Bonjour ! Bon, le chapitre 8 risque d'être plus tardif étant donné que j'enchaîne et ma fête d'anniversaire, et mes examens, et mon stage ! Mais pour me faire pardonner, voilà un chapitre un peu plus long que d'habitude.

Réponses aux Guest :

Guest & Lou : Merci pour vos commentaires ! Guest tu auras ta réponse bientôt !


Chapitre 7 : Rose

-C'est injuste.

Harry retint un rire en voyant Hermione gonfler ses joues tout en tentant d'extraire du jus des gousses de Snargalouf. Si elle y arrivait sans grande difficulté grâce au manuel qu'elle avait consulté, ce n'était ni son cas, ni celui de Ron. Tous deux peinaient à réussir l'exercice. Il vérifia par dessus son épaule que le professeur Chourave ne s'intéressait pas à eux pour délaisser son travail en s'écartant de la souche et se concentrer sur sa meilleure amie. Et l'objet de sa bouderie. Leur lien. Il lui avait rapporté sa conversation avec Ron à propos du fil qui les liait et de sa signification. Depuis, elle réclamait sans cesse de savoir la signification de leur propre lien. Oh Harry le savait, évidemment. Il s'était empressé de le découvrir. Mais d'un autre côté, il s'amusait de voir Hermione se languir ainsi.

-Allez Harry, tu peux bien lui montrer, sourit Ron en lançant un regard taquin à sa petite amie. La pauvre, à cause de toi elle ressemble plus à une enfant capricieuse qu'à la meilleure élève des sixièmes années.

-Ron, si ça continue, tu vas finir célibataire !

-Mais oui, moi aussi je t'aime.

Les joues d'Hermione devinrent rouge et Harry sourit tendrement. Depuis leur réconciliation, Ron et Hermione n'avaient cessé de se rapprocher et leur amour de s'amplifier. Harry aimait observait les filaments rouge pur qui les entouraient chaque fois qu'ils se parlaient. Ils étaient des âmes sœurs, tout comme lui et Drago. Sauf que contrairement à eux, le blond et lui n'étaient pas ensemble. Et encore quelques semaines auparavant, ils se haïssaient. Harry soupira en chassant ses pensées moroses. Hermione, une fois l'exercice terminé, vint prendre place à leurs côtés, ses yeux fixés sur les tentacules figées de la plante. Ses doigts se lièrent tendrement à ceux de Ron et Harry ressentit une bouffée d'affection en voyant ses deux amis aussi amoureux l'un de l'autre. Il espérait qu'il connaître un amour similaire au leur. Son regard se reporta sur la silhouette élégante de Drago, à l'autre bout des serres. Il ne savait pas si c'était le lien d'âme sœur qui l'influençait autant ou si c'était quelque chose de plus profond. Mais il ressentait de plus en plus l'envie d'être auprès de lui, de pouvoir passer ses mains dans ses cheveux, de sentir le goût de ses lèvres contre les siennes. Il fallait vraiment qu'il arrête d'y penser !

-Bon et du coup ?

Hermione le ramena à la réalité et il tourna son regard vers elle.

-Du coup ?

-Le lien ! Je veux le savoir !

-Et le mot magique ? Taquina Ron.

-S'il te plaît...

Harry lui tendit le journal en souriant. Elle se précipita à la page qui l'intéressait.

"Le rose est aussi positif que le vert est négatif. J'apprécie cette couleur tant elle est simple, rassurante pour la plupart de ses nuances. Le rose dragée de l'innocence, le rose pêche de l'amitié naissante... Le rose saumon de l'amour tendre... Le.. Bon. Toutes ne sont pas aussi innocente qu'elles le paraissent, je tiens à prévenir. La première fois que j'ai compris la signification du rose framboise, je crois que je n'ai jamais autant ressembler à une tomate. Car il faut l'avouer qu'à notre époque actuelle, nous ne pensons pas tant à ce genre de choses avant le mariage. Mais voilà, le rose framboise, c'est le désir sexuel.

J'ai beau avoir dix-neuf ans, l'écrire me gêne toujours autant.

