Et voici le troisième chapitre... avec du retard comme il fallait s'y attendre. Je suis profondément désolée, et le pire c'est que je ne peux même pas vous promettre que ça ne recommencera pas! ^^' Je suis un cas désespéré!

L'autre jour j'ai essayé de corriger une faute dans le chapitre 2 et non seulement je me suis loupée mais en plus je crois que ça vous a envoyé une notification de nouveau chapitre à tous, sorry!

Bon, je vous laisse lire, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout autant! N'hésitez pas à laisser un petit mot, ça ne peut que m'aider à m'améliorer!


CHAPITRE 3


Jim se tenait dans l'encadrement de la porte, en costume de grande marque. Il entra lentement dans la pièce en regardant autour de lui, un air peiné sur le visage :

- Je suis sûr que Sherlock détesterait cet endroit s'il pouvait le voir! C'est si... vide. Si propre et rangé. Tout le contraire de chez vous n'est ce pas? Quel bazar, tous ces papiers... Je parie que c'est Sherlock qui s'est occupé de la déco non?

John prit une brusque inspiration et se rapprocha inconsciemment de Sherlock. Il se sentait complètement vulnérable : quelques secondes auparavant il s'était senti assez en confiance pour ouvrir son coeur à son colocataire et Moriarty l'avait surpris sans son armure. Bon sang, il détestait ça! L'idée que le psycopathe se soit introduit dans leur appartement, dans leur intimité lui retourna l'estomac. Qu'était-il allé faire là bas? Une pensée fit son chemin dans l'esprit de John, une pensée qu'il n'aimait pas du tout. L'envie de se jeter sur le criminel consultant le prit à la gorge mais l'ex soldat en lui savait que cet adversaire n'était pas de son niveau. Les mains tremblantes de l'effort qu'il faisait pour se calmer, et la voix rauque, John se plaça entre Jim et Sherlock :

- Vous êtes rentré chez nous? C'est vous qui êtes responsable de tout ça? Qu'est-ce que vous lui avez fait?

L'air de surprise qui traversa le visage de Moriarty ne semblait pas feint, et John eut un doute.

- John, John, John... Quelle idée bizarre. Pourquoi aurais-je fait ça? Non, voir Sherlock dans cet état me fait autant de peine qu'à vous croyez moi!

John haussa les sourcils et ne put empêcher un petit rire ironique de franchir ses lèvres.

- Oh vous avez juste tenté de le tuer, mais je vais vous croire sur parole!

Jim contourna le lit et alla se placer de l'autre côté du détective endormi :

- Oh, je tuerai Sherlock bien sûr, mais je le ferai d'une manière fantastique... C'est un peu une diva vous savez? Il aimera la manière dont il quittera la pièce : je lui créerai une sortie magistrale, dont tout le monde parlera. Jamais je n'aurais imaginé quelque chose d'aussi laid et ennuyeux qu'un accident domestique.

- De quoi est ce que vous parlez? Sherlock ne se laisserait jamais avoir, vous ne le connaissez pas.

- Hohooo! Et vous oui? Je suis certain que vous avez quelques qualités, John, mais je crains que vous ne vous surestimiez. Comment pourriez vous avoir une idée de qui se passe dans l'esprit de Sherlock? Vous croyez le comprendre?

John se sentait mal à l'aise. Il aurait aimé avoir un argument plus construit, mais la seule chose qui lui vint à l'esprit était cette phrase que Sherlock lui avait dit au cimetière de Baskerville :

- Je peux le comprendre, je suis son ami.

Jim leva les yeux au ciel et lui répondit d'une voix agacée :

- Et moi je suis son pire ennemi. Vous croyez que vous aimez Sherlock? Vous croyez que vous... l'appréciez, parce qu'il vous a donné quoi? De l'adrénaline? Ouvrez les yeux, notre lien est bien plus profond qu'un simple apport d'hormones! Sherlock est la raison même de mon existence. Nous jouons au crime, et c'est un jeu qui se joue à deux. L'un sans l'autre nous ne sommes rien, et que ferait-il sans moi? Je sais ce qu'il ressent, je connais son ennui et je lui apporte ce dont il a besoin pour vivre. Oh John, vous pouvez le choyer, apportez lui des tasses de thé et des biscuits tant que vous voudrez! Sans le Travail il se laissera dépérir sur votre vieux canapé, et les affaires intéressantes qui le font vivre, c'est moi qui les lui procure! Je suis sa plus forte drogue. Il a besoin de moi pour vivre, comme j'ai besoin de lui.

