Bonjour ! Voici le neuvième chapitre de "Nos liens". Je vous remercie à tous de suivre cette histoire, ça me touche énormément ! Et je remercie aussi mes deux correctrices, Lyaku et Soso520.

Adenoide : Lisa Turpin est une Serdaigle et non une Serpentarde ^^ Mais oui, Harry aura de l'aide en Russie !


Chapitre 9 : Semaine au domaine Malfoy (Partie 1)

"Au fond, le vert n'a pas tant que ça de nuances à ma connaissance. Quatre seulement. Je suis certaine qu'il en existe plus en réalité, mais je n'ai été confrontée qu'à ses quatre là. Le vert feuille, l'anis, le kaki et le vert jade. Mon favori est sûrement le vert feuille puisqu'il symbolise l'un des plus beaux sentiments que la nature humaine ait créée. L'espoir. Cette émotion qui nous rappelle de ne jamais abandonner, de ne jamais sombrer dans le désespoir le plus total. C'est un sentiment que je retrouve souvent dans les liens. Tout le monde a de l'espoir au fond de lui, même le plus malheureux des hommes. L'espoir qu'un jour notre vie soit meilleure.

Les trois autres nuances de vert, quant à elles, sont différentes. Le vert jade n'est pas pour moi une couleur aussi négative que cela, mais elle n'est pas positive pour autant. Cette nuance apparaît quand une personne a besoin d'aide. Une aide qu'elle n'ose prononcer à voix haute. Une aide dont personne ne pourrait se douter tant elle le refoule intérieurement. La première fois que j'ai compris ce que pouvait signifier le vert jade, je n'ai pas su comment agir. Devais-je vraiment l'aider ou non ? Après tout, si elle ne demandait pas de l'aide à haute voix, c'est qu'il devait y avoir une raison, non ? Alors, je ne suis pas intervenue. Pas la première fois. Mais lorsque j'ai été de nouveau confronté à la situation, ça a été plus fort que moi. Et j'ai compris.

S'ils ne demandaient pas d'aide, c'était par peur ou par fierté. Peur des conséquences ou fierté en raison de leur réputation. Mais ce sont des personnes dans le besoin. Véritablement. Ce qui ne demande aucune aide sont souvent ce qui en ont le plus besoin. Il faut que tu sois attentif si jamais tu rencontres cette nuance, car souvent, nier son existence peut avoir de grandes conséquences. Je le sais mieux que quiconque.

La première personne, s'est suicidée. Elle n'a pas supporté les problèmes qui pesaient sur son cœur et elle est partie rejoindre les étoiles. Chaque jour je culpabilise, je me dis que j'aurais pu l'aider, mais je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait et jamais je ne pourrais rattraper mon erreur. Je m'en veux, terriblement. Mince, ce n'est pas simple d'en parler, même par écriture. Désolé à toi qui lis ces lignes, l'encre bave à cause de mes larmes. Et je me dis que les autres verts ne sont pas plus joyeux, hélas.

Le vert anis s'apparente à l'envie. C'est un sentiment vague, qui peut signifier plusieurs choses, je sais. Cela peut-être une simple envie de posséder ou d'avoir quelque chose mais ce n'est pas le cas ici. Si je devais comparer cette envie, je dirais qu'elle ressemble à une forme de jalousie. Cette couleur apparaît lorsqu'on envie quelqu'un, on le jalouse. Cependant, il y a plusieurs degrés, ici aussi. Parfois, ça va être simplement "oh il a de la chance, j'aimerais être à sa place", une petite pensée, sans réelle conséquence mais cette envie peut parfois prendre des proportions telles que la personne en vient à faire d'horribles choses à celui qu'elle jalouse. Je l'ai vécu et crois-moi, l'envie peut transformer même le meilleur des êtres en un monstre sans pitié. C'est ce qui s'est passé avec mon âme sœur...

