Petit warning ! Ce chapitre contient du lemon ! Et merci à Wei pour avoir une nouvelle fois corrigé ce chapitre ;) Bonne lecture !


Le vent frais sur sa joue, les rayons brûlants du soleil sur son visage, les vagues qui balayait tantôt ses pieds, tantôt ses jambes... C'est tout ça qui finit par faire émerger Aspros de son sommeil inopiné. Alors que ses paupières se levaient, et qu'il grimaçait sous la lumière trop importante qui leur arrivait dessus, sa vision trouble devint de plus en plus net, de même que ses pensées. Il eût à peine le temps de se demander ce qui s'était passé que tout lui revenait en mémoire dans un flash. Mais c'est bien sûr... la défaite de Poséidon, l'engloutissement de son sanctuaire, la chute des ambitions de Kanon, et surtout... son sacrifice. La panique le gagnant de nouveau, il se redressa d'un coup en poussant le corps de son amour qui se trouvait contre lui, le mettant dos contre sable. Sans réfléchir, il lui déchira le t-shirt, ne faisant même pas attention au fait que l'écaille l'avait quitté alors qu'il la portait toujours lorsqu'il s'était évanoui. Son cosmos vint naturellement à la rencontre de celui de l'ex-Marina afin de s'assurer qu'il était toujours là, et toujours en vie. Et au vue de la poitrine qui se levait et s'abaissait à un rythme régulier et calme, et le faible cosmos qu'il ressentait émaner de lui, il n'y avait aucun doute possible... Il avait survécu. Il avait été transpercé par l'arme d'un Dieu, et il avait survécu, malgré la plaie, malgré le sang perdu, il avait survécu. Son corps avait même commencé à cicatriser, il était vraiment incroyable.

Tendrement, sa main vint caresser la joue du Dragon des Mers. Il se sentait... Apaisé, heureux, peut-être. Tout était terminé. Plus de plans machiavéliques, plus de combats, plus de guerre... Est-ce qu'il allait enfin pouvoir vivre calmement avec cet homme ? Au fond, il aurait bien voulu. Vivre des années loin de toutes ces histoires de Dieux et de contrôle du monde. Mais il connaissait Kanon trop bien pour s'accrocher à cette idée.

-Nnh...

Le visage de Kanon se crispa, signe d'un réveil imminent. Malgré ça, Aspros ne retira pas sa main, son sourire s'étirant légèrement lorsque enfin, les yeux de son aîné s'ouvrirent. Leurs regards ne tardèrent pas à se croiser, pour ne plus se lâcher. Avec toute cette lumière, et ses pensées encore dans le brouillard, Kanon avait l'impression d'être à Elysion. C'était ça, il était mort, emporté par les flots en compagnie de l'homme qu'il aimait, et maintenant il se trouvait dans un lieu paradisiaque qu'il ne méritait pas. Ou alors les dieux le punissaient en lui faisant vivre une délicieuse illusion, dans l'unique but de mieux le détruire à coups de cauchemars incessants par la suite. Si c'était ça, si il était voué à vivre une torture psychologique éternelles, alors tant pis. Il allait profité de ce moment de paix comme il l'entendait.

Doucement, il parvint à lever les mains afin de les poser à son tour sur les joues chaudes de on prédécesseur. Celui-ci ferma les yeux, profitant de ce contact au maximum, car après ce qu'ils venaient de vivre, la peur de le perdre soudainement ne le quittait plus.

-Salut, beau gosse... murmura le blessé.

-Salut, imbécile. répondit le cadet sur le même ton.

Kanon pouffa de rire, sa voix sonnait un peu fatigué, mais elle suffît à faire sourire Aspros.

-Oui, tu as raison... Je suis un imbécile... Le plus grand imbécile que la Terre ait jamais portée...

Doucement, il apporta le visage entre ses mains plus proches du siens, sans sentir la moindre résistance. Ce simple détail réchauffait son cœur.

-Et t'aimer est sûrement la seule chose intelligente que j'ai pu faire durant toute mon existence...

N'y tenant plus, l'ancien Gémeaux finit par écraser ses lèvres contre celles de son aîné pour enfin profiter de cette douce danse, du délicieux contact de la bouche de son idiot d'amour, et bientôt, de sa langue presque brûlante malgré la froideur de leur deux corps. Il le faisait fondre avec tant de facilité, comment ne pouvait-il pas craquer pour cet homme ? C'était impossible. Tout simplement impossible. Il aimait tout chez lui, jusqu'à ses imperfections. Il avait besoin de lui, toute son âme et même son corps le réclamaient, et il le faisait parfaitement sentir dans ce baiser qui se faisait de plus en plus sulfureux au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Leurs souffles commençaient à se faire court, et la douleur dans le torse de l'ancien Marina le dérangeait terriblement, mais aucun des deux ne voulaient s'arrêter, ils en étaient incapables.

Ce simple baiser semblait être devenu vital pour eux. Bien qu'affaiblit, leurs cosmos s'entremêlaient, fusionnaient, les transformant en un seul et même être l'espace de ces quelques instants. Cette fois-ci, Kanon en était sûr, il ne pouvait pas être mort. Ce qu'il ressentait, ce qu'il vivait ne pouvait être le fruit d'une illusion... Et quel moment incroyable il avait la chance de vivre. Un moment bien trop beau pour que l'un ou l'autre n'ait la volonté de se séparer et le briser. D'un un instant à l'autre, ils pourraient très bien être foudroyé par Zeus, ou être soudainement entraîné dans les entrailles des Enfers, ou bien être exécuté soudainement par un Marina vengeur, qu'est-ce qu'ils en savaient ? Rien, ils ne pouvaient rien prévoir. Et c'est pourquoi ils allaient profiter de l'autre aussi longtemps qu'ils en seront capables, quitte à ce qu'il s'agisse de la cause de leur mort, peu importait. Ils mourraient heureux.

