Et petit réupload pour modifier une chtite erreur de continuité! Voilà, bon dimanche!
Bonsoar. Comme il serait trop long de même résumer, voici : changé de voie après ptite bonne dépression, déménagé, commencé le dessin, commencé à écrire un roman, tiens c'était super cool d'écrire en fait, oops Isop pose un comm 3 ans après, aïeaïe, culpabilité, go back! go back!
Bref, je tiens à m'excuser sincèrement pour ce manque de gestion global sur la fic et cette attente hyper honteuse.
J'écris les derniers chapitres ( normalement pas plus de deux avec l'épilogue) et je posterai les nombreuses fics écrites et jamais publiées.
J'ai tout relu pour essayer d'avoir un rendu homogène, j'espère être à la hauteur!
Merci pour votre attente, votre patience. Merci de m'avoir accompagnée dans cette fic, et merci spécialement à Isop qui m'a donné le courage de m'y relancer! Les réponses aux comms et puis je vous souhaite un bonne lecture, si vous y revenez!
Malya : Oui! mais bon, dans le chapitre d'après encore ^^ Les deux doivent encore se calmer un peu! bonne lecture si tu es toujours là!
NuwielNew : Merci pour ton avis! Eh oui, je me suis toujours demandé ce que ferait un méchant si sa némésis venait à mourir bêtement! Toutes ces années de réflexion, de défis et de lutte qui finissent en queue de poisson... Bref je pense que Moriarty l'aurait sauvé! ;)
MimiKitsune: mouahaha, je me rappelle avoir lu ton commentaire et être direct allée relire ensuite le chapitre. Quelle honte et quelle rigolade en voyant Mycroft se téléporter.. Jsuis nulle :D je vais corriger l'erreur merci!
SeraSeraphine : Les plus grandes excuses je te les dois sûrement. C'est rare d'avoir des commentaires lorsqu'on écrit, c'est encore plus rare qu'ils soient longs, détaillés comme le tien. Alors que tu venais d'arriver sur FF tu as fait ce qui pouvait il y avoir de plus cool pour une auteure de fanfiction. Merci beaucoup, je suis tellement heureuse que cette histoire t'ai plu! J'espère que tu en lis encore et que tu t'éclates! Si jamais tu vois ça, bonne lecture et pardon. *coeur qui s'affiche pô*
Nekonya-Myu : a ce stade j'espère que tu as repris haleine sinon tu as battu le record d'apnée :') Eh oui... Mycroft, cet eternel con que j'arrive à apprécier, mais jamais dans ma fic hahaha En tout cas, les méchants auront toujours la classe! Bonne lecture et merci!
Isop : Cette suite, c'est encore toi qui l'auras la moins attendue, et tu peux t'en remercier :) Bonne lecture, j'espère que ça te plaira. Et merci *coeur*
le très longuement attendu... CHAPITRE 10
La Lune avait disparu depuis quelques heures et une aube froide se dessinait par la fenêtre quand Joan ouvrit les paupières. Aucun rêve... les calmants l'avaient assommée et elle avait plongé dans un monde d'ombre dont elle ressortait à peine moins fatiguée.
- Mycroft…
Le murmure lui avait échappé et pendant un instant l'image de l'homme flotta devant elle, dans le vide de la chambre. La jeune femme serra la mâchoire violemment et pressa ses poings fermés sur ses yeux :
- Merde…
Elle leva les mains pour saisir la sonnette : plonger dans le monde aveugle du calmant, sentir l'engourdissement gagner tout son corps et ne plus haïr, ne plus souffrir...
Une ombre bougea sur sa droite et la silhouette d'un policier en uniforme sortit de l'obscurité pour venir saisir la sonnette avant elle. L'homme décala l'objet hors de sa portée et saisit doucement mais fermement les mains de Joan qui resta immobile, les yeux fixés sur la flaque d'ombre sous la casquette, cherchant vaguement à distinguer un visage familier.
- J'aimerais vous parler un instant avant que vous ne sonniez pour vous replonger dans le coma.
Joan se crispa en reconnaissant la voix et tenta de retirer ses mains, mais l'homme avait une poigne ferme. Elle siffla :
- Lâchez-moi ! Tout ça ne vous suffit pas ? Je n'en peux plus, vous êtes tous des monstres incapables de ressentir quoi que ce soit !
Un rire presque silencieux résonna dans le silence. Sa froideur contenait une alarme que Joan ignora. Moriarty lâcha ses mains mais resta assis sur le lit, enlevant seulement sa casquette dans l'ombre de la chambre.
- Vous vous trompez. Je suis capable de joie, d'excitation, de colère. Ce n'est pas parce que je ne me soumets pas à la faiblesse des sentiments que je ne peux pas comprendre le reste de l'humanité, ce qui est loin d'être compliqué d'ailleurs.
La jeune femme le fixa, exténuée et finit par murmurer :
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
- Je pense que vous vous en doutez, du moins en partie. C'est pour vous parler que je suis venu, juste pour vous parler. C'est tout ce que je veux depuis le début.
Les lèvres de la jeune brune se serrèrent en un mince pli et elle répéta.
- Je croyais que vous voudriez peut-être que JE vous parle. Qu'est-ce que vous me voulez vraiment ?
