Wouhouuu! J'y croyais plus! Mai si, il est là le nouveau chapitre :) Bon, il faudra vous y habituer, ça ne va pas trop vite. Tout ne se passe pas en 6 chapitres donc je prends mon temps pour essayer de faire quelque chose de plus... humain. A notre échelle.
Merci d'être aussi patients, vous êtes formidables! J'espère qu'il vous plaira, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé! Oh et dois-je le préciser? Désolée pour le retard évidemment... (^^)
Bisous à tous et à toutes!
Chapitre 4
Tous les renforts qui avaient été appelés inutilement étaient repartis. Les experts du labo étaient venus, avaient analysé la momie, tout chamboulé et finalement emporté tout ce qui leur semblait important. Anderson avait pris des photos de la scène sous tous les angles, faisant des remarques moqueuses sur l'appartement entre deux "clic" et il avait fallu que Lestrade retienne John pour que ce dernier ne lui saute pas à la gorge, comme un animal enragé. Ce fût au tour des conservateurs et de leur équipe scientifique d'entrer pour récupérer la momie et Greg jeta un coup d'oeil soucieux à John maintenant assis sur le canapé, en face de deux tasses de thé vide. Celui ci avait le regard dans le vague, comme très détendu, ce qui contrastait avec tout le reste de son corps qui était bandé en avant et ses mains qui se serraient compulsivement en poings. Madame Hudson passa la tête par l'entrebâillement de la porte et l'inspecteur lui fit comprendre par gestes qu'il allait falloir une bonne réserve de thé. Elle revint quelques minutes plus tard avec un plateau et s'assit à côté de John qui se détendit soudainement avec un soupir étranglé. Toujours sous le coup du stress (il n'avait eu aucun moyen d'évacuer sa tension jusqu'ici) il n'en était pas moins très soulagé d'avoir retrouvé sa logeuse vivante et en bonne santé. Elle ne leur avait pas encore demandé d'explications, car tout s'était passé très vite. Après la découverte de la momie et après avoir vérifié qu'il n'y avait personne dans tout l'appartement, John s'était tourné vers elle et l'avait serrée dans ses bras en tremblant. D'une voix rauque il lui avait avoué dans un souffle :
- Oh mon Dieu, j'ai cru que vous étiez... j'ai cru qu'il vous avait... Enfin, vous êtes là, vous êtes là...
A la fois perplexe et émue, elle s'était d'abord contentée de lui tapoter le dos et lui avait proposé le meilleur remède à tous les maux : une bonne tasse de thé bien chaud. Le temps qu'elle revienne avec le premier plateau, l'appartement était déjà plein de policiers et comme John était visiblement fou de rage contre cet Andy Son ou elle ne savait plus trop quoi, elle n'avait pas osé l'interroger. Greg ne pouvait pas lui être d'un grand secours car trop occupé à parler à ses hommes pour essayer d'avoir une explication. Mrs Hudson s'était donc résignée à attendre un moment de calme pour poser ses questions, même si cela devait prendre deux heures, et jusqu'ici elle ferait la chose qu'elle avait toujours faite : prendre soin de ses garçons. Un deuxième plateau avait suivi le premier et ils étaient désormais assis autour du troisième, les trois côte à côte sur le canapé. Greg avait fini par se joindre à eux : un il était fatigué et il avait besoin d'une pause et deux les conservateurs le regardaient d'un sale oeil quand il s'approchait trop près donc il avait renoncé à cette partie de l'appartement pour l'instant.
Réglés comme une horloge, ils levèrent leurs tasses en même temps et poussèrent un soupir bienheureux quand le liquide ambré descendit dans leurs gorges. Le bruit que firent les tasses en claquant dans leurs soucoupes quand ils les reposèrent résonna dans l'appartement silencieux, ce qui leur valut un regard courroucé d'un vieil expert au nez en bec d'aigle. Les murs de l'appartement encadraient un tableau étrange que se partageaient une momie à la position guindée entourée de sa nouvelle cour d'admirateurs et trois anglais les plus typiques qui soient assis tranquillement. Chaque groupe semblait ignorer complètement la présence de l'autre mais le calme apparent de la scène ne pouvait cacher une tension et un malaise sous-jacents. Les conservateurs finirent par repartir, quatre d'entre eux portant une caisse en bois : piètre sarcophage pour un roi d'antan. Mrs Hudson se racla la gorge et se tourna vers John et Greg :
- Maintenant j'aimerais avoir des explications les garçons. Qu'est ce que c'est que toutes ces histoires? Et comment va Sherlock?