Mais malheureusement, ces instants de pur bonheur ne pouvaient durer une éternité. Les deux hommes furent bien obligés de se séparer lorsqu'un cosmos familier, et plus qu'indésirable durant un tel moment, vint rudement les interrompre par sa simple présence. Avant même que l'homme n'ait eut le temps de prononcer le moindre mot, il se retrouvait déjà fusiller par deux regards noirs. Celui d'Aspros l'étant d'autant plus.

-Je constate que vous êtes tout les deux vivants...

-Déçu, Sorrento ? cracha l'ancien Gémeaux. Tu aurais préféré nous voir crever la bouche ouverte, n'est-ce pas ?

Le Marina resta silencieux, ce qui fut prit comme un "oui" par les deux traîtres. Bien sûr, le jeune homme était surpris. Après une telle catastrophe, et sans l'aide de divinités, c'était un véritable miracle que ces deux-là s'en soient sortit, surtout avec si peu de séquelles. Ça l'était encore plus pour Kanon, qui, bien qu'il était encore visiblement en souffrance, semblait déjà s'accommoder de la blessure provoquée par le Trident de Poséidon. Ça lui faisait mal de l'admettre, mais ces deux hommes étaient véritablement incroyables. Bien loin du commun des mortels.

-Après les actes odieux dont vous avez fait preuve, il n'aurait été que justice que vous périssiez tout deux dans le déluge. La volonté des Dieux est parfois bien étrange...

Alors que Sorrento parlait, Aspros en profita pour se lever et aider son nouvel amant à faire de même, gardant quand même un œil sur le Marina auquel il ne faisait absolument pas confiance. Kanon avait beau être fort, même en ce moment, il ne pouvait clairement pas tenir sur ses jambes tout seul, pas avec cette blessure qui semblait lui devenir un peu moins supportable de secondes en secondes. Mais heureusement pour lui, il n'était pas seul. Et son prédécesseur le tenait fermement contre lui, le gardant protégé, enveloppé dans son cosmos.

-Cesse de tourner autour du pot, Sirène. Qu'est-ce que tu nous veux ? As-tu l'intention de nous exécuter toi-même ?

L'adolescent ne portait pas son écaille, et quand bien même c'était le cas, il ne restait pas sûr de sa victoire. Après tout, Kanon avait beau être diminué, ça ne semble qu'être peu le cas en ce qui concernait l'autre. Alors, après un moment de réflexion, il finit par soupirer et tourner le dos à ses deux anciens alliés.

-Je vais être honnête, après de tels évènements, je m'attendais à vous voir, au mieux, à moitié morts. Dans ce cas, oui, peut-être aurais-je décidé de mettre fin à vos jours moi-même... Mais dans de tels circonstances, je ne me permettrais pas prétendre avoir le droit de vie ou de mort, sur aucun d'entre vous.

-Alors c'est tout... souffla douloureusement Kanon. Tu comptes partir, séparer nos chemins, et faire comme si rien de tout ça ne s'était jamais produit, sans tenter de me faire payer mes crimes...?

-Malheureusement, ce n'est pas à moi de vous juger pour vos actes. Les Dieux s'en chargeront eux-même. Ou, si vous avez de la chance... Les Juges des Enfers.

Et sans un mot de plus, sans que personne ne tente de le retenir, Sorrento s'éloigna des deux hommes. Pas une seule fois, il ne se retourna. Et c'était tant mieux, car si il y a bien une chose qu'il avait en commun avec le duo, c'était le manque d'envie de se voir.

Dans un soupir, Kanon vint se blottir contre le corps de son prédécesseur, venant déposer sa tête dans le creux de son cou. Un léger sourire étira ses lèvres en sentant le frisson qu'il lui provoqua par un acte aussi simple.

-Ce n'est pas un rêve... Ni une cruelle illusion... N'est-ce pas...?

D'abord prit de court, Aspros ne sut quoi répondre. Il était d'habitude doué avec les mots, mais là, ils lui manquaient terriblement. Il avait envie, besoin de lui dire tant de choses, de lui faire comprendre ses propres sentiments, ses propres pensées, mais rien ne lui venait à l'esprit. Il laissa donc son corps parler pour lui et passa ses bras autour de son successeur, afin de le serrer affectueusement contre lui, sa main plongeant dans la chevelure bleuté semblable à la sienne. Il fut satisfait de le sentir lui rendre son embrassade, bien que plus faiblarde, ce qui lui rappela l'état dans lequel Kanon se trouvait en ce moment. Avec tout ces mamours, il en avait oublié la blessure qu'il avait sur le torse.

-Kanon...

-Je t'aime, Aspros.

Sa déclaration s'était faite dans un murmure, mais elle n'en avait pas moins d'impact. Aspros resserra sa prise sur lui, provoquant un gloussement à l'ancien Général. Bon sang, qu'il l'aimait, son imbécile de successeur. La facilité avec laquelle il parvenait à l'émouvoir le surprenait lui-même.

-Dois-je en conclure que toi aussi...?

-J'ai une gueule à embrasser n'importe quel futur dictateur qui soit un tant soit peu sexy?

Un moment de silence, qui ne dit rien qui vaille à Aspros.

-Je serais tenté de dire oui, plaisanta Kanon.

-Imbécile.

Et sans laisser le temps à son aîné de répondre, ou même de rire à nouveau, il vint l'embrasser à nouveau, faisant preuve du plus d'amour qu'il était capable de démontrer, que ce soit dans ses gestes ou dans son cosmos. Quand il y repensait, ce n'était pas la première fois qu'il démontrait son affection envers lui. Mais ce n'est que maintenant que Kanon se permettait de croire qu'il s'agissait réellement d'amour.


