NDA: Heeyyy enfin la suite ! Que j'ai finis d'un coup à vitesse éclair XD (à 2h du matin, j'étais motivée, que voulez-vous) Gros merci à Wei pour la correction ! Alors j'ai pas pu exploiter tout l'arc de Poséidon, étant donné que le début est assez flou pour moi, mais j'ai au moins pu décrire le plus important ! Et j'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture !
Presque un an s'était écoulé depuis son arrivée au sanctuaire sous-marin. Plusieurs mois quelque peu mouvementés, il devait l'avouer, mais non moins plaisants. La majorité de son temps, il l'avait passé aux côtés de Kanon. Il l'avait observé construire ses plans, les mener à bien, imaginer toujours plus de complots, de possibilités... Il prévoyait déjà tout ce qu'il pourrait faire une fois qu'il aurait vaincu Athéna et prit possession de la Terre. La défaite n'était pas une option. Si au départ, il s'était montré hésitant, l'ancien Gémeaux n'avait pas tardé à rejoindre les entraînements quotidiens des Marinas, parfois même sans le Dragon. Encore aujourd'hui, les regards et réactions des autres généraux le faisaient sourire. Ils n'étaient pas heureux, du moins, pas au début. Il leur avait fallu du temps avant d'enfin le tolérer, mais Kanon restait la seule et unique personne avec qui il avait crée de vrais liens... Si l'on oubliait la rivalité quelque peu étrange qu'il entretenait avec Isaak du Kraken, la seule personne également consciente de la véritable identité du Dragon des Mers. Enfin, lui, il entretenait une rivalité avec sa personne. L'ancien Gémeaux, en revanche, se fichait complètement de son existence. Il n'était encore qu'un enfant, et il avait mieux à faire que de se chamailler avec un gosse.
Malgré la sérénité qu'il parvenait à ressentir parfois, Aspros ne parvenait pas à obtenir une réelle paix intérieur. Ses pensées étaient souvent envahis par l'image de son frère, par leurs combats, par tous les péchés qu'il avait pu commettre... Il était rongé par les remords et les regrets. Ses nuits étaient rarement calmes, la fatigue était grande, et malgré ses subtils efforts qu'il ne pouvait s'empêcher de trouver touchant, même Kanon ne pouvait l'apaiser.
Des bruits de pas commencèrent à résonner derrière lui, mais le traître ne se détourna pas un instant du spectacle sous-marin qu'il observait, pensivement, même lorsqu'un bras doré vint se poser sur ses épaules, réclamant sûrement son attention.
-Encore perdu dans tes songes ? s'amusa le nouvel arrivant.
-Si tu es venu juste pour te soucier de mon état mental, ce n'était pas la peine.
-Ne te fais pas moins intelligent que tu ne l'es ! Bien sûr que je vais m'inquiéter ! T'as vu la gueule que tu tire ?
Aspros poussa un soupir, qui contrastait parfaitement avec le léger sourire qui étirait ses lèvres. Doucement, il se permit d'enlever le bras de son homologue tout en regardant en sa direction, à la grande satisfaction de celui-ci. Décidément, il aimait être regardé. C'est qu'il devenait encore plus narcissique que lui, à force !
-Tu te montre très avenant, pour quelqu'un qui se dit être diabolique.
-Seulement avec toi, répondit le général en croisant ses bras sur sa poitrine. Tu es spécial.
-Dans quel sens ?
-Dans tout les sens. T'es différent, Aspros, rien à voir avec les gamins que j'ai sous ma coupe, et tu le sais.
L'ancien Gémeaux resta silencieux, son regard toujours ancré dans celui de son ami. Plus la relation entre eux progressait, plus elle devenait ambiguë. Tant qu'il commençait à se poser de sérieuses questions, autant sur ses sentiments que sur ceux de Kanon. Ça en devenait ridicule.
-Mais j'aime tellement te l'entendre dire, le traître avait un sourire taquin.
Un rire sincère éclata dans la gorge du Dragon des Mers, mais fut soudainement stoppé par une douleur fulgurante lui traversant la poitrine. C'est avec choc qu'Aspros le vit se tordre de souffrance, retenant un cri qui ressemblait au grognement d'une bête, alors qu'il s'effondrait à genoux sur le sol. L'inquiétude lui monta à la gorge, le poussant à venir s'agenouiller à ses côtés, posant tout naturellement ses mains sur les épaules du Marina tremblant.
-Que t'arrive-t-il, Kanon ?!
-S... Saga...
L'ancien Gémeaux fronça les sourcils. Bien sûr, il savait qui était Saga, Kanon lui avait déjà parlé de lui... Mais qu'est-ce qu'il avait à voir avec ce qui lui arrivait ?
-Qu'est-ce que tu...
Sa question s'étouffa dans sa gorge lorsque le Dragon remontait son regard plein de rage vers la mer qui leur servait de ciel, des larmes perlant aux coins de ses yeux. Il devait l'avouer, cette vision lui faisait de la peine.
-Il est mort. Mort, Aspros !
Vivement, l'aîné se releva, ignorant la douleur qui fourmillait encore dans sa poitrine, ne laissant pas une seconde au plus jeune de réagir.
-Cet enfoiré ! Comment peut-il mourir avant ma victoire ?!
-Kanon, tenta Aspros en se relevant.
-Comment peut-il mourir avant que je lui prouve... avant que je lui montre de quoi je suis capable ?!
-Kanon, calme-t...
