Hello, hello,
Merci à LiliEhlm qui gèèèèèèèèèère, tellement mais teeeeeellement :o c'est incroyable !
Merci aussi à tout le monde, en fait (bah ouais), pour les reviews, mises en alertes/fav/etc **
Bonne lecture !
PS. Tous les mini-OS sont supposément indépendants les uns des autres mais je peux parfois faire référence à d'autres... disons qu'ils sont "liés" mais qu'ils peuvent parfaitement être lus sans lien (et là je me dis "La prochaine fois tu dis rien si c'est pour dire ça, banane !"
Qui sera étonné si je dis que Teen Wolf, et tout ce qui va avec, ne m'appartient pas ? Personne ? Bien... tant mieux alors
Homme des bois
Quand Talia gara sa voiture dans l'allée de la maison, elle fronça les sourcils.
Quelque chose n'allait pas.
Peter n'était pas sur le perron à sautiller partout.
Il n'était pas en train de se précipiter vers elle pour ouvrir sa portière et la tirer hors du véhicule afin de lui faire un câlin.
Il n'était pas là, tout simplement.
Quand Talia entra et posa ses valises dans le hall de la maison, elle commença à s'inquiéter.
Quelque chose n'allait vraiment pas.
Peter n'était pas en train de dévaler les escaliers pour se jeter sur elle.
Ni en train de sauter au bas du canapé afin d'aller s'accrocher à la jambe de sa sœur.
Pas plus qu'il ne sortait de la cuisine, abandonnant son goûter derrière lui, afin d'aller lui faire un bisou plein de chocolat.
Il n'était toujours pas là.
Quand Talia trouva ses parents dans le salon, installés devant un téléfilm, seuls... elle sut que quelque chose n'allait pas.
Peter n'était pas du genre à laisser ses parents regarder un téléfilm, seuls, dans le salon.
Même s'il ne parlait pas, ne les suppliait pas de venir jouer avec lui ou le laisser jouer à la console : son frère était toujours dans leurs pattes à bouquiner.
Or ce n'était pas le cas.
Après les salutations habituelles, les embrassades à n'en plus finir et les "tu ne manges pas assez, ma chérie", Talia osa enfin poser la question qui lui brûlait les lèvres.
Où était Peter ?
Son ventre se noua lorsque leurs parents lui répondirent.
Quand elle sut que Peter avait été puni à l'école pour s'être battu avec plusieurs de ses camarades.
Quand elle sut qu'il avait bousillé ses vêtements.
Quand elle sut qu'il avait pratiquement perdu le contrôle.
Talia mourait d'envie de se précipiter à l'étage afin d'aller voir son frère.
Lui dire qu'elle ne pouvait plus tolérer de garder le secret.
Que les choses allaient trop loin.
Elle ne pouvait pas.
- Il est parti se cacher dans la forêt pour ne pas avoir à faire la punition que ta mère et moi avons donnés, finit par soupirer son père. C'est le week-end, il pourra la faire demain... et on la doublera.
Elle hocha la tête, les larmes aux yeux.
Peter ne se rendait pas compte que se taire ne faisait qu'empirer la situation.
- Je... j'vais le chercher, murmura-t-elle.
Malgré les appels de ses parents, qui lui disaient que ce n'était pas la peine et que Peter reviendrait pour le repas, elle n'écouta pas.
Parce qu'elle n'était pas sûre que Peter veuille revenir pour le repas.
Elle n'était plus sûre de rien.
o o o
Talia ne mit pas bien longtemps à trouver son frère.
Déjà parce qu'il allait toujours se réfugier au même endroit dans la forêt.
Ensuite parce qu'elle n'avait qu'à le pister.
Sentir et écouter, c'était facile.. surtout pour elle.
Installé contre un arbre, ses jambes ramenées contre lui, Peter avait une main tendue et attendait que Balthazar vienne à lui.
Ce que fit le chat, à la grande surprise de Talia qui ne pensait pas ça possible.
Apparemment, même un chat pouvait manquer d'instinct.
- On va chasser tous les deux dans la forêt et on rentrera plus jamais, hein Bal ? Murmura Peter. Jamais. C'est pour ça que t'es allé te paumer dans la forêt ?
L'animal sauta sur les jambes de Peter et ronronna.
Ronronna !
- Pourquoi j'peux pas être comme tout le monde ? Humain. Juste humain.
Talia pouvait entendre les sanglots dans la voix de son frère.
Deviner ses larmes.
Sentir sa détresse.
- J'ai pas d'mandé à être un loup, moi. J'ai pas envie de pouvoir guérir super vite, d'avoir des trucs super-cools... si ça m'empêche d'être normal.
Balthazar mordilla les doigts de Peter qui commença à lui grattouiller la tête.
Ce que l'animal sembla apprécier.
- J'veux juste être normal, pleura finalement Peter. Ou être un chaton. Et on serait amis. Et j'aurais enfin un ami.
Talia ne put se cacher plus longtemps.
Elle se précipita vers son frère et, sans lui laisser le temps de comprendre, le serra contre elle.
Balthazar se sauva.