La silhouette éluda la question et alla à la fenêtre où il prit une pose mélodramatique qui exaspéra Joan.
- On pourrait me reprocher de m'intéresser au côté… négatif des choses. Mais le malheur, comparé au bonheur, est tellement plus intéressant. Regardez les livres, les films, les pièces les plus connues : ils ne parlent que de misère, de destin et d'épreuves ! Une histoire où il n'y a que du bonheur est terriblement ennuyeuse, on attend le moindre événement tragique avec délectation. Le bonheur on s'y enfonce comme dans de la mélasse, on devient inactif, on s'endort et on meurt de paresse. Ce sont le malheur, le désespoir qui poussent les gens à l'action et qui les font évoluer... Qu'en pensez-vous ?
Joan serra les poings, consciente qu'elle devrait faire preuve de patience si elle voulait voir sa curiosité satisfaite. D'un ton qu'elle essaya de rendre le plus neutre possible elle déclara qu'elle était d'accord, mais qu'elle refusait de se délecter des malheurs des gens.
L'ombre haussa vaguement les épaules.
- Alors voilà ce qui m'intéresse chez vous : vous venez de connaître une dure épreuve. C'est vrai, je n'ai aucune compassion pour vous mais je voulais voir comment vous alliez changer. Et si ce changement pouvait m'être profitable.
- Et alors ?
- Je pense qu'il l'est et que vous le savez. C'est pour ça que vous n'avez pas essayé de me faire partir, vous sentez qu'une porte s'ouvre. Vous avez été trahie par quelqu'un qui représentait tout pour vous et vous êtes tombée de votre bulle de bonheur. Splash !
- Vous avez fini ?
Une douleur sourde commença à lui vriller le ventre alors que les souvenirs remontaient. Sa voix se fit glaciale. La silhouette de policier se rassit sur le lit et un éclat de dents brilla un instant.
- Les gens normaux… Vous êtes tous si fragiles : l'équilibre de votre vie repose sur vos émotions. On met une toute petite pichenette dans le tas et votre monde bascule. On passe de Docteur Jekyll à Mister Hide en une seconde…
- Vous vous trompez, je n'ai pas changé au fond.
- Non, vous avez raison. Vous ne changez pas fondamentalement. C'était quelque chose qui était déjà là, en vous. Le désespoir n'a fait que... l'activer.
Il claqua des doigts dans le silence de la chambre et se pencha sur Joan qui se crispa légèrement.
- Vous allez travailler pour moi Joan.
La jeune femme brune répondit automatiquement :
- Non. Ça, ça n'arrivera jamais.
Moriarty secoua la tête avec un sourire moqueur.
- Qu'allez-vous faire d'autre ? Travailler dans un bureau ? Finir fleuriste ? Je vous offre le même métier qui vous est maintenant refusé, et que vous rêvez toujours d'exercer.
Joan sentit ses pensées l'entraîner vers cette proposition. L'adrénaline lui picota la colonne vertébrale mais elle l'ignora et grogna :
- Je n'ai pas tout perdu.
- Vous dites ça parce que vous êtes à l'hôpital depuis quelques heures seulement. Dès que vous aurez passé un mois entre la rééducation, le quotidien banal, les courses, les factures, les trajets en métro… Vous allez devenir folle. Soyez honnête avec vous-même, vous viviez pour votre travail et votre patron. Vous avez irrémédiablement perdu l'un et l'autre.
Le silence lui répondit.
- Alors il est certain que je ne vous offre pas de vivre une idylle avec votre futur boss... c'est à dire moi n'est-ce pas, mais vous aurez le travail que vous aimez. Danger, adrénaline, voyages et obsèques tous frais payés. Je vous offre même le cercueil de votre choix.
- Et l'éthique ?
La lumière des lampadaires révéla le sourire entendu de l'homme.
- L'éthique, Joan, ne vous a jamais dérangé auparavant je crois. Même lorsqu'il s'agissait de certaines missions… délicates.
- Il y a des limites que je ne dépasse pas.
Elle vit l'ombre se tendre d'impatience.
- Je ne suis pas stupide, je ne vous ordonnerai pas d'exécuter vos anciens camarades ou même votre ex-patron. Quoique vous finirez peut-être par choisir la deuxième option par vous-même après un certain temps…
Le visage de Mycroft flotta un instant devant les yeux de Joan et elle serra les dents.
- Et qu'est-ce que ça vous rapporte ?
- Un excellent agent pour l'instant, et peut-être quelqu'un avec assez de rancune envers Mycroft pour me livrer des informations intéressantes dans le futur. Au moins je ne vous fait pas l'offense de déguiser ma demande, je pense que vous apprécierez ma franchise.
Il replaça la sonnette sur le lit de Joan et déposa un papier sur la table de nuit.
- Je vous laisse ma carte. Ne vous fatiguez pas à vendre l'info, Mycroft a déjà le numéro : j'aime lui envoyer des petits rappels de ma présence régulièrement.
La silhouette fit le tour du lit dans la semi-obscurité, remit sa casquette en place et ouvrit la porte de la chambre en silence.
- Attendez.
L'ombre suspendit son geste.
- Le soir où mon appartement a explosé, j'aurais dû me faire kidnapper… C'était
votre plan selon Sherlock. Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
L'homme hésita un instant et finit par hausser les épaules avec une bonne humeur exagérée.
