Chapitre 14 : Retrouvailles

Les retrouvailles sont des phénomènes si complexes, qu'on ne devrait les effectuer qu'après un long apprentissage ou bien tout simplement les interdire.

- Amélie Nothomb


Deux jours plus tard, Hermione posait les pieds sur le sol Australien. Elle avait envoyé un hibou à Harry avant de partir afin qu'il ne s'inquiète pas de sa disparition. Aussi difficile que cela soit à admettre, elle n'aurait su dire si sa motivation la plus forte était de retrouver ses parents ou de fuir la fin de la guerre et toutes les conséquences qui allaient avec.

Sortant de l'aéroport, la brune héla un taxi et se rendit dans la ville de Brisbane, où ses parents résidaient à présent. A son plus grand soulagement, les retrouver n'avait pas été difficile à partir des noms d'emprunts qu'elle avait implantés dans leurs esprits. Elle marqua un temps d'arrêt en descendant du taxi, prit une grande inspiration et s'approcha de la porte de la maison qui servait à présent de domicile à ses parents.

Hermione sortit discrètement sa baguette et la dissimula contre son bras. Elle savait qu'elle n'aurait qu'une seule chance. Elle avait bien étudié la question avant de se décider à leur lancer le sort en premier abord. Un simple sortilège et les dés seraient lancés. Soit les souvenirs leur revenaient dans la foulée, soit ses parents ne redeviendraient jamais ses parents.

Prenant son courage à deux mains, elle toqua finalement à la porte bordeaux de la maisonnée. Celle-ci n'était pas très grande, de plein pied, suffisant pour deux, sans être extravagant. Un petit jardin occupait le devant, coupé par un cheminement de dalles qui menait à la porte. Hermione devinait aisément que le jardin se continuait derrière la maison, peut-être y avait-il même une piscine. Sa mère avait toujours rêvé d'en avoir une.

La jeune fille sortit de ses pensées en entendant des pas s'approcher et elle vit avec une pointe d'angoisse sa mère lui ouvrir la porte. La femme posa un regard perplexe sur sa fille, sans la reconnaître. Hermione eut un instant d'hésitation, perturbée de se retrouver ainsi face à sa mère.

Prenant sur elle pour ne pas sembler folle, la brune se fit passer pour une nouvelle voisine venant se présenter afin que sa mère lui propose d'entrer. Elle l'entendit appeler son père tandis qu'elles se rendaient dans le salon. Sa mère lui proposa un thé glacé qu'elle accepta avec joie, légèrement déshydratée par la chaleur qui régnait sur le continent et à laquelle elle n'était pas habituée.

Hermione observa attentivement le salon le temps que sa mère aille chercher les rafraîchissements. Là encore, rien d'extravagant. Ses parents avaient toujours eu des goûts plutôt sobres en matière de décoration.

Deux canapés, une petite télé, une table basse. Une grosse lampe posée dans un coin, près d'un fauteuil, devait représentait le coin lecture de son père. Sa mère avait sans doute un petit atelier de peinture ailleurs dans la maison, dans une pièce resplendissante de luminosité. Quelques tableaux étaient accrochés aux murs, elle reconnaissait la patte de sa mère dans chacun d'eux.

Celle-ci revint deux minutes plus tard avec trois verres et des petits gâteaux. Son père suivit quelques secondes après. Physiquement, ses parents n'avaient que peu changés. Ils étaient plus bronzés, et semblaient plus épanouis, moins fatigués peut-être. La vie australienne semblait leur réussir. Hermione les observa s'installer sur le canapé face à elle avec un pincement au cœur. Ils lui avaient tellement manqué !

La jeune femme ne perdit pas une seconde de plus. Elle devait savoir, même si c'était prendre le risque de tout perdre. Elle brandit sa baguette vers eux, ignorant leurs regards effarés et inquiets et elle lança le contre-sort. Elle vit leurs regards se flouter, inquiète, avant qu'ils ne semblent soudainement reprendre vie. Ils la regardèrent un instant, figés, déboussolés par les souvenirs qui refaisaient surface dans leurs esprits.

- Hermione !

Sa mère se jeta dans ses bras en pleurant, rapidement suivie par son père. Elle leur rendit leur étreinte, soulagée. Elle s'était beaucoup inquiétée pour eux malgré leur distance par rapport à la guerre.

- Ne refais plus jamais ça, même si tu as toutes les meilleures raisons du monde, je veux qu'on discute si une situation pareille venait à se reproduire, insista son père à son oreille.

- Promis, lui répondit simplement Hermione, les larmes aux yeux.

Le reste de la journée fut riche en émotions tandis que la jeune fille raconta à ses parents ce qu'il s'était passé durant leur exil. Elle passa sous silence son séjour au manoir Malfoy, ne voulant pas les inquiéter outre mesure. Elle éluda de même son séjour au Grimmauld Place, ne sachant de toute manière pas quoi dire dessus.

Le soir venu, elle finit par se coucher rassérénée. Elle plaça tout de même un sortilège d'insonorisation sur la chambre d'ami que lui avaient préparée ses parents afin de ne pas les réveiller en cas d'éventuels cauchemars. La jeune fille soupira en se couchant, essayant d'enfermer ses mauvais souvenirs au plus profond de son esprit. Depuis la fin de la guerre et la fin des nuits passées dans le réconfort des bras de Severus, ses cauchemars étaient revenus en force, ce qui avait été quelque peu problématique la veille dans l'avion où elle avait réveillé plusieurs fois les autres passagers à cause de ses mauvais rêves.

