CHAPITRE 6 : Se délivrer d'une tentation
Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit.
- Oscar Wilde
Le sérieux revint sur les visages respectifs de Tonks et Hermione lorsque la porte de la cuisine s'ouvrit, plusieurs minutes et un énième verre plus tard, sur les cinq hommes qui étaient restés dans le salon. Eux-mêmes semblaient particulièrement éméchés, même s'ils tenaient mieux l'alcool que les deux jeunes femmes. Celles-ci ne purent se retenir plus de quelques secondes avant de rire de nouveau à gorge déployée, galvanisées par l'alcool qu'elles avaient ingurgité.
- Ce n'est pas possible…
Le soupir de Snape, lorsqu'il aperçut les verres et la bouteille quasiment vides posés sur la table, n'échappa pas aux deux jeunes femmes qui rirent de plus belle. Lupin, clairement intrigué, s'approcha de Tonks et lui demanda la raison de leur fou rire.
- Juste une histoire de Peter Pan…
Ce furent les seuls mots que la jeune femme fut en capacité de prononcer avant qu'elle n'explose à nouveau de rire, rejoignant Hermione qui n'avait pas arrêté.
Haussant les épaules, Lupin s'installa à côté de Tonks, rapidement suivi par Charlie et Bill tandis que Snape et Black firent le tour de la table pour s'installer de chaque côté d'Hermione. La configuration ne fit qu'augmenter encore plus le rire des deux jeunes filles.
Hermione, se tenant les côtés à force de rire, manqua tomber de sa chaise et fut retenue miraculeusement par Black qui passa un bras autour de sa taille. Elle lui lança un regard reconnaissant, le geste calmant quelque peu son rire. Elle repartit néanmoins de plus belle lorsqu'elle croisa son regard plus que surpris.
- Je crois que vous avez suffisamment bu, décréta l'homme en écartant le verre d'Hermione.
La jeune fille n'y prêta pas la moindre attention, se blottissant légèrement contre l'homme qui la tenait toujours. Au point où elle en était, elle n'avait plus besoin d'alcool de toute façon.
- Je crois qu'il est temps qu'on rentre.
Tonks se leva dans la foulée de sa remarque, entraînant Lupin, Charlie et Bill dans son sillage. Ils disparurent sans même qu'Hermione ne le remarque tandis que son rire ne voulait pas se tarir. Contrairement à ses craintes, cette soirée s'était révélée plus qu'intéressante. A présent, rire lui faisait un bien fou. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle s'était trouvée dans un tel état d'allégresse.
Son rire se bloqua néanmoins dans sa gorge quand elle vit une fiole de potion apparaître devant ses yeux. Se redressant (depuis quand diable sa tête reposait-elle sur les genoux de Black ?) elle fixa le liquide violacé qui brillait devant ses yeux. Elle releva son regard vers Tonks qui lui tendait la fiole.
- J'ai failli oublier de te la donner ! Une gorgée avant, à chaque fois ! N'oublie pas !
La jeune femme aux cheveux écarlates fourra la potion dans la main d'Hermione avant de s'éclipser en riant. Le rire de la brune s'était au contraire complètement dissipé alors qu'elle n'osait relever les yeux vers ses deux garçons perdus, comme les avait si justement nommés Tonks. Elle rangea la potion dans sa poche et attrapa son verre qu'elle finit cul-sec sans qu'aucun des deux hommes ne réagisse.
Prenant son courage à deux mains, elle se décida à relever les yeux vers Black à sa gauche. Un seul regard lui suffit pour comprendre qu'il connaissait cette potion. Son regard sombre n'avait de cesse de glisser sur le corps de la jeune femme tandis que sa main était toujours posée sur son ventre, comme s'il n'osait pas l'enlever.
Se tournant légèrement, elle croisa à son tour les yeux de Snape. Elle n'avait aucun doute sur le fait qu'il reconnaissait cette potion. Ses yeux noirs ne reflétaient cette fois aucune dualité. Sa raison semblait s'être évaporée tandis que son désir avait pris le dessus, à la simple vue de cette fiole en possession de la jeune fille. Peut-être aussi en souvenir de son léger strip-tease improvisé de l'avant-veille. Et sans doute à cause de l'alcool qui avait fait tomber quelques-unes de ses barrières plus aisément que n'importe quoi d'autre.
Hermione avait souhaité qu'ils la considèrent comme une femme. C'était à présent le cas. Ne lui restait plus qu'à assumer les conséquences de ses vœux.
Le temps semblait comme figé. Les regards des deux hommes ne la quittaient pas. Ils semblaient attendre un geste, un signe, leur indiquant d'agir ou, au contraire, rappelant leurs raisons aux commandes.
Hermione n'avait pas envie de cette dernière solution. Elle ne voulait pas les laisser se ressaisir. Elle voulait qu'ils la voient telle qu'elle était, qu'ils lui fassent découvrir des plaisirs qu'elle ne connaissait pas. Qu'ils lui fassent oublier les ténèbres de son esprit. Qu'ils l'aident à devenir la femme qu'elle voulait être, loin de l'enfant qu'avait traumatisée Bellatrix.
Son regard passant sans cesse de l'un à l'autre, elle récupéra la fiole qu'elle avait glissée dans sa poche et l'ouvrit. Un grondement sourd à sa gauche la fit douter un instant avant qu'elle ne se ressaisisse et porte la fiole à sa bouche.
- C'est une très mauvaise idée, miss Granger…, souffla la voix grave de Severus.
- Nous ne sommes pas des garçons gentils..., rappela Sirius.
Ignorant leurs remarques d'un haussement d'épaules, sûre de sa décision, la jeune fille pencha la fiole et laissa glisser une lampée de la potion dans le fond de sa gorge avant de fermer les yeux un instant. Le goût n'était pas désagréable, légèrement sucré. Même l'odeur qui parvint à ses narines ne la rebuta pas. Un mélange fleuri qui laissait l'imagination s'évader vers des paysages aux milles merveilles.