Mais de toutes les nuances de rose, je crois que ma favorite reste celle du rose fleur de cerisier. On peut comparer ce lien à celui jaune canari dans le sens où il impose lui aussi une confiance inconditionnelle entre les deux liés. Mais c'est un lien plus fort encore. Un lien fraternel mais sans lien de sang, un amour fraternel venant du cœur.

Quant au seul lien négatif, il n'est pas simple à expliquer mais il s'agit de celui de couleur fushia. Je pense qu'il a deux significations, l'une lorsqu'il lie et l'autre lorsqu'il entoure la personne. Pour le deuxième cas, je sais qu'il apparaît quand la personne à une tendance à l'humiliation, à la moquerie. Mais pour le premier cas, je n'ai toujours pas compris."

-Wow, fut la seule réaction d'Hermione.

-J'ai de la chance de partager d'aussi beaux liens avec vous deux, murmura Harry.

-Nous aussi nous avons de la chance, 'Ry !

-Monsieur Weasley ! Monsieur Potter ! Mais enfin, et l'exercice ? S'écria le professeur Chourave en ne voyant aucune fiole de jus entre les doigts des garçons.

-Euh... Nous avons oublié ?

-Moins dix points pour chacun d'entre vous et une heure de retenue !

Ron se retourna vers Harry, la mine défaite. Habituellement, le professeur Chourave n'était pas aussi sévère.

-Peut-être qu'elle a ses règles ?

-MONSIEUR WEASLEY !

Harry pria pour la survie de son meilleur ami.

Si Ron avait écopé de deux heures de colles avec Rusard, lui se retrouver à devoir passer le début de soirée avec leur professeur de potion. C'était à la fois une bonne et mauvaise chose. Bonne car ainsi il pourrait tenter de mettre les choses au clair avec Snape pour respecter la demande de sa mère mais mauvaise car il devrait convaincre le professeur qu'il n'était pas le même que James.

Harry soupira en s'imaginant les pires scénarii. Il n'avait pas hâte au soir même. En plus de cela, il se trouvait en ce moment même seul, Hermione étant partie à son option et Ron étant en colle. Il aurait pu aller avec les Serpentards, mais cela le gênait de les rejoindre seul. C'était idiot pourtant. Il soupira à nouveau.

Une explosion retentit à ses côtés et il ne dut qu'à ses réflexes de l'éviter en partie. Il grimaça en sentant l'un de ses bras le brûler. A première vue, ça n'avait pas l'air d'une blessure grave mais il devrait sans doute passer à l'infirmerie pour s'en assurer. Une fille se précipita vers lui complètement paniquée en s'excusant pour le sort lancé. Apparemment sa baguette avait un dysfonctionnement. Le bruit avait ameuté de nombreux élèves - ainsi que quelques professeurs qui évaluaient les dégâts - mais il semblait y avoir eu plus de peur que de mal.

Harry rassura la jeune fille - Lisa Turpin, une sixième année, comme lui - avant qu'elle ne se fasse intercepter par McGonagall qui la somma de la suivre. Harry sentit un peu de peine pour la fille. Un problème de baguette, ça peut arriver à tout le monde, ce n'est pas comme si elle l'avait fait volontaire.

N'est-ce pas ?

Harry écarquilla les yeux après l'activation de son don. Lisa Turpin était entourée de couleurs plus négatives les unes que les autres. Elle lança un regard par dessus son épaule et Harry frissonna. C'était un regard terriblement mauvais.

Pomfresh avait beau avoir limité les dégâts, cela n'empêchait pas Hermione de paniquer pour l'état de son bras.

-Mais Mioneee, puisque je te dis que tout va bien. Je m'en sors avec de légères brûlures, ça va cicatriser.

-Harry ! Imagine ce qui aurait pu t'arriver si l'explosion t'avait touché ! Ne prends pas ça à la légère. Il faut dénoncer cette fille !

-Et dire quoi ? Nous n'avons aucune preuve et je me vois mal avouer au professeur Dumbledore la vérité sur les liens.

-Dans ce cas, dis-le au professeur McGonagall !