Et puis, on a le vert kaki. Le dégoût à l'état pur. Peut-être que si une couleur devait me caractériser, ce serait celle-là. J'ai du dégoût pour ce monde, pour cette hypocrisie omniprésente, pour tous ces sentiments négatifs dont l'homme est constitué... Désolé, je m'emballe. Je crois que je vais m'arrêter ici. La prochaine couleur est le noir. Même si ce n'est pas une vraie couleur. Je me rends compte qu'à reporter sans cesse l'écriture de ces dernières nuances, je n'ai au final gardé que les pires pour la fin. Désolé...

Je suis désolée, pardon..."

Harry ferma brusquement le journal. Il avait l'intention de lire les dernières pages pour compléter les couleurs qu'il lui manquait, notamment le noir, mais il n'en avait plus la force. La douleur, sa douleur est tellement visible à travers ses mots qu'il sentait son cœur se briser au fur et à mesure de sa lecture. Ce don... On aurait dit qu'il l'avait fait plus souffrir qu'autre chose. N'aurait-il pas mieux été pour elle qu'elle reste dans le déni ? Harry ne savait pas... Il était effrayé par les découvertes qu'il pourrait faire à cause de ce pouvoir. Effrayé par le don lui-même. Il repensa à l'épisode avec Millicent et ses doigts se mirent à trembler aussitôt. Il n'en avait parlé à aucun de ses amis, il n'en avait pas eu le courage. Par peur sûrement. Que penseraient-ils de lui s'ils savaient qu'il avait brisé psychologiquement une de leurs camarades ? Ils seraient terrifiés par lui, comme il l'était par lui-même. C'était une certitude.

-C'est quoi ce livre ? Questionna Pansy, le sortant de sa torpeur.

Ils étaient tous entassés dans une cabine du Poudlard Express. Harry se trouvait entre Pansy et Drago sur l'une des banquettes, en face de Daphnée et Hermione qui parlaient avec passion d'un sujet qui le dépassait. Ron, Blaise et Théo étaient assis à même le sol, un échiquier devant eux. L'ambiance était agréable, à des lieux du chaos qui régnait dans l'esprit d'Harry. Il ramena le journal contre lui pour échapper à la curiosité maladive de Pansy. Il appréciait la fille mais depuis quelques temps, elle semblait étrange. Toujours à lui poser des questions sur tout et rien. Comme si elle cherchait à savoir quelque chose. Harry entendit Drago soupirer un "laisse-le tranquille Pansy" mais la fille y fit abstraction. Harry haussa les épaules.

-Un livre moldu.

-Moldu, hein...

Elle n'avait pas l'air très convaincue mais n'insista pas pour autant. Ils étaient bien, là tous ensemble et Harry hésita l'espace d'un instant de faire appel aux liens. Pour voir tous les sentiments positifs que pouvaient dégager ses amis, pour voir le lien rouge qui le rapprochait à Drago. Car plus le temps passait, plus son affection pour le blond grandissait. Il rêvait de plus en plus de lui, d'eux ensemble, mais il n'osait rien dire à son ami, de peur d'être rejeté. Il regarda longuement ses doigts. Un geste et ils apparaîtraient. Un unique geste. Mais l'image de Millicent lui revint en mémoire et il abandonna. Il ne voulait pas se risquer à blesser ses amis à cause d'un pouvoir dont il ignorait tous les effets. Il se fit une promesse : de ne plus user de ses liens sans bonne raison.

Ils arrivèrent en gare quelques heures plus tard. Drago avait convenu avec sa mère qu'ils prendraient un portoloin pour leur résidence en France, à l'abri des regards. En récupérant ses affaires, Harry fronça les sourcils. Il se tourna vers Drago et lui tira la manche, ce qui provoqua un haussement de sourcils chez son ami.

-Je n'y ai jamais vraiment pensé, mais tes parents n'ont pas eu de problèmes à cause de notre rapprochement ?

-Comment ça ? S'étonna Drago.

-Eh bien, chuchota Harry, par rapport à Voldemort. Il doit être au courant que nous sommes devenus amis.

Drago fit une petite grimace avant de prendre un air las.

-Il pense que c'est un stratagème mis en place par mon père pour que nous puissions récupérer des informations auprès de toi.

-Et c'est le cas ?