-Ce n'était pas censé se passer comme ça, bordel ! Il devait voir ! Il devait être là pour assister à mon ascension ! C'est moi qui aurait dû le tuer !
-Kanon !
Dans le but de récupérer son attention, Aspros se posta devant le Marina et se saisit de ses épaules, lui provoquant un sursaut qui eut au moins le mérite de le sortir de sa transe. En vue de son expression, le cadet ne parvenait plus à savoir si Kanon était enragé, ou sincèrement triste.
-Ça n'a pas d'importance, tu m'entends ? Ton frère n'a pas d'importance, plus maintenant. Tu vas continuer tes plans. Tu vas te battre, et tu vas triompher. Et je serais à tes côtés pour y assister.
Plus un mot ne fut prononcé, seuls des regards furent échangés, et bientôt, la détermination vint remplacer les autres émotions dans le regard du Général. Il essuya rapidement les larmes qui avaient commencé à couler, avant qu'un sourire sincère ne vienne prendre place sur ses lèvres. Sourire qui contamina bien vite celles de son ami.
-Tu as raison... Je ne dois pas perdre mes objectifs de vue.
Sans rompre le contact visuel, Kanon vint poser sa main droite sur celle d'Aspros qui se trouvait sur son épaule gauche.
-Merci, Aspros.
Avec cet homme à ses côtés, le Général en était sûr: il ne pouvait que gagner la guerre à venir.
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Ça y est. Ça avait commencé... Le combat final, celui qui déterminerait le futur de la Terre, et de Kanon. Athéna s'était livrée d'elle-même, l'hôte de Poséidon avait été amené au sanctuaire par Thétis, et les batailles faisaient déjà rage. Si Aspros ne voulait d'abord pas prendre partie, il commença à se demander s'il prenait vraiment la bonne décision en laissant Kanon continuer dans son ambition. Peut-être qu'il devrait le stopper, peut-être qu'il devrait sauver Athéna… ? Mais il n'en faisait rien. Il hésitait beaucoup trop. Que dirait Deuteros s'il avait été là...?
Comme pour tenter de chasser ces pensées, il secoua la tête de droite à gauche, provoquant un gloussement de la part du Dragon des Mers qui se tenait à ses côtés.
-Décidément, tu te perds beaucoup dans ta tête, ces temps-ci. Te poserais-tu des questions sur mes plans à un moment pareil ?
L'ancien Gémeaux fronça légèrement les sourcils, n'appréciant pas la perspicacité dont Kanon pouvait faire preuve parfois.
-C'est vrai, admit-il. Je commence à me demander si j'ai vraiment fait les bons choix.
-Tu te tiens aux côtés du futur dirigeant de la Terre. Bien sûr que tu as fais les bons choix.
Des éclats de cosmos se firent sentir, quelques cris résonnèrent, mais ni l'un ni l'autre ne sembla s'en accommoder. Un soupir franchît les lèvres d'Aspros, provoquant un froncement de sourcils et une légère grimace à son ami.
-Tu n'as pas l'intention de me trahir maintenant, n'est-ce pas ? Après tout ce que tu as dis ? Ce n'est pas ta guerre, ni ton Athéna, tu n'as aucune raison de t'en soucier autant, qu'est-ce qui t'arrive ?
La colère, mais également une certaine forme d'anxiété se fit ressentir dans le cosmos du Marina, poussant le cadet à regarder son aîné, non sans une certaine surprise. Dans son regard, il pouvait y décelé les mêmes sentiments, peut-être même plus, qu'il n'était pas capable de voir. Il n'avait passé qu'un an à ses côtés, mais il ne réalisait que maintenant à quel point il se sentait proche de cet homme avec qui il partageait tant de points en commun. Sans disparaître, les doutes qu'il avait s'atténuaient grandement avec un seul regard échangé, lui faisant remettre en question tout ce qu'il pensait de cette histoire sous un nouvel angle. Oui, au final, malgré ses efforts pour penser "justement" à la manière de Deuteros, il s'en fichait. Il voulait suivre cet homme, il voulait le faire devenir un Dieu, le seul Dieu qu'il acceptera de suivre, et au diable les principes des autres. Au fond, l'influence de Kairos n'avait jamais cessé... Il l'avait pourrie de l'intérieur, pour toujours.
Un sourire que certains pourraient qualifier de "mauvais" étira ses lèvres, prenant Kanon de court alors qu'il commençait déjà à s'imaginer devoir le combattre pour ses idéaux.
-Non, tu as raison. Je ne suis pas assez "bon" pour prétendre t'arrêter au nom d'une quelconque Justice... Je ne suis qu'un traître, même aujourd'hui, qui ne s'est jamais battu que pour lui-même, en utilisant une façade de sauveur pour camoufler ses véritables ambitions. Kanon, quelque soit l'issue de cette guerre...
Bouche-bée, Kanon observa son prédécesseur s'agenouiller devant lui, la tête respectueusement baissée, comme il le ferait devant un Dieu.
-Je me dévouerais entièrement à toi, corps et âme. Qu'importe Athéna et les Dieux, tu es la seule personne que j'accepterais de suivre, aussi longtemps que cette nouvelle vie me le permettra.
Petit à petit, les lèvres de Kanon s'étirèrent en un sourire malsain, jusqu'à ce qu'il ne commence à rire de manière quasi incontrôlable. Malgré tout, Aspros ne bougea pas d'un centimètre, jusqu'à ce qu'il ne sente une main se poser sur son épaule, et le rire de son homologue se calmer.
