Ouf, je suis dans les temps ! Bon, je l'avoue, j'ai écris le chapitre hier et je l'ai corrigé aujourd'hui. Mais je suis toujours plus impliquée dans mes histoires quand je les publie au même rythme que je les écris. En tout cas je n'abandonne jamais en route, alors rassurez vous !
Rating : T
Tout appartient à J.K Rowling
Chapitre 6
Quidditch
Draco s'appuya contre la vitre glacée de son compartiment. D'ici, il pouvait voir les élèves se rassembler sur le quai. Il était arrivé en avance pour se trouver une bonne place tout au bout du train, certain que personne n'oserait s'installer près de lui. Il s'assurait ainsi un voyage tranquille. Trop tranquille, peut-être, puisqu'il se retrouvait seul avec ses pensées. Et on ne pouvait pas dire que les pensées de Draco étaient très joyeuses.
Ne supportant plus le mal-être qui lui collait à la peau, il se leva d'un bond pour saisir sa valise dans le panier à bagages. Il l'ouvrit sans ménagement, plein de mépris envers cet objet dont la qualité était indigne d'un Malfoy, et fouilla un instant pour trouver l'enveloppe qu'il y avait dissimulée. Une fois qu'elle fut entre ses mains, il retint son souffle. Étais-ce vraiment une bonne idée ? Probablement pas. Mais peut-être qu'en relisant la lettre qu'il avait écrit à son père à la fin de ses vacances, il parviendrait à faire le point sur ce qu'il ressentait.
Il s'installa donc sur la banquette, froissa nerveusement le rebord du parchemin, et se lança dans sa lecture.
Papa,
Ce sont probablement les vacances les plus bizarres de toute ma vie. Maman ne se sert plus de la magie et c'est bizarre. Andromeda ressemble à Bellatrix et c'est bizarre. Je ne déteste pas Teddy autant que je m'y attendais et c'est bizarre. Maman parle avec Andromeda le soir pendant des heures et c'est bizarre. Teddy se métamorphose pour me ressembler à chaque fois que je suis avec lui et c'est bizarre. Andromeda prend soin de Maman et c'est bizarre. Andromeda m'a dit que j'étais un « bon garçon » et j'ai ressenti quelque chose de bizarre. Je voudrais rentrer au Manoir. Je voudrais que tu sois là. Je voudrais que rien de tout ça ne soit arrivé.
Et c'est la seule chose qui n'est pas bizarre.
Draco poussa un profond soupir. Il avait perdu tant de choses. Sa famille avait perdu tant de choses. Il ne savait pas à quoi se raccrocher, ni sur qui il pouvait compter. Et si Andromeda se retournait contre sa sœur ? Elles n'étaient proches que depuis peu de temps, après tout. Et si la paix ne durait pas ? Teddy allait grandir, apprendre l'histoire de ses parents… Un jour, la vie que sa mère était en train de construire s'écroulerait.
Alors il n'y avait qu'une seule solution ! Il devait poursuivre ses efforts, être un bon élève, et trouver un travail convenable pour s'assurer de pouvoir prendre soin de sa mère. Avec toutes ces bonnes résolutions en tête, il remit la lettre à sa place, repoussa la valise et s'autorisa à se détendre un peu.
Mais il eut à peine le temps de retrouver une respiration calme et apaisée que la porte de son compartiment s'ouvrit brutalement. Il sursauta vivement, étonné de voir Blaise Zabini apparaître devant lui. Ce dernier lui adressa un sourire chaleureux.
"Puis-je rester en ta compagnie ?" demanda-t-il pompeusement, en accompagnant la question d'une petite toux polie. "Une des sœurs Patil - je ne sais vraiment pas laquelle - me poursuit pour me demander de l'accompagner à la prochaine sortie à Pré-Au-Lard."
Draco fit signe à Blaise de s'asseoir face à lui, tout en lui rendant son sourire avec un certain amusement.
"Comme ce doit être difficile d'échapper à toutes ces magnifiques jeunes femmes qui veulent désespérément te conquérir." se moqua-t-il.
