Bonjour à tous ! J'espère que tout se passe toujours bien pour vous et que le confinement n'est pas trop dur. Je poste un peu plus tôt que ce que j'avais prévu parce que je sais que j'ai suffisamment de stock pour vous offrir de belles histoires après celle-ci ! Belle lecture à vous et bonne journée.

Charlybarbiche : ahah tu m'as bien fait rire ! x) je suis contente si l'évolution te plaît ! j'espère que ce chapitre-là te plaira aussi, prends soin de toi !


Situation : quelques heures après le chapitre précédent

Disclaimer : discussion sous-entendant des violences physiques (désolée …)

PS : la barre transversale représente une petite ellipse temporelle de quelques heures. Pardon pour les fautes, enjoy ! :)


-Jason, tu es réveillé ? Chuchota Toni.

Elle était allongée sur le côté et faisait face au dos de Jason. Elle devinait son corps plus qu'elle ne le voyait vraiment, dans l'obscurité de la chambre.

Jason grommela quelque chose puis se tourna dans le lit pour se retrouver nez à nez avec sa copine. Il ouvrit de petits yeux et Toni vit ses prunelles briller dans le noir.

-Tu es amoureux de Polly ? Demanda-t-elle simplement.

Un silence suivit sa question, puis Jason se contorsionna pour allumer la lampe sur la table de chevet. La pièce fut plongée dans une douce lumière chaude et Toni lut alors l'incompréhension sur le visage du roux.

-Quoi ? La questionna-t-il.

Ils étaient rentrés depuis quelques heures et ils étaient à présent plus ou moins sobres tous les deux.

Toni le contempla en silence pendant un moment puis passa ses doigts dans les mèches rousses de son copain.

-Je vous ai vus discuter à la soirée. J'ai demandé à Reggie qui elle était et c'est lui qui m'a donné son prénom.

Elle se mit à caresser tendrement la joue de Jason en dessinant de petits cercles sur sa peau avec son pouce.

-Je … Polly a l'air très attachée à toi, donc je voulais savoir si c'était ton cas aussi. Lui répondit-elle.

Il n'y avait pas de jalousie, pas de colère, pas de chagrin dans son regard. Seulement de la curiosité et l'envie de connaître la vérité. Jason ne se sentit pas de mentir à tant d'honnêteté.

-Oui … On est sortis ensemble quand j'étais au lycée de Riverdale puis on s'est séparés et je suis venu peu de temps après à New York. Mes parents étaient heureux de pouvoir m'y envoyer parce qu'ils n'approuvaient pas notre relation et ils ne voulaient pas que j'aie l'occasion de me remettre avec elle. Mais … ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue et … elle est toujours aussi radieuse et gentille. Ça m'a rappelé de bons souvenirs. Avoua-t-il.

Toni ne dit rien, laissant sa main se balader sur le bras de Jason. Il finit par lui prendre les doigts et les porta à ses lèvres pour y déposer un baiser, le regard rivé dans le sien.

-Tu devrais te remettre avec elle. Annonça Toni.

Jason s'arrêta dans son geste et observa la jeune femme, les yeux plissés. Il était incapable de dire ce qu'elle avait dans la tête, et il ne savait pas si c'était une bonne chose.

-Pourquoi est-ce que tu dis ça ? Lui demanda-t-il, sur ses gardes.

Elle soupira et s'allongea sur le dos. Elle fixa le plafond, espérant y trouver le courage de lui dire ce à quoi elle pensait depuis quelques jours à présent.

-Je pars demain et je vais rentrer à New York dans une semaine. Et je sais très bien que, une fois que je serai là-bas, on ne se verra plus. Peut-être que tu pourras te libérer pour les vacances ou que je pourrai venir te rendre visite certains week-ends, mais nous ne serons plus ensemble. Et … je tiens à toi, mais … quand je vois comment vous vous regardez avec Polly, je ne peux pas m'empêcher de me demander si c'est la meilleure solution. S'il ne vaut mieux pas qu'on se sépare maintenant. Qu'on se quitte en bons termes, pour qu'on puisse faire chacun notre petit bout de chemin sans l'autre.

Elle tourna la tête vers lui pour étudier son visage. Il avait peint, au fond des yeux, un air surpris mais dans lequel Toni voyait transparaitre une pointe de compréhension.

-Je vois … Répondit-il simplement.