Hermione resta en Australie avec ses parents jusqu'au milieu du mois d'août. Ils avaient eu une longue conversation une semaine après l'arrivée de la jeune fille pendant laquelle ses parents lui avaient indiqué leur désir de ne pas retourner en Angleterre. Ils avaient pris goût à la vie australe et souhaitaient qu'elle comprenne leur choix. Elle les avait rassurés immédiatement en leur promettant qu'elle comprenait parfaitement et qu'elle viendrait aussi souvent que possible pour les voir.

Elle avait décidé ce jour-là de rester jusqu'à la fin de l'été européen, appréciant être loin de Londres et de la reconstruction du monde magique suite à la fin de la guerre. Elle en profita pour mettre à profit les enseignements de Severus en matière d'Occlumancie et fut ravie et fière de voir ses cauchemars s'espacer dans le temps et les réveils être de moins en moins pénibles et douloureux.

Elle échangea quelques hiboux avec Harry, lui racontant comment s'étaient passées les retrouvailles avec ses parents et comment elle occupait ses journées. Harry lui répondait en lui donnant quelques informations sur la reconstruction du monde magique et sur ses occupations à lui, qui consistaient grandement à éviter tout journaliste que ce soit.

Les parents d'Hermione avaient ouvert un petit cabinet de dentistes où ils passaient leurs journées. Ils posèrent deux semaines de congés dans la foulée de son arrivée, pour profiter du fait de l'avoir retrouvée. Ils lui firent visiter les environs et cela fit le plus grand bien à Hermione qui parvenait presqu'à prétendre ainsi que tout le reste n'avait été qu'un mauvais rêve.

Pour autant, les choses avaient été plus compliquées quand ses parents avaient repris le travail et qu'elle s'était retrouvée seule la plupart du temps. Elle avait continué à se promener très souvent, essayant d'accrocher ses pensées aux paysages pour ne pas se laisser envahir par le reste.

Elle rencontra même quelques jeunes de son âge, un groupe d'amis qui faisait un road-trip à travers le pays pour fêter leur majorité. Ils lui avaient semblé si inconscients, si innocents ! Et bien malgré elle, elle avait ressenti une puissante vague de sentiment d'injustice la traverser.

Elle n'avait eu que le pire des deux mondes : les moqueries et le harcèlement étant enfant dans le monde moldu puis la guerre et ses horreurs en grandissant dans le monde sorcier. A présent, elle se sentait plus que jamais en décalage avec ces jeunes qui n'avaient vraisemblablement rien connu de pire que d'être privé de sortie un jour par leurs parents suite à une quelconque bêtise. Elle n'était plus à sa place dans le monde moldu. Elle n'était pas même sûre d'y avoir vraiment été un jour. Était-elle pour autant à sa place dans le monde sorcier ?

La seule fois où elle s'était réellement sentie sereine et accepté sans contrepartie avait été au 12 Grimmauld Place. Et elle avait beau savoir que tout était fini, ses deux hommes lui manquaient terriblement. Elle en venait même à regretter leurs disputes, c'était dire à quel point elle se sentait désespérée !

Elle n'arrivait pas bien à comprendre comment elle avait pu tant s'attacher en si peu de temps mais tout avait semblé si naturel qu'elle ne s'en étonnait pas vraiment. Elle aurait tout donné pour avoir la chance de passer de nouveau du temps avec eux. Parce que la solitude était loin d'être efficace pour lui changer les idées.

Début août, Hermione reçut une lettre de Poudlard. Elle l'ouvrit lentement, légèrement anxieuse, sans bien savoir pourquoi. Le contenu de la lettre était simple. En raison des incidents ayant troublé la précédente année scolaire, tous les élèves étaient appelés à refaire leur année.

Les effectifs de première année seraient donc doublés. La rentrée se déroulerait comme d'habitude le premier septembre. Quiconque connaissant des problèmes pour se présenter à la rentrée devait en informer l'administration au plus tôt afin qu'ils puissent réfléchir ensemble à une solution. La liste des fournitures pour la rentrée accompagnait la lettre.

Hermione sourit en apercevant la signature : Mrs Minerva McGonagall, directrice de Poudlard. La femme le méritait amplement. Un instant, Hermione envisagea de ne pas retourner à Poudlard. Il existait également une école de sorcellerie en Australie, de très bonne réputation de surcroît, et cela lui permettrait de rester près de ses parents. La pensée d'abandonner Harry et Ron l'en dissuada. À moins que ce ne soit l'espoir de revoir Severus et Sirius.

Elle reçut une seconde lettre de Poudlard quelques jours après. Elle y trouva un badge de préfet en chef et un petit mot l'invitant à supporter ces fonctions pour l'année à venir. Elle ne pouvait dire qu'elle était particulièrement surprise et elle apprécia l'attention. Cela aurait de plus le mérite de lui permettre d'avoir une chambre pour elle seule, ce qui faciliterait ses efforts pour dissimuler ses cauchemars, même s'ils étaient moins récurrents.

Arrivée à la mi-août, la séparation avec ses parents fut compliquée et douloureuse. Elle savait qu'elle ne les reverrait pas avant une bonne année et elle ne put retenir quelques larmes. Ses parents la raccompagnèrent à l'aéroport. Le chemin fut particulièrement silencieux et ils se serrèrent fort avant de se séparer.

Hermione leur promit de leur envoyer régulièrement des lettres pour donner de ses nouvelles, déçue que le téléphone transportable qu'ils lui avaient acheté pendant son séjour ne puisse émettre depuis l'école de sorcellerie. Elle avança dans le hall d'embarquement en leur faisant de grands signes de la main, essayant de retenir les larmes qui s'accumulaient dans ses yeux.

Elle rentrait en Angleterre.