-Mais si ça se trouve je me suis trompé...

Hermione lui lança un regard noir mais il se contenta d'hausser les épaules. Ils se trouvaient actuellement dans la salle commune et il ne restait à Harry qu'une heure avant sa colle. Tous les élèves de Poudlard étaient au courant pour l'explosion alors Harry avait préféré se réfugier ici plutôt que de rester dans les couloirs du château et d'affronter les questions. Hermione s'était appuyée contre le torse d'un Ron silencieux et lui s'était assis à même le sol, prêt de la cheminée. Sans qu'il ne sache vraiment pourquoi, ses deux amis sourirent tendrement. Mais il ne tarda pas à en comprendre la raison en sentant deux mains se poser sur ses yeux et un parfum de vanille flotter dans l'air. Son cœur rata un battement en reconnaissant les effluves si particulières Ginny et il s'en voulu. Il avait mis une certaine distance entre lui et la rouquine alors qu'au final ils partageaient le même lien que Ron et lui ce qui signifiait qu'il pouvait réellement lui faire confiance.

-Devine qui c'est ! Chantonna Ginny.

Sans dire un mot, Harry se retourna et prit par surprise la plus jeune qui s'écroula au sol. Harry en profita pour lui chatouiller les côtes et elle éclata de rire. C'était rare qu'ils se montrent ainsi en public, mais Harry se disait que c'était l'un des seuls moyens pour se faire pardonner. De lui montrer que rien n'avait changé entre eux.

-Ha-Harryyy ! Stop ! Ton braaahaha !

-Mon bras va très bien Ginny !

-Menteur, souffla Hermione.

Harry lui tira la langue et laissa enfin respirer Ginny dont des larmes de rire coulaient à présent sur ses joues. Harry observa le filament qui entourait la jeune fille et sourit. Un peu de jaune tournesol par-ci, un peu de rouge feu par-là mais surtout un rose saumon magnifique. L'amour tendre.

-Qu'est-ce qui te rend aussi heureuse, petite sœur ? Questionna Ron et Harry aborda un magnifique sourire en connaissant déjà la réponse.

-J'ai réussi !

-Réussi à quoi ?

-A avouer mes sentiments à celui que j'aime !

Si Ron resta bouche-bée sous le regard taquin de sa petite-amie, Harry, lui, prit dans ses bras son amie.

-Et il a dit quoi ? Chuchota-t-il au creux de son oreille.

-Il a accepté de sortir avec moi !

-Je suis tellement heureux pour toi Ginny.

-Merci Harry...

Ils s'adressèrent un doux regard avant que Ron n'intervienne, harcelant sa sœur pour connaître le nom du garçon en question. C'est avec les éclats de rires des filles et les grognements de Ron plein la tête qu'Harry s'en alla, apaisé, en direction des cachots.

Sur le chemin, Harry croisa Luna. Elle était assise là, sur l'un des bancs du couloir, un carnet à la main. Les rayons de la lune se projetait sur elle, lui donnant une apparence irréelle, comme celle d'un fantôme. Et pourtant Harry la trouvait belle, avec ses accessoires loufoques et son expression rêveuse. Il n'en revenait toujours pas qu'il s'agisse de sa cousine. Depuis qu'elle lui avait révélé leur lien de parenté, Harry ne lui avait pas reparlé. Pourquoi ? Lui même ne savait pas exactement. Par peur ? Par appréhension ? Il baissa les yeux. C'était étrange pour lui de savoir qu'il avait une famille. Une vraie famille. Pas comme les Dursley. Mais les mêmes questions se répétaient encore et encore. Et s'ils ne l'aimaient pas ? Et s'ils n'avaient jamais voulu s'embarrasser d'un orphelin comme lui ? Et si Luna n'était devenue son amie uniquement parce qu'ils étaient liés par le sang ?

-Tu cogites trop, Harry.

Le brun sursauta en apercevant le visage de Luna à à peine quelques centimètres du sien. Elle appuya sur sa joue, une fois, puis deux, et se recula.

