Et voici la suite! Je compte poster à peu près toutes les semaines mais il est possible voire plus que probable que je ne sois pas souvent à l'heure... sorry!

J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre , merci pour les petits mots gentils! Ils sont ma motivation, ma nourriture de l'âme, mon fluide vital enfin bref, plus il y en a mieux je me porte! J'essaierai de les mériter! :)

Si vous avez des remarques négatives, ne vous gênez pas : je pleurerai un peu mais avec de la chance je m'améliorerai ;)

Allez je vous laisse lire et à la semaine prochaine (j'espère!)


Chapitre 2


On pouvait dire ce que l'on voulait sur l'aîné des Holmes : il était certes l'être le plus manipulateur que John ait jamais connu et était proprement insupportable avec sa manie de regarder tout le monde de haut, mais si il y avait une chose de certaine, c'est qu'il savait prendre les choses en main. En regardant Mycroft, John sentit le poids sur ses épaules s'alléger un peu et il inspira profondément pour la première fois de la soirée.

- J'allais appeler Greg, comment avez-vous su pour Sherlock?

Mycroft le regarda avec un air las et jeta un coup d'œil glacial au siège voisin de John avant de s'asseoir, comme s'il essayait de le désinfecter par le regard.

- Aucune nécéssité d'informer Lestrade. Il sera au courant demain.

John fit une faible grimace en regardant l'homme en face de lui : il aurait dû savoir que Mycroft serait au courant, il avait sûrement des caméras planquées dans tout l'appartement et des agents qui les surveillaient 24h sur 24.

- Non, Greg me tuerait si il se rendait compte demain que je ne l'ai pas prévenu. Sherlock est un de ses rares amis, alors je l'appelle rapidement et je reviens.

John aurait juré voir les yeux de Mycroft s'écarquiller au mot "ami" mais en une fraction de seconde son visage était de nouveau lisse et sans expression. L'ancien soldat se leva et s'éloigna un peu avant d'appeler enfin Lestrade. En jetant un coup d'oeil sur l'horloge de la salle d'attente qui indiquait presque minuit, il espera que l'inspecteur n'était pas couché. Au bout de la onzième sonnerie, un déclic se fit entendre et la voix de Greg s'éleva enfin de l'appareil :

- John? Qu'est ce qu'il y a mon vieux? Vous voulez sortir boire un coup? Je vous aurais bien dit oui mais je rentre d'un affaire qui m'a tué et j'allais justement me coucher...

- Bonsoir Greg, non ça n'a rien à voir. Je voulais vous prévenir que Sherlock est à Saint Bart's.

- Quoi déjà?! Comment est-il au courant, Molly a eu le corps i peine une heure!

- De quoi vous parlez...? Sherlock est sur la table d'opération! L'ambulance l'a amené il y a une demi heure à peu près, j'ai pensé que vous aimeriez être au courant...

- Qu'est ce qu'il s'est passé?! C'est grave?

La voix de l'inspecteur était devenue pressée et John pouvait clairement entendre son inquiétude.

- Je... Je ne sais pas exactement ce qui est arrivé. Je venais de rentrer à l'appartement quand je l'ai entendu hurler. Quand je suis entré dans la cuisine il y avait du verre de partout, apparemment une de ses expériences a mal tourné alors qu'il avait le visage juste devant...

- Il est gravement touché? Oh mon Dieu, vous croyez qu'il va...

- Non, sa vie n'est absolument plus en danger! J'ai pu lui apporter les premiers soins et l'ambulance est arrivée rapidement mais Greg...

- Quoi?

- Je crois qu'il est possible que... eh bien vous auriez vu ses yeux...

- Quoi ses yeux?

- Il avait des morceaux de verre de partout, les plus gros faisaient la taille de l'ongle de mon pouce! Je pense... Je pense qu'il va devenir aveugle.

John faillit s'étrangler tant sa gorge était serrée. Greg dût entendre sa détresse car sa voix devint dure tandis qu'on l'entendait s'agiter à l'autre bout du fil.

- John! Arrêtez tout de suite de dire des choses comme ça. Je suis en train de rassembler quelques affaires, je suis là dans une demi heure. Vous avez besoin de quelque chose?