Elle reposa la fiole à ses côtés et croisa tour à tour le regard de ses deux colocataires. Il était trop tard pour faire demi-tour. Elle n'en avait de toute manière pas envie.
- Oublions pour un temps le passé, le futur et même le présent. Oublions pour un temps qui nous sommes, voulez-vous ? Je ne suis qu'une femme consentante et vous êtes simplement deux hommes consentants. Pourquoi ne pas simplement tout oublier et profiter pour un temps, écouter nos envies et nos corps ?
Son discours sembla plus que suffisant pour Sirius. Il ne lui fallut qu'une seconde pour réagir, attrapant la jeune femme et l'asseyant à même la table devant lui, comme si elle ne pesait rien. Il fondit dans la foulée sur elle pour échanger un baiser.
Contrairement à son empressement, leur baiser fut doux et terriblement sensuel. Elle pouvait sentir son odeur musquée envahir tout son espace. Elle ressentait les picotements dus aux frottements de sa barbe de trois jours sur ses joues.
Les mains de l'homme se déposèrent dans le creux de ses reins et elle passa les siennes autour de sa nuque pour le rapprocher d'elle, approfondissant par là-même leur baiser. Leurs langues se trouvèrent sans effort et s'engagèrent dans un ballet langoureux et de plus en plus fougueux. Sirius semblait presque soulagé d'enfin pouvoir finir l'ébauche de baiser qu'ils avaient entamé deux jours plus tôt.
A leurs côtés, la brune entendit Severus grogner. Evidemment, la situation était plus simple pour Sirius. Il n'avait jamais été son professeur. Les circonstances semblaient ainsi moins inappropriées. Hermione tourna son regard vers Severus lorsque Sirius s'écarta finalement.
Le maître des potions ne put qu'admirer la profonde lueur de désir qui brillait au fond des yeux de la jeune femme. Ses joues rougies, ses cheveux désordonnés, sauvages, et ses lèvres charnues, rougies par le baiser qu'elle venait d'échanger avec Sirius, étaient un réel supplice.
- Severus.
Son prénom roula agréablement dans la bouche de la jeune femme. Une invitation aux plaisirs qui semblait réellement impossible à ignorer. L'homme ne savait pour autant comment réagir. Il était perturbé par la tournure de la situation, surpris de l'évolution très (trop ?) rapide de leur relation.
- Je pense que nous avons tous bien trop bu pour cela.
- Te sens-tu mal ? Parce que pour ma part, je ne me suis jamais sentie aussi bien, lui rétorqua Hermione.
- Il est encore temps de faire marche arrière, miss Granger.
- Je n'en ai pas envie.
- Snape…, commença Sirius avant de s'interrompre.
Les regards des deux hommes s'accrochèrent dans un échange silencieux. Le premier incitait le second à se décider rapidement. Il était d'accord pour l'accepter dans cet échange, tel que semblait le vouloir la jeune femme, aussi étrange que cela soit. Il était d'accord pour la partager, avec lui, mettre tout leur passé derrière et oublier tout simplement tout ce qui les séparait pour un temps.
Parce qu'après huit mois de vie commune, leurs disputes se répétaient et n'avaient plus rien de leur splendeur passée. Plus rien de leur efficacité passée non plus. Il leur fallait tous deux un nouveau moyen d'occuper leurs esprits. Et Hermione le leur offrait sur un plateau. A quoi bon refuser pour une prétendue morale à laquelle ni l'un, ni l'autre, ne croyait ?
- Severus, viens…
Hermione tendit sa main vers son ancien professeur, interrompant l'échange oculaire entre les deux hommes. Dans un réflexe, le maître des potions posa sa main dans la sienne, ne pouvant s'empêcher de frissonner en sentant ses doigts s'entremêler aux siens.
Hermione l'attira vers elle sans lui laisser la possibilité de refuser. Il se retrouva ainsi à quelques centimètres d'elle, bien trop près à son goût, bien trop loin à celui de la jeune femme.
Leurs regards s'accrochèrent pour un temps et, encore une fois, la vague de désir qui brillait dans les yeux chocolat fit frémir Severus. Non, après réflexion, ses yeux n'étaient pas couleur chocolat, mais plutôt couleur whisky. Couleur de la tentation, avec un goût d'interdit auquel il était si difficile de résister.
Ses yeux noirs glissèrent sur les lèvres de la jeune femme, terriblement attirantes.
Était-il prêt pour ça ? Était-il prêt à oublier qui était Hermione malgré tout le désir qu'il ressentait actuellement ? Était-il prêt à la partager avec son ancien ennemi ? Était-il prêt à vivre tout cela, plus qu'il ne l'avait jamais fait, avec ses deux colocataires ?
Ça semblait très intime. Peut-être trop. Mais n'étaient-ils pas, en réalité, les personnes les mieux placées pour une telle expérience ? Ils partageaient déjà tant, via leurs passés respectifs, qu'il savait ne recevoir aucun jugement de leur part.
Semblant trouver le temps long, Hermione s'humidifia les lèvres en faisant sortir légèrement un petit bout de langue mutine. Il n'en fallu pas plus à Severus pour qu'il prenne finalement possession de sa bouche, brutalement, comme pour empêcher sa raison de réagir. Il entendit clairement Hermione gémir contre lui et ne put retenir lui-même un léger gémissement, oubliant finalement toute raison.
La jeune femme enroula ses jambes autour des hanches de l'homme, pour le rapprocher d'elle, ou l'empêcher de partir, et il positionna ses mains dans le dos d'Hermione, la serrant contre lui.
Lorsqu'ils se séparèrent finalement, reprenant leur respiration, Sirius ne put s'empêcher de penser qu'il n'avait jamais rien vécu d'aussi excitant. Et pourtant, ce n'était pas le premier plan à trois qu'il vivait, même avec un autre homme. Mais le petit goût d'interdit qui persistait rendait les choses terriblement plus intéressantes.
