Disclaimer: Salut à tous et merci de lire ma toute première fiction.

Supernatural et ses personnages ne m'appartiennent pas, j'effacerais l'histoire si elle dérange l'auteur ou les acteurs. Je m'excuse aussi pour l'orthographe ou pour la grammaire, j'écris seule et je suis encore débutante. Il s'agit d'une fiction Wincest (relation incestueuse) entre deux frères, soit deux hommes, si cela ne vous plait pas n'hésitez pas à aller lire d'autres histoires plus à votre gout. Je vous laisse à votre lecture et n'hésitez pas à laisser une petite review.

La revue des Reviews :

Ignis08 : Merci beaucoup pour ton message, ça m'a vraiment motivé à continuer. J'espère que ce chapitre te plaira également.

Clemence.10 : J'espère que celui-ci te plait, en tout cas pour le moment. N'hésites pas si tu as des remarques.

Gros bisous, Mylliana_Chan.

Chapitre 2

Dean avait eu raison de profiter du peu de sommeil qu'il avait réussi à grappiller. La fièvre de Sam augmenta au cours de la nuit et il fut réveillé par le corps brulant de son frère, tremblant fortement et gémissant d'inconfort. L'ainé des Winchester alla chercher une nouvelle serviette humide pour remplacer celle sur le front de son petit frère qui s'était beaucoup trop réchauffée et une deuxième pour éponger un peu son corps couvert de sueur. Il attrapa de nouveau le thermomètre et grogna une mignonne insulte entre ses dents. 41,3°… Il fallait absolument faire baisser cette maudite fièvre et Dean grimaça à la pensée qu'il allait devoir porter Sam jusqu'à dans la douche, ce dernier allant peu apprécier l'eau sur sa peau brulante et sensible. Pourtant il n'y avait pas d'autre solution pour le moment et si la fièvre ne diminuait pas dans l'heure, il serait obligé de l'emmener à l'hôpital qui ne devait pas être à moins d'une heure de route au minimum. Il alla faire couler l'eau en mettant l'eau le plus tiède possible pour que cela fasse effet sans trop faire souffrir son frère et l'adrénaline aidant, le corps de Sam lui paraissait beaucoup plus léger. Il l'installa ensuite dans la cabine de douche, ne laissant que son caleçon, le maintenant à moitié avec son propre corps. Son petit frère tenant avec peine sur ses pieds, avachi contre le mur de la douche perdu dans ses délires, poussa un gémissement de douleur au contact de l'eau.

« - Chut… Ça va aller…

Ça fait mal… Dean…

Je sais Sammy, je suis là. Mais je te promets que tu iras mieux après. »

Il continuait à le maintenir contre lui, lui parlant doucement de tout et de rien, de l'encourager en essayant de se concentrer sur autre chose que les sanglots bruyants de son frère. La culpabilité s'emparait de lui alors qu'il se convainquait que s'était pour le bien de Sam tout ça, mais le voir souffrir en l'appelant à l'aide lui donnait tout autant envie de pleurer. Après une vingtaine de minutes, Dean estima que la torture de Sam avait assez durée. La température de ce dernier semblait avoir diminué mais il tremblait toujours. Il l'aida à s'allonger et aussitôt Dean couché à ses côtés, Sam se blotti à nouveau contre lui inconsciemment, comme pour se rassurer de la présence de son grand frère. Dean repris le thermomètre et poussa un soupir de soulagement quand il vit le 39,1 apparaitre.

C'est encore élevé mais bien moins dangereux que le pic de chaleur précédent. Il observa son petit frère sombrer de nouveaux dans le sommeil, l'air un peu plus calme. Et comme si son corps était programmé pour suivre celui de Sam, Dean s'accorda un peu de repos même si il ne dormait que d'un œil. Les crises de fièvres eurent de nouveaux lieux plusieurs fois dans la nuit avec plus ou moins d'intensité, mais heureusement ils n'eurent pas besoin d'utiliser encore une fois la solution de la douche. Aux premières lueurs de l'aube, la température de Sam était presque redevenue normale et il dormait sereinement sous l'œil de son grand frère. Pour lui la nuit était bien finie, impossible de se rendormir après avoir passé la nuit à entendre les gémissements de douleurs de Sammy et gérer ses crises de démences. Non il préférait l'observer, et s'assurer que tout allait bien. Assis dans le fauteuil qu'il avait rapproché du lit de Sam, pour éviter de faire augmenter sa fièvre par sa chaleur corporelle, il regardait un vieil épisode d'une série quelque conque, attendant le réveil ou une nouvelle crise de fièvre de son petit frère.