-C'est avec plaisir que j'accepte ta dévotion envers moi, Aspros, mais... Relève-toi.
L'ancien Gémeaux ne se fit pas prier et se releva aussitôt. Mais lorsqu'il vit le visage heureux, à l'allure si innocente qu'affichait Kanon, il ne sut comment réagir. Sa main était resté sur son épaule, et il jura que le Marina s'était même rapproché de lui.
-S'il te plais, ne me traite plus jamais comme un Dieu. Pas toi. Tu es l'exception. Le seul homme que je considère comme mon égal. Si je devais être une divinité, il ne fait aucun doute que tu en serais une aussi.
Le sourire d'Aspros refléta celui du Dragon des Mers. C'était étrange, il pouvait sentir les combats se dérouler non loin d'eux, et pourtant, il se sentait bien. Beaucoup trop bien. Mais malheureusement, c'était voué à être perturbé... Et ce, par la destruction d'un des piliers.
C'est le bruit d'une explosion qui attira leur attention. Tout deux assistèrent à la chute du pilier de l'Océan Pacifique Nord avec une certaine inquiétude, Kanon pour ses plans, et Aspros pour Kanon lui-même.
-On dirait que Baian est le premier à avoir perdu... constata le cadet.
-Et le dernier, espérons-le.
Malheureusement pour lui, ses plans étaient très loin de se passer comme prévu.
Quatre piliers. Quatre piliers avaient été détruit. Merde. Ça ne se passait pas du tout comme prévu, il devait intervenir. Il ne pouvait pas rester garder son pilier plus longtemps. Mais l'abandonner était également risquer... Et il refusait de laisser Aspros seul ici, sans protection. Certes, il était puissant, sûrement plus puissant que les autres marinas, mais les risques étaient tout de même existants. Et il ne voulait pas... Il ne pouvait pas risquer de le perdre.
-Kanon, laisse-moi intervenir !
Le Dragon jura entre ses dents et se tourna vers son ami, l'air grave.
-Je croyais que tu ne voulais pas participer à nos guerres ?
-Je t'ai juré fidélité, je te rappelle. C'est trop tard pour reculer, et la situation est critique, si tu ne fais rien, tu-
-Ne me dis pas ce que je dois faire !
Face à l'éclat de colère du Général, Aspros se tut d'un coup et fronça les sourcils. Il pouvait voir qu'il était à cran, alors il n'allait pas lui en tenir rigueur, mais il devait faire quelque chose pour calmer le jeu.
-Écoute... Je peux t'aider. Je peux te mener à la victoire. Laisse-moi intervenir, s'il te plaît.
Un moment de silence s'installa, durant lequel Kanon lui tourna le dos, refusant qu'il puisse lire la moindre émotion sur son visage.
-Non. Je veux que te cache.
-Pardon ?! s'outra Aspros.
-Aspros, je ne veux pas prendre de plus de risques ! Si je venais à perdre cette guerre, les conséquences pour toi seront différentes si tu venais à y participé directement. Si jamais nous venions à être jugés pour nos actions, je refuse que tu sois impliqués dans mes affaires, tu souffrirais beaucoup trop... par ma faute.
À nouveau, le silence. L'ancien Gémeaux ne savait que dire, peut-être parce-qu'il n'y avait rien à dire, justement. D'un côté, il était frustré, en colère qu'on lui demande de se cacher à un tel moment, et de l'autre... de l'autre, il était touché. Cet imbécile était comme lui, il n'avait pas une fois prononcer le mot "aimer", il n'utilisait que des façons détourner de lui dire et lui montrer qu'il comptait pour lui, mais elles étaient évidentes. À ses yeux, du moins. Quel que soit la véritable nature de ses sentiments, il ressentait quelque chose de très similaire à ses propres sentiments. Et par conséquent... Il ne pouvait que trop bien comprendre son raisonnement, et ses peurs.
-Très bien... soupira-t-il, vaincu. Mais si tu venais à être en danger, ne compte pas sur moi pour rester les bras croisés à ne rien faire.
Kanon se tourna à moitié afin de le regarder, son sourire et ses yeux emplis de détermination, comme à son habitude.
-Ça n'arrivera pas.
Comme demander, même en le suivant, Aspros restait soigneusement caché, son regard ne quittant presque pas la silhouette de Kanon qu'il était prêt à protégé à tout moment. Il avait confiance en lui, mais lorsqu'Ikki du Phénix avait débarqué et attaqué, révélant sa véritable identité, il lui avait été difficile de rester à ne rien faire. Bien heureusement, le Général n'eût aucun mal à se débarrasser de lui en usant du Golden Triangle. Le voir jubiler après coup arracha un sourire à l'ancien Gémeaux, d'autant plus lorsque le cosmos d'un de leurs ennemis sembla s'éteindre. Mais cette jubilation fut coupé court par l'arrivé de Sorrento, ce type qui avait un don pour plomber l'ambiance. Malgré le fait qu'il n'était en présence que de personnes au courant de son existence, il resta en retrait, ne désirant pas être aperçu par un œil indésirable.
