peuples rivaux pour les ressources naturelles comme il y en a tant d'autre dans ce monde impitoyable »
Élise minimisait clairement les dégâts.
« Je me suis faîte piller mes réserves naturelles sans merci par une dictatrice ... »
Grell se décomposa quand il vit la barquette à moitié vide qu'Élise tenait dans sa main et se mit à pleurnicher dans son coin.
Ciel les regarda à tour de rôle, médusé.
« Vous auriez pu rester faire cette guerre dans la cuisine ! »
Sebastian prit la situation en main avec un sourire amusé.
« Cela n'est pas grave monsieur, je vais arranger tout cela. Mademoiselle, j'ai ce que vous avez demandé »
Ciel se calma et haussa un sourcil.
« Et qu'est ce qu'elle a demandé ? »
« Mademoiselle Élise ne souhaitait plus mettre de corset »
« Ah »
...
« C'est tout ce que vous fait la souffrance que j'ai enduré par votre faute ?! »
A son plus grand étonnement, Ciel et Sebastian échangèrent un regard et un sourire incontrôlable apparu sur leurs lèvres. Ciel s'éclaircit la gorge d'un air solennel pour tenter de cacher son hilarité.
« Ne dit-on pas qu'il faut savoir souffrir pour être belle ? »
« Je ne pense pas qu'avoir l'air d'une autruche asphyxiée me mette à mon avantage »
Malgré leurs efforts apparents pour se calmer, Sebastian et Ciel n'arrivaient pas à se séparer de leur sourires amusés.
« Vous êtes de mèche vous deux ! En plus c'est insupportable de courir sans rien ! »
Ciel haussa un sourcil interrogateur et Sebastian vint à leur secours.
« Il est fort désagréable de courir sans porter de soutient-gorge pour une femme monsieur »
« Oh »
« Merci de compatir à ma souffrante espèce de mufle ! »
Ciel fronça les sourcils, agaçé.
« Ça suffit avec les noms d'animaux Debussy ! »
Sebastian se dirigea vers elle, visiblement très divertit.
« Tenez mademoiselle »
Il lui tendit un sac Victoria Secrets. Élise fronça les sourcils, ayant un mauvais pressentiment. Elle farfouilla dedans et écarquilla les yeux d'horreur.
« Sebastian je vous ai demandé des soutiens-gorge ! Ça va me servir à quoi ça !? »
Pour illustrer son propos, elle sortit du sac un soutient gorge rouge en dentelle très fin qui ne cachait et ne soutenait manifestement pas grand chose.
Sebastian sourit et s'inclina, visiblement fier de lui.
« Veuillez me pardonnez mais je trouve celui-ci tout à fait adapté: aucun humain ne vous résistera dans pareil apparat »
Elle sortit tous les achats du majordome qu'elle étala par terre pour constater l'étendue de la crise. Rose, jaune, rouge et même un soutien-gorge vert pomme qui ne maintenaient rien du tout mais laissaient très probablement une vue de choix sur la poitrine de celle qui le portait. Dieu merci il n'avait pas prit les culottes et autres bas qui complétaient les ensembles. Quelle idée de laisser un démon choisir ses sous-vêtements ? Elle raflait haut la main la palme de la connerie.
« Mais je n'ai jamais demandé des armes de séduction massive je voulais juste autre chose que ce corset qui pèse des tonnes ! »
« Moi qui me faisait une joie de vous aider à le mettre chaque matin ... »
Elle écarquilla les yeux, éberluée. A quel point regrettait-il de ne pas avoir une maîtresse à la place d'un maître ? Ciel tiqua et fronça les sourcils.
« Sebastian ça suffit je te rappelle que tu es devant une invitée »
Ciel sonda les bouts de dentelle litigieux d'un œil vide.
« Eh bien Sebastian, il semblerait que tu ai mal exécuté ton ordre »
Le majordome s'inclina aussitôt.
« Sauf votre respect monsieur, mademoiselle n'a pas précisé sa taille et quel genre de sous-vêtements elle désirait c'est pourquoi j'ai du aller me renseigner rapidement dans ses armoires et je me suis donc dirigé vers cette boutique qu'elle a déjà visité par le passé »
Élise se sentit changer de couleur pour une nuance betterave plus peu plus exotique. Il n'avait pas pu oser faire ça et dire ça à l'instant quand même ?