Quand Sam reprit connaissance, son esprit était embrumé comme si il flottait sur un nuage de coton. Il entendait des voix en arrière fond mais c'était lointain, il se força à ouvrir les yeux mais fut vite aveuglé par la lumière pale qui s'échappait de l'extérieur de la chambre. Après plusieurs tentatives peu fructueuses, il finit pourtant par y arriver et un sourire attendri prit place sur son visage en découvrant son frère endormi dans le fauteuil près de son lit. Dean s'était mis en travers du fauteuil, la tête rejetée légèrement en arrière et un léger filet de bave coulait sur son menton le rendant adorable. Soudain, les souvenirs de la vieille lui revinrent en mémoire, même si c'était par brides il se souvenait très bien avoir demandé pour ne pas dire supplié Dean de dormir avec lui… Mais comment avait il pu se laisser aller ainsi ? Il ne voulait pas voir le regard de son grand frère quand il poserait les yeux sur lui. Que penserait-il ?Quel gars de 20 ans demandait à dormir avec son grand frère ? Peut être que Dean mettrait ça sur le compte de la fièvre et qu'il oublierait.

Pourtant quand Dean s'éveilla à son tour, lui se fit la réflexion que son réveil était bien moins agréable lorsque Sam n'était pas dans ses bras comme lors des précédentes fois.

Son téléphone lui indiquait qu'il était un peu plus de 14h, il avait vraiment beaucoup dormi ! Son regard fut tout de suite attiré sur Sam, comme si ce dernier avait pu lui échapper pendant son sommeil. Mais non tout allait bien, Sammy était toujours là et surtout il était réveillé…

« - Hey, bien dormi ?

C'est plutôt à moi de te demander ça, tu te sens mieux ?

J'ai l'impression qu'un train m'es passé dessus mais ça pourrait être pire. Désolé de t'avoir forcé à me veiller…

Tss tu arrêtes de t'apitoyer bitch, on dirait une fillette.

Jerk. »

Dean lui tira la langue et Sam lui répondit par un fuck très distingué, lançant ainsi un fou rire commun, deux vrais gamins...

Sam dû rester aliter jusqu'au lendemain pour être sûr d'avoir assez récupérer mais une fois sur pied, ils reprirent la route destination le Maine, domicile de Bobby Singer. Assis confortablement, enfin autant que sa grande taille le lui permettait, et une boîte de mouchoirs sur les genoux, Sam regardait la route défiler, le nez un peu rouge. Les poussées de fièvre avait laissées place à un rhume carabiné et une pelote d'aiguilles avait élu domicile dans sa gorge. Il reprit de nouveau un mouchoir et une fois celui-ci remplit à pleine capacité, il finit par rejoindre ses frères dans une précédente boite vide.

« - Deab', faut qu'on s'arrête j'ai p'us de b'ouchoirs.

Sérieux Rudolf ?

Hein ?

À bah avec ton nez, je te laisse le choix entre Bozo ou Rudolf.

Merci pour ta comb'assion Deab', franchement je sais bas comment je ferais sans toi.

Ouais je sais je suis le meilleur. »

La façon dont Sam prononçait son nom était hilarante et Dean ricana moqueusement. Son petit frère poussa un grognement et se renfonça dans son siège. La prochaine fois que Dean serait malade, il se promit de faire de sa vie un enfer.

Heureusement ils traversèrent une ville rapidement et trouvèrent la pharmacie assez facilement. Après avoir fait le plein de mouchoirs et d'anti-congestionnant, Sam se laissa aller contre la vitre fraîche, toujours un peu épuisé par la maladie.

Dean regardait alternativement la route puis son petit frère, incapable de rouler autrement. Cela avait toujours été le cas, qu'il soit conducteur ou non, il devait s'assurer que Sammy allait bien. Un sourire s'installa sur son visage en voyant la tête de Sam basculer vers l'avant, atterrissant mollement sur son torse. Malgré sa taille de géant Sam ressemblait actuellement à un enfant et Dean ne put s'empêcher de le prendre en photo. Hors de question d'admettre qu'il trouvait son frère plus que mignon sur cette photo et de toute façon si quelqu'un la découvrait il dirait que c'était pour se moquer. Ouais. Voilà. L'auto persuasion des Winchester était vraiment à tout à épreuve.

