Coucou mes confinés préférés ! J'espère que vous avez du beau temps où que vous êtes et que votre confinement est agréable ou, du moins, supportable. On s'approche à grands pas de la fin … Léger cliffhanger à la fin de ce chapitre, désolée ahah !

Charlybarbiche : je me souviens de cette interview ahah ! en effet, je peux comprendre que tu te sois décalée, mais j'aime bien les dynamiques amicales et amoureuses qui sortent de l'ordinaire donc c'était important pour moi de leur offrir une relation qui ne rentre dans aucune case ! :) J'espère que ce chapitre te plaira et merci beaucoup pour ta review sur "Au bord de l'eau", je suis heureuse que ça t'ait plu ! :D


Situation : un peu après le chapitre précédent

PS : pardon pour les fautes, enjoy ! :)


-Toni, pourquoi tu ne viens pas à Riverdale, j'aimerais bien t'avoir dans l'équipe des Vixens avec nous ! Ria Betty en offrant un grand sourire à la New-Yorkaise.

Elle s'appuya un peu plus contre elle et entoura ses épaules d'un bras chaleureux et amical. Toni se laissa aller contre la blonde et posa sa tête près de sa clavicule, appréciant son doux parfum de lilas et l'odeur de lessive que portait son pull rose pastel.

Veronica avait décidé d'organiser une petite soirée avec toutes les filles qui faisaient partie de l'équipe de cheerleading, et Toni devait avouer qu'elle passait un excellent moment. Elles étaient adorables et, une fois qu'elles avaient un peu bu, elles avaient beaucoup d'humour et de répartie. L'alcool avait suffisamment fait son effet à présent pour qu'elles soient toutes à l'aise avec Toni et elles se comportaient avec elle comme avec une amie de longue date.

-Betty, laisse ma novia tranquille ! Rechigna Veronica en faisant la moue.

Toni leva les yeux au ciel et offrit un sourire joueur à la brune.

-Ronnie, détends-toi, ce n'est pas parce qu'on a couché ensemble deux fois cette semaine que je suis ta copine. Plaisanta-t-elle, un peu d'ardeur dans la voix.

Veronica leva un sourcil amusé et sa bouche se fendit d'un petit sourire en coin.

-Je te trouve bien impétueuse ce soir. La taquina-t-elle.

Elle s'approcha à quatre pattes des filles qui étaient assises par terre, contre le canapé. Elles la regardèrent avancer et, visiblement, les autres observaient aussi la scène, en silence.

Quand la brune se trouva à la hauteur de Toni, cette dernière la défia du regard.

-Tu m'embrasses ou quoi ? S'amusa-t-elle.

Veronica fondit sur sa bouche en gloussant et le baiser étouffa l'éclat de rire de Toni.

Quand elles s'écartèrent, Veronica arbora un grand sourire fier et Toni leva les yeux au ciel.

-Calme-toi, ce n'est pas un exploit non plus. Lui rappela-t-elle, faisant ainsi référence à tous les baisers auxquels elle avait eu droit ces derniers jours.

Les filles autour rirent ou secouèrent la tête, toutes plus ou moins conscientes de ce qui venait de se passer.

Toni sentit néanmoins un regard brûlant fixé sur elle et elle tourna la tête en direction de Cheryl. Elle avait presque oublié que la rousse était là – c'était l'effet de l'alcool, sûrement, parce que son visage angélique ne s'effaçait jamais vraiment de son esprit – puisqu'elle faisait partie de l'équipe des Vixens.

Elle n'avait pratiquement rien dit de la soirée, se contentant de boire silencieusement en observant attentivement tout le monde. Les filles l'avaient taquinée dès qu'elles avaient eu le courage de l'alcool pour le faire, pour lui rappeler que ce n'était pas vraiment son genre. Elle avait simplement haussé les épaules et bu une nouvelle gorgée, son regard devenant de plus en plus vitreux.

Mais les yeux qui la fixaient à présent semblaient si profonds et emplis de tant d'émotions pures et brutes que Toni en eut le souffle coupé. Elle eut l'impression qu'elle n'avait plus rien dans la tête à part la vision entêtante de Cheryl. Elle était intoxiquée par sa vue et elle n'arrivait plus à penser clairement.

Elle avala sa salive avec difficulté et tous les sentiments qu'elle avait tenté d'étouffer ces derniers jours remontèrent à la surface et s'écrasèrent sur son âme fragile avec une telle intensité qu'elle avait du mal à respirer correctement.

-Tu vas bien ? Lui demanda Betty, une pointe d'inquiétude dans la voix.