- Aaah… Je crains que vous ne soyez déçue. Promettez-moi que je ne descendrai pas trop dans votre estime.
Joan haussa les épaules et voyant que le silence perdurait, murmura une vague promesse.
- « J.W en route pour aller voir M.H »… Une de mes agents vous suivait ce soir là, je suis sûre que vous l'avez prise pour un agent de mycroft.
La jeune femme fit appel à ses souvenirs : elle avait dîné au King James' assez tôt, il n'y avait personne d'autre que quelques amis avec elle… Oui, il y avait bien eu une jeune femme à la table voisine. Une démarche un peu trop raide lorsqu'elle était allée aux toilettes, un renflement presque parfaitement dissimulé vers l'aisselle.
Joan s'était d'abord traitée de paranoïaque mais lorsqu'elle avait vu la jeune femme commander au hasard et manger son plat sans envie elle n'avait pu s'empêcher de faire quelques déductions.
Elle murmura :
- Ses vêtements n'étaient pas bien assortis pour sortir, elle a utilisé le mauvais couteau à deux reprises. Elle n'était clairement pas habituée au standing du lieu. C'était donc une grande occasion pour elle mais elle était seule et ne montrait aucun enthousiasme. Elle s'était assise à l'endroit idéal pour me surveiller. Et puis… elle avait cet air concentré qu'on n'a qu'en mission. Mycroft me fait souvent surveiller quand je reviens en Angleterre, peut-être par peur que je lui tombe dessus à l'improviste.
L'ombre hocha la tête vaguement mais Joan remarqua qu'il avait les poings crispés.
Elle continua à fouiller sa mémoire...
« Je vais essayer de mettre la main sur Mycroft, peut-être même dès ce soir tiens... ».
Une phrase presque innocente qu'elle avait lancé à voix haute à une de ses amies après quelques verres pour taquiner l'aîné des Holmes qui n'aurait pas manqué d'en être averti par son « agente » et en aurait eu des sueurs froides.
Moriarty acquiesça :
- Cette jeune femme avait été chargée de m'indiquer un moment de la journée où nous aurions pu nous... rencontrer discrètement, avant que vous rentriez chez vous : c'était impératif, et lorsque vous êtes sortie du restaurant elle m'a aussitôt envoyé ce message.
Il s'interrompit et reprit d'une voix plus tendue :
- J'étais plutôt ... occupé au même moment puisque je discutais justement avec Mycroft que je tenais au creux de ma main après l'accident de Sherlock. « J.W en route pour aller voir M.H »…
Joan écarquilla les yeux lentement et l'ombre secoua la tête.
- Vous commencez peut-être à comprendre. « J.W »… Je pensai que John Watson était en route bien évidemment et alors que j'allais enfin obtenir de Mycroft un élément essentiel à mon plan après des semaines de travail, je dus partir pour gérer cet imprévu. Il ne fallait absolument pas que Sherlock soit au courant de ce que je rencontrais son frère... La suite évidemment… En rentrant et en observant mes caméras, non ne prenez pas cet air étonné je sais que vous êtes au courant, je trouvai John et Sherlock chez eux. Mon plan venait de subir un énorme aléa et en reprenant le SMS je réalisai l'erreur sur les initiales.
Le coeur de Joan battait plus rapidement : il était trop bavard. Pourquoi lui expliquait-il tout en détail ? N'avait-il pas peur qu'elle aille tout dévoiler à Mycroft ? Il semblait croire, savoir déjà qu'elle allait accepter son offre… Elle brisa le silence qui régnait dans la chambre, tentant de profiter de ce moment.
- Mais vous aviez encore tout le temps de venir me « parler » plus tard, je n'étais au courant de rien à ce moment. Je serais rentrée à mon appartement… Vous étiez même sur la scène de crime, c'est vous qui m'avez amenée à Sherlock, je le sais maintenant… Vous auriez pu m'emmener à ce moment.
- Comme je vous l'ai dit, il fallait que notre entretien ait lieu avant que vous rentriez chez vous. Si je m'y étais pris aussitôt que j'avais découvert la méprise j'aurais pu changer le plan, mais disons que ma vengeance vous aura sauvé la vie, même si votre appartement n'a pas eu cette chance. Une fois que votre appartement a explosé et que vous êtes arrivée sur les lieux il y avait trop de témoins.
- Pourquoi ne fallait-il pas que je rentre chez moi avant de vous avoir parlé…
La mâchoire de Joan se serra.
- La jeune femme morte qu'on y a retrouvé… Celle que tout le monde a pris pour moi… C'était votre agent, celle qui devait me suivre ? Vous l'avez envoyée dans mon appartement où m'attendait une bombe que vous aviez prévu pour après notre entretien ?
- Ne me sortez pas cet air choqué. Elle a ruiné un plan parfait en m'ôtant toute nouvelle chance avec notre Mycroft des glaces qui devait m'apporter des informations cruciales. Il ne fallait pas s'attendre à ce que je lui envoie des fleurs. Et n'oubliez pas que si ce n'avait pas été elle, ç'aurait été vous. Vous avez gagné au change.
Joan respira profondément en essayant de calmer sa colère.
- Vous avez préféré la punir plutôt que de suivre votre plan ?
