Chapitre 13 : Chaque victoire a un prix
La compétition a une signification particulière selon les gens. Mais qu'il s'agisse de rivalité amicale ou d'un combat sans merci, le résultat reste le même. Il y a des vainqueurs et des perdants. L'important est de savoir dans quelle bataille on peut s'engager. Parce que... chaque victoire a un prix
- Desperate Housewives
- Appartements de Severus Snape, Poudlard !
Hermione sentit le tiraillement habituel la prendre au niveau du nombril et elle ferma les yeux. Elle ne les rouvrit que lorsqu'elle sentit de nouveau le sol sous ses pieds. Elle trébucha en arrivant et sortit maladroitement de l'âtre.
Dès son arrivée, elle ne put s'empêcher d'examiner l'ensemble de la pièce du regard. C'était la première fois qu'elle venait dans l'antre du maître des potions à Poudlard. Les élèves étaient cantonnés aux bureaux des professeurs en général.
Elle se trouvait dans un salon, ni particulièrement chaleureux, ni particulièrement froid. Le mobilier restait sommaire : un canapé et deux fauteuils entouraient une table basse disposée sur un tapis molletonné, une grande table était placée plus loin, entourée de six chaises et un bureau occupait un coin de la pièce. Quelques placards et étagères complétaient le tout et des torches éclairaient l'ensemble, en plus du feu de cheminée dont elle sortait.
Rien n'était réellement personnalisé mais elle reconnut rapidement la marque du maître des potions dans les murs recouverts de livres en tous genres et le désordre organisé sur le bureau. Pour un peu, elle aurait pu croire que le professeur venait juste de quitter la pièce, alors qu'il y avait remis les pieds un peu plus tôt pour la première fois depuis plusieurs mois.
Hermione resta quelques instants, debout, au milieu de la pièce. C'était une sensation étrange que de se retrouver dans un autre lieu que la maison. Elle n'avait pas imaginé que ça arriverait aussi vite. Elle n'avait surtout pas imaginé que ça arriverait dans de telles conditions. Elle avait si souvent souhaité être libre. À présent que c'était le cas, elle sentait l'angoisse lui serrer la gorge.
Elle s'approcha doucement du tableau servant de porte, qui donnait sur les cachots, et posa la main dessus. Celui-ci bascula, lui laissant ainsi la possibilité de jeter un œil dans le couloir. Tout était vide, calme et silencieux, presque trop même. Hermione se doutait que tout le monde devait être à l'étage supérieur, sans doute dans la grande salle ou à l'infirmerie. Relâchant le tableau, elle avança de quelques pas dans le couloir.
A mesure qu'elle marchait, baguette au poing, sur ses gardes, elle sentait l'angoisse grossir, tordant son estomac. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait. Elle avait peur de ce qu'elle allait découvrir. Jamais elle ne s'était sentie aussi seule qu'en cet instant et elle savait qu'elle ne pouvait se le reprocher qu'à elle-même. D'un autre côté, les choses auraient-elles réellement été différentes si tout s'était passé différemment ? Elle imaginait mal Severus et Sirius revenir parmi le monde réel en s'encombrant d'elle aux yeux de tous.
Elle se força à faire un pas supplémentaire en avant et, sans qu'elle ne sache vraiment comment ni pourquoi, elle referma de nouveau le tableau sur elle, le cœur tremblant.
Elle avait fait demi-tour et s'était réfugiée dans les appartements de Severus dont le tableau d'entrée ne s'était pas complètement refermé. Elle laissa sa respiration se calmer. Ce n'était pas le moment de faire une crise d'angoisse. Elle décida de faire le tour de la pièce pour se changer les idées. Elle laissa ses doigts courir sur les différents meubles présents. Sur la chaise du bureau, elle aperçut un tee-shirt, sans doute abandonné là par l'homme depuis de nombreux mois. Elle posa ses mains dessus et le porta à son visage.
L'odeur de l'homme était quasiment effacée. Mais elle ne put s'empêcher de trouver réconfortant d'avoir quelque chose qui lui rappelait sa présence. Après avoir passé tant de temps à ses côtés, après avoir partagé tant de choses, il lui était difficile de concevoir que tout était parti en fumée ainsi, par sa faute.
Prise d'une subite inspiration, Hermione retira son pull et enfila le tee-shirt. C'était complètement stupide, elle le savait. Mais si ça pouvait l'aider à sortir des cachots et affronter la suite, elle ne pouvait y renoncer. Elle coinça le tee-shirt dans son jean et renfila son pull par-dessus. Ainsi, personne ne s'apercevrait de son emprunt.
Inspirant à grands poumons, elle se dirigea ensuite de nouveau vers le tableau. Elle sut qu'elle était prête, cette fois-ci, lorsqu'il bascula pour libérer le passage. Elle agrippa fermement sa baguette et s'élança dans le couloir sans un regard en arrière.
Hermione ne ralentit que lorsqu'elle fut proche de la grande salle. Elle percevait des discussions et bruits en tout genre. Tout le monde semblait être regroupé dans la pièce. Elle s'en approcha doucement et marqua un temps d'arrêt devant les portes ouvertes.
La salle était noire de monde. Hermione inspira un grand coup pour ne pas laisser l'angoisse la saisir de nouveau et balaya la pièce du regard. Des rangées de lits se trouvaient de chaque côté de la salle tandis que les grandes tables qui l'ornaient habituellement avaient disparues. Il ne lui fallut que quelques instants pour distinguer les rangées de corps des personnes décédées d'un côté et les rangées de blessés en face.