- Tu l'as fait partir, sanglota Peter contre sa sœur. T'as fait partir Bal. Pourquoi t'as fait partir Bal. Il m'aime bien, lui.
Elle ne répondit pas, préférant garder son cadet dans ses bras.
- Papa et maman s'inquiètent.
- C'est pas vrai, murmura Peter. J'entends que tu mens. Pourquoi tu mens ? Surtout sur ça. Tu m'aimes pas, hein ?
Les "tu m'aimes pas" de Peter étaient de plus en plus douloureux...
Et de plus en plus sincères.
Il le pensait vraiment, le bougre !
- Comment ça va, Pet' ?
- J'ai guéri.
- Je parle pas de ces blessures-là, murmura-t-elle.
Peter nicha son nez dans le cou de sa sœur.
Il passa ses bras autour d'elle et s'y accrocha aussi fort que possible.
Ses sanglots redoublèrent d'intensité.
- Ils m'ont pas laissé expliquer, souffla enfin l'enfant. Ils m'ont pas laissé m'expliquer... je... même pap's, il m'a pas laissé m'expliquer. Il dit "et pourquoi tu as fait ça, Peter" et il me laisse pas dire pourquoi j'ai fais ça. Pourquoi il demande s'il me laisse pas dire ? Et après quand ils sauront, s'ils savent, et s'ils s'en moquent pas... ils me diront "et pourquoi tu n'as rien dit, mon chéri". Mais ils me laissent pas parler donc je peux rien dire. Et je suis pas leur chéri. Soit je suis leur chéri toujours, soit je suis leur chéri jamais.
- Peter...
Peter n'aurait rien à dire à leurs parents. Talia s'en chargerait à sa place.
Connaissant la tête de mule qu'elle avait dans les bras, il ne dirait rien aujourd'hui...
Rien demain.
Et probablement rien après-demain non plus.
Et lundi, tout recommencerait.
Et il ne dirait toujours rien.
- Et pourquoi tu as fait ça, Pet' ?
- Tu vas m'écouter ? Demanda-t-il, incertain. Pour de vrai ?
Talia hocha la tête.
Évidemment qu'elle l'écouterait pour de vrai !
- Ils voulaient que je leur donne mes devoirs pour recopier. Et l'argent de la cantine, murmura Peter. Après m'avoir tapé. Pourtant on leur a rien dit, à eux, qu'ils m'ont tapé. Ils ont le droit de me taper, eux, mais je peux pas me défendre. Et quand je dis que c'est pas moi qui ait commencé on me croit pas... parce qu'ils sont quatre à dire que c'est moi qui ait commencé. Mais ils sont quatre à venir me frapper, donc c'est obligé qu'ils soient quatre à... pourquoi on me croit pas ? On me croit jamais. On m'écoute jamais. Et... et j'fais pas mon bébé et mon Caliméro.
Le pire était que Talia avait parfaitement conscience de ça.
- Je te crois, moi, Peter.
Il hocha la tête et se colla un peu plus contre elle.
Visiblement, c'était encore possible.
- Me laisse plus, Tali...
- Je vais chez Alex la semaine prochaine, murmura-t-elle, presque à regret.
- Il a qu'à venir à la maison, proposa Peter, plein d'espoir.
Talia regarda son frère, étonnée.
Il avait vraiment l'air d'avoir accepté Alex.
Dire qu'il suffisait d'une partie de jeu pour ça.
- Je vais voir ce que je peux faire, promit-elle. Mais on rentre à la maison, maintenant.
- Non. J'habite dans la forêt maintenant.
Talia soupira.
Bien sûr qu'il n'allait pas être d'accord avec ça.
Elle ne lui laissa pourtant pas le choix, ni l'occasion de protester : elle se redressa et en fit de même pour lui.
- J'veux pas y aller, Tali, suppliait Peter. Steuplait. M'oblige pas. M'oblige pas !
Elle fit son possible pour ignorer ses protestations.
Ses supplications.
Une main sur l'épaule de son frère, Talia le poussait à avancer.
A rentrer à la maison.
- J'veux pas. J'vais être puni. J'vais être... J'veux être un homme des boiiiiiis, Talia, steuplait.
L'étudiante ferma les yeux.
Peter lui faisait tellement mal au cœur.
- Je parlerais à papa et maman, d'accord ?
Il hocha la tête, pas franchement convaincu.
o o o
A mesure qu'ils approchaient de la maison, Peter ralentissait le rythme.
Ses enjambées étaient plus petites.
Son allure de plus en plus incertaine.
Ses yeux s'embuaient de larmes, de nouveau.
Il ne voulait vraiment pas rentrer.
- Tout va bien se passer, assura Talia.
- Tu m'aimes pas, murmura-t-il. Tu m'obligerais pas à rentrer si tu m'aimais.
- Tu es la personne que j'aime le plus au monde, Peter.
L'enfant inspira un grand coup.
Expira lentement.
Puis recommença à avancer.
Même s'il ne voulait toujours pas rentrer.
Désolée... vraiment :(
N'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé ; à suggérer des idées pour d'autres saynètes avec un mini-Peter
A bientôôôôt