Harry avait dit ça sur un ton moqueur, pour le taquiner mais le blond s'énerva aussitôt.

-NON ! Bien sûr que non ! Je pensais que tu l'avais compris, que nous étions sincères...

La douleur dans la voix de Drago surpris Harry un instant avant qu'il ne le rassure en posant sa main sur son épaule.

-Je le sais, c'était juste une blague. De mauvais goût, je dois l'avouer. Désolé. Je ne voulais pas que tu le prennes mal.

-Y pas de mal. C'est juste que j'aimerais que tu nous fasses confiance... Que tu me fasses confiance.

-C'est le cas.

Drago chercha dans son regard une lueur pouvant contredire ses paroles mais il ne trouva rien de tel. Seulement de la sincérité et un autre sentiment dont il ignorait la signification. Alors il lui sourit, un sourire vrai, heureux. Harry le lui rendit. Ils se faisaient confiance. Ils en auraient presque ri si on le leur avait dit quelques mois plus tôt que cela serait possible. Ils restèrent là pendant quelques minutes, à s'observer, toujours souriant et Harry sentit son cœur battre un peu plus fort. Plus rien n'avait d'importance autour de lui, seulement Drago. Sous l'impulsion il s'avança, rapprochant son visage et ses lèvres de celles du blond. Il sentit son ami retenir sa respiration et Harry se demanda si c'était vraiment la chose à faire. L'embrasser. Et si Drago le rejetait ? Mais qui ne tente à rien n'a rien, n'est-ce pas ? Quelques centimètres, c'est tout ce qui les séparait. Mais Harry ne parvint pas à franchir cette ligne. Hermione venait de débouler à leurs côtés, leur demandant ce qui leur prenait tant de temps. Elle ouvrit sa bouche en grand en apercevant leur proximité.

-J'interromps quelque chose ?

Harry connaissait sa meilleure amie comme elle le connaissait. Il savait à quel point elle était loin d'être aveugle, il savait aussi qu'elle avait remarqué les regards qu'il lançait à Drago dès que celui-ci ne pouvait pas le voir. Il lui envoya un petit sourire triste.

-Non Granger, rien du tout, soupira Drago en récupérant ses valises avant de sortir de la cabine.

-Oh Harry je suis désolée, c'est juste que vous mettiez du temps et-

-Ne t'inquiète pas Hermione, c'est peut-être mieux comme ça.

-Mais-

-Allons-y.


La résidence était époustouflante. Le trio d'or était bouche bée tant la maison détonait avec l'apparence froide et hautaine des Malfoy, quand bien même il ne s'agissait que d'une façade. Elle était loin d'être hostile, au contraire. Drago les pria de les suivre, ce qu'ils firent, un peu intimidés. Il fallait avouer que malgré tout, la bâtisse était loin d'être petite et qu'elle en imposait. Mais rapidement l'attention d'Harry se détourna sur les centaines de fleurs qui agrémentaient le jardin. On aurait dit un océan de couleur tant les espèces étaient différentes.

-Ma mère lance un sort de conservation pour qu'elles ne flétrissent pas, même en hiver, renseigna Drago lorsque ses yeux se posèrent aussi sur les fleurs.

-C'est magnifique, souffla Hermione, émerveillée.

-Mère les aime beaucoup.

Sa phrase avait été dite avec une telle douceur, une telle tendresse qu'il était évident pour quiconque l'aurait entendu que Drago aimait sa mère. Harry sourit à cette constatation. Hermione examina les plantes, déballant tout son savoir sur chacune d'entre elles sous l'écoute attentive de Daphné et Théo qui semblaient réellement intéressés par ses dires. Ron et Blaise levèrent les yeux au ciel, se moquant gentiment d'eux. Si Ron taquinait Hermione, Blaise lui s'amusait à faire râler Théo et en les observant, Harry se questionna sur la nature véritable de leur lien. On aurait dit un couple en train de se disputer. Daphné secouait la tête, amusée alors que Pansy restait un peu en retrait, Drago à ses côtés. Mais cela ne les empêchait pas de sourire, amusés par les bêtises de leurs amis. Harry se sentit bien à cet instant et ne regretta pas d'avoir accepté l'invitation. Malgré tout, le rappel des événements avec Millicent était omniprésent. Son sourire s'effrita et il s'éloigna de ses amis pour découvrir les autres plantes que renfermait ce magnifique jardin.

