Alors, tout d'abord, wow ! Je ne suis pas habituée à ce qu'une de mes histoires soit aussi appréciée en si peu de chapitre, ça me met un sacré coup de pression... Aussi, je voulais m'excuser auprès des premiers lecteurs du dernier chapitre parce que je ne m'étais pas relu avant de poster ! Je sors ce chapitre un jour plus tôt (il était prévu pour demain) mais il se peut que le prochain n'arrive que dans deux semaines. Bonne lecture !

Réponses aux guest :

Grace : Merci beaucoup pour ta review ! Je ne savais pas qu'à la base, les liens étaient japonais, il faudra que je me renseigne plus. Nous verrons si tu as raison pour le lien rouge dans les prochains chapitres !

Babylon : Moi aussi j'ai hâte qu'il découvre la signification de tous les liens, mais ça prendra encore quelques chapitres x) Merci pour ta review !

Adenoide : Tant de question ! Ne t'inquiète pas, les réponses ne tarderont à arriver, on commence à en avoir dans ce chapitre ! Merci de ton intérêt pour mon histoire !


Chapitre 2 : McGonagall

Sur le coup, rendre visite à la directrice de Gryffondor lui avait paru une bonne idée. Mais maintenant qu'il se trouvait dans son bureau, Harry se sentait intimidé. Le professeur McGonagall le fixait avec curiosité, attendant patiemment de connaître la raison de sa venue. Il touilla une fois, puis deux son thé, gentiment offert par la vieille femme, cherchant par la même occasion un moyen de débuter la conversation. Harry savait de source sûre que Lily et McGonagall avaient tissé un lien fort durant la scolarité de la première. McGonagall avait longtemps été la confidente de sa mère. Sirius lui avait raconté quelques anecdotes sur l'adolescence des ses parents - il frissonna à la pensée de James - et souvent, son parrain riait des rendez-vous réguliers qu'entretenaient les deux femmes. "On aurait presque pu croire que Lily préférait sa compagnie à la notre", avait soupiré Sirius dramatiquement en levant les mains au ciel. Si sa mère était aussi proche de son professeur que le clamait Sirius, alors peut-être connaissait-elle leur secret. Harry se renfrogna, incapable de trouver l'approche correcte pour aborder le sujet.

-Mr. Potter ? Non pas que je m'impatiente, mais je dois avouer que votre présence m'intrigue.

-Connaissez-vous des informations sur une magie en rapport avec des liens ? Se lança finalement le brun, non sans une certaine gêne.

-Des liens ?

-Hum oui, des liens de différentes couleurs, qui lient celui qui peut voir les fils à d'autres personnes.

La directrice de Gryffondor fronça les sourcils.

-Pourquoi cette question, Mr. Potter ?

-Oh comme ça, s'empressa de répondre Harry.

McGonagall secoua sa tête de gauche à droite, peu convaincue par la réponse. Harry comprit à son regard qu'elle savait. Elle se recula dans son siège professoral et leva la tête vers le plafond, pensive.

-Une élève m'a posé la même question, quelques années auparavant. C'était une élève remarquable, curieuse et attentionnée, dit-elle sans nommer directement sa mère, car, il en était persuadé, c'était d'elle que la vieille femme parlait. Un jour, elle est venue me voir, paniquée, et m'a expliqué son problème : des fils de toutes les couleurs étaient apparus simplement après avoir souhaité connaître les sentiments d'un de ses amis. Certains la reliaient à des personnes tandis que d'autres étaient enroulés autour de leur propriétaire. C'était la première fois que j'entendais parler d'une telle magie. Ensemble, nous avons cherché à percer les secrets de ce don, en vain. Du moins, c'est ce que je pensais. Cette élève a su maîtriser son pouvoir au bout d'un temps, sans que je ne sache comment. Elle ne m'a jamais informé à ce propos. La seule chose dont j'avais connaissance, c'est que cette fille était capable de percevoir les liens qui la liait aux autres, qu'ils soient négatifs ou positifs. Elle savait discerner les liens d'amitié, d'amour, de haine, de jalousie et tout autre lien sans difficulté. Elle était également capable de connaître les sentiments d'une personne à l'instant T.

Elle marqua une pause pour boire une gorgée de thé.

-Pour autant, elle n'aimait pas utiliser son pouvoir. C'était une jeune fille d'une tendresse et d'une confiance infinie, qui préférait se baser sur son instinct plutôt que sur la magie. Elle voulait donner une chance à chaque personne, quel qu'elle soit. J'admirais cette enfant autant que je l'adorais, mais parfois, la pauvre était incapable de voir l'évidence même, aveuglée par sa confiance en autrui. Peut-être qu'en utilisant son don, les choses auraient pu être différentes...