Ils atteignirent la casse de Bobby deux jours plus tard grâce à la conduite sportive de Dean, suicidaire si l'on demandait l'avis de Sam. L'Impala était empli de mouchoirs usés et de microbes au plus grand désespoir de Dean, son bébé était saccagé. En voyant son petit frère remplir un nouveau mouchoir, il ne put retenir un léger grognement.

« - Dean arrête de grogner.

Tu es entrain de contaminé mon bébé.

Dean, c'est une voiture… Tu es au courant qu'elle ne peut pas tomber malade, n'est-ce pas ?

Tss, t'es obligé de balancer tes mouchoirs dégueux par terre ?

J'ai plus de sac ni de boite vide. Je fais comme je peux Jerk !

Bitch ! »

Sam éclata de rire, entrecoupé d'éternuements, et Dean se dit que dès que son petit frère serait guéri il le forcerait à nettoyer chaque centimètre carré de sa voiture à la brosse à dent.

Il quitta la route pour s'engager sur un petit sentier de terre battue et passa la barrière de la casse. Après quelques minutes à être secoué et à malmener les suspensions de sa pauvre voiture, le chalet de Bobby perdu entre les carcasses fut en vue. Le chasseur était allongé dans son rocking-chair sur sa terrasse, un verre de Scotch à la main. Il salua les garçons en levant son verre et Sam se sentit un peu comme à la maison. Ils avaient tellement de bons souvenirs ici, c'était le seul endroit où il avait pu passer des moments d'enfance normaux. Ils sortirent de la voiture, Dean portant les sacs et Sam sa boîte de mouchoirs sous le bras.

« - Salut Bobby !

Vous en avez mis du temps.

Plains toi à la boule de microbes ici présente.

Ah ah Dean, t'es vraiment hilarant.

Pas ma faute si tu es aussi faible. Pas capable de résister à un pauvre petit rhume…

Je vais t'en coller une, tu vas voir si je suis faible !

Oh sales gosses, vous vous calmez ou c'est moi qui vous colle mon pied au cul. Pas encore arrivés et déjà à se chercher des poux… »

Les Winchester lui tirèrent la langue et Bobby poussa un long soupir, pourquoi avait-il laissé sa tranquillité pour accueillir ses deux catastrophes ambulantes pour Noël ? Pourtant quand il les vit se chamailler comme deux gamins, il se dit que ce n'est pas si mal d'avoir un peu d'animation.

Les garçons allèrent poser leurs affaires dans leurs chambres respectives avec un petit pincement au cœur. Quand ils étaient adolescents, Bobby leurs avait fait une chambre chacun pour leurs permettre d'avoir leur espace à eux. Mais pour eux qui avaient eu l'habitude de tout partager, ça faisait toujours bizarre d'être séparé. Dean posa son sac sur son lit puis alla emmener celui de son frère dans sa propre chambre et entra comme d'habitude sans frapper. Sam ne sursauta même pas, ayant l'habitude des intrusions surprises de Dean et surtout l'ayant entendu venir à des kilomètres avec sa démarche légère. Il fixait un morceau de papier accroché à côté de la fenêtre, un dessin qu'il avait fait lorsqu'il était beaucoup plus petit. On y voyait un Batman un peu brouillon sur un toit accompagné d'un mini-Superman, pas du grand art mais empli de souvenirs. Ils passaient leur temps libre à jouer aux super-héros quand leur père les laissaient chez Bobby et cela faisait partit des meilleurs moments de sa vie.

« - Qu'est-ce que tu regardes ?

Toi te prenant pour Batman.

Tu parles c'était plutôt toi qui me prenait pour ton héros oui. Souviens-toi quand je t'ai emmené aux urgences après ton saut du toit du hangar.

Pour rappel c'était de ta faute, tu m'as dit que Super Man savait voler.

Je pensais pas que tu serais assez bête pour me croire, et tu pleurais comme un bébé.

J'avais six ans Dean, six ans ! Et un bras cassé ! »

Ce dernier haussa les épaules, comme si ce détail était dérisoire, et Sam poussa un soupir en se demandant comment ils avaient pu survivre jusqu'à maintenant. En adulte mature qu'il était Sam balança son oreiller en plein dans la tête de son frère mais malheureusement pour lui, les réflexes de Dean étaient bien rodés et il lui renvoya souplement son projectile.

