Bonsoir ! Bon, pour être tout à fait honnête avec vous, même si j'ai les idées, j'ai l'impression que mon écriture pour cette histoire baisse en qualité... C'est pourquoi j'ai mis autant de temps à sortir ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira tout de même.

Réponse aux guests :

Adenoide : Désolé, tu n'auras pas encore tes réponses dans ce chapitre mais merci de ton commentaire !

Merci à tous pour vos retours sur cette histoire, ça me fait très plaisir ! Bonne lecture !


Chapitre 8 : L'attaque

Les vacances de novembre approchaient peu à peu et Harry se trouvait face à un dilemme. Il ignorait où passer ces vacances d'hiver. Il avait bien envoyé un hibou aux Filipkovitch pour leur demander s'il pouvait les rencontrer à cette occasion mais il n'avait pour le moment pas eu de réponse, à sa grande déception. Il avait fait part de ce silence à Luna qui lui avait jeté une œillade désolée en expliquant que leur oncle était une personne imprévisible et qu'elle ne savait jamais ce qui lui passait par l'esprit. Mais elle lui avait demandé de ne pas désespérer pour autant. Plus facile à dire qu'à faire.

Il soupira, dépité, et attira l'attention de Drago qui était assis en face de lui, relisant son devoir de métamorphose. Ils s'étaient tous retrouvés à la bibliothèque pour étudier mais Harry n'avait décidément pas la tête à ça. Il capta le regard interrogateur de Drago et esquissa un petit sourire timide avant de lui expliquer son dilemme à voix basse pour ne pas attirer l'attention de Mrs. Pince.

-Je vois, déclara le blond, les sourcils froncés. Dans mon cas, je passe la première semaine dans notre résidence secondaire, en France. Blaise, Théo, Pansy et Daphné viennent aussi. Vous pourriez nous rejoindre. Notre résidence est sécurisée et le Lord noir ignore tout de son existence. Seule ma mère y loge en ce moment et je dois t'avouer qu'elle veut absolument te parler depuis qu'elle a reçu une étrange lettre. Elle n'a pas voulu me dire qui en était l'auteur mais je me doute que ça a un rapport avec ta mère. Et puis, ça me ferait plaisir aussi que vous veniez...

-Pour quelqu'un qui nous haïssait, c'est surprenant, le taquina Harry, néanmoins touché par la proposition.

-Oh la ferme Potter. Je te laisse en discuter avec Granger et Weasley.

-Discuter de quoi ? Intervint Ron qui avait totalement abandonné ses révisions.

Drago grimaça et réitéra sa proposition. Dire que le roux était sous le choc était un euphémisme. Il avait la bouche grande ouverte, abasourdi, et fixait Drago comme s'il était un extraterrestre. Harry se retenait tant bien que mal de ne pas éclater de rire au risque de se faire virer de la bibliothèque, mais c'était peine perdue. Il activa ses liens et se retint de rire à nouveau. Un filament mauve lilas brillait furieusement autour de Ron, prouvant son état de confusion intense. Un mauve plus doux, parme, se mélangeait au lilas et Harry sourit. Il commençait à bien maîtriser la signification des liens et le mauve parme représentait la surprise. Une surprise positive, inattendue.

-Mais... T'es sûr ? Enfin tu te rends bien compte de ta proposition ? Parce que nos familles se détestent... Et si ton père l'apprend...

-Père ne vous déteste pas. Ou du moins pas totalement. S'il s'amuse à vous dénigrer, c'est dans l'unique but de maintenir son rôle de Lord froid et supérieur. Il n'est pas vraiment comme ça, en privé... C'est son statut qui l'oblige à agir ainsi. Il n'adhère pas non plus aux idées du Seigneur des Ténèbres, au contraire... Mais il a été forcé par son père, plus jeune, à intégrer les rangs et il a toujours eu peur des retombées sur ma mère et moi si jamais le Lord apprenait qu'en vérité son bras droit ne partageait pas ses idéaux. Je sais que l'on a pas été tendre avec ta famille et je ne te demande pas de nous pardonner. Mais j'aimerais vraiment que nous surmontions ça.

-Tu sais que tu fais limite peur à ne plus être un petit con arrogant ? Soupira Ron dramatiquement mais Harry savait que c'était sa manière à lui de dire qu'il acceptait.