Les trois colocataires échangèrent un regard dans un moment de flottement, avant qu'Hermione ne fasse passer sa robe par-dessus sa tête, révélant son corps à peine recouvert de la dentelle de ses sous-vêtements aux deux hommes. Elle perçut leurs regards glisser sur elle et ne put s'empêcher de sourire.
- Il est encore temps, Hermione…
Le soupçon de regain de raison de Severus ne dura pas. Il n'avait même pas été réellement conscient ou complet, tandis que l'homme avait gardé le tutoiement.
- J'en ai envie, répondit la jeune femme dans un murmure. Je vous veux.
- Sais-tu dans quoi tu t'engages ? ne put s'empêcher de questionner Sirius.
- Parfaitement.
Ce furent les dernières paroles qu'ils échangèrent. Ensuite, tout ne fut plus que gémissements et grondements. Sirius, plus expérimenté, menait la danse tandis que Severus et Hermione découvraient des plaisirs qu'ils avaient à peine osé fantasmer.
L'alcool aidant, la gêne n'eut pas sa place dans leur échange. Pas plus que la jalousie. Tout passé était oublié. Ils n'étaient que trois personnes profitant simplement d'un instant pour finalement entièrement se laisser aller.
Alors qu'elle rejoignait son lit, un long moment plus tard, Hermione sut qu'elle avait pris la bonne décision. Parce que pour la première fois, l'ombre de Bellatrix avait entièrement disparut de son esprit. Pour la première fois, elle avait l'impression de se retrouver pleinement.
Elle s'endormit rapidement, épuisée, un large sourire aux lèvres. Cela ne l'empêcha pas de se réveiller en sursaut au petit matin.
Elle avait encore l'impression de sentir les effets du Doloris que Bellatrix venait de lui envoyer dans son rêve et elle se précipita aux toilettes attenantes à sa chambre pour vomir. Elle espérait que personne ne l'entende. Après réflexion, elle supposa qu'ils mettraient ça sur le compte de l'alcool dont ils avaient abusé la veille au soir, surtout elle.
Elle se rinça rapidement la bouche dans le lavabo et retourna dans sa chambre. Elle se rallongea dans son lit et but d'une traite la potion anti gueule de bois que le maître des potions avait eu la bienveillance de faire apparaître pendant la nuit. Elle ferma les yeux et passa ses mains sur son visage, espérant éloigner les restes de son rêve. Un tremblement la saisit et elle se força à rouvrir les yeux.
« Tu es en sécurité… Ce n'était qu'un rêve… »
Son mantra post-cauchemar tournait dans son esprit. Elle se concentrait dessus en attendant que la potion agisse. Il faudrait vraiment qu'elle régule sa consommation d'alcool, pensa-t-elle alors qu'elle sentait ses tempes battre au rythme de son cœur.
Ou pas, s'insinua une petite voix dans sa tête tandis que les événements de la veille lui revenaient à l'esprit.
Hermione ne put retenir un sourire de naître sur son visage. Elle fut ravie de constater qu'elle parvenait parfaitement à se rappeler chaque baiser et chaque caresse échangés, malgré l'état alcoolisé dans lequel elle s'était trouvée. Elle n'aurait voulu les oublier pour rien au monde tant elle avait apprécié la douceur et la brutalité mélangées de leurs échanges.
Bien sûr, elle se rendait parfaitement compte que ses pensées étaient plus que contradictoires. Mais ses deux garçons perdus se complétaient parfaitement quand il s'agissait de la satisfaire, pensa-t-elle en s'amusant du pronom possessif. Une pensée comme quoi elle ferait bien de le garder pour elle lui traversa l'esprit avant qu'elle ne la chasse d'un petit rire.
Elle se sentait déjà mieux. Penser aux événements de la veille avait été plus qu'efficace pour éloigner définitivement les derniers souvenirs de son cauchemar. Se levant, elle essaya d'écouter les bruits de la maison mais seul le silence lui répondit. Elle attrapa rapidement une petite robe et des sous-vêtements avant de filer vers la salle de bain.
Elle ne s'attarda pas dans le couloir, ne sachant comment elle pourrait réagir en les croisant. Autant la nuit dernière avait fait tomber toutes barrières entre eux, autant elle doutait que celles-ci ne se soient pas remises en place dès le matin.
Elle avait parfaitement conscience que l'alcool avait grandement aidé les événements de la veille. Elle ne doutait pas que rien ne se serait passé sans cela. L'animosité entre les deux hommes, leur passé commun, étaient tels qu'elle doutait qu'ils arrivent à le surmonter un jour totalement.
Elle ouvrit la porte de la salle de bain et la referma derrière elle, toute à ses pensées, serrant ses habits dans ses bras contre son torse afin de cacher légèrement sa nuisette en soie qui ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination. Bien que les deux hommes n'eussent plus vraiment besoin de leur imagination pour savoir à quoi ressemblait le corps d'Hermione.
La jeune femme sursauta brusquement lorsqu'elle entendit le rideau de la douche bouger. Elle releva les yeux et tomba sur la tête de Black qu'il avait fait dépasser en l'entendant rentrer. Il lui lança un regard surpris, bien vite effacé par un air mutin et charmeur.
- Puis-je savoir ce que tu fais là Hermione ? demanda-t-il d'une voix rauque, reflet d'un réveil récent.
Hermione rougit avant de se fustiger mentalement. Elle devait vraiment arrêter de réagir aussi violemment quand ils jouaient avec elle. Parce qu'elle était parfaitement consciente que le sourire de Black n'avait rien d'un sourire gêné.
Elle imaginait très bien les images qui devaient se jouer dans l'esprit de l'homme alors que son regard la détaillait de haut en bas, s'arrêtant quelques secondes supplémentaires sur certaines zones bien particulières. Et elle ne pouvait pas dire qu'elle n'aimait pas ça.
- Je… la porte n'était pas fermée, j'ai cru qu'il n'y avait personne.
Sirius sourit en l'entendant balbutier.
- Tu sais, la douche est assez grande pour deux si tu veux me rejoindre.
