Moi : Salut tout le monde ! Voilà enfin le premier chapitre bonus de cette fic ! Je suis vraiment très contente de pouvoir enfin le sortir, je l'ai en tête depuis longtemps et j'attendais impatiemment de pouvoir l'écrire ! n_n

Kyoya : J'suis pas dedans, champagne !

Moi : Ah, je vois que Ryu t'as raconté le chapitre X)

Ryuga : Il m'a limite harcelé pour en même temps…

Moi : Effectivement, ce chapitre est totalement centré sur Dashan ! Pas de Kyoya, pas de Ryuga, ils sont juste vite fait évoqués mais ici on parle de Dashan, Chaoxin, et leur fils adoptif, Liu ! ^^

Chris : C'est les vacances pour Kyoya XD

Kyoya : Je les ai pas volées.

Moi : Je précise que tout le chapitre est du point de vue de Dashan, oui je sais ça change du point de vue omniscient qui a été présent pendant l'intégralité de la fic X)

Ryuga : Je tiens à préciser qu'elle a procrastiné de ouf juste pour écrire ce chapitre, elle a un commentaire composé à rendre demain et elle l'a toujours pas commencé du coup.

Moi : Rooooh, j'ai tout l'aprèm pour faire ça ! T'inquiète donc pas pour moi X)

Chris : C'est beau tant d'abnégation à écrire des fanfics ! X)

Moi : Oui je sais ! Par contre je me dois de faire un petit TW ! Le chapitre contient des descriptions assez sanglantes/glauques car Dashan parle du jour où il a rencontré Liu. Si ça vous dérange, je vous rassure, ça ne dure que quelques lignes donc vous pouvez sauter directement jusqu'au paragraphe suivant !

Kyoya : Oui, Ryu m'a dit que tu t'étais un peu lâché avec ça.

Moi : J'essaie d'être réaliste, la barbarie n'a pas de filtres malheureusement…

Chris : Malheureusement oui.

Moi : Disclaimer ? ^^

Ryuga : Wonderinn ne possède pas MFB.

Moi : Merci Ryu ! Bon chapitre tout le monde n_n


Réponse aux reviews :

Coolio : Sakyo is a calm teenager, just like he was a calm kid ! ^^
Haha, it can't be Chris, he would be way too old to be in high school ! No, the blond teenager was nobody in particular, I just made him look like Draco Malefoy in the first Harry Potter movies X)
Ren is too funny pretending to be Sakyo's girlfriend, I loved writing that ! XD
Yeah, Sakyo was looking like Kyoya, that's true ^^

Komachu : Sakyo en rap contenders, prochainement ! XD

Marius X Maldeka : Aaaah, les préjugés ! Perso, j'aurais perdu mon calme aussi, mais en même temps je suis sanguine quand c'est sur ce genre de sujets ! X)
Ren à la rescousse ! XD
P.S : (Moi : C'est trop bon la tarte au potimarron, avec de la cannelle et tout *^* Zoro : On s'en fout. Moi : Avec toi Marimo, on s'en fout de tout j'ai l'impression XD)

Jinwrite : T'inquiète pas, c'est pas grave que t'oublies de laisser tes reviews ^^
En même temps, dans Shogun Steel Kyoya est complètement retiré du monde du BeyBlade pro vu qu'il est PDG de la Tategami Corp. ! Le fait qu'il l'évoque c'était une amorce vu que maintenant on passe à la période où Sakyo est ado ! Mais je suis d'accord, ça fait quand même bizarre d'imaginer Kyoya ne plus être un blader acharné XD
Je l'ai beaucoup trop entendu le « Et qui fait la meuf, LOOOOL ! »… Ça me donne des crises d'urticaire -_-
Je n'ai pas non plus fait de crise d'ado, ma sœur s'en est chargé pour deux, mais rien n'est moins sûr pour Sakyo X)


