Bonjouuur ! Bon, la période de confinement ne semble pas me réussir étant donné que j'écris plus que je ne révise. Mais bon, voici le nouveau chapitre ! Je pense que certains seront déçu de la "confrontation" mais je pense qu'elle est mieux ainsi car c'est comme ça que je me serais imaginé à leur place. Je prie aussi actuellement pour n'avoir fait aucune incohérence (j'ai relu tous les chapitres deux fois mais on n'est jamais à l'abri).
Merci à mes deux correctrices ! Bonne lecture !
Réponse aux guest :
Adenoide : Elle a conscience d'avoir fait une bêtise, ne t'inquiète pas !
Pitite Sakure : Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira !
Chapitre 10 : Semaine au domaine Malfoy (partie 2)
Harry souriait, assis à même le sable. Contrairement à ce qu'il aurait pu penser, l'air était doux, pour un mois de novembre, si doux que lui et ses amis s'étaient permis de s'amuser sur la plage. Il n'allait pas jusqu'à se baigner, contrairement à Blaise et Ron, mais il aimait observer ses amis s'amuser et rire ensemble. Une scène qui n'aurait jamais pu avoir lieu, quelques mois plus tôt. Tous semblaient détendus, véritablement heureux de se trouver ici, loin de l'Angleterre et de la guerre qui ne saurait tarder. Même Narcissa se joignait quelques fois à eux pour profiter du soleil et de leurs rires. Harry et elle avait parlé, de Lily, de leur enfance et du fait qu'elle soit sa marraine. Harry commençait peu à peu à comprendre le choix de sa mère quant à sa gardienne tant Narcissa était à des lieux de l'image qu'il s'était toujours fait d'elle. C'était une femme forte malgré son apparence frêle, aux connaissances aiguisées et aux conseils avisés. Les seuls points qu'ils n'avaient pas abordés ensemble étaient la relation qui liait Serverus et Lily, le don de cette dernière et James. Lorsqu'elle avait prononcé son nom durant une anecdote, la femme s'était aussitôt fermée, une grimace haineuse déformant ses magnifiques traits. Elle s'était reprise, un sourire désolé aux lèvres. Depuis, tous deux avaient pris soin de ne plus parler de lui.
Le seul point noir à ce tableau était Pansy. Depuis les trois jours qu'ils étaient ici, la fille n'avait pas souri. Elle restait dans son coin, parlait peu et lui jetait des regards indéchiffrables. Harry ne comprenait pas ce soudain changement de comportement et s'en inquiétait. Elle était son amie et la voir aussi renfermée ne lui plaisait pas. Il était tenté d'user de ses liens pour comprendre, mais il se le refusait. Une semaine. Harry refusait de les utiliser pendant son séjour chez les Malfoy. Son pouvoir l'effrayait toujours autant mais ce n'était plus la seule raison. Il s'était rendu compte qu'il commençait à devenir dépendant de ce don, tellement que s'en était terrifiant. C'était comme si les liens l'appelaient, le suppliaient de les faire apparaître. Ses doigts le démangeaient sans cesse et il devait se retenir de ne pas les activer, juste pour faire taire cette sensation de manque. Il ressentait un besoin immense de s'assurer qu'il ne se trompait pas sur les sentiments des personnes qui l'entouraient, de se rassurer et Harry ne savait pas comment gérer tout cela. Il s'était dit à plusieurs reprises que le journal lui donnerait peut-être une idée de ce qu'il se passait, que son arrière-grand-mère avait elle aussi ressenti ce besoin mais il s'était convaincu de laisser l'ouvrage de côté pour cette semaine. De tenter d'oublier.
Il soupira en détournant son attention de sa main.
-Tout va bien ?
C'était Daphné. Elle lui souriait tendrement mais quelque chose dans son regard la dérangeait. Harry haussa les épaules et décala sur le côté pour faire de la place à la jeune fille. Ils furent bien vite rejoint par un Théodore ennuyé et mouillé de la tête aux pieds.
-Je les hais, grogna-t-il en désignant Blaise et Ron qui pouffaient à n'en plus s'arrêter.
-Je ne suis pas sûre que tu diras ça quand Blaise s'occupera de toi ce soir, s'amusa Daphné, un sourire coquin au coin des lèvres.
-Tais-toi Daph'.