"Elles sont plus effrayantes que tu ne sembles le croire !" se défendit Blaise, en prenant l'air de quelqu'un qui raconterait une histoire d'horreur à la lueur d'un feu de camp. "Et puis, personne n'est à l'abri d'ingérer sans le vouloir un philtre d'amour ou bien pire encore !"
Draco se fit la réflexion que Blaise apprécierait Mimi et son sens du drame, qu'ils partageaient visiblement. Puis il secoua la tête, chassant cette pensée stupide. Dans quel monde étrange présenterait-il son amie Mimi à quelqu'un, un Serpentard qui plus est ? Non, c'était ridicule.
"Eh bien, dans mon immense mansuétude, je vais, dans ces circonstances, t'autoriser à rester." rétorqua Draco.
"Super." commenta Blaise, son sourire se reformant aussitôt. "Tu me sauves la vie !" Il fouilla dans les poches de sa robe de sorcier et en sortit un paquet de cartes. "Une Bataille Explosive ?" proposa-t-il.
Draco accepta avec enthousiasme. Il n'avait jamais été véritablement ami avec Blaise, avant la Guerre. Les Malfoy n'avaient pas autant d'influence sur les Zabini qu'ils ne l'auraient souhaité, et cet état de fait avait un impact sur la hiérarchie des Serpentards à Poudlard. Et, autrefois, c'était bien sûr tout ce qui importait. Blaise n'avait donc pas été l'un de ses "fidèles", et n'avait jamais hésité à lui dire ce qu'il pensait, qu'il en soit content ou non. Mais il n'y avait jamais eu non plus de réelle hostilité entre eux… Seulement l'abysse infranchissable qui se créait entre un allié du Seigneur des Ténèbres et un jeune sorcier neutre dans la Guerre.
Mais tout ceci était derrière eux, maintenant.
OoO
Le temps était clair et frais, le ciel dépourvu de nuages. Harry était satisfait de ces conditions idéales pour le Quidditch. Il espérait que le match d'aujourd'hui parvienne à lui apporter le même bonheur que cela lui apportait autrefois. Il avait entendu dire que Malfoy avait réintégré son équipe, ce qui le ravissait. Il avait hâte de se confronter à son vieil ennemi une fois encore.
"Bon." commença Ginny, avant de s'arrêter dans un raclement de gorge. Elle se tenait au milieu des vestiaires, les regards de ses camarades levés vers elle. Son tout premier match en tant que Capitaine ! Harry était fier d'elle. Comme il s'y attendait, elle avait gagné les élections sans problèmes, et il lui avait laissé la charge de l'équipe avec bonheur et soulagement.
Pour l'encourager, Harry fit un signe discret en direction du ciel. Ginny esquissa un sourire nerveux en réponse.
"Le temps est de notre côté." dit-elle. "Et je suis fière de chacun d'entre vous, vous avez tout donné aux entraînements, et j'attends la même chose de votre part aujourd'hui. Et même mieux, parce que je sais que vous êtes capables de vous surpasser !"
"On va les détruire !" approuva Ron.
Ginny sourit plus franchement cette fois, puis elle prit une grande inspiration et poussa la porte des vestiaires. Elle précéda l'équipe sur le terrain et se plaça face à Blaise Zabini, sur l'herbe encore humide de rosée. Harry se tint à l'écart, content de ne pas être le centre de l'attention pour une fois.
"Serrez vous la main." ordonna Madame Bibine, qui se préparait à relâcher le Vif d'Or. "Et pas de coups tordus !"
Les tensions entre Gryffondors et Serpentards étaient connues de tous. Mais, étrangement, Blaise Zabini n'écrasa pas les doigts de Ginny. Il se contenta de les prendre dans sa main, puis de se pencher pour les embrasser délicatement.