La jeune fille décida de s'approcher des blessées, pas encore prête à affronter les autres. Son cœur se serra en parcourant les rangs. Certaines personnes semblaient vraiment en très mauvais état. Elle distingua au bout de la rangée un lit être déplacé d'un côté de la pièce à l'autre et sentit son cœur se serrer encore davantage. Qui que ce soit sur ce lit, il avait succombé à ses blessures.
Tout en avançant, elle écoutait vaguement les conversations des gens près de qui elle passait. Ils avaient gagné la guerre. Une victoire bien amère, pensa Hermione. Le ciel grisâtre qui couvrait le plafond de la salle semblait refléter l'ambiance pesante qui régnait dans la salle : entre fatigue, peine et un peu de soulagement, au fond, d'avoir finalement gagné cette bien trop longue guerre.
Personne ne faisait réellement attention à elle et elle fut soulagée de ne pas être arrêtée tous les deux mètres. Elle salua vaguement de la tête des personnes qu'elle reconnaissait mais continua son chemin.
Elle avait distingué au loin la chevelure caractéristique des Weasley. Certains étaient du côté des blessés, d'autres du côté des morts. Elle essayait de rejoindre le premier groupe, terrifiée à l'idée de découvrir qui pouvait bien être étendu de l'autre côté. Chemin faisant, elle essayait de reconstruire un minimum les murs de son esprit, pour contenir les émotions qui tournoyaient en elle. C'était néanmoins terriblement difficile dans ses conditions.
Elle mit plusieurs minutes à rejoindre le groupe. En s'approchant, elle reconnut Bill allongé sur le lit. Il était pâle mais n'avait pas l'air en danger imminent, au plus grand soulagement de la jeune femme. Ce fut lui qui la remarqua en premier.
- Hermione ! Heureux de te voir !
Elle lui fit un petit sourire avant de porter son attention sur le groupe des Weasley qui se tenait près du lit. Son cœur manqua un battement quand elle le vit. Elle cligna plusieurs fois des yeux, essayant de déterminer si ce qu'elle voyait était réel. Il lui fit un grand sourire. Et elle sauta dans ses bras en pleurant et riant à la fois.
- Harry ! Comment ?
Elle n'arrivait pas à faire des phrases, bouleversée. Elle n'arrivait pas à croire que c'était réel et elle laissait ses mains parcourir le corps du garçon, comme pour s'assurer qu'il était bel et bien vivant. Il comprit tout de même ce qu'elle voulait lui dire et il la rassura en la serrant dans ses bras, heureux de retrouver son amie.
- Plus tard, Hermione.
La jeune fille s'écarta un peu de lui pour vérifier qu'il allait bien, et qu'il était vraiment là, avant de le serrer à nouveau dans ses bras. Elle ne s'était jamais sentie aussi soulagée de sa vie. Elle avait l'impression de pouvoir pleinement respirer pour la première fois depuis la veille au soir, quand elle avait tout découvert. Les larmes coulaient librement sur ses joues, mouillant le tee-shirt du jeune homme qu'elle avait cru ne jamais pouvoir revoir.
Ils restèrent ainsi plusieurs minutes avant que la jeune fille ne s'écarte à nouveau. L'inquiétude avait repris sa place sur son visage tandis qu'elle réalisait brutalement qu'un membre de leur trio manquait.
- Ron ? demanda-t-elle à son ami d'une voix faible et inquiète.
Harry lui répondit d'un petit sourire avant d'élever la voix et d'appeler leur ami à travers la salle. Elle distingua la tête rousse courir depuis le côté des morts et elle sourit grandement en l'apercevant. L'air grave et inquiet du garçon s'effaça quelque peu à la seconde où il posa les yeux sur elle tandis qu'un grand sourire vint illuminer son visage.
Hermione ouvrit ses bras dans sa direction et il s'y précipita, tous deux soulagés de se retrouver sains et saufs. La jeune femme ne s'était cependant pas attendue à ce qu'il l'embrasse sur la bouche pour la saluer.
Elle resta figée de stupeur et ne pensa même pas à le repousser tandis qu'elle essayait de comprendre ce qu'il se passait, tant cela allait à l'encontre de tout ce qu'elle avait imaginé pour ces retrouvailles et cette journée. Elle entendit distinctement le rire d'Harry résonner à leurs côtés. Elle ne reprit ses esprits que lorsqu'elle entendit une voix glaciale résonner dans son dos.
- Veuillez garder ces effusions pour un endroit plus approprié, il y a des blessés qui ont besoin de soins ici.
Après tout ce temps passé en sa compagnie, Hermione n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qui était le propriétaire de cette voix. Elle repoussa brusquement Ron qui sembla supposer qu'elle était juste gênée que leur professeur de potion les voie ainsi. Attrapant sa main, il l'entraîna dans son sillage un peu plus loin. Hermione se laissa faire, penaude, ne sachant que faire d'autre.
Elle jeta toutefois un regard vers Severus qui s'était détourné dans la foulée pour se pencher sur le lit de Bill. Elle n'imaginait pas à quel point il devait être blessé par la scène qu'il venait d'interrompre. Surtout après ce qu'elle lui avait dit la veille. Il fallait vraiment qu'elle ait une discussion avec lui et Sirius. Et avec Ron également, pensa-t-elle en l'entendant grommeler.
- Il faut toujours que ce sale vampire me gâche la vie !
Ils s'arrêtèrent tout au bout de la rangée des blessés, au fond de la salle. Harry les avait suivis et Hermione en profita pour retirer sa main de celle de Ron avant de croiser les bras, gênée. Comment était-elle censée gérer toute cette situation ? C'était presque mille fois pire que tout ce qu'elle avait pu imaginer.