Trois jours s'étaient écoulés depuis la chute du Sanctuaire Sous-marin. Par chance, le duo était parvenu à trouvé un abri, une maison modeste habitée par un couple de personnes âgées adorables, qui n'avaient même pas hésité à leur venir en aide en remarquant l'état dans lequel se trouvait Kanon. Aspros ne se sentait pas à l'aise à l'idée de rester ici à l'œil, alors il avait décidé d'aider dans les tâches ménagères, s'occuper du jardin, et même cuisiner malgré son manque d'expérience évident. Kanon ne voulait pas rester passif non plus, mais puisqu'il devait se reposer, les seules tâches qu'on voulait bien lui donner étaient très simple et ne demandaient aucun efforts... Ce qui avait quelque chose de frustrant. Il avait besoin de se dépenser, rester à ne presque rien faire l'insupportait, autant que d'être dépendant des autres.

Aspros avait bien remarqué qu'il avait la tête dans les nuages un peu trop souvent, comparé à d'habitude. Quelque chose n'allait pas, mais le faire parler n'était pas facile. "C'est rien d'important", qu'il disait. Mais il ne croyait pas un seul instant, ça devait forcément l'être pour que ça retienne ses pensées pendant autant de temps. Et le soir du deuxième jour, lorsqu'il rejoignit l'ancien Marina dans la chambre d'invité après une bonne douche, il était bien décidé à enfin le faire avouer ce qui n'allait pas.

-Vas-tu enfin m'avouer ce qui te tracasse ? Et n'essaye pas de me faire croire que ce n'est rien, nous savons tout les deux que je ne suis pas stupide à ce point.

Alors que son amant venait s'asseoir à ses côtés, Kanon poussa un soupir vaincu. Il ne pouvait pas se terrer dans le silence éternellement, il s'en voulait déjà de mentir à la personne la plus importante qu'il avait encore dans sa vie.

-Je suis désolé...

-Ne le sois pas, répondit Aspros en posant une main sur la sienne. Dis-moi juste ce qui ne vas pas.

Pendant quelques instants, leurs regards se croisèrent. L'un était sincèrement inquiet, tandis que l'autre était sincèrement désolé. Voir l'ancien Marina dans cet état lui compressait le cœur, mais le voir déposer sa tête sur son épaule le lui réchauffait étrangement. Il était devenu beaucoup trop adorable depuis qu'ils étaient ensemble... Ou peut-être qu'il se l'imaginait.

-Je pense que je devrais retourner au Sanctuaire...

L'ancien Gémeaux écarquilla les yeux, dire qu'il était surpris serait un euphémisme. Pourquoi voudrait-il retourner là-bas ? De tout ce qu'il lui avait raconté, ce n'était définitivement pas un endroit pour lui. Athéna était-elle devenue si importante que ça à ses yeux ?

-Pourquoi ?

-Aspros, ne me dis pas que tu n'as pas remarqué...

Le silence prit place. Une mine grave avait prit place sur le visage d'Aspros, comprenant parfaitement à quoi il faisait allusion.

-Tu parles des étoiles maléfiques.

-Exactement... Athéna vient tout juste de sortir d'une guerre que j'ai moi-même provoqué, et les spectres commencent déjà à s'éveiller, ce n'est qu'une question de temps avant qu'Hadès...

-En quoi cela te concerne-t-il ? coupa le cadet.

Kanon fronça les sourcils et se redressa, regardant son amant avec autant d'incompréhension que de contrariété.

-Tu plaisantes ?

-Non, je suis sérieux. Tu as failli mourir pour cette Déesse, tu as payé ta dette envers elle, et tu n'es pas un Chevalier. Tu n'as aucune raison de te joindre à cette Guerre à laquelle tu as très peu de chance de survivre.

L'ancien Dragon ne répondit rien, il scrutait les yeux de son prédécesseur qui se trouvaient être bien plus expressifs qu'il ne l'aurait voulu. Aspros était inquiet, peut-être même effrayé, il pouvait autant le voir que le sentir, il ne voulait pas le perdre. Malheureusement, s'il pouvait comprendre ses sentiments, le plus jeune pouvait tout aussi bien comprendre que ça ne le fera pas changer d'avis. À nouveau, il soupira, et alors que sa main libre vint prendre place sur la nuque d'Aspros, son front vint se poser contre le sien sans qu'il ne brise le contact visuel.

-Là-bas, lorsque je l'ai protégée du Trident, je lui ai vouée ma vie. Je pensais mourir à ce moment-là... mais j'ai survécu. Par conséquent, ma vie est toujours sienne, et je l'utiliserais pour la servir et racheter mes fautes.

-Alors tu vas encore risquer ta vie pour elle. Et m'abandonner.

-Je ne pourrais jamais vivre librement avec tous les remords et les regrets qui me rongent, même si tu te trouves à mes côtés. Je suis désolé.

Les mots manquaient au cadet. Sa partie égoïste voulait le supplier de rester, de ne pas repartir sur le champ de bataille, de rester avec lui, mais l'autre partie, plus raisonnable, comprenait parfaitement ce qu'il devait ressentir. Il comprenait que ce combat était perdu d'avance. Il comprenait que l'égo de Kanon était trop grand pour qu'il ne tente pas de récupérer son honneur, par tous les moyens. Il changeait... Probablement en bien.
Ce fut à son tour de soupirer, défait, avant de poser ses lèvres sur celles diablement tentatrices de son amant. Un doux baiser, presque amère, duquel il profita pour venir doucement basculer le corps de son aîné sur le matelas. Leurs lèvres se mouvaient sensuellement alors qu'il se plaçait au-dessus de lui, mais bien trop vite au goût de Kanon, il mit fin à ce délicieux échange, le poussant à rouvrir les yeux pour comprendre ce qui lui arrivait. Il eut à peine lever les paupières qu'une main chaude vint prendre place sur sa joue, lui offrant une nouvelle fois la tendresse dont il avait tant besoin.

