Chapitre 10 : Tellement de choses sont fragiles
Tellement de choses sont fragiles, après tout. Les gens se brisent si facilement, tout comme les rêves et les cœurs.
- Neil Gaiman, Fragile things
Bill resta alité pour le restant de la journée, plongé dans un profond sommeil par les potions que lui avait données Severus. En début de soirée, le maître des potions força le réveil du rouquin afin de lui faire boire potion de force, potion nutritive et de nouveau une potion de sommeil sans rêve.
Le seul côté bénéfique qu'il y avait au sort qui avait frappé Bill était qu'une fois guéri, le jeune homme ne souffrait plus du tout. Un peu de sommeil le remettrait parfaitement d'aplomb, si tant est que ses plaies ne recommençaient pas à s'étendre. Severus était toutefois confiant lorsqu'il revint au salon, ayant poussé un peu plus loin que ce qui lui avait semblé nécessaire le sort de guérison le matin même.
L'homme s'installa dans un fauteuil et déposa sur la table la théière ainsi que des tasses pour lui-même et ses colocataires, qu'il avait récupérés au passage. Hermione était plongée dans un livre près de la cheminée. D'où il se trouvait, il ne pouvait en distinguer le titre mais la jeune fille semblait littéralement absorbée par sa lecture. Elle ne releva la tête que lorsque Sirius passa près d'elle pour rejoindre Severus, quittant son poste d'observation au niveau de la fenêtre.
- Comment va Bill ? questionna la brune sans pouvoir s'en empêcher, brisant ainsi le silence qui s'était installé entre eux depuis le début de l'après-midi.
Ils n'avaient pas reparlé depuis la petite crise qu'avait traversée Hermione un peu plus tôt. Celle-ci en avait été grandement soulagée, n'ayant pas envie d'avoir à s'expliquer. Elle n'était de toute façon pas certaine de savoir ce qu'elle aurait pu dire s'ils l'avaient questionnée.
Ces derniers temps, elle se sentait constamment à fleur de peau. Elle avait l'impression de passer d'un extrême à l'autre en un rien de temps, sans avoir le moindre contrôle dessus. Elle supposait que c'était ça qu'on appelait un contre-coup suite à un traumatisme. Elle ne savait toutefois pas comment réagir par rapport à tout ça.
- Ça devrait aller, lui répondit Severus en servant les tasses de thé. Le traitement a été efficace.
- Je passerai la nuit à ses côtés pour le surveiller, ajouta Sirius sur un ton qui ne laissait pas de place à l'argumentation.
L'animagus ne souhaitait pas que les deux autres repartent dans la dispute qu'il avait interrompue en début d'après-midi. Les choses étaient suffisamment bancales ainsi. Sans doute parce qu'ils avaient tous conscience d'à quel point la relation qui les liait actuellement était étrange et déplacée. C'était bien pour cela qu'ils n'osaient en parler, même entre eux, ce qui créait des situations telles que celle-ci, où une jalousie mal placée interférait.
Mais le savoir était une chose. L'exprimer à voix haute en revanche, c'était le reconnaître pour ce que c'était. Et Sirius était persuadé que cela mettrait tout simplement fin à tout, car il avait beau chercher, il ne trouvait pas le moindre argument en faveur de ce qu'ils partageaient. Et pourtant, il n'arrivait pas à se faire à l'idée que tout puisse s'arrêter.
Hermione et Severus hochèrent simplement la tête en réponse à l'affirmation de Sirius et tous se penchèrent sur leur tasse de thé respective. Ils profitaient simplement de la présence les uns des autres. C'était dans des moments comme celui-là que Sirius réalisait pleinement à quel point l'arrivée d'Hermione dans la maison avait changé la donne.
Avant, Snape et lui ne s'étaient côtoyés qu'au minimum possible. Tout juste partageaient-ils un repas de temps à autre, pour combler le vide que la solitude laissait en eux. A présent, ils recherchaient tous deux la présence de la jeune femme. Hermione parvenait, sans qu'il ne puisse l'expliquer, à leur faire tout oublier, illuminant ce qu'était leur vie pour le moment.
Grâce à elle, ils réussissaient à mettre de côté leur passé, tout ce qui les avait éloignés, toute la rancœur qu'ils avaient partagée. Et Sirius découvrait un curieux personnage en Severus, bien loin de l'image qu'il s'en était fait pendant des années.
Bien sûr, tout ce qu'il lui avait reproché par le passé, son attrait pour la magie noire en tête, n'était pas oublié, ni pardonné. Sirius n'oubliait pas que Snape était plus ou moins responsable de ce qui était arrivé aux Potter. Il n'oubliait pas non plus que l'homme avait été libre, malgré tout, quand lui-même pourrissait à Azkaban, alors qu'il était blanc comme neige dans toute cette affaire, ou presque.
Il n'oubliait rien mais pourtant, il ne lui avait jamais semblé aussi facile de passer outre. Parce que l'homme assis non loin de lui était bien différent de celui qu'il avait connu des années plus tôt. Plus mature, plus sage, plus marqué par la vie, plus triste aussi, bien que l'homme ne l'aurait certainement jamais reconnu auprès de qui que ce soit.
Et pourtant, en présence d'Hermione, il paraissait encore radicalement différent. Plus humain, plus ouvert, plus aimable, plus sincère aussi. Comme s'il s'autorisait enfin à percer ce masque derrière lequel il se cachait depuis toujours.