- Je... Oui, du thé ou bien du café si vous pouvez. Le café de l'hôpital est imbuvable. Et ça m'embête de vous demander ça mais si vous pouvez me prendre une chemise ou bien un T shirt... Je suis encore plein du sang de Sherlock et j'ai oublié d'en prendre un chez nous.

- D'accord. J'imagine que Mycroft est déjà avec vous, vous devez avoir faim demandez lui de vous commander un repas. Il connaît deux ou trois endroits vraiment super. J'arrive.

John tourna les yeux vers Mycroft et se rendit compte que ce dernier le regardait les lèvres pincées.

- Heu... Je ne suis pas certain pour ce qui est de Mycroft, mais merci. A tout de suite.

- N'ayez pas peur de lui John... Il ne mord pas. Je vous amène ça. A tout de suite.

John retourna s'asseoir à côté de l'aîné des Holmes en repensant à ce que Lestrade venait de lui dire. Il n'avait jamais pensé que Mycroft et Greg se connaissaient, en fait il ne les avait jamais vu ensemble et jamais entendu le nom de l'un dans la bouche de l'autre. En y réfléchissant à deux fois, John se rendit compte que Lestrade aussi avait dû avoir droit à "la discussion" au fin fond d'un entrepôt. Mycroft devait avoir la vie complète de Greg rangée par ordre alphabétique dans un classeur à tiroirs. Un sourire vint effleurer ses lèvres à cette pensée et ce n'est qu'en entendant la petite toux sèche de Mycroft qu'il leva enfin les yeux.

- J'imagine qu'il accourt à cet instant précis?

Ses yeux reflétaient une légère exaspération et John commença à se demander si il n'avait pas raté un épisode. Il rangea cette information dans un coin de sa tête et se promit d'en parler à Sherlock quand il irait mieux.

- Oui, il sera là bientôt. Mycroft, j'ai eu une journée assez remplie et je n'ai pas encore mangé un morceau. Greg m'a dit que... Enfin, est ce que vous pourriez me... commander un repas? S'il vous plait?

Le sourcil aristocratique de Mycroft s'éleva si haut que John se demanda s'il était possible d'avoir une crampe au front. Sans le lâcher des yeux, Mycroft prit son portable et tapa un bref message avant de le remettre dans sa poche.

- Je vais aller obtenir quelques informations, Lestrade devrait arriver dans 24 minutes compte tenu du trafic. Je ne serai pas revenu d'ici là.

- Bien... d'accord. Merci d'être venu Mycroft.

Aucune réponse ne lui parvint tandis que la haute silhouette s'éloignait, le bruit de ses pas rythmé par le clac sonore de son parapluie sur le sol.

Vingt-quatre minutes exactement après le départ de Mycroft, John vit les portes s'ouvrir et Greg s'engouffrer dans la salle d'attente avec un sac de sport plein. Ses yeux firent le tour de la salle avant d'apercevoir John et de se diriger vers lui :

- Vous avez une mine terrible, tenez.

Du sac il sortit deux thermos, un grand sachet de chez "Roy's" et un large T shirt blanc. Puis il s'effondra dans le siège où s'était assis Mycroft une demi heure auparavant.

- La garce qui lui sert de secrétaire m'a donné le repas quand je me suis garé en bas. Comment va Sherlock?

- Je n'en sais rien, Mycroft est parti tout à l'heure demander des nouvelles et il n'est toujours pas revenu. Il doit être en train de menacer le chef de la chirurgie pour avoir des informations.

Un sourire vint effleurer les lèvres de l'inspecteur.

- Dans ce cas, il ne nous reste plus qu'à attendre j'imagine.

Le silence s'installa entre les deux amis tandis que John mangeait son repas. Le thé brûlant qui coula dans sa gorge le réchauffa et le détendit, et quand il eût fini, il se changea rapidement. Les minutes passaient, lentement, et bientôt les paupières de John s'abaissèrent. L'adrénaline lui avait permis de tenir jusqu'ici mais ses muscles et son esprit subissaient maintenant le contrecoup de sa journée passée au travail. Un voile noir recouvrit le monde et il sombra dans une brume où le réel et les rêves se mélangeaient.