Drago grommela une série de mot incompréhensible en jetant une œillade noire au roux mais pour autant, il semblait plus détendu. Harry s'apprêtait à renchérir, lui aussi voulant taquiner le Serpentard, mais il se fit interrompre par une Ginny pétillante de joie. Elle semblait vivre une véritable idylle avec Dean et Harry était heureux de le constater. Il n'avait jamais vu son amie aussi belle et rayonnante. Des filaments jaune tournesol ne cessaient de danser dans les airs. Il jeta un œil en direction de ses amis et constata avec étonnement que le fils de Daphné se battait entre deux sentiments, deux couleurs : le vert anis et le rose saumon. Il ne s'était pas encore penché sur la signification des couleurs verte et orange car d'après son arrière-grand-mère, il s'agissait des deux pires couleurs, avec le noir, auxquelles on pouvait être confronté. Et ça lui faisait peur. Mais ce n'était pas la première fois qu'il voyait cette nuance de vert. Elle était déjà apparue avec Ron et Seamus. Il se demandait ce qu'elle voulait dire. Peut-être devrait-il enfin prendre son courage à deux mains et lire les dernières pages.

Elle salua gaiement le trio d'or et avec un peu plus de réticence les Serpentards et s'en alla rejoindre Dean qui l'attendait non loin de leur table. Harry vit Drago caresser tendrement le bras de Daphné et il sentit son ventre se tordre d'un sentiment qu'il haïssait. La jalousie. Il mit fin à sa vision des liens et baissa les yeux. Et si Drago aimait en vérité Daphné ? Alors même qu'il était son âme sœur ? Que pourrait-il y faire ? Rien. Il n'avait pas le droit de gâcher le bonheur des autres pour son propre bonheur. Il le savait. Mais c'était douloureux. Il espérait que ce ne soit pas ça, que Drago n'aimait pas Daphné de cette façon là.

-Harry, il y a un problème ? Demanda Pansy d'une voix doucereuse.

-Aucun, je viens de me rappeler que j'avais quelque chose à faire.

Il prit ses affaires et s'en alla, sans un mot pour ses amis.


Il marchait tranquillement dans les couloirs, sa tête embrouillée de question, quand il sentit quelqu'un l'empoigner fortement. Harry se retrouva face à Millicent Bulstrode, l'une des Serpentardes qui avait l'habitude de traîner avec Pansy et Daphné avant... Avant qu'elles et les garçons n'intègrent leur cercle d'amis. Harry tenta de sortir sa baguette, pas précaution, mais Millicent le désarma bien avant. Elle faisait une tête de plus que lui et avait une carrure bien plus puissante que la sienne. Ses yeux étaient noir, mauvais et Harry sentait qu'elle n'était pas là pour simplement le menacer. On voyait dans son regard une envie de blesser, de faire du mal. Harry appréhendait la suite des événements. Il n'était pas suffisamment fort pour se débattre contre elle à mains nues. Son dos rencontra durement le mur derrière lui, provoquant un frisson de douleur atroce dans tout son corps. Il sentait le souffle de Millicent à quelques centimètres de lui alors qu'elle posait ses mains sur son cou avec dureté.

Le pire dans tout ça, c'est qu'il n'y avait personne dans le couloir, comme si Millicent avait pris soin de l'attaquer dans un endroit où elle ne pourrait pas être vue. Il tenta d'activer sa magie sans baguette, mais il n'y parvint pas. Il ne s'était pas assez entraîné à la maîtriser. Plus les minutes passaient, plus l'étreinte autour de son cou gagnait en puissance. Si ça continuait, elle allait réellement l'étouffer. L'air lui manquait et ses poumons étaient douloureux. Il ne comprenait pas, qu'avait-il bien pu faire à la jeune fille pour mériter un tel traitement ? Il tenta de crier, d'appeler au secours, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Il était dans une sacré merde. Jamais il n'aurait du quitter ses amis, jamais il n'aurait du partir par simple jalousie. Mais cela aurait-il réellement changé quelque chose ? N'aurait-elle pas attendu un autre moment pour s'attaquer à lui ?

-J'comprends pas comment Turpin a pu te louper, avoua-t-elle avec une certaine surprise. J'comprends pas non plus pourquoi notre Seigneur te craint. T'es si faible Potter. Si inoffensif.