« - Au lieu de faire dans la nostalgie, viens. Bobby veut qu'on lui coupe du bois.

Ok tu coupes, je range.

Tu te fous de moi, déjà la dernière fois tu m'as fait le même coup.

Je l'ai dit en premier.

Ouais et bah non !

Que de réparti Dean, tu veux qu'on se le fasse à Shi-Fu-Mi ?

Ouais ! »

Les garçons se mirent en position.

« - Shi !

Fu !

Mi ! Putain !

Les ciseaux Dean, tu choisis toujours les ciseaux. »

Dean poussa un grognement à mi-chemin entre l'agacement et le désespoir. Pourquoi est-ce qu'il se faisait toujours avoir bon sang ? Il suivit Sam à l'arrière de la maison où les attendaient des bûches, prêtes à être fendues. L'hiver était bien arrivé pourtant sous l'effort, Dean avait fait tomber le t-shirt et des gouttes de sueurs faisaient leur chemin entre ses muscles. Quand Sam revint chercher une nouvelle brouette de buchettes fraichement coupées, cette vision le submergea. Jamais son frère ne lui avait paru si magnétique, si sauvage. Il se sentait si petit à côté de lui et si grand en même temps. Il voulait le prendre dans ses bras et l'emmener loin de tout ce qui pouvait blesser son grand frère mais il voulait aussi se blottir contre lui et se sentir en sécurité comme lorsqu'il avait été malade dans cette chambre d'hôtel.

« - …Sammy… Sam…

Umh ?

Oh Sam ! Tu m'écoutes ?! Ça fait cinq minutes que je t'appelle.

Hein ? Ah ouais… Scuze moi, j'étais dans mes pensées.

Comme d'habitude, Sammy.

C'est Sam. »

Bobby vint les prévenir qu'une tempête de neige approchait et ils accélèrent la cadence, souhaitant terminer rapidement. Ils parvinrent à finir juste à temps et se dépêchèrent de rentrer se mettre à l'abri pour éviter de tomber malade, surtout Sam qui se remettait à peine de ses dernières péripéties microbiennes. Bobby les accueillis avec un bon verre de vin chaud et les frères Winchester atterrirent dans le canapé devant un épisode de South Park pendant que lui retournait faire des recherches pour un chasseur au Texas. Le feu dans la cheminée crépitait doucement et la chaleur qu'il diffusait contrastait nettement avec la tempête qui s'abattait dehors.

POV Sam :

Depuis combien de temps on a pas pu se poser comme ça et ne rien faire ?

La maison de Bobby est un vrai bunker anti-surnaturel et ça fait du bien de pouvoir oublier ce qui se passe à l'extérieur pour quelques heures. Je me doute bien qu'on ne pourrait pas rester ici à jamais, même moi je ne tiendrais plus en place au bout d'une semaine, mais c'est agréable de se retrouver vautré dans un canapé sans devoir se préparer à repartir dans la minute. Je sens Dean à mes côtés qui s'endort doucement, nul besoin de tourner la tête, j'entends sa respiration diminuée petit à petit. Je connais mon grand frère par cœur, comme lui également. On sait quand l'un de nous dort, est heureux, triste, ou bien blessé. On a passé tellement de temps ensemble que je ne me vois plus retourner à Stanford, pas sans lui en tout cas. J'ai mis du temps à comprendre, et encore plus à l'accepter, mais Dean est la seule personne dont j'ai besoin.

Ça fait sûrement très fillette comme se plairait à me le rappeler mon frère mais c'est comme ça que je le ressens. J'ai besoin de lui pour avancer, ou sinon… Je sais très bien que je n'aurais pas résisté à Ruby et Lucifer si Dean n'était pas revenu, je me serais laissé consumer par mes pouvoirs et aurais rejoint les rangs des démons. Mais Dean est toujours là pour me sortir du pétrin, à grands coups de pied au cul si nécessaire. J'étouffai un léger éclat de rire et regarda enfin mon frère pour être sûr de ne pas l'avoir réveillé. Et merde ! Voilà que ça recommence. Je suis subjugué par l'aura qui se dégage de Dean. Si tout à l'heure elle était sauvage et forte quand l'on coupait du bois, cette fois-ci elle est douce. Comme si il acceptait de laisser de côté tous les problèmes qu'il porte habituellement sur ses épaules, juste quelques minutes. J'aimerais tellement le voir comme ça plus souvent, calme et détendu. Pourtant ce moment de détente ne dure pas. Les traits de Dean se crispent et il commence à remuer dans son sommeil, n'annonçant qu'une chose. Dean rêvait de l'Enfer. Il avait beau nous raconter qu'il ne se souvenait pas de son passage chez les démons, il ne faut pas être un génie pour deviner son mensonge. Mais à chaque fois que j'essaye d'aborder le sujet, il esquive ou se braque par fierté parce qu'un Winchester ne doit pas avoir peur ou bien mal. Merci Papa pour tes stupides principes.