-Où que tu ailles, je te suivrais. Si tu dois mourir dans cette Guerre, je mourrais à tes côtés.

Déclara Aspros, son regard emplie d'une détermination sans faille plongeant dans celui moins sûr de Kanon. Ce dernier, bien qu'attristé, ne put s'empêcher de sourire. Cet homme était prêt à tout pour lui, qu'il le veuille ou non. Aucun de ses mots ne pourraient le convaincre de rester en arrière, loin du danger, de vivre une vie paisible... Et le lui demander serait bien trop cruel. Il n'avait personne, à cette époque, il commençait à peine à apprendre comment vivaient réellement les gens au XXe siècle. Il n'avait pas le droit de le laisser en retrait, car après tout, lui aussi, était un Chevalier... Qu'il le veuille ou non.

-Je ne mérite pas tant de dévotion.

-Non, c'est vrai... Tu mérite bien plus.

Et sans lui laisser le temps de répondre, Aspros scella de nouveau leurs lèvres, lui offrant un baiser bien plus aimant, mais également sauvage que le précédent. Kanon passa ses bras autour de son cou, s'accrochant à lui plus que nécessaire alors que leurs langues venaient se joindre à la danse. Leurs cosmos s'élevèrent, vinrent à la rencontre de l'autre en même temps que les mains du cadet se mirent à explorer le corps de son aîné, lui arrachant des frissons. Aspros ne voulait plus le laisser partir, il ne voulait plus laisser la moindre seconde lui échapper, il profitait de chacune d'entre elles et encore plus de son amant, qui gémît sous le traitement que recevaient maintenant ses tétons. Mais il ne voulait pas encore libérer sa bouche, il voulait garder ses lèvres pour lui encore un moment, son sentiment de possessivité se faisant même ressentir dans son cosmos qui embrassait celui de l'ancien Dragon.

La fusion de leurs deux cosmos était bien différente de la première, bien plus sauvage, et bien plus brûlante de passion et d'amour. Kanon s'y sentait bien, il n'avait jamais eut l'impression d'être autant à sa place que dans les bras de cet homme. Maintenant plus que jamais. Il se donnait volontiers à lui, le laissant jouer avec ses perles de chair qu'il découvrait sensible sous ses doigts. Lorsqu'il daigna enfin libérer sa bouche, Aspros ne laissa pas son amant le temps de reprendre son souffle et vint déposer une multitude de baisers dans son cou, descendant jusqu'à sa clavicule. Il ne résista pas à l'envie d'y faire quelques légers suçons, se régalant du moindre son, des moindres frissons qu'il provoquait chez son dragon des mers. La chaleur grimpait, leurs cosmos s'affolaient, et la voix de Kanon l'encourageait à aller toujours plus loin. Lorsqu'il s'éloigna de lui, ce ne fut que pour déboutonner sa chemise sous le regard désireux de son aîné. Ne voulant pas rester complètement passif, celui-ci s'empressa de se débarrasser de son haut, ne laissant pas à Aspros le temps de retirer sa chemise avant de lui attraper le visage et le ramener à lui pour un nouveau baiser sulfureux qui accrut leur désir pour l'autre.

Malgré ses quelques efforts pour prendre le dessus, Kanon ne put résister lorsqu'il se fit rallonger par son amant. Et au final, il s'en satisfaisait très bien. Si il y a bien une personne à qui il permettait de le dominer, c'était lui, lui et personne d'autre, encore plus lorsqu'il le faisait avec autant d'amour. Athéna possédait peut-être sa vie, mais son cœur, son corps et son âme éternelle, c'était à Aspros et Aspros seul qu'il les donnait.

Un violent frisson le parcouru lorsqu'une main se posa sur son entre-jambe excité, provoquant un sourire au puîné lorsqu'il se rendit compte de son état. Sans se départir du baiser, il détacha donc son pantalon avec une lenteur calculé, arrachant un grognement frustré à l'ancien Général qui ne désirait que d'être enfin libérer. Il tenta bien de le faire lui-même, mais ses mains furent aussitôt stoppés et piégés au-dessus de sa tête comme représailles, le prenant par surprise. Aspros se sépara de lui afin de lui donner un claquement de langue désapprobatrice, accompagné d'une mine incroyablement sexy, de son point de vue du moins. L'idée d'être coincé de la sorte l'excitait quelque peu, ainsi, même s'il pouvait aisément s'en défaire car une seule main le retenait, il s'abandonna complètement à son prédécesseur, le laissant le torturer encore un peu en n'allant pas aussi vite qu'il l'aurait voulu.
Heureusement, bientôt, son caleçon fut enfin baissé et laissa libre cours à son érection, qui ne resta pas seule très longtemps. Lorsque la main de l'ancien Gémeaux se referma sur sa virilité pour y commencer de délicieux mouvements, un gémissement rauque lui échappa. Son visage tordu par le plaisir était un spectacle magnifique, dont Aspros ne pourra jamais se lasser. Il avait envie, besoin de lui donner toujours plus. Alors, laissant parler son côté gourmand, il revint dévorer affectueusement la peau sensible de son amant, n'hésitant pas un instant avant de refermer ses dents sur un des tétons qui lui étaient offerts. Chaque petit éclat de voix de son dragon, chaque léger spasmes provoqués par le plaisir dont il était le responsable, et son cosmos qui semblait s'accrocher un peu plus à lui à chaque instant... Tout semblait le rendre fou.

-Aspros...!

Ce fut à son tour de frissonner à l'entente de son nom, prononcer de façon suppliante, et bien trop séduisante pour sa propre contenance. Leurs regards se croisèrent et s'accrochèrent, emplies de sous-entendus et de demandes silencieuses qui n'avaient nul besoin d'être prononcer de vive voix. Alors, Aspros se sépara à contre cœur de son corps afin de finir de déshabiller son amant, puis lui-même, gardant uniquement sa chemise sur lui, au plus grand plaisir de Kanon qui devait avouer le trouver d'autant plus sexy dans cette tenue simple.