-Y a-t-il un problème dont tu voudrais parler ? Je peux t'écouter, tu sais.

-C'est juste que... Non rien...

-Tu sais Harry, maman n'a jamais pu avoir d'enfants après moi. Elle était triste parce qu'elle avait peur que je me sente seule. Je m'efforçais de jouer avec nos cousins et cousines, pour lui montrer que ce n'était pas le cas, mais je sais qu'au fond, ils ne m'appréciaient pas tellement. J'étais trop étrange pour eux. Ils ne sont pas méchants, loin de là, mais ils ont eu une éducation différente de la mienne. Alors quand maman m'a avoué que j'avais un autre cousin, je n'ai pas cessé d'imaginer à quoi tu pourrais ressembler. Je me disais que peut-être, nous pourrions nous entendre. Et c'est le cas. Peut-être m'as-tu trouvé étrange toi aussi au départ, mais je sais que tu m'apprécies malgré ce que je suis. Et il en est de même pour moi Harry. Je t'apprécie réellement, pour ce que tu es et pas seulement parce que tu es mon cousin.

-Luna, est-ce que tu lis dans les pensées ?

Pour la première fois, Luna éclata de rire. C'était un petit éclat discret mais mélodieux. Harry fut un instant ému de voir la fille aussi ouverte, elle qui d'habitude ne quittait pas son expression rêveuse. Elle embrassa la joue d'Harry et aborda une expression mystérieuse.

-Chacun a ses dons ! Néanmoins...

Elle prit un air plus lointain, plus grave.

-Tu devrais faire attention, Harry. Je sens que quelque chose de mauvais se prépare.

Elle passa une main douce sur son bras brûlé et reprit un visage rêveur.

-Tu vas être en retard, dépêches-toi !

Harry acquiesça vivement. Il ne voulait pas se prendre un savon par Snape, surtout s'il voulait lui montrer qu'il n'y avait pas de quoi le haïr. Mais avant de s'en aller, il attrapa la main de Luna, hésitant.

-Dis, tu accepterais de me parler un peu plus de toi et de notre famille plus tard ?

-Bien évidemment Harry, sourit-elle. Je m'en ferais une joie.

Harry se sentit soulagé à cette réponse.

-Monsieur Potter, asseyez-vous.

Le ton du professeur était aussi froid que d'habitude. Harry pensait qu'avec la lettre de sa mère, peut-être y aurait-il eu un changement, mais non. En cours, le professeur de potion se contentait de l'éviter et à présent qu'ils étaient seuls, il ne semblait pas plus enclin à la sympathie. Snape fit léviter une dizaine de chaudrons jusqu'au pupitre d'Harry et lui demanda de les nettoyer avant de se plonger dans ses copies. Bon, ce n'était pas gagné. S'il voulait respecter la demande de sa mère, il faudrait qu'il fasse le premier pas, mais comment ? Tout en frottant les chaudrons, Harry réfléchit. Il observait le professeur griffonnait sur ses copies en quête d'une solution. Et elle lui vint. Bon, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à dire, mais il tenait à ce que Snape le sache.

-Je n'apprécie pas James Potter.

Le professeur releva la tête vers lui, les sourcils froncés, une expression confuse sur le visage.

-Je vous demande pardon Monsieur Potter ?

-J'ai dit : "Je n'apprécie pas James Potter". Et j'ai bien compris au fil des ans que c'était également votre cas. Il s'est passé une chose qui m'a fait prendre conscience de qui était réellement James Potter. J'ai certes son physique, mais s'il y a bien une chose que je refuse, c'est de lui ressembler.

-Et pourquoi me dites-vous tout cela ?

-Pour que vous compreniez que je ne suis pas comme lui et dans l'espoir que cela apaisera votre haine à mon encontre. Pour elle. Je ne sais pas quels étaient vos liens exacts avec ma mère, mais je sais qu'elle vous appréciait énormément.

Snape reposa sa plume et ferma les yeux douloureusement. Il prit sa tête entre ses mains et soupira.

-Monsieur Potter, vous souvenez-vous de la première question que je vous ai posé à votre arrivée à Poudlard ?