Il se mit soudain à gémir plus fortement, comme un sanglot étouffé, et j'envoie balader sa fierté et la mienne par la même occasion. Mon grand frère a besoin de moi pour une fois et je ne compte pas rien faire. J'essaye de le réveiller doucement en le secouant légèrement par l'épaule mais il ne réagit pas, pas plus que quand je l'appelle un peu plus fort. Je tente de le secouer plus fermement et cette fois-ci ça fonctionne, quoi qu'un peu trop bien car maintenant il se débat encore perdu dans ses souvenirs.

« - Lâches moi ! Fils de pute !

Dean calmes toi. C'est moi, c'est Sam.

Dégage ! Mon frère n'est pas ici ! C'est pas sa place…

Dean, c'est fini. L'enfer est fini, tu es avec moi. Chez Bobby.

… Sammy…

Oui c'est moi. Respires Dean, suis ma respiration. »

L'intonation de mon surnom sonne désespérée et ça me donne envie de vomir tant il y a de douleur dans les yeux de mon grand frère. Je voudrais tellement lui enlever ces images de la tête et que plus jamais il n'est à se souvenir de ses dures épreuves. Je n'essaie même pas de le reprendre sur mon prénom, lui accordant au moins ça pour le moment, et tenta de me redresser. Dean, étant accroché à ma chemise, ne m'en laissa pas l'occasion et me ramena contre lui.

« - Attends… Reste cinq minutes… »

Sa voix n'était qu'un faible murmure, comme si elle était cassée d'avoir trop criée. Comment pourrais-je seulement penser à partir alors qu'il y a tant de détresse dans ses yeux... Et pour une fois que Dean laisse tomber ses barrières, je ne veux absolument pas qu'il se sente seul. On resta comme ça un moment, appréciant vraiment la chaleur que Dean transmettait le long de mon flanc mais notre position n'est pas confortable et des fourmillements commencent à m'engourdir. Le regard fixe sur la cheminée en face de nous, je sens mon frère se détendre petit à petit pourtant je n'ai pas envie que ce moment s'arrête. On ne peut pas dire que les câlins font partit du quotidien de la famille Winchester même si j'aimerais qu'ils s'invitent un peu plus souvent chez nous. Je n'ose même pas dire un mot tant j'ai l'impression que le moment pourrait être brisé par une phrase mal interprétée. Finalement je sentis Dean se redresser légèrement et je m'en voulu de ressentir de la déception. Pourtant il ne se leva pas du canapé, la main toujours accrochée à ma chemise, il me regardait la tête un peu baissée. Je ne sais pas si c'est l'ambiance ou toutes les merdes qui nous sont tombées dessus dernièrement, mais j'ai vu une étincelle dans ses yeux qui fait écho en moi, qui murmure « hey, je me sens seul et perdu dans tout ça ». Alors, pour ce soir, j'envoie valser l'égo Winchester et je passe mon bras autour des épaules de mon grand frère et le ramène contre mon torse doucement, pour lui laisser le temps de se retirer ou de me dire une de ses piques habituelles. Mais non, rien ne vient alors je le sers un peu plus contre moi et je le sens qui resserre sa prise. Peut-être que je ne suis finalement pas le seul à avoir besoin d'un peu de tendresse de temps en temps. J'ai toujours eu du mal à mettre des mots sur mes sentiments et même si je ne peux pas le décrire à voix haute, je sais que se que je ressens à ce moment là est fort, plus que se que je ne jamais connu. Je me sens enfin utile et moi-même. Mais ces moments ne sont pas éternels malheureusement et la réalité vint nous réveiller, le ventre de Dean se mettant à gronder. Mon frère et sa grande histoire avec la nourriture…

POV Sam fin.