John baissa les yeux d'un air honteux, sachant très bien qu'il aurait dû la tenir au courant de l'état du détective.
- Euh... Sherlock est dans sa chambre à l'hôpital, endormi. Du moins, il l'était quand je suis parti ce matin. Sa vie n'est plus en danger mais je crois qu'il ne retrouvera pas l'usage de ses yeux... J'ai laissé Mycroft à ses côtés, il aura quelqu'un à qui parler quand il se réveillera.
Mrs Hudson le fixa d'un air étrange, un peu inquiet.
- Vous voulez dire qu'il n'a pas quitté l'hôpital pour l'instant?
- Ça m'étonnerait beaucoup, pourquoi?
- Eh bien, ça parait bête mais j'ai entendu... Enfin j'ai cru l'entendre jouer du violon un peu plus tôt... Enfin j'imagine que c'était la fatigue, j'ai voulu monter vous voir mais la porte était fermée et il n'y avait plus de bruit donc je suis redescendue. Ensuite vous êtes arrivés.
Greg et John se regardèrent un long moment, le visage grave. Le silence envahit de nouveau la pièce, comme un lourd couvercle faisant monter la pression. Il semblait à tout le monde que le moindre bruit pourrait résonner comme un coup de feu. Soudain, sans prévenir, Mrs Hudson hurla :
- OH, MAIS JE N'Y COMPRENDS RIEN! Pourquoi diable êtes vous parti de l'hôpital et l'avez vous laissé à un moment aussi difficile? Et que vient faire une momie là dedans?
John leva ses mains en défense et expliqua :
- J'étais avec lui à la première heure! J'attendais qu'il se réveille mais alors que j'étais là, Moriarty est arrivé.
- Quoi?!
L'exclamation ne venait pas de Madame Hudson mais de Greg.
- Moriarty était là bas? Pourquoi vous ne m'en avez pas parlé?!
- Eh bien j'imagine qu'avec tout ce qui s'est passé ce n'est devenu qu'un problème en plus dans ma tête et tout était trop embrouillé... Quand vous m'avez appelé on venait de se disputer avec Mycroft et...
- Je doute que Mycroft vous ait dit quoi que ce soit de blessant aujourd'hui.
- Comment ça?
- Nous avons eu une petite discussion hier lui et moi, et donc je crois que vous vous êtes encore passé les nerfs sur lui, parce qu'après ce que je lui ai dit, il ne vous aurait jamais fait de remarque.
John déglutit lentement. Greg ne l'avait jamais jugé jusqu'ici et il découvrait une nouvelle facette de l'inspecteur, une part un peu plus inquiétante. Sous son regard accusateur, John eut la courte impression d'être un enfant pris en faute.
- Oui... D'accord. Je... Je venais de lui crier dessus quand je vous ai eu au téléphone et comme vous m'avez parlé de vos meurtres j'en ai oublié Moriarty.
- Ce n'est pas quelque chose qu'on peut se permettre d'oublier pourtant!
La tête dans les épaules, John sentit son visage se colorer sous le coup de la colère. Il savait très bien que Lestrade avait raison mais il n'appréciait pas du tout qu'il lui en fasse la remarque. Greg le fixa un instant et son visage s'adoucit:
- Il faut que vous compreniez que si ça se trouve, l'affaire que j'ai sur les mains elle est signée Jim Moriarty, John. Je ne peux pas me permettre d'ignorer un détail comme ça! Il en va peut être de la vie de Sherlock ou de la vôtre après ce qui s'est passé dans Le grand jeu... Ou je ne sais plus comment vous l'avez appelé. En plus ce psychopathe ne se soucie pas du nombre de victimes et vu son intelligence on pourrait avoir dix meurtres sur les bras qu'on en serait pas plus avancés : si c'est vraiment lui, il faut prendre des mesures radicales. Alors racontez moi tout cette fois s'il vous plait.
John hocha la tête et se redressa dans le canapé avant de lui faire le récit complet de sa rencontre avec le criminel consultant. Greg et Mrs Hudson écoutaient en silence, le visage pâle. Quand il eût fini, leur logeuse avait les larmes aux yeux.
- Oh John c'est terrible! Qu'allons nous faire?
- Je ne sais pas Mrs Hudson... Je vous avoue que je commence à être fatigué de tout ce qui nous tombe dessus en ce moment. Mais vous ne connaissez pas encore la suite de l'histoire.