Essayant de se changer les idées pour l'instant, la jeune fille questionna ses deux meilleurs amis sur l'état de Bill. Harry lui répondit qu'il avait été mordu par Fenrir Greyback.
- Est-ce qu'il a été contaminé ? demanda-t-elle en portant sa main devant sa bouche de surprise.
- Selon Pomfresh, on ne pourra pas le savoir avant la prochaine pleine lune..., lui répondit Ron d'un air sombre.
Hermione grimaça. Elle posa finalement la question qui lui brûlait les lèvres mais dont elle avait si peur de la réponse.
- J'ai vu des membres de ta famille de l'autre côté de la pièce, Ron… Qui… ?
Elle n'arriva pas à finir sa question. Ce ne fut pas utile. Le visage de Ron s'assombrit et elle se sentit un peu coupable d'avoir finalement essayé de savoir.
- Fred…, souffla péniblement le rouquin.
Hermione posa une main sur l'épaule de son ami en réconfort. Elle soupira.
- Comment va George ?
- Mal..., lui répondit Ron. Il est à la maison avec Ginny et maman. Elle le vit aussi mal mais elle semblait soulagée que tout soit fini...
Hermione lui fit un petit sourire contrit. Elle ne savait que dire face à la peine évidente qu'éprouvait le jeune homme. Un léger silence s'installa entre eux sans qu'elle ne sache comment réagir. Ce fut Harry qui détourna la conversation, à son grand soulagement.
Il lui raconta finalement comment le sortilège de mort que Voldemort lui avait lancé ne l'avait pas tué, encore une fois, mais uniquement détruit l'Horcruxe qu'il avait en lui. Il lui expliqua ensuite comment il était revenu à la vie et avait finalement vaincu le lord noir. Tout ça paraissait irréaliste mais c'était magique et la magie avait souvent semblé irréaliste à Hermione, tant pour ce qu'elle permettait que pour tout ce qui n'était tout de même pas possible.
À la fin du récit, Ron leur indiqua qu'il allait retourner auprès de sa famille et Hermione et Harry le suivirent. Ils s'arrêtèrent devant le lit sur lequel était allongé Fred. Hermione sentit une boule se former dans sa gorge. Elle salua les Weasley regroupés autour du lit et leur présenta ses condoléances, prenant sur elle pour rester neutre. Elle resta ensuite un peu en retrait, comme Harry. Elle se sentait de trop dans le deuil de cette famille qui n'était pas la sienne, même si elle était particulièrement touchée.
Prenant sur elle, la jeune fille laissa son regard parcourir les lits des défunts à proximité. Son cœur manqua un battement lorsqu'elle reconnut Tonks allongée dans l'un des lits. Comme dans un état second, elle s'en approcha lentement, n'osant croire à l'évidence, sans même se soucier des regards étonnés que lui jetèrent les Weasley.
Elle hoqueta en reconnaissant Lupin dans le lit adjacent. Les mains du couple avaient été reliées. Ses pensées volèrent un instant vers le petit Teddy, orphelin à présent. Le poids dans son cœur s'alourdit encore un peu. Était-ce réellement une victoire ?
Hermione s'arrêta devant la jeune femme étendue. Ses cheveux d'ordinaire rouge flamboyant ou rose vif étaient à présent ternes et bruns. Elle avait retrouvé sa véritable apparence dans la mort. Hermione sentit une larme s'échapper de ses yeux. Elle posa sa main sur la cheville de la jeune femme. Elle semblait si paisible ainsi allongée, comme endormie.
Les souvenirs des deux derniers mois et des soirées passées avec la jeune femme tournoyaient dans l'esprit d'Hermione. Elle la remercia silencieusement pour tous les conseils qu'elle avait pu lui donner et surtout pour le fait qu'elle ne l'avait jamais jugée. Elle avait l'impression de perdre une grande sœur, toujours prête à rire et se moquer d'elle, mais surtout toujours là pour la conseiller et la soutenir, peu importe ses choix. Une oreille toujours disponible et attentive. Elle aurait fait une maman en or pour Teddy… Elle avait été une maman en or, juste pas assez longtemps… Vraiment pas assez…
Hermione resta de longues minutes auprès de la jeune femme pour lui faire ses adieux. Elle finit par détourner son regard et le porta sur les lits suivant avec appréhension. Combien de morts pourrait-elle reconnaître avant de s'effondrer ? Elle avait déjà l'impression d'être au bord du gouffre.
Du coin de l'œil, elle remarqua qu'Harry la regardait d'un peu plus loin, comme s'il souhaitait surveiller qu'elle allait bien mais hésitait à la rejoindre. Elle fit mine de ne pas voir son regard et s'avança le long des rangées. Il y avait de nombreux morts.
Elle fut rassurée de ne pas y retrouver trop de gens qu'elle avait connu et côtoyé. Elle croisa sur le chemin le petit Denis Crivey. Son frère était allongé dans l'un des lits et le petit pleurait dans les bras de ses parents. Elle ressentit une piqûre de culpabilité alors qu'elle avait été bien à l'abri pendant toute la fin de la guerre. Elle la repoussa néanmoins en songeant qu'elle avait plus que donné sa part auparavant. Elle n'avait de toute façon pas eu le choix.
Arrivée à l'autre bout de la pièce, non loin de la porte de la grande salle, elle remarqua un ensemble de lits tenus un peu à l'écart des autres. Elle s'en approcha doucement et reconnut sans mal les personnes allongées : des mangemorts décédés. Elle laissa son regard parcourir les différents lits, reconnaissant vaguement certaines personnes, jusqu'à tomber sur elle.