Un silence agréable s'installa entre eux trois tandis qu'ils observaient leurs amis vaquer à leurs occupations. Blaise et Ron, qui semblaient s'être trouvés plusieurs points communs, faisaient une bataille d'eau, insensible à la froideur de l'eau et Drago et Hermione s'étaient installé un peu à l'écart pour faire leurs devoirs de vacances. Leurs devoirs. Harry se retint de lever les yeux au ciel. Lui les ferait comme d'habitude à la dernière minute.
-Où est Pansy ? Questionna Harry au bout de quelques minutes.
-Elle... Elle se repose dans notre chambre, elle ne se sentait pas bien.
-Je la trouve distante en ce moment, il s'est passé quelque chose ?
Daphné mordit ses lèvres avant de soupirer.
-Je pense que c'est à elle d'en parler.
-Tu as des nouvelles d'Astoria ? Demanda Théodore pour changer de sujet.
-Elle n'arrête pas de m'envoyer des lettres. Elle en veut à mes parents d'avoir refusé qu'elle nous accompagne.
-Elle devait nous accompagner ? S'étonna Harry.
Il fallait dire que depuis qu'il traînait avec les Serpentards, par une seule fois il n'avait croisé la sœur de Daphné. Elle avait deux ans de moins qu'eux et était connue pour être une jeune fille douce et timide en apparence mais rusée et dangereuse à l'intérieur. Elle ne ressemblait pas tant à son aînée avec ses cheveux châtains et ses yeux verts. Harry se demandait quelle genre de fille Astoria Greengrass était réellement. Daphné lança un regard complice avec Théo avant de répondre.
-Oui elle devait passer la semaine avec nous. Après tout, ma petite sœur fait partie du groupe ! Et je me doute que tu te demandes pourquoi tu ne l'as jamais vu avec nous dans ces cas-là. La réponse est simple mon cher Harry : tu l'intimide. Encore plus que Drago et pourtant, Merlin sait à quel point Astoria est mal à l'aise en présence de Dray.
-Je... L'intimide ?
-Oh oui ! Dès qu'elle a su que nous nous étions rapprochés de vous, laissant ainsi nos différends de côté, Astoria n'a pas su où se mettre. Les beaux garçons plus âgés et célèbres la mette dans tous ses états. Mais elle n'est pas superficielle pour autant, je ne voudrais pas que tu penses ça d'elle ! Elle est juste... Et bien, une gamine quoi. Et puis, elle n'est pas comme moi. Je n'ai aucun mal à aller vers les autres alors qu'elle, il lui faut un immense courage. Astoria a toujours été dans mon ombre, étant la cadette de la famille. Mes parents faisaient en sorte qu'elle ne se mette jamais en avant, qu'elle n'attire pas l'attention sur elle si bien qu'elle est devenue assez renfermée.
-Mais ça ne l'empêche de devenir une vraie démone dès qu'elle se trouve en présence de Blaise. Elle adore Blaise, tout autant que Blaise l'adore. Et honnêtement, maintenant que Ron est devenu le nouvel acolyte de cet abruti, je crains ce futur trio. On n'en aura pas fini avec leurs blagues.
-Oh par Merlin, ne m'en parle pas ! J'essayais de toutes mes forces d'ignorer ce fait, soupira théâtralement Daphné. Déjà que j'ai toujours en travers de la gorge la blague d'hier. "Oh mais Daphné, c'était pour rire". C'est sûr que des vers de terre dans un lit, c'est super marrant.
-Enfin tu les as bien calmé avec ton Tarrentallegra ! Ils te suppliaient même d'annuler ton sort tant leurs jambes étaient douloureuses !
Ensemble ils éclatèrent de rire.
-J'espère pouvoir apprendre à connaître ta sœur bientôt, Daphné.
La fille lui lança un sourire resplendissant.
-Pour sûr !