« Mais pourquoi ne les avez-vous pas juste rapporté au lieu d'aller acheter tout ça ?! »
« Vous m'avez ordonné d'aller en acheter »
Elle pesta de frustration. Le regard de Ciel avait laissé transparaître de l'étonnement en écoutant Sebastian mais il n'avait pas fait de commentaire et était retourné s'installer à son étude.
« Voulez-vous que je retourne acheter autre chose mademoiselle ? » proposa Sebastian, serviable. Il ne semblait absolument pas désolé de son erreur.
Elle soupira lourdement.
« Non, au point où nous en sommes donnez-moi ceux là »
Ciel s'éclaircit la gorge depuis son bureau.
« Bien, dans ce cas retournez dans la cuisine, jouez aux échecs ou taillez les buissons si le cœur vous en dit mais laissez moi travailler et emportez tout ça avec vous » Il désigna d'un air absent la lingerie étalée sur le tapis.
Grell semblait en revanche très intéressé par ce que Sebastian avait rapporté.
« Sebyy tu as ramené tout ça pour t'amuser avec moiii~ ?! »
Élise vit le frisson désagréable qui lui parcouru l'échine.
« Cessez cela je vous prie »
Il affichait un air dégoûté. Il préférait visiblement les humaines aux Dieux de la Mort travestis.
Grell examina tous les sous-vêtements avec attention. Il ramassa ceux qui lui plaisaient pour se les approprier et laissa les plus sobres pour Élise. Dépitée, elle ne lutta pas, elle n'en aurait rien fait de toute façon.
Sebastian commença son rangement du manoir et Grell le suivit avec les soutiens-gorge en trophée dans sa main droite. Les fraises avaient totalement été évincées de son esprit.
Plantée au milieu de la pièce sa barquette de fraise à moitié vide à la main, elle se tourna vers Ciel qui s'était remit à signer des papiers d'autorisation de dieu savait trop quoi comme si rien ne s'était passé. Le silence régnait à nouveau dans la pièce, uniquement troublé par les chuintements de sa plume.
Elle le considéra tandis qu'il travaillait.
« Vous voulez une fraise ? »
Il leva un sourcil désabusé dans sa direction. Pourquoi ne le laissait-elle pas tranquille ? Ceci dit, il aimait bien les fraises.
« D'accord mais après allez-vous en, je ne peux pas travailler avec tout ce raffut »
Elle lui tendit une fraise qu'il attrapa et mangea en lisant ses papiers. Il sembla réfléchir un instant et retendit sa main vers elle sans la regarder.
Elle se renfrogna mais lui tendit une deuxième fraise qui connu le même sort que la précédente. En jetant un coup d'œil à d'autres dossiers, il tendit encore la main.
« Hé ! »
Il leva le regard vers elle, un sourcil froncé.
« Ce sont mes fraises, je me suis battue durement pour elles ! »
Il lui lança un regard blasé.
« Ça n'est pas moi qui vais vous contredire là dessus Debussy. Voulez-vous bien m'en donner une dernière avant de partir ? »
Elle hésita puis se détourna simplement sans lui lancer un regard.
« Non »
Une veine apparue sur le front de Ciel.
« Si vous ne vouliez pas partager il ne fallait pas commencer à m'en proposer ! »
« Elles sont à moi! »
« Mais vous avez presque engloutit la barquette à vous toute seule »
« Justement maintenant il ne m'en reste plus beaucoup »
Il leva les yeux au ciel et soupira avant de se renfrogner dans son coin.
Élise le considéra une nouvelle fois. Il était tout grognon maintenant.
« Bon je vous en donne une dernière parce que vous êtes gentil »
« Vous m'offrez mes propres fraises, quelle générosité débordante Debussy »
« Ne vous plaigniez pas c'est mieux que rien »
« Admettons »
Il tendit la main et releva les yeux vers elle au bout de quelques secondes en voyant que la fraise n'y atterrissait toujours pas.
« Vous ne m'en donnez plus ? »
« Si. Ouvrez la bouche »
Il la considéra quelques secondes pour voir si elle était sérieuse.
« Pardon ? »
« Ouvrez la bouche et je vise »
« Hein ? Si vous avez envie de faire du basket ce n'est pas le bon étage Debussy »
« Ne discutez pas ou je ne vous la donne pas »
Il serra les dents et soupira de frustration.
« D'accord, lancez-là »
« Mais vous n'avez pas la bouche ouverte ! »
« Je l'ouvrirai une fois que vous l'aurez lancé »
Sans un mot, elle recula.
« Qu'est ce que vous faîtes ? »
« Je rend l'expérience plus intéressante »
Ciel tiqua au mot expérience, merci pour lui.