Et cette facette que Sirius commençait à percevoir, c'était celle d'un homme avec qui il était capable de s'entendre, aussi surprenant cela soit-il de le reconnaître, et malgré tout leur passé. Passé qui semblait soudainement tellement loin.
Après tout ce temps où Sirius avait essayé de tout oublier de son passé, il semblait presque ridicule de s'acharner à s'accrocher à son animosité avec Severus. C'était la même chose qu'il avait réalisée à propos de Remus le matin-même. Mieux valait avancer et passer outre tout cela. Peut-être même cela lui permettrait-il de distancer les démons qui persistaient à le hanter la nuit, malgré tout.
Et puis, il était quelque peu obligé de reconnaître, au moins pour lui-même, que la présence des deux autres lui était plus que bénéfique. La première fois qu'ils avaient dépassé la limite de la bienséance avec Hermione, ils étaient tous les trois bien trop alcoolisés. Les choses s'étaient ainsi faits d'elles-mêmes, tandis que leurs frustrations respectives s'étaient exprimées sans qu'ils n'aient le moindre réel contrôle sur tout ça.
Ensuite, Sirius n'avait pas su résister à la jeune femme et il s'était accommodé de la présence de l'autre homme, refoulant ça au fin fond de son esprit pour ne pas avoir à y réfléchir. Mais à présent, il était bien forcé d'admettre qu'il appréciait même la présence de Snape.
Il avait même discuté quelques fois avec lui, sans Hermione, et avait trouvé en lui ce qui se rapprochait le plus d'un ami pour lui actuellement. Parce que Remus était occupé avec sa nouvelle petite famille. Parce que James n'était plus. Et parce que Peter les avait trahis. Et Sirius n'avait jamais eu d'autres occasions depuis de se lier réellement avec qui que ce soit.
Il avait lui-même changé suite à tout ce qu'il avait vécu. Il fallait croire que ces versions d'eux-mêmes, que Severus et lui étaient devenus, étaient compatibles, contrairement à leurs versions adolescentes. Il n'irait pas jusqu'à rechercher absolument la présence de l'autre homme, pas comme ce qu'il avait partagé avec James. Mais pourtant, ça lui faisait un bien fou de ne plus être seul. Ça lui faisait un bien fou de ne plus se disputer continuellement avec Snape, comme s'il s'autorisait enfin à reprendre un semblant de vie normale, aussi anormale que soit la situation.
Et c'était sans doute ça qu'ils cherchaient tous les deux auprès d'Hermione : une vie normale. Ce dont ils avaient tous deux été privés depuis toute leur vie, et encore plus depuis la mort des Potter. Lily avait été pour Severus ce que James avait été pour Sirius, à quelques détails près. La mort de James et Lily avait entraîné bien plus d'une personne avec eux. Ils avaient, tous deux, été bien trop populaires pour qu'un tel destin leur soit réservé.
Et Severus, tout comme Sirius, avait arrêté de vivre à ce moment-là. Tout juste avaient-ils survécu depuis leurs 21 ans. Ils n'avaient pas évolué, pas de la façon ordinaire en tout cas, pas complètement. Ils n'avaient pas pu grandir. Était-ce aussi surprenant que cela qu'ils s'attachent à une jeune fille de 17 ans, considérant cela ?
Sirius se leva dès qu'il eut fini sa tasse de thé. Severus et Hermione étaient en grande discussion vis-à-vis d'une potion dont Sirius n'était même pas sûr d'avoir un jour entendu parler. Cette jeune femme était bien trop intelligente pour son propre bien. C'était aussi ça qui l'attirait chez elle, cette façon qu'elle avait de s'adapter à toutes les situations, comme si c'était le chose la plus naturelle du monde. Lui-même avait toujours dû faire des tonnes d'efforts.
- Je vais aller me coucher, leur indiqua-t-il simplement en les interrompant à peine.
Les deux autres avaient simplement hoché la tête, repartant de plus belle dans leur débat. Hermione lui fit toutefois un petit sourire alors qu'il leur jetait un dernier regard en sortant, comme si elle avait été certaine qu'il ne pourrait s'en empêcher de toute façon. Encore une fois, Sirius se prit à se demander si elle se rendait compte un minimum de l'emprise qu'elle étendait sur eux depuis son arrivée dans la maison.
Il poussa un petit soupir en refermant la porte du salon et en rejoignant la chambre où était installé Bill. Il espérait de tout son cœur que les deux autres prendraient en compte les avertissements qu'il avait pu leur faire vis-à-vis des nuits qu'ils passaient ensemble dans la chambre de Snape. Quelle stupidité se serait que les choses se terminent ainsi, à cause de ça !
Severus fut le dernier à monter se coucher. Il pénétra dans sa chambre après un rapide passage dans la salle de bain et ne put retenir un léger pincement au cœur en la découvrant vide. Il se doutait qu'Hermione avait donné raison à Sirius. Il valait mieux qu'elle regagne sa chambre, c'était pour le mieux.
Lui-même n'avait pu contredire l'animagus, s'étant déjà fait cette réflexion par le passé. C'était dangereux et si quelqu'un découvrait le pot aux roses, ils finiraient de toute façon seuls, au mieux. Passer les nuits avec Hermione valait-il vraiment de prendre ce risque ? Il aurait pu dire non.
Et en même temps, il se doutait que la jeune fille ne pensait pas entièrement pareil. Parce qu'il ne l'avait que trop souvent réveillée au beau milieu de la nuit alors qu'elle se débattait avec ses cauchemars. Il avait vu la terreur s'inscrire sur son visage d'ordinaire paisible. Il avait vu l'angoisse qui la saisissait pendant de longues minutes alors qu'elle semblait incapable de faire le moindre geste, tétanisée. Pour elle, le jeu en valait sans doute la chandelle.