Vous savez, je ne suis pas quelqu'un de nostalgique, ni quelqu'un qui aime se replonger dans ses souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais. Je préfère vivre dans le présent, au jour le jour. Chaoxin c'est l'inverse, comme souvent. On est à la fois complémentaires et différents lui et moi, c'est bien pour ça que ça fait si longtemps qu'on est ensemble tous les deux et que ça marche toujours. Malgré le fait qu'il soit assez insupportable, oui… Je vous jure que je l'aime comme ça même si ça parait difficile à croire. Je l'ai même épousé, c'est dire à quel point je l'aime malgré tous ses défauts ! Bon, j'ai mis du temps pour le mariage c'est vrai, mais c'était pas de la mauvaise volonté. J'étais un peu…occupé. Ce n'est pas évident de préparer son mariage avec un métier comme le mien, je vous l'assure…

Pourquoi je parle de ça ? Parce que c'est bientôt l'anniversaire de notre fils, Liu. Il va avoir huit ans, c'est fou ce que le temps passe vite… Ça grandit vite ces petites choses, très vite, toujours trop vite aux yeux d'un parent. Bien évidemment, je suis très heureux de fêter l'anniversaire de mon fils, comme chaque année depuis qu'il fait partie de notre vie à mon mari et moi, mais… Mais justement, l'anniversaire de mon petit Liu m'amène toujours moi, celui qui vit dans le présent, à me replonger dans le passé. Le jour où Liu est justement entré dans ma vie… Quelle journée horrible et merveilleuse en même temps c'était. Horrible parce que j'ai vu des horreurs ce jour-là, des cadavres, du sang, des ruines partout, et qu'au milieu de tout cet immonde chaos j'ai trouvé un enfant de deux ans, quasiment un bébé, dont la vie jusque-là paisible et heureuse venait de partir en fumée, et merveilleuse…parce que justement, j'ai trouvé cet enfant. J'ai trouvé Liu.

Cela fait désormais presque six ans que Chaoxin et moi avons adopté Liu, pratiquement six ans qu'il est notre fils, notre petit ange chéri, et la vie de famille nous réussit beaucoup à tous les trois. Cependant, à chaque anniversaire de Liu, chaque anniversaire sans exception, je ne peux m'empêcher de repenser à cette maudite journée, aux horreurs que j'ai vues, à la terreur du tout petit garçon qu'était alors mon fils quand je l'ai extrait de cet enfer, au point de pratiquement en faire des cauchemars la nuit venue. Je sais que je ne pourrai jamais oublier cette journée, je ne suis pas naïf, mais j'aimerais sincèrement qu'elle cesse de me hanter le jour de l'année où mon petit garçon est le plus heureux du monde. Je suis censé être tout aussi heureux que lui en ce jour, mais à cause de ces putains de souvenirs, j'ai à moitié le moral plombé et je sens bien que Liu le sent chaque année. Je sens qu'il décèle chez moi qu'un tout petit quelque chose ne va pas, mais que ce quelque chose n'est peut-être pas si petit que ça. J'en ai assez. J'ai bientôt 37 ans, je suis un homme accompli, et je ne supporte plus de laisser ce souvenir pourrir chaque anniversaire de mon petit ange…

J'en ai parlé à Chao il y a quelques jours, je n'en pouvais plus de garder ça pour moi, ça commence à littéralement me pourrir, me gangréner de l'intérieur. Il m'a reproché d'avoir gardé ça pour moi si longtemps, que j'étais bête et trop fier, mais même s'il était effectivement agacé que j'ai joué les cachottiers et gardé ce problème pour moi, j'ai bien vu dans ses yeux qu'il était inquiet. Chaoxin peut jouer autant qu'il veut au je-m'en-foutiste et à la petite diva qui sait toujours tout mieux que tout le monde et qui a toujours raison, mais il sait très bien qu'avec moi ça ne marche pas parce que je connais le vrai lui. Derrière tout ça, il y a quelqu'un d'incroyablement aimant et inquiet, et ça fait partie de pourquoi je l'aime.