Un peu à l'écart, il trouva un massif de fleurs, mélangeant à la fois asphodèles et lys. Le tout formait un arrangement magnifique et il était évident que la maîtresse de maison avait donné une attention toute particulière à cet endroit. Asphodèle et lys. Deux plantes qui rappelaient sa mère. Était-ce une coïncidence ? Il entendit des pas à ses côtés et s'attendant à être rejoint par l'un de ses amis, il ne se retourna pas, ses yeux rivés sur les fleurs resplendissantes. Ce n'est que lorsqu'une main gracieuse caressa les pétales d'un lys blanc qu'Harry se rendit compte qu'il s'était trompé. Ce n'était pas l'un de ses amis, mais bel et bien Narcissa Malfoy. Elle semblait bien plus épanouie et heureuse que les seules fois où il l'avait entraperçu. Elle abordait un fin sourire, ses cheveux blancs tressés retombant gracieusement sur son épaule droite. Si Drago partageait beaucoup de ses traits physiques avec son père, il n'en tenait pas moins de sa mère. Elle était vraiment belle. Harry eut un rougissement quand les yeux de Narcissa Malfoy se posèrent sur lui. Son regard était tellement tendre, tellement maternel, loin de tout ce qu'il aurait pu imaginer. Sa main quitta la fleur pour venir caresser la joue d'Harry avec une certaine hésitation.

-Tu as vraiment ses yeux.

Ce fut les premières paroles qu'elle prononça avant que ses yeux ne soient envahis par les larmes.

-Oh par Merlin Harry, si seulement j'avais su... Jamais nous ne vous aurions traité ainsi, je suis terriblement navrée. Je l'ignorais, j'ignorais tout... Lily... Oh ma pauvre Lily. Je ne savais rien, je pensais naïvement qu'elle s'était mise à me détester, à penser comme tous les autres alors que c'était le contraire... Je m'en veux tant.

-Madame Malfoy...

Narcissa secoua la tête tristement tout en s'écartant. Ses bras se refermèrent sur sa poitrine et elle semblait si fragile en cet instant. Harry ne savait pas comment agir. Un rire, proche du sanglot s'échappa des lèvres de Narcissa alors que ses yeux étaient de nouveau portés sur ses fleurs.

-Elle n'aimait pas qu'on la compare à une fleur. Elle disait toujours d'elles qu'elles n'étaient que des êtres fragiles, n'ayant pour elles que leur beauté. Lily ne voulait pas qu'on l'apprécie juste pour sa beauté, elle voulait être forte. Et elle l'était. C'était la personne la plus forte et la plus courageuse que je connaissais. Je l'admirais et être son amie était une joie pour moi. Seulement, après mon départ de Poudlard, j'ai connu des complications qui m'ont peu à peu séparé d'elle. Et du jour au lendemain, elle a cessé de me parler, de me donner de ses nouvelles. J'ai longtemps cru que c'était de ma faute, parce que je m'étais mariée à un mangemort, à un Malfoy et qu'elle pensait que moi aussi j'avais rejoint le côté sombre. Je suis désolée Harry, désolée de ne pas m'être rendue compte avant...

-Ne soyez pas navrée, Madame Malfoy. Nous ignorions tous les deux cela. Jusqu'à peu encore, je vous pensais vous-même mangemort. Mais j'ai compris que ce n'était pas le cas, en partie grâce à votre fils mais aussi grâce à ma mère. Car je sais que si elle vous avait accordé sa confiance au point de vous nommer comme marraine, il buta un instant sur les mots, tout ça lui apparaissant irréaliste, c'est que vous ne pouvez pas être quelqu'un de mauvais.

Elle sourit à travers ses larmes et même ainsi, elle était belle. Elle tenta de reprendre contenance, étant tout de même une Black en plus d'une Malfoy par alliance mais son air ne parut pas hautain pour autant. Non, il était juste doux.