Il reprit son récit au moment où il arrivait dans le muséum et, avec quelques corrections ou précisions de Greg il raconta la découverte du corps, l'appel mystérieux et enfin l'arrivée à l'appartement. Il conclut :
- Vous comprenez maintenant pourquoi nous étions si inquiets? Vous n'aviez pas rêvé, il y avait bel et bien quelqu'un dans l'appartement et Greg a raison! Je suis prêt à parier que c'était un homme de Moriarty voire Moriarty lui même!
- Mais à quoi joue-t-il?
- Vous avez mis le doigt dessus! Il joue, il s'amuse! Il m'a dit qu'il s'ennuyait et voilà ce qu'il fait pour tromper son ennui apparemment...
Greg fit un mouvement brusque et se renversa du thé sur la chemise. Poussant un juron, il se leva et prit une serviette pour s'essuyer.
- Je suis désolé. J'étais en train de penser que si il faisait ça pour s'amuser, ça voulait dire qu'il allait choisir ses victimes au hasard et il va nous rendre la tâche encore plus difficile... On ne pourra pas prévoir qui va se faire attaquer! Non ne vous embêtez pas John , mon vieux c'est bon...
John s'était levé pour aller chercher une éponge à la cuisine. Il haussa la voix pour répondre alors qu'il traversait le salon.
- Je ne pense pas qu'il choisisse ses victimes au hasard. N'oubliez pas ce que je vous ai dit, Sebastian était un ancien am... camarade de Sherlock. Et n'oubliez pas non plus ce qu'il a murmuré à Sherlock à l'hôpital : ça a l'air d'être une affaire personnelle. Les victimes feront sûrement partie des connaissan...
- John, qu'est ce qu'il se passe?
Ce dernier s'était arrêté en face de la cuisine, les yeux rivés sur le mur opposé du salon. Le docteur se retourna brusquement vers Mrs Hudson :
- Est-ce que vous avez touché au casque?
- Le casque, quel casque mon cher?
- Le casque sur le crâne de boeuf ou de je ne sais quel animal au mur! Le casque!
- Non, pas du tout! En fait je n'ai touché à rien depuis l'accident de Sherlock, à part le sol que j'ai nettoyé du sang et des produits chimiques. Pourquoi?
- Il n'est plus là... Enfin, il y a bien un casque mais ce n'est plus le même!
Greg s'avança jusqu'à lui, oubliant momentanément son costume tâché.
- Vous êtes sûr?
- Un peu que j'en suis sûr! Une nuit où il m'a réveillé à 3 heures du matin en jouant du violon je suis descendu et je lui ai demandé s'il n'avait pas peur de déranger quelqu'un. Il s'était retourné et m'avait demandé avec un air surpris " Non, qui?" Alors je lui ai répondu sarcastiquement " Oh je ne sais pas moi, le crâne peut être?". Je me rappellerai toujours de ce qu'il a fait ensuite... Il s'est retourné vers le mur et a regardé longuement le crâne puis il m'a regardé à nouveau d'un air inquiet et m'a sorti " Tu sais que les squelettes n'entendent rien n'est ce pas John?". Moi j'étais furieux et je n'arrivais pas à savoir s'il était sérieux ou pas donc je lui ai répliqué "Eh bien, moi ce crâne, il m'a l'air particulièrement agacé de ta musique à trois heures du matin!" et là... il m'a sorti d'une voix douce, pas du tout Sherlockienne " Oui John, ne t'inquiète pas, tu dois être très fatigué, tu devrais aller dormir". Et alors que j'allais lui répondre que j'essayais, justement, il m'a vu ouvrir la bouche et m'a lancé " ne t'inquiète pas pour le crâne John, regarde, on va lui mettre ça sur les oreilles il n'entendra plus rien". Bref, il croyait sûrement que j'étais tellement ensommeillé que je disais n'importe quoi, il avait été complètement imperméable à mon ironie, et c'est comme ça que le crâne s'est retrouvé avec le casque. Enfin, tout ça pour te dire que je reconnaitrais ce casque entre milles et le nouveau ne lui ressemble même pas! Il est d'une couleur totalement différente d'ailleurs, pas très discret!
- Tu crois que Moriarty...?
- Je ne sais pas, jetons un coup d'oeil.