« Vous êtes presque à l'autre bout de la pièce ça devrait être suffisant non ? »
« Pas encore, je veux réaliser une prouesse »
« Et moi je veux ma fraise on ne va pas y passer la soirée Debussy »
« Ça y est je suis prête ! »
« Mais vous êtes trop loin elle n'atterrira jamais dans ma bouche »
Elle prit une voix inquiétante.
« Vous remettez mes compétences en doute monsieur le Comte ? »
Il sentit qu'il devait calmer le jeu.
« Non pas du tout ... »
Elle reprit son air ravit.
« Mais alors c'est super ! Faites " aah " »
Une veine saillante apparue sur le front de Ciel.
« Certainement pas ! »
« Vous êtes vraiment tristounet... »
« Excusez-moi d'avoir une fierté »
« Il faut savoir mettre sa fierté de côté des fois »
« Je ne vois pas en quoi cela s'appliquerait à cette situation »
« Ça dépends comment on voit les choses... »
Il se sentait perdre patience et il avait du travail.
« Bon vous la lancez cette fraise ? »
« Ça vaa oooh ! »
Il eu soudainement un affreux doute et il se demanda si elle avait bu. Il était certain qu'elle ne se comportait pas comme ça d'habitude.
« Debussy, vous avez mangé ou bu quelque chose ? »
« Ben non ! Je n'en ai pas eu le droit à cause de vous ! »
Il haussa un sourcil.
« Mais je ne vous ai jamais interdit quoi que ce soit »
« Si ! Vous vouliez me priver de nourriture pour tout garder pour vous ! »
Il leva les yeux au ciel. Cela se transformait en lynchage sur la place publique maintenant.
« Et Sebastian il est méchant ! »
« Oui, très. Mais qu'est ce que vous avez fait dans cette cuisine alors ? »
« Je me suis faite un gâteau pour moi toute seule. Et un peu pour vous si vous étiez gentil avec moi »
Il soupira intérieurement. Elle n'était certainement pas sobre.
« C'est une attention touchante mais quels ingrédients avez-vous utilisé ? »
« Ben le sucre, la farine, le chocolat, de la crème, des œufs, de la levure et du cognac, parce que j'aime bien relever mes gâteaux avec ça donne un bon goût »
Ciel parla lentement en distinguant chaque syllabe, exaspéré.
« Du cognac ? Dans un gâteau au chocolat ? »
« Voui ! »
Il soupira lourdement et se laissa aller en arrière contre le dossier de sa chaise.
« Et vous en avez mis beaucoup ? »
« Non mais il y en avait beaucoup de sorte différentes alors j'ai du goûter pour juger lequel était le meilleur »
Ciel se massa les tempes. Il devait bien avoir une vingtaine de cognacs différents dans ce manoir qui étaient rangés avec les autres alcools forts qu'elle avait peut être aussi "goûté". Il s'incita au calme.
« Cette attention à la réussite de votre gâteau vous honore mais vous n'y avez pas été un peu trop fort en les goûtant tous ? »
« Ben il fallait bien non ? »
« Certes mais là vous avez clairement fait du zèle »
« Pourquoi vous dîtes ça ? Vous voulez plus de fraise ? »
« Si, si »
Elle semblait étrangement susceptible et il sentait qu'il ne devait pas trop faire d'histoires si il voulait ne pas l'avoir sur les bras toute la soirée.
Il soupira lourdement et se résolut à ouvrir la bouche avec méfiance. Elle sembla ravie.
« Parfait ! Attendez... »
Elle enleva la tige de la fraise et la lança vers Ciel après avoir pris quelques secondes pour viser. Sans grande surprise, elle le rata de deux bons mètres et il bascula sur sa gauche à une vitesse invisible à l'œil nu pour la rattraper en moins d'une seconde avant de se rasseoir dans son fauteuil comme si de rien était.
« Ouii ! Je savais bien que je réussirai ! Je me suis entraînée en regardant la NBA vous voyez, il n'y avait rien à craindre »
Une goutte coula de son front.
« Vous m'impressionnez, c'était sacrément bien visé »
« He-heeeeey ! »
Elle improvisa une sorte de danse de la victoire avec maladresse tant elle peinait à se tenir parfaitement droite à présent. Ciel se pinça l'arrête du nez devant ce spectacle déroutant. Il y avait de grandes chances qu'elle n'ose plus sortir de sa chambre après ça.
