Bonjour ! Et oui, j'avais deux semaines mais j'ai réussi à pendre de l'avance donc voici le nouveau chapitre !

Babylon : Merci pour ta review !


Chapitre 3 : Au diable les avertissements !

Harry avait passé le week-end à déprimer dans son lit après les révélations de McGonagall. Ron avait bien essayé de le faire sortir un peu en lui proposant une petite partie de Quidditch avec leur équipe, mais il s'était confronté à un mur de silence. Neville avait aussi tenté sa chance, murmurant à Harry que s'il avait besoin de parler, il était là. Seulement, les avertissements de sa mère emplissait encore son esprit. Il ne savait pas à qui faire confiance. Le regard fixé sur les rideaux clos de son lit, il laissa ses yeux s'égarer sur sa main. Il agita ses doigts et les fils apparurent. Ils étaient bien moins lumineux que dans la grande salle. Certains même avaient disparu. Harry observa le fil rouge accroché à l'un de ses annulaires, puis le bordeaux. Ils étaient les seuls à aborder ces couleurs. L'un des liens se mit à scintiller de plus en plus fortement et les rideaux de son lit furent écartés.

Hermione.

Elle n'avait pas le droit d'être dans le dortoir des garçons. Elle devait vraiment être inquiète pour outrepasser le règlement. Harry ne dit rien, reportant son regard sur le fil qui le liait à son amie. Il abordait toujours ce même rose si singulier. Cela lui rappela un souvenir. Un jour, sa Tante Pétunia lui avait ordonné d'aller acheter des fleurs pour une de ses amies qui venait manger le soir même. Du haut de ses dix ans, Harry n'avait pas su quoi prendre alors il avait choisi au hasard. Il s'était emparé d'un bouquet jaune et s'était dirigé vers la vendeuse qui avait grimacé en voyant la couleur. Elle s'était baissé à son niveau pour lui chuchoter qu'à sa place, elle prendrait des fleurs roses plutôt que jaunes, parce que le jaune avait une connotation plutôt péjorative. Au contraire du rose qui témoignait une affection sincère. En y repensant, Harry sentit son cœur se serrer. Les liens qu'il partageait avec Ron et Ginny étaient jaunes. Cela voulait-il dire qu'il s'était trompé à leur propos sur toute la ligne ? Qu'en vérité, les deux autres éprouvaient pour lui des sentiments négatifs ? Harry ne voulait pas y penser. Ron était son tout premier ami, son meilleur ami, son presque frère. Il était l'un des seuls garçons à qui il avait accordé sa confiance totale. Il l'aimait, comme il aurait aimé un membre de sa famille. Il ne supporterait pas de savoir que tout ça, il était le seul à le ressentir. Il ferma les yeux douloureusement avant de se rappeler la présence d'Hermione.

Cette dernière s'était assise sur son lit, le fixant sans un mot, patiemment. Sûrement avait-elle dû voir qu'il était perdu dans ses pensées. Quand elle sentit qu'elle avait son attention, Hermione passa une main douce dans les cheveux d'Harry et il profita de la tendresse du geste. La fleuriste lui avait dit que le rose signifiait une affection sincère. Il décida de lui faire confiance sur ce point, au diable les avertissements de sa mère, il avait besoin d'une personne à qui se confier. Alors il raconta tout à Hermione. Le souvenir de sa mère, son nouveau pouvoir, sa conversation avec leur directrice, l'amitié de Snape et de Lily, la cruauté de James. Dire tout ce qu'il avait sur le cœur le soulagea d'un poids mais n'effaça en rien la tristesse et l'incompréhension qu'il ressentait.

Hermione n'avait pas dit un mot durant tout son monologue, se contentant de l'écouter comme le ferait une véritable amie et pour ça, Harry la remercia. Mais il ne s'attendait pas à voir la jeune fille avec les larmes aux yeux.

-Oh bon sang Harry, mais pourquoi as-tu gardé tout ça pour toi ? Je n'imagine pas combien tu as dû te tourmenter...