Il avait dit ça avec un grand sourire. Et d'un geste, il écarta légèrement le rideau de la douche, laissant Hermione apercevoir son torse et l'une de ses jambes. Rougissant, la jeune fille ne put empêcher son regard de détailler chaque partie visible du corps nu de l'homme, s'attardant sur les tatouages qui le parsemaient. Pas plus qu'elle n'arriva à retenir son regard lorsqu'il s'arrêta sur le rideau de douche, au niveau de l'entrejambe de Sirius. Ce dernier aboya de rire, ramenant Hermione à la réalité.
- Sirius ! ne put-elle s'empêcher de le rappeler à l'ordre, n'appréciant pas vraiment qu'il se moque d'elle ainsi.
Cela n'eut pour effet qu'augmenter le rire de l'homme jusqu'à ce que des coups retentissent sur la porte et que la voix de Snape ne s'élève, acide.
- Miss Granger ! Combien de fois vais-je devoir vous rappeler la règle numéro 1 ?! Je vous laisse trois secondes pour sortir de cette salle de bain !
Hermione et Sirius se regardèrent en chien de faïence. L'homme haussa les épaules et retourna dans la douche. Hermione soupira. Pourquoi fallait-il que les ennuis ne tombent toujours que sur elle ?
Se retournant, elle attrapa la poignée de la porte et l'ouvrit pour sortir. Elle n'avait cependant pas prévu que Snape se trouverait juste derrière celle-ci et elle lui rentra dedans alors qu'elle s'élançait pour retourner dans sa chambre. La collision eut pour effet de les faire tomber tous deux par terre.
Hermione sentit les vêtements propres, qu'elle tenait dans ses bras, voler, tandis qu'elle essayait de se retenir du mieux possible pour ne pas s'écraser au sol. Lorsqu'elle rouvrit des yeux qu'elle n'avait pas eu conscience de fermer, son regard croisa celui, surpris, de Snape.
Elle réalisa alors la position dans laquelle elle se trouvait, allongée au sol. Ou plutôt allongée sur Snape qui lui-même était allongé dos au sol. Hermione n'osa bouger pendant quelques secondes. Son regard était accroché à celui de l'homme. Ses yeux noirs la fascinaient tandis qu'il lui semblait y voir passer toute une nuée d'émotions.
Elle se prit à se demander l'espace d'un instant comment Voldemort avait bien pu ne pas se rendre compte qu'il avait été un espion, tant il semblait simple de voir les émotions se bousculer dans le noir de ses yeux. Elle sourit en se disant qu'il ne devait certainement pas regarder Voldemort de la façon dont il la regardait, elle, avec cette ombre de désir qui voilait le fond de ses yeux. Rapidement, le masque impassible reprit sa place sur le visage de l'homme.
- Cela vous fait rire, Miss Granger ?
La voix de l'homme était sèche mais elle n'y décela aucun reproche particulier, malgré le retour au vouvoiement. Elle appréciait la chaleur qu'elle y décelait, souvenir de leur nuit passée. Hermione ne put s'empêcher de sourire encore plus.
- Je peux savoir ce qu'il se passe ici ?
Sirius venait juste de sortir de la salle de bain et fixait ses deux colocataires allongés au sol. Hermione avait relevé la tête à ses paroles, se tournant quelque peu pour l'apercevoir. Elle était maintenant assise sur le maître des cachots et se tortillait, gênée du spectacle qu'elle offrait.
Un grondement sourd fit redescendre son regard sur le visage du maître des potions qui avait fermé les yeux. Sentant une bosse se former sous ses fesses et réalisant qu'elle devait se frotter sur une partie particulièrement sensible de l'anatomie de l'homme, Hermione se releva d'un bond en arrière en marmonnant de petites excuses.
Elle frappa le torse de Sirius qui la retint d'un bras pour qu'elle ne tombe pas de nouveau. Severus resta au sol quelques secondes supplémentaires, afin de se reprendre, avant de se relever à son tour.
Hermione ne savait plus vraiment où se mettre, elle n'aurait clairement pas pensé que tout ceci se passerait ainsi. Ce n'était peut-être pas plus mal, ça permettait au moins de briser un peu la glace et la gêne qui auraient pu résulter de la nuit précédente.
Elle laissa son regard fixer l'homme face à elle, Sirius étant toujours dans son dos, une main passée le long de son ventre. Elle sentit sa tête s'approcher de ses cheveux, reniflant son odeur tandis que ses doigts caressaient délicatement le tissu léger de sa nuisette.
Severus avait les yeux rivés sur eux, hésitant apparemment sur la conduite à tenir. Ce fut Hermione qui réagit la première. Elle n'avait pas envie de laisser le temps à leur raison de refaire surface et qu'ils lui disent que tout ceci avait été une erreur. Elle n'était pas non plus prête à renouveler leurs exploits de quelques heures plus tôt. Elle n'avait rien mangé depuis bien trop longtemps et savait pertinemment qu'elle ne tiendrait pas sans avaler quelque chose de solide.
Alors, elle réduit au silence son courage de Gryffondor et décida tout simplement de fuir. Se dégageant gentiment de la poigne de Sirius, Hermione ramassa en vitesse ses vêtements et s'enferma dans la salle de bain. Elle s'appuya quelques secondes, dos à la porte, en soupirant. Merlin qu'elle avait envie de ressortir et de leur sauter dessus !
Elle ne comprenait pas vraiment comment ils en étaient arrivés là. Mais elle était loin de le regretter. Pour la première fois de sa vie, elle s'était sentie bien et belle. Tous ses doutes sur son physique l'avaient quittée. Tous les tourments qui hantaient son esprit sans cesse s'étaient écartés l'espace de quelques instants. Elle en était ressortie apaisée. Et cela lui avait fait le plus grand bien. Si tel était le prix à payer pour gagner en tranquillité d'esprit, elle était prête à recommencer dès que possible, tant que les deux autres voudraient bien d'elle.