-En tout cas je suis heureuse que Drago vous ait invité.

-Le plaisir est partagé, avoua Harry.

L'adolescent bougea ses doigts, simplement pour s'assurer qu'il ne se trompait pas. Comme il s'en doutait, ce n'était pas le cas. Le lien qui les liait Narcissa et lui était d'un magnifique bleu turquoise, mélangé au blanc de la sincérité. Drago les appela au loin et ensemble ils se dirigèrent vers le groupe d'adolescents.


-Wow c'est immense !

Ron tourna sur lui-même, époustouflé tant il était peu habitué à autant de luxe et de richesse. Bien que moins démonstratifs, Hermione et Harry se trouvaient dans un état similaire au sien. Leurs amis, eux, semblaient totalement dans leur élément et ce n'était pas sans raison. Ils étaient après tout, tous des héritiers de riches familles et ce genre de demeure devait être leur quotidien. Drago leur fit faire un tour rapide de la résidence en ne leur montrant que les pièces "essentielles" à cette semaine avant d'attribuer les chambres. Ron et Hermione ensemble, Blaise et Théo aussi. A cette annonce, les deux détournèrent les yeux mais plus personne n'était dupe, ils étaient bel et bien en couple. Le sourire narquois de Drago ne laissait planer aucun doute. Daphné et Pansy eurent le choix d'être séparée mais elles choisirent de rester ensemble. "Pour plus de fun" avait précisé Daphné avec un clin d'œil. Enfin Drago se tourna vers lui, un air un peu gêné collé au visage.

-Tu peux venir dans ma chambre si tu veux ou sinon y a une chambre juste en face de la mienne.

Harry n'eut pas le temps de répondre que Daphné intervint aussitôt, un sourire mystérieux aux lèvres.

-Oh allons Dray, tu ne vas pas laisser ce pauvre Harry s'ennuyer tout seul ! Regarde, nous partageons tous notre chambre, alors il paraît logique que vous le fassiez aussi !

-Je vois pas trop la logique dedans, avoua Ron dans un haussement de sourcils.

Hermione lui écrasa malencontreusement le pied, faisant gémir de douleur ce dernier.

-Je n'y vois pas d'inconvénients, si ça te va, déclara Harry timidement.

-Non, ça me va, répondit Drago sur le même ton.

Ils se sourirent innocemment. Blaise fit semblant de sortir les violons mais se stoppa bien vite sous le regard noir de Théo. Chacun s'en alla déposer ses affaires et Harry suivit Drago jusqu'à sa chambre. Il s'attendait à trouver un espace impersonnel, propre mais c'était loin d'être le cas. Des objets traînaient un peu partout sur le sol, allant du simple livre aux divers accessoires de Quidditch. Les murs de sa chambre étaient d'un vert pâle et son lit, comme les rideaux, revêtait les couleurs des Serpentard. Des dizaines et des dizaines de livres s'entassaient dans ses bibliothèques et les posters des meilleurs joueurs de Quidditch ornaient les murs. Si Harry doutait de la véritable passion du blond, ce n'était plus cas à présent. Il sourit devant le malaise de Drago.

-Ouais je sais ce que tu te dis, c'est pas du tout comme tu l'imaginais. En vrai je suis un peu bordélique...

-Et tu aimes le Quidditch.

-En effet, s'amusa le blond. Tu peux poser tes affaires dans le coin là-bas, n'hésite pas à t'étaler, après tout vu l'état de ma chambre, un peu de bordel en plus ou pas, ça ne changera rien.

-Et pour dormir ?

-Eh bien... Je me disais que si ça ne te dérangeait pas, on pourrait partager mon lit ?

-Pas très envie de ranger ta chambre pour faire de la place pour un matelas ?

-Grillé ?