La méfiance dont faisait preuve Sorrento à l'égard de Kanon ne lui plaisait pas... Mais il devait avouer que c'était justifié. Bien vite, les deux marinas durent se séparer à nouveau en sentant des cosmos extérieurs se dirigés vers le piliers de l'Atlantique, et si Aspros resta quelques instants à observer le général de la Sirène s'éloigner, il ne tarda pas à rejoindre son ami aussi discrètement que les lieux lui permettaient. Malheureusement, leurs déboires étaient loin d'être terminés. Bloqué à son pilier à cause de l'énergie hostile qu'il sentait dans les parages, il constata avec horreur l'entrée d'un puissant cosmos dans le temple de Poséidon. Il se tourna en direction d'Aspros, qui était sortit de sa cachette, échangeant avec lui un regard entendu. Ils sentaient, et pensaient la même chose... ils étaient dans la merde.
-Il n'est pas trop tard pour...
-Non, c'est hors de question. Aucun de nous n'y va.
-Kanon-
-Si tu avais eu quelque chose pour te protégé, j'aurais peut-être considéré te laisser ici, ou t'envoyer là-bas, mais ce n'est pas le cas ! Alors on va rester tout les deux... Et espérer pour le meilleur.
Le cadet poussa un soupir. Il le connaissait, rien ne pourrait lui faire changer d'avis maintenant qu'il avait une idée bien précise en tête.
-Et retourne te cacher, je sens que quelqu'un n'est pas loin, et je suis sûr que toi aussi.
-...Sois prudent.
A contre-cœur, Aspros retourna dans l'ombre qu'il commençait à sérieusement détester. Il eut une pensée tendre pour son frère, qui avait dû vivre des années ainsi. Bon sang, qu'il pouvait lui manquer…
Il ne fallut qu'une heure de plus avant que l'avant dernier pilier ne soit détruit à son tour, et une bataille semblait se dérouler au temple de Poséidon. Kanon serra les dents, tout ses plans étaient en train d'être ruiné, et il commençait à sérieusement avoir peur que ces idiots de bronzes ne réveillent le Dieu des Océans. Après toute ces années, tout ses efforts, il ne pouvait tout simplement pas accepter de perdre ! Qu'est-ce qu'il allait faire, partir les arrêter ? Mais ce serait abandonner son pilier, c'était trop risqué, il devait rester ici, protégé cet endroit.
"Si ça continu comme ça, Poséidon ne vas pas tarder à se réveiller."
Le marina grinça des dents en entendant la voix d'Aspros résonner dans sa tête.
-Oui, tu as raison. Je dois réagir, je ne peux pas les laisser réveiller le véritable Poséidon et détruire tout ce que j'ai mis tant de temps à construire !
Mais alors qu'il s'apprêta à quitter son poste, une voix familière l'arrêta en plein élan.
-Comme c'est intéressant... qu'entends-tu par "le véritable Poséidon", Dragons des mers ? Ou plutôt devrais-je dire, Kanon des Gémeaux.
Le cœur du général sembla s'arrêter de battre un instant en réalisant qu'il venait d'être entendu. Brusquement, il se tourna en direction de la voix, un endroit non loin où les coraux semblaient être en feu.
-Alors il y avait bel et bien quelqu'un, je ne m'étais pas trompé ! Qui es-tu ?! Montre-toi !
A la plus grande surprise des deux bleutés, Ikki fut celui qui sortit nonchalamment des flammes, comme il aimait tant le faire.
-Le chevalier phénix, tu aurais dû t'en douter.
-Comment...?
Le dragon serra les poings, grognant presque de colère. Comment pouvait-il être encore en vie, celui-là ?! Dans l'ombre du pilier, Aspros observait minutieusement la scène, maudissant secrètement le phénix qui n'apportait rien de bon.
-Je t'avais projeté dans une autre dimension ! Comment peux-tu être encore vivant ?
-Tu n'es pas le premier à avoir tenté cette technique sur moi, ton frère l'a fait avant toi. Et sans vouloir te vexer, comparé à ses pouvoirs, ton Golden Triangle n'est rien. Je n'ai aucun mal à m'en échapper !
Le corps entier de Kanon se crispa. Saga, encore Saga...
-Parce-que bien que vous soyez frère jumeaux, la puissance de Saga est de loin supérieur à la tienne.
Il commençait à en avoir marre d'être comparé à cette enflure !
-Ferme-là ! Saga n'a jamais été plus fort que moi !
-Pourquoi le nier ? Tu es pourtant bien placé pour le savoir, n'est-ce pas, Kanon ?
Le cosmos du Dragon bouillonnait, tout comme son sang, et même celui de son prédécesseur qui ne pouvait que s'insurger du traitement qu'il recevait. Ce gamin appuyait sur les points sensible, c'était absolument abjecte. Il ne pensait qu'à une chose: venir lui-même lui faire regretter ses paroles.
-Tu me nargues depuis trop longtemps, je vais en finir une bonne fois pour toute !
Décidé cette fois-ci à se débarrasser définitivement du Phénix, Kanon croisa ses bras devant lui avant de les lever au-dessus de sa tête, criant un "Galaxian Explosion !" alors que son cosmos explosif se projetait sur le corps du jeune chevalier. Mais à son grand désarroi, et la confusion la plus totale, il ne put qu'assister à sa résistance. Pas même une nouvelle égratignure n'était visible sur le corps de l'oiseau, comme si son attaque n'avait même pas eut lieu. Et comme si ça ne suffisait pas...
-Je te l'ai déjà dis, tu n'es pas aussi fort que ton frère Saga.