Laissant l'eau chaude calmer ses pulsions, Hermione se demanda comment elle pourrait un jour avoir une relation normale après ce qu'elle vivait ici. Tout avait basculé en quelques jours. À présent, elle aurait presque souhaité rester enfermée dans cette maison pour toujours avec ses deux garçons perdus.
Elle descendit à la cuisine plusieurs minutes plus tard et se lança dans la préparation d'un bon repas bien consistant. Vu l'état de son ventre qui criait famine, et l'heure avancée de la matinée, elle avait décidé de sauter le petit déjeuner pour se jeter directement sur le plat du midi.
Elle se figea un instant en pénétrant dans la cuisine. La petite fiole violette trônait au milieu de la table qui avait supporté leurs ébats de la veille. Les images de leurs corps s'entremêlant se rappelèrent à son souvenir avec force. Elle se remémorait les baisers enflammés de Sirius, laissant des traînées de feu sur leur passage. Elle sentait encore les caresses de Severus, recouvrant la moindre parcelle de sa peau. En fermant les yeux, elle pouvait presque percevoir de nouveau leurs odeurs qui se mélangeaient tandis qu'ils l'enlaçaient.
Elle ne pouvait s'empêcher de penser à l'étrangeté de la situation, considérant l'identité des deux hommes à qui elle s'était offerte la veille. Elle n'arrivait qu'à moitié à comprendre comment et pourquoi ils avaient participé ainsi, ensemble. Pour autant, elle avait beau ressasser tout cela dans son esprit, elle n'arrivait vraiment pas à trouver une raison de regretter. Elle ne pouvait qu'espérer qu'ils en fassent autant.
Prenant une profonde inspiration, Hermione rangea la fiole dans un placard et ouvrit une fenêtre en grand afin d'aérer la pièce.
L'air froid qui pénétra soudainement dans la pièce la fit frissonner. A moins que ce ne soit dû aux images qui tournaient dans sa tête et aux sensations qu'elle avait encore l'impression de ressentir.
Secouant la tête, Hermione alluma le petit poste de radio et se lança dans la préparation du repas. Elle sursauta plusieurs minutes plus tard lorsqu'elle entendit des petits coups être frappés contre la porte. Se retournant, baguette levée dans un réflexe dont elle ne pourrait sans doute jamais se débarrasser, Hermione sourit en apercevant finalement Elphias Doge. Il tenait une chouette nyctale au pelage brun, enfermée dans une petite cage de transport qu'il lui tendit immédiatement après l'avoir saluée.
- Vous pourrez envoyer votre lettre grâce à Jelly dès que vous l'aurez rédigée. Elle reviendra toute seule chez moi après sa commission et je récupèrerai la cage lors de la prochaine réunion de l'Ordre.
- Merci, Monsieur.
- Vous pouvez m'appeler Elphias ! lui indiqua-t-il en souriant.
Hermione hocha la tête et prépara deux tasses de thé avant de lui proposer de rester déjeuner avec eux, ce que l'homme accepta avec grand plaisir. Ils discutèrent légèrement, de tout et de rien, jusqu'à ce que Sirius pénètre dans la pièce quelques minutes après.
- Ça sent vraiment bon par ici ! s'exclama le maraudeur avant d'apercevoir Doge. Oh bonjour Elphias, j'avais complètement oublié que tu devais passer !
Hermione ne put s'empêcher de rougir légèrement sous le regard que posa Sirius sur elle. Le sous-entendu était clair, elle savait très bien ce qui le lui avait fait oublier. Se détournant pour cacher son trouble, elle proposa une tasse de thé à Sirius et celui-ci s'installa à son tour autour de la table.
Elphias Doge était un homme qu'Hermione estimait presqu'aussi âgé que le défunt Dumbledore. Ses cheveux blancs s'éclaircissaient tandis qu'il ne lui en restait presque plus sur le sommet du crâne. Malgré son air légèrement antipathique, il était très gentil et n'était pas en manque d'histoires à raconter sur le tour du monde qu'il avait fait dans sa jeunesse. Il était justement en train de citer certaines de ses folles aventures quand Severus pénétra dans la pièce.
Hermione se leva pour positionner les couverts à table, laissant les hommes échanger les banalités habituelles. Elle fit léviter les casseroles du plat afin de les déposer au milieu de la table. En se retournant, elle eut un temps d'arrêt en réalisant que les deux hommes de la maison lui avaient laissé la place qui avait été sienne la veille au soir, avant que tout ne dérape.
Elle essaya de paraître aussi impassible que possible lorsqu'elle s'assit sur la chaise où tout avait commencé, évitant ostensiblement les regards amusés que Sirius et Severus portèrent sur elle.
Le repas se passa sans encombre et Elphias repartit rapidement après, ayant du travail qui l'attendait. Tout en la saluant, il glissa quelques mots à l'oreille de la jeune fille qui ne put, encore une fois, s'empêcher de rougir.
- Je ne sais pas ce que vous leur avez fait, miss, mais je n'avais encore jamais vu ses deux-là passer autant de temps ensemble dans une pièce sans s'écharper. Il n'y a même pas eu une seule insulte ! Je ne sais pas comment vous faites mais continuez comme ça, les prochaines réunions de l'Ordre en seront beaucoup plus agréables !
Il partit dans un rire, disparaissant dans les flammes vertes de la cheminée. Hermione le regarda disparaître, un brin troublée. Elle se retourna en sursautant légèrement lorsque la voix de Severus retentit derrière elle.
- Si nous avons la permission de ce cher Doge, pourquoi nous priver de continuer, n'est-ce pas, miss Granger ?
L'homme se tenait dans l'encadrement de la porte de la cuisine. Il avait parfaitement entendu les paroles d'Elphias. Un frisson parcourut le corps d'Hermione lorsqu'elle réalisa le sous-entendu dans ses paroles.
Il semblait clairement avoir envie de recommencer leurs exploits de la veille, aussi surprenant cela pouvait-il paraître. Sa voix avait été suave, emplie de désir qu'il ne cherchait même plus à dissimuler. Il semblait avoir abandonné toute raison alors que son regard n'arrêtait pas de faire des allers-retours entre le corps et le visage de la jeune fille.