Tout deux savaient ce qui allait arrivé maintenant, et pourtant, l'ancien Gémeaux semblait hésité. Il pouvait le voir, tout chez Kanon le réclamait, il avait besoin de le sentir d'une façon plus intime, mais malgré lui, il ne put s'empêcher d'être nerveux, et ça se ressentait dans son cosmos. Ce fut donc un détail qui n'échappa pas au puîné. Et il trouvait ça absolument adorable.

-Ça va aller...

Murmura-t-il en tendant les bras vers lui. Doucement, Aspros vint s'y loger, le laissant croiser ses bras autour de son cou alors qu'ils échangeaient un baiser bien plus doux que les précédents.

"Je ne veux pas te blesser."

Kanon frissonna en entendant la voix résonner dans sa tête. Il pouffa légèrement et posa ses mains sur ses épaules afin de le repousser, ancrant son regard dans le siens aussitôt qu'il daigna lever ses paupières. Le mélange d'impatience et d'inquiétude dans son regard amusait l'ancien Marina, qui vint encadrer son visage dans ses mains avec toute la tendresse dont il pouvait faire preuve.

"J'ai confiance en toi, Aspros. Je sais que tu t'arrêterais si je te le disais..."

Aspros sentit ses yeux s'humidifier, entendre sa voix directement dans son esprit, plus sincère et aimante que jamais, ça l'émouvait avec une telle facilité qu'il s'en surprenait lui-même. Lui qui n'était généralement pas fleur bleu... Il se redécouvrait, à ses côtés.

-Mais maintenant, j'ai vraiment, vraiment envie de toi... continua Kanon dans un murmure que seul eux pouvaient entendre. Alors ne me fais pas attendre plus longtemps.

Il termina sa phrase par un clin d'œil d'autant plus charmeur dans cette position, qui eut raison des barrières que l'ancien Gémeaux s'était lui-même fixé. Alors qu'un nouveau baiser vint prendre possession des lèvres de l'ex-Marina, un doigt ne tarda pas à pénétrer son intimité, lui arrachant un gémissement qui eut pour effet de stopper immédiatement tout mouvement de la part du dominant.
Sentant qu'il allait s'éloigner de lui, Kanon s'accrocha à son cou et l'empêcher de même rompre leur délicieux échange.

"Non, continu."

Bien qu'un peu hésitant, Aspros obéit et commença à mouvoir son doigt lentement, récoltant quelques plaintes de son dragon qui ne parvenait pas à les retenir. Mais malgré tout, il voulait continuer, il voulait aller jusqu'au bout, il en avait besoin. C'était peut-être leur seule occasion, et cette pensée les avait traversés tous les deux, rendant le moment plus amer, mais non moins intense.

Lorsqu'il se sentit prêt à plus, Kanon n'hésita pas à mentalement encourager son amant à rajouter un doigt. Et il obéit, soumis à ses désirs plus qu'aux siens. Encore une fois, il put récolter des plaintes, et sentit son corps se crisper autour de lui, mais lorsqu'il toucha une partie sensible à l'intérieur de son Dragon, celui-ci brisa le contact de leur lèvre afin de laisser s'échapper un gémissement de plaisir. Alors qu'il rougissait sous la gêne, Aspros, lui, le regardait en souriant. Et de là, il n'hésita plus, bougeant ses doigts de sorte à encore et toujours toucher cet endroit précis. Il ne pouvait qu'être satisfait de voir son amant se tordre de plaisir, comme avant, réclamant toujours plus de la part de l'ancien Gémeaux. Son corps, sa voix et même son cosmos l'appelaient, tant qu'il ne put résister plus longtemps. Il retira ses doigts, et se saisit d'une des jambes de Kanon tandis qu'il dirigeait lentement mais sûrement son membre jusqu'à l'antre si tentant de son soumis. Ils étaient tout deux nerveux, mais cette nervosité était largement recouverte par leur désir, leur excitation et surtout, leur amour pour l'autre.

Lentement, il le pénétra, n'entrant que le bout avant de s'emparer de son autre jambe. Kanon serrait les dents, son regard plongé dans celui absolument magnifique de son amant. Lorsqu'il eut son accord silencieux, Aspros continua sa route, s'enfonçant toujours plus dans la chair qui se compressait autour de lui, provoquant une vague de plaisir dans tout son être, et se répercutait dans celui de son aîné. S'il n'avait pas plaqué ses mains contre sa bouche, même avec la surdité de leurs hôtes, il ne faisait aucun doute qu'ils l'auraient entendu crier.

Lorsqu'il se trouva complètement en lui, le cadet s'arrêta afin de le laisser reprendre son souffle. Tout comme leur corps, leur cosmos ne faisaient plus qu'un, vivant dans une harmonie quasi parfaite qui leur faisait tourner la tête. Dans le but de le détendre encore plus, Aspros se pencha vers son dragon et parcouru ses épaules, sa clavicule et son cou de baisers et suçons. Malgré tout, l'impatience de Kanon était tel qu'il lui demandait déjà de bouger. Mais cette fois-ci, il refusait de lui obéir. Il voulait faire durer le moment, en profiter un maximum, les sensations étaient bien trop plaisantes pour qu'il ne les laisse disparaître trop vite. Il voulait qu'il se sente important, qu'il ressente à quel point il l'aimait, et pour ça, il allait prendre tout son temps.