Severus se coucha en soupirant. Quelques minutes plus tard, son cœur manqua un battement lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir précipitamment et se refermer tout aussi vite. Il porta son regard sur la jeune fille debout devant le montant en bois, à peine vêtue d'une nuisette en soie.
Elle le regardait d'un air mi-coupable, mi-mutin. Elle connaissait les risques. Elle était pourtant prête à les assumer, pour lui. Et ça lui réchauffait le cœur, à lui, de savoir qu'elle avait besoin de lui, au moins autant qu'il avait l'impression d'avoir besoin d'elle.
Severus souleva les draps pour l'inviter à le rejoindre, essayant du mieux qu'il pouvait de cacher son soulagement. Il attrapa ensuite sa baguette pour lancer un sortilège sur la porte afin que personne ne puisse l'ouvrir de l'extérieur mais qu'on puisse tout de même l'appeler au besoin.
- Comme ça, le sac à puces sera content…, soupira-t-il devant l'air amusé de la jeune femme.
Celle-ci se blottit contre lui et marqua un temps d'arrêt en réalisant qu'il ne portait que son caleçon. Pensant qu'elle ne viendrait pas cette nuit-là, l'homme avait repris ses anciennes habitudes et avait abandonné son pantalon de jogging.
- Quelque chose vous dérange, miss Granger ? demanda-t-il d'un ton amusé.
- C'est plutôt tout le contraire, Professeur, lui répondit Hermione sur le même ton.
Elle se colla alors complètement contre lui et releva sa tête pour déposer un doux baiser sur ses lèvres. Severus ne put retenir un soupir alors qu'il sentait le corps chaud de la jeune femme contre le sien, à peine distant de sa petite nuisette. D'abord chaste leur baiser s'enflamma et Severus rajouta un sort d'insonorisation sur la pièce afin de ne pas réveiller toute la maison par les gémissements qui ne manqueraient pas de suivre.
Il arrêta quelques secondes la jeune femme afin de faire venir à eux sa fiole de contraceptif. Il grimaça en réalisant qu'elle était quasiment vide, sachant qu'ils ne pourraient pas continuer sans. Il n'était pas prêt à prendre tous les risques non plus. Il n'avait pas perdu la raison, pas totalement tout du moins.
- Tu aurais pu me prévenir qu'elle était presque vide. C'est une potion qui prend du temps à préparer.
- Et comment vas-tu faire pour récupérer les ingrédients nécessaires ?
- L'avantage d'être un maître des potions c'est qu'on sait parfaitement détourner un ingrédient pour faire croire qu'il entre dans la préparation d'une autre potion. Et de toute façon, je doute que qui que ce soit dans l'Ordre connaisse la composition des différentes potions que je leur fourni. Quand bien même je leur fournirai la liste explicite de tous les ingrédients de cette potion qu'ils seraient incapables de savoir ce que je veux créer.
- Tous des cornichons, hein ? se moqua Hermione.
- Tu n'imagines même pas à quel point !
Ils ne s'éternisèrent toutefois pas sur le sujet, reprenant les baisers et caresses interrompus là où ils les avaient laissés. Ils s'endormirent une longue heure plus tard, essoufflés mais rassérénés. Severus pensa tout juste à lever le sortilège d'impassibilité afin que Sirius puisse venir le prévenir en cas de problème avec Bill.
Lorsqu'ils se levèrent le lendemain matin, ils furent ravis de trouver Bill assis à la table de la cuisine en train de grignoter des tartines qu'avait préparées Sirius. Severus vérifia à nouveau ses plaies, satisfait de leur aspect et lui indiqua qu'il allait préparer un autre onguent afin que les marques ne laissent qu'un minimum de cicatrices.
C'est ainsi qu'il disparut quasiment toute la journée dans son laboratoire. Ne l'en voyant pas sortir, sur les coups de quatorze heures, Hermione se décida à lui porter des sandwichs, malgré les tentatives de Bill de l'en empêcher. Il craignait qu'elle ne subisse le courroux du monstre des cachots, ce qui fit bien rire Hermione.
Elle hésita toutefois un peu plus lorsqu'elle se retrouva devant la lourde porte en bois. Elle frappa à la porte et attendit quelque temps dans l'espoir d'avoir une quelconque réponse, n'osant pénétrer sans son accord dans l'antre du maître des potions. Ça semblait presque plus personnel que d'aller dans sa chambre, aussi étrange que cela puisse paraître.
Severus finit par ouvrir la porte assez brusquement, peu habitué à être dérangé dans cette pièce en absence de danger immédiat. Il fut quelque peu décontenancé en découvrant Hermione, toute penaude, debout dans le couloir, une assiette de sandwichs à la main. Il se saisit du plat et n'eut même pas le temps de penser à un quelconque remerciement que la jeune fille déguerpissait vers le salon.
L'homme se doutait que sa tenue avait due paraître étrange à la jeune fille. Il avait revêtu une des robes qu'il portait à Poudlard. Elles avaient en effet l'avantage de ne pas le gêner dans ses mouvements lorsqu'il concoctait des potions et elles étaient particulièrement résistantes à toutes sortes de brûlures, explosions ou abrasifs.