Vous savez, cette journée… Je ne l'ai jamais racontée à personne, pas en détails en tout cas, même pas à Chaoxin. Bien sûr, à lui il a bien fallu que je raconte quelque chose quand j'ai débarqué un soir à la maison avec un enfant dans les bras, mais je lui ai donné la version raccourcie et édulcorée de l'histoire, et il n'a pas cherché à en savoir plus. Il ne voulait pas en savoir plus, et moi je ne voulais pas qu'il en sache plus, tout le monde était content dans cette histoire, enfin je ne crois pas que « content » soit le terme adapté, mais vous avez compris l'idée.
Mon mari dit que c'est ça la cause de mes problèmes : le fait que je n'ai jamais vidé mon sac à propos de cette journée, d'à quel point elle m'a marquée au fer rouge. Il m'a demandé de le faire avec lui, de lui raconter les détails sordides de cette journée à peu près six ans après que je lui ai raconté la version « tout public », mais j'ai refusé. Il est hors de question que je raconte ça à Chao… En fait, je n'y arrive tout bonnement pas. Les mots pour décrire cette journée terrible refusent de sortir de ma bouche, j'ai la sensation qu'ils me brûlent la gorge quand j'essaie… Mais d'un autre côté, il a raison, j'ai besoin de vider mon sac, d'extérioriser tout ça d'une manière ou d'une autre.

-Eh bien, essaie de mettre tout ça à l'écrit alors, m'a proposé Chaoxin alors qu'il était en train de me masser les épaules pour essayer de me détendre. C'est une manière de vider son sac, mais comme ça cette histoire ne restera qu'entre toi et toi, sauf si après tu veux le faire lire à quelqu'un.

Sur le moment, l'idée m'a parue…je ne vais pas dire « bête », mais un peu inutile, sans effet. Et puis j'ai pris le temps d'y réfléchir un peu plus, et finalement je me suis rendu que ce n'était pas une mauvaise idée d'au moins essayer. C'est vrai, qu'est-ce que j'ai à perdre dans cette histoire ? Au mieux, ça fonctionne et je me sentirais apaisé, voire enfin libéré, au pire ça ne fonctionne pas et je vais simplement devoir me chercher un autre moyen d'extérioriser ce souvenir qui commence de plus en plus à s'apparenter à un petit traumatisme.

Me voilà donc ici, assis à mon bureau, en train d'écrire ces lignes dans un carnet vierge pour lequel je n'avais jamais trouvé d'utilité jusqu'à aujourd'hui. Je suis seul à la maison, Liu est à l'école et Chaoxin a rendez-vous avec son éditeur à propos de son prochain livre, ça me laisse libre de prendre tout le temps qu'il me faut pour écrire sans risquer d'être interrompu pour une quelconque raison. Je sens que je vais passer beaucoup de temps à chercher mes mots pour écrire exactement ce que je veux comme je le veux, donc heureusement que je suis seul pour un moment.

J'imagine que je ferais mieux de commencer par le tout début, niveau cohérence c'est quand même mieux. Il va donc falloir remonter à peu près six ans auparavant…

C'était au début du mois de juin, j'avais 31 ans à l'époque. Kyoya avait mis au monde son troisième enfant, Ryuho, un petit peu plus d'un mois auparavant, et comme pour Sakyo et Kiara avant lui, je faisais tout pour être le parrain le plus attentionné et aimant du monde avec mon troisième filleul. Ce n'était pas comme si j'avais à me forcer ou quelque chose, Ryuho était un bébé adorable, très calme. J'étais heureux de passer du temps avec lui, très heureux, mais je n'étais pas aussi présent que j'avais pu l'être pour Sakyo ou même Kiara, tout simplement parce que justement Sakyo et Kiara étaient là et avaient envie de passer beaucoup de temps avec leur petit frère, comportement normal pour un grand frère et une grande sœur. Sakyo avait 9 ans à ce moment-là et Kiara 5 ans, ils étaient déjà très complices et aptes à faire des bêtises tous les deux, mais aussi passionnés par ce nouveau membre de la famille. Ils adoraient déjà leur petit frère, c'était très mignon à voir.