Ron fit un pas en avant involontaire, une expression offensée sur le visage. Mais Harry s'empressa de le tirer en arrière, ne voulant pas le voir saper l'autorité de Ginny. Celle-ci répondit à la provocation de Blaise en essuyant négligemment sa main sur sa robe de Quidditch. Madame Bibine leva les yeux au ciel mais ne fit pas de commentaires. Elle annonça le début du match d'un coup de sifflet assourdissant, et Harry s'éleva dans les airs sur son fidèle Éclair-de-Feu. Tout en manoeuvrant pour se poster en hauteur et surveiller les environs, il percuta Draco Malfoy intentionnellement, lui donnant un coup de coude presque amical.
"De retour dans l'équipe, alors ?" lança-t-il, alors que Malfoy se retournait pour le fusiller du regard. "Félicitations !"
"Tu ne seras plus si content de toi lorsque je t'aurais réduit en poussière !"
Harry se sentait si léger qu'il aurait pu éclater de rire. Voilà ce dont il avait besoin ! Une journée ensoleillée, ses amis tout autour de lui, et quelques menaces proférées à son encontre… Il devait bien reconnaître que sa vie lui semblait fade depuis la fin de la Guerre, mais n'étais-ce pas compréhensible, après tout ? Il n'avait plus de but, lui qui avait cru mourir et s'y était résigné. Et il n'avait plus d'envies, ne se sentait plus stimulé par quoi que ce soit. L'idée de suivre le chemin qui jusqu'ici lui avait semblé tout à fait naturel ne le séduisait plus. Les cours l'ennuyaient pour la plupart, tout comme la perspective d'entrer au Ministère à la fin de sa scolarité.
Il détestait l'idée d'être d'accord avec Draco Malfoy sur quelque chose, mais les paroles de ce dernier avaient fait leur chemin dans sa tête, et il avait bien dû reconnaître qu'il avait en partie raison. S'il l'avait voulu, il aurait sans doute pu convaincre McGonagall d'évincer Malfoy de l'équipe de Quidditch, sous prétexte de donner le privilège de sa place à quelqu'un qui n'avait pas la Marque des Ténèbres tatouée sur la peau. Et il pourrait sans doute également prétendre à devenir Ministre de la Magie, peut-être pas dans l'immédiat, mais à terme. Il savait que Dumbledore s'y était toujours refusé, et il n'aspirait pas à ce poste lui non plus. Mais il pourrait l'obtenir, s'il le souhaitait.
Harry aurait pu être heureux d'avoir une telle influence, mais ce n'était pas dans sa nature. Au contraire, même, il s'en désolait. Il aurait souhaité une vie plus normale, maintenant que Voldemort était parti pour de bon, mais il réalisait en même temps qu'il manquait de défis dans cette existence à laquelle il avait pourtant rêvé. La Guerre l'avait forgé, l'avait changé. Mais il n'avait pas l'intention de devenir amer et aigri. Il voulait retrouver de la joie dans les bonheurs simples de la vie. Comme le Quidditch !
A cette pensée, Harry reporta son attention sur le jeu. Ginny venait de faire une passe à Demelza Robins, alors qu'un Cognard la frôlait et rendait la manoeuvre dangereuse. Luna Lovegood, qui commentait le match - à sa façon bien personnelle, comme toujours - s'arrêta dans sa description du Ronflak Cornu pour saluer la bravoure de Ginny.
"Joli !" lança Blaise Zabini, suffisamment fort pour que la plupart des joueurs l'entendent. Le regard appréciateur qu'il posait sur Ginny ne passa pas non plus inaperçu.
"Laisse ma soeur tranquille !" cria Ron depuis son poste de Gardien.
"Pas tant qu'elle ne me l'aura pas demandé elle-même !" rétorqua joyeusement Blaise. "Mais tu verras qu'elle ne le fera pas."
Harry se tendit sur son balais. Il lui semblait qu'à l'époque du club de Slug, déjà, Zabini avait eu tendance à laisser son regard errer plus qu'il ne le fallait sur les courbes de Ginny. Il jouait un jeu dangereux en lui faisant des avances…
"Derrière toi !" hurla soudain Jimmy Peakes, permettant à Harry d'échapper au Cognard que Goyle venait d'envoyer droit sur lui.