« Retournez cuisiner maintenant et ça suffit avec le cognac il y a bien assez dans ce gâteau »
« D'accord ! »
Tandis qu'elle s'apprêtait à partir, il remarqua que les sous-vêtements se trouvaient toujours sur son tapis.
« Debussy n'oubliez pas tout ceci s'il vous plaît »
Élise tituba avec difficulté jusqu'aux sous-vêtements et elle s'assit/s'écroula sur le tapis à côté.
« Ah oui c'est vrai. Qu'est ce que je vais faire ? Je dois en mettre un non ? J'hésite ... »
Affalé sur son bureau, il se prit le visage dans les mains, exaspéré.
« Écoutez vous faîtes ce que vous voulez »
« Mais il y en a trop je dois choisir »
Ciel se sentit clairement perdre patience et ses doigts se crispèrent sur ses accoudoirs pour tenter de rester calme.
« Décidez-vous vite alors ne réfléchissez pas trop »
Elle détourna le visage et croisa les bras sur sa poitrine.
« Non. Pourquoi il y en aurait un qui aurait le droit d'être porté et pas les autres ? La chance n'est pas juste, c'est le mérite qui compte ! Mais en même temps le mérite n'est-il pas une valeur pervertie dans notre société inégalitaire actuelle ? »
Il la considéra quelques secondes, horripilé.
« Certainement pas dans ce cas-ci »
« C'est le plus beau qui doit gagner alors. J'aime bien celui là... Et vous vous préférez lequel ? Rendez-vous utile au lieu de rester là les bras ballants ! »
Une veine pulsa vivement sur son front. A qui la faute si il perdait son temps depuis dix minutes ? Il sera les dents et lui lança un regard furieux.
« Ecoutez je ne sais pas je ne vois pas et je suis occupé alors choisissez vous même ! »
« Attendez »
Elle se leva avec difficulté. L'alcool faisait à présent pleinement effet sur elle. Elle n'avait rien mangé et avoir le ventre vide n'arrangeait rien. Elle avait l'impression de rêver et que rien de ce qu'elle faisait n'était grave.
Elle attrapa et disposa tous ses sous-vêtements sur le bureau devant le nez de Ciel.
« Voilà, ils sont mieux là. Vous voyez maintenant ? »
Il frappa brusquement du poing sur la table et le coup fit un bruit assourdissant dans la pièce.
« Debussy ! Ça suffit maintenant ! »
Elle eu un air effrayé et recula avant de se mettre à geindre faiblement.
« Mais arrêtez de me gronder avec votre grosse voix vous êtes méchant ... »
Ciel se prit le front dans la main en massant ses tempes et se força à se calmer. Elle avait disposé toute sa lingerie sur ses factures et il n'y voyait plus rien à ses affaires. Il la considéra quelques secondes.
« Mais vous êtes sûre que vous avez juste goûté ? »
Elle sembla fouiller dans sa mémoire.
« Il y en avait un qui était vraiment bon »
Il soupira et se laissa aller contre son fauteuil, découragé. Elle ne devait même pas se rendre compte qu'elle se comportait ainsi. Il décida d'aller dans son sens et pointa au hasard le vêtement qui se situait le plus près de sa main droite en parlant doucement.
« Je vois, ce n'est pas grave. Allez, mettez celui-ci et retournez cuisiner votre gâteau mais ne touchez plus au cognac pour l'amour du ciel »
Elle sourit, ravie.
« Ah oui il est très beau celui là ! ... Alors »
Alors qu'il levait un regard agacé vers elle, l'œil de Ciel s'écarquilla lentement au fur et à mesure qu'il comprenait ce qu'elle était en train de faire.
« Mais bordel Debussy qu'est ce vous fichez ?! »
Il n'hallucinait pas, elle s'était prise la cuite du siècle. Elle lui lança un regard amusé en continuant sa manœuvre.
« Haha vous avez dit un gros mot »
« Ça n'est pas le problème ! »
Voyant que les mots ne la faisait pas réagir, il contourna rapidement le bureau et lui bloqua fermement les mains pour les empêcher de déboutonner quoi que ce soit de plus.
« Arrêtez vous me faîtes p-peur »
Il la força à le regarder dans les yeux pour voir l'état de ses pupilles. Plutôt, même très, dilatées. Elle dégagea son menton d'un geste agacé et Ciel la regarda sombrement.
« Entre nous je ne saurais pas dire qui fait le plus peur à l'autre dans ce cas parce que vous commencez sérieusement à m'inquiéter Debussy »
Il la ramena vers la porte en l'empêchant de tomber.