Hermione atterrit à Londres le lendemain après-midi. Elle se rendit au Chaudron Baveur où elle avait décidé de rester jusqu'à la rentrée. Elle apprécia sa liberté et son indépendance retrouvées et passa une bonne partie des deux semaines suivantes à flâner sur le chemin de traverse, plus particulièrement dans la librairie de Fleury et Bott où elle passait des heures entières à parcourir les rayons.

Harry lui envoya un mot pour la prévenir qu'il irait avec Sirius et les Weasley faire les courses pour la rentrée cinq jours avant celle-ci. Hermione lui répondit rapidement qu'elle les y retrouverait et c'est ainsi qu'elle se leva légèrement angoissée le matin de la fameuse journée.

Elle était anxieuse de retrouver ses amis, surtout Ron à qui elle n'avait pas parlé depuis leur discussion à Poudlard le jour de la victoire. Elle appréhendait également de revoir Sirius, bien que celui-ci lui ait indiqué qu'il lui pardonnait ses paroles quelques mois plus tôt.

La jeune femme enfila une robe à fleurs, légère, dont la couleur claire mettait en valeur le bronzage qu'elle avait acquis en Australie. Elle plaça tout de même un petit gilet dans son sac au cas où l'air se rafraîchirait d'ici le soir.

Ayant d'ores et déjà effectué ses achats pour la rentrée, elle ne glissa que quelques pièces dans son sac pour parer à toute éventualité. Elle descendit sur les coups de dix heures dans le bar et salua Tom, le gérant, avant de s'installer avec un thé pour attendre l'arrivée de ses amis.

Les Weasley furent les premiers arrivés. Ginny se jeta dans ses bras pour saluer Hermione, heureuse de la revoir. Les deux jeunes filles ne s'étaient pas revues depuis le début de la chasse aux horcruxes, plus d'un an plus tôt. La rouquine fut rapidement suivie par Molly et Ron.

L'étreinte avec le jeune homme ne fut pas aussi pénible que ce qu'Hermione avait craint. Le rouquin ne resta que quelques secondes dans ses bras. Soit il cachait très bien son jeu, soit les sentiments qu'il avait commencé à développer pour elle s'étaient éteints, au plus grand soulagement de la jeune femme.

Molly lui expliqua rapidement qu'Arthur n'avait finalement pas pu se libérer et les autres enfants étant grands, il n'y avait plus qu'eux trois que les courses de rentrée pour Poudlard intéressaient. Hermione demanda des nouvelles de Bill et Ron lui répondit en faisant la grimace qu'il avait vraiment eue de la chance.

- Il n'a pris que les bons côtés de la lycanthropie ! Son odorat, son ouïe et sa vue se sont développées et il est plus fort mais il ne se change pas toutes les pleines lunes en bête sauvage, expliqua le jeune homme.

- Pourquoi cette grimace alors ? le questionna Hermione.

- On ne peut plus rien faire lorsqu'il est dans les parages maintenant ! Il devine tout !

Hermione éclata de rire, rapidement suivie par son ami. Ginny sourit en se moquant légèrement de son frère. Ce fut à ce moment-là que Sirius et Harry arrivèrent.

- Qu'est-ce qui vous fait tant rire ? demanda Harry avec un grand sourire aux lèvres.

Hermione sursauta en entendant sa voix, ne l'ayant pas vu arriver. Elle se leva d'un bond de son siège pour le serrer dans ses bras.

- Ravi de te revoir, Hermione !

La jeune femme lui sourit, heureuse de retrouver son ami avec lequel elle avait conversé par lettre depuis quelques mois. Elle finit par se détacher de lui tandis que Sirius avait fait le tour des embrassades auprès des autres. Harry se détourna de son amie pour saluer les Weasley et Hermione leva son regard vers Sirius.

L'homme portait une chemise claire, dont les manches étaient retroussées. Il avait un nouveau tatouage sur son avant-bras droit qui intrigua la jeune femme : une colombe prise au piège dans des barbelés. La signification n'était pas difficile à comprendre.

La jeune femme remonta finalement son regard sur le visage de l'homme, le cœur serré. Une légère barbe de trois jours envahissait son menton et ses joues, lui donnant un air particulièrement séduisant avec ses longs cheveux attachés en un petit chignon. Il lui souriait grandement.

- Je n'ai pas le droit à un câlin moi aussi ? Je vais finir par être jaloux ! rigola-t-il.

Hermione rougit légèrement et s'approcha de lui pour le prendre dans ses bras, heureuse de ces quelques mots qui lui permirent de le faire sans avoir l'impression d'être louche aux yeux des autres. L'étreinte ne dura que trois secondes, cinq grand maximum, mais Hermione en fut grandement rassérénée lorsqu'elle sentit les bras de l'homme se refermer sur son dos.

- Tu m'as manqué Hermione..., chuchota l'homme à son oreille en se détachant finalement d'elle.

Hermione lui fit un petit sourire avant de se détourner vers Molly qui planifiait déjà le programme de la journée. Elle intervint pour indiquer qu'elle avait déjà fait ses achats et qu'elle allait juste avoir besoin d'acheter une chouette pour pouvoir échanger avec ses parents durant l'année.

Ron lui demanda des nouvelles de Pattenrond et la jeune fille lui annonça avec tristesse que le chat n'avait pas voulu revenir de l'Australie et avait préféré y rester avec ses parents pour chasser les énormes araignées qu'il y avait là-bas. Ça fit sourire tout le monde excepté la jeune fille qui avait une grande affection pour son chat. Elle ne concevait pas que les autres ne voient pas à quel point il était intelligent ! Elle passa outre leurs sourires moqueurs et ils sortirent tous sur le chemin de traverse.