Bref, la vie suivait son cours, tout allait bien, et puis un matin, alors que j'étais en chemin pour aller voir Chris, que je n'avais pas vu depuis quelques jours parce qu'il était un peu occupé avec ses propres enfants, Tsubasa m'a presque littéralement intercepté au détour d'un couloir, l'air très concerné pour ne pas dire inquiet. Tsubasa est quelqu'un de stoïque, toujours calme, toujours avec une expression neutre, donc le voir avec un air inquiet n'est vraiment pas rassurant, voire carrément affolant. Je lui ai demandé sans détour ce qu'il se passait pour qu'il ait l'air si inquiet, la réponse ne m'a vraiment pas enchanté, mais alors là vraiment pas.

Vous voyez, à l'époque, ça faisait à peu près neuf ans que la guerre entre Seiun et nous était terminée. Personne n'a été surpris que l'empire belliqueux s'effondre lentement sur lui-même à partir de ce moment-là, il était déjà à l'agonie depuis bien longtemps, en revanche tout le monde aurait préféré que son armée se disloque de la même manière, sans faire d'histoires, mais la vie n'est pas toujours conciliante. Les soldats de l'armée de Seiun n'étaient pas des soldats entrainés longuement pour la guerre comme ceux à mes ordres, c'était juste des psychopathes assoiffés de sang qui profitaient des conflits pour assouvir cette soif.

Quand Seiun s'est sérieusement effondré, son armée s'est disloquée mais ses soldats comptaient bien tout faire pour se venger de ceux qui avaient provoqué cette chute, c'est-à-dire nous. Ils ont formé des petits groupes suivant leurs affinités, des petits bataillons indépendants, et ils n'avaient qu'un seul but : causer le plus de problèmes possibles à Drächme. Avec mes hommes, nous les avons traqués pour protéger les habitants de notre empire, et le jour où Tsubasa est venu me voir avec un air inquiet, il ne restait plus qu'un seul de ces bataillons en liberté, le pire, le plus barbare. Et c'était justement au sujet de ce maudit bataillon de psychopathes que Tsubasa voulait me parler. Il avait encore frappé. Il avait attaqué un petit village situé à tout juste une heure à cheval de la capitale, c'était une putain de provocation en plus d'un acte de barbarie.

Mon sang n'avait fait qu'un tour, et une heure plus tard j'étais sur place avec une dizaine de mes hommes. C'était un carnage… Un putain de massacre. Les tarés de ce bataillon avaient massacré les habitants sans la moindre once d'hésitation ou de pitié et avaient incendié un nombre incroyable d'habitations et de commerces. C'était un bain de sang, de ce village paisible il ne restait que des ruines calcinées… Il régnait dans l'air une odeur horrible de cendres et de sang, encore aujourd'hui je peux la sentir dans mon nez si je me concentre. Une horreur…

J'avais vite donné ordre à mes hommes de fouiller les ruines à la recherche de survivants, et j'étais moi-même parti fouiller les décombres de mon côté. L'odeur de chair carbonisée était omniprésente partout, c'était infect… Ce n'était malheureusement pas la première fois que je sentais une odeur pareille, mais là elle était vraiment présente partout, elle était étouffante. J'avais beau être habitué, j'ai eu plusieurs haut-le-cœur, je me suis même dit à un moment que j'allais craquer et vomir mon petit-déjeuner. Sur mon chemin, tout n'était que ruines, je doutais sérieusement de pouvoir retrouver quelqu'un de vivant dans tout ce chaos. Ma colère et mon chagrin se mélangeaient en moi, j'étais à la fois furieux et dévasté. Tous ces innocents morts dans d'atroces souffrances parce qu'une bande de malades mentaux n'arrivaient pas à accepter que leur empire avait été défait et souhaitaient se venger en se comportant comme des ordures sans cœur et sans âme. Si l'un des tarés composant ce bataillon avait été dans le coin, croyez-moi, je l'aurais exécuté froidement et sans le moindre remord.