Ils avaient regagnés chacun leurs chambres pour se changer et se remettre à sec. Harry avait décidé de se joindre à ses deux meilleurs amis pour passer un moment seuls, tous les trois. Quand il l'avait annoncé à Drago, le garçon avait acquiescé avec un petit sourire. "C'est normal de vouloir retrouver quelques fois ses habitudes" avait-il dit en précisant qu'il en profiterait pour discuter un peu avec Pansy dont le comportement étrange l'intriguait. Dire qu'il y avait eu une grande évolution entre eux deux serait mentir mais Harry remarquait parfois les regards du blond sur lui et ils leur arrivaient de se frôler timidement, l'air de rien. Il n'avait pas osé questionner Drago sur sa soudaine distance, trois jours auparavant et pour être tout à fait honnête, il ne voulait pas le savoir. Il préférait profiter des petites attentions que Drago lui adressait même si au fond, il espérait bien plus. Il en avait assez de tourner en rond, d'attendre un signe de la part de Drago pour être certain qu'il faisait le bon choix, il se devait d'être courageux. C'est pourquoi il demanda impulsivement au blond s'il pourrait lui parler après avoir retrouvé ses amis. D'abord surpris, le garçon avait de nouveau acquiescé et Harry s'en était allé, aussi rouge qu'une tomate.
-Bon, et si on parlait sérieusement ?
Ron le sortit de ses pensées. Il se redressa sur ses coudes, le reste de son corps allongé sur le lit de ses meilleurs amis. Hermione le fixait tristement et le regard de Ron ne montrait aucune trace de plaisanterie ou de malice. Le roux se plaça face à lui, les bras croisés sur sa poitrine. Hermione s'installa en tailleur, à côté d'eux, l'un de ses doigts tortillant nerveusement l'une de ses mèches bouclées.
-Que veux-tu dire par là Ron ?
-Ce que je veux dire pas là ? Harry, t'es mon pote, mon meilleur ami, mon frère, tout ce que tu veux. On te connaît et on sait quand tu vas mal. Mais regarde ce que ça a donné la dernière fois que tu n'as pas balancé ce que tu avais sur le cœur. Tu dois nous dire ce qui ne va pas Harry, on est là pour t'aider.
-C'est vrai 'Ry, même si tu ris, même tu sembles vraiment heureux d'être là, on voit que quelque chose ne va pas... Je n'aime pas te voir comme ça. On t'a laissé assez de temps pour que tu viennes nous expliquer par toi-même ce qui ne va pas.
Harry baissa le regard. Il pensait pourtant l'avoir bien masqué mais, apparemment, ce n'était pas suffisamment pour tromper ses meilleurs amis. Ron avait raison : il devait le leur dire, il devait vider son sac, sinon, il ne se sentirait pas mieux. Garder pour soi une telle chose n'était peut-être pas une bonne idée au final, quand bien même il voulait protéger ses amis.
-J'ai eu une... Confrontation avec Millicent Bulstrode.
-Une confrontation ? Comment ça ?
-Elle m'a attaqué et...
-Elle t'a attaqué ?! Dans l'enceinte de l'établissement ?! Mais elle est complètement barge, pourquoi elle a fait ça ?
Ron était à la fois sous le choc et furieux. Hermione n'en était pas loin, elle non plus. Harry haussa les épaules.
-Elle a parlé de Voldemort mais je ne pense pas que ce soit l'unique raison. Elle a évoqué Lisa Turpin, comme si leurs actes étaient liés. Mais je ne sais pas pourquoi elles m'en voudraient autant.
-Pourquoi tu ne nous en as pas parlé Harry ?
-Parce que ce n'est pas tout... Il m'est arrivé quelque chose et je...
Ses mains commencèrent à trembler. En le voyant, ses amis saisirent chacun l'une de ses mains pour apporter leur soutien. Mais ce n'était pas suffisant. Harry avait besoin de plus pour parvenir à leur expliquer et ils ne mirent pas longtemps à le comprendre. Ron l'entoura de son bras, incitant Harry à reposer sa tête sur son épaule. Hermione se rapprocha d'eux pour caresser tendrement les cheveux d'Harry. Il inspira profondément. Et se lâcha enfin. Contrairement à ce qu'il pensait, ses amis ne le jugèrent pas mais leurs mines étaient sombres à présent.
-Il faut vraiment que tu rencontres cette Nastya, Harry. Ce nouvel aspect de ton don est certes dangereux pour les autres, mais il l'est peut-être tout autant pour toi et c'est ce qui m'inquiète moi.
-J'espère que ta cousine pourra nous éclairer, approuva Ron.
-Moi aussi... Mais par mesure de précaution, je ne préfère pas utiliser les liens durant cette semaine. On n'est jamais à l'abri d'une nouvelle perte de contrôle... Seulement...
-Seulement tu t'es habitué à cette utilisation, c'est ça ?
-Oui Hermy...