Des murmures agités le réveillèrent. Il leva les yeux vers l'horloge qui marquait 2 heures du matin et se redressa lentement dans son siège. Quelques mètres plus loin il aperçut Mycroft et Greg qui discutaient à voix basse, leurs gestes vifs montrant clairement qu'ils étaient en désaccord. Il tendit l'oreille pendant quelques secondes mais très rapidement Mycroft leva la tête pour le regarder et fit un signe à Greg pour lui indiquer que John était réveillé. Ils se turent et se rapprochèrent en affichant tous les deux un visage faussement neutre. John se tourna vers l'aîné des Holmes qui paraissait las :

- Alors, des nouvelles?

- Oui. L'opération se passe bien, ils devraient en avoir pour encore une heure à peu près.

- Et ont-ils parlé des... séquelles? Est ce qu'ils ont dit s'il allait perdre ses yeux?

Mycroft avait l'air inquiet. John avait toujours pensé que le jour où une autre émotion que le dédain traverserait le visage de l'aîné des Holmes il mettrait des guirlandes au 221B et passerait la soirée à écouter Sherlock se moquer de son frère. Maintenant il se rendait compte à quel point il avait eu tort. Une goutte de sueur coula le long de sa nuque et commença son chemin le long de son dos.

- John, il a de nombreuses brûlures chimiques, des perforations de la cornée ainsi que des perforations de la sclère. Apparemment, le nerf optique n'a pas été touché, c'est un miracle mais il faut craindre un glaucome dans la semaine à venir. Ses yeux pour l'instant ressemblent plus à un champ de bataille qu'autre chose. J'ai fait quelques recherches et je crois... enfin selon moi il a moins d'une chance sur cent de voir à nouveau.

La goutte de sueur restait bloquée entre les omoplates. John se redressa sur son siège et écrasa son dos contre le dossier. Il inspira brusquement avant de déglutir.

- Une chance sur cent c'est énorme. Il a accompli des choses bien plus difficiles que ça. Depuis le premier jour il a fait des choses que je croyais impossibles, une chance sur cent c'est énorme.

- Une chance sur cent de voir à nouveau, John. D'apercevoir des formes, de vagues contours qui lui permettront de reconnaître les gens de son entourage et de ne pas se cogner contre les murs!

- Et combien de chances de retrouver une vision normale?

Mycroft renifla d'un air agacé et s'assit en face de John. Il pinça les lèvres.

- A vous de me le dire, après tout vous êtes docteur non?

- Mycroft, je sais que vous venez de passer quelques heures à vous interroger à ce sujet, et même moi ô pauvre mortel ai une idée de ce qui l'attend. Alors vous qui faites partie de cette putain de famille de génies, j'aimerais savoir ce que vous en avez conclu avec vos 400 de Q.I! Et je sais que nous devons vous paraître ridicule du haut de votre tour d'ivoire mais j'aimerais que Sa Seigneurie daigne descendre ses fesses deux secondes pour nous tenir au courant! Alors COMBIEN?!

John s'était levé et se trouvait maintenant juste devant le visage de l'aîné des Holmes qui le regardait d'un air à cailler le lait. Greg saisit le bras de John et le tira jusqu'à son siège où l'ex soldat s'effondra la tête dans les mains. Un bras passé autour des épaules de John, Greg se tourna vers Mycroft :

- S'il te plaît, dis lui.

Mycroft ôta une poussière imaginaire de son costume et laissa tomber d'une voix froide:

- Je dirais une chance sur dix mille... au mieux.

- Dix mille...

- Dans le pire des cas une chance sur cent mille.

- Oh mon Dieu... Il ne pourra pas vivre sans ses yeux... Il va sûrement se laisser mourir!

- Oh très bien John! Vous commencez à additionner deux plus deux? Maintenant si vous voulez bien m'excuser, Sa Seigneurie va continuer à chercher une solution au lieu de s'apitoyer sur son sort!

- Ca suffit!