Celle-ci déglutit péniblement. Elle se sentait fébrile, prise au piège de ses émotions et de ses désirs. Les paroles de Sirius la veille lui revinrent en mémoire.
Nous ne sommes pas de gentils garçons.
Ils l'avaient été pourtant, l'emmenant lentement là où ils voulaient alors qu'elle s'était entièrement offerte à eux. À présent, le regard sombre de Severus lui laissait présager la vérité cachée derrière les paroles de Sirius.
Elle ne put que le dévisager lorsque Severus s'approcha lentement d'elle, une lueur féroce, dangereuse, brillant dans ses yeux, symbole des merveilles qu'il voulait lui faire découvrir. Elle n'aurait jamais cru qu'il réagirait ainsi mais après tout, après ce qu'ils avaient partagé la veille, ils n'étaient clairement plus à une fois près. Même si les choses semblaient différentes, sans l'emprise de l'alcool, plus réelles peut-être.
Elle remarqua vaguement qu'il fermait la porte derrière lui. Il semblait la vouloir pour lui seul aujourd'hui. Le fait qu'il n'appose aucun sortilège ayant pu assurer leur tranquillité la fit sourire. Il la voulait seule, mais n'était pas contre un peu de présence plus tardive, semblait-il. Elle n'avait apparemment pas été la seule à avoir apprécié leur sauterie de la veille.
Hermione ferma les yeux en le laissant venir à elle. Ils lui avaient fait découvrir un nouveau monde. Ils avaient réveillé la femme qui était en elle. Elle avait émergé grâce à leurs baisers de la veille. Maintenant, elle en voulait plus. Elle voulait se perdre encore dans la folie que lui procurait le plaisir. Cette douce folie, si éloignée de celle qu'elle avait connu sous la baguette de Bellatrix.
Elle chassa la femme de ses pensées tandis que Severus l'attrapait par les hanches avant de la basculer sur le canapé et de s'allonger de tout son long sur elle. Un couinement surpris lui échappa sans qu'elle ne puisse le retenir.
- Je crois me souvenir qu'une situation similaire vous semblait particulièrement amusante ce matin, Miss Granger. N'est-ce plus le cas à présent ?
Hermione grogna pour toute réponse. Severus cherchait à se venger, à reprendre le pouvoir sur elle. Elle sentit ses mains être glissées au-dessus de sa tête avant d'être maintenues dans cette position par l'une de celles de Severus. Le regard de l'homme détaillait son visage, s'attardant sur ses lèvres dont il s'approcha lentement. Leur baiser fut doux, surprenant la jeune femme qui l'avait imaginé plus brutal, mais cela n'empêcha pas un gémissement de remonter le long de sa gorge.
Elle se cambra légèrement en sentant la main libre de Severus parcourir ses hanches et ses cuisses, faisant remonter peu à peu le tissu de sa robe. Tous ses gestes étaient d'une extrême lenteur et délicatesse. Il jouait avec elle, faisant monter le désir d'Hermione et la frustrant quelque peu au passage.
Elle ne put retenir un léger râle de frustration sortir de sa bouche sous les caresses, bien trop pieuses à son goût, de Severus. Elle se cambra de nouveau, se collant au corps de l'homme, afin de lui faire comprendre son envie de plus.
- Impatiente, miss Granger ?
- Très, Professeur.
Son ton était légèrement ironique, mais cela n'agaça pas le maître des potions. Bien au contraire, son regard se voila encore plus de désir tandis qu'il s'emparait fougueusement de la bouche de la jeune fille.
Les caresses et baisers de l'homme s'enchaînèrent rapidement jusqu'à ce que la jeune femme finisse par se cambrer en criant son nom tandis qu'elle rejoignait un monde aux milles couleurs.
Severus s'écarta légèrement afin de la laisser reprendre ses esprits. Il regardait le corps en sueur de la jeune femme étendue sur le canapé, entièrement offerte. Il se déshabilla à son tour et se rallongea sur Hermione lorsqu'elle rouvrit les yeux, leur arrachant à tous deux un petit gémissement lorsque leurs intimités respectives entrèrent en contact.
Severus passa une main sur le visage de la femme, repoussant une mèche de cheveux collée par la sueur. Hermione planta son regard dans le sien. Une lueur mutine y régnait. La jeune fille semblait n'avoir pas fini de vouloir jouer.
D'un mouvement de hanche, elle les fit tous deux basculer sur le sol. Le dos de Severus au sol, Hermione se retrouva à califourchon sur lui, inversant les rôles.
- Je crois me souvenir que vous aviez particulièrement apprécié cette position ce matin, malgré vos dires.
Elle murmurait à l'oreille de son ancien professeur. Celui-ci réagit immédiatement à ses paroles, un grondement s'échappant de sa gorge tandis que ses pupilles étaient entièrement dilatées. Hermione se frotta légèrement contre lui, tout doucement. Elle avait envie de se venger pour son petit jeu du départ.
Une voix dans son dos la fit revenir à la réalité dans un sursaut.
- Hermione !
La voix de Sirius était féroce et dure. Elle tourna la tête vers la porte afin d'essayer de comprendre ce qui pouvait tant contrarier l'homme. Le frottement que cela occasionna contre Severus le fit grogner.
Sirius s'approchait, une petite fiole violette dans la main.
- Je ne pense pas qu'il soit très raisonnable d'oublier ça.
Il lui tendit la fiole qu'elle attrapa en rougissant. Elle n'y avait pas du tout pensé, toute préoccupée par ses désirs. Elle débouchonna la potion et en avala une gorgée. Une petite pensée sur le fait qu'elle aurait certainement dû être gênée par le public qu'elle avait la traversa. Elle la chassa cependant très vite au souvenir de leurs ébats de la veille.
- Alors comme ça, tu souhaites la garder pour toi tout seul, Snape ?