Hermione coinça son menton entre ses doigts et réfléchit. Ses pensées se portèrent sur le sac d'Harry, là où elle savait caché le journal de son arrière-grand-mère. Peut-être qu'en le lisant avec plus d'attention, elle pourrait découvrir quelque chose à propos de cette faculté inconnue. Elle fit part de son idée à Harry qui haussa les épaules, peu convaincu. Hermione quitta le lit et se dirigea vers la chambre de Drago, rapidement suivie par les deux garçons. Elle farfouilla dans le sac de son ami et fronça les sourcils en ne trouvant aucun journal.
-Tu lui a changé de place ? Questionna Hermione.
Harry secoua la tête, ses sourcils se fronçant aussi. Ensemble, ils fouillèrent la chambre à la recherche du livre, prenant soin de ne pas violer l'intimité de Drago en regardant dans ses affaires. Ils passèrent au peigne fin la chambre, regardant à nouveau dans le sac, puis sous le lit et enfin au sol. Mais rien. Le journal était introuvable. Ils se lancèrent un regard nerveux.
-C'est ça que vous cherchez ?
Drago était appuyé contre l'encadrement de sa porte, le journal en main. Malgré son air nonchalant, Harry remarqua une rigidité dans sa posture. Le regard du blond se posa sur lui et Harry se figea. Il y avait un mélange de colère et de trahison à l'intérieur.
-Je pense que tu as des choses à nous dire, Potter.
Harry oscillait entre deux sentiments en cet instant précis : la colère et la culpabilité.
En colère pour s'être fait voler son journal, par Pansy qui plus est. Elle l'avait avoué d'une petite voix en évitant à tout prix son regard. Énervé par la froideur dont faisait preuve Drago à son égard. Agacé de ne pas d'être rendu compte des soupçons de Pansy à son égard. Mais surtout, il était déçu. Déçu qu'une de ses amies ait pu tromper sa confiance. Néanmoins, le sentiment qui l'envahissait le plus, qui lui serrait le cœur, c'était la culpabilité. Peut-être aurait-il du leur en parler.
-Donc, si je comprends bien Harry, tu es capable de voir ce que chaque personne ressent, commença Théodore, le premier à prendre la parole depuis qu'ils s'étaient tous réunis dans le petit salon.
-En quelque sorte.
-Tu pourrais peut-être développer Potter.
Harry baissa le regard sous celui noir et glacial de Drago.
-Je... Je peux voir des liens de couleurs qui me relient aux autres et ces liens définissent la relation que j'entretiens avec la personne. Et puis je peux voir des filaments qui entourent chaque personne. Ils représentent leurs sentiments à l'instant T.
-C'est assez... Intrusif comme capacité, souffla Daphné.
Harry serra ses poings. Il savait qu'elle avait raison. Bien évidemment que cette capacité était intrusive, mais jusqu'à présent, il ne s'en était jamais préoccupé. Hermione et Ron n'avait pas vraiment fait de remarque à ce propos quand il le leur avait avoué. Et puis, il fallait être réaliste. Sans elle, il aurait toujours douté des Serpentards, jamais il ne leur aurait accordé sa confiance totale. Quoiqu'il commençait véritablement à remettre en cause cette confiance. Il avait beau tenté de se convaincre qu'il n'avait pas mal agi, qu'il n'avait pas choisi ce don, il se sentait coupable. Blaise se leva et s'étira, coupant court à ses réflexions.
-Ok, c'est vraiment moyen le fait qu'il sache ce qu'on ressent, moi-même ça me gêne un peu. Avouons-le Harry, si c'était toi à notre place, tu réagirais sûrement comme ça aussi. Mais bon les gars, c'est peut-être grâce à ce don qu'il nous a accordé sa confiance et que nous sommes devenus amis. Et contre des ennemis ça peut être super utile.
-Je suis plutôt d'accord avec Blaise.
Théodore acquiesça aux paroles de son petit-ami et de Daphné.
-Et bien moi ça ne me va pas, grinça Drago en se rapprochant d'Harry pour lui murmurer à l'oreille, tu t'es bien foutu de moi hein ? Tu savais ce que je ressentais et tu en as profité, je me trompe ?
-Je n'ai jamais-
-Moi non plus ça ne me plaît, renchérit Pansy en se levant brusquement. Ce n'est pas juste ! Ils savent exactement ce que nous on pense, ce qu'on ressent ! Ils savent... Ils savent à quel point on les apprécie maintenant.