L'homme haussa les épaules avec un sourire et s'exclama :
- j'ai toujours été spontané ! C'est ce qui fait tout mon charme…
Joan revit un sourire aux dents un peu longues, une tresse châtain qui se balançait… Après tout la jeune femme l'avait vendue. Une question la taraudait toujours et elle devait essayer de connaître la réponse… La réponse au mystère qui tournait autour de Sherlock.
- De quoi est-ce que nous aurions parlé si nous nous étions vus ce soir là ? Ces connaissances de Sherlock que vous assassinez une par une, est-ce par simple plaisir ou est-ce que vous préparez quelque chose ?
Mais elle sût dès qu'elle eût fini de parler que l'homme ne répondrait plus à aucune de ses questions. Toute sa patience était épuisée.
- Qui sait ? Réfléchissez à ma proposition et vous le saurez peut-être bientôt.
Moriarty sortit en refermant soigneusement la porte derrière lui. Joan prit la sonnette dans ses mains mais n'appuya pas, les yeux fixés sur le rectangle de papier glacé qui luisait faiblement dans la pénombre.
- Inspecteur... Lestrade, c'est bien ça ?
Greg leva les yeux vers l'infirmier qui venait de l'interpeller. Le jeune homme s'approchait avec un sourire de compassion et deux grands gobelets que le policier espérait remplis de café.
- Je viens de prendre mon service et l'infirmière que j'ai remplacé m'a demandé de vous apporter un café, vous avez fait impression sur elle apparemment...
Il s'assit et haussa les épaules.
- C'est du soluble, je suis désolé, mais c'est toujours mieux que rien.
- Il ne peut pas être pire que le café de mon bureau croyez-moi. Merci.
Le sourire de Lestrade s'étira un peu en voyant le jeune homme le dévisager.
- Vous me regardez vraiment avec pitié, j'ai l'air si fatigué que ça ?
L'infirmier hocha la tête en grimaçant.
- Si vous n'aviez pas votre plaque, je croirais que vous vous êtes enfui de cette chambre. Vous devriez aller dormir, on est là de toute façon, on peut garder un œil sur le patient, il va bientôt être 7 heures vous savez.
Greg soupira :
- Non ça va, ce n'est pas ma première nuit blanche.
L'infirmier jeta un coup d'oeil curieux sur la porte de la chambre si bien gardée :
- C'est sûrement indiscret mais c'est un criminel que vous surveillez ? Vous avez peur qu'il s'échappe ?
Lestrade avala sa gorgée de café en catastrophe et après une seconde de réflexion répondit à moitié sérieux :
- Oui on peut dire ça.
- Mais il y a un homme à l'intérieur avec lui non ? Il ne craint rien ?
- Non… Pas dans l'état actuel de Sherlock.
- Sherlock… Comme le détective du blog ? C'est lui que vous gardez ?!
Greg garda un visage impassible.
- Euh... non. Un homonyme. Je sais, c'est pas très courant hein ?
- Ah…
- D'ailleurs je vais aller jeter un coup d'oeil à l'intérieur pour voir si tout va bien.
- Je… Euh, je vais vous attendre ici.
Lestrade lui lança un regard indulgent et se leva en riant sous cape. Au fond de lui, il sentait que Sherlock ne lui causerait pas de problème aujourd'hui. Du moins pas plus de problèmes si on considérait qu'il était déjà à l'hôpital en pleine nuit pour garder une porte après avoir reçu un appel de John dont les seuls mots clairs étaient « overdose », « blessure par balle » et les noms de Mycroft, Moriarty et Sherlock.
Il jeta un dernier coup d'oeil à son portable avant d'entrouvrir la porte : toujours pas de réponse de Mycroft. Il lui avait pourtant envoyé une dizaine de messages pour lui demander des explications… Il était rare que l'aîné des Holmes l'ignore aussi longtemps. Il leva la tête en rentrant dans la chambre et s'arrêta net, la poignée encore dans la main.
John s'était redressé machinalement en entendant la porte s'ouvrir. La lumière du couloir découpait la silhouette de l'inspecteur dans l'embrasure. Il ne pouvait voir son visage mais Greg semblait paralysé et John sentit son cœur s'accélérer.
Greg fit entendre un petit bruit étranglé et avec tout le tact dont il se sentait capable il referma la porte sans un mot. Se mordant les lèvres, il alla se laisser tomber sur la chaise à côté de l'infirmier qui crût entendre un murmure à propos de « jamais dire… Mycroft… assassiner... ».
John se laissa retomber sur le lit en soupirant. Le corps de Sherlock diffusait une douce chaleur à ses côtés et en toute honnêteté, malgré toutes les questions qui lui traversaient l'esprit, il ne voulait pas s'éloigner de lui, même pour une seule seconde après ce qui s'était passé… Il se rapprocha doucement et plaça sa tête à côté de celle du grand brun qui tourna son visage vers lui dans un demi-sommeil.