Toni reporta son attention sur elle et ce fut comme si elle pouvait enfin reprendre son souffle. Elle hocha la tête et se racla la gorge.

-Je vais aller me chercher un verre d'eau, je me sens un peu déshydratée. Annonça-t-elle en se levant.

Elle se dirigea vers la cuisine, un brin chancelante, mais elle savait que ce n'était pas qu'à cause de l'alcool. Réaliser que, quoi qu'elle se dise, ce qu'elle ressentait pour Cheryl existait bel et bien et qu'elle ne pouvait rien y faire lui donna la nausée. Elle n'aimait pas lorsqu'elle n'arrivait pas à contrôler ses émotions. Elle était toujours celle avec le plus de clarté et d'objectivité dans les relations. Pour l'amour de Dieu, c'était ce qui s'était passé avec Jason ! Alors pourquoi est-ce que ce n'était pas la même chose avec sa sœur ?

Elle soupira en pénétrant dans la pièce et attrapa un verre dans un placard, l'esprit ailleurs et embrumé. Elle avait presque envie de pleurer.

-Tu m'en sers un aussi s'il te plaît ? Demanda une petite voix derrière elle.

Toni se figea en plein mouvement. Non non non, elle tentait de lui échapper, de trouver un semblant de paix intérieure. Il ne fallait pas que Cheryl soit là. Elle devait faire le vide et tuer ses sentiments et, avec la rousse dans les parages, ce n'était clairement pas possible.

Elle saisit un second verre sans rien dire et se dirigea vers l'évier pour les remplir, sans se retourner vers Cheryl, qui se tenait visiblement à l'entrée de la cuisine.

Elle se concentra sur sa tâche mais elle entendit le bruit des talons de la rousse s'approcher. Avec chaque pas, elle sentait son cœur s'affoler à tel point que, lorsqu'elle fut à côté d'elle, ses battements étaient si désordonnés qu'elle craignait la crise cardiaque.

Elle tendit un verre à Cheryl sans oser croiser son regard, les yeux rivés sur son propre verre.

-Merci. Murmura la rousse et Toni sentit son souffle caresser sa peau nue.

Elle tenta de retenir un frisson mais ce fut peine perdue. Elle ferma les yeux un court instant pour se donner un minimum de contenance et pour vider son esprit de toutes ses pensées déplacées, puis elle tourna le visage vers Cheryl.

Ce qu'elle vit n'était clairement pas à la hauteur de ce à quoi elle s'attendait. Cheryl sirotait son verre d'eau avec une telle vulnérabilité, une innocence si douce que Toni se détendit instantanément. Pour elle ne savait quelle raison, elle avait pensé que la rousse allait avoir de la malice dans les yeux voire, pire, cette pointe de venin ou de dégoût que Toni avait vue à la fête de Reggie. Parce que la New-Yorkaise était persuadée que Cheryl pouvait lire en elle et qu'elle avait découvert les idées inappropriées qui circulaient librement dans sa tête.

Mais, au vu de son sourire timide et éméché, elle était à des années-lumière de ce que Toni s'était imaginé. Elle avait ce côté naïf, gauche et maladroit des gens saouls et Toni s'attendrit. Sa bouche était ornée d'un sourire doux qui ne semblait destiné à personne.

-Je ne savais pas que tu sortais avec Veronica. Annonça-t-elle de but en blanc, le regard toujours dans le vide.

Toni fut surprise par sa remarque inattendue.

-On ne sort pas ensemble, Cher. Disons que … on est de très bonnes copines et quand on est célibataires, on aime bien s'amuser un peu toutes les deux. Ria-t-elle.

Le surnom lui avait échappé, mais elle aussi avait bu et ne maitrisait pas tous ses mots.

Cheryl releva les yeux vers elle et ils étaient redevenus embrumés. Le regard qu'elles avaient échangé tout à l'heure et qui avait tant perturbé Toni n'était qu'un lointain souvenir car Cheryl ne semblait plus aussi consciente.

La rousse s'approcha de Toni et l'embrassa si vite que cette dernière n'eut même pas le temps de réagir. Cheryl se recula à l'instant où Toni ferma les yeux pour savourer le baiser, ne désirant pas réfléchir plus longuement à ce que cet acte signifiait pour la rousse.

Cheryl la vit, les paupières closes, une drôle d'expression sur le visage et elle fut prise d'un vertige. Que venait-elle de faire ? Toni était visiblement dégoûtée par le baiser et elle ne voulait même plus la regarder.

Elle étouffa un sanglot et quitta la cuisine en courant.