La voix de Pansy avait faibli et ses lèvres tremblaient. Harry se rendit soudainement compte d'une chose : il s'était toujours assuré de la sincérité des Serpentards. Il lui arrivait parfois de regarder leurs sentiments quand ça l'intriguait. Mais jamais il n'avait vérifié si les Serpentard l'appréciait ou non. Jamais il n'avait tenté de voir les sentiments de Drago lorsqu'ils se parlaient. Pansy avait tord sur ce point. Mais avant qu'il n'ait le temps de se justifier, elle reprit la parole, cette fois les larmes aux yeux.
-Je suis désolée Harry, je n'aurais pas dû fouiller dans tes affaires, j'en ai conscience. Les autres ont essayé de me dissuader de chercher ce qui n'allait pas chez toi, mais moi je voulais comprendre. Comprendre comment tu avais pu nous accorder ta confiance aussi rapidement. Je ne voulais plus qu'on ait de secret les uns pour les autres, qu'on soit vraiment amis. De vrais amis. Mais si je ne l'avais pas fait, si je ne l'avais pas dit aux autres, est-ce que tu nous en aurais parlé ? Je ne crois pas. Et tu sais ce que ça veut dire ? Ça veut dire que tu ne nous fais pas réellement confiance en vérité ! Peut-être même que depuis le début, vous vous jouez de nous ! Parce que je suis certaine d'une chose, c'est que Granger et Weasley, eux, sont au courant ! J'ai l'impression que ce sera toujours vous et uniquement vous. Il n'y aura jamais de place pour nous, la preuve. Vous savez que nous sommes sincères avec vous, mais qu'en est-il pour nous ? Quelle certitude avons-nous ? Je refuse qu'on lise en moi comme un livre ouvert. Je... Je crois que je dois prendre l'air.
Elle se dirigea vers la sortie, sa respiration entrecoupée de sanglots. Daphné s'excusa en partant à la poursuite de son amie.
-Je crois que je devrais aller lui parler.
Hermione surpris tout le monde à ces mots et se leva à son tour pour parler à Pansy. Harry, lui, ne savait plus comment agir. Les paroles de Pansy l'avait touché plus qu'il ne le voudrait. Il tenta de parler mais referma aussitôt sa bouche. Il risqua une œillade en direction de Drago mais ce dernier semblait bouillonner de rage. Sans un mot, il s'en alla à son tour. Seuls restaient dans la pièce les quatre garçons.
-Je... Je suis vraiment désolé, bafouilla Harry, j'aurais dû vous en parler.
-Non Harry. Même si je dois avouer que je déteste savoir quelqu'un capable de lire en moi, je ne suis pas d'accord avec Pansy, soupira Théo en lui posant une main sur son épaule. Tu veux savoir ce que je pense ? Le fait que tu ne nous l'ais pas dit n'est pas une question de confiance. Je pense que tu n'étais simplement pas prêt, j'ai tord ?
Harry secoua négativement la tête. Théo avait raison. Il n'était juste pas prêt. Mais il aurait préféré que les choses se passent autrement.
-Drago, mon chéri, tout va bien ?
Il était rare que Narcissa retrouve son fils recroquevillé dans le bureau de son père. A vrai dire, il ne le faisait que lorsqu'il se sentait terriblement mal. Depuis tout petit, Drago avait pris cette habitude, sachant parfaitement que s'il se cachait dans cet endroit, alors tôt ou tard son père finirait par le trouver et le réconforter. Hélas, Lucius n'avait pas pu se libérer de ses obligations, le Lord étant de plus en plus nerveux quant à la fidélité de ses hommes. Pour les protéger, elle et leur fils, Lucius acceptait d'encaisser les Doloris et les sautes d'humeur d'un homme qu'il haïssait plus que tout. Mais bientôt il n'aurait plus à subir tout cela, Narcissa en était persuadée. Harry allait mettre fin aux agissements de Voldemort, ce n'était qu'une question de temps. Elle trouvait triste de placer tous ses espoirs dans un adolescent qui ne connaîtrait jamais une vie normale mais elle sentait qu'il était capable de vaincre l'homme qui hantait ses cauchemars. Néanmoins, pour le moment, elle avait d'autres préoccupations, notamment son fils.