Il fut décidé que Molly irait avec Ron, Harry et Ginny chercher leurs fournitures scolaires tandis qu'Hermione se rendrait à l'animalerie, accompagnée de Sirius. Ils se rejoindraient le midi pour grignoter un morceau ensemble avant de se rendre à la librairie où, même si elle avait déjà ses livres, Hermione insista pour se rendre avec eux. Ça lui valut de nouveau sourires moqueurs de ses amis qu'elle ignora en beauté.

Elle se retrouva donc quelques minutes plus tard à déambuler dans la rue aux côtés de Sirius. Elle fut d'abord quelque peu gênée de se retrouver ainsi seule avec lui avant de se reprendre et de le questionner sur ce qu'était devenue sa vie depuis qu'elle était partie.

Chemin faisant, l'homme lui raconta comment Kingsley l'avait réhabilité une semaine après la fin de la guerre et comment il avait passé une partie de l'été aux quatre coins de l'Angleterre, heureux de sa liberté retrouvée. Il avait aussi passé beaucoup de temps avec Harry qui avait emménagé avec lui au 12 Grimmauld Place.

Hermione fut surprise qu'il soit resté dans cette maison et il lui répondit avec un sourire malicieux qu'il n'y avait pas que des mauvais souvenirs finalement. Hermione rougit légèrement de sa réponse et elle fut contente d'enfin arriver à l'animalerie.

Ils rentrèrent et la brune exposa en détail ce dont elle avait besoin. Le vendeur lui proposa quelques hiboux qui étaient en capacité de tenir une aussi longue distance et elle en choisit finalement un au pelage très foncé. Elle acheta également tout le nécessaire pour l'entretien de son nouvel animal.

- Comment vas-tu l'appeler ? lui demanda Sirius une fois sortis de la boutique.

- Pattenserre, déclara Hermione avec le plus grand sérieux.

- Réellement ? s'estomaqua Sirius.

Hermione éclata de rire.

- Bien sûr que non ! lui répondit-elle, surprise qu'il l'ait crue capable d'une telle chose.

L'homme prit un air faussement outré qui fit encore davantage rire la jeune femme. Elle finit par réussir à reprendre son sérieux quelques minutes plus tard.

- Je pense que je vais l'appeler Liri, exposa finalement Hermione. Ça veut dire liberté en Albanais.

L'homme lui sourit, arguant qu'il aimait bien ce nom. Ils se dirigèrent vers le Chaudron Baveur afin qu'Hermione puisse déposer ses achats dans sa chambre. Sirius l'attendit au bar en commandant une bière. Hermione en commanda également une et ils s'installèrent à une table pour attendre les Weasley et Harry.

Ils trinquèrent et la jeune femme raconta, à la demande de Sirius, ses retrouvailles avec ses parents, ses découvertes de l'Australie, les villes et monuments qu'elle avait eu l'occasion de visiter, les paysages incroyables qu'il y avait dans le désert et surtout les animaux tous plus horribles et dangereux les uns que les autres qu'elle avait vu ou dont on lui avait parlé, excepté les koalas peut-être. L'homme rit franchement à sa dernière remarque tandis que leurs amis arrivaient enfin.

- Hermione est intarissable sur l'Australie ! déclara-t-il aux autres quand ils lui demandèrent la raison de son rire.

Ils déjeunèrent tous ensemble. Hermione ne manqua pas le regard réprobateur que Molly posa sur sa bière mais elle passa outre. Il était plus que temps que la femme réalise qu'ils étaient tous majeurs et capables de faire leurs propres choix, même s'ils étaient parfois - souvent dans le cas d'Hermione - en contradiction avec les principes de la mère de famille.

L'après-midi passa rapidement. Hermione était plus qu'heureuse de retrouver ses amis. Elle fut soulagée que leur relation n'ait pas changée malgré la distance qu'il y avait eu entre eux trois depuis les six derniers mois. Elle était aussi grandement soulagée que Ron soit passé à autre chose.

Elle en glissa un mot à Harry qui lui avoua en avoir discuté avec le roux. Il lui expliqua qu'une fois l'euphorie de la victoire passée, le roux lui-même avait admis que ce qu'il avait ressenti était plus du soulagement que de l'amour et qu'il avait agi sans réfléchir. Harry lui indiqua qu'il avait eu peur que leur trio ne s'effondre et qu'il était plus qu'heureux que ce ne soit pas le cas.

Le soir venu, ils se retrouvèrent à nouveau au Chaudron Baveur où ils se séparèrent, ravis de se retrouver cinq jours plus tard dans le train. Hermione indiqua à ses amis qu'elle les retrouverait un peu plus tard après le départ du train pour effectuer ses devoirs de préfète en chef, ce qui lui valut des félicitations et un câlin de la part de Molly, sous des œillades moqueuses de Ron.

La brune se laissa faire, légèrement gênée. Elle n'arrivait pas à passer outre tous les ressentiments qu'elle avait emmagasinés envers la mère de famille suite à son enfermement au 12 Grimmauld Place. Les choses ne seraient sans doute plus jamais aussi naturelles et sincères entre elles. Trop de paroles blessantes avaient été échangées.

Essayant de passer outre, Hermione serra ses amis dans ses bras en leur indiquant de ne pas faire trop de bêtises d'ici la rentrée et Sirius esquiva son étreinte. La jeune femme fut quelque peu étonnée et blessée avant qu'elle ne l'entende dire à Harry qu'il avait un rendez-vous et ne rentrerait que bien plus tard.