Et puis soudainement, alors que je me trouvais dans les décombres d'une habitation, pensant au temps que ça prendrait de reconstruire ce village vu les dégâts incroyablement importants, je les ai entendus. Des pleurs d'enfant, ou plutôt des pleurs de bébé… Ils n'étaient pas lointains mais ils étaient comme…étouffés. J'ai senti mon cœur se contracter dans ma poitrine quand j'ai entendu ces pleurs, ils étaient à vous briser en deux… Je sentais clairement la détresse et la terreur dans les pleurs de cet enfant, ce n'était et ce n'est toujours pas quelque chose que je supporte d'entendre. Je me suis donc mis immédiatement à la recherche de l'enfant qui pleurait, m'orientant comme je pouvais. En le cherchant, j'ai croisé deux corps calcinés, ils avaient visiblement été lardés de coups de couteau et ça empestait la chair brûlée et l'odeur métallique du sang. Je n'ai pas eu de mal à deviner que c'était les parents de l'enfant que je cherchais, ça m'a encore plus broyé le cœur… Je devais absolument retrouver ce petit, le sortir de là et l'emmener loin de ces horreurs.

Après avoir traversé des couloirs brûlés et saccagées, je suis finalement arrivé dans ce qui semblait avoir été une chambre, mais ce n'était pas une chambre d'enfant. Tous les meubles avaient été détruits ou renversés, c'était comme si une tornade était passée par là, mais miraculeusement il n'y avait pas la moindre trace d'incendie. Rien n'avait brûlé ici. Les pleurs venaient du placard de la pièce, c'était pour ça qu'ils me paraissaient étouffés, ils étaient étouffés par la porte en bois. Bizarrement, ceux qui avaient saccagé cette pièce semblaient avoir totalement ignoré ce placard, c'était pratiquement un miracle qu'ils n'y aient pas touché… J'ai ouvert la porte du placard lentement et très doucement afin de ne pas effrayer encore plus l'enfant qui s'y était caché, et c'est là que je l'ai vu…

Roulé en boule sous des manteaux bien rangés, il y avait un petit garçon aux cheveux noirs comme du charbon qui pleurait et pleurait sans s'arrêter, serrant fort contre lui un cheval en peluche gris. Il n'était vêtu que d'un simple t-shirt jaune qui semblait très léger, sur lequel avaient été brodés les mots « Rêve en cours… » avec du fil vert, et d'une couche tout ce qu'il y avait de plus simple. C'était Liu, mais à ce moment-là je ne connaissais pas encore son nom. Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre comment il s'était retrouvé dans ce placard. Il était en train de dormir paisiblement dans sa chambre quand ces tarés d'anciens soldats de l'armée de Seiun ont commencé à attaquer le village, alors l'un de ses parents l'a sorti de son berceau et l'a caché ici pour le protéger. Cette idée me fendait le cœur, autant que l'âge qu'il semblait avoir. C'était encore un bébé, je ne lui donnais pas plus de deux ans…

J'ai eu un léger instant de panique en voyant une espèce de tâche foncée sur l'épaule droite du petit, j'ai cru qu'il s'était blessé et qu'il saignait, mais je me suis vite rendu compte avec soulagement que ce n'était qu'une tâche de naissance qui avait la vague forme d'une éclaboussure. En dehors du choc psychologique, Liu semblait aller bien, ça me rassurait un peu. Comme je n'avais fait aucun bruit, il ne m'avait pas remarqué, il pleurait trop pour ne serait-ce que me voir. J'avais envie de le prendre dans mes bras pour le rassurer mais je craignais de lui faire peur…

-Hé, petit… ? L'ai-je appelé doucement.

Un petit cri effrayé m'a répondu et il s'est mis à pleurer de plus belle, se roulant encore plus en boule contre le mur du fond du placard pour me fuir. Ça m'a fait mal au cœur qu'il soit si effrayé…

-Je n'te veux aucun mal petit, ne pleure plus, lui ai-je dit, ne m'approchant pas pour ne pas encore plus l'effrayer. Je m'appelle Dashan, je suis le commandant en chef de l'armée de Drächme, je ne suis pas comme les méchants soldats qui sont venus ici…

Ça a semblé le calmer, ses pleurs se sont un peu atténués et il a tourné la tête vers moi avec un air…à la fois effrayé et plein d'espoir. J'ai pu enfin voir ses yeux, ils étaient très rougis par les larmes mais je n'ai eu aucun problème à constater que le petit avait des yeux vert cuivré. Je me rappelle avoir pensé qu'ils ressemblaient à mes propres yeux.