Ça y est. Tout ça ne leur appartenait plus, Lestrade était au courant… Et puisque Moriarty avait des caméras dans l'appartement, il devait l'être aussi. Et si Mycroft ne l'était pas encore, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne découvre l'évolution de leur relation de « colocataires »…
L'ex-soldat laissa échapper un petit rire malgré lui : dire que la veille encore il en avait voulu à Sherlock d'avoir insinué qu'il était jaloux de Joan…Il n'y avait pas pire aveugle que celui qui ne voulait pas voir. Quand il repensait aux questions de Sherlock qu'il avait été heureux d'éviter, son pouls rapide quand il l'avait soigné et qu'il avait effleuré ses lèvres avec cette compresse...
- Tu penses trop fort.
L'ex soldat sursauta légèrement. La voix grave était moins faible que ce que John avait craint après l'overdose et il se tourna vers Sherlock avec un sourire un peu crispé.
- Bonjour Sherlock.
Le détective ne répondit pas. Il avait encore les yeux fermés et seule sa respiration moins profonde indiquait qu'il était réveillé. John leva les yeux sur lui et son coeur se serra : Sherlock avait le visage complètement détendu dans la faible lumière de l'aube qui perçait. Il paraissait tellement en paix, allongé sur le dos, les cicatrices des souvenirs récents parsemant de rouge ses joues pâles.
Jamais John n'avait pu voir Sherlock d'aussi près. Incroyable pensa-t-il, comme une simple perspective pouvait tout changer. Il pouvait sentir la main du grand brun effleurer sa jambe sous les draps, il pouvait voir une veine sur son cou battre doucement et il sentait le léger souffle de sa respiration faire bouger quelques-uns de ses cheveux blonds. Il profita de cet instant pour observer les moindres détails de sa peau. Sa barbe légère et éparse commençait à avoir plusieurs jours et John sourit en se rendant compte qu'il ne l'avait jamais vu avec, il s'était même demandé si le grand brun pouvait en avoir. Mais évidemment, il n'avait pas pu se raser depuis l'accident…
Sherlock tourna la tête vers le plafond, s'éloignant un peu de John, qui tressaillit.
A la pensée qu'il regrettait peut-être son choix de la veille - après tout il sortait tout juste d'overdose - John se redressa un peu, confus. Il devait lui donner une porte de sortie, une chance de faire comme si rien ne s'était passé.
Sans se presser pour ne pas donner l'impression de fuir, il s'étira et commença à se retourner pour descendre du lit mais une main saisit son épaule à tâtons et l'immobilisa alors qu'il était tourné sur le côté. John souffla de soulagement en sentant le matelas bouger, réalisant que Sherlock s'était mis derrière lui mais qu'il ne s'était pas collé au blond pour lui laisser le choix de l'étreinte. Sans hésiter John recula et combla l'espace qui les séparait, sentant le long corps de Sherlock se presser dans son dos. Un bras pâle l'enlaça et un souffle chatouilla sa nuque avant qu'il ne sente des lèvres s'y poser. John ferma les yeux et frissonna.
- Ça te gêne ?
John sourit en comprenant que Sherlock testait les frontières de ses actions. Il sourit en pressant légèrement la main qui reposait sur son ventre.
- Non. Je suis heureux… Mais tu n'es pas obligé à ce genre d'affections si tu ne le veux pas tu sais.
Il sentit Sherlock secouer doucement la tête.
- Non J'avais juste envie de le faire, c'est tout.
Il ajouta d'un ton un peu blasé :
- Et si je ne t'avais pas retenu tu serais sûrement descendu du lit en pensant faire quelque chose d'intelligent et de réfléchi. C'est stupide, je ne compte pas changer d'avis rapidement à ton propos.
John émit un grognement amusé et ouvrit à nouveau les yeux: il se sentait complètement réveillé malgré le soleil qui commençait à peine à éclairer la fenêtre et sa nuit presque blanche. Il regarda sa montre et commenta :
- Mmmmh… Encore vingt minutes avant que je ne laisse la place aux infirmières et que je doive affronter le regard gêné de Lestrade.
Sherlock glissa mine de rien une jambe entre celles de John.
- Il nous a vu ? Il est entré ?
Sherlock réfléchit rapidement. Connaissant John et sa relation aux autres, le regard de Greg avait pu le déranger et le mettre mal à l'aise.
- Oui, il m'a réveillé tout à l'heure. Il ne devait pas s'attendre à ça…
Le ton de John était un peu gêné mais Sherlock entendit le sourire dans sa voix et il souffla doucement.
- Bah… Je ne suis pas sûr que ça sera mon réveil d'overdose dont il se souviendra le plus…
Un léger silence régna et ignorant le malaise, il reprit :
- Une fois..
John le coupa :
- Ne me mets pas de mauvaise humeur de bon matin.
Sherlock l'ignora.
- Il y a quelques années je n'avais pas autant d'affaires qu'aujourd'hui, Lestrade ne me faisait pas vraiment confiance et parfois lorsqu'il ne m'appelait pas pendant des semaines je devais trouver d'autres moyens de m'occuper. Un jour j'ai touché le fond dans une espèce de terrain vague, il est venu me chercher seul (d'habitude Mycroft venait mais il était à l'étranger). J'étais en pleine phase hallucinatoire et je me suis débattu de toutes mes forces. C'était une drogue que j'avais faite moi-même et tu sais comment peuvent tourner certaines de mes expériences…
John secoua la tête de dépit et eût une pensée plus clémente envers les doigts tranchés qui se trouvaient actuellement dans leur congélateur…
- Il essayait de me ramener chez moi, chez Mycroft ou à l'hôpital peut-être mais quelqu'un a appelé les policiers parce que je hurlais. Quelques minutes plus tard, alors que je venais de le mettre K.O, une voiture de police est arrivée et l'a attrapé lui aussi. Il n'avait pas sa plaque sur lui et ils n'étaient pas du même service évidemment donc ils ne le connaissaient pas. Ils l'ont emmené en cellule pendant qu'on me transportait à l'hôpital. Il a repris complètement conscience là-bas et il y a passé la nuit, les policiers ont cru qu'il avait bu un coup de trop et l'avaient laissé dégriser… Sa femme a dû le sortir de là...