Sam étouffa un rire et devant la mine un peu déconfite puis contrariée de son frère, il lui fit un sourire doux pour lui faire comprendre qu'il ne se moquait pas mais il ne pouvait quand même pas lui dire qu'il le trouvait incroyablement mignon avec ses deux petites taches rouges posées sur ses joues. Il se redressa du canapé et lui tendit la main.

« - Aller, viens. Il doit rester de la tarte dans la cuisine. »

Dean la saisie pour se relever, et ils dirigèrent ensemble vers la cuisine, préférant passer sous silence leur petit moment de faiblesse. Pendant que Dean réchauffait sa tarte, Sam partit chercher Bobby pour manger. Les chasseurs ne mangeaient pas forcément équilibré, à part Sammy qui est une exception, donc Dean dévora ses pâtisseries, Bobby ses raviolis en boite et le cadet Winchester se contenta d'une simple salade. Le repas se passa dans la bonne humeur, discutant de leurs dernières chasses et riants de détails futiles. Une soirée agréable qui se finit avec Sam s'attaquant aux semaines de vaisselle oubliée pendant que Dean et Bobby battaient les cartes. La partie était houleuse à en croire les cris des deux joueurs, et Sam riait sous cape de leurs chamailleries pour savoir qui avait triché en premier. Au bout d'une énième victoire, Bobby décida qu'il avait assez plumé Dean et annonça qu'il allait se couché. Après être sortit sous les salutations des deux frères, un silence s'abattit sur la petite cuisine. Sam se concentrait sur sa vaisselle, refusant à son esprit de penser à autre chose. Frotter, frotter, essuyer, essuyer, frotter, frotter,… Un déplacement d'air lui indiqua que Dean était levé et qu'il était sûrement aller se coucher. Il ne put donc pas réfréner un sursaut quand son grand frère apparut à ses côtés.

« - Tu veux un coup de main ?

Euh… Ouais je veux bien.

Passe le torchon. »

Dean Winchester souhaitant aider aux taches ménagères autre que la cuisine ? Sam, surprit, lança son torchon à la tête de son frère mais celui-ci le rattrapa d'un mouvement souple avec un clin d'œil. Donc la machine reprit, Sam frottant et Dean essuyant. L'ainé Winchester mit la radio en route à un volume doux, en soit très inhabituel pour lui mais Bobby dormait à côté, et le malaise s'évanouit au son des fredonnements de Dean. L'ambiance était calme et Sam ne put s'empêcher de sourire car quand il n'était pas occupé à essayer de lui percer les tympans, Dean chantait finalement très bien. A deux, la vaisselle fut vite expédiée et ils se retrouvèrent de nouveau sur le canapé, la télé éteinte et le feu crépitant dans la cheminée. Partageant un pack de bières, les deux frères discutaient de leurs dernières chasses tranquillement quand une nouvelle quinte de toux assaillie Sam.

« - Tu devrais aller te coucher Sammy, tu es encore malade.

C'est Sam, et ça va Dean je me sens bien.

Tu parles. Hors de question que ça empire et que je sois obliger de te veiller encore une nuit.

Excuse-moi d'être un poids si emmerdant ! »

La culpabilité de Sam était si grande qu'il avait l'impression qu'elle allait l'étouffer et il s'en voulait de toujours être une charge pour son frère. Il savait que Dean s'était toujours occupé car son père était trop absent et qu'il avait pu vivre son enfance au détriment de celle de son grand frère qui avait toujours dû le faire passer avant sous les ordres de John.

Dean quant à lui se fustigeait de ne jamais savoir utiliser les bons mots au bon moment. Bien sûr que non, s'occuper de son petit frère n'était en rien contraignant, au contraire. Il adorait que Sam est encore besoin de lui, comme lorsqu'il était enfant. Cela lui donnait l'impression d'être la personne la plus importante du monde et le seul à savoir s'occuper correctement de Sammy. Mais comment lui faire comprendre ça sans s'embrouiller encore dans des phrases maladroites. Il n'avait jamais su comment utiliser correctement les mots, déjà à l'école ça le pénalisait et il se sentait toujours ridicule quand il devait s'exprimer plus que de raison. Pourtant quand il aperçut le regard triste et coupable de son petit frère, il se dit qu'il devait au moins essayer quitte à se ridiculiser.

« - Sammy… tu sais bien que t'es pas emmerdant. Enfin pas tout le temps. Ça me poses pas de soucis de m'occuper de toi, c'est mon job tu te souviens.

Tu parles ! J'ai l'impression d'être un boulet qui t'empêche d'avancer.