Elle supposa qu'ils pourraient passer un peu de temps ensemble avant que l'homme ne parte pour son rendez-vous et elle ignora du mieux qu'elle put la morsure de la jalousie qui l'étreignit. Elle devrait se contenter de ce qu'elle aurait.

Ron, sautant sur l'occasion, proposa à Harry de venir chez eux pour ne pas rester seul, ce que Molly accepta dans un grand sourire. Les Weasley et Harry repartirent donc. Ginny avait un grand sourire aux lèvres quant à la présence d'Harry au Terrier pour la soirée et Hermione se promit de creuser la situation à la rentrée, ayant l'impression que les choses avaient bien évolué entre les deux jeunes depuis qu'elle était partie, même s'ils ne le montraient pas devant la mère de la jeune fille.

Elle se tourna ensuite vers Sirius qui la regardait tranquillement.

- Un verre ? lui proposa-t-il.

La jeune fille hocha la tête et ils s'approchèrent du bar. Sirius commanda un whisky pur feu et Hermione opta pour un Blue Lagoon avec un pincement au cœur et une pensée pour Tonks. Ils s'installèrent à une table un peu isolée.

- Alors, qu'est-ce que tu vas faire durant l'année scolaire ? demanda Hermione à l'homme assis en face d'elle.

- Harry ne t'a pas dit ? s'étonna Sirius.

Hermione fit un signe négatif de la tête tout en fronçant les sourcils, se demandant bien ce dont l'homme voulait parler. Celui-ci lui fit un grand sourire.

- Eh bien tu as devant toi le nouveau, et magnifique soit dit en passant, professeur de défense contre les forces du mal de Poudlard !

Hermione écarquilla les yeux de surprise avant de lui sourire.

- Félicitations !

Elle tendit son verre vers lui pour qu'ils trinquent ensemble à son emploi. La jeune femme était quelque peu heureuse de la situation car ça lui permettrait de voir Sirius régulièrement, même si les conditions ne seraient pas optimales, loin de là même.

Elle savait de toute façon au fond d'elle qu'ils ne retrouveraient jamais la relation qu'ils avaient eue dans la maison. Elle se contenterait donc de ce qu'elle pouvait avoir, aussi douloureux cela soit-il pour son cœur. Si elle ne pouvait l'avoir comme elle le désirait, elle apprécierait tout de même sa présence dans l'école.

- Ce sera un peu comme dans la maison ! lança Sirius en écho aux pensées de la jeune femme.

- Avec des centaines de personnes en plus et sans Severus, ironisa Hermione en essayant de cacher sa déception.

- Tu n'es vraiment au courant de rien en fait ?

Hermione leva sur lui un regard intrigué.

- Severus a été gracié par Kingsley une semaine après la guerre également. Il a dans la foulée retrouvé son poste de professeur de potions.

La brune n'aurait pas dû être étonnée. Et surtout, elle n'aurait pas dû ressentir cette joie à l'idée qu'elle allait revoir l'homme. Leur dernière rencontre était loin de s'être bien terminée.

Mais l'espoir, qu'elle avait essayé d'enfouir tout l'été, d'un jour réussir à retrouver ses deux hommes grandissait dans son cœur sans qu'elle ne puisse l'en empêcher. C'était stupide car elle savait qu'il ne pourrait rien se passer, les circonstances seraient totalement différentes de celles dans la maison.

Et pourtant, toute leur relation avait été stupide, du début à la fin. Ça ne les avait pas empêchés d'y prendre part. Et là encore, ça ne l'empêchait pas d'espérer. Elle ne savait toutefois pas exactement ce qu'elle espérait.

Au minimum souhaitait-elle leur parler, pour être sûre qu'ils ne lui tenaient pas rancœur de son comportement passé. Et sans qu'elle ne veuille vraiment se l'avouer à elle-même, elle espérait réussir à recréer une certaine relation entre eux. Car elle s'était réellement attachée à eux et qu'elle avait l'impression d'avoir besoin de leur présence pour avancer.

- Donc ce sera un peu comme à la maison, conclut Sirius en sortant Hermione de ses pensées. Avec des centaines de personnes en plus et des tenues moins légères malheureusement…

Hermione rougit férocement sous le regard que lui jeta Sirius. Elle le suivit des yeux tandis qu'il se perdait dans la contemplation du haut du corps de la jeune femme, le bas étant caché sous la table.

- Ce bronzage te va à merveilles au fait, ajouta Sirius.

Ça n'eut pour effet que d'accentuer le rougissement des joues d'Hermione. Elle détourna les yeux et attrapa son verre qu'elle finit d'un coup sec. Sirius aboya de rire devant le comportement de la jeune femme et il fit de même avec son verre. Il se leva ensuite pour aller commander une deuxième tournée qu'il déposa sur la table.

- Et ton rendez-vous ? demanda-t-elle en essayant vainement de cacher au mieux la jalousie qu'elle ressentait.

Elle savait qu'elle ne pouvait pas se montrer jalouse et possessive. Pas alors que c'était elle qui avait causé la fin de leur relation avant de partir pour plusieurs mois. Comme l'avait dit Severus, ça n'avait été qu'un jeu, une passade et ils pouvaient tous reprendre leur vie maintenant. Tant de choses les séparaient de toute façon.

Elle garda les yeux baissés sur son verre en attendant sa réponse. Elle ne voulait pas que ses prunelles trahissent ses pensées.

- Tu n'as vraiment rien compris en fait ?

Hermione releva des yeux surpris sur l'homme. Sa voix avait été très douce. Elle croisa son regard dans lequel brillait une lueur amusée.