Alors qu'ils s'avançaient tous les deux vers le mur du fond sous le regard apeuré de Mrs Hudson, le portable de John se mit à sonner. Il le sortit rapidement et articula silencieusement à l'attention de Greg " M-Y-C-R-O-F-T". Ce dernier aquiesca et vint se mettre de l'autre côté du téléphone pour entendre la conversation, sans aucune gêne.
- Allô John?
La voix était un peu faible, comme enrouée.
- Oui Mycroft? Tout va bien?
- Sherlock est réveillé, vous m'aviez demandé de vous tenir au courant.
- Ah, euh... Oui... Merci!
- Vous feriez bien de venir rapidement, il.. Enfin vous verrez bien vous même.
Il y eût un silence coupé uniquement par les parasites sur la ligne et la voix de Mycroft reprit, encore plus faible :
- Je suis désolé John.
- Désolé de quoi Mycroft? Allô Mycroft? Bon sang il a raccroché!
Il lança un rapide regard à sa montre : bientôt midi et demie. Il lui faudrait à peine quinze minutes pour être à Saint Barts, il n'y avait personne sur les routes car tout le monde était parti manger. Il lança un dernier regard au casque et à Greg, et prit son manteau avant de se diriger vers la porte. En franchissant le seuil, il lança :
- Tenez moi au courant de ce que vous découvrirez sur le casque! J'espère revenir avec Sherlock, ou au moins avec de bonnes nouvelles.
Greg attendit d'entendre la porte d'entrée claquer pour se retourner vers le casque bleu :
- A nous deux...
John entra dans l'hôpital et se mit à courir vers la porte de Sherlock. L'appel de Mycroft l'inquiétait mais au moins, le réveil de Sherlock était une bonne chose. La première qui soit depuis deux jours. Un sourire étira ses lèvres lorsqu'il arriva en vue de la porte de sa chambre. Il entra et referma la porte derrière lui, avant de se retourner pour voir enfin le détective. Son coeur s'arrêta de battre pendant une seconde et il ne pût empêcher un cri étranglé de franchir ses lèvres. La main devant sa bouche et les yeux écarquillés, il avait devant lui une vision de cauchemar.
Sur le lit, les mains et les pieds attachés, gisait Sherlock, encore agité de légers spasmes. Les courroies de cuir avaient entamé sa chair et du sang avait coulé sur les draps. Mais le pire restait à venir : ayant entendu le cri de John, Sherlock releva la tête et ouvrit les yeux en regardant dans sa direction. Des yeux tellement abîmés qu'ils étaient entièrement rouges sang.
Pendant un instant, John faillit faire demi tour et sortir de la chambre. Il ne voulait pas rester là, à regarder l'horreur dans laquelle Sherlock était plongé. Il avait la main sur la poignée quand une voix rauque, fatiguée mais forte, l'appela.
- John, est ce que c'est toi? John?
C'était une voix brisée, un appel au secours, mais Sherlock avait mis tellement d'espoir rien qu'en disant son nom que John retrouva le courage qui lui avait manqué pendant un instant. Où étaient donc passées ses belles promesses de tout faire pour aider Sherlock? Il n'avait pas le droit de renoncer à la première difficulté venue! Sur le champ de bataille il avait vu des corps déchirés en morceaux, des choses terribles qui venaient encore le hanter parfois dans son sommeil. Il pouvait faire avec un peu de chair à vif et des yeux abîmés. Il le devait si il voulait mériter le titre d'ami que Sherlock lui avait accordé à Baskerville. Ce fût la pensée qui le guida jusqu'au pied du lit du détective. "Je suis son seul ami". Il se racla légèrement la gorge et le bruit fit trembler Sherlock.
- Oui je suis là Sherlock.
Le détective, où ce qu'il en restait, prit une inspiration sifflante et s'effondra sur le lit, tous les muscles détendus et les yeux fermés. John se rapprocha pour se retrouver à côté de sa tête et s'assit sur la chaise qu'il avait quitté le matin même. Puis, il posa sa main sur le bras de Sherlock qui sursauta au contact et lui dit doucement :
- Je suis désolé, je suis parti pour aider Greg mais je n'aurais jamais dû quitter la chambre. Maintenant je suis là, je ne pars plus nulle part. Je reste avec toi, tu entends?
Les paupières de Sherlock se mirent à frémir et John vit rouler de grosses perles d'eau le long de ses joues. Sherlock ne dit rien mais John sentit son long bras se crisper et vit que le grand brun essayait de tendre sa main vers John, malgré le fait qu'elle soit attachée. Jetant un regard vers la porte, le docteur prit une décision rapide et détacha la courroie du poignet droit. Il descendit ses mains le long du bras de Sherlock et se mit à masser délicatement le poignet douloureusement bleui. Sherlock émit un bruit de douleur et gémit
- Ça fait mal, John.