Bellatrix Lestrange se tenait là, les yeux fermés, tranquillement allongée. Son âme avait quitté son corps. Titubante, Hermione s'approcha de la femme qui avait hanté ses nuits et ses journées pendant dans des semaines. Elle ne parvenait pas à détourner le regard du visage presque paisible, limite enfantin, de la femme. Elle avait pourtant l'impression d'entendre son rire fou résonner dans la pièce.
Elle s'arrêta à quelques pas du lit, incapable de s'approcher plus. La jeune fille se sentait terriblement vulnérable. Elle avait presque peur de la voir se relever et lui lancer à nouveau un doloris ou un autre sort de torture de sa confection. Son cerveau ne semblait pas vouloir croire et intégrer le fait que la femme était morte. Les souvenirs de ses jours au manoir Malfoy remontaient avec force à la surface de son esprit sans qu'elle ne puisse les retenir.
Hermione prit de profondes inspirations pour essayer de se calmer. Elle n'avait pas envie qu'on la voie ainsi, fragile et terrorisée. Elle sursauta lorsqu'elle entendit la voix de Sirius juste derrière elle. Elle ne l'avait pas senti approcher.
- Elle ne te fera plus jamais de mal maintenant. Ni à toi, ni à personne d'autre.
Hermione se tourna vers lui. Elle remarqua à sa vision floue que des larmes s'étaient échappées de ses yeux. Elle les essuya d'un geste rageur.
- J'ai tellement souhaité qu'elle meure…, avoua Hermione d'une voix faible. Le problème quand on obtient ce qu'on voulait, c'est qu'on est parfois un peu déçu après, je suppose…
Sirius la regardait fixement. Il semblait partagé entre l'envie de prendre la jeune femme dans ses bras et l'envie de s'éloigner le plus loin possible d'elle. Hermione resta pendant quelques secondes immobile avant de prendre son courage à deux mains. Ils étaient seuls dans ce coin de la salle et personne ne les entendrait, mis à part les défunts mangemorts.
- Je suis tellement désolée Sirius… Je ne pensais pas ce que j'ai dit hier… et je sais bien que j'ai plus que dépassé les bornes mais si tu savais comme je m'en veux… La dernière chose que je voulais c'était de vous faire souffrir ou de vous perdre… je crois bien avoir réussi à faire les deux…
- Ce n'est pas la peine de t'excuser Hermione, je t'ai déjà pardonnée, la coupa Sirius avec un petit sourire, reprenant mot pour mot les paroles qu'elle lui avait sorties un jour dans la salle de bain.
Hermione se jeta dans ses bras, soulagée qu'il ne lui en veuille pas trop. Elle espérait qu'il en serait de même avec Severus mais elle craignait que les choses soient bien plus compliquées, surtout après la scène qu'il avait interrompue plus tôt avec Ron. Quelques secondes après seulement, elle entendit la voix d'Harry s'élever dans son dos et elle se sépara de Sirius à contrecœur.
- Est-ce que ça va, Hermione ? demanda le jeune homme.
La jeune fille hocha simplement la tête. Elle vit clairement le regard de son ami passer de Sirius au corps de Bellatrix. Il n'insista pas pour autant lorsqu'il reprit la parole, ce pour quoi Hermione lui fut reconnaissante.
- Les Weasley rentrent au terrier. Ils m'ont demandé si je voulais les accompagner mais je pense rester un peu à Poudlard, aider si je peux avec les blessés, tout ça… Tu peux aller avec eux si tu veux. Dans tous les cas, je sais que Ron voulait te parler avant de partir. Il m'a demandé de te prévenir qu'il t'attendait dans le hall.
Hermione hocha la tête. Elle croisa le regard interrogateur de Sirius mais l'ignora. Elle s'excusa auprès d'eux et se rendit dans le hall pour avoir une conversation qu'elle doutait apprécier. Elle ne put s'empêcher de jeter un dernier regard sur le corps de Bellatrix. Comme si elle voulait s'assurer que la femme était bel et bien morte. Elle frissonna en se détournant.
Elle trouva facilement Ron. Il se tenait près des escaliers qui montaient dans les étages. Elle le rejoignit et ils s'éloignèrent un peu pour être à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes. Le jeune homme avait l'air particulièrement anxieux. Hermione décida de prendre les choses en main. Mieux valait mettre les choses au clair tout de suite.
- Ron… par rapport à tout à l'heure..., commença-t-elle. Je tiens beaucoup à toi tu sais et je suis vraiment contente que tu sois sauf… Mais je… je tiens à toi comme je tiens à Harry. Vous êtes mes meilleurs amis… vous êtes comme des frères pour moi et je suis vraiment désolée si je t'ai laissé croire autre chose...
Elle soupira en voyant le visage du roux se décomposer au fur et à mesure qu'elle parlait. Mais elle n'arrêta que lorsqu'elle eût dit tout ce qu'elle avait à dire. Il fallait qu'elle règle cette histoire le plus vite possible, avant qu'elle ne prenne plus d'ampleur. Le roux évitait son regard. Il était blessé et elle le savait pertinemment. Elle le connaissait suffisamment pour décrypter sur son visage les sentiments qu'il essayait de camoufler.
- Je n'aurai pas dû t'embrasser comme ça. C'est moi qui devrais m'excuser. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'étais juste vraiment soulagé de te revoir.
La voix du jeune homme était mécanique et tranchée. Hermione se doutait qu'il ne pensait rien de ce qu'il disait. Elle fut un instant tentée de le prendre dans ses bras avant de s'en empêcher. Ça n'aiderait en rien.
- Je retourne au terrier, je ne sais pas si Harry t'a dit… Tu peux quand même venir si tu veux...