-Je ne savais pas à qui faire réellement confiance...

La brune s'approcha de lui et déposa un chaste baiser sur son front. Puis elle caressa sa joue, transmettant à travers son regard tout l'amour qu'elle ressentait pour lui. Il avait fait le bon choix, il le sentait. Hermione avait toujours été sincère avec lui. Il contempla avec une certaine fascination le filament qui entourait Hermione. Pendant qu'il parlait, il l'avait vu changer de couleur un nombre incalculable de fois. Mais à présent, il resplendissait de blanc et du même rose qui les liait. Le filament représentait sûrement les sentiments éprouvés à l'instant T qu'avait évoqué McGonagall. Il se laissa aller dans les bras de sa meilleure amie, profitant de la chaleur qu'elle dégageait.

La porte s'ouvrit brusquement, laissant passer un Ron essoufflé. Le filament qu'il l'entourait passa d'un rouge rayonnant à un vert anis strié d'un blanc tirant sur le gris. Son visage prit une expression dure alors qu'il croisait ses bras sur sa poitrine.

-On peut savoir ce que vous faites ?

Son ton était agacé.

-Ron ! S'exclama Hermione en se relevant. Harry avait besoin de parler.

-Ah ouais ? Parce qu'il avait pas l'air de vouloir me parler, à moi.

Harry baissa le regard sous le reproche de son meilleur ami. Celui-ci ne leur prêta pas plus d'attention et s'enferma dans la salle de bain, non sans avoir claqué la porte pour montrer son énervement.

-Ne t'inquiète pas Harry, ça lui passera.

Harry en doutait.


Ron ne lui avait pas adressé la parole de la soirée. Il parlait de tout et de rien avec leurs camarades de chambrée mais prenait grand soin à l'éviter, lui. Harry s'était enfermé depuis une bonne heure dans la salle de bain, ne voulant pas montrer à Ron à quel point il était blessé par son comportement. Il ne comprenait même pas pourquoi le roux lui en voulait autant. Parce qu'il avait été trop proche d'Hermione alors qu'elle était sa copine ? Il savait pourtant bien qu'Harry n'aurait jamais rien tenté avec la jeune fille. Il soupira. Comme si ce n'était pas suffisant, il avait potion le lendemain et il redoutait de croiser son professeur maintenant qu'il savait que lui et sa mère avaient été amis. Si c'était vraiment le cas, alors pourquoi le détestait-il autant ? Pourquoi n'avait-il jamais cherché à le considérer non pas comme le fils de James, mais plus comme le fils de Lily, de son amie ? Il n'était pas comme James, jamais il ne le serait. Harry ressemblait bien plus à sa mère. Alors pourquoi ?

Il plongea un instant son regard dans celui de son reflet dans le miroir. Il se demanda un instant si ces propres émotions étaient visibles avec son filament. Il n'avait même pas pris la peine de regarder le sien. Ses doigts pianotèrent sur le rebord du lavabo et il le vit. Son filament. Il resta un instant choqué devant sa couleur. Ou plutôt son absence de couleur. Le fil était transparent, totalement transparent mais suffisamment vaporeux pour qu'il le distingue. Harry ne comprenait pas ? Qu'est-ce que cela voulait-il dire ? Qu'il ne ressentait aucun sentiment ? Impossible. Il tenta de toucher le filament, en vain. Néanmoins, dans son action, il remarqua que son filament n'était pas l'unique lien transparent. Non, cinq autres le reliait à d'autres personnes.

Harry sentit au plus profond de lui qu'il devait savoir ce qu'ils signifiaient.

Que c'était une question de vie ou de mort.


Harry n'écoutait rien des instructions du professeur de potions. Il était bien plus préoccupé à émettre mille et une hypothèses sur la signification des liens transparents, si bien qu'il ne vit même pas l'élève qui se plaça à ses côtés pour être son binôme. A tous les coups, ce devait être Neville étant donné que Ron était déterminé à ne plus lui parler. Il prit un ingrédient au hasard pour le mettre dans le chaudron mais une main le stoppa in-extremis.