- Je vais finir par croire que ta réputation de miss je-sais-tout est surfaite…

Il se moquait d'elle. Hermione se renfrogna légèrement, baissant la tête pour se cacher derrière ses cheveux. Elle sentait le regard de l'homme qui ne la quittait pas. Elle se sentait ridicule.

- Hermione, regarde-moi…

Sans réussir à s'en empêcher, elle releva lentement les yeux vers Sirius. Il semblait vouloir lui faire passer un message qu'elle ne comprenait pas. Les yeux de l'homme brillaient d'une lueur étrange, comme s'il hésitait sur la conduite à tenir, sur les mots à choisir. Hermione n'était pas bien sûre d'avoir envie qu'il parle. Son esprit imaginait déjà des dizaines de scénarios différents. Il la quittait dans tous en se moquant d'elle.

- Hermione, c'est toi mon rendez-vous.

La jeune femme le regarda sans comprendre tant les mots étaient en contradiction avec ceux qui tournaient dans son esprit.

- C'est pour toi que je suis resté Hermione.

Il posa sa main sur celle d'Hermione. Le contact remit les idées en place dans l'esprit de la jeune fille et elle rougit férocement en réalisant à quel point elle avait été stupide.

- Oh…

Ce fut tout ce qu'elle parvint à dire. Sirius éclata de rire. Hermione sourit, rassurée mais quelque peu gênée. La conversation s'allégea ensuite tandis qu'ils s'abreuvaient de leur second verre. Hermione commençait déjà à sentir les effluves de l'alcool embrumer son esprit. Elle n'avait vraiment pas une bonne résistance à l'alcool et n'y avait pas retouché depuis la fin de la guerre.

Après un nouveau verre et moult discussions, elle sursauta soudainement quand Sirius posa une petite fiole violette, qu'elle aurait reconnue entre mille, sur la table. Elle jeta des regards affolés autour d'elle mais, positionnés comme ils l'étaient, personne ne les voyait. Personne ne prêtait attention à eux de toute façon. Elle releva alors les yeux vers Sirius pour demander une explication.

- Je l'ai retrouvée dans la maison… J'ai pensé que tu voudrais peut-être la récupérer, on ne sait jamais...

Il semblait soudain particulièrement mal à l'aise, pas très sûr du bien-fondé de ce qu'il venait de faire. Hermione rougit une nouvelle fois et tendit la main pour cacher la fiole en vitesse. Elle laissa toutefois son regard posé dessus pendant quelques secondes.

Les souvenirs des deux mois passés dans la maison remontaient à la surface de son esprit. Elle releva les yeux vers Sirius. Elle ne put manquer la lueur de désir qui brillait dans son regard tandis que les mêmes souvenirs devaient remonter à l'esprit de l'homme.

Elle reposa la fiole devant elle, plus calmement, et attrapa son verre qu'elle finit d'une traite, cherchant dedans le courage de faire ce que son corps lui hurlait ou bien de résister comme le lui conseillait son esprit. Elle sentait le regard de l'homme qui passait sans cesse d'elle à la fiole. Il ne semblait pas très bien savoir comment réagir non plus.

Une seconde plus tard, Hermione avalait une gorgée de la potion de contraception. Elle n'aurait pu dire comment elle avait ouvert et bu la fiole. Elle avait agi sans y réfléchir, suivant ses envies et calfeutrant ses craintes derrière les murs de son esprit. Les yeux de Sirius s'assombrirent face à son geste. La brune se leva dans la foulée, rangea la fiole dans sa poche et lui lança un regard explicite.

- Qui t'aime te suive, n'est-ce pas ?

La voix de Sirius était rauque et emplie de désir. Hermione ne prêta pas attention au sens de ses paroles et lui sourit simplement. Elle s'éloigna lentement, se dirigeant vers la chambre qu'elle louait à l'étage, laissant la possibilité à l'homme de choisir la suite des événements. Il la rattrapa lorsqu'elle refermait la porte de sa chambre derrière elle.

Il bloqua le montant de la porte et pénétra dans la chambre avant de le refermer derrière lui. Il s'approcha dangereusement de la jeune femme. Le désir brillait dans leurs yeux respectifs. Hermione ne put retenir un léger mouvement de recul tandis que sa raison lui hurlait que tout cela était une très mauvaise idée, pire que tout ce qu'elle avait pu faire jusqu'à présent.

Sirius sourit en réponse et s'avança encore plus jusqu'à bloquer la jeune femme dos contre un mur. Il positionna ses mains de chaque côté du visage d'Hermione, contre le mur. Il ne la quittait pas des yeux.

- C'est une très mauvaise idée tu sais ?

Hermione hocha la tête, incapable de parler.

- Tu as conscience que ça ne pourra pas se reproduire ensuite ?

Elle acquiesça encore d'un simple mouvement de tête.

- Tu as quand même envie de te lancer là-dedans ?

Nouveau hochement de tête. Sirius se pencha brutalement sur elle pour l'embrasser. Leurs habits ne restèrent pas longtemps sur leurs corps tandis qu'ils se retrouvaient enfin pleinement. Tous leurs désirs contenus se désagrégèrent pendant qu'ils retrouvaient les sensations qu'ils avaient partagées quelques mois plus tôt.

Leur étreinte d'abord brutale, dans laquelle ils évacuaient leurs frustrations et leur désir, devint peu à peu plus douce et plus intime. Ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre, apaisés.

Lorsqu'Hermione ouvrit les yeux le lendemain, elle ne put s'empêcher de ressentir un pincement au cœur en découvrant la place vide à côté d'elle dans le lit. Elle se reprit bien vite en entendant le bruit de la douche attenante à sa chambre.