Il y eut un long moment de flottement. Ils se contemplèrent pendant de nombreuses minutes, sans rien dire. Beaucoup de choses passèrent dans ses échanges silencieux et un sourire prit doucement naissance sur leurs deux visages.

-Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? Lui demanda-t-il.

Elle hocha la tête.

-Et toi ? Tu es d'accord ? Le questionna-t-elle en retour.

Il acquiesça et Toni s'approcha de lui pour déposer un baiser léger sur ses lèvres, comme pour sceller leur pacte.

Quand ils s'écartèrent l'un de l'autre et rouvrirent les yeux, une nouvelle lueur brillait dans leurs prunelles. C'était la joie d'avoir vécu une belle histoire et d'avoir su s'arrêter à temps.

Jason fut pris d'un petit rire et secoua la tête, amusé.

-Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi. Quelqu'un de si … je n'ai même pas de mot. Ouvert d'esprit ? En tout cas, tu es peut-être la personne la moins jalouse que je connaisse. Avoua Jason.

Toni rit de la remarque du roux et un sourire taquin apparut sur ses lèvres.

-Que veux-tu, c'est dans ma nature je pense. J'ai toujours réussi à garder un regard assez objectif sur mes relations et je peux me détacher facilement des affects quand je sens que c'est nécessaire. J'avoue que ça m'a rendu service dans pas mal de situations ! Plaisanta-t-elle.

Jason lui sourit avec beaucoup de respect et d'affection. Il passa à son tour une main douce sur sa joue et elle ferma les yeux face à son contact.

-Je suis heureux de t'avoir rencontrée et d'avoir partagé un morceau de ta vie, Toni Topaz. Avoua Jason, la voix soudainement prise d'émotion.

Toni rouvrit les paupières et se fendit d'un sourire chaleureux.

-Moi aussi. Je te porterai toujours dans mon cœur, Jason Blossom. Chuchota-t-elle, sentant le sommeil peser sur son corps.


Toni se réveilla en sursaut. Elle croyait avoir entendu quelqu'un pleurer. Elle se redressa dans le lit et tourna la tête vers Jason. Elle ne pouvait pas le voir mais elle entendit à sa respiration qu'il dormait profondément.

Elle se rallongea et soupira.

-Toni ? Murmura une petite voix.

La jeune femme sursauta et se précipita vers l'interrupteur de la lampe de chevet. Quand la lumière éclaira la pièce, elle découvrit Cheryl, debout au pied du lit, les yeux rougis. Elle se tenait, tremblante, les bras croisés et réprima un sanglot quand elle vit le regard de Toni posé sur elle. La jeune femme n'avait donc pas rêvé. Elle avait bien entendu quelqu'un pleurer.

-Cheryl … Qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda-t-elle, inquiète.

La rousse s'approcha d'elle. Sa chemise de nuit en soie rouge et décorée de dentelle blanche était toute froissée et elle avait les cheveux en bataille. Des larmes couvraient ses joues et ses yeux étaient gonflés par les pleurs.

Toni se décala dans le lit pour laisser de la place à Cheryl et elle l'invita à s'allonger près d'elle. Cette dernière s'exécuta et laissa Toni l'enlacer. Elle tournait le dos à la New-Yorkaise qui avait un bras autour de sa taille et qui caressait son bras de son autre main.

-Chhhh… Calme-toi. Tout va bien. Tenta-t-elle de rassurer la rousse.

Cheryl éteignit la lumière et ferma les yeux pour essayer de faire mourir son chagrin. Il lui fallut un certain temps avant qu'elle parvienne réellement à se détendre et Toni ne cessa de la câliner tout du long en la serrant fort contre elle.

-Excuse-moi … Je ne voulais pas te réveiller. Murmura-t-elle, sa voix encore fragile et serrée.

Toni laissa son instinct parler pour elle et déposa un baiser sur l'épaule de Cheryl. Elle fit comme si elle n'avait pas vu la rousse frissonner face à son contact.

-Il va falloir que tu arrêtes de t'excuser pour venir chercher du réconfort dans ce lit. Chuchota-t-elle à son tour, un sourire dans la voix.

Elle laissa son second bras glisser le long du corps de Cheryl pour enlacer sa taille avec le premier. Elle posa sa tête contre l'épaule de la rousse et écouta les battements de son cœur à travers sa peau.

Cheryl apporta des mains tremblantes à la hauteur de celles de Toni, serrées autour de son ventre.