- Vous avez besoin de lui? Pourquoi?

- Sans lui je suis comme un comédien qui joue du Shakespeare pour un public de télé-réalité. Personne pour apprécier la beauté et la perfection de mon oeuvre et, pire! Personne pour me défier! Quoi de plus triste? C'est d'un ennui terrible.

- Et pourtant vous voulez le tuer? Je ne comprends pas...

Moriarty semblait atteindre ses limites de patience. Il poussa un soupir agacé et se retourna vers John.

- Nous ne sommes pas faits pour durer John, nous brûlons et nous nous consumons. Vous ne pouvez pas comprendre.

- Non, apparemment. Et il y a autre chose que je ne comprends pas : ce que vous faites ici.

- Je suis venu rendre une petite visite à Sherlock évidemment! Pourquoi n'y aurais-je pas droit? Après tout il est un de mes "proches".

De la poche de sa veste il sortit une rose noire, magnifique. Les bords des pétales étaient rouge sang. Jim prit le verre d'eau qui était posé sur la table de nuit à côté du détective et mit la rose dedans. Puis, il s'assit sur le lit et se pencha sur le visage de Sherlock.

- Oh la la, regardez moi ces yeux... T-t-t-t quel gâchis. Et moi qui t'avais préparé une si bonne partie Sherlock!

Sa voix baissa jusqu'à devenir un murmure:

- Tant pis, le jeu est lancé. Tu ferais bien de te réveiller bientôt ou tu pourrais le regretter.

John le regarda, sur le qui vive :

- Qu'est ce que vous voulez dire?

- Nous allons jouer au Crime, John! Je n'ai besoin de Sherlock que s'il peut jouer, alors il ferait bien de se montrer à la hauteur.

- Laissez lui un peu de temps, pour l'amour de Dieu!

Jim se leva et se dirigea vers la porte. Juste avant de franchir le seuil il se retourna avec une moue peinée et lança :

- Désolé mais je m'ennuie déjà!

Il sortit calmement et salua une infirmière sur son passage, comme quelqu'un de tout à fait normal. John cilla. Cet homme était un caméléon, on aurait pu jurer qu'il était un parent de Sherlock venu lui rendre visite... Dans l'écho de ses pas qui disparaissait, un dernier éclat de voix retentit :

- A bientôt John!

Le fameux John ne savait plus s'il avait envie de rire ou de pleurer. Il avait l'impression de se retrouver dans une cour de récréation de l'horreur. Entre l'enfant psychopathe qui tue quand il s'ennuie, le gosse sociopathe qui tire sur les murs et son frère maniaque du pouvoir et du contrôle il ne savait plus quoi faire. Les larmes au bord des yeux, il ne put s'empêcher de marmonner :

- Ils ont tous dû manquer de fessées, c'est pas possible! Quand les parents de Jim se sont rendus compte qu'il démembrait les poupées Barbie ils auraient dû lui foutre une bonne raclée et on en serait pas là! Et Sherlock, la première fois où il a foutu le feu à sa maison pour s'occuper, sa mère aurait dû lui baisser le pantalon et schlah! Maintenant au lieu de trouer l'appartement il boirait une bonne tasse de thé comme un anglais normal, et tout irait bien! Quand à Mycroft, ha! N'en parlons pas, je ne sais même pas ce qui pourrait l'arranger...

Pendant son petit monologue John avait redressé la chaise et s'était mis à faire les cent pas. Perdu dans ses pensées il avait haussé le ton, et venait enfin de se rendre compte que le dénommé Mycrot le regardait depuis l'entrée de la chambre. L'aîné des Holmes cligna des yeux et ouvrit la bouche mais avant qu'il ne put dire un seul mot John hurla :

- OH MAIS ALLEZ Y ENGUEULEZ MOI, JE SUIS LA POUR CA DE TOUTE FAÇON! NON MAIS C'EST BON, EST CE QUE LE DESTIN POURRAIT ME FOUTRE LA PAIX DEUX PETITES SECONDES?!

- Je suis venu vous prévenir que Lestrade essaye de vous joindre depuis une demi heure. J'ai laissé le téléphone de la cabine au fond du couloir décroché. si vous arrêtez de me hurler dessus et que vous y allez maintenant il y a une chance qu'il soit toujours en ligne.