Ce petit effronté sentait le besoin de le provoquer encore plus. Cette fois-ci, c'était de trop pour Aspros. Malgré l'interdiction, il bondit hors de sa cachette en augmentant son cosmos, prenant de court le chevalier Phénix qui n'eût pas le temps de réagir avant de se prendre une nouvelle vague de cosmos en pleine tête. Cette fois-ci, la puissance était différente. L'attaque détruisant une partie de son armure alors que son corps alla s'écraser à quelques mètres de là.
-Je vais t'apprendre à mieux parler à tes aînés, jeune homme.
D'abord choqué par son intervention, la colère vint soudainement prendre le dessus sur le reste des sentiments de Kanon. Fou de rage, il s'approcha de son ami, qui eut à peine le temps de se tourner vers lui avant de se faire subitement attrapé le col.
-Je peux savoir ce que tu fous ?! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans "rester caché" ?! Je m'en sortais très bien tout seul, au cas où tu n'aurais pas remarqué !
Aspros soupira, ennuyé, mais peu impressionné. Il savait que les paroles de cet imbécile l'avait blessé, plus que lui-même ne voudra jamais l'admettre. Du coin de l'œil, il regarda Ikki qui tentait de se relever de cette attaque soudaine.
-C'est trop tard maintenant, le mal est fait. Et honnêtement, je suis quasi sûr que ce petit fourbe était sur le point de t'attaquer également.
Il avait vu son doigt se levé dans la direction du Général, un geste qui lui rappelait de sales souvenirs, et une technique interdite qu'il avait autrefois utilisé.
-À la bonne heure ! Tu crois que je n'aurais pas pu me débrouiller seul face à un gamin en armure de bronze ?!
Ikki ne comprenait rien à ce qui venait tout juste de se passer, mais lorsqu'il parvint enfin à se remettre sur ses pieds, son regard croisa celui des deux hommes quelque peu semblable, le sien se concentrant bien vite sur le nouveau venu qu'il n'avait même pas sentit jusqu'à son attaque surprise. Et maintenant, il pouvait parfaitement sentir son cosmos. Il n'avait plus de raison de le cacher, après tout.
-Qui... Qui êtes-vous ?
Aspros grimaça légèrement, comme si le simple fait de lui parler le dégoûtait.
-Tu n'as pas besoin de le savoir.
Le cosmos de l'ancien Gémeaux s'éleva de nouveau, signe qu'il allait bientôt attaquer, mais cette fois-ci, Kanon le stoppa net en se postant devant lui.
-Qu'est-ce que tu-
-C'est MON ennemi, pas le tiens.
-Tu es sérieux ?
-On ne peut plus sérieux ! J'ai commencé ce combat seul, je vais le terminer seul, c'est clair ?
Un long regard fut échangé, et à nouveau, Aspros sût que ce combat-ci était perdu d'avance. A contre-cœur, il diminua donc son cosmos dans un soupir. Mais alors qu'il allait abdiquer, par-dessus l'épaule du Général, il aperçu le Chevalier qui avait de nouveau lever son doigt. Dans un geste paniqué, il poussa Kanon sur le côté, se prenant en plein front l'attaque qui lui était destiné.
Prit de court, Kanon s'écroula sur le sol dans un bruit métalique. Il grogna en se redressant, prêt à gueuler sur Aspros, mais se ravisa aussitôt qu'il le vit crispé de douleur, sa tête entre les mains. Là, l'inquiétude prit le dessus sur tout le reste.
-Aspros !
Paniqué, il se releva rapidement et vint poser ses mains sur son épaule et son dos.
-Qu'est-ce qui t'arrive ?! Parle-moi !
La colère vint s'ajouter à ses autres émotions. D'un regard noir, il tourna la tête en direction du chevalier Phénix, qui observait la scène d'un air stoïque.
-Qu'est-ce que tu lui as fais ?!
-L'illusion du Phénix. Cette technique me permet de prendre le contrôle de son esprit, lui faire vivre ses plus terribles cauchemars, mais également pénétré au fond de son âme. Sa volonté va se plier à la mienne, il ne pourra plus rien me cacher à prés-
Un rire mauvais stoppa Ikki dans sa tirade, un rire qui lui arracha un terrible frisson, et qui provenait de son actuelle victime. À sa grande surprise, mais également celle du Dragon, l'ancien Gémeau se redressa, visiblement amusé de la situation.
-"L'illusion du Phénix", vraiment ? Quelle technique pathétique. Ce n'est pas avec ça que tu vas m'avoir, petit.
-Comment ?
-De la même manière que tu as déjà survécu à un voyage dans une autre dimension... j'ai déjà expérimenté moi-même ce genre de manipulation mentale.
A son tour, Aspros leva l'index vers son ennemi alarmé.
-Laisse-moi te donner un avant-goût de la vraie puissance.
Mais alors qu'il allait projeter le Genro Maoken sur l'adolescent, ce n'est pas Kanon, mais le cosmos bien trop puissant qui s'éleva soudainement qui le stoppa dans son élan. Un cosmos oppressant, qui venait du temple de Poséidon. Avec horreur, le Général passa son regard du dit lieu à Aspros, les deux comprenant parfaitement ce qui était en train de se produire. Ce qui n'était pas le cas du chevalier Phénix.
-Qu'est-ce que c'est...? Quel est ce cosmos d'une puissance monstrueuse qui semble jaillir du temple ?
-C'est le cosmos du véritable Poséidon, pauvre idiot ! cracha Kanon. J'étais parvenu à le garder sous contrôle pendant toute ces années, mais à force de l'attaquer, tes imbéciles d'amis ont finit par le tirer de son sommeil ! Personne ne pourra plus contrôler ses actes maintenant !