Bien qu'étant conscient que sa déconcentration pouvait lui coûter cher, Harry garda un oeil protecteur sur son ex petite-amie. Leur rupture était récente, et il ne voulait pas que quelqu'un de mal intentionné profite du fait qu'il ait brisé le coeur de Ginny. Il lui devait bien de veiller sur elle, après l'avoir abandonnée si subitement. Après tout, elle n'était pas responsable du fait que tous ses désirs aient brusquement changés une fois la Guerre terminée.
De l'autre côté du terrain, Ron observait Ginny avec exactement la même lueur protectrice dans le regard.
OoO
Draco était impressionné par l'audace de Blaise, il devait bien l'admettre. Flirter ouvertement avec la petite-amie de Potter, sous le nez de Potter lui-même, risquait de lui attirer de sacrés ennuis. Mais sa méthode fonctionnait, puisque la ruse de Blaise attirait l'attention de toute l'équipe adverse, et plus particulièrement de leur Gardien - qui ne semblait plus parvenir à arrêter le Souafle - et de leur Attrapeur, qui ne sondait pas le ciel comme il l'aurait dû.
Draco s'efforçait quant à lui de ne pas rester concentré sur Potter, ce qui lui avait valu la plupart de ses défaites face à lui. Il exerçait une surveillance constante sur les alentours depuis le début du match, déterminé à en sortir vainqueur. Et, soudain, sa patience fut récompensée. Il aperçut le Vif d'Or, qui filait à toute allure quelques mètres en dessous de lui. Draco s'élança aussitôt de toute la puissance de son balais, qui était le cadeau le plus coûteux que lui ait fait sa mère depuis qu'ils avaient tout perdu, et il s'efforça d'occulter le reste.
Mais c'était compter sans Potter, qui avait repéré son mouvement brusque et tentait maintenant de le rattraper. Le Vif d'Or changeait constamment de direction, forçant les deux Attrapeurs à exécuter plusieurs figures compliquées pour ne pas perdre sa trace. Tout le monde retenait son souffle dans les gradins, et Luna Lovegood faisait rugir le ridicule chapeau-lion dont elle était affublée. Alors que le Vif d'Or s'approchait dangereusement du sol, Draco se redressa sur son balais et tendit la main en avant, le coeur battant à tout rompre dans sa poitrine.
Il vit avec horreur la main de Potter se rapprocher de la sienne, la distance qui les séparait du Vif d'Or diminuant de plus en plus. Soudain, leur cible changea encore une fois de direction. Le mouvement brusque de Draco pour saisir le Vif d'Or au vol lui fit perdre l'équilibre, et il fut précipité sur le sol. Potter étant presque collé à lui, il fut également emporté dans sa chute. Ils s'écrasèrent l'un sur l'autre dans un concert de grognements, tandis que leurs balais finissaient leur course plus loin sur le terrain. Le silence était tombé sur les gradins.
Draco se redressa péniblement et évalua la situation. Il était allongé de tout son long sur Harry Potter, ses coudes enfoncés dans l'herbe de chaque côté de sa tête. Ils étaient si proches que Draco se sentait comme aspiré dans les yeux d'un vert incroyable qui le fixaient. Les lunettes de Potter étaient un peu de travers, mais il semblait indemne en dehors de ça. Un peu sonné, peut-être. Mais son odeur étrangement familière se mêlait à celle de l'herbe fraîchement tondue et… Et soudain, Draco se souvint de la raison pour laquelle il était tombé. Il se redressa alors complètement, s'éloignant de Potter. Puis il sentit les petites ailes qui battaient à toute allure dans sa main, et qu'il n'avait pas remarquées avant.
Stupéfait, il écarta les doigts et libéra le Vif d'Or. Une immense clameur monta des bancs des Serpentards, tandis que Luna dissertait sur la chute spectaculaire des Attrapeurs plutôt que sur le résultat du match, et Draco sentit son coeur s'affoler dans sa joie. Il baissa les yeux sur Harry, qui s'était assis dans l'herbe et l'observait. Il n'y avait ni haine, ni ressentiment dans son regard. Ce qu'il y avait dans ses yeux troubla Draco, car il ne parvint pas à le décrypter. Mais il n'eut pas le temps de s'appesantir plus longtemps sur le sujet, puisque deux mains le saisirent par son uniforme de Quidditch pour le faire tournoyer dans les airs.