Harry se rappela que sa mère avait émit la même hypothèse. Que sa vie aurait été tout autre si elle avait pris compte des liens.

-De quelle évidence voulez-vous parler ?

McGonagall ferma les yeux de douleur. Un silence s'installa entre deux. Il voyait aux traits de McGonagall qu'elle était en plein dilemme. Mais lequel ? C'est bien la question que se posait Harry. Au bout de quelques secondes, la femme releva la tête, déterminée.

-Il est peut-être temps que vous appreniez la vérité, Harry, mais sachez-le, elle ne sera pas simple à écouter.

Son ton était tellement doux, tellement soucieux de son bien être. Harry savait que la vérité lui serait douloureuse, mais son rêve l'avait préparé à cette révélation. D'ailleurs, il pouvait affirmer sans aucun doute qu'il s'agissait d'un souvenir. Comment avait-il pu s'en rappeler ? Qui sait, la magie avait elle-même ses secrets. Il se doutait que l'évidence évoquée par McGonagall était James et son comportement. Que ce n'était pas simple pour elle de le lui dire, peut-être par peur de gâcher la vision qu'Harry avait de son père. Mais maintenant qu'il avait vu l'homme être à l'origine de la mort de sa mère, il ne pouvait plus le considérer comme son paternel. Il haïssait déjà celui qui avait participé à sa mise au monde et il était certain que les dires de la professeure ne ferait que renforcer ses pensées. Alors il était prêt à tout entendre. Enfin, essayait-il de s'en convaincre.

-Allez-y, dit-il d'une voix sans appel.

La directrice des rouge et or soupira de tristesse.

-J'ai toujours aimé mes Gryffondors, tous autant qu'ils soient. Mais il arrivait que parfois, certains d'entre eux se perdent et prennent de sombres chemins. James Potter faisait parti de ces personnes. C'était un garçon rieur, plein d'entrain aux yeux de tous, mais seules quelques personnes avaient connaissances de sa véritable nature. Une face plus sombre, plus malsaine. Il lui arrivait d'être cruel, que ce soit dans ses actes ou dans ses paroles, et ce, plus particulièrement avec Severus, votre professeur de potion. La raison derrière cette cruauté n'était autre que votre mère. James l'aimait, mais pas d'un amour pur et innocent, au contraire. C'était un amour pervers, tordu. Il voulait Lily rien que pour lui, qu'importe le nombre de fois où cette pauvre jeune fille le rejetait. Lily n'était pas amoureuse de lui, c'est à peine si elle éprouvait du respect pour lui. Elle était constamment avec Severus pour qui elle avait une véritable tendresse mais aussi souvent avec une de ses aînées qu'elle appréciait particulièrement. Seulement du jour au lendemain, Lily s'est mise à sortir avec James, délaissant Severus et son amie, et les brimades à l'encontre de votre professeur de potions ont cessées.

"J'avais prévenu Lily qu'elle faisait un mauvais choix, que James n'était pas un homme qui la rendrait heureuse. Je lui avais dit de vérifier les liens. Mais elle n'en a fait qu'à sa tête et a accordé une chance à James pour lui prouver qu'il était quelqu'un de bien. Peut-être qu'un temps, James l'a été. Quand je les voyais ensemble, il était doux et attentionné avec elle. Mais lorsque Lily a annoncé qu'elle attendait un enfant, trois mois plus tard, j'ai vu mon élève préférée dépérir sous mes yeux.

-Pourquoi n'êtes-vous pas intervenue dans ce cas ?! Cria Harry, accablé par toutes ces révélations.

-J'aurais bien voulu, Harry, croyez-moi, dit-elle d'un ton sec. Mais je ne pouvais pas, Lily le refusait. J'avais beau lui proposer mon aide, elle la refusait toujours. Par fierté sans doute. Mais il y avait autre chose. Je n'ai compris que bien plus tard ce qu'était cette chose. James la menaçait.

-La menaçait de quoi ?

-De s'en prendre à vous.

Harry sentit un immense vide s'emparer de lui. Alors James n'en avait vraiment rien à faire de lui, en plus de s'en être pris à sa mère ? C'était un connard. Un véritable connard. Jamais plus il ne pourrait le voir comme son père. McGonagall s'excusa en prenant ses mains dans les siennes mais Harry se dégagea. Il avait voulu jouer à celui qui pouvait tout encaisser, mais la vérité était qu'il était faible. Atrocement faible. Il se leva lentement, remerciant la professeure pour toutes ses informations et sortit du bureau, les yeux rouges et piquants. Il sentait qu'à tout instant, les larmes pourraient s'échapper de ses yeux.