Mais depuis un peu plus d'un mois qu'elle était là, Hermione avait dû s'habituer aux tenues plus moldues qu'ils portait. La vision qu'elle venait d'avoir de lui devait lui rappeler son détesté professeur de potions. Severus espérait que cela n'allait pas changer la façon dont elle le voyait à présent, même s'il en doutait.
Il ne parvenait tout de même pas à se débarrasser de cette appréhension qu'elle se souvienne un jour de leur passé et de la façon dont il l'avait traitée pendant six ans. Il se demandait quand est-ce qu'elle réaliserait que leur relation actuelle était réellement inconvenante. Il ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu'elle attendait de tout ça. Il ne savait pas vraiment lui-même ce qu'il y cherchait.
De la compagnie, de l'acceptation, une occupation, pour se changer les idées, pour ne plus se sentir inutile après avoir tout dédié de sa vie à la guerre qui se tramait en dehors des murs de la maison. Il avait tout abandonné pour jouer son rôle. Que lui restait-il à présent ?
Il referma la porte du laboratoire et retourna à ses potions en grignotant quelque peu les sandwichs. Il avait la fâcheuse tendance d'oublier toute notion du temps lorsqu'il se penchait sur ses préparations.
Il avait lancé deux potions dans la matinée : un onguent pour favoriser la disparition des cicatrices sur le bras de Bill et une potion de contraception pour qu'ils puissent continuer leur relation sans danger avec Hermione. Il n'osait imaginer le scandale que cela ferait si la jeune femme venait à tomber enceinte de l'un d'eux deux. Il ne savait qui serait le premier à être pendu sur la place publique pour avoir osé toucher cette enfant.
Dans le salon, Bill avait grandement ri au retour précipité d'Hermione, ce qui lui avait valu un regard noir de la part de la jeune fille. Le roux devant rester le plus immobile possible pour éviter de rouvrir les plaies en voie de guérison, Hermione lui proposa alors de regarder un film.
Ce fut avec beaucoup d'entrain que Bill accepta et insista pour choisir lui-même l'objet de leur distraction : Scream. Hermione acquiesça, peu rassurée, et ils s'installèrent dans le canapé face à la petite télévision. La jeune femme fit apparaître un plaid pour les couvrir et elle lança le film.
Il ne lui fallut que quelques minutes pour être quasiment terrorisée par les événements du film. Elle ne put s'empêcher de crier avec les héros du film et de sursauter ou de se cacher sous le plaid aux moments les plus terrifiants. Cela fit rire Bill à ses côtés tandis que ses cris rameutèrent un Sirius légèrement inquiet. L'homme s'installa dans un fauteuil à leurs côtés, très intéressé par le spectacle, et il passa finalement plus de temps à observer Hermione que la télévision.
Dès le générique, Hermione décréta qu'elle haïssait les films d'horreur et qu'on ne l'y reprendrait plus. Ce fut avec un grand rire que Bill lui apprit qu'une suite existait déjà et qu'elle était encore plus effrayante. Il ne dut son salut qu'à ses blessures tandis qu'Hermione souhaita plus que tout lui lancer dessus tout ce qui lui tombait sous la main. Sirius, quant à lui, aboya de son rire si caractéristique avant d'opérer une retraite bien sentie vers la cuisine pour ne pas devenir la cible de la brune.
Celle-ci fit par se calmer quelques minutes plus tard et se rassit dans le canapé aux côtés de Bill, faisant mine de bouder légèrement. Le jeune homme lui sourit en la bousculant un peu de sa main valide. Elle se tourna vers lui et il lui fit un petit clin d'œil.
- Allez, promis, je ne te montrerai plus de films d'horreur ! Tu me pardonnes ?
Hermione lui sourit simplement en réponse.
- Au fait Hermione…, reprit Bill après quelques instants de silence, plus sérieux. Je pense que je pourrai rentrer demain. Charlie m'a dit que tu souhaitais me voir. C'est à propos de ce dont on avait discuté la dernière fois ?
Hermione fut reconnaissante qu'il reste vague dans ses propos. Même s'ils étaient seuls dans le salon à présent, elle savait que n'importe qui pouvait surprendre leurs échanges.
- Oui, j'ai fini ce que je voulais faire, je te montrerai demain matin comme ça tu pourras t'en occuper.
Le rouquin sourit et hocha la tête.
- Tout sera bientôt fini, n'est-ce pas ?
- Je pense oui… Je l'espère tout du moins…
- Comment vas-tu, toi ? lui demanda-t-il finalement.
- Ça va, mais j'ai hâte de pouvoir sortir à nouveau de cette maison.
- Tes colocataires ne sont pas faciles à vivre hein ? lui répondit-il en riant légèrement.
- Surtout à certains moments…, éluda Hermione. Mais c'est surtout ma liberté qui me manque, le fait de pouvoir flâner dans la rue, aller où bon me semble, décider moi-même de ce que j'ai envie de faire et d'où je veux aller…
Bill hocha la tête, compatissant.
- Surtout après des mois passés en pleine nature, d'après ce que j'ai pu comprendre ? la questionna le jeune homme.
- Oui…, souffla Hermione. Mais j'apprécie grandement d'avoir retrouvé un lit et une douche ! plaisanta-t-elle pour détendre l'atmosphère qui devenait trop pesante à son goût.
Le jeune homme sourit et ils continuèrent à discuter plus légèrement. Après les événements de la veille, ça leur faisait le plus grand bien à tous les deux de pouvoir ainsi partir sur des sujets plus légers, laissant de côté pour un temps tout ce qui angoissait leurs esprits et leurs cœurs.