La voix ferme de Lestrade résonna dans la salle d'attente comme un coup de feu. John leva des yeux perdus sur le visage de son ami. Greg avait les traits tirés d'un homme qui a déjà perdu trop de sommeil, mais sa main fût ferme quand il mit John sur ses pieds

- Arrêtez deux secondes d'être des gamins d'accord? On ne sait rien de ce qui va arriver, peu importe les chiffres et les probabilités du moment qu'on sait que c'est possible. Vous pouvez faire des calculs toute la nuit mais ça ne vous dira pas si il retrouvera l'usage de ses yeux ou non. La seule manière de le savoir c'est d'attendre et de voir. Compris?

John hocha la tête lentement, encore sous le poids de la fatigue et des paroles de Mycroft.

- On ne sert plus à rien ici, alors allons nous coucher. Les visites commencent à 7h demain. Mycroft, dormez au lieu d'aller lire des encyclopédies. Vous plonger dans les bouquins pendant des heures et oublier le sommeil ne lui permettra pas d'aller mieux. Ça ne servira qu'à faire chuter la bourse de Londres qui bouge à peine un de vos sourcils frémit.

La bouche du dénommé Mycroft se tordit dans un rictus mauvais mais il ramassa son parapluie et se tourna légèrement vers John.

- Une voiture vous attend en bas pour vous ramener à l'appartement. Je vous retrouverai ici demain.

- Bien. Et vous Greg?

- L'inspecteur Lestrade va rester encore un peu, nous avons une discussion à finir.

Greg soupira et se retourna, une main sur le front et le visage las.

- Entendu mais rapidement Mycroft, je suis sur une enquête qui n'a rien de drôle et je sais que demain je ne vaudrai rien si je ne prends pas un peu de repos.

John se tourna vers son ami en essayant de dissimuler sa surprise, et lui serra la main avec faiblesse.

- Merci beaucoup d'être venu Greg, désolé pour votre sommeil. A demain j'espère. Au revoir Mycroft.

Il prit son t shirt couvert de sang et s'éloigna vers la sortie. En se retournant une dernière fois, il vit que les deux hommes se disputaient à nouveau. Les minutes qui suivirent se fondirent dans un brouillard de fatigue : la voiture avec Anthea sur son téléphone, les marches du 221B, l'appartement et enfin, le lit. Sans prendre la peine de se déshabiller il s'effondra sur le matelas et sombra dans le plus profond des sommeils.

La sonnerie du réveil tira John de sa torpeur. Il avait dormi trois heures et demie et avait l'impression qu'un bus impérial lui avait roulé dessus. Tout en se préparant il remarqua que l'appartement était aussi propre que s'il ne s'était rien passé. Plus de bouts de verre, pas de trace de la solution sur le sol. Mme Hudson avait dû nettoyer pendant qu'il accompagnait Sherlock à l'hôpital. John se sentit coupable de ne pas l'avoir tenue au courant de l'état de Sherlock et se promit de la remercier quand il en aurait le temps. Il déjeuna sur le pouce et à 6h45 il était devant les portes de l'hôpital. Le jeune homme de l'accueil lui indiqua le numéro de la chambre et quelques minutes plus tard il se tenait devant la porte 537, la main sur la poignée.

John n'était pas un fervent croyant, il était allé à la messe moins de dix fois dans sa vie et l'idée d'une justice divine avait reculé à chaque mort d'innocent qu'il avait eu à contempler. Néanmoins, alors qu'il tournait la poignée il pria pour que Sherlock puisse voir à nouveau, pour que ce cauchemar qui s'était abattu en une fraction de seconde sur lui cesse. Il entra dans la pièce et se dirigea vers le lit où était couché le détective aux cheveux bouclés. D'un côté du lit était installée une perfusion qui le plongeait dans un cocon de morphine et de l'autre il y avait une chaise. John s'y assit et observa son ami du mieux qu'il le pût. Le drap remontait jusqu'à ses clavicules et un de ses bras était sorti, ce qui lui permettait de voir des petites brûlures ou coupures superficielles. L'endroit le plus touché en dehors de son visage était ses mains. Ses longs doigts fins de violoniste étaient lacérés et couverts de taches brûlées. Sur le pouce, John pût apercevoir des points de suture et il grimaça un sourire : au moins, il ne serait plus réveillé par de la musique en plein milieu de la nuit pendant quelque temps. Ses yeux remontèrent enfin le long du cou pâle de Sherlock jusqu'à son visage.