Turpin ? Son attaque était liée à celle de Lisa ? Il ne s'était donc pas trompé, l'explosion lui était vraiment dédiée ? Et puis... Millicent était une mangemort. Harry avait bien trop négligé ce problème depuis l'apparition des liens. Bien sûr que certains de ses camarades étaient du côté du mal, il s'étonnait même ne pas avoir subi d'attaque plus tôt. Mais là, il était sans défense. Que ferait-elle de lui après ? Le livrerait-elle à Voldemort ? Il devait trouver un moyen de se libérer, un moyen de récupérer sa baguette et de lancer un stupéfix à la Serpentarde. Il devait...

Il écarquilla les yeux en voyant les liens apparaître sans qu'il ne les ai activé. Ils brillaient tous d'une lueur incroyable, comme s'ils voulaient faire savoir au monde entier qu'ils étaient là, qu'ils existaient. Le filament de Millicent était partagée entre plusieurs couleurs bien que le noir, un noir sombre, aussi obscure que les ténèbres, prônait parmi toutes. Il capta néanmoins une nuance de noir différente, semblable à celle de l'encre et des paillettes de jacinthe. Des couleurs dont il ignorait tout.

Sans savoir comment, il parvint à se focaliser sur la couleur noir encre tout en priant pour que quelque chose se produise. N'importe quoi mais quelque chose. Il sentit un pouvoir immense l'envahir et des murmures lui souffler à l'oreille dans une langue inconnue. Une violente vague de désespoir s'intalla en lui avant de disparaître aussitôt. La jeune fille le lâcha dans un hurlement, ses membres tremblants furieusement. Elle prit sa tête entre ses mains, pleurant toutes les larmes de son corps, comme en proie à son tour à un immense désespoir. Seulement, à son contraire, le sentiment ne disparu pas. Harry tenta de s'approcher d'elle mais elle hurla à nouveau, ses larmes redoublants d'intensité. Une litanie de mot sans sens franchit la barrière de ses lèvres et elle donnait à Harry l'impression d'une poupée brisée. Il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer et il en était terrifié. Il commença à trembler à son tour, sans savoir quoi faire. Il était au bord de la crise de panique et l'état de la fille n'arrangeait pas la chose.

Il réussit à se calmer un minimum quand une main frotta son dos en signe d'apaisement. Il tourna sa tête en direction de la personne qui avait réussi ce miracle et découvrit avec un certain effarement son professeur de potion.

-Monsieur Po-... Jeune homme, pouvez-vous m'expliquer ce qu'il se passe ici ?

Le ton était prudent, dénué de sarcasme ou de méchanceté. Et Harry craqua.

-Je sais pas... Je sais pas ce qu'il vient de se passer... Elle a... Elle a essayé de m'étrangler et puis... Je ne comprends pas professeur, je suis désolé. Je suis désolé. Je ne sais pas comment j'ai fait ça. Je suis désolé.

-Calmez-vous, je vais envoyer votre camarade à l'infirmerie pour vérifier son état. Quant à vous, je pense que vous devriez aller voir le directeur et lui expliquer ce qu'il vient de se passer. Cela fait deux fois que vous êtes victime d'une attaque, ce n'est pas à négliger.

-El-Elle va s'en sortir, hein professeur ? Demanda Harry en fixant la fille toujours tremblant. Elle ne va pas rester comme ça éternellement ?

-Je l'ignore. Allez voir le directeur. Je vous informerais de l'état de Millicent plus tard, si cela peut vous rassurer. Le mot de passe est "citronnade pétillante".

Harry ne put répondre car le professeur de potions était déjà parti, emportant avec lui une adolescente paniquée.


-Harry, en voilà une bonne surprise, que puis-je pour toi ?

Harry entra dans le bureau, épuisé. Il avait peur que Millicent reste dans cet état pour toujours, et par sa faute. Car il était certain d'une chose, c'est que le soudain désespoir de Millicent était lié de près ou de loin aux liens qui lui étaient apparus. Il s'assit sur la chaise faisant face au bureau du directeur après que celui-ci le lui ai indiqué et prit sa tête entre ses mains. Il ne comprenait pas. Il était perdu. Complètement. Il sentit une main douce sur son épaule et leva les yeux pour croiser ceux teintés d'inquiétude de Dumbledore. Ce dernier approcha un mouchoir de son nez et Harry écarquilla les yeux en y découvrant du sang. Instinctivement il porta l'un de ses mains à son membre et constata qu'en effet, il saignait bel et bien.

-Harry, mon garçon, et si tu me disais ce qu'il s'est passé ?