Ce fut Severus qui les interrompit en demandant à Bill de le suivre pour qu'il nettoie correctement ses plaies et y étale l'onguent qu'il venait de terminer. Hermione demanda si elle pouvait se joindre à eux, avide d'apprendre de nouvelles choses.
Elle envisageait vaguement de suivre des études de médecine sorcière après ses ASPIC. Elle s'était réellement prise d'intérêt pour le sujet lors de ses préparatifs pour la chasse aux horcruxes et ensuite, ses recherches sur les contraceptifs féminins avaient réveillé sa curiosité sur le sujet.
Severus questionna Bill du regard et le jeune homme hocha la tête pour accéder à la demande de la jeune femme, n'y voyant pas d'inconvénient. Ils s'isolèrent donc dans la chambre d'ami et Hermione ne put s'empêcher de rougir légèrement quand Severus demanda à Bill de retirer son tee-shirt.
La voix de l'homme était froide, signe qu'il n'était pas réellement satisfait de la vision qu'aurait la jeune fille. Hermione s'approcha de Severus, se plaçant dans le dos de Bill afin de le rassurer quelque peu sur ses intentions. Ses deux hommes pouvaient se montrer tellement possessifs envers elle !
Elle passa les vingt minutes que durèrent le soin à questionner Severus sur la composition de l'onguent, les soins qu'il avait fourni à Bill la veille, les contre-indications qu'ils impliquaient, les risques de rechute, et encore beaucoup d'autres sujets liés à la guérison du roux.
- Tu veux devenir maître des potions Hermione ? questionna finalement Bill lorsqu'Hermione se tut suffisamment longtemps pour qu'il puisse intervenir.
Sa question éveilla l'intérêt de Severus qui lança un regard inquisiteur à la jeune femme, apparemment très curieux de la réponse qu'elle fournirait.
- Je ne sais pas exactement…, soupira-t-elle. Il y a tellement de sujets qui m'intéressent que je n'arrive pas à choisir dans quelle voie m'orienter… J'ai tellement peur de m'engager dans une voie et ensuite de me rendre compte que je me suis trompée !
Son ton sonnait si triste que Bill ne put s'empêcher de rire, encore plus quand il entendit le murmure de Severus.
- Typiquement Gryffondor ! s'était-il exaspéré avant de sermonner Bill sur le fait qu'il devait rester immobile pour qu'il puisse le soigner convenablement.
Hermione prit un peu la mouche à la remarque de Severus avant que celui-ci ne lui fasse un minuscule clin d'œil pendant que Bill avait la tête tournée sur le côté. Hermione le regarda quelques instants, effarée par son geste qui semblait si naturel mais ne correspondait pas du tout à sa personnalité habituelle. Le maître des potions se décida à expliciter oralement le fond de sa pensée devant l'air ahuri de la jeune fille.
- Nous pourrons en discuter dans les jours qui viennent si vous voulez des informations supplémentaires sur les différentes voies qui s'offrent à vous à la suite de vos ASPIC, déclara-t-il d'un ton neutre et professoral.
Un grand sourire naquit sur les lèvres d'Hermione qui mima un baiser pour le remercier. Severus ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel tandis qu'un rictus amusé se dessinait au coin de ses lèvres. Il reporta ensuite sa concentration sur le bras du rouquin.
Une fois les soins terminés, Severus donna le pot d'onguent à Bill en lui indiquant d'en remettre sur tout son bras, jusque dans son cou, deux fois par jour matin et soir pendant au minimum une semaine, même si les cicatrices semblaient disparaître avant.
- Quel dommage, j'aimais beaucoup ma petite infirmière indécise, s'amusa Bill.
Hermione lui lança un regard noir qui le fit ricaner. Elle fut légèrement soulagée qu'il ne croise pas celui de Severus. Comment allaient-ils garder leur relation secrète si les deux hommes réagissaient ainsi à chaque boutade ?
- Vous allez pouvoir rentrer retrouver votre femme dès ce soir par contre, même si je sais que ce n'est qu'un faible lot de consolation.
Hermione ne put retenir un petit ricanement à la remarque de Severus tandis que Bill ne semblait même pas avoir entendu la fin de sa phrase, tout simplement heureux de pouvoir rentrer chez lui.
Severus quitta la pièce et Hermione proposa à Bill de la suivre pour qu'elle lui transmette le mot pour Harry et Ron. Celui-ci acquiesça et Severus les regarda d'un œil prudent s'éloigner vers l'escalier qui montait à l'étage. Il ne dit rien cependant, sachant pertinemment que toute remarque de sa part semblerait suspecte.
- Le dîner est presque prêt ! déclara Sirius qui se tenait dans l'encadrement de la porte de la cuisine.
Les deux hommes semblaient plus qu'intrigués par ce que les deux jeunes pouvaient bien être en train de faire.
- Nous n'en avons pas pour longtemps, ricana Bill en retour. Si je dois partir ce soir, je veux profiter au maximum de ma petite infirmière avant mon départ, ajouta-t-il d'un air guilleret.
Sa remarque lui valut des regards noirs de la part des trois habitants de la maison et Hermione le frappa au niveau de son bras valide, lui arrachant une petite exclamation de surprise.
- Voici donc que mon infirmière me bat ! s'exclama-t-il en riant.
Hermione secoua la tête en levant les yeux aux ciels et le poussa dans l'escalier. Ce n'était pas comme cela qu'ils allaient être discrets. Elle se demanda ce qu'elle pourrait bien inventer pour expliquer à ses deux hommes la raison pour laquelle elle avait tenu à emmener Bill dans sa chambre.