-Potter, fais un peu attention ! Tu allais gâcher notre potion !

Harry sursauta en constatant que non, son binôme n'était pas Neville mais Drago Malfoy. Le Serpentard préparait-il un mauvais tour ? Harry fronça les sourcils, résistant à la tentation de faire apparaître ses fils. A quoi ça lui servirait de toute manière ? Même s'il pouvait interpréter certaines couleurs, il ne saurait pas avec exactitude les sentiments de Malfoy et ne pourrait donc pas savoir si oui ou non, ses intentions sont mauvaises. Il haussa les épaules, non sans garder une certaine méfiance, et écouta avec attention le blond lui indiquer les risques que pourraient engendrer la potion si elle était mal confectionnée.

C'est avec surprise qu'Harry constata qu'il n'y avait aucune animosité dans les paroles de Malfoy et pour la première fois, il réussit à terminer une potion parfaitement. Snape félicita Malfoy avec retenue et adressa un regard hautain et dépourvu de sympathie à Harry. Ce dernier se demandait bien comment sa mère pouvait être amie avec un homme pareil. Puis il se rappela que la raison première pour laquelle le professeur détestait Harry était à cause de sa ressemblance physique avec James. Au final, Harry le comprenait. Il ne tenait qu'à lui de prouver qu'il était différent de son géniteur et peut-être avoir la chance d'en apprendre plus sur sa mère grâce à lui.

Oui, il faudrait qu'il ait une discussion avec le potionniste.

Harry récupéra ses affaires et attendit Hermione à l'extérieur de la salle de classe. La jeune fille ne tarda pas à le rejoindre et ensemble, ils se dirigèrent vers leur prochain cours, Ron préférant rester avec les autres.

Au bout de quelques minutes, les deux amis se firent intercepter par des Serpentard. Le groupe de Malfoy. Hermione lança un regard nerveux à Harry.

-Nous voudrions te parler Potter.

-Me parler ? S'étonna Harry en passant son regard sur chacun des Serpentards présents.

-Nous voudrions faire une trêve, une année où nous aurions des relations cordiales...

-Ou peut-être même amicale, renchérie Pansy en souriant timidement à Hermione.

-Pourquoi ? Demanda la brune, les sourcils froncés. Ce n'est pas dans vos habitudes.

Les vert et argent échangèrent un regard avant d'afficher une mine sombre.

-Nous ne voulons pas nous faire marquer...

-Or c'est cette année que nous devons faire nos preuves auprès du Lord, soupira Théo. Et ce qu'il nous demande... Nous ne voulons pas devenir des meurtriers.

-Alors nous nous sommes dit que si nous t'aidions, Potter, peut-être que nous aurions une chance d'échapper à ça.

Harry acquiesça. Il avait beau ne jamais avoir apprécié les Serpentards, il ne voulait pas pour autant les voir devenir des assassins. Même si leurs parents étaient du côté sombre, cela ne voulait pas dire qu'ils étaient comme eux. Harry avait mis longtemps à le comprendre mais grâce à Hermione, il s'était fait à cette idée et voulait qu'ils aient une chance de vivre "normalement". S'il continuait ses provocations avec Malfoy, c'était plus par habitude qu'autre chose. Alors, des relations cordiales, pourquoi pas. Mais amicales ? L'idée même lui paraissait étrange sachant le nombre d'année qu'ils avaient passé à se détester.

Mais c'était peut-être là l'occasion pour justement laisser le passé de côté et mûrir un peu. Il jeta un œil en direction d'Hermione qui hocha de la tête et il tendit la main à Drago. Ce dernier marqua une hésitation, sûrement en souvenir de leur première année, avant de la serrer. Harry sentit un frisson lui parcourir l'échine et se recula doucement. Avec curiosité, Harry agita imperceptiblement ses doigts et observa les liens. Un en particulier. Celui qui le reliait au blond. Le cœur d'Harry loupa un battement.

C'était un des deux liens unique. Celui accroché à son annulaire. Le lien rouge pur.