Bonsoir mes loulous ! Cette histoire avance petit à petit et je suis encore désolée que ça n'aille pas très vite mais la lenteur reste ma tasse de thé !

En espérant que ce chapitre vous plaise également, je vous dis à bientôt dans la semaine !


Situation : un peu après le chapitre précédent

PS : désolée pour les fautes, comme toujours … Enjoy ! :)


Toni sortit par la porte-fenêtre de la grande salle de réception pour accéder à la terrasse et à la piscine. L'air était doux aujourd'hui, une petite brise légère amenait de la fraîcheur face au soleil brûlant. Toni leva son visage vers le ciel, pour apprécier la caresse des rayons sur sa peau.

Jason était parti rejoindre ses amis de l'équipe de football et Toni n'avait pas voulu l'accompagner, pas vraiment intéressée par la proposition. Alors elle se retrouvait seule et il n'y avait rien qui lui faisait plus envie que de plonger tête la première dans l'eau fraîche et turquoise de la piscine.

Elle posa sa serviette, son chapeau et ses lunettes de soleil sur une chaise longue près du bassin et enleva son paréo avant de s'approcher de l'eau. Elle regarda la surface lisse de la piscine et eut un sourire satisfait. Elle passait de belles vacances et elle accueillait avec bonheur ces moments de détente.

Elle plongea sans faire trop de bruit et se laissa emporter au fond, ouvrant les yeux sous l'eau. Elle remonta à la surface une fois qu'elle fut arrivée à l'autre bout du bassin, puis fit demi-tour et enchaîna ainsi les longueurs, en prenant son temps. Elle n'était pas pressée après tout et elle voulait se laisser aller dans l'eau. Elle finit par s'arrêter au milieu de la piscine et se mit sur le dos, écartant les bras et les jambes pour flotter. Elle ferma les yeux, laissa l'eau entrer et sortir de ses oreilles. Tour à tour, elle entendait les doux bruits de l'été puis était submergée par le battement de son cœur ou le son de sa propre respiration. Elle souriait au soleil, heureuse.

-Fais attention de ne pas prendre un coup de soleil. La mit en garde une petite voix.

Toni ouvrit les yeux et se remit droite dans l'eau, pour essayer de trouver d'où venait la voix. Cheryl était assise à l'ombre d'un des saules-pleureurs qui se tenaient de part et d'autre de la terrasse. Elle semblait plongée dans un livre, son chapeau à larges bords et ses lunettes de soleil rondes dissimulant presque entièrement son visage. Elle portait une robe longue et transparente, faite de tulle noire brodée de roses rouges, oranges et roses. Toni devinait en dessous un maillot de bain noir échancré au niveau de la poitrine.

La New-Yorkaise sortit de l'eau et alla chercher son paréo, qu'elle enroula autour de sa taille. Elle égoutta ses cheveux qu'elle rassembla ensuite dans son dos puis se dirigea vers la rousse, qui n'avait pas esquissé le moindre mouvement.

Elle s'installa par terre du côté droit de Cheryl, face à elle. Elle observa la jeune rousse en silence. Un sourire semblait danser sur ses lèvres et c'était si rare que Toni dut cligner des yeux pour s'assurer qu'elle n'avait pas rêvé. Mais une fois qu'elle en fut sûre, elle se mit à sourire à son tour. Loin de ses parents, hors du manoir, dans le jardin, à l'abris du saule-pleureur, Cheryl souriait discrètement.

-Qu'est-ce que tu lis ? Demanda Toni, curieuse.

Il n'y avait rien de noté sur la couverture en cuir du livre et Cheryl semblait le dévorer avec une telle ardeur que Toni en était presque jalouse.

-Un auteur français qui écrit de la poésie. Baudelaire, si tu connais. L'informa Cheryl, de sa voix douce et souple.

Toni l'entendait si peu parler qu'elle était toujours surprise que la rousse puisse le faire sans difficulté quand elle le désirait.

-Ça me dit quelque chose en effet, je crois que j'ai étudié un de ses poèmes au lycée. Avoua Toni, le regard perdu dans les branches de l'arbre.

Elle ne voulait pas dire de bêtises mais ce nom lui semblait familier.

-Oh. Tu es bien l'une des seules personnes que je connaisse qui sache qui est Baudelaire. Tu m'impressionnes. Annonça simplement Cheryl.

Toni reporta son attention sur elle et se demanda si elle était en train de la dévisager, cachée derrière ses lunettes.

Cheryl avait l'air plus à l'aise, comme si le fait d'être protégée du regard perçant de Toni lui donnait plus d'assurance. Peut-être que ce n'était pas à cause de Toni, peut-être que c'était le soleil ou la douce brise d'été qui lui faisait cet effet, mais Toni avait égoïstement envie de penser qu'elle y était pour quelque chose.