Hermione baissa les yeux et déclina la proposition de son ami de la voix la plus douce dont elle était capable.
- Je vais rester ici je pense, essayer d'aider comme je peux… je n'ai pas vraiment envie de me retrouver enfermée dans une autre maison mais c'est très gentil d'avoir proposé.
Ron hocha la tête et s'éloigna. Il se retourna quelques pas plus loin et lui fit un petit sourire.
- On se voit à la rentrée alors je pense ! Ma mère ne voudra sans doute pas me laisser sortir d'ici là, de peur que je ne fuie de nouveau !
Il s'en alla sur ces quelques mots. Hermione eut un petit rire. Elle se sentit ensuite bien seule. Elle se demanda un instant comment se seraient déroulées les choses si elle n'avait pas été coincée au 12 Grimmauld Place. Se serait-elle laissée aller avec Ron pour trouver le réconfort nécessaire afin de surmonter les ténèbres qui obscurcissaient son âme ? Aurait-elle pu être heureuse avec le rouquin ?
En quatrième année, elle avait eu un coup de cœur pour lui, croyant presqu'en être amoureuse. Mais son histoire avec Victor Krum et la réaction de Ron face à tout ça l'en avait détournée, même si ses sentiments pour le roux étaient restés très forts.
Mais après ce qu'elle avait traversé au Manoir Malfoy, elle ne voyait plus les choses de la même façon. Ron n'était pas celui qui lui fallait. Et surtout, elle n'était plus celle pour lui. Il méritait quelqu'un de plus joyeux, de plus vivant, qui lui ressemble d'avantage, pour briller avec lui. Elle ne ferait que le ternir. Et c'était sans doute pour ça que les choses s'étaient déroulées telles qu'elles l'avaient fait dans la maison : parce que Severus et Sirius étaient aussi ternes et sombres qu'elle. Aucun d'eux trois ne risquait d'entraîner les autres vers le bas.
Secouant la tête, Hermione se décida à retourner dans la grande salle. Beaucoup avaient déjà commencé à rentrer chez eux, libérant de l'espace dans la salle. Elle aperçut Harry aux côtés de Sirius qui se tenait près des lits de Remus et Tonks. Elle hésita à les rejoindre mais se ravisa.
Elle n'avait pas envie de s'imposer ainsi. Elle se doutait à quel point cela devait être douloureux pour Sirius alors que lui et Lupin venaient juste de se réconcilier quelque peu. Quant à Harry, le parallèle avec sa propre histoire était trop fort pour qu'il n'ait pas fait lui-même le rapprochement avec le petit Teddy. Il ne restait plus qu'à espérer que l'enfant ait une meilleure enfance que celle qu'avait connue Harry. Il n'en parlait pas beaucoup mais le peu d'informations qu'Hermione avait eues lui avait rapidement fait comprendre à quel point la jeunesse de l'Elu avait été loin d'être idéale.
Elle se dirigea donc vers Mrs Pomfresh pour lui proposer son aide. Une bonne façon de concentrer son esprit sur autre chose que ses problèmes de cœur ou les démons qui semblaient prêts à accourir de l'autre côté de la pièce pour la faire sombrer un peu plus dans le désespoir ou la folie.
Une bonne façon également de gommer le sentiment de culpabilité qui persistait quant à son absence dans la fin de la guerre et de se sentir utile. Même si elle avait parfaitement conscience que le choix n'avait pas été sien, elle avait du mal à accepter tout le bonheur qu'elle avait connu dans la maison, quand elle voyait à présent de ses propres yeux les horreurs qui s'étaient déroulées en parallèle.
L'infirmière accepta son aide avec un grand sourire. Elle commença par examiner le poignet toujours bandé de la jeune fille et lui indiqua que la bande n'était plus nécessaire. La jeune fille fut soulagée qu'elle ne lui pose pas de questions à ce propos. Hermione se lança ensuite dans le nettoyage des plaies de la femme dont s'occupait l'infirmière à son arrivée. Sur ses ordres, la jeune fille appliqua un peu d'onguent sur les différentes plaies avant de suivre l'infirmière jusqu'au lit suivant.
Elles enchaînèrent ainsi rapidement les premiers soins auprès de plusieurs patients avant de rejoindre le lit d'un homme dont les membres semblaient s'être tous disloqués. Severus était en train de jeter plusieurs sorts de diagnostic sur l'homme et Hermione resta quelque peu en retrait pendant qu'il faisait son rapport à l'infirmière.
Celle-ci finit par se tourner vers Hermione et lui demanda de faire boire quelques potions à l'homme. Elle lui expliqua qu'il lui faudrait ensuite tenir l'homme au niveau des épaules pendant que le professeur Snape le tiendrait au niveau des chevilles afin qu'elle remette en place les membres de l'homme. Hermione hocha la tête, évitant le regard froid de Severus qu'elle sentait peser sur elle.
Elle se pencha et souleva délicatement la tête de l'homme pour lui faire avaler la première potion que lui tendit l'infirmière. Elle fut soulagée de ne pas le reconnaître, pas bien sûre qu'elle aurait pu supporter la souffrance qui brillait dans ses yeux si ça avait été ceux d'un de ses proches. Elle reposa la fiole vide et attrapa la seconde que lui tendait l'infirmière. Elle eut à peine soulevé la tête de l'homme que celui-ci régurgitait la première potion sur le pull d'Hermione. La jeune fille grimaça quelque peu.