John ouvrit la bouche et la referma, il était conscient du fait qu'il tremblait de tout son corps et que les gouttes qui coulaient sur son visage n'étaient pas dues qu'à la transpiration. Mycroft s'écarta de la porte pour lui laisser un passage et John s'y engouffra en marmonnant un rapide "merci". Il avait un peu honte de lui même mais la vérité était qu'il se sentait totalement dépassé par les événements. L'accident de Sherlock était déjà une immense épreuve en soi, il n'avait pas besoin d'avoir Moriarty sur le dos. John avait l'impression d'être dans une pièce plongée dans le noir où toutes les portes menant à la lumière se fermaient une par une. Sherlock aurait dû être là pour l'aider, avec son génie il aurait rapidement trouvé une solution. Après tout, John n'était qu'un humain normal qui avait eu la chance de croiser le chemin du détective... Moriarty avait raison et il le savait, il n'avait pas un millième des capacités de Sherlock. Il espéra que Greg lui apporte enfin une bonne nouvelle, quelque chose qui lui donnerait la force de se battre contre ce raz de marée de désespoir.

- Allô Greg?

- John? Ah, j'espérais vous avoir à l'hôpital, j'ai essayé de vous joindre sur votre portable mais vous ne répondiez pas. Tout va bien?

- Pas vraiment mais on fait comme on peut. Qu'est ce qu'il se passe?

- J'ai quelque chose d'assez énorme sur les bras. Je sais que c'est délicat mais je suis sûr que Sherlock va se rétablir rapidement, et... je pense qu'il faudra qu'on le remette dans le travail rapidement n'est ce pas?

- Oui, je suis d'accord.

- Je pensais que... Ça fait un petit moment que vous travaillez avec Sherlock et vous connaissez un peu ses méthodes. Peut être que vous pourriez venir jeter un coup d'oeil, voir si vous voyez quelque chose et comme ça quand Sherlock sera réveillé vous pourrez lui en parler et ça l'occupera?

John haussa les sourcils ; Greg était un bon inspecteur, et son équipe n'était pas trop mauvaise même si leur comportement vis à vis de Sherlock était ignoble. Cette proposition ressemblait presque à un appel à l'aide dissimulé.

- Vous êtes coincé?

A l'autre bout du fil Greg poussa un gros soupir.

- Totalement. Je sais que c'est égoïste mais j'espère qu'il va se réveiller rapidement. Alors, est ce que vous viendrez?

- Je ne sais pas... J'aimerais être là à son réveil.

- Je sais bien mais dites vous que le réveil ne va pas être la partie la plus difficile. Vous ne pourrez peut être pas vous déplacer tout de suite quand il rentrera à l'appartement. Vous devrez veiller sur lui et être là à chaque instant. Vous devriez peut être profiter du fait qu'il est encore à l'hôpital pour venir.

- Où c'est?

- Au British Museum aujourd'hui.

- Comment ça aujourd'hui?

- Hier c'était au Shakespeare Globe Theater. J'ai bien peur qu'on ne fasse le tour des sites touristiques de Londres si on continue...

- Et qu'est ce que vous avez trouvé là bas?

- Un corps dans chaque endroit. Une mise en scène grotesque si vous voulez mon avis, mais on a trouvé aucune piste pour l'instant.

- Une mise en scène? Comment ça?

- Il vaut mieux que vous veniez voir par vous même, vous comprendrez.

John jeta un coup d'oeil vers la chambre qu'occupait Sherlock. Comme depuis le début de l'incident, il doutait de lui. Devait-il rester ou aller voir ce qui se passait? Qu'est ce qui aiderait le plus Sherlock? Des fois il regrettait le temps de l'armée où les ordres étaient donnés et il n'avait pas à réfléchir et à choisir. Il se passa la main sur le visage : il n'était même pas sûr qu'il y ai un bon choix. Il s'éclaircit la gorge et reprit le combiné.

- C'est bon j'arrive.

- Bien, je vous attends ici.

En revenant dans la chambre, John trouva Mycroft assis au chevet de son frère. L'aîné des Holmes se tenait très droit, le dos raide, et quand John s'approcha il vit qu'il était pâle et qu'il avait les traits tirés. John se racla la gorge et Mycroft se retourna vers lui.

- Moriarty est venu ici n'est ce pas?