Un silence plana quelques secondes dans la chambre et Sherlock retint sa respiration. Il essaya de ne pas sourire au souvenir de la tête de Lestrade le lendemain mais John souffla d'une voix étranglée :
- Je ne m'attendais pas à ça.
Sherlock sentit un rire le secouer malgré lui et John craqua et rit franchement avec lui. Les soubresauts les agitèrent longtemps, la faute en revenant principalement à Sherlock qui décrivait entre deux rires le discours que lui avaient fait Greg et Mycroft par la suite, ce qui faisait repartir John de plus belle.
Ce dernier finit par se calmer en sentant le corps derrière le sien se crisper et haleter à chaque rire.
- Tu as mal non ? Tu devrais rester au calme après ce qui s'est passé hier…
- Ça va.
John soupira.
- Sherlock…
- Ça va. J'ai mal, bien sûr, mais ça pourrait être bien pire.
John hocha la tête et imagina un court instant cette même matinée si Moriarty n'était pas entré dans leur appartement pour sauver Sherlock. Il aurait été prostré, inanimé dans une chambre d'hôtel impersonnelle en n'ayant que l'image d'un cadavre flottant devant ses yeux, aucun avenir... Aucune raison de vivre et de se lever le matin, personne pour le sauver de la vie monotone chaque jour. Ou peut-être même que Mycroft ne lui aurait jamais annoncé la nouvelle, et qu'il aurait continué à vivre dans un cauchemar terne sans savoir que la personne la plus importante de sa vie avait disparu. Oui, ça aurait pu être pire…
La gorge nouée, John serra le bras autour de sa taille et Sherlock enfouit de nouveau son visage dans les cheveux blonds cendrés du docteur.
- Qu'est ce qu'on va faire Sherlock ?
- Pour Moriarty ?
- Oui.
John sentit le corps derrière le sien se crisper et il regretta presque d'avoir posé la question.
- Pour Moriarty il n'y a pas beaucoup d'options. Il a eu Will et Sebastian, il a raté l'enlèvement de Joan et on saura la mettre en sécurité mais après ça il n'y a plus ou moins plus qu'une personne qui connaisse bien mon passé… En dehors de mon frère bien sûr mais lui ne risque rien je pense.
John s'agita dans le lit et Sherlock fronça les sourcils.
- Quoi ?
- La prochaine fois que je croise Mycroft je lui tire une balle entre les deux yeux, avec ton accord.
- C'est le dernier des imbéciles. Et c'est un grand frère horrible… Mais mes parents t'en voudraient mortellement.
- … Donc quoi ? On ne fait rien pour Moriarty ?
- Oh si, on peut essayer. Par exemple je peux parier sur le fait qu'il tente de recontacter Joan et dans ce cas il 'y a qu'à lui tendre un piège. Et si il ne le fait pas il aura sûrement besoin de contacter l'autre personne pour lui parler comme aux autres.
-« La justice » j'imagine vu que « l'amoureuse » était Joan ?
Sherlock haussa les sourcils avec surprise et grimaça de douleur à ce geste.
- Oui… La justice. Tu t'en souviens...
John se retourna doucement vers Sherlock qui souriait, un peu surpris. Le docteur grimaça lui aussi un sourire, un peu vexé.
- Oui je m'en souviens. Et cette autre personne est... ?
Un léger silence plana et la main de Sherlock glissa de celle deJohn.
- La réponse ne te plaira pas.
Quelques scénarios désagréables traversèrent l'esprit de John.
- Essaie toujours. Les derniers jours n'ont pas été une partie de plaisir on peut difficilement faire pire.
Sherlock opina :
- Avant de t'en parler je dois voir avec Lestrade s'il est d'accord… Il est le premier concerné.
John haussa les sourcils mais ne fit pas de commentaire. Bordel… Greg lui cachait beaucoup trop de choses.
- Bon, eh bien parlons de ce qui est possible alors. Tu penses qu'on doit se préparer à protéger Joan ?
- Tout dépend de l'importance de ce qu'il cherche, j'y ai réfléchi. Il peut vouloir des informations par pure curiosité, mais je ne le crois semble vraiment avoir un plan. Si c'était afin avoir des points de pression en temps utile il aurait mieux valu garder ses interlocuteurs en vie : je n'aurais jamais su ce qu'il préparait si il ne les avait pas tués.
John secoua la tête et commenta :
- Il cherche à te connaître par cœur, c'est pas nouveau cet intérêt pour toi.
- Non, ce qu'il a dit dans l'ambulance m'indique que son plan implique de connaître mon passé et ses détails pour m'anéantir. Ces discussions ne servent qu'un but : ma mort.