Il éclata de rire tandis que Blaise tentait de le forcer à monter sur son balais à la seule force de ses bras, tout en le félicitant à grands cris. Le reste de l'équipe les rejoignit alors que Draco trouvait enfin une prise stable sur l'épaule de son ami. Ils firent un tour dans les airs pour récolter davantage d'acclamations, puis ils atterrirent tous ensemble, et Draco constata que Goyle lui-même agitait joyeusement sa batte. Il regarda tout autour de lui en ayant l'impression d'être dans un rêve, et fit en sorte de graver ces moments dans son esprit pour toujours.
Il avait vaincu Potter. Enfin !
OoO
Dans la salle commune des Gryffondors, l'heure n'était pas à la fête. Dean et Seamus avaient ramenés nourriture et boissons malgré tout, et cette initiative avait été appréciée par leurs camarades. Enfoncé dans un fauteuil près du feu, Harry sirotait une Bièraubeurre, profondément plongé dans ses pensées. Il ne cessait de revoir le Vif d'Or lui échapper, puis l'expression victorieuse de Malfoy lorsqu'il avait réalisé qu'il l'avait attrapé. Autrefois, il se serait senti vexé, humilié. Mais aujourd'hui, il avait ressenti un soulagement immense en perdant le match.
Cette impression désagréable qu'il pouvait avoir tout ce qu'il souhaitait, cette impression qui faisait qu'il ne désirait plus rien… Aujourd'hui, elle avait disparu. Malfoy avait gagné à la loyale. Harry avait été trop confiant et n'avait pas fait preuve de suffisamment de concentration. Il avait perdu, mais il avait retrouvé le goût de la compétition. Ce combat pour la victoire, au coude-à-coude avec Malfoy, avait été un moment grisant. Il ne regrettait rien.
"Que ce Zabini continue à te tourner autour, et il aura affaire à moi !" menaça Ron, sortant Harry de ses pensées.
Il s'adressait bien entendu à Ginny, qui croisa les bras en réponse, le regard orageux. Elle était assise en tailleur sur un canapé, entourée d'emballages de divers bonbons de chez Honeydukes. Elle se remettait de la défaite en mangeant tout ce qui croisait sa route depuis son arrivée dans la salle commune.
"Je suis capable de gérer Zabini toute seule." affirma-t-elle, en levant le menton comme pour défier son frère.
"Il n'a fait que te draguer pendant tout le match !" insista Ron, hors de lui. "Je parie que les Serpentards ont décidé ça tous ensemble, ils voulaient te déstabiliser, c'est tout…"
Harry et Hermione échangèrent un regard. Ce n'était définitivement pas ce qu'il fallait dire, et seul Ron semblait ne pas s'en être aperçu. Ginny se leva brusquement, faisant s'envoler la plupart des emballages de Fondants-Du-Chaudron qui se trouvaient autour d'elle, et alla se planter devant Ron, les mains sur les hanches.
"Oh, parce qu'il ne pourrait pas simplement s'intéresser sincèrement à moi ?" rétorqua-t-elle. "Je te ferais remarquer que le seul qui a été déstabilisé, c'était toi ! Tu as laissé passer le Souafle au moins trois fois parce que tu étais trop occupé à t'énerver contre Zabini !"
"Comment ça, s'intéresser à toi ?" releva Ron. "Ce type ne s'approchera pas de toi !"
Ginny leva les yeux au ciel, visiblement excédée.
"Je ferais ma vie comme je l'entends, ce n'est pas à toi d'en décider." se défendit-elle. "Et assure toi de ne plus te laisser distraire bêtement, ou bien je te remplacerais par un meilleur Gardien !"