Il avait craint un carnage, avait eu peur de sa réaction quand il découvrirait les blessures mais étrangement, il ne ressentit qu'un petit pincement au coeur. Quand il avait laissé Sherlock au soin des ambulanciers puis à celui des chirurgiens, du sang s'échappait encore de ses blessures et il n'avait pas eu le temps de tout nettoyer. En plus, au milieu du liquide écarlate poisseux, les taches bleu sombre donnaient un aspect encore plus sale et dévasté. John avait donc gardé cette image en tête et imaginé beaucoup d'entailles profondes, ou de larges brûlures, qu'il n'y avait pas sur le visage en face de lui. Bien sûr que les coupures étaient nombreuses mais elles ressemblaient seulement à de profondes griffures. Quelques éclats s'étaient plantés directement, laissant derrière eux une petite ouverture sur la chair aux contours géométriques. Les brûlures faisaient des petites tâches roses aux contours brunâtres, le tout formant un tableau coloré sur la toile qu'était le visage pâle du détective. Les yeux de Sherlock étaient violets et enflés, ça devait être horriblement douloureux.

John avait toujours su qu'un jour il se retrouverait à l'hôpital au chevet de Sherlock. C'était évident après tout! La chasse aux meurtriers, les courses poursuites et les bagarres, les prises de risque insensées... Il savait qu'un jour où l'autre il serait assis dans une chambre blanche aseptisée et que Sherlock serait endormi auprès de lui après s'être fait trouer la peau. Même si au fond de lui le sentiment que le détective était invulnérable s'était bien installé ( John ne savait plus si il était chanceux ou très coriace ) il pensait qu'il serait blessé et qu'il faudrait quelques semaines avant que Sherlock ne bondisse de nouveau à l'appel du Travail. Mais ce qu'il n'avait jamais prévu c'est que le malheur prendrait cette forme terrible, qu'il attaquerait dans leur foyer et qu'il attaquerait lentement. Aveugle... John respira un grand coup. Quoi de plus terrible pour l'esprit du génie couché auprès de lui, plongé dans un rêve au goût d'alcaloïdes? John se rappelait de cette nuit à Baskerville où Sherlock avait perdu tout contrôle quand il n'avait plus été capable de faire confiance à ses yeux. Il avait alors découvert une nouvelle facette du détective, une profondeur de plus que Sherlock cachait sous son grand manteau d'insensibilité et de froideur. Au bout de tout ce temps passé en la compagnie du grand brun, John avait fini par percer peu à peu la carapace. Chaque émotion qu'il voyait sur le visage normalement neutre était une petite victoire et chaque marque de gentillesse le rendait plein de joie. Il y a bien longtemps maintenant qu'il avait compris que sa vie avait pris un tournant décisif le jour où Mike lui avait présenté ce mystérieux personnage. Quand il se retournait pour regarder son passé, tout avait des nuances ternes et un goût fade, tout sauf le champ de bataille et John refusait d'y repenser. Il avait trouvé auprès de Sherlock ce qu'il avait toujours cherché : l'adrénaline et le moyen de protéger les gens. Leur appartement n'était pas le foyer dont il avait toujours rêvé mais il ne s'était jamais senti aussi bien ailleurs. John prit la main de Sherlock dans la sienne et dit d'une voix étranglée :

- Quand tu es apparu dans ma vie, Sherlock, tu... tu as tout chamboulé et... tu m'as sauvé. Dieu seul sait ce que je serais devenu sans toi. Aujourd'hui je peux enfin payer ma dette et je... Je te jure que je ferai n'importe quoi, tu m'entends? Je ferai n'importe quoi pour t'aider.

- Comme c'est touchant!

John se retourna vivement. Dans l'entrebâillement de la porte, un homme le regardait avec un sourire moqueur.

Un souffle s'échappa de ses lèvres alors qu'il se levait brusquement, faisant tomber sa chaise :

- Moriarty...