Sherlock parlait froidement.
- Il doit tout savoir, tout, aussi bien que les personnes qui m'ont le plus côtoyé. Et ensuite être le seul à détenir ces informations, puisqu'il tue ceux à qui il a parlé. Il aura en quelque sorte ma vie passée entre ses mains...
John fronça les sourcils :
- Mais pour quoi faire ? Tout savoir sur ton passé ne lui permettra pas de te tuer !
La voix de Sherlock baissa.
- Je ne sais pas encore... Mais j'entrevois une possibilité. Une fraude gigantesque... Un mensonge tellement grand que je n'aurais plus le choix...
John l'ignora, concentré :
- Dans ce cas, les informations sont nécessaires à ce qu'il prépare. Il va forcément tenter de parler à Joan pour ne pas passer à côté de souvenirs importants qu'elle seule pourrait lui fournir.
Sherlock opina doucement.
- Mycroft doit le savoir… Il doit la faire surveiller.
John soupira et murmura après un long silence :
- J'aimerais être sur une enquête normale.
- Même sur une enquête normale désormais ça sera difficile…
Sherlock avait murmuré cette phrase pour lui-même et John sentit sa respiration s'accélérer.
- Je ne peux plus travailler comme avant.
- Ton esprit en intact Sherlock, ton sens de la déduction, ton intelligence, tout ça est encore là. Et moi aussi je suis là, il suffira de travailler ensemble. Ça marchera.
La voix de John était ferme : s'il doutait de son affirmation, en tout cas ça ne s'entendait pas.
-Oui.
Sherlock ne se leurrait pas : il savait que tout allait être beaucoup plus compliqué. Mais il fallait essayer, il fallait lutter pour trouver une solution et continuer à vivre… aussi longtemps qu'il le pouvait. Vivre avec John. Avec Mme Hudson. Avec Lestrade et Molly. Avec ses enquêtes.
La montre de John sonna et il s'extirpa lentement du lit en s'étirant. En se retournant, il vit que Sherlock s'était remis sur le dos, les yeux fermés et le visage concentré. Le lit paraissait trop grand pour lui maintenant, pensa-t-il alors qu'il se rhabillait. Il s'approcha à nouveau du détective :
- Je vais dire à Greg que tu veux le voir, mais je reste à côté et je reviendrai avant le passage des infirmières.
Sherlock sembla sortir de ses pensées et grimaça.
- Je n'ai pas besoin que tu restes, tu n'as qu'à rentrer. Il faut juste que je parle à Lestrade.
- Eh bien merci…
John referma sa veste avec l'impression désagréable de se faire jeter dehors par un coup d'un soir.
- Je vais voir comment va l'appartement alors. J'espère que Mrs Hudson va bien, j'imagine qu'elle voudra avoir de tes nouvelles.
Sherlock resta immobile.
- Quand est-ce que tu veux que je revienne ? Il faudra que quelqu'un te ramène.
- Je me débrouillerai.
John se racla la gorge :
- Qu'est ce qu'il se passe Sherlock ?
Le grand brun tourna la tête, l'air surpris, puis un éclair de compréhension traversa son visage.
- Oh… Quand je te dis de rentrer, c'est parce que tu es épuisé et que je n'ai vraiment pas besoin de toi dans l'immédiat John. Je réfléchis à un plan pour stopper Moriarty. Tu devrais en profiter pour te reposer, les derniers jours ont été très durs pour toi.
Il sourit et ajouta :
- Si tu veux revenir me chercher tu n'as qu'à appeler le service et ils te diront quand tu pourras. Mais je ne sortirai pas aujourd'hui. Ils vont me garder en observation, ils vérifieront mon activité cardiaque et ils vont devoir renettoyer toutes mes plaies.
John se détendit.
- D'accord, je vais rentrer alors. Mais je te préviens, je tiens à être au courant de votre plan pour coincer Moriarty. Hors de question que tu me laisses dans le noir. De toute façon si ce n'est pas toi, ce sera Lestrade qui me le dira.
- Je sais.
John s'approcha du lit pour lui dire au revoir. Sherlock l'entendit approcher et un sourire illumina son visage. John oublia de respirer pendant quelques secondes : soudain les blessures, l'affaire, les morts, tout disparut un instant derrière ce simple sourire. Et le sentiment qu'il voyait sur le visage de Sherlock était si sincère que John se pencha en avant et l'embrassa doucement.
En sortant il laissa la place à un jeune infirmier qui lui sourit d'un air un peu craintif et en tournant la tête il vit Lestrade qui le regardait rentrer d'un air sardonique. Il haussa les sourcils et alla s'asseoir à ses côtés.
- Vous avez dit quelque chose à l'infirmier pour qu'il me regarde comme ça ?
- Il croit que Sherlock est un criminel, il va vire se rendre compte que ce n'est que… Sherlock, mais ça valait le coup de faire la blague.
Son sourire s'effaça et il fronça les sourcils.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? Il a fait une overdose ?
John hocha la tête lentement sans répondre.
- Je me demande comment il a pu faire... Mycroft m'avait dit que l'appartement était clean et dans son état…
- Il ne s'est pas drogué. Il a avalé tous ses analgésiques d'un coup. Il a fait un arrêt cardiaque.