-Tout s'est enchaîné si vite professeur... Je ne suis même pas sûr de ce qu'il s'est réellement passé. Millicent m'a attaqué et puis...

-Mademoiselle Bulstrode ? Dumbledore fronça les sourcils.

-Oui professeur... Elle est actuellement à l'infirmerie. Je l'ai... J'ai...

-Calme-toi Harry.

-MAIS JE N'ARRIVE PAS A COMPRENDRE ! D'abord Lisa, parce que j'en suis certain maintenant, ce n'était pas un accident, et ensuite ça ? Et comme si ce n'était pas suffisant, j'ai peut-être fait une chose horrible... Mais là encore, je ne suis sûr de rien...

Dumbledore soupira et se réinstalla à son bureau. Fumseck avait pris sa place au côté de l'adolescent, chantant des mélodies douces, comme pour l'apaiser. Le directeur croisa ses mains sous son menton.

-Harry, y a-t-il une chose que j'ignore à ton propos ?

Harry mordit sa lèvre nerveusement avant d'acquiescer. Et il raconta tout au directeur. Peut-être qu'un homme comme lui pourrait l'aider à comprendre ce qu'il venait de se passer ? Il n'avait pas voulu lui en parler jusqu'à présent, préférant garder ce secret pour lui et ses amis, bien que McGonagall soit elle aussi au courant. Mais il sentait que s'il ne le lui disait pas là, maintenant, cela pourrait lui porter préjudice.

Le directeur abordait à présent un visage sévère, dénué de toute joie ou de malice.

-C'est un pouvoir dangereux que tu possèdes là, Harry.

-En quoi voir des liens peut-être dangereux professeur ? répondit le brun avec désespoir.

-Ton pouvoir ne consiste pas seulement en la vision de liens, crois-moi Harry. J'ai rencontré une fille qui possédait ce don elle aussi, il y a bien longtemps, et c'est bien plus que ça. Connais-tu une personne qui pourrait t'aider à comprendre ce pouvoir ?

-Je pense, souffla Harry, ne voulant s'étendre sur le sujet de sa famille avec Dumbledore alors qu'il avait refusé de croire la mère de Luna quant à leur lien.

-Bien, assures-toi de voir cette personne le plus rapidement possible. C'est important Harry. De mon côté je vais tenter de comprendre ce qu'il s'est passé dans l'esprit de tes camarades. Et une dernière chose Harry, je souhaiterais que tu n'utilises pas ton pouvoir sur moi.

-Bien professeur.

Harry n'était pas sûr non plus de vouloir réutiliser les liens avant un moment. Il se leva, salua le professeur et s'en alla. Il fallait absolument qu'il établisse un contact avec les Filipkovitch.


-Tiens Harry.

Le brun sursauta. Il avait baissé sa garde, perdu dans ses pensées, et n'avait même pas entendu Luna approcher. Il jeta un œil sur l'enveloppe qu'elle lui tendait, un sourire rêveur aux lèvres. Il s'en empara avec précaution en demandant à sa cousine de quoi il s'agissait.

-C'est une lettre de Nastya. Notre cousine. Elle a répondu à la place de son père à ta lettre après que je lui ai fait part de ce que tu avais envoyé. Elle m'a dit de te demander d'excuser son père. Je te laisse, j'ai un cours.

Et elle repartit aussitôt. S'il n'avait pas la lettre entre ses mains, Harry aurait pensé à un rêve, mais non. Les apparitions de sa cousine étaient toujours particulières. Il ouvrit délicatement la lettre, appréhendant déjà le contenu. Et si elle refusait de le rencontrer ? Il chassa ses pensées. S'il le faut, il insisterait jusqu'à ce qu'elle accepte. C'était nécessaire. Il débuta sa lecture.

"Cher Harry,

Tu me permets de t'appeler Harry ? Cela fait tant d'années que je rêve de te rencontrer et je ne suis sûrement pas la seule de la famille. Mais mon père est une tête de mule et a toujours repoussé le moment de ta rencontre. Mais bien évidemment, tu es invité durant les vacances à venir nous rendre visite en Russie - d'ailleurs excuse-nous d'avance certains de la famille ne maîtrise pas aussi bien l'anglais que mon frère ou moi.

J'ai hâte de te voir, sincèrement, et je pense que nous avons beaucoup de choses à nous dire.

Entre détenteurs du don.

Nastya Filipkovitch."

Il soupira un soupir de soulagement. Il avait tant de question à poser à cette fille.