-Partis… ? M'a demandé Liu d'une toute petite voix brisée par les sanglots. Même si ce n'était qu'un seul mot, j'avais compris ce qu'il voulait me demander.

-Oui, les méchants soldats sont partis, tu n'as plus rien à craindre, lui ai-je répondu avec un air confiant. Tu veux bien venir avec moi ? Je vais t'emmener quelque part où tu seras en sécurité et où on prendra soin de toi.

Il a semblé hésiter quelques secondes et puis il a fait « oui » de la tête et il est venu vers moi en marchant à quatre pattes, gardant bien sa peluche contre lui. Une fois assez près, je l'ai pris dans mes bras avec douceur et je l'ai serré contre moi pour le rassurer. Faire un câlin à quelqu'un qui porte une armure n'est pas vraiment agréable, c'est un peu dur, mais ça ne semblait pas déranger Liu. Il avait l'air rassuré d'être dans les bras de quelqu'un qui lui manifestait de la tendresse.

Je ressentais une peine incommensurable pour ce petit… Il avait littéralement tout perdu en l'espace d'une journée… Ses parents, sa maison, son village, sa vie paisible et tranquille, tout… Je trouvais d'ailleurs étrange et un peu inquiétant qu'il ne réclame pas ses parents. Soit il était trop chamboulé pour y penser, soit il avait entendu des choses qu'un bébé n'aurait jamais dû entendre et il savait au plus profond de lui que ça ne servait à rien de les réclamer… Cette idée me remplissait de tristesse et de haine. Ce n'était qu'un bébé innocent et il avait littéralement vécu l'enfer, j'avais tant de peine et de tendresse pour lui et tant de haine à l'encontre des malades mentaux qui avaient fait ça. J'allais les faire payer, oh ça oui. Mais en attendant, il fallait surtout que je sorte Liu d'ici et que je le ramène à la capitale.

-Écoute-moi petit, on va sortir d'ici et je voudrais que tu gardes bien les yeux fermés, ai-je dit, le gardant bien contre moi. C'est très important, et je voudrais que tu ne les rouvres que quand je te le dirai. D'accord ? Tout va bien se passer, je te le promets, c'est tout ce que tu dois faire.

Liu n'a pas posé la moindre question, il a juste hoché la tête contre moi et a fermé les yeux très fort, serrant encore plus sa peluche de cheval gris contre son cœur. Je l'ai serré fort contre moi pour le rassurer, enfin pas trop fort non plus, je ne voulais pas lui faire du mal, et je suis sorti de la chambre, marchant le plus vite possible pour sortir de cette maison de l'horreur. Il était hors de question que Liu puisse ne serait-ce qu'apercevoir l'état de sa maison, ou pire, les corps de ses parents… Il était déjà assez traumatisé comme ça, hors de question de lui faire subir encore plus de chocs.

Je me suis tellement dépêché qu'en moins d'une minute nous étions hors des ruines de la maison, à l'air libre. Cette fichue odeur de brûlé était toujours présente, mais c'était bien moins étouffant que dans la maison. Liu était toujours serré contre moi, les yeux fermés, attendant que je lui donne le signal pour les rouvrir. Ce n'était pas encore le bon moment, autour de nous tout n'était que chaos et désolation. J'avais donc pris la décision de ne lui dire de rouvrir les yeux qu'une fois qu'on serait sorti du village et que je serais sur mon cheval, en direction de la capitale. Il fallait que je retrouve mes hommes maintenant, il était plus que temps de partir. Cet endroit me pesait trop sur le cœur et le moral, et il était clair qu'il n'y avait que très peu de survivants. Si mes hommes avaient réussi à en trouver, ce serait vraiment un miracle…

-Dis-moi petit, comment tu t'appelles ? Ai-je demandé au petit garçon sur le chemin, voulant lui changer les idées.

-Liu… m'a-t-il répondu, les yeux toujours fermés et blotti contre moi.