Ils éclatèrent de rire. Drago était vraiment à des lieux de ce qu'il pouvait imaginer. Loin du petit aristocrate parfait qu'il imaginait, à ranger sa chambre de telle façon qu'elle semblerait toute droite sortie d'un magazine de décoration ou à se vexer des piques lancées à son encontre. Le rire de Drago était si clair, si joyeux qu'Harry sentit son cœur bondir de sa cage thoracique. Il était heureux de découvrir cette facette de Drago dont il ignorait, de voir qu'à leurs côtés, il abandonnait réellement son masque de garçon froid, arrogant et fier. Il n'était qu'un adolescent comme les autres, qui essayait d'oublier la guerre dès qu'il pouvait en riant simplement et en passant des moments avec ses amis. Et rien que pour voir ce sourire reposer éternellement sur les lèvres de son ami, il se sentait déterminé à mettre fin aux agissements de Voldemort. Car sa présence empêcherait toujours Drago d'être pleinement heureux, lui comme tous les autres Serpentard. Il se fit une nouvelle promesse : après sa visite chez les Filipkovitch, il commencerait à chercher tous les moyens susceptibles de vaincre Voldemort. Pour en finir une bonne fois pour toute.

Perdu dans ses pensées, il n'avait pas entendu Drago s'approcher. Il ne s'en rendit compte que lorsque les orbes mercures du blond se plongèrent dans les siennes.

-A quoi tu penses Harry ?

-Rien de très important.

Il acquiesça avant de prendre sa main dans la sienne. Il joua avec ses doigts un instant et Harry retint sa respiration. Il observa Drago s'amuser avec leurs doigts enlacés, faisant fi des frissons qui le parcouraient. Un pas et il pourrait combler la distance. Cette fois ils ne seraient pas interrompus. Un pas. Mais Drago recula, sans un mot. Il finit d'installer le reste de ses affaires en silence avant de lui annoncer qu'ils devraient rejoindre sa mère en bas. Harry était déçu mais surtout, il ne comprenait pas. Pourquoi Drago lui avait-il pris la main si c'était finalement pour reculer ? Son cœur se fissura de tristesse. Avait-il fait quelque chose de mal ? Il observa ses doigts mais secoua la tête. Il avait déjà utilisé ses liens pour vérifier ce qui le liait à Narcissa et il ne voulait pas reprendre de risques.

Il devait tenir sa promesse.


Pansy attendit patiemment que Drago et Harry descendent pour se lever de son lit. Daphné lui lança un regard mauvais mais Pansy n'y prit pas garde. Elle en avait rien à faire de ce que pouvait penser son amie. Elle voulait connaître la raison du comportement étrange d'Harry, elle voulait comprendre. Parce qu'en y réfléchissant, certains points lui paraissaient étranges. Elle voulait bien croire qu'Harry était une personne gentille et généreuse - il l'était réellement à ses yeux - mais il leur avait donné sa confiance bien trop rapidement. Comme s'il savait qu'il le pouvait. Elle, à sa place, ne l'aurait pas fait. Elle n'aurait pas offert sa confiance si facilement à des personnes qui ont pris soin de gâcher ses premières années de scolarité. Non, il lui aurait fallu des mois et mois avant que ces personnes obtiennent sa confiance. Mais pas à Harry. Et c'est ça qu'elle trouvait bizarre.

Daphné avait beau lui répéter que c'était Saint Potter, qu'il ne fallait pas qu'elle oublie à quel point Harry était comme ça, mais elle sentait que ce n'était pas la seule raison. Elle s'était demandé comment trouver une réponse à ses questions et elle avait eu une illumination dans le train. Le livre d'Harry. La façon dont il avait de le cacher à la vue des autres pendant sa lecture, son ton évasif lorsqu'elle lui avait demandé ce que c'était. Elle était sûre ce que livre pourrait lui apporter une réponse, aussi infime soit-elle. Alors une fois certaine que Drago et Harry n'étaient plus dans leur chambre, elle partit à la recherche du livre.

Elle fouilla le plus discrètement possible, replaçant à perfection les affaires qu'elle soulevait et au bout d'une dizaine de minutes, elle le trouva. Elle repartit aussitôt dans sa chambre et cacha le livre sous son oreiller. Il lui tardait de découvrir la vérité.