Elle resta allongée, repensant à la soirée de la veille. Elle ne savait trop que penser de tout ça. Ils n'étaient plus dans la maison. Les choses étaient différentes et elle le savait. Mais ça n'empêchait pas la pointe de regret qu'elle ressentait de savoir que ça avait peut-être - sans doute - été leur dernière fois.

Sirius s'était levé relativement tôt. Il avait observé la jeune femme dormir à ses côtés, perdu dans ses pensées. Il n'avait pas pu résister la veille. Il n'avait pas prévu que les choses iraient aussi loin mais dès qu'il l'avait vue le matin en arrivant, il avait réalisé à quel point elle lui avait manqué. Et aussi à quel point l'emprise qu'elle avait sur lui était restée intacte.

Il savait que la jeune femme ne réalisait pas à quel point elle était séduisante. Tant par son physique que par sa personnalité. Elle l'avait marqué en débarquant dans la maison. Elle avait chamboulé toutes ses certitudes. Elle l'avait aidé à surmonter son passé et les blessures encore fraîches qu'il supportait.

Et il s'était attaché à elle à une vitesse folle, comme jamais il ne s'était attaché à quiconque. Il n'avait pas compris comment cela s'était passé, encore moins avec Snape dans l'équation. Ça avait été naturel, presqu'une évidence. Et puis elle était partie. Il avait pensé surmonter ça. Il s'était persuadé que tout ça n'avait été qu'une passade.

Il avait eu plus d'une proposition depuis que son nom avait été gracié. De femmes plus ou moins jeunes qui désiraient s'afficher avec le dernier Black encore en vie, cet homme qui avait surmonté tant d'épreuves. Il les avait toutes repoussées. Il avait mis cela sur le fait qu'elles ne s'intéressaient qu'à son nom et son statut.

Il avait réalisé la veille à quel point il avait eu tort. Il ne pouvait résister à Hermione, si forte et si fragile à la fois. Elle l'avait marqué profondément et même maintenant, il ne parvenait pas à la remplacer, ni à l'oublier. Toutes les autres lui paraissaient tellement superficielles et sans aucun attrait.

Après de longues minutes à observer la jeune femme étendue à ses côtés, l'homme s'était levé et dirigé vers la salle de bain, espérant qu'une douche lui permettrait de remettre de l'ordre dans ses pensées et ses émotions. Il n'avait de cesse de se rappeler avec une légère anxiété qu'il allait être son professeur pour l'année à venir. Tout comme Snape.

Sa raison le poussait à la fuir, pour ne pas la laisser établir encore plus son emprise sur lui. Son cœur et son corps en revanche, recherchaient sa compagnie. Il était l'adulte, le plus âgé. Il devait prendre la responsabilité de toute cette histoire et y mettre un terme avant que ça ne leur cause des problèmes. Il le savait pertinemment. Mais ça ne l'aidait pas à le faire. Ça ne lui donnait pas envie de le faire. Parce que quand il était avec elle, il avait presque l'impression de redevenir le jeune homme qu'il avait été avant Azkaban et la guerre. Et que ça lui faisait un bien fou de pouvoir oublier, même provisoirement, tout le reste.

Il se sécha rapidement et sortit de la salle de bain, la serviette autour de la taille pour aller récupérer les habits qu'il avait laissés dans la chambre. Il trouva la jeune femme réveillée et ne put retenir un sourire devant l'air radieux qu'elle abordait.

Comment pourrait-il lui dire adieux alors que son cœur battait la chamade à sa simple vue ? Alors qu'il n'avait pas aussi bien dormi depuis la fin de la guerre que cette nuit à ses côtés. Il oubliait si souvent qu'elle avait près de vingt ans de moins qu'eux. Il oubliait si souvent tout ce qui les différenciait et qui aurait dû les séparer mais semblait au contraire les rapprocher.

Hermione laissa son regard glisser sur le corps de son amant, appréciant la vue. Elle le regarda s'habiller sans bouger, ayant bien conscience que l'homme allait s'en aller d'un instant à l'autre. Elle se leva une fois qu'il fut prêt, enroulant le drap autour de son corps nu.

- Il faut que j'y aille…

Hermione s'approcha de lui lentement.

- Je sais, répondit-elle simplement.

Elle le serra dans ses bras un instant avant de se reculer et de déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Elle détourna les yeux dès qu'elle s'écarta.

- On se voit à la rentrée, Professeur, ironisa-t-elle.

La blague n'était pas aussi drôle qu'elle l'aurait voulue. À moins que le problème vienne du ton qu'elle y avait mis. Un petit rictus déformait le visage de Sirius. Elle était bien incapable de dire s'il était amusé ou amer. Il se détourna sans un mot et Hermione resta ainsi un moment, debout au milieu de la pièce, les yeux rivés sur la porte qui s'était refermée sur l'homme.

Les jours s'enchaînèrent à une vitesse folle jusqu'au premier septembre. Contrairement aux jours précédents où Hermione avait apprécié de se promener et de profiter de ses derniers instants de liberté avant le retour à l'école, la brune passa les cinq derniers jours quasiment enfermée continuellement dans sa chambre. Plus le moment de partir avançait, plus elle angoissait.

Son esprit ne cessait de revenir sur la nuit qu'elle avait partagée avec Sirius, lui hurlant à quel point elle avait été stupide. Qu'espérait-elle retrouver une fois à Poudlard ? Il serait son professeur et rien d'autre ne serait envisageable.

Ce n'était plus comme dans la maison. Là-bas, le plus gros risque avait été qu'ils soient séparés et qu'elle se retrouve enfermée seule, Merlin savait où, livrée à elle-même, aux prises avec les ténèbres qui couvaient sous la surface de son esprit.