Le plus vieux s'accrochait à lui, le suppliant avec une voix susurrée à son oreille, le poussant toujours plus au vice. Ses paroles n'étaient interrompus que par les gémissements qu'il lui provoquait avec ses caresses et ses taquineries. Malgré la frustration, Kanon ne pouvait nier qu'il était incroyablement bien traité, et qu'il adorait recevoir autant d'attention. Aspros était à lui, et seulement à lui, pour toujours.
Ce n'est qu'après plusieurs minutes que le puîné se permit de craquer, donnant un coup de bassin soudain juste pour le plaisir de l'entendre crier sans avoir le temps de couvrir sa bouche, ce qui fût un franc succès. Kanon marmonna quelque chose dans un grognement, probablement une insulte, qui fit sourire Aspros. Sans le torturer plus longtemps, il commença à bouger langoureusement d'avant en arrière, ses yeux rivés sur le visage emprunt de plaisir de son amour. Il ne parvenait pas à se détacher de ce délicieux spectacle. Cet homme était à lui, et à lui seul, corps et âme. Jamais il ne s'était sentit aussi chanceux de toute sa misérable existence, il l'aimait tant, son imbécile de Dragon.

De sa bouche également, des soupirs s'échappaient parfois. Le plaisir qu'il ressentait était accentué par les gémissements de l'autre, par sa voix qui l'appelait, et par leurs cosmos qui s'unissaient en même temps qu'eux, s'harmonisant, les propulsant à un endroit semblable à Elysion. Bien vite, le monde autour d'eux n'avaient plus aucune importance, ils étaient dans leur propre bulle. Leurs voix faisaient écho, celle du dominé surplombant celle du dominant, d'autant plus lorsque celui-ci accéléra ses mouvements. Kanon perdait la tête, et il adorait ça. Des larmes de pur bonheur autant que de plaisir se mirent à perler aux coins de ses yeux, qu'il était incapable de garder ouvert, au contraire d'Aspros. De sa bouche, il vint recueillir ces gouttes salés, et l'ex Marina en profita pour plonger ses mains dans la chevelure bleuté de son amant. Il l'aimait, il l'aimait tellement, il n'arrêtait pas de se le répéter mentalement, sans avoir conscience que ses pensées raisonnaient également dans l'esprit d'Aspros qui ne pouvait pas se sentir plus émue et excité à la fois.

Leur danse ne tarda pas à devenir plus sauvage lorsqu'Aspros se saisit de ses hanches afin de laisser parler sa part de bestialité. Part que Kanon ne pouvait qu'aimer également, pour lui-même n'être qu'une bête, au fond. Un Dragon des mers, depuis bien avant son arrivée au sanctuaire sous-marin. Chaque fois que l'un gémissait le nom de l'autre, il pouvait entendre son propre nom en réponse. Leur corps étaient si brûlants qu'ils avaient l'impression d'être au beau milieu d'un incendie, leur cosmos devenu sauvages ne s'aimaient pas moins. Un baiser brutal fut échangé, et sans plus tenir, les deux hommes craquèrent face au plaisir intense qui avait complètement raison de leurs corps et esprits. Il leur fallut plusieurs minutes, durant lesquels ils ne se séparèrent que très peu des lèvres de l'autre, avant qu'il ne puisse dire avoir complètement recouvert leurs esprits. Et c'est aussi à ce moment-là qu'ils purent se rendre compte de la galaxie qui se trouvait autour d'eux. Avec surprise, ils regardèrent les environs, puis de nouveau leur amant. Un même sourire, à la fois amusé et satisfait, orna leurs deux visages. Ils n'avaient aucune idée de qui avait ouvert une autre dimension, mais ils s'en fichaient bien. Leur cosmos étaient tellement emmêler que ça ne les étonnerait pas s'ils l'avaient fait en même temps.

Doucement, Aspros se retira du corps tant aimé, et partagea un dernier baiser avec lui, bien plus doux, bien plus tendre que les précédents, laissant la galaxie autour d'eux s'effacer lentement mais sûrement. Ce fut le cœur léger qu'il s'allongea aux côtés de son Dragon, le serrant faiblement contre lui. Et sous les doux rayons de la lune, tout deux s'endormirent, bercés leurs cosmos, dont le ballet n'avait toujours pas cessé.


Le Sanctuaire se tenait fièrement devant eux, provoquant un sentiment de nostalgie à Aspros. À ses yeux, bien que deux siècles soient passés, ça faisait trois ans qu'il n'était pas revenu à cet endroit, qu'il était surpris d'aussi bien reconnaître. Il n'avait pas changé tant que ça, au fond... Peut-être qu'il était un peu plus en ruine, mais ce n'était pas un grand changement. Le ciel commençait déjà à revêtir sa parure de nuit, signifiant aux deux hommes qu'ils avaient bien marché toute la journée. Et maintenant, plus que jamais, ils pouvaient ressentir une énergie sombre et malfaisante dans les environs, qui semblait prête à attaquer d'un moment à l'autre.
Aspros regarda son amant à ses côtés. Il fixait le treizième temple, l'endroit le plus haut de cet endroit sacré, où se trouvait la statue d'Athéna. Le plus jeune ne saurait dire ce qui lui passait par la tête. Il avait l'air déterminé et sûr de lui, motivé à renverser sa vie et tout arranger. Il était prêt à aider avec sa vie, il n'y avait aucun doute. Après avoir prit une profonde inspiration, il s'avança, vite suivit par Aspros, et ensemble, ils commencèrent leur ascension.

Sans surprise, ils furent tout deux stoppé dès le premier temple, par Mû du bélier, qui ne put cacher sa surprise en reconnaissant le visage de l'ancien Marina. Avant que quiconque ne puisse prononcer le moindre mot, Kanon mit un genou à terre et baissa la tête, prenant de court le chevalier d'Or qui se tenait devant lui.