« Sebastian »
Le démon accouru dans la seconde qui suivit.
« My Lord ? »
« Ramène là dans sa chambre et assure toi qu'elle n'en sorte pas et plus de comportement bizarre avec elle comme toute à l'heure c'est comprit ? C'est un ordre »
Sebastian eu un sourire amusé et il porta Élise jusqu'à sa chambre avant de la poser sur son lit et de refermer la porte à clé derrière lui.
De retour dans son bureau, Ciel s'affala plus qu'il ne s'assit dans son fauteuil. Il avait du travail à rattraper à cause de tout ça. Il remarqua avec exaspération que sa paperasse était encore encombrée par les sous-vêtements.
Mais combien de bouteilles avait-elle bu pour être dans cet état ?
OoOoOoOoO
Élise émergeait avec peine de son sommeil. Elle avait un sacré mal de crâne. Comment se faisait-il qu'elle se sente aussi mal ?
Elle enfila une longue robe de chambre en satin qui avait été mise à sa disposition et elle se dirigea vers la cuisine. Quand elle voulu ouvrir sa porte, celle-ci ne bougea pas. Elle força, persuadée qu'il s'agissait de l'humidité ou de quelque chose dans le genre. La porte resta solidement en place.
Elle entendit une clé tourner dans la serrure depuis le couloir et la porte s'ouvrit finalement sur Sebastian.
« Sebastian ? Mais pourquoi ma porte était verrouillée ?! »
Un sourire amusé apparu sur ses lèvres.
« C'est une longue histoire mademoiselle »
Elle fronça les sourcils.
« J'ai tout mon temps »
« Je m'excuse d'avance mais ce n'est pas mon cas mademoiselle. Je dois y aller maintenant, à plus tard »
Il s'inclina et disparu dans les couloirs.
Elle sentait qu'il ne voulait juste pas lui dire ce qu'il se passait. Elle sortit lentement, méfiante. Les couloirs étaient tout à fait normaux et elle avait une faim de loup. Elle se dirigea vers la cuisine et y rencontra Grell.
« Yo »
« Salut petite~ »
« Il s'est passé quelque chose hier soir ? »
« Rien de particulier... Ah si! Tu as essayé de me voler mes fraises ! »
Elle écarquilla les yeux, ahurie.
« Ah oui ?! C'est marrant je m'en souviens pas, excuse moi alors »
« Mais il n'y a pas de mal darling~ »
Elle frissonnait toujours d'horreur à chaque fois que le Shinigami décidait de lui donner un petit surnom du genre.
Grell vit passer Sebastian dans le couloir et se jeta à ses trousses. Élise se retrouva seule dans la cuisine, essayant de comprendre ce qui lui échappait.
*Worth it: "ça valait le coup ! "
Et voilà un chapitre de plus ! Faire toute sa re-correction et appuyer bêtement sur "page précédente" au lieu du "Undo" du site et devoir tout recommencer mode d'emploii
Bienvenue parmi nous BlackEmilyMalou ;D Je suis contente que mon histoire te plaise! C'est intéressant de mettre l'accent sur ce point puisqu'il est vrai que je fais très attention au comportement et aux réaction de Ciel ! Ton commentaire est juste "trop trop trop" mais c'est un trop positif ;3 Oui ça se dit on se comprend xD Haha il n'y a pas de mal c'est vraiment très gentil à toi d'avoir commenté ! Oui, j'aime bizuter Ciel mais il faut aussi qu'Élise en prenne un peu sinon ça serait pas drôle xD J'espère que ce chapitre t'as plus alors parce que Cielou se fait encore un peu malmener xD
D'ailleurs dans les prochains chapitres la tendance du bizutage s'inverse entre les deux pour notre plus grand plaisir :D
Guest: Vraiment ? C'est trop dommage xD Muahahaha j'ai des pouvoirs *-* Je crois que l'ambiance était assez relâchée dans ce chapitre aussi xD I'LL LIVE MY LIFE, I'M ALIIIVE ! Je le connais par coeur cet ending xD Moi aussi je l'aime bien et puis maintenant qu'il était là je n'allais pas le laisser dans son coin ;) C'est vrai ? Merci alors :D OH MON DIEU Je viens de me rendre compte à quel point je suis innocente j'y avais même pas pensé xDD Je pensais à la morve pour tout te dire mais qu'est ce que j'ai écrit là ?! XD
Merci beaucoup pour vos commentaires les filles vous êtes adorables~ !
Bisouilles!