-Comme quoi, j'ai plus d'un tour dans mon sac. S'amusa Toni, heureuse d'avoir pu surprendre la rousse.

Cette dernière étouffa un petit rire puis retira son chapeau et ses lunettes. Toni put voir ses yeux foncés pour la première fois de la journée et elle s'étonna du plaisir que cela lui procura. Son sourire frais et léger était toujours là et Toni prit cela pour une victoire. Cheryl n'était pas en train de se dérober à sa présence, elle la regardait dans les yeux et elle lui souriait, à elle, directement. C'était tout simple et Toni aurait pu trouver cela anodin mais, avec la rousse, c'était un beau progrès. Elle semblait s'ouvrir doucement, lentement et Toni ne pouvait que s'en réjouir.

-Qu'est-ce que tu aimes lire d'habitude, quand ce n'est pas imposé par le lycée ? La questionna Cheryl.

Toni réfléchit un moment, son regard trainant sur l'eau colorée de la piscine.

-Je n'ai pas de genre préféré, mais j'aime que l'histoire me semble vraie, authentique. Que je n'ai pas l'impression de me faire entourlouper. Que je puisse croire que ça m'arrive ou que, du moins, ça pourrait m'arriver. Avoua-t-elle en portant un regard sérieux vers la rousse.

Cheryl l'écouta sans bruit, visiblement concentrée. Elle hocha la tête face à sa réponse, pensive.

-Et toi ? Demanda Toni, curieuse.

Cheryl haussa les épaules.

-J'aime bien les livres qui me font voyager, qui m'éloignent d'ici. Les livres qui me donnent le sentiment que je peux tout faire, tout conquérir. Répondit-elle, le regard perdu dans ses ailleurs merveilleux où elle aimait se rendre.

Toni hocha la tête, comprenant le point de vue de Cheryl.

-Tu aimes voyager ?

Cheryl contempla Toni intensément, comme si elle voulait sonder son âme. Toni avala sa salive péniblement, mal à l'aise sous le regard perçant de la rousse qui semblait voir au plus profond d'elle. Elle n'aimait pas du tout cela. Mais Cheryl parut apprécier ce qu'elle trouva dans les tréfonds de l'esprit de Toni car elle arbora un grand sourire sincère qui réchauffa le cœur de la New-Yorkaise.

-Oui, beaucoup. C'est toujours un plaisir de découvrir de nouveaux endroits, de pouvoir s'évader, de se changer les idées à l'autre bout du monde.

-Alors pourquoi tu n'es pas venue rendre visite à ton frère à New York ? Demanda Toni, réellement curieuse.

Le discours de Cheryl n'était pas vraiment en accord avec ses actes, ou en tout cas avec le peu de ce que Toni connaissait d'elle.

La rousse fronça les sourcils, apparemment contrariée. Son sourire disparut en un tour de main, pour être remplacé par une drôle de moue que Toni ne sut vraiment interpréter. La chaleur dans ses yeux se transforma en cette mélancolie que Toni connaissait si bien à Cheryl.

-Je … C'est que …

Cheryl soupira, détournant le regard de Toni et cette dernière crut voir ses prunelles brillantes de larmes.

-Il faut que j'y aille. Annonça la rousse de but en blanc en se mettant debout avec une rapidité déconcertante.

Toni ouvrit et referma la bouche comme un poisson, ne sachant pas quoi dire ni comment réagir. Qu'avait-elle fait ? Elle avait simplement tenté de créer un lien avec Cheryl mais elle avait apparemment fait un faux pas.

La rousse était pratiquement arrivée à la porte-fenêtre quand Toni appela après elle en se mettant debout.

-Cheryl, attends, je suis désolée ! Je ne voulais pas te contrarier. S'excusa-t-elle en se dirigeant dans la même direction que Cheryl.

Cette dernière se retourna quand elle fut à la hauteur de la porte-fenêtre. Son regard blessé et empli de tristesse arrêta Toni sur le coup et l'empêcha d'aller rejoindre la rousse dans le manoir.

Cheryl disparut de son champ de vision. Toni n'avait pas rêvé, elle avait bien vu des larmes sur les joues de Cheryl. Et ce regard l'avait glacée. A quel point l'héritière des Blossom était-elle brisée pour réagir ainsi ?

Toni se demanda si quelqu'un se préoccupait vraiment d'elle, faisait attention à elle, à comment elle se sentait.

Son corps frêle, un peu vouté et ce sentiment de fragilité qu'elle dégageait tout le temps répondit à la question de Toni. A part Jason, elle n'avait jamais vu personne interagir gentiment avec Cheryl.