-Mû du bélier, je me présente, je suis Kanon, le frère jumeau de Saga et celui qui a provoqué la Guerre Sainte entre Poséidon et Athéna. Je suis venu ici dans le seul et unique but de me racheté et me battre aux côtés de notre Déesse. Je lui dois la vie, et je compte bien payer ma dette envers elle. S'il vous plaît, laissez-nous passer.

Le bélier resta silencieux. Kanon ne camouflait pas son cosmos, et il pouvait parfaitement y sentir toute sa détermination et sa sincérité, mais un doute subsistait. Un doute également dû au fait qu'il n'avait jamais su, jusque-là, que Saga possédait un frère jumeau. Son regard passa de l'homme à genoux, à l'homme encore debout qui lui ressemblait quelque peu, et qui semblait le scruter. Il lui disait quelque chose...

-Et vous, qui êtes-vous ?

-Aspros, Chevalier des Gémeaux du XVIIIe siècle.

L'annonce était très improbable, mais l'homme l'avait dit avec une telle assurance qu'il était difficile de ne pas y croire un tant soit peu. Et s'il voulait mentir de toute façon... ça aurait été un mensonge un peu trop gros à inventer.

"Tu peux les laisser passer, Mû du Bélier."

C'était la voix de la Déesse qui venait tout juste de parler dans son esprit. Il ferma les yeux, sentant sans voir que Kanon se relevait, sans doute avec l'aide de cet "Aspros".

"Êtes-vous sûre de vous, Déesse ?"

"Absolument. Ces hommes ne sont pas nos ennemis, au contraire, ils sont de précieux alliés et doivent être traités comme tel."

"À vos ordres."

Le jeune homme rouvrit les yeux, avant de se mettre sur le côté, ouvrant le passage aux deux Gémeaux étranges.

-Vous pouvez passez.

Bien qu'un peu surpris qu'il ait accepté si vite de franchir sa maison, ni Aspros ni Kanon ne posèrent de question. Ce dernier se contenta de le remercier en reprenant la route avec son compagnon. Ils ne rencontrèrent aucun obstacle durant leur montée, car chaque gardien encore présent et vivant les laissait passer sans qu'ils aient à demander. Ils ne mirent pas longtemps à comprendre qu'Athéna avait dû intervenir, et au fond, c'était mieux ainsi. Personne ici n'avait le temps de combattre des alliés. La seule maison qui les avait retardé était la troisième, où seul reposait l'armure des Gémeaux, au beau milieu du passage. Kanon avait été envahi par la tristesse, les regrets et la nostalgie dès qu'il avait fait un peu à l'intérieur de ce temple, mais voir cette armure, ça remontait tant de souvenirs... Si Aspros n'avait pas été là pour l'empêcher de trop s'enfoncer dans ses pensées, il ignore combien de temps il serait rester ici. Alors, après avoir fait une mini-prière que lui-même trouvait inutile et ridicule, mais qui lui faisait pourtant un peu de bien, ils reprirent leur route.

Avant même qu'ils n'atteignent la douzième maison, des cosmos malfaisants s'étaient réveillés dans l'enceinte même du Sanctuaire. Kanon et Aspros n'eurent qu'à échanger un regard pour savoir que la même pensée les avait traversé au même moment: la Guerre Sainte avait commencée. Ça y est. On pouvait déjà sentir les combats se produisant en bas, près de la maison du Bélier. Anxieux, ils reprirent cependant leur route jusqu'au treizième temple, et ne s'arrêtèrent qu'une fois la salle du Grand Pope atteint. Pas un mot n'avait été prononcé durant leur chemin, et l'aîné sentait qu'il avait besoin d'y remédier. Alors, pendant qu'Aspros regardait en direction des rideaux qui les séparaient de la chambre de la Déesse, Kanon vint se placé devant lui, attirant immédiatement son attention.

-Est-ce que ça va aller ?

Le puîné fronça les sourcils, puis poussa un soupir.

-Bien sûr que non. Comment ça pourrait aller ?

L'ancien Dragon des mers grimaça. La franchise d'Aspros n'avait vraiment aucune limite, il ignorait si c'était une bonne ou une mauvaise chose.

-Désolé, c'était une question stupide.

-Oh, avec toi, je suis habitué.

Malgré la situation, le fait que l'ancien Gémeaux parvenait toujours à lui sourire de cette manière si singulière et particulièrement moqueuse avait au moins l'avantage de réchauffer un peu le cœur de l'ex-marina. Il pouffa légèrement de rire et lui donner un gentil coup de poing à l'épaule.

-C'est ça, fous-toi de moi tant que tu le peux !

Mais alors que l'atmosphère commençait à peine à se détendre, trois cosmos malfaisants s'approchant dangereusement de la troisième maison les ramenèrent sur Terre. Kanon regarda en direction de la sortie. Il n'avait pas encore parlé à Athéna, il ne lui avait pas encore demandé de le laisser combattre à ses côtés, mais il n'avait pas le choix. Il devait agir. Il ferma les yeux, et se concentra sur l'armure des Gémeaux qui se trouvait actuellement dans le temple.

-Je vais te demander de ne surtout pas me déranger, j'ai besoin de rester concentré pour parvenir à contrôler l'armure à une telle distance.

-Ne t'inquiète pas, je veille sur toi.

Kanon ne put s'empêcher de sourire, touché par l'affection et l'aura protecteur de son amant. D'un instant à l'autre, son esprit se transporta de son corps à l'armure, passant celle-ci de sa forme totem à sa forme humaine. Tout comme Saga l'avait déjà fait. N'importe qui aurait pu croire qu'il était réellement dans son armure.
Avant que les trois spectres ne parviennent au temple, il activa le labyrinthe, comme il avait appris à le faire grâce à son frère qui n'hésitait pas à lui faire rattraper les entraînements auxquels il n'avait pas pu assisté à sa place. Un sourire triste prit un instant place sur ses lèvres, avant qu'il ne reprenne une mine sérieuse. Ce n'était pas le moment pour ressasser le passé.