-Bien sûr, ronchonna Harry, je me suis d'ailleurs bien ridiculisé ce jour-là...

-Pouvez-vous me la répéter ?

Étonné par la requête, Harry abdiqua.

-Vous m'avez demandé ce qu'on obtenait lorsque l'on ajoutait de la poudre d'asphodèle dans une infusion d'absinthe.

-La nature de mes sentiments envers votre mère se cache derrière cette question.

Et sans un mot de plus, il reprit sa correction. Au moins, il y avait une avancée. A aucun moment il n'avait rabaissé ou insulté Harry. Mais il était intrigué par l'énigme laissée par son professeur. Comment une telle question pouvait refléter des sentiments ? Il reprit ses frottements sur son chaudron. Bizarrement, ça l'aidait à réfléchir. Il n'était pas très intelligent mais s'il y avait bien une chose dont il était capable, c'est de retenir ce que disaient ses amis, surtout lorsqu'ils étaient passionnés sur leur sujet. C'est d'ailleurs de cette manière qu'il avait toujours pu obtenir la moyenne dans ses devoirs, en écoutant Hermione parlait pendant des heures durant de tel ou tel sujet. Alors il repensa à ses conversations avec Neville sur la botanique. Il arrivait à son ami de partir plus loin que la simple explication et de divaguer, allant même jusqu'à donner la signification de chaque plante qu'il connaissait. Il ferma un instant les yeux, fouillant dans sa mémoire ce que Neville avait pu lui dire sur l'asphodèle et l'absinthe.

Asphodèle, asphodèle, asphodèle... Mais oui ! Harry ouvrit les yeux, satisfait de s'en être rappelé. Cette plante signifiait le regret, un regret passé. Quant à l'absinthe... N'y avait-il pas une histoire de peine de cœur derrière sa signification ? En plus, s'il se rappelait bien, l'espèce à laquelle appartenait l'asphodèle avait un rapport avec le prénom de sa mère. Mais alors...

-Vous aimiez ma mère... Et vous avez des regrets à son propos...

-Je ne pensais pas que vous arriveriez vraiment à trouver le sens derrière cette question. Je pensais que vous auriez eu besoin de l'aide de Granger, souffla douloureusement Snape.

-Neville m'avait expliqué la signification de ces fleurs un jour, j'ai simplement retenu. Vos sentiments... Ils étaient sincères pour ma mère ?

-Oh que oui, vous ne savez pas à quel point Monsieur Potter.

-Et vous haïssez James parce qu'il vous l'a volé...

-Parfois, votre réflexion m'impressionne, remarqua Snape sans réel sarcasme.

-Avez-vous lu sa lettre ?

-Je l'ai commencé, mais je n'ai pas eu le temps de la continuer.

-Dans la mienne, elle m'a demandé de vous faire confiance professeur. Elle m'a fait part de son souhait de nous voir bien nous entendre. Je sais que ce n'est pas simple pour vous, que je suis le portrait craché de l'homme que vous détestez et moi-même, j'ai de la rancune contre vous. Mais pour ma mère, j'aimerais que nous réfléchissions ensemble à la possibilité de mettre nos différents de côté et à apprendre à nous connaître, ne serait-ce qu'en sa mémoire.

-Je peux réfléchir à cette possibilité, Monsieur Potter.

Harry acquiesça et plus aucun mot ne fut échanger de l'heure.

-Est-ce que Daphy est vraiment en train de se manger un pot de glace en entier ?

-Elle déprime, laisse-là Drago.