Kanon serra les poings, échangea encore un regard vers son compagnon d'arme, avant de se tourner vers l'horizon et le temple du Dieu.
-La Terre entière va être détruite par sa colère.
-Voilà qui va mettre un terme à tout tes rêves de gloire et de puissance, intervint Sorrento.
Le trio se tourna vers le Général de la Sirène qui venait tout juste d'arrivé, accompagné du disciple du bélier: Kiki.
-Je connais toute la vérité sur tes agissements, "Kanon des Gémeaux".
L'appellation crispa de nouveau le Dragon, si c'était même possible. Parce-qu'en ce moment-même, il ne pouvait pas être plus mal.
-Qu'est-ce que tu-
-Sors les armes du chevalier de la Balance, demanda-t-il à l'enfant.
Obéissant, Kiki hocha la tête et s'empressa de récupérer le bouclier dans le pandora box, avant de le jeter en direction du Phénix en s'exclamant "attrape !", ce qu'il fit avec succès.
-Qu'est-ce que tu fabrique, Sorento ?! s'écria Kanon, ne pouvant rester calme malgré la main apaisante qui se posa sur son épaule.
-C'est très simple, le chevalier Phénix va détruire le dernier pilier du temple.
-Es-tu devenu fou ? intervint cette fois-ci Aspros. Si il le détruit, le pilier central deviendra vulnérable ! Il soutiendra seul le temple de Poséidon ! Ton devoir en tant que Général n'est-il pas de protégé l'empire ?!
-Comment oses-tu nous trahir en aidant nos ennemis ?! finit le Dragon des Mers.
Les deux hommes furent gratifié d'un regard plus que froid de la part de la Sirène, qui semblait presque dégoûté. Et il l'était, mais était trop poli pour le montrer ouvertement.
-Tout à changé depuis que j'ai découvert la vérité sur Kanon. Puisque c'est lui l'instigateur de cette bataille, et non Poséidon lui-même, elle n'a plus de raison d'être. Nous devons réparé nos erreurs.
Avant que quiconque ne puisse réagir, Ikki profita de la confusion pour s'élancer vers le Pilier, y envoyant habilement le bouclier doré qui traversa la pierre, le détruisant avec facilité dans un jeu de lumière éblouissant. Par instinct, Aspros enlaça le Dragon et protégea sa tête, prêt à recevoir les débris potentiels à sa place, mais alors que tout s'effondra autour d'eux, il fut surpris de ne s'en sortir qu'avec quelques égratignures bénignes.
La panique et la colère ne faisaient pas du tout bon ménage. Plus brusquement qu'il ne l'avait voulu, Kanon repoussa son protecteur pour constater lui-même les dégâts. C'était une catastrophe. Le pilier était complètement détruit, il n'y avait plus rien, que des tas de pierres et des bouts de colonne géante. Il avait échoué. Son pilier n'était plus, et Poséidon était réveillé. Il n'avait plus rien.
-Non...
-Notre victoire est proche, annonça le Phénix. Il ne reste plus que le pilier central.
Kanon n'y tenait plus, tout en lui bouillonnait, brûlait sous la rage. Il poussa un cri presque bestial qui surprit toute les personnes présente, et effraya même le petit bélier qui s'empressa de prendre la fuite maintenant sa mission accomplie. Sans laisser une seconde à Ikki pour réagir, le Dragon se jeta sur lui, le rouant de coups chargés de cosmos jusqu'à ce qu'il ne tombe à terre. Maintenant qu'il était fou de rage, il semblait bien plus fort, sûrement au même niveau que Saga lui-même. Aspros comprenait sa colère, mais il sentait qu'il devait le stopper. Il avait perdu, il fallait qu'il l'admette.
-Kanon, calme-toi !
Ignorant complètement la voix de son ami, le Général se saisit du coup du bronze à terre, et le releva en le serrant fortement.
-Relève-toi, chien ! Te rends-tu compte de ce que vous avez fait ?!
-Kanon !
De nouveau, les coups volèrent, frappant le corps de l'adolescent sans que celui-ci n'ait une seconde de répit pour réagir.
-Poséidon va détruire la terre ! Seuls quelques élus vont survivre, tout le reste vont disparaître ! Par votre faute, je ne pourrais jamais accomplir mes ambitions ! Des années d'efforts réduit à néant !
Même lorsque le corps du Phénix se retrouva bloqué contre le sol, ça n'empêcha le Général de continuer ses frappes d'une violence rare. Jamais encore n'avait-il fait preuve d'une telle fureur, même Aspros en était intimidé.
-Puisque je ne pourrais pas vous tuer tous, tu vas payer pour les autres !
-KANON !
D'un instant à l'autre, la pluie de coups s'arrêta, à la surprise et au soulagement d'Ikki. À bout de force, il parvint tout de même à ouvrir les yeux, afin de voir ce qui avait bien pu l'arrêter si soudainement. Quel spectacle étrange et surprenant que de voir cet homme inconnu, enlaçant Kanon et le retenant contre lui, le sauvant d'une mort certaine. Le Dragon pourrait parfaitement se dégager de son emprise, son regard meurtrier indiquait qu'il était prêt à se lâcher à nouveau sur lui à tout instant, mais pour une raison ou un autre, le fait d'être stopper par cette personne en particulier fonctionnait.
-C'est finit... murmura l'ancien Gémeaux à l'oreille du Marina.