- Ce sont des choses qui arrivent lorsque l'on soigne des malades, lui indiqua l'infirmière avec un petit sourire. Enlevez votre pull, si vous voulez il y a des blouses à l'infirmerie, vous pouvez aller en chercher une pour vous changer ou rester en tee-shirt si vous n'avez pas froid.
Hermione hocha la tête et retira son pull. Ce fut au regard étrange que fixa Severus sur elle qu'elle se souvint lui avoir volé un tee-shirt. L'infirmière posa également un regard sceptique sur le vêtement.
- Un peu grand comme tee-shirt non ? se moqua-t-elle gentiment.
- C'est celui de mon père, il me manquait..., mentit la jeune femme pour éviter d'autres questions.
Elle croisa le regard de Severus et comprit tout de suite qu'il n'était pas dupe. Elle détourna son propre regard pour le reporter sur le blessé. Elle réussit finalement à lui faire boire les différentes potions et se positionna comme le lui avait indiqué l'infirmière pour le maintenir au niveau des épaules.
- Ça ne va pas être une partie de plaisir…, grimaça Mrs Pomfresh. Tenez-le fermement et ne le lâchez surtout pas, ordonna-t-elle à Severus et Hermione avant de commencer l'incantation.
Hermione ne s'était pas attendu à ce que l'homme souffre autant. Son corps se contorsionnait sous leurs mains et il gémissait de douleur, malgré les potions antidouleur qu'Hermione lui avait fait boire. La jeune fille avait les yeux rivés sur le corps de l'homme dont les os craquaient et elle pouvait parfaitement voir ses membres se déplacer pour que les articulations se ressoudent correctement.
Elle mit un long moment à réaliser qu'elle voyait flou à cause des larmes qui s'accumulaient dans ses yeux. Elle avait l'impression de torturer l'homme, même si elle savait qu'elle participait à le soigner. Elle sentait ses mains trembler sur les épaules du blessé tandis qu'elle s'astreignait à respecter l'ordre de l'infirmière de le maintenir en place.
- Regardez-moi, miss Granger.
La voix de Severus lui fit relever la tête vers lui. Il la fixait d'un air inquiet. Sa voix était douce, bien loin de celle qu'il avait utilisé pour lui parler les dernières fois qu'il s'était adressé à elle.
- Tenez bon, il ne faut pas le lâcher ou il pourrait rester paralysé à vie.
Hermione hocha la tête. Son regard se baissa à nouveau sur l'homme qui gémissait entre ses mains. Ainsi placée au niveau de sa tête, elle entendait parfaitement ses suppliques de tout arrêter, de mettre fin à ses souffrances inhumaines.
- Ne le regardez pas, miss Granger. Regardez-moi, ne me quittez pas du regard, ce sera plus simple.
La jeune femme croisa de nouveau le regard de son homme. Elle s'accrocha à lui. Elle aurait tant voulu lui dire à quel point elle était désolée pour tout ce qu'il s'était passé la veille et la façon dont elle avait réagi.
Le regard de Severus était doux mais il manquait cette petite lueur qu'elle avait appris à connaître et apprécier au fond de ses prunelles. Ils restèrent ainsi de longues minutes, les yeux dans les yeux. Se concentrer sur le noir de ceux de Severus permettait à Hermione de moins prêter attention aux gémissements de douleur de l'homme qu'elle maintenait. L'épreuve était plus simple à supporter et surmonter.
Elle poussa un long soupir quand, près de quinze minutes plus tard, l'infirmière leur indiqua qu'ils pouvaient s'éloigner de l'homme. Elle avait fait le plus gros, il pourrait maintenant être transporté à Sainte Mangouste pour la fin des soins. Hermione releva ses mains des épaules de l'homme, elle croisa son regard soulagé et lui sourit légèrement, essayant de le rassurer. Elle croisa ensuite le regard appuyé de Mrs Pomfresh.
- Severus, accompagnez cette jeune femme ailleurs pour quelques temps. Trouvez-lui quelque chose à boire et à manger avant qu'elle ne s'évanouisse.
L'homme voulut protester qu'il était plus utile ici mais se ravisa en regardant Hermione. Elle était très pâle. Il lui fit un signe de tête pour qu'elle le suive et se mit en marche.
- Et profitez-en pour vous restaurer vous aussi, Severus !
Il grimaça en entendant la remarque de l'infirmière. Il ne se retourna pas pour autant, peu désireux de croiser son regard qu'il devinait amusé. Il prit la direction de ses appartements où il savait qu'ils pourraient être tranquilles. Il entendait les pas d'Hermione le suivre et ne prit pas la peine de se retourner pour vérifier sa présence malgré la cadence rapide qu'il lui imposait. Elle ne dit pas un mot du trajet.
Severus s'arrêta devant le tableau d'entrée de ses quartiers et donna le mot de passe, ne s'inquiétant même pas du fait que la jeune femme l'entende. Il serait de toute façon changé pour la rentrée prochaine, si tant est qu'il soit toujours là. Il n'était pas bien sûr de ce à quoi il aspirait à présent, il n'avait jamais pris le temps de s'imaginer un futur à la fin de la guerre.
- Entrez, dit-il à Hermione qui s'était arrêtée à quelques pas, la tête baissée.
La jeune femme passa près de l'homme et entra dans ses appartements. Elle resta plantée au milieu de la pièce, gênée. Elle entendit le tableau se refermer derrière l'homme. Elle n'osait pas le regarder. Elle avait voulu pouvoir s'excuser en privée avec l'homme, c'était maintenant sa chance. Pourtant, les mots semblaient ne pas vouloir passer la barrière de sa bouche, bloqués par la boule d'angoisse qui se formait dans sa gorge. Ils ne semblaient même pas vouloir se former dans son esprit.