Elle jeta un petit coup d'œil en direction de Severus et Sirius avant de suivre Bill à l'étage. Leurs regards étaient durs. Elle leur fit un petit sourire, espérant les rassurer ainsi et s'enfuit à l'étage. Elle aurait déjà bien assez de mal à gérer tout ça plus tard, sans avoir besoin de se prendre la tête dès à présent à ce propos.
Hermione poussa le rouquin dans sa chambre et referma la porte derrière elle avec soulagement. Le jeune homme détailla la chambre des yeux. Hermione perçut très clairement son regard qui s'arrêta quelques instants sur la nuisette qu'elle avait abandonné sur son lit. Elle rougit légèrement et se mit à parler pour détourner son attention.
- Voilà la lettre, lui dit-elle en lui tendant l'enveloppe cachetée.
La distraction fonctionna et Bill se tourna vers le bureau pour attraper ladite lettre. Il la rangea dans une de ses poches.
- Dis-leur de bien la lire et de ne pas hésiter s'ils ont la moindre question, si tant est que tu puisses revenir ici sous peu. Je pense qu'ils ne vont pas tarder à partir de chez toi de toute façon. Dis leur bien de faire attention à eux et surtout qu'ils lisent bien la lettre, je pense que ça les aidera à préparer leur prochaine étape.
- Je leur dirai, ne t'inquiètes pas Hermione, ils vont s'en sortir, la coupa Bill gentiment, sentant l'inquiétude poindre dans sa voix.
- J'aimerai tellement pouvoir être à leurs côtés…
Bill hocha la tête. Il pouvait comprendre son inquiétude. Lui-même ressentait la même à l'idée que son plus jeune frère reparte à l'aventure pour un temps indéterminé. Il laissa voguer son regard sur le bureau de la jeune fille, cherchant une source de distraction qui permettrait de détendre l'ambiance pesante de la pièce.
Il ne lui fallut que quelques secondes pour la trouver, sous la forme d'une pile de feuilles entassées sur le coin du bureau et dont le titre le fit sourire.
- Alors comme ça tu t'intéresses aux contraceptifs féminins Hermione ? Aurais-tu des idées derrière la tête ?
Hermione rougit violemment et se précipita sur la pile de feuille pour la recouvrir d'autres documents qui traînaient à côté.
- Je comprends mieux la présence de la nuisette sur le lit ! continua Bill en riant. Qui donc essayes-tu de séduire dans cette maison ? Ce n'est pas moi j'espère ? Je suis marié je te rappelle, ajouta-t-il d'un ton faussement outré en montrant son alliance.
Il rit à gorge déployée devant l'embarras évidement de la jeune fille. Celle-ci ouvrit brusquement la porte et le poussa dehors.
- Bah quoi Hermione, pas de quoi avoir honte tu sais ! Je sais bien que je suis irrésistible, tu n'es pas la première à craquer !
Elle le lâcha dès qu'il fut dans le couloir et referma la porte sur lui. Elle l'entendit rire aux éclats de l'autre côté. Elle attrapa un oreiller sur son lit et rouvrit sa porte pour le lui lancer dessus. Ça ne le fit pas arrêter de glousser mais ça eut au moins l'effet de le faire fuir tandis qu'il courrait pour rejoindre les escaliers.
Il arriva dans la cuisine encore hilare, sous les regards interrogateurs de Severus et Sirius.
- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? demanda un Sirius curieux.
- Oh je découvre simplement que la petite Hermione devient une femme ! rit Bill.
Ce fut à ce moment-là que la jeune femme pénétra dans la pièce et elle lui lança un regard noir. Elle évita ceux de ses deux hommes tout le reste de la soirée. Elle fut soulagée quand Bill indiqua qu'il allait rentrer retrouver Fleur. Il remercia encore une fois Severus pour ses bons soins, ainsi que Sirius avant de se tourner vers Hermione.
- Sans rancune ? lui demanda-t-il avec un grand sourire et un clin d'œil.
La jeune femme lui répondit d'un petit sourire et il s'approcha d'elle pour la serrer dans ses bras.
- Je ne sais pas s'il c'est l'un des habitants de cette maison, ou quelqu'un d'autre, que tu veux séduire Hermione, mais sois prudente surtout.
Il lui avait murmuré ces quelques mots à l'oreille pour qu'elle soit la seule à les entendre. Il ne lui laissa pas le temps de réagir avant de disparaître dans les flammes vertes du réseau de cheminette. Hermione fixa les flammes quelques secondes, pas très sûre de comment réagir face à son avertissement. À ce rythme-là, tout l'Ordre allait découvrir ce qui se tramait dans cette maison avant la fin de la guerre ! Chose qu'elle redoutait plus que tout au plus profond de son cœur.
Elle se retourna vers ses deux hommes qui se tenaient un peu en retrait et croisa finalement leurs regards pour la première fois de la soirée. Si elle avait pu, elle aurait souhaité disparaître dans le sol sous les lueurs de possessivité qui brillaient dans leurs yeux. Une lueur dangereuse mais tellement flatteuse.
Prise d'une soudaine et folle idée, Hermione s'approcha lentement d'eux, à la manière d'un félin fondant sur sa proie. Elle n'était pas une lionne pour rien, même si ce qu'elle s'apprêtait à faire, pour détourner leur attention du jeune homme qui venait de partir, était loin d'être représentatif du caractéristique courage de sa maison.