Putain mais tu t'entends Sam ? Comment tu peux débiter autant de conneries… Bien sûr que non tu m'empêche pas d'avancer, au contraire.

Sans moi tu aurais pu te faire une petite vie sympa avec femme et enfants, tranquille et sans danger. Mais tu es obligé de veiller sur moi parce que je suis un monstre à retardement et… »

Si vous lui demandez, Dean vous dira que la claque est partie toute seule, sans son accord. Sam le regardait, effaré. Dean ne l'avait jamais giflé, jamais.

« - Si je t'entends encore une fois te traiter de monstre, je te jure de te botter le cul jusqu'à ce que ma semelle soit inscrite à vie sur ta peau, c'est compris ?

Sammy, regardes moi… »

Il le força à lui faire face sur le canapé en prenant son visage entre ses mains.

« - Hey, tu es mon petit frère ok ? Je sais mieux que qui conque ce que tu es, et ce n'est pas un monstre. Tu es bien trop délicat, attentionné, tu prends soin de tes cheveux comme une fille et tu manques de t'évanouir si je percute une foutue grenouille. Alors non, tu n'es pas comme ces créatures que l'on chasse, tu es seulement mon petit frère géant qui est sûrement un peu trop émotif mais ça va, parce que je serais toujours là pour couvrir tes arrières, parce que ma place est à tes côtés. »

Voilà, finalement il avait réussi à dire un peu ce qu'il ressentait et il trouvait même que cela ne sonnait pas si ridicule. Enfin, il n'en était plus forcément sûr quand il vit le regard de Sam brillant de larmes.

« - Hey tu vas quand même pas te mettre à chialer hein ?

Ta gueule Jerk !

Bitch ! »

Le sourire que lui adressa son petit frère lui fit rater un battement. Sam était seulement ému de voir que malgré tout, son frère ne regrettait pas et voulait rester avec lui. Dean, pour se remettre de ce moment émotion, qui pour lui était un véritable parcours du combattant, repris une bière et en siffla une bonne moitié.

« - Bon si je te dis d'aller te coucher maintenant, je suppose que tu ne m'obéiras pas sagement n'est-ce pas ?

J'ai pas forcément sommeil…

Ok alors mets-toi ça sur le dos au moins. »

Les couvertures de Bobby étant actuellement au lavage pour une facilité scénaristique, Dean lui lança sa veste qui traînait à côté du canapé et alla attiser le feu avant de remettre une bûche dans la cheminée.

« - Merci Dean.

Se serait très con de retomber malade parce que tu n'es pas assez couvert. Je te laisse une demi-heure et après je te colle au lit à coups de pieds en t'assommant s'il le faut. »

Sam lui répondit par un petit sourire avant d'étouffer un bâillement. Finalement il était peut-être un peu fatigué et l'odeur de la veste de Dean était vraiment apaisante. Un mélange de cuir, de poudre et un brin de musc qui caractérisait vraiment son grand frère. Un silence rassurant se glissa dans le petit salon et Sam commença à somnoler, sa tête basculant sans le vouloir sur l'épaule de son frère qui observait le feu, un peu dans le vague.

« - Sammy ?

J'en étais sûr, pas fatigué du tout hein ? »

Dean poussa un soupir de dépit en s'imaginant devoir monter les escaliers avec son géant de frère dans les bras mais malheureusement pour lui, une fois endormi rien ne pouvait réveiller Sam s'ils n'étaient pas en chasse. Il se leva donc du canapé, laissant son petit frère s'allonger à moitié sur le canapé trop petit et prit soin d'éteindre le feu. Il se pencha ensuite sur son frère pour le porter en mode princesse, laissant sur lui sa veste pour préserver un peu de chaleur. L'arrivée à l'étage se fit sans trop d'encombres, malgré des escaliers "vraiment pas assez larges bordel", et il put déposer son fardeau dans le lit prévu à cet effet. Il voulut récupérer sa veste mais Sam s'y agrippait comme si sa vie en dépendait donc il abandonna et borda son frère avec les couvertures qu'il avait récupéré dans la buanderie. Après une légère caresse dans les cheveux de son petit frère, Dean s'accorda enfin d'aller se reposer lui aussi dans son propre chambre, s'endormant au moment même où sa tête toucha l'oreiller.

Et voilà, c'est tout pour cette semaine. Rendez-vous mardi prochain pour un nouveau chapitre. Des bisous,

Mylliana_Chan