Si sa colère sembla remonter d'un cran pour un instant, elle redescendit subitement pour ne laisser place qu'au dégoût, aux remords et aux regrets. Le sentant apaiser, Aspros se permit donc de le lâcher, et fut soulagé de le voir s'éloigner du chevalier qui ne faisait que l'énervé chaque fois qu'il le regardait.
-Tu devrais partir, chevalier du Phénix. Tout de suite.
Avec tout les efforts du monde, Ikki se releva, une flamme de détermination dans le regard.
-Impossible. Pas tant que j'aurais réponse à mes questions.
-Quelles questions ?
-Je suis certain que Kanon sait comment enfermé l'esprit de Poséidon. C'est le seul moyen de le vaincre.
L'ancien Gémeaux se pinça l'arrête du nez en poussant un soupir exaspéré, avant de regarder en direction du Général qui broyait du noir non loin d'eux.
-Ka-
-Qu'il se démerde !
Aspros fronça les sourcils, ses bras se croisant sur sa poitrine en signe d'irritation.
-Kanon, c'est terminé. Tout ça... Tout est terminé. Agit en homme d'honneur, pour une fois.
Un rire amer, presque exagéré s'échappa de la gorge du traître.
-Le seul moyen de piéger l'âme de Poséidon, c'est de le foutre dans l'urne sacrée d'Athéna dans laquelle il se trouvait lorsque je l'ai trouvé ! Je suppose que vous voulez savoir où se trouve cette fameuse urne ?
Avec un air autant vicieux que victorieux, Kanon se tourna vers eux et fixa le chevalier Phénix.
-Elle se trouve elle aussi dans le pilier centrale du temple de Poséidon.
La nouvelle tomba telle une massue aux oreilles de Sorento et Ikki.
-C'est impossible !
-Et pourtant ! Je savais que cette urne était dangereuse et que je devais la mettre à l'abri. Vous ne pourrez jamais vous en emparé, elle sera elle aussi engloutie aux côtés d'Athéna !
À nouveau, ce même rire amer, qui faisait plus de peine à Aspros qu'autre chose. Mais ce n'était pas le cas pour Ikki. Avec une mine dégoûté, il se détourna de lui, reprenant son chemin comme si de rien n'était.
-Hey ! Où est-ce que tu vas comme ça ?
-Qu'importe. Tu n'es qu'un misérable de la pire espèce, tu n'es même pas digne de te battre contre nous.
-Comment oses-tu m'insulter !?
Alors qu'il allait le suivre dans le but de nettoyé cet affront, Sorrento lui bloqua la route à son tour, et ce, sans même lui accorder un regard. Un manque de respect qui l'irritait fortement.
-J'étais comme toi au début, je ne voulais pas croire en Athéna, je pensais qu'elle représentait tout ce que je haïssais. Je croyais que son règne était celui de la corruption et de la misère... Et tout ce que je souhaitais, c'était détruire son empire.
Finalement, il daigna le regarder, mais Kanon ne tenta pas de l'arrêter dans sa tirade.
-Et pourtant... J'ai été touché par la douceur de son cosmos. Bien qu'elle soit à l'article de la mort, il n'a pas diminué et continu de propager sa chaleur. Et je sais pourquoi, à présent. C'est parce-qu'elle est nourrit par l'amour et la compassion qu'elle ressent pour la race humaine. Et malgré tout le mal qu'on pourra lui faire, sa foi en l'Homme restera intacte. Si tu ne comprends pas le sens de ces paroles, je ne peux que partager l'opinion de Phénix. Tu es un misérable qui n'est pas digne de nous affronter.
Bouche-bée, le Dragon ne tenta rien pour stopper la Sirène qui commença à s'éloigner de lui. Le simple fait de lui tourner le dos de la sorte était comme une provocation... à laquelle il ne voulait pourtant pas réagir.
-Et c'est également le cas pour toi, Aspros. Au fond, tu n'es pas différent de lui.
Sans un mot, les deux hommes regardèrent le Marina s'en aller, ne laissant que le silence et la dure vérité derrière lui. Aspros n'était pas si affecté par ses paroles, il savait depuis le début ce qu'il était, et il assumait ce côté terrible de sa personnalité. Mais pour Kanon, en revanche... C'était une douche froide. Toute cette succession d'évènement, toute ces émotions, elles avaient raison de lui.
Ne voyant plus de but à rien, il s'assit sur les marches les plus proches afin d'assister de loin au combat qui se déroulait, bien vite rejoins par son cadet, qui n'était pas bien sûr de ce qu'il devait penser.
-Kanon, je...
-Je ne veux pas parler, Aspros.
Respectant sa décision, l'ancien Gémeaux ne prononça plus un mot. Il ne pouvait que se demander ce qui devait bien se passer dans sa tête, ce qu'il devait bien se dire alors que les éclats de cosmos se faisait sentir. Avait-il l'intention de mourir ici ? Après tout, s'ils n'avaient plus de raison de rester, ce serait du suicide de ne pas partir. Aspros n'était pas idiot. Qu'importe le gagnant, cet endroit allait finir sous les flots, et en sortir indemne allait être compliqué. Pourtant, il ne dit rien. Il avait juré à Kanon de rester avec lui, il resterait avec lui, même si il devait mourir ici. Il ignorait complètement la raison pour laquelle il était revenu à la vie, mais s'il devait la continuer sans lui, tout allait lui sembler bien trop fade...