Elle s'accroupit gracieusement à son niveau, prenant entre ses mains le visage de son fils adoré. Quand elle avait su que plus jamais elle ne serait capable d'enfanter après lui, Narcissa avait sombré dans une dépression. Quand bien même son mariage avait été arrangé, elle était sincèrement amoureuse de Lucius Malfoy et avait espéré pouvoir lui offrir une famille qu'ils chériraient à deux. Quand Drago était né, c'était l'un des plus beaux jours de leur vie. Narcissa s'était longuement imaginée offrir un petit frère ou une petite sœur à Drago mais les médecins avaient brisé tous ses espoirs. Elle se sentait misérable, pitoyable et s'en voulait de gâcher le plaisir d'avoir un second enfant à Lucius. Mais son mari ne lui en avait jamais voulu et grâce à lui et leur fils, leur si magnifique enfant, elle avait remonté la pente. Mais s'il y avait bien une chose qu'elle haïssait, c'était de voir des larmes contenues briller dans le regard de Drago.
Faisant fi de ses bonnes manières, elle s'assit aux côtés de son fils, à même le sol, et l'enferma dans ses bras. Elle savait qu'il ne fallait pas brusquer Drago, que s'il voulait lui parler, alors il le ferait. Ce qui ne tarda évidemment pas.
-Comment tu réagirais si Père avait toujours su que tu l'aimais grâce à un pouvoir mais jamais te l'avoir avoué ?
-Allons Drago, pourquoi poses-tu cette question ?
Drago pinça ses lèvres avant de souffler faiblement.
-Harry a une sorte de don qui lui permet de connaître les sentiments des autres maman. C'est Pansy qui l'a appris, pas de la meilleure manière qui soit, mais sans ça, je suis sûr qu'il ne nous aurait rien dit... Le problème, c'est que je crois que j'ai des sentiments pour lui... Et depuis quelques temps, il se rapproche de moi comme si... Comme s'il connaissait mes sentiments. Ce qui est sûrement le cas d'ailleurs.
-Et tu as peur qu'il se joue de toi ?
Drago acquiesça. Narcissa retint un soupir. Il fallait être aveugle pour ne pas comprendre les sentiments du jeune Harry pour son fils. Il était évident qu'il l'aimait, ses regards ne laissaient aucune place au doute. Mais elle comprenait ce que ressentait son fils pour l'avoir elle-même ressenti un jour. Elle sourit à cette simple pensée, comme chaque fois qu'elle se remémorait un souvenir avec Lily. Sa meilleure amie lui manquait tant.
-Tu sais, quand j'avais ton âge, j'avais une meilleure amie. Elle s'appelait Lily Evans.
-La mère d'Harry ?
-Exactement. Elle était mon exact opposé. Là où j'étais calme et soucieuse de mes bonnes manières, elle était débordante de joie et ne faisait guère attention aux regards des autres. Personne n'aurait pu penser qu'un jour nous deviendrons amies, pas même moi. Et pourtant, ça a été le cas et ce, durant de longues années. Peut-être qu'aujourd'hui encore nous aurions pu l'être si nous n'avions pas commis d'erreurs, chacune de notre côté. Mais quand bien même j'aimais profondément Lily, il m'est déjà arrivée de douter d'elle durant nos années à Poudlard, notamment lors de sa sixième année. Du jour au lendemain elle est devenue étrange, lointaine. Severus, ton parrain qui était à ce moment-là son plus proche ami, et moi, nous nous inquiétions pour elle. Mais au départ elle restait muette sur ce qui lui arrivait. Si bien que par moment, nous nous disputions. Nous voulions qu'elle nous parle, qu'elle nous fasse part de ce qui n'allait pas, mais elle le refusait. Severus est tombé un jour sur une discussion entre elle et votre professeur de métamorphose et nous avons eu connaissance de ce don.
-Le même qu'Harry ?
-Sûrement.
-Et comment as-tu réagi ?