A présent, les risques étaient différents. Et elle avait beau s'être attachée stupidement à eux, elle doutait qu'ils en aient fait de même. Ils étaient bien plus malins qu'elle, bien plus intelligents. Et quand bien même eussent-ils développés quelques sentiments dans la maison, elle ne doutait pas les avoir fait s'envoler lors de leur dernière soirée. Qui resterait attaché après ce qu'elle leur avait dit ?

Alors oui, Sirius s'était laissé avec elle pour une nuit, en partie à cause de l'alcool, une fois de plus. Mais ce n'était certainement que cela pour lui, une nuit passée dans les bras d'une ancienne conquête. La facilité de partager un bon moment dans les bras d'un partenaire connu, avec lequel il n'y a pas besoin de redécouvrir les bons gestes, avec qui il n'y a pas de jugement à craindre.

Et il fallait que ce ne soit rien de plus pour elle aussi. Il fallait qu'elle s'en convainque pour réussir à survivre à l'année à venir. Aussi bien concernant Sirius que Severus. Il fallait qu'elle tire un trait sur leur passé et qu'elle oublie tout ce qu'ils avaient pu partager.

Elle ne comprenait pas vraiment ce qui avait pu pousser Severus à reprendre son poste à Poudlard. Il n'avait jamais paru apprécier enseigner. Peut-être n'avait-il rien trouvé d'autre, malgré sa réhabilitation par le Ministre. Peut-être finalement ne cherchait-il rien d'autre.

C'était plus simple de retourner sur des chemins battus que de se battre pour tracer une nouvelle voie. Peut-être n'avait-il plus envie de se battre. Peut-être préférait-il reprendre ce poste où il savait ce qui l'attendait et où, au bout du compte, il serait tranquille. Loin de toute admiration ou interrogation mal placée.

S'il souhaitait tout oublier du passé, sans doute préférait-il l'oublier elle aussi, ainsi que leur relation avec Sirius. Hermione ignorait si les deux hommes s'étaient revus. Elle ignorait si la presque bonne entente qui s'était développée entre eux avait réussi à survivre à la sortie de la maison.

Peut-être qu'au final, c'était la maison qui leur avait permis de créer ce lien entre eux. Et sans la maison, dans le monde extérieur, plus rien ne pouvait persister. Comme ils ne retourneraient jamais ensemble dans la maison, il valait mieux pour Hermione qu'elle tire un trait définitif sur tout ça.

Pourtant, une boule d'espoir ne cessait de briller dans un recoin de son esprit. Malgré toutes les bonnes raisons qu'elle pouvait trouver pour suivre ses bonnes résolutions de rester loin d'eux au maximum. Et c'était au final presque pire.

Elle angoissait littéralement de ne pas savoir comment se comporter lorsqu'elle foulerait de nouveau le sol de Poudlard. Elle angoissait à l'idée que ses deux hommes l'ignorent. Elle angoissait en imaginant qu'ils ne le fassent pas.

Elle parvenait à peine à manger et elle avait l'impression que ses cauchemars revenaient avec force la hanter, ce qui ne l'aidait pas à surmonter ses angoisses.

Parviendrait-elle à faire comme si de rien n'était ? En avait-elle envie ? Elle ne parvenait pas à imaginer tous les risques qui pouvaient exister. Le jeu en valait-il la chandelle ?

Et surtout, ses deux hommes seraient-ils réceptifs ? Ils avaient tous deux étaient clairs sur le fait que tout ce qui les avait liés ne pouvait continuer plus avant. Le pensaient-ils réellement ? Elle n'avait jamais réellement réussi à comprendre ce qu'ils pouvaient bien ressentir face à tout ça.

Elle ne saisissait toujours pas pourquoi ils s'étaient lancés là-dedans en premier abord, ni pourquoi ils avaient continué pendant tout le temps dans la maison. Elle ne comprenait pas pourquoi Sirius s'était laissé aller la nuit passée.

Qu'avaient-ils recherché ? Le recherchaient-ils toujours ? Et surtout, que recherchait-elle, elle-même ?

Le pire était sans doute de ne pas savoir que répondre à cette question. Pour la toute première fois de sa vie, elle n'avait aucune idée de la réponse à fournir ni aucune idée d'où chercher pour s'aiguiller.

Alors elle angoissait et les questions tournaient en boucle dans son esprit, ne lui laissant aucun répit.

Pourquoi cela faisait-il aussi mal ? Pourquoi avait-elle la sensation de se raccrocher à un écran de fumée ? Pourquoi avait-elle l'impression qu'elle ne survivrait pas sans cela ? Et surtout, pourquoi s'était-elle stupidement accrochée à eux ?


Bonjour à tous et à toutes !

J'espère que vous allez bien et que vous surmontez ce confinement sans trop de difficultés, pour ceux qui le sont. Moi du coup, ça me fait penser à mon histoire tout le temps, faisant le lien avec le confinement de notre trio au 12 Grimmauld Place ! Mh, j'aurai peut-être préférée être confinée avec Sirius et Severus ! XD

Un chapitre un peu transitoire ce coup-ci (pour faire avancer le temps de l'histoire), dès le prochain, on retrouvera de façon un peu plus prononcée notre trio avec la rentrée à Poudlard et encore (toujours ?) des problèmes et des questionnements pour Hermione...

N'hésitez pas à me laisser votre avis, ça fait toujours plaisir !

Je vous souhaite à tous une très bonne journée ! La suite arrivera je pense courant de semaine prochaine (malgré le confinement, je ne trouve pas autant de temps que je le souhaiterai pour écrire donc je ne pourrai pas augmenter mon rythme de publication...).

A bientôt !