-Tu veux me raconter ? Proposa Toni, sans forcer Cheryl.

La rousse hocha la tête pour acquiescer et avala sa salive avant de se mettre à parler.

-Je … Quand on est rentrés tout à l'heure, je suis restée un petit moment dans le salon et Papa et Maman sont arrivés. Ils m'ont vue saoule et ça … ça les a énervés. Maman m'a dit que je faisais honte à notre famille en me comportant comme une ivrogne et Papa … Papa a exprimé sa colère par ses moyens.

Sa voix se brisa et Toni entendit un sanglot quitter son corps. Elle serra Cheryl encore plus fort contre elle et enfouit son visage dans les boucles rousses de la jeune femme.

-Je suis désolée Cheryl, je suis désolée. Murmura-t-elle, sans s'arrêter, comme une prière.

Elle attendit que la rousse se calme à nouveau pour taire ses mots de réconfort.

-Ce n'est pas la première fois, tu sais. A la soirée précédente, j'ai repoussé un garçon qui me faisait des avances et il a été dire à ses parents que je l'avais giflé – ce qui est le cas, tu m'as peut-être vue faire. Mais nos familles se connaissent et le mot est donc remonté jusqu'à Maman. Quand elle l'a appris, elle était furieuse. Entre grands noms, il faut toujours bien se comporter et j'ai mal agi, alors … elle m'a hurlé dessus. C'est la fois où tu m'as vue partir de ma chambre en courant. Expliqua-t-elle.

Etrangement, plus elle racontait ses malheurs à Toni, plus elle semblait apaisée. Toni sentait son corps se détendre petit à petit tout contre le sien. Elle ne savait pas si le fait de vider son sac ou si leur proximité était à l'origine de cette relaxation, mais elle espéra égoïstement que la deuxième raison était la bonne.

-Tu veux dormir avec nous ? Proposa Toni.

Cheryl hocha la tête et la remercia pour l'offre.

-Lève-toi. Lui demanda Toni.

Cheryl ne comprit pas ce qu'elle voulait mais obéit néanmoins et quitta le lit. Toni fit de même et laissa Cheryl se glisser entre les draps en premier.

-Comme ça tu seras proche de ton frère. Lui expliqua Toni.

Elle se recoucha à son tour et s'allongea sur le côté, faisant face à Cheryl. En voyant ses yeux briller dans le noir, elle comprit que Cheryl se tenait dans la même position.

-Merci. Pour tout. Murmura-t-elle, visiblement très émue. Je sais que je n'ai pas été très accueillante quand tu es arrivée, mais … tu t'es avérée de très bonne compagnie et d'un grand soutien.

Toni ne put réprimer le sourire fier et heureux qui prit naissance sur ses lèvres.

-Je n'ai jamais répondu à ta question, d'ailleurs. Avoua Cheryl.

Toni fronça les sourcils.

-De quoi est-ce que tu parles ? Lui demanda-t-elle, perplexe.

-La première fois où on a discuté, près de la piscine, tu m'as demandé pourquoi je n'étais pas venue vous voir à New York et je me suis sauvée avant de te répondre. Je … Papa et Maman ne m'ont pas laissé aller à New York parce que mon amie Heather a étudié là-bas durant le même semestre que JJ. Et Heather est … c'est une amie à moi que je n'ai plus le droit d'approcher ou de voir, alors mes parents n'ont pas voulu que je vienne, de peur que je lui rende visite. C'est un sujet sensible… Expliqua-t-elle.

Toni ne sut quoi répondre. Jason ne lui avait pas parlé de cela, mais peut-être n'était-il pas au courant. Depuis le temps, Heather avait bien dû finir par quitter son centre de conversion.

Toni chercha une des mains de Cheryl sous les draps et serra ses doigts, compatissante.

-Je suis désolée. Si tu veux venir ne serait-ce que pour visiter la ville ou simplement en profiter à nouveau si tu y as déjà été, tu pourras séjourner chez moi avec plaisir. Je t'accueillerai quand tu le souhaiteras. Proposa Toni.

C'était une médiocre contrepartie, mais elle n'avait rien d'autre à offrir à la jeune rousse.

-Merci. Encore une fois. Chuchota Cheryl.

Elle se blottit tout contre Toni sans un mot et cette dernière sentit le sommeil les envelopper. Elle apprécia la chaleur du corps de Cheryl contre le sien et laissa ses paupières se fermer sans lutter.