Drago leva un sourcil d'incompréhension. Sa meilleure amie avait des cernes sous les yeux et semblait, et bien, véritablement déprimé. Avec un soupir, il se plaça à ses côtés et elle posa immédiatement sa tête sur son épaule. Drago caressa l'un de ses bras en réconfort, comme elle avait fait pour lui, une semaine auparavant. Il avait été terrifié en apprenant qu'Harry avait été victime d'une explosion et avait imaginé toutes les pires situations pour au final que le garçon ne le rassure de lui-même en montrant son bras brûlé mais sans réelle gravité. C'était à ce moment-là qu'il s'était rendu compte que ses sentiments pour Harry allait au delà de l'amitié. Qu'il s'inquiétait pour lui d'une façon dont il ne s'inquiétait pas pour ses amis. Pansy s'était amusée à dire qu'il n'y avait qu'un pas entre la haine et l'amour et Drago avait fini par y croire. Il ne savait pas encore s'il était amoureux d'Harry Potter, mais ses sentiments y ressemblaient. Mais il les gardait enfouis, sachant parfaitement que jamais ils ne seraient partagés. Harry le considérait comme un ami, rien de plus. Mais ce n'était pas le moment de faire le point sur ses sentiments, Daphné était mal en point et en tant que meilleur ami, il se devait d'être là pour elle.

-Tu veux en parler ?

-Non...

-Elle a vu la belette femelle au bras d'un Gryffy l'autre jour. Ils avaient l'air de filer le parfait amour.

-La ferme Pansy.

Drago passa une main dans les cheveux de Daphné. Il connaissait ses sentiments pour la rousse et ce depuis maintenant deux ans. Elle était tombée amoureuse d'elle après que la rousse l'ai aidé dans une situation gênante. Un des Serdaigles était devenu trop insistant envers elle et Ginny l'avait recadré du haute de ses treize ans, permettant à Daphné d'enfin être en paix. Lorsqu'elle lui avait demandé pourquoi elle l'aidait, elle, une Serpentarde, Ginny avait simplement répondu que même en faisant partie des serpents, elle restait une fille avec des sentiments et qui ne méritait pas qu'on l'embête à ce point. Il n'avait pas fallu plus à Daphné pour qu'elle tombe amoureuse de la belle Ginny. Drago ne l'avait jamais approuvé en raison de sa haine envers les Gryffondors, mais à présent, il apprenait à relativiser. Lui aussi avait une attirance pour un rouge et or après tout, et pas n'importe lequel.

-Je sais que c'est un amour à sens unique, mais ça fait mal de justement se dire que ses sentiments ne seront jamais retournés. Et elle a l'air tellement heureuse avec lui...

-Peut-être que tu devrais l'oublier ?

-Comme si c'était facile ! A croire que tu n'es jamais tombée amoureuse Pansy !

-C'est le cas, murmura la fille tristement.

Un silence s'installa entre les trois amis. Bientôt, Blaise et Théodore les rejoignirent. Blaise ne put s'empêcher de faire une remarque moqueuse à l'encontre de Daphné qui, malgré tout, esquissa un fin sourire. Ils parlèrent de tout et de rien jusqu'à ce que Théo n'interrompe la conversation, attirant tous les regards à lui.

-Je crois que le trio d'or nous cache quelque chose.

-Quoi de plus étonnant ? Bailla Blaise. Y a encore quelques semaines, on était même pas amis. C'est normal qu'ils gardent encore certains secrets pour eux.

-Peut-être, mais là, ça m'intrigue.

-Pourquoi ?

-En observant Harry, j'ai remarqué qu'il avait une manie à bouger ses doigts sans arrêt. Et avant qu'il le fasse, il aborde toujours une mine hésitante, anxieuse. Mais une fois ses doigts bougés, il est plus serein, plus rassuré ou parfois, un peu blasé, las. C'est comme si... Comme s'il voyait quelque chose qui nous était invisible.

-Et tu as une idée de ce que ça pourrait signifier ?

-Pas vraiment... Mais j'avoue que j'ai bien envie de le savoir.

-Peut-être pourrions-nous enquêter ? Proposa Pansy, toujours friande de connaître les secrets des autres.

-Au risque de perdre le peu de confiance qu'ils ont en nous ? Grogna Drago. Très peu pour moi.

-Comptez pas sur moi non plus, rajouta Blaise.

-Tant pis, nous nous débrouillerons seuls !

Pansy s'en alla pour commencer à préparer son plan, sous les regards défaitistes de ses amis. Quand elle avait une idée en tête, rien ne pouvait l'arrêter. En espérant que cela n'ait pas de retombées trop importante...