Du moins, c'est ce qu'il se disait. Mais comment ne pas repenser à son enfance quand son propre jumeau se tenait juste devant lui ?


-Kanon, devina facilement le traître.

Le cadet serra les poings, cette scène lui était désagréablement familière. Plusieurs émotions contradictoires se bousculaient dans sa poitrine. De la joie, du soulagement, de la déception, de la peur... de l'incompréhension.

-Pour quelqu'un qui prônait servir Athéna, te voilà descendu au rang de renégat. N'as-tu donc aucune honte, cher frère ?

-Je n'ai aucune leçon à recevoir d'un homme aussi odieux que toi, qui ose usurpé ma place après tout les crimes qu'il a put commettre.

Au contraire de ce qu'il voulait bien affiché, les paroles de son aîné le blessait. Il avait conscience du monstre qu'il avait put être pendant toute ces années... Mais aujourd'hui, il était différent, et il était là pour le prouver.

-Camus, Shura, avancez, je vous rejoindrais après.

-Compris ! s'écrièrent les deux hommes à l'unisson.

Un léger sourire étira un instant les lèvres de Kanon, qui laissa passer les deux traîtres sans la moindre résistance.

-Me penses-tu si stupide, Saga ?

-Pardon ?

-Nous avons suivit les mêmes entraînements, je suis aussi puissant et je connais autant de techniques que toi. Tu viens d'envoyer tes deux très chers compagnons se perdre dans le labyrinthe du temple des Gémeaux.

-Comment ?!

Saga se mit en position d'attaque, augmentant son cosmos, mais Kanon resta statique, une partie de lui était ravi de le voir s'emporter aussi facilement.

-Maudis sois-tu, Kanon !

-Merci bien.

-Je ne sais pas ce que tu as en tête, mais après toute ces années à suivre la voie du mal, tu ne me feras jamais croire que tu as tout à coup changé de camp !

-Et pourtant, c'est bel et bien le cas, cher frère.

Il poussa un discret soupir, sentant tout son corps se crispé rien qu'en repensant à ces sombres années. Mais la sensation d'une main se posant sur son épaule suffit à lui donner un peu de courage.

-J'ai reconnu l'immense amour d'Athéna, son cosmos bienveillant est celui qui m'a sauvé à maintes reprises chaque fois que je frôlais la mort au Cap Sounion. Je ne me suis rendu compte que trop tard de mes tords, et aujourd'hui, je suis là pour me racheter.

-Mensonges !

Le traître propulsa une vague de cosmos en sa direction, et s'il fût surpris un instant de ne pas le voir tenter d'esquiver, il le fut d'autant plus lorsque son casque sauta pour rêver un manque évident de tête.

-Impossible, tu...!

Il serra les dents, prépara une nouvelle attaque, et cette fois-ci visage toute l'armure. Et avec stupeur, il l'observa se séparer en plusieurs morceaux qui s'écrasèrent sur le sol un à un. Une illusion. Saga se sentait si stupide pour être tombé dans un piège pourtant si similaire à celui qu'il avait lui-même tendu aux bronzes.

-Une illusion... Comment oses-tu me manipuler de la sorte ?!

Prit de colère, mais étrangement, d'une certaine fierté également, le spectre leva son doigt vers le toit, concentra son cosmos, puis le lança à nouveau. Ce fut comme une étoile filante qui traversa le toit de la maison, et si Kanon était encore en train de reprendre ses esprits, encore trop engourdi pour voir ou sentir l'attaque venir, ce n'était pas le cas d'Aspros. Et dès le moment qu'il sentit ce puissant cosmos se rapprocher beaucoup trop d'eux et beaucoup trop vite, son premier réflexe fut de pousser son amant aussi fort qu'il en était capable avant que la fausse étoile ne traverse le toit du treizième temple et ne s'abatte sur lui.

À terre, Kanon grimaça et se redressa en regardant en direction de l'explosion qui venait tout juste d'avoir lieu. Son cœur s'arrêta de battre et son souffle se coupa pendant un instant qui sembla durer une éternité alors qu'il réalisait ce qui venait de se passer. Alors que le nuage de poussière commençait à se dissiper, il s'empressa de se lever et courut en direction du corps de l'ancien Gémeaux, venant s'agenouiller à ses côtés.

-Qu'est-ce que t'as foutu, abruti !

Aspros gémît de douleur, tout son corps était parcouru de brûlures, et il n'était clairement pas en bon état. Ce qui ne l'empêcha pas de se redresser malgré tout, avec l'aide de son cher tendre, à qui il n'hésita pas à sourire.

-Pardon, j'ai paniqué...

Kanon serra les dents et le prit dans ses bras, murmurant une nouvelle insulte et se plaignant de la peur qu'il lui avait causé. Doucement, Aspros lui rendit son étreinte, avant de le repousser lorsqu'un chevalier d'or, celui du Scorpion s'il en jugeait l'armure, ne passe le rideau.

-Que se passe-t-il ici ?!

Kanon aida Aspros à se remettre sur ses pieds, tout en se levant lui-même, regardant en direction de Milo. Il le reconnaissait, même après treize ans. Juste derrière lui, une nouvelle personne traversa le rideau. Une personne familière à Kanon, et étrangère à la fois.

Une personne qui coupa le souffle de l'ancien Gémeaux, stoppa son cœur, et lui fit écarquiller ses yeux. Aux côtés du Scorpion, l'homme avait exactement la même réaction en le voyant.

-Impossible... murmura fébrilement Aspros.

-Comment...? questionna l'homme sur le même ton.

Son cœur se remit à battre, si fort que le son lui faisait vriller les oreilles. Alors que sa tête se mit à lui tourner, et que ses yeux s'embuèrent de larmes, seul un mot parvint à franchir ses lèvres:

-Deuteros...?