Entre l'éclat de voix et la rose dans le verre, John ne fût pas surpris que Mycroft ait remarqué le passage du criminel. Il ne put qu'acquiescer en silence.

- Que vous a t'il dit?

- Qu'il allait jouer au Crime avec Sherlock et qu'il ferait bien de se montrer à la hauteur.

- Je vois. Je vais rester un peu ici, vous devriez accepter la proposition de l'inspecteur Lestrade.

- C'est... C'est fait. Je venais juste pour vous dire que...

Mycroft souffla du nez d'un air agacé et le coupa :

- C'est bon, nous sommes tous sur les nerfs. Allez-y.

- Bien. Si vous pouviez m'informer de quand il sera réveillé...

Mycroft était de nouveau plongé dans le mutisme, les yeux rivés sur la rose sombre. John soupira et sortit de la chambre en silence, capturant dans un dernier regard le tableau que faisaient Sherlock et son frère dans la chambre baignée de lumière artificielle.

Portes. Bruits. Rue. Lever la main. Taxi. Payer. Sortir. Rue et bruit. Tout ne semblait qu'un arrière plan vague et flou. Tout était mécanique. Les pensées de John flottaient dans un passé qu'il regrettait déjà et ce ne fût que quand il arriva devant les colonnes du British Museum qu'il leva enfin les yeux. Un sourire étira ses lèvres au souvenir des heures passées dans ce bâtiment quand il était étudiant. Il s'imaginait alors médecin à Londres ou dans une campagne tranquille, avec une femme et deux ou trois enfants. Une maison avec un jardin et une barrière blanche pourquoi pas, il avait toujours été simple au fond. Maintenant il se demandait si il aurait pu vivre de cette manière, si il se serait senti aussi entier qu'aujourd'hui? Entier... Il eût un petit pincement au coeur quand il réalisa qu'il ne se sentait toujours pas complet. Sa vie aux côtés de Sherlock avait beau être incroyablement palpitante et haute en couleurs, il lui manquait toujours quelque chose. Une voix familière le sortit brusquement de ses pensées :

- John! Eh bien mon vieux, vous allez rester planté là toute la journée?

Greg se tenait à côté d'une colonne, l'air fatigué. Décidément, tout le monde subissait les coups du destin ces derniers temps. John s'avança et serra la main de l'inspecteur chaleureusement.

- Désolé, un peu perdu dans mes pensées. On y va?

- Suivez moi.

Ils passèrent les premières salles en marchant rapidement, et ils arrivèrent bientôt à l'exposition temporaire égyptienne. Quelques touristes s'étaient attroupés devant le bandeau qui fermait la salle et ils durent jouer des coudes pour l'atteindre. John aperçut Anderson en train de parler à Donovan dans un coin, ils n'avaient pas encore remarqué sa présence apparemment, ou bien ils l'ignoraient totalement. Greg se retourna vers John :

- Le labo a pris tout ce dont il avait besoin, il ne nous reste plus qu'à embarquer le corps.

- Ou est-il? Je ne vois pas de sang.

- Oh, si vous le cherchez par terre vous ne le trouverez pas, il est là.

- Où ça?

- En plein milieu de la salle, dans la pièce maîtresse.

John se tourna du côté de l'exposition et vit que la pièce centrale était un sarcophage ouvert dans une cage de plexiglas, posé assez bas pour qu'on puisse voir la momie à l'intérieur.

- Vous voulez dire que le corps...

- Est à l'intérieur oui. On ne sait toujours pas comment ils ont fait pour le mettre là sans casser le plexiglas ni déclencher l'alarme. D'ailleurs on ne sait même pas pourquoi ils ont fait ça. La victime était riche, plutôt connue du monde de la finance mais toutes ses affaires sont sur lui, téléphone de marque, portefeuille, tout! A première vue, il avait plutôt de bonnes relations avec ses collègues et ses comptes n'ont pas l'air suspect. Je n'y comprends vraiment rien.

- Peut être qu'il s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment?

- Et ensuite ils se seraient embêtés à le placer dans un sarcophage du British Museum? Non, la mise en scène a été réfléchie, mise en place et soigneusement exécutée croyez moi. Ceux qui l'ont mis là savaient ce qu'ils faisaient.

- Qui l'a trouvé?