- Asseyez-vous sur le canapé, je vais chercher de quoi grignoter, souffla Severus.
Il disparut dans la foulée dans une pièce attenante. Sans doute une cuisine, pensa Hermione. Elle s'installa sur le divan et laissa son regard voguer sur les différents objets posés sur la table basse. Elle s'arrêta quelques secondes sur la bouteille de Whisky pur feu posée dans un coin. Elle n'aurait pas été contre une dose de courage.
La brune détourna les yeux quand elle entendit Severus revenir. Il posa un plateau devant elle et s'installa dans un fauteuil positionné en face. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes sans parler ni bouger. Hermione finit par relever les yeux sur l'homme. Celui-ci soupira de nouveau.
- Mangez quelque chose avant que je ne me fasse réprimander par Mrs Pomfresh.
Sa voix n'était plus douce. Elle n'était pas dure non plus. Hermione avait l'impression qu'il était plus résigné qu'autre chose. Elle ne le quitta pas du regard. Elle ne lui obéit pas plus. Elle savait qu'elle devait des excuses à l'homme et il ne servait à rien de repousser encore ce moment.
- Je suis désolée, Severus.
L'homme détourna son regard.
- Mangez miss Granger, s'exaspéra-t-il. Et il vaudrait mieux revenir au vouvoiement à présent que nous sommes libres. Inutile de revenir sur le passé. Nous pouvons faire comme si rien ne s'était passé.
Hermione sentit son cœur se briser. Elle inspira profondément. Elle méritait la froideur de l'homme. Elle méritait également sa rancœur.
- Je suis désolée… Monsieur..., reprit-elle en butant sur le nom qu'elle avait perdu l'habitude d'utiliser. Je n'aurai jamais dû parler comme je l'ai fait hier, je n'aurai pas dû m'énerver ainsi…
- Miss Granger ! la coupa Severus. Mangez un morceau et oublions tout ça voulez-vous.
Hermione l'ignora, sachant pertinemment qu'une telle occasion ne se représenterait sans doute jamais si elle ne la saisissait pas à ce moment-là.
- J'ai eu peur, très peur. J'ai cru que j'allais perdre mon meilleur ami. Il est comme un frère pour moi. Mais ça n'excuse rien et je le sais. Je veux juste que tu saches… que vous sachiez que je suis désolée et que je ne pensais pas du tout ce que j'ai dit.
Elle ne quittait pas l'homme des yeux, essayant de voir si ses paroles atteignaient leur cible.
- Je ne regrette rien de ce qu'il s'est passé et… et je ne voulais pas que ça se termine ainsi…
L'homme croisa son regard.
- Nous savions tous que ça ne durerait pas. Ce n'était rien qu'un jeu, une distraction, lui répondit-il en réutilisant les mots qu'elle avait elle-même employé la veille. Maintenant que nous sommes libres, nous pouvons tous retourner à nos propres vies. Retournez auprès de vos amis et de ce Weasley qui semble être plus que cela.
Severus se leva à ses mots et se dirigea vers la cuisine. Il avait besoin de solitude. Il ne supportait plus de la voir en face de lui ainsi. Il ne supportait plus cette ambiance froide et pesante qui s'était installée entre eux. Pas après tout ce qu'ils avaient partagés. Il avait besoin de temps pour remettre en place les barrières emprisonnant les émotions qui gravitaient en lui.
Hermione bondit sur ses pieds. Elle lui attrapa le bras avant qu'il ne change de pièce, incapable de le laisser partir ainsi. L'homme se retourna vers elle.
- Ron s'est mépris. J'ai réglé cette histoire avec lui.
- Vous pouvez faire ce que bon vous semble, miss Granger. Ça ne me regarde pas. Ça ne m'intéresse pas.
Il se dégagea pour continuer son chemin, souhaitant qu'elle ne le suive pas. C'était sous-estimer le courage et la détermination dont elle semblait soudain faire preuve. Dont elle avait toujours fait preuve, en bonne lionne, se rattrapa mentalement Severus. Hermione saisit de nouveau son poignet et le tira vers elle.
- Ce n'était qu'un malentendu. Je n'aime pas Ron, je l'apprécie comme un frère, rien de plus.
Elle avait dit ça en le fixant dans les yeux. Pour être sûre qu'il comprenne le message. Bien qu'elle ne fût pas totalement sûre elle-même du message qu'elle voulait faire passer.
Ne pas impliquer l'amour dans notre relation, pensa-t-elle une fois de plus. Surtout pas maintenant.
Ça ne ferait que créer des problèmes supplémentaires. Ils n'avaient pas besoin de ça. Mais n'était-il pas déjà trop tard ?
- Je regrette ce que j'ai dit hier, sincèrement, mes paroles ont dépassé ma pensée. Je tiens à vous deux et à ce que nous avons vécu. Je ne regrette rien. Et j'espère que c'est votre cas aussi.
- Pourquoi avoir mis mon tee-shirt ?
L'homme se questionnait à ce propos depuis qu'il avait vu la jeune femme retirer son pull dans la grande salle. Ne sachant que répondre à Hermione qui tenait toujours son poignet, il avait alors posé la question. La brune en fut quelques instants décontenancée avant de finalement lui avouer la vérité en baissant les yeux.
- J'avais peur... Je me sentais seule et j'ai eu l'impression que ça m'aiderait à surmonter mes angoisses face à ce qui m'attendait.
L'homme releva son menton de sa main libre pour la forcer à le regarder. Il voyait toute l'angoisse qu'elle avait ressentie jouer à la surface de ses prunelles. Dans un réflexe protecteur, il l'attira contre lui. La jeune fille fut quelque peu surprise mais s'accommoda rapidement et se laissa finalement fondre dans son étreinte.