-C'est un joli nom, lui ai-je dit avec un petit sourire qu'il ne pouvait pas voir. Et tu as quel âge ?

-2 ans… m'a-t-il répondu une nouvelle fois.

C'était bien ce que je pensais, mais l'entendre de sa bouche avait quand même réussi à me serrer le cœur. Seulement deux ans, et sa vie était partie en fumée… Quelle horreur. Il fallait vraiment qu'on parte de cet endroit.

Rapidement, j'ai retrouvé mes hommes, et j'ai immédiatement deviné à leurs expressions qu'ils étaient eux aussi éprouvés et qu'ils n'avaient pas trouvé de survivants. Liu était visiblement le seul rescapé de ce massacre… Mes hommes étaient à la fois soulagés et tristes que j'ai retrouvé cet enfant, et comme moi ils avaient envie de partir le plus vite possible. Nous sommes donc vite sortis du village pour remonter sur nos chevaux et nous mettre en route, direction la capitale. C'est à ce moment-là que j'ai dit à Liu qu'il pouvait rouvrir les yeux, mais il ne l'a pas fait. Le pauvre, il était tellement exténué par ses émotions qu'il avait en fait fini par s'endormir dans mes bras sans que je m'en rende compte… Une fois remonté sur Zurafa, j'ai pris ses rênes dans ma main droite pour le diriger, mon bras gauche étant déjà occupé à serrer Liu pour le garder bien contre moi, et moi et mes hommes nous sommes mis en chemin, partant loin de ce village fantôme.

Une heure plus tard, nous étions de retour à la capitale, soulagés d'être loin, très loin du village dont nous revenions. Dans mes bras, Liu dormait toujours, visiblement pas du tout dérangé par les mouvements de mon cheval. Il devait vraiment être très fatigué. J'étais un peu…soulagé de le voir dormir parce que comme ça, il avait l'air apaisé.

Après avoir réglé plusieurs formalités, des rapports de mission et ce genre de choses, toujours avec Liu endormi dans mes bras, je me suis dirigé vers l'orphelinat de la capitale. C'était là que je devais emmener le petit, je le savais, là-bas il serait en sécurité, on s'occuperait bien de lui et on s'attèlerait à lui trouver une famille aimante et attentionnée, mais…au fond, ça me faisait un petit pincement au cœur. En à peine quelques heures je m'étais énormément attaché à Liu, j'avais envie de le protéger de toutes mes forces, de le garder avec moi, mais je savais que ce n'était pas comme ça que les choses devaient se passer. Enfin, à l'époque je le croyais.

Quand je suis arrivé à l'orphelinat, Liu s'était réveillé mais je n'avais pas remarqué car j'étais perdu dans mes pensées. J'ai expliqué à des bénévoles la situation, ils m'ont assuré que je n'avais pas à m'en faire et qu'ils allaient très bien s'occuper du petit, ce dont je ne doutais absolument pas, et puis ont voulu me le prendre des bras. Et là, comme on dit, c'est le drame.

Moi qui pensais que Liu dormait encore, j'ai été sacrément surpris de l'entendre soudainement crier à pleins poumons, pleurant de nouveau et se débattant pour rester contre moi. Les bénévoles aussi ont été très surpris, ça je vous l'assure. Je l'ai vite bercé pour le calmer, pour qu'il arrête de pleurer, et j'ai essayé de lui expliquer qu'il ne risquait rien, que les gens qui essayaient de le prendre dans leurs bras étaient gentils et ne lui voulaient aucun mal, il refusait catégoriquement de quitter mes bras. Comme j'avais expliqué la situation de Liu aux bénévoles, ils ont été très compréhensifs et m'ont dit que pour l'instant il valait mieux que je le garde avec moi car il était fragile psychologiquement et que j'étais probablement son seul repère réconfortant et rassurant. Croyez-moi, j'étais loin d'être embêté par cette situation, mais je ne savais pas comment Chaoxin allait réagir lui, et ça m'inquiétait un peu… Le pauvre, j'imaginais sa tête quand il allait me voir rentrer avec un bébé dans mes bras… Mais ce n'est pas comme si j'avais réellement le choix, je ne pouvais tout simplement pas abandonner Liu alors qu'il avait besoin de moi, je n'aurais plus jamais été capable de me regarder dans une glace si j'avais fait une chose pareille.