Poussant un soupir, John relâcha le poignet et éloigna ses mains mais aussitôt Sherlock plia son bras et vint saisir une de ses mains dans la sienne.
- S'il te plait... Ne... Ne me lâche pas. Je dois savoir où tu es!
- D'accord. Je suis là, ne t'inquiète pas.
John avait les larmes aux yeux et quand il parla, sa voix était enrouée.
- Tu veux quelque chose? A boire peut être? Ou tu veux que je te lise les nouvelles?
- Je... Je veux rentrer John. Je veux rentrer à la maison. S'il te plait.
John espéra que le grand brun n'avait pas entendu le sanglot qui lui avait échappé. Sherlock avait l'air complètement détruit et tellement... humain. Tellement vulnérable. Pour la première fois depuis qu'ils vivaient ensemble le détective venait d'appeler l'appartement "la maison".
- D'accord Sherlock. Je te promets de faire tout ce que je peux pour te ramener à l'appartement le plus tôt possible.
- Tout de suite. Je t'en prie.
- Je euh... Je vais voir ce que je peux faire mais ça m'étonnerait qu'ils m'écoutent... Reste là, (il se rendit compte à quel point cette phrase était stupide, où voulait-il qu'il aille? faire un tennis?) je vais voir les docteurs.
Au même moment une infirmière rentra dans la chambre. Quand elle aperçut John, elle lui fit signe de sortir la rejoindre, ce qu'il fit après avoir encore une fois promis à Sherlock qu'il reviendrait le plus vite possible. Une fois dehors, l'infirmière lui demanda d'attendre qu'elle aille chercher le médecin responsable. Une fois qu'elle l'eût ramené, John demanda directement si il pouvait ramener Sherlock, sachant d'avance que la réponse serait négative. A sa grande surprise, le médecin hocha la tête affirmativement même si ses yeux brillaient de colère :
- Nous avons reçu des ordres de très haut nous disant de vous obéir quant à ce patient, monsieur Watson, donc vous pouvez l'emmener. Cependant, si vous accordez la moindre valeur à mon opinion, je vous demande de nous le laisser quelques jours. Si vous l'emmenez j'ai bien peur qu'il ne se mette en danger, et vous aussi par la même occasion!
- Je peux vous demander pourquoi vous l'avez attaché ainsi?
- Oh, personne ne vous a dit? Eh bien, nous n'avons pas très bien compris nous mêmes, on pense que c'est peut être dû à un délire suite à une mauvaise réaction à la morphine. En tout cas, vers midi, il s'est réveillé et quand on est entré dans sa chambre il hurlait " Mycroft! Je sais que tu es là! Je t'entends respirer! Dis moi quelque chose!" et " Tu n'as pas le droit de m'abandonner comme ça! Pas le droit! Reste!". Inutile de vous dire qu'il n'y avait personne dans sa chambre et personne du nom de Mycroft sur le registre des visites. En tout cas quand on lui a demandé de se calmer il était dans un état de panique et de rage mêlées et il n'a pas voulu entendre raison. Un infirmier a essayé de le forcer à se coucher et il s'est pris un coup de poing violent. Mal dirigé parce qu'il n'y voyait rien, mais violent.
John décida qu'il réfléchirait à ce nouvel incident plus tard. Pour l'instant il devait décider s'il ramenait Sherlock à l'appartement ou non. Une petite voix lui rappela qu'il l'avait déjà abandonné une première fois le matin même et qu'il n'avait pas été là à son réveil. C'était de sa faute si Sherlock s'était retrouvé attaché comme une bête sauvage, il ne l'abandonnerait pas une deuxième fois.
- Je suis navré, je vais le ramener. Merci pour tout ce que vous avez fait.
Le docteur ne répondit pas mais sa mâchoire se serra et il fit demi tour sans lui serrer la main. L'infirmière entra dans la chambre et ôta craintivement les autres courroies avant de partir elle aussi. Dans le calme de la chambre, la respiration douloureuse de Sherlock semblait trop forte. John s'assit sur son lit à côté de ses hanches et prit les deux mains du détective dans les siennes. La voix faible de Sherlock s'éleva, pleine d'espoir :
- A la maison?
- Oui, à la maison.