Plutôt que de devoir s'expliquer, elle fit lentement glisser les bretelles de sa robe sur ses épaules. Le vêtement fut au sol quelques secondes plus tard et elle avisait avec plaisir leurs regards envieux glisser le long de son corps quasi nu. Elle s'arrêta à quelques pas de ses deux hommes, un sourire mutin aux lèvres. Qu'il était simple de détourner leur attention !
- Et si nous allions dans un lit pour une fois ? proposa Sirius. Cette maison est pleine de chambres et on se contente de tables ou du sol !
- Je ne pensais pas que ça dérangeait un cabot tel que toi ! railla Severus en réponse à l'animagus.
Ce dernier lui lança un regard noir. Sentant la situation lui échapper, Hermione décida de rapidement reprendre le contrôle.
- Personnellement, je monte. Qui m'aime me suive !
Elle n'attendit pas de voir leurs réactions et avait parlé en se remettant à marcher vers les escaliers. Elle rougit légèrement sur l'utilisation du proverbe. Elle aurait peut-être dû réfléchir avant de parler sur ce coup-ci. Elle aurait pu utiliser d'autres mots. Elle aurait dû. Elle n'était pas sûre qu'impliquer l'amour dans leur relation soit une bonne idée. Elle était même plutôt sûre du contraire.
Elle eut pleinement conscience que ses deux hommes mirent plusieurs secondes avant de se décider à la suivre, leur envie prenant une fois de plus le pas sur leur raison. Elle mit l'incident de côté pour se concentrer sur la suite des événements. Elle hésita lorsqu'elle arriva sur le palier, ne sachant pas dans quelle chambre se rendre.
Sirius, arrivant juste après elle, prit les choses en main. Il l'attrapa par la hanche et la dirigea vers une chambre inoccupée au bout du couloir. Un territoire neutre, comblant parfaitement leurs besoins, pour éviter que l'un d'eux ne prenne le dessus sur leur relation. La porte se referma en silence derrière Severus. Il tendit à Hermione la fiole de contraceptif qu'il avait pensé faire venir à eux.
Hermione le remercia d'un sourire mais ne put s'empêcher de grimacer en réalisant que la fiole serait vide après qu'elle en eut bu sa gorgée. Elle ne manqua pas le regard empli de déception que Sirius posa sur la fiole vide.
- J'ai commencé la préparation d'un nouveau chaudron, il devrait être prêt d'ici deux jours…, soupira Severus.
Hermione lui répondit d'un grand sourire et l'autre homme se détendit instantanément. La suite répondit à des attentes que la jeune femme n'avait même pas osé imaginer tandis que ses deux hommes s'unirent pour son plaisir. La chaleur de leurs corps s'entremêlant, la sueur coulant le long de leurs colonnes vertébrales et leurs gémissements partagés remplirent la moindre parcelle de leurs pensées durant les deux heures qui suivirent.
Ils finirent par se séparer, épuisés mais comblés. Chacun passa rapidement dans la salle de bain pour se rafraîchir avant de rejoindre sa chambre. Hermione resta quelques instants supplémentaires allongée sur le lit, à présent humide de sueur, qui avait contenu leurs ébats. Elle essayait de profiter au maximum de cette torpeur qui l'avait saisie et qui éloignait le moindre de ses problèmes au fin fond de son esprit.
Elle ne se décida à se lever que lorsqu'elle entendit le dernier de ses colocataires refermer la porte de sa chambre. Elle rejoignit la sienne, sentant encore une fois son cœur s'accélérer alors qu'elle pénétrait dans la pièce sombre. Elle attrapa sa nuisette, toujours posée sur le bord de son lit et soupira. Elle laissa ses doigts glisser quelques instants sur le matelas. Elle savait qu'elle devrait dormir ici cette nuit. Sirius avait eu bien raison de les mettre en garde. Et pourtant…
Son regard dériva vers le plafond qu'elle avait tant de fois fixé au beau milieu de la nuit, tremblante, au sortir de ses cauchemars. Elle détourna les yeux et s'enfuit précipitamment de la pièce. Elle alla droit dans la salle de bain et prit une rapide douche. Elle y entra avant même que l'eau ne soit chaude et le jet glacé eut le mérite de lui changer les idées quelques instants. Elle laissa ensuite l'eau chaude la détendre et dénouer ses muscles fatigués.
Lorsqu'elle ressortit de la salle, elle n'hésita pas un instant avant de s'approcher de la porte de la chambre de Severus. Elle y pénétra et n'attendit même pas un geste de sa part pour se glisser contre lui dans le lit. Elle le sentit jeter un sort sur la porte, comme il l'avait fait la nuit précédente et elle colla son corps contre celui de l'homme.
Hermione inspira à grands poumons son odeur, réconfortante. Elle ne mît ensuite que quelques minutes à s'endormir, ainsi protégée dans l'étreinte de Severus. Il la rejoignit lui-même rapidement dans les bras de Morphée.
Les trois habitants de la maison dormirent tard le lendemain matin. Leurs ébats nocturnes les avaient tenus éveillés tard dans la nuit et ils avaient tous grand besoin d'une longue nuit de sommeil pour récupérer leurs forces.
Lorsqu'Hermione émergea, elle remarqua que Severus la regardait, sans doute depuis quelques instants. Elle lui sourit et il se pencha pour l'embrasser délicatement. Il était rare qu'un de ses deux hommes fasse le premier pas et elle sourit en répondant à son baiser. Ils restèrent encore de longues minutes ainsi, dans les bras l'un de l'autre, profitant du silence de la maison. Ils entendirent vaguement quelqu'un monter les escaliers et s'approcher de la chambre d'Hermione.