Bref, c'est donc comme ça que je me suis retrouvé à rentrer chez moi avec un enfant de deux ans et des affaires que les bénévoles de l'orphelinat m'avaient donné pour que je puisse prendre soin du petit le temps nécessaire. Je savais que Chao était à la maison et j'étais en train de méchamment me prendre la tête sur la réaction qu'il pourrait avoir, mais j'essayais de ne rien en laisser paraître pour ne pas inquiéter Liu. Je ne peux pas dire qu'il avait l'air heureux de rentrer avec moi, ce n'est pas vraiment le terme qui convenait à ce moment-là, mais en tout cas il avait l'air rassuré. Moi j'étais clairement moins rassuré quant à la réaction de mon mari… Je ne vous raconte pas ma surprise quand, après être rentré et avoir expliqué toute la situation à Chaoxin avant même qu'il n'ait eu le temps d'en placer une, la seule réaction de ce dernier a été de me dire « D' accord » et de se présenter au petit. Je vous jure, il m'aura tout fait Chao, mais c'est bien pour ça que je l'aime.

De fil en aiguille, ce qui ne devait être qu'un hébergement temporaire le temps que Liu se remette de ses émotions et accepte de se détacher de moi s'est transformé en adoption officielle. Liu refusait toujours d'être séparé de moi, il s'était aussi attaché à Chaoxin, et mon mari et moi nous étions également bien trop attachés au petit pour le laisser partir. Je sais que c'est peu commun comme histoire, mais de toute façon il ne se passe jamais rien de commun pour mes amis et moi j'ai l'impression.

Mmh, je crois que j'ai fini, je ne vois rien à ajouter en tout cas. J'ai raconté cette fameuse journée, c'est ce que je voulais, et je dois avouer que je me sens plus…léger. Je pensais que ça ne marcherait pas vraiment de retranscrire mes tourments à l'écrit, eh bien j'avais tort. Je me sens mieux. Je pense qu'il faudra encore un peu de travail sur moi-même avant de complètement m'en remettre, mais j'ai plutôt bien entamé le travail. J'ai bien fait d'écouter Chao, enfin mieux vaut que je ne lui dise pas parce que sinon il va devenir intenable… Ah tiens, je crois que je viens de l'entendre rentrer d'ailleurs. Sacré sens du timing. Bien, je pense donc que je peux conclure ici. Je sens que mon très cher mari va me demander comment ça a été et s'il avait raison de m'avoir suggéré de faire ça. Il ne changera jamais, et tant mieux d'ailleurs, parce que je l'aime comme ça et je n'ai aucune envie qu'il change. J'aime ma famille comme elle est.

Fin


Moi : Fin du bonus ! J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre et écrire du point de vue de Dashan ! Ça m'a changé et c'était très cool ! n_n

Chris : Pauvre Liu, décidément t'es vraiment sadique hein… :'(

Kyoya : Tu le découvres que maintenant ? -_-

Moi : Je saiiiiiis ! n_n

Ryuga : Du coup ce sera sur quoi le prochain bonus ? On peut avoir un petit indice au moins ?

Chris : Bizarrement t'as l'air de bien aimer cette fic contrairement à Kyoya XD

Ryuga : Pas vraiment, je suis surtout curieux.

Moi : Je veux bien donner un indice ! Le prochain bonus sera centré sur un pari entre Ryuga et Chris ! Je n'en dirai pas plus ^^

Chris : Ah yes, je serai de retour !

Moi : Bon je sais pas quand il arrivera, haha toujours le boulot, mais j'espère pouvoir vous l'amener dans deux ou trois semaines ! ^^

Kyoya : Non mais te presse pas hein…

Moi : Je sais que tu veux que je te laisse tranquille, mais n'y compte pas trop Kyo ! Laissez les reviews de l'amour chers lecteurs, et à jeudi pour le prochain chapitre de La vie ordinaire d'une famille presque ordinaire ! n_n