Il marchait dans le couloir, le cœur brisé, et ne fit même pas attention à la personne qui marchait devant lui. Il lui rentra dedans et s'excusa mollement.

-On ne sait plus marcher correctement, Potter ?

Même la voix de Malfoy ne lui fit ni chaud, ni froid et il continua son chemin avec peine.


McGonagall observait la porte par laquelle son élève s'était enfui. Dire qu'il n'était venu à la base que pour obtenir des réponses concernant les liens. Elle fit voler un verre et une bouteille de Whisky Pur-Feu jusqu'à elle en soupirant. Il y a longtemps qu'elle aurait dû lui dire la vérité mais elle se l'était toujours interdit. Elle faisait partie des rares personnes qui connaissait le véritable James Potter et l'enfant avait toujours été habitué à ce qu'on dore l'image de James pour en faire un homme fort sympathique. A une époque, elle avait préféré laissé Harry dans le faux, préférant voir un enfant heureux de l'admiration que recevait son père même après sa mort, lui qui ne l'avait jamais connu, plutôt que d'un enfant traumatisé de savoir que son père était une vrai menace pour ceux qui se risquaient à s'y approcher de trop prêt.

La directrice de Gryffondor but une gorgée d'alcool. Elle espérait qu'Harry s'en remette rapidement parce que ce n'était pas la seule vérité qu'il devait connaître. Une, plus dure encore à accepter, surviendrait tôt ou tard. Une que seule Lily, elle-même et une autre personne partageait jusqu'à présent.


Drago était dans la lune. Harry lui avait à peine adressé un regard cet après-midi, comme s'il n'existait pas. Son ego avait pris un coup, mais pas que. Il détestait quand les yeux d'Harry ne le voyaient pas. Pourquoi ? Lui-même l'ignorait. Il avait eu beau tenter de comprendre, aucune réponse qu'il trouvait ne lui convenait. Mais une chose est sûre, il avait été vexé cet après-midi-là. Cela ne l'empêchait pas pour autant de s'inquiéter pour ce fichu Potter. Pourquoi ses yeux étaient-ils aussi rouges lorsqu'ils s'étaient croisés ? La belette femelle l'aurait quitté ? Il éprouva une certaine joie malsaine à cette pensée avant de se reprendre. Pourquoi serait-il heureux qu'Harry ne soit plus avec elle, si tant est qu'il sortait réellement avec elle ? S'il n'était pas un Malfoy, il se cognerait sûrement la tête contre un mur, à l'image des elfes de maison, pour ce genre de pensées.

-Eh bien Dray, j'ai bien l'impression que nous t'avons perdu.

Drago se redressa convenablement - aussi convenablement qu'il était possible avec un poids mort sur les jambes. Il fit face à Blaise dont le regard noir était amusé. Ils s'étaient tous installés dans la chambre des garçons de Serpentard pour une réunion d'extrême urgence à laquelle étaient conviés Drago - en bon leader de Serpentard -, Blaise, Théodore, Pansy et Daphné. Cette dernière était d'ailleurs affalée sur les jambes de Drago, ne semblant pas se soucier du confort de son ami. Le blond râla intérieurement avant de se racler la gorge, un air sérieux collé au visage.

-Vous savez tous pourquoi vous êtes ici ?

-Pour parler de la libido quasi-inexistante de notre directeur de maison ? Proposa Daphné avec un demi-sourire.

Les filles se lancèrent un regard complice avant d'éclater de rire, rire auquel se joignirent les garçons, à l'exception de Drago.

-Daphy, c'est sérieux là, la réprimanda Drago. Nous devons trouver un moyen de nous rapprocher de Potter et de l'aider à gagner cette guerre. Pour notre bien et celui de nos parents.

-Et comment tu comptes t'y prendre ? Parce qu'aux dernières nouvelles, tu as passé toute ta scolarité à faire en sorte que vous vous détestiez.

Drago baissa les yeux avec culpabilité. Il ne pouvait pas nier que c'était de sa faute, et uniquement de la sienne, s'il s'était mis à dos Harry. Si seulement il avait été moins con et arrogant à l'époque. Mais non, voir quelqu'un refuser son amitié l'avait mis hors de lui, à tel point qu'il avait décidé de mener la vie dure à Harry, en punition pour ne pas avoir accepté sa poignée de main. Si jamais ils échouaient à convaincre Harry Potter de les aider, alors tout serait entièrement de sa faute. Théo posa une main compréhensive sur son épaule.

-Peut-être qu'en essayant tout simplement d'être gentils avec eux, de se mélanger avec eux, ça marchera ?

La proposition de Théo fit grimacer certains d'entre eux. Et pourtant, c'est à l'unanimité qu'ils décidèrent que c'était la meilleure des solutions.