Ce n'est que lorsque le cosmos d'Athéna se fit sentir plus intensément que Kanon sembla réagir de nouveau. Il se leva d'un coup, surprenant son homologue qui ne comprit pas bien sa réaction soudaine.
-Kanon ?
Le regard du marina était indescriptible. Était-ce... de l'espoir...? De l'incompréhension, peut-être ?
-Ce cosmos... mais bien sûr, comment ai-je pu ne pas le reconnaître avant ?
Doucement, l'ancien Gémeaux se leva à son tour, pas sûr de comprendre ce qu'il devait comprendre.
-Que veux-tu dire ?
-Le cosmos qui m'a sauvé tant de fois de la noyade lorsque j'étais au Cap Sounion, Aspros. C'est celui-ci. C'était elle, depuis le début...
-C'est impossible, d'après ce que tu m'as raconté, elle n'était encore qu'un bébé à cette époque.
-Et pourtant, il n'y a aucun doute.
Pour la première fois depuis le départ de Sorrento, Kanon le regarda enfin... Mais son expression à la fois heureuse et triste ne lui disait rien qui vaille. Il avait un très, très mauvais pressentiment.
-Par pure bonté d'âme, Athéna m'a sauvé la vie, à plusieurs reprises. Je serais déjà mort si elle n'avait pas été là... Tu sais ce que ça veut dire ?
Aspros serra inconsciemment les poings et les dents. Il comprenait.
-Ne fais pas ça, Kanon.
-J'ai une dette envers elle. Après tout les crimes que j'ai commis... Il est temps que je la paye enfin.
-Kanon, s'il te plaît...
Face à l'expression suppliante de son ami, le Général ne put s'empêcher de rire légèrement. Il vint poser sa main sur son épaule, visiblement déjà décidé.
-Je te remercie vraiment, cette année était de loin la meilleure que j'ai pu vivre jusqu'ici... Mais notre voyage se termine aujourd'hui.
Une boule se créa dans la gorge d'Aspros. Non, il ne voulait pas que ça se termine, pas maintenant, pas ainsi...
-On se reverra en Enfer, beau gosse.
Malgré son clin d'œil charmeur et son sourire au bord de l'innocence, Aspros ne parvenait pas à se sentir enjoué. Et alors qu'il pensait qu'il allait juste partir et le laisser ainsi, après un moment d'hésitation, le Dragon vint rapidement posé ses lèvres contre les siennes pour un baiser éphémère et bien trop court. Le temps que le cadet comprenne ce qui venait de se produire, son aîné était déjà loin, courant pour rejoindre celle qui aurait toujours dû être sa Déesse.
Non.
Non, c'était hors de question.
Il n'allait pas le laisser filer comme ça, pas après un baiser aussi doux et amer.
Pas après tout ce qu'il lui avait fait ressentir, il n'allait pas laisser ça arrivé.
Alors à son tour, il se mit à courir. Courir pour sa vie, pour celle de Kanon. Il devait le rattrapé, il devait le sauver, il voulait vivre avec lui. Il avait besoin de lui, il serait bien trop perdu sans sa présence, il ne connaissait rien à cette époque !
Mais lorsqu'il parvint enfin à atteindre l'endroit où les deux dieux et les bronzes se trouvaient, ce ne fut que pour découvrir le trident planté dans le torse de son amour, servant de bouclier humain à Athéna. Dire que tout le monde était choqué était un euphémisme.
Sa poitrine se compressa. Malgré la douleur que ressentait sans aucun doute Kanon, il souriait, visiblement fier de son coup.
-Déesse Athéna, je ne vous demande pas de me pardonner... Mais je veux que vous sachiez que je suis terriblement désolé. Ma vie... Je vous la donne...
Fut tout ce qu'il parvint à prononcer avant de s'écrouler sur le sol, à peine conscient, et mourant. Aspros ne parvint même pas à crier son nom, il avait l'impression de perdre une partie de lui... Exactement comme lorsqu'il avait perdu Deuteros. Sans réfléchir, il se précipita vers le champ de bataille pour s'agenouiller aux côtés de Kanon, ignorant les personnes surprises autour de lui qui n'avaient pas la moindre idée de qui il pouvait bien être.
-Tu es un idiot, Kanon.
Murmura-t-il, les larmes aux yeux. Le voir ainsi ne pouvait que faire sourire tendrement l'ancien Marina.
-Pardon...
Grâce à son sacrifice, Athéna parvint à vaincre Poséidon et l'enfermer dans l'urne. Comme il s'y attendait, tout le sanctuaire commençait déjà à se faire engloutir dans les flots, mais Aspros s'en fichait. Dans ses bras Kanon avait perdu connaissance, mais il en était sûr, il respirait encore.
L'eau s'abattit sur eux, et malgré sa violence, il ne le lâcha pas un instant, usant de son cosmos pour les protéger un maximum. Mais à peine quelques secondes, l'air commençait déjà à lui manquer. S'il devait mourir une troisième fois, au moins, ça ne serait pas seul.
Les vagues s'écrasaient doucement sur la plage, produisant un son doux et apaisant qui contrastait avec la violence de ce qui venait de se produire au sein même de la mer.
Le ciel bleu était dénué de nuages, comme si rien ne s'était passé. Comme si aucune catastrophe ne s'était produite. Tout était revenu à la normale, avec la victoire d'Athéna, et tout allait bien se passé.
Et c'est là, étendus sur le sable blanc, que se trouvaient deux corps aux longues chevelures bleutés. L'un enlaçant l'autre comme si sa propre vie en dépendait.