-Je l'ai mal pris. En partie parce qu'il est vrai que ce n'est pas agréable qu'une personne puisse connaître chacun de nos sentiments, mais surtout par peur. Comme toi, je craignais qu'elle ne se soit jouée de moi. Bien sûr, c'était différent étant donné que nous étions déjà amies avant l'apparition de son don mais le doute persistait en moi. Difficile d'accorder son entière confiance à une personne capable de jouer de vous dans la mesure où elle connaît tous vos sentiments. Mais Lily n'était pas de ce genre-là. Si elle ne nous disait rien, c'était par crainte de notre réaction. Elle s'efforçait d'utiliser le moins possible son don, mais c'était parfois un besoin et une nécessité pour elle. J'ai compris qu'elle nous aimait sincèrement et qu'elle s'en voulait d'user de son don. Seulement, lorsque tu disposes d'une capacité pareille, tu as sans cesse l'envie de vérifier si tu peux faire confiance ou non à une personne car tu en disposes le pouvoir. Harry doit être dans le même cas. Moi j'ai décidé de faire confiance à Lily mais il ne tient qu'à toi de décider ce que tu veux faire avec Harry. Mais tu veux que je te dise une chose, Drago ?
Le blond hocha de la tête, prudemment.
-Je pense que tu n'as pas à t'en faire avec lui. Les regards qu'ils te portent ne trompe personne.
-Que veux-tu dire par là ?
-Je pense qu'Harry n'est pas indifférent à ton charme.
Sur ce, elle déposa un baiser sur le front de son fils et se releva. Drago ramena ses jambes contre son torse et passa le reste de la journée à réfléchir.
-Tu dors ?
Les paupières d'Harry papillonnèrent lourdement. Il était tard à en juger par la noirceur du ciel. Drago était debout devant son lit, le visage indéchiffrable. Harry, bien qu'à moitié ensommeillé, se douta de la raison pour laquelle le garçon l'avait réveillé. Sans un mot, il se releva du lit et partit en direction de la porte.
-Mais que fais-tu ? Questionna Drago, à moitié confus.
-Et bien, je vais dans une autre chambre. Je suppose que tu m'as réveillé pour me demander de partir, non ? Je comprends, ne t'inquiète pas. Je sais que tu crois que je me suis foutu de toi, mais saches juste que ce n'est pas le cas. Bonne nuit.
Mais avant qu'il ne franchisse la porte de la chambre, Drago le retint et l'invita à se recoucher. Harry abdiqua, bien que méfiant. Rapidement, les deux garçons se retrouvèrent allongés, face à face, le regard plongé dans celui de son homologue. Ils se dévisageaient en silence, seuls les rayons de la lune leur apportant un peu de lumière. Harry se demandait ce qu'il pouvait bien se passer dans l'esprit de Drago à cet instant. Lui en voulait-il encore ? Peut-être devrait-il s'excuser ? Harry secoua la tête en se rendant compte que c'était l'évidence même. Alors il le fit.
-Pardon.
Drago ferma les yeux un instant avant de les ré-ouvrir.
-Peux-tu être honnête avec moi ?
-Oui.
-As-tu déjà lu mes sentiments ?
-Quelques fois, mais simplement pour m'assurer que je ne me trompais pas sur votre compte. Je... Je n'ai jamais rien vu de plus.
-Alors tu ne sais pas quels sont mes sentiments en ta présence ?
-Non, je l'ignore. Cependant, je connais notre lien.
-Et quel est-il ?
Harry se mordit la lèvre du bas. Drago lui avait demandé d'être honnête, alors il le serait.
-Il faut d'abord que tu saches que... Que les sentiments que j'éprouve pour toi ne sont pas dû au lien. Il m'a peut-être aidé à comprendre mais ce que je ressens est bel et bien réel. Même si j'ai eu des doutes au début, j'en suis certain à présent. Notre lien... Nous partageons un lien d'âme sœur.
-D'âme sœur ?
Harry acquiesça. Drago lui sourit alors de manière ensommeillée.
-Je crois que j'aime bien l'idée, Potter. Mais sache que je ne te pardonne pas entièrement pour autant. Et j'aimerais que tu me préviennes quand tu utilises ce don sur moi.
-D'accord.
-J'espère que je fais le bon choix en t'accordant de nouveau ma confiance.
Harry ne dit rien. Drago venait de souffler sa dernière phrase en s'endormant. Harry sentit à nouveau la culpabilité lui broyer le ventre mais le visage tranquille de Drago l'apaisa. Il passa une main sur le visage du blond et l'embrassa sur le front. Ils auraient tout le temps d'en reparler. Pour le moment, tous les deux étaient véritablement épuisés. Harry ne tarda pas à rejoindre les bras de Morphée à son tour.