- Une touriste espagnole qui était venue spécialement pour l'expo, une timbrée de l'Egypte et de ses mystères... Elle a été servie! Elle est allée chercher un vigile, et elle lui a demandé si c'était "una broma", et quand il a vu ça, il nous a appelé directement.

- Et où est la momie?

- Ca on l'ignore encore. Un autre mystère qui s'ajoute à la liste... Comme si on en avait pas déjà assez!

- Je peux voir le corps?

- Oui bien sûr, dans tous les cas Anderson a fini de prendre les photos.

Les deux hommes se rapprochèrent du sarcophage et se penchèrent sur la cage transparente. Le haut avait été retiré et sûrement emmené pour y relever des traces et pour laisser accès au corps. John ne vit d'abord qu'un corps sans vie, encore un, coincé dans une boîte vieille de plus de 3000 ans. Le costume sûrement taillé sur mesure faisait un bien piètre linceul dans ce sarcophage qui avait accueilli un corps recouvert de bijoux, d'or et de pierres précieuses. Quand il regarda enfin la tête du mort, John eût un mouvement de recul. Il connaissait bien ce visage, ce menton large,ce nez pointu et ces oreilles un peu grandes. Greg s'était retourné vers lui, visiblement surpris de son mouvement brusque.

- Vous le connaissez?

- Oui, il s'agit de Sebastian Wilkes.

- Comment l'avez vous connu?

- Une de nos premières affaires avec Sherlock. Je l'ai appelée le banquier aveugle sur mon blog. Lui, c'était un vrai con. Un camarade de Sherlock à la fac.

- Eh bien apparemment quelqu'un était de votre avis... C'est peut être une idée ça! Vous pensez que ça peut avoir un lien avec Sherlock et vous?

- Je n'en sais rien, non je ne pense pas. Ça s'est passé il y a un bout de temps déjà et franchement je ne vois pas pourquoi on se serait attaqué à lui...

John et Greg se tenaient tous les deux au dessus du sarcophage, un air perdu sur le visage, quand tout à coup la sonnerie du téléphone de John retentit. Il prit son portable et fit un signe rapide à Greg pour lui montrer qu'il ne savait pas qui l'appelait avant de décrocher.

- Oui allô?

Un bruit de violon déformé par les parasites sur la ligne lui parvint à l'autre bout du fil. La musique lui parût étrangement familière. John fit signe à Greg de le rejoindre et il mit la discussion en haut parleur. Il murmura:

-Je crois que je reconnais la musique. Sherlock me l'a jouée une ou deux fois, c'est le thème de Shéhérazade. Vous croyez que ça a un lien avec votre affaire?

La musique continua encore quelques secondes puis elle cessa tout à coup. Une voix lointaine s'éleva du combiné :

- Sherlock, c'est vous qui jouez du violon? Vous êtes déjà rentré? John est avec vous?

Un souffle s'échappa des lèvres de John.

- Madame Hudson... Cet enfoiré est dans notre appartement!

Un bip sonore indiqua que leur interlocuteur avait raccroché, et pendant une seconde, le temps sembla suspendu. Puis ils se ruèrent tous les deux vers la sortie aussi vite qu'ils le pouvaient, écartant les touristes sur leur passage. Greg prit sa voiture qui l'attendait devant le Museum et démarra en trombe. Pendant le trajet, il sortit son téléphone et lança quelques ordres pour demander des renforts 221B Baker Street. John restait muet, les lèvres pincées et le corps projeté en avant sur son siège, tendu comme un arc. Enfin, ils arrivèrent devant la porte familière et la voiture fut garée en quatrième vitesse. John courut jusqu'à la porte qu'il ouvrit violemment avant de se ruer vers l'appartement de leur logeuse qui était ouvert. En entrant dans la cuisine, il trouva Madame Hudson en train de faire la vaisselle, les mains pleines de savon. Elle se tourna vers lui l'air surpris, et ouvrit de grands yeux quand l'inspecteur Lestrade déboula essoufflé, l'arme au poing. Greg et John se jetèrent un rapide regard et firent demi tour lentement, gravissant les escaliers doucement. Arrivé à la porte, John tourna la poignée mais la porte ne bougea pas. Il prit de l'élan et défonça la porte d'un énorme coup d'épaule encouragé par l'adrénaline. Greg et lui se ruèrent dans le salon et s'arrêtèrent d'un coup, sous le coup de la surprise.

Sur le fauteuil de Sherlock, bien droite, une momie les regardait de ses orbites narquoises.