Sirius avait parlé d'une voix amusée, contrastant avec le ton qu'il utilisait habituellement pour s'adresser à l'homme. Il cachait mal toutefois le soupçon de jalousie qu'il ressentait. Hermione lui tendit la petite fiole après l'avoir bouchonnée de nouveau.
- Si c'était le cas, tu n'aurais pas été en mesure de nous interrompre, grogna Severus en réponse à Sirius.
La suite s'enchaîna très vite tandis que Sirius rejoignit leurs ébats. La jeune femme fut au centre de toutes les attentions des deux hommes et elle soupira d'aise quand tout se termina. Elle resta allongée à même le sol, les yeux fermés, se repaissant des derniers instants et des sensations encore nouvelles qu'elle avait explorées.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Hermione était allongée dans son lit. Un instant désorientée, elle comprit rapidement qu'elle avait dû s'endormir à même le sol du salon et que ses hommes avaient dû la déplacer jusqu'à son lit pour qu'elle se repose.
S'étirant, elle sentit le drap glisser sur son corps encore nu, lui arrachant un frisson au souvenir de l'après-midi. Les deux hommes étaient vraiment surprenants. Jamais elle n'aurait imaginé qu'ils pourraient mettre ainsi toute rancœur de côté. Il était on ne peut plus flatteur de se dire qu'elle en était la raison. Même si tout ça n'était qu'une passade, pour penser à autre chose qu'à leur enfermement et à leur passé douloureux. Ce n'était que du sexe, loin de toute sentiment. C'était exactement ce dont ils avaient besoin.
Leur trio se complétait à merveilles. Il y avait l'envie de contrôle de Severus et sa rudesse, malgré son abandon total dès que la jeune femme reprenait le dessus. Il y avait la fougue de Sirius et son expérience passée qui lui permettait de faire toujours les bons gestes. Chacun d'eux avait sa propre personnalité. Ensemble, ils se complétaient parfaitement.
Et au milieu de tout cela, il y avait elle-même, Hermione Granger, prête à s'offrir à chacun d'eux, et surtout aux deux, oubliant toute morale. Ils étaient comme dans un monde à part, loin de toute raison et de tout jugement. Ils profitaient simplement de la présence des autres, oubliant tous leurs problèmes, toutes leurs frustrations, dans leurs ébats partagés.
On avait voulu les enfermer dans cette maison, ils avaient finalement trouvé une échappatoire que très certainement personne n'avait prévue. Ensemble, ils se libéraient. Hermione avait été l'élément manquant dans le duo, jusqu'à son arrivée dans la maison.
Elle y avait rapidement trouvé ses marques à son emménagement. Maintenant, elle y avait trouvé sa place, son rôle. Elle n'était plus une jeune fille désespérée, ils lui avaient permis de prendre confiance en elle. Et malgré tout ce qui pouvait se passer en dehors de cette maison, elle se sentait protégée et sereine entre ces murs, avec ses garçons perdus. Elle avait enfin l'impression de commencer à se reconstruire doucement après ce qu'elle avait vécu. Elle évitait simplement de réfléchir à ce que tout ceci pouvait bien signifier sur elle-même et sur qui elle devenait.
Hermione s'étira dans son lit. Sa sieste lui avait fait le plus grand bien. Elle n'aurait jamais imaginé en se levant ce matin que sa journée se déroulerait ainsi, surtout avec le passage d'Elphias.
Penser à l'homme rappela à Hermione la mission qu'elle s'était donnée, à savoir prévenir Harry et Ron des dragons qui couvaient Gringotts. Elle se doutait que là était leur prochaine destination et qu'ils en étaient parvenus aux mêmes déductions qu'elle sur le fait que Bellatrix cachait un horcruxe dans son coffre. Elle n'aurait pas autant insisté à propos de l'épée si ce n'avait pas été le cas.
Un petit soupir s'échappa des lèvres d'Hermione à la pensée de ses deux amis. Elle avait tellement l'impression d'être devenue une autre personne depuis qu'ils étaient séparés… Elle appréhendait quelque peu leurs éventuelles retrouvailles. Comment pourrait-elle leur expliquer qu'elle avait profité d'être enfermée dans une maison avec deux hommes pour découvrir tous les plaisirs possibles, surtout vu l'identité des deux !
Elle se leva et attrapa des sous-vêtements propres ainsi qu'un débardeur et un short en jean, décidant d'aller prendre une petite douche avant de s'atteler à sa tâche. Elle attrapa une serviette qu'elle noua autour de son torse, peu désireuse de se balader nue dans la maison, malgré tout ce qu'elle venait de partager avec ses habitants.
Hermione atteignit la salle de bain sans encombre et se glissa sous la douche. L'eau chaude ruisselant sur son corps lui fit le plus grand bien, détendant ses muscles quelques peu courbaturés du sport de chambre qu'ils avaient partagé dans la cuisine la veille, puis dans le salon. Elle ne leur donnait pas beaucoup de temps avant d'avoir baptisé toutes les pièces du 12 Grimmauld Place.
Elle s'habilla rapidement en sortant de sa douche et fila dans la bibliothèque. Elle attrapa un bout de parchemin, une plume et un encrier sur le petit bureau qui logeait dans un coin de la pièce avant de ressortir de la pièce. Elle descendit à la cuisine avec tout son attirail. Passant devant la porte du salon, elle hésita un instant et prit son courage à deux mains avant de jeter un œil dans la pièce. Elle préférait prévenir ses deux hommes avant d'envoyer sa lettre, de façon à éviter de possibles situations embarrassantes.
Elle découvrit Sirius et Severus dans la pièce. Le premier était assis près de la fenêtre, le regard perdu sur la rue. Le second était dans le canapé, une tasse de thé fumante entre les mains tandis que son regard se perdait dans les flammes de la cheminée. Elle resta quelques secondes à la porte, profitant du spectacle qu'ils offraient. Oui, plus cela allait, plus elle appréciait sa vie dans cette maison, malgré tout ce qui pouvait se passer dehors.