- Il va falloir se lever avant que le chien n'aboie encore en trouvant ta chambre vide ! ricana Severus.
Hermione lui donna une petite tape sur le bras pour montrer son désaccord face aux termes employés, malgré le petit sourire qui s'affichait sur ses lèvres et qu'elle n'avait pu retenir. Elle se redressa dans le lit, se séparant ainsi de l'étreinte de l'homme qui poussa un léger soupir.
- Hermione ?
La jeune fille sursauta brutalement. La voix dans le couloir n'était pas celle de Sirius.
- Merde, Molly !
C'était Severus qui avait parlé. Hermione s'étonna une seconde de l'entendre jurer avant de se sentir basculer sur le côté. L'homme, retrouvant des réflexes acquis par des années d'espionnage, l'avait attrapée et faite passer au-dessus de lui pour qu'elle retombe de l'autre côté du lit, au sol. Elle était ainsi cachée d'un éventuel coup d'œil porté depuis la porte de la chambre.
La jeune femme se fit toute petite tandis que Severus n'avait pas attendu pour se lever d'un bond. D'un geste de baguette, il avait enfilé un pantalon de jogging et un tee-shirt. Il fut près de la porte cinq secondes à peine après l'appel de la femme. Il jeta un coup d'œil en arrière vers là où se tenait Hermione avant d'entrouvrir légèrement la porte.
- Un problème Molly ? demanda-t-il d'une voix cassante.
La rousse sursauta légèrement dans le couloir.
- Oh, désolée Severus… Je ne pensais pas que vous seriez toujours en train de dormir…
Elle semblait vraiment mal à l'aise sous le regard dur de l'homme.
- Je cherche Hermione en fait… Je voulais lui parler…
La jeune fille soupira, cachée derrière le lit. Elle n'était pas sûre d'avoir envie de discuter avec la mère de famille. Elle était même presque sûre du contraire. Depuis qu'elle était enfermée dans cette maison, la femme n'avait fait que lui reprocher l'absence de Ron, lui rappelant à chaque fois les pires moments de sa vie.
- Cette petite est toujours fourrée dans les quatre coins de la maison…, grogna-t-il. Allez chercher dans les pièces du rez-de-chaussée, elle y passe pas mal de temps. Si je la croise je lui dirai que vous la cherchez.
Hermione observa l'homme bouger légèrement sa baguette dans son dos. Une seconde plus tard, elle entendit l'eau de la douche se mettre à couler.
- À moins qu'elle ne soit simplement dans la salle de bain…, susurra l'homme, d'un ton particulièrement ennuyé. Allez l'attendre au salon, elle y descendra dès qu'elle aura fini.
Sa voix était glaciale, son visage impénétrable. La rousse hocha la tête. Elle semblait gênée de déranger l'homme pour si peu. Elle ne répondit rien avant de se diriger vers les escaliers.
Severus referma la porte de sa chambre dans la foulée. Il poussa un long soupir de soulagement. Hermione se redressa de derrière le lit.
- Peut-être qu'on aurait dû écouter Sirius finalement…, soupira-t-elle.
- Peut-être qu'il faudrait surtout revoir les protections de cette maison, si n'importe qui peut y entrer sans qu'un seul d'entre nous ne le repère, il y a de sérieuses failles. Si un mangemort venait à percer le secret de la localisation du lieu, nous serions tous pris au piège à ne pas pouvoir sortir d'ici !
Hermione s'approcha de lui et posa une main contre son torse.
- Si un mangemort venait à pénétrer seul ici, je ne donnerai pas cher de sa peau avec vous deux, rigola-t-elle.
Elle réussit tout de même à obtenir un rictus amusé de Severus. Elle se mit sur la pointe des pieds pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres avant de le contourner pour attraper la poignée de la chambre.
- Je ferai mieux de filer avant que Molly ne décide que je mette trop de temps sous la douche !
Elle écouta quelques secondes pour essayer de détecter le moindre bruit en provenance du couloir et se décida à ouvrir la porte. Elle pensait courir dans sa chambre pour s'habiller et éventuellement faire un rapide crochet par la salle de bain afin de concorder à la version de Severus.
Elle resta toutefois figée en apercevant Molly, debout, de l'autre côté de la porte de la chambre, le poing levé comme si elle s'apprêtait à frapper contre le montant en bois.
Bonjour à tous et à toutes !
Piouf ! J'ai bien cru que je ne parviendrai jamais à poster ce soir ! L'ébauche que j'avais du chapitre ne me plaisait pas totalement mais je bloquais un peu pour savoir comment l'arranger et vous avez de la chance, j'ai réussi à trouver l'inspiration aujourd'hui ! ;) Je l'ai moins relu que les autres donc... il est possible que quelques fautes soient passées à la trappe, je m'en excuse en avance !
J'espère qu'il vous aura plu ! Pour une fois on a un peu de suspens à la fin, c'est difficile à mettre en place avec des chapitres aussi longs donc je suis contente (même si je me doute que vous l'êtes un peu moins xD)
Merci encore à tous ceux qui me suivent et qui me laisse une petite (ou grande) review !
A la semaine prochaine ;)
Et pour finir, réponse aux reviews guest :
Isa : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis ravie que "mon" Severus te plaise et j'espère que ça continuera ! Quant à savoir qui choisirait Hermione si elle devait faire un choix... Je ne dirai rien xD
Sianna : Je suis très contente que cette histoire te plaise et j'espère que la suite en fera tout autant ! Merci pour ta review !