Les oreilles de Ron rougirent, signe indiscutable qu'il était à la fois vexé et embarrassé. Il allait reprendre la dispute mais Hermione se mit en travers de son chemin et l'encouragea à abandonner, tout en l'entraînant vers les Chocogrenouilles pour tenter de l'amadouer. Harry attendit d'être certain que son meilleur ami n'accordait plus d'attention à Ginny pour aller la rejoindre dans le coin où elle s'était réfugiée, les lèvres serrées et les mains tremblantes.
"Je peux ?" demanda Harry, en désignant la place sur les escaliers à ses côtés.
Ginny hocha la tête et se décala légèrement pour qu'il puisse s'installer.
"Toi aussi, tu étais distrais par Blaise." attaqua-t-elle. "Alors si tu comptes me faire la leçon…"
"Je n'en ai pas l'intention."
Harry posa ses mains à plat sur ses cuisses et leva un regard calme et sérieux sur Ginny.
"Je ne doute pas que Blaise puisse être intéressé par toi." dit-il. "Mais tu dois tout de même être prudente… Ron a raison, ça pourrait être une ruse."
"Quelle importance ?" s'agaça Ginny. "Je ne suis pas rentrée dans son jeu, contrairement à Ron et à toi !"
"Tu ne l'as pas découragé non plus." fit remarquer Harry.
"Et alors ?" Ginny se releva, les mains toujours tremblantes. Elle dominait maintenant Harry de toute sa hauteur. "Parce qu'on a été ensemble, tu crois que tu peux me dire qui je dois fréquenter ?"
"Je suis désolé." s'excusa maladroitement Harry. "Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je m'inquiète pour toi, c'est tout. Je sais que notre rupture a été difficile et je ne voudrais pas que Blaise profite de toi dans un moment de…"
"De faiblesse ?" coupa Ginny. Elle se détourna un instant, sans rien ajouter, et Harry allait reprendre la parole lorsqu'il vit les larmes qui coulaient sur ses joues. Il se leva et la força à lui faire face, le coeur serré par sa détresse. D'un geste tendre, il essuya ses larmes.
"Tu dois me dire la vérité, Harry." supplia-t-elle. "Est-ce que ton attitude pendant le match, notre conversation maintenant… Est-ce que tu dis et fais tout ça parce que tu es jaloux ?"
Harry écarquilla les yeux de surprise. Il réalisa alors que son comportement avait donné de faux espoirs à Ginny et un air coupable se peignit aussitôt sur son visage. Il devait être honnête avec elle, lui dire ce qu'il ressentait vraiment, même si elle n'allait certainement pas bien le prendre.
"Ginny…" murmura-t-il, en l'attrapant doucement par les épaules. "Je ne suis pas jaloux. Je crois que j'essaye seulement de veiller sur toi comme je le peux. Je me sens coupable de t'avoir brisé le coeur, et… Et tu seras toujours importante pour moi, mais aujourd'hui ce que je ressens pour toi c'est un amour fraternel, rien d'autre."
"Fraternel ?" répéta Ginny, en se dégageant. Elle trébucha sur les marches et se rattrapa vivement à la rampe de l'escalier, le souffle coupé. Elle secoua la tête, comme si elle ne pouvait pas croire qu'il ait dit une chose pareille, puis son visage se ferma complètement et elle partit en direction du dortoir des filles. Seamus lui tendit une Bièraubeurre lorsqu'elle passa devant lui mais elle le repoussa sèchement et disparut de la vue d'Harry. Celui-ci se laissa retomber sur les marches, toute sa joie disparue. Il avait fait ce qu'il fallait, mais il détestait blesser Ginny.
OoO
Blaise se tenait au centre de la salle commune des Serpentards, un verre de Whisky Pur-Feu à la main, et établissait d'ores et déjà sa stratégie pour le prochain match. L'équipe l'écoutait distraitement, ayant davantage l'esprit à fêter la victoire qu'à réfléchir à la façon dont ils allaient battre les Serdaigles. Blaise s'interrompait souvent pour faire revivre des moments de ce qui était désormais leur plus beau match, et alors ses camarades lançaient des acclamations et resservaient de l'alcool. Draco n'avait aucune idée de qui s'était procuré tout cela, ni de comment, mais il profitait de la fête autant que les autres - et même sans doute un peu plus.