Toussotant pour les prévenir de sa présence, Hermione pénétra dans le salon. Les regards des deux hommes pivotèrent vers elle et glissèrent le long de son corps. Peut-être devrait-elle se vêtir un peu plus et éviter de se balader dans ses courtes tenues tous les jours, pensa-t-elle rapidement avant de chasser cette idée. Elle aimait bien trop leurs regards flatteurs, s'attachant à chaque courbe de sa silhouette.
- Bien dormi, miss Granger ?
La voix de Severus la sortit de ses pensées. Fini les « Hermione », fini le tutoiement. Il semblait que l'homme les réservait pour leurs ébats ou ses moments alcoolisés. Elle ne comprenait pas tout à fait son besoin de remettre de la distance entre eux à chaque fois, mais voulait bien lui laisser son impression de contrôle tant qu'il continuait de la regarder ainsi, avec ses yeux perçants qui lui remémoraient tant de belles choses s'étant produites sur le canapé même où il se tenait à présent.
- Très bien merci, répondit-elle simplement, un petit sourire aux lèvres.
Elle laissa passer un instant, les yeux perdus dans ceux de son ancien professeur avant de se souvenir de la raison de son passage dans le salon. Ils avaient tous deux beaucoup trop tendance à lui faire oublier tout le reste.
- Je voulais simplement vous prévenir que j'allais envoyer un mot à Charlie Weasley pour lui proposer de passer ce soir ou demain.
Hermione avait laissé son regard voguer entre Sirius et Severus en prononçant ces quelques mots, observant leurs réactions. L'animagus s'était tendu et l'avait regardée d'un regard impassible, comme s'il voulait cacher derrière les conclusions auxquelles le menait son esprit. Severus, quant à lui, lui avait jeté un regard noir.
- Pourquoi rechercher la compagnie de ce rouquin ?
La voix de Severus était amère, emplie d'une colère sourde. Mais Hermione était loin d'être déstabilisée, elle appréciait au contraire cette jalousie à peine masquée que ses deux garçons perdus exprimaient à son égard. Ils étaient possessifs. Ce qui était assez étrange vu comment ils la partageaient entre eux. Mais il était clair qu'ils ne laisseraient personne d'autre entrer dans l'équation. Elle-même n'en avait pas le moins du monde envie, pas quand ce regard noir lui laisser présager la plus agréable des punitions face à son sourire effronté.
Se tournant vers Sirius, elle remarqua qu'il était descendu de son perchoir pour se rapprocher d'elle. Il avait un air dangereux sur le visage. Fut un temps où elle aurait pu être intimidée par l'atmosphère régnant dans la pièce. N'importe qui d'autre l'aurait prise pour ce qu'elle n'était pas. Mais Hermione n'y voyait que désir et jalousie. Deux sentiments très flatteurs en considérant qu'ils étaient exprimés à son égard.
Elle ne put s'empêcher de rire tandis qu'elle entendait les deux hommes gronder. Vraiment, elle ne pouvait plus avoir peur d'eux après ce qu'ils avaient partagé. Décidant de ne pas les tourmenter plus que de raison, elle reprit la parole pour les calmer.
- Ce n'est rien de ce que vous pouvez imaginer en ce moment, j'en suis sûre. Inutile de réagir ainsi messieurs.
Sa voix était juste légèrement moqueuse pour qu'ils ne se vexent pas. Elle détesterait rendre leurs rapports plus froids et distants. Décidant de se faire pardonner, elle s'approcha de Sirius qui n'était plus qu'à quelques pas d'elle et se pencha pour lui voler un baiser rapide au coin des lèvres. Elle répéta son geste avec Severus, laissant les deux hommes pantois et surpris par la tournure qu'avait prise la conversation et le geste de la jeune femme.
Elle se dirigea ensuite vers la porte de la cuisine et se retourna pour apprécier leurs expressions. Puis, elle décida qu'elle pouvait bien faire une entorse à leur règle tacite de ne pas parler de l'étrange relation qui les liait. Elle espérait que cela les inciterait à continuer leur relation et que leur raison ne reprendrait pas le dessus.
- Inutile d'être jaloux messieurs, vous auriez dû comprendre que certaines choses vous étaient réservées à vous deux. Doutez-vous tant de mon entière satisfaction que vous pensiez que je veuille me réfugier dans les bras d'un autre, quelques heures à peine après nos ébats ?
Bonjour à tous et à toutes,
Finalement, je n'aurai pas réussi à tenir des prédictions de jours pour poster, mais comme je suis en avance, je ne devrai pas avoir de critiques (et puis à 23h, on est presque jeudi non ?) :p
Je vous poste ce chapitre avec un peu d'appréhension, en espérant qu'il vous plaise, c'est un tournant dans l'histoire, on reviendra par la suite sur les ressentis de Severus et Sirius dans les chapitres suivant vis-à-vis de tout ça avec beaucoup plus d'introspection.
N'hésitez pas à me donner vos avis (ou vos critiques...) !
Je vous souhaite à tous un très bon weekend et à la semaine prochaine !
Et comme d'hab, réponse aux reviews guest :
Jenny : J'espère que ça t'as plu, merci encore pour ta review. Finalement, tu auras à moitié gagné ton pari ;) Comment ça ? Moi tricher ? Jamais...!
Coralie49 : Merci beaucoup pour ta review, ça fait plaisir que ça te plaise ! Pour le nombre de chapitres... globalement, j'en ai 12 pour le moment, qui me font arriver à un point où je pourrai m'arrêter... Mais j'ai aussi envie d'une suite (je ne sais pas m'arrêter non...) qui risque d'être au moins deux fois plus longue... J'en ai une bonne partie d'écrit déjà mais avec beaucoup de re-travail à faire dessus donc il ne me reste plus qu'à décider si je mets tout à la suite ou si je coupe en deux fictions différentes, pour que ceux qui veulent s'arrêter le puisse, à voir donc ! Mais je n'ai pas fini de torturer mes petits perso en tout cas ! Pour le moment, les choses s'améliorent mais par la suite, je leur réserve bien des misères... Les pauvres !