Elle savait que rien n'était gagné mais la situation semblait s'arranger quelque peu, ce qui la rassurait déjà grandement. Il la repoussa quelques secondes plus tard, bien trop tôt au goût de la jeune fille. Elle eut la douloureuse impression que ce serait la dernière étreinte qu'ils partageraient. Et pourtant, elle savait qu'elle ne pouvait rien faire pour l'empêcher.
- Tout ça ne peut plus durer. Les circonstances ont changé. Il serait complètement dangereux et stupide de continuer.
- Je sais.
Ce fut tout ce qu'Hermione réussit à lui répondre, d'une voix faible. Elle savait parfaitement qu'il avait raison mais elle ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se briser.
- Il faut que je retourne aider Mrs Pomfresh. Mangez un morceau puis vous pourrez prendre le réseau de cheminette d'ici, où que vous souhaitiez aller.
Il se détourna sans un regard supplémentaire et la jeune femme ne put que l'observer disparaître derrière le tableau. Elle retint les larmes qui menaçaient de dévaler ses joues et reposa le tee-shirt de l'homme sur la chaise de son bureau, là où elle l'avait trouvé. Sans un geste vers le plateau sur la table, elle attrapa de la poudre de cheminette.
- 12 Grimmauld Place, Londres, annonça-t-elle distinctement avant de disparaître dans les flammes vertes.
Elle trébucha en arrivant et ne put retenir un soupir. Un pincement au cœur l'étreignit à la vision du salon dans lequel elle avait vécu pendant deux mois. Les souvenirs l'assaillaient.
Elle avait du mal à réaliser que tout était fini. Elle avait dû mal à réaliser que tout n'avait duré que deux petits mois tant ils avaient été intenses. Tant de choses s'étaient passées en si peu de temps. Peut-être avait-ce été dû à l'ignorance du temps qu'ils allaient passer ici. Peut-être avait-ce été simplement dû à leur besoin d'occuper leurs esprits pour ne pas ressasser leur enfermement et les horreurs de leur passé.
Elle savait que les choses ne se seraient pas passées ainsi dans d'autres conditions. Même si tout semblait fini, elle ne parvenait pas à regretter ce qu'il s'était passé. Elle espérait juste pouvoir réussir à reprendre une vie normale. Elle était déjà quelque peu soulagée que Sirius lui ait pardonné ses paroles et que Severus ne semble pas plus affecté que cela par celles-ci. Ils ne lui en voulaient pas vraiment, et ça lui permettrait de tirer plus facilement un trait sur tout ça. Du moins, elle l'espérait de tout cœur.
Hermione se rendit dans sa chambre et emballa ses affaires dans un sac à dos qu'elle agrandit d'un coup de baguette. Elle se rendit ensuite à la salle de bain et ajouta son nécessaire de toilette à son sac. La jeune fille redescendit ensuite au salon avec un dernier regard nostalgique en arrière.
Quelques instants plus tard, elle sortait de la cheminée du Chaudron Baveur. L'ambiance dans le pub était extatique. Chacun fêtait la fin de la guerre et la victoire. Elle déposa quelques pièces au barman pour payer une chambre pour la nuit et elle sortit dans le Londres moldu après y avoir déposé son sac.
Elle se rendit dans un café proposant une connexion internet et s'installa devant l'un des ordinateurs. La jeune fille paya son accès et commanda un thé. Elle le but tout en réservant des billets d'avions pour l'Australie. Il était temps qu'elle retrouve ses parents et qu'elle leur rende leurs souvenirs, en espérant que cela fonctionnerait. Elle n'osait imaginer une autre possibilité, au risque de s'effondrer littéralement.
Bonjour à tous et à toutes !
Me voici de retour ! J'espère que vous allez tous bien, malgré tout ce qu'il se passe actuellement avec le Coronavirus...
Le bon côté des choses (il faut bien qu'il y en ai un, n'est-ce pas ?), c'est que je vais pouvoir écrire un peu plus et donc que vous ne devriez plus attendre autant les prochains chapitres ;)
En tout cas, j'espère que celui-ci vous aura plus ! Ça y est, la guerre est finie, reste à voir comment notre trio va gérer tout ça !
Pour la suite, je pense qu'elle arrivera la semaine prochaine. Je ne peux pas vous donner de jour précis pour le moment, je verrai sans doute au jour le jour selon mon avancée et je posterai dès que je serai satisfaite de la suite, comme ça, ça vous occupera avec un peu de lecture :)
En attendant, je vous souhaite à tous et toutes une très bonne après-midi, bon courage à tous les confinés !
Et pour finir, réponse aux reviews guest :
Jenny : Voilà pour la suite, même si ce n'est que le début ;) Ils ne lui tiendront pas vraiment rigueur de ses paroles mais... est-ce qu'ils pourront tout de même garder une certaine relation ? La suite au prochain chapitre :p Merci pour ta review en tout cas !
Coralie49 : Ne t'inquiètes pas, j'ai encore plein d'imagination pour la suite, la fin de cette histoire n'arrivera pas tout de suite :) J'espère que ces premières retrouvailles t'auront satisfaites (ou frustrée :p), ça va continuer dans le prochain chapitre ! Merci beaucoup pour ta review !
Ana : Merci pour ta review et tes compliments ! En effet, je suis bien d'accord avec toi sur le fait qu'il vaut toujours mieux s'excuser le plus vite possible pour ne pas laisser une situation s'embourber pour rien... Hermione aura essayé, reste à voir ce que tout cela va donner pour la suite ;)