Blaise attirait l'attention sur lui, mais Draco n'en était pas fâché. De temps à autre, un de ses camarades passait derrière lui et lui donnait une claque amicale sur l'épaule, et cela lui suffisait amplement. Il était là, avec les autres. Plus personne ne le fuyait. Pas même Pansy, remarqua-t-il, lorsqu'elle s'assit près de lui. Elle l'aborda l'air de rien, le félicitant pour sa victoire.
"Il était temps que quelqu'un rappelle à Potter qu'il n'est pas un héros pour tout le monde." déclara-t-elle.
"Il nous a quand même débarrassés de l'autre tête de serpent !" fit valoir Blaise, en se mêlant à leur conversation sans la moindre gêne.
Pansy renifla d'un air supérieur.
"Je suppose que c'était une bonne chose." concéda-t-elle. "Si on omet le fait que nous sommes tous des parias maintenant."
Elle déposa une main amicale sur le bras de Draco.
"Mais tu as amélioré notre situation, aujourd'hui, Draco. Je te remercie sincèrement pour ça."
Draco sentit son sentiment de bonheur s'intensifier. S'il pouvait réhabiliter les Serpentards, ne serait-ce qu'un peu, en montrant à tout Poudlard qu'ils étaient les plus forts, alors c'est qu'il était sur la bonne voie pour un jour réhabiliter sa famille. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Pansy demanda des nouvelles de sa mère, qu'elle avait toujours beaucoup appréciée.
"Elle vit chez sa soeur, maintenant." répondit Draco, peu désireux de s'attarder sur le sujet.
"Je croyais que sa soeur était morte pendant la Bataille de Poudlard…"
Pansy paraissait réellement se soucier du sort de Narcissa Malfoy. Sa famille avait elle aussi souffert après la Guerre, de toute évidence.
"Son autre soeur." corrigea Draco. "Elle était, hum… Mariée à un Moldu."
Pansy hocha la tête avec un sourire compréhensif.
"Les choses ont beaucoup changées, pas vrai ?"
Draco acquiesça d'un air abattu. Il avait envie de demander à Pansy des nouvelles de sa propre famille, mais il hésita trop longtemps et elle interpella Blaise pour parler d'autre chose.
"On peut savoir pourquoi tu as passé tout le match à tourner autour de la petite Weasley ?" interrogea-t-elle.
Blaise haussa les épaules, son éternel sourire dansant sur ses lèvres.
"Eh bien, elle n'est pas désagréable à regarder."
Draco fronça les sourcils. Il avait cru à une simple tactique de déstabilisation durant le match… Blaise s'intéressait-il vraiment à elle ? Une Gryffondor ? Une Weasley ? C'était… déshonorant.
"Le monde est devenu bien étrange." commenta Pansy, en buvant une gorgée de Whisky Pur-Feu à son tour.
Draco était de son avis. Mais peut-être que Blaise avait raison de ne pas se laisser arrêter par ces différences. Après tout, s'il avait suivi les mêmes règles qu'avant la Guerre, il aurait traité Draco comme un moins que rien. À la place, il s'en était fait un ami. Alors il ne devait pas le juger… Mais il lui semblait que Blaise avait oublié un tout petit détail.
"Et qu'est-ce que tu fais de Potter, dans cette histoire ?" s'enquit Draco. "Il n'avait pas l'air ravi de te voir tourner autour de sa petite-amie…"
"Oh, tu ne sais pas ?" s'étonna Pansy. Elle reposa son verre et prit un air de conspiratrice. "Potter a rompu avec elle avant le début de l'année scolaire !"
Blaise se laissa tomber près de Draco et passa un bras autour de ses épaules, rendu particulièrement joyeux par tout l'alcool qu'il avait ingéré.
"Tu entends ça, mon ami ?" lança-t-il. "La chasse est ouverte !"
Et il vida ce qu'il lui restait de Whisky-Pur-Feu sous le regard pensif de Draco.