Greg poussa un juron et serra les poings :
- Qu'est-ce qui lui a pris ?! C'est à cause de toute cette histoire ?
- C'est un peu plus compliqué que ça… Mycroft ne vous a rien dit ?
- Non, c'est le silence radio depuis quelques temps… Il y est pour quelque chose ?
- Oui. Et moi aussi. Je pensais le protéger et je n'ai… Mycroft m'a piégé... On a presque réussi à le tuer avec nos conneries. Ce n'est même pas moi qui l'ai sauvé… Je n'ai rien fait. J'ai pris les pires décisions.
John sentit tout à coup ses nerfs lâcher sous la pression des derniers jours et il prit une inspiration hachée. La gorge serrée, il revit le corps presque sans vie de Sherlock, il repensa au moment où Mycroft lui avait annoncé qu'il était responsable de l'accident. Il cacha son visage dans ses mains et sentit quelques larmes couler sur ses joues. La mâchoire crispée il s'essuya les yeux.
- Fait chier ! On est complètement dépassé par toute cette histoire.
Greg, qui s'était détourné par pudeur, hocha la tête et essaya de masquer son impatience.
- Même en temps normal Moriarty arrive à donner du fil à retordre aux Holmes alors ce n'est pas surprenant qu'on ait du mal dans les circonstances actuelles. Si vous pouviez me raconter ce qui s'est passé, ça me permettrait de savoir pourquoi j'ai passé une nuit blanche et on pourrait finir par trouver une solution.
John écrasa son dos sur le dossier de la chaise et lui raconta tout, les yeux fixés sur le plafond. Il passa sous silence quelques détails : l'étreinte avec Sherlock en particulier, même si Greg devait s'en douter avec ce qu'il venait de voir…
Lestrade écoutait, les sourcils froncés, et John lui fût reconnaissant de ne pas faire de commentaire. A la fin de l'explication il baissa la tête et rencontra le regard de l'inspecteur. Il n'y vit aucun jugement, juste de l'émotion et une grande fatigue. Il soupira et se frotta les yeux, la tête dans les épaules. Qu'est ce qu'ils pouvaient faire... ? Il sursauta soudainement, les nerfs à vif : Greg s'étirait dans un bref éclat de rire et John le regarda, interloqué.
- La fatigue Les nerfs lâchent?
- Oui sûrement… Pardon. Je sais que c'est encore pire pour vous mais je n'en peux plus...
Le détective le regarda et John comprit qu'ils étaient tous les deux aussi perdus l'un que l'autre.
- C'est déjà difficile de les gérer au jour le jour mais là ça devient impossible… Vous m'avez fait venir parce que vous aviez peur que Moriarty retente quelque chose ? Ou pour éviter que Mycroft ne vienne empirer la situation ?
John lui lança un regard perçant.
- Les deux… Mais surtout pour Mycroft, vous êtes le seul à le « gérer ».Sherlock veut vous parler d'ailleurs. Un plan pour coincer Moriarty comme on a dû jeter le dernier aux orties…
Lestrade soupira et hocha la tête.
- D'accord. Vous ne restez pas avec lui ?
- Je crois qu'il préfère rester seul pour réfléchir. Et pour être franc, c'est normal...Je ne peux pas l'aider pour ça, je ne ferais que le déconcentrer. De toute façon j'ai aussi besoin de repos et je ne peux pas dormir ici.
La lueur amusée dans les yeux de l'inspecteur était bien réelle cette fois.
- Hum… pourtant je crois savoir que c'est déjà fait. Mais on dormira bien mieux quand tout ça sera fini, oui...
John frotta sa barbe naissante en le regardant fixement.
- Quand ce sera fini… Je ne vous savais pas si optimiste…
- Il faut dire qu'ils m'en ont fait voir de toutes les couleurs et que ça s'est toujours arrangé jusqu'ici…
Il s'interrompit, regarda John et grogna :
-Il y a quelque chose que vous n'osez pas me demander, mais du diable si je sais ce que c'est !
Le changement de sujet brusque déconcerta un peu John mais il fronça les sourcils et regarda l'inspecteur dans les yeux :
- Je veux qu'on parle de Mycroft.
L'inspecteur fit une grimace.
- Ah… Oui… Je ne vais pas l'excuser, même si je suis sûr qu'il pense agir au mieux. Ne me regardez pas comme ça ! Je le connais et j'ai l'impression qu'il est aveuglé par la peur de perdre Sherlock. Assez aveuglé pour avoir fait des choix vraiment stupides.
John murmura :
- Il a failli tous nous faire tuer.
- Oui, et ça montre bien à quel point il est désespéré. Je pense qu'inconsciemment, même s'il s'est toujours inquiété pour son frère, il savait qu'il pouvait compter sur lui pour se sortir du pétrin dans lequel il s'était mis, et heureusement parce Mycroft aurait besoin de deux vies s'il devait régler tous les problèmes de Sherlock. Mais maintenant qu'il est aveugle… Et maintenant que Moriarty est revenu…
- Il pourrait parler à Sherlock ! Ils pourraient essayer de trouver un plan, ensemble !
- A mon avis, Sherlock est devenu un homme condamné aux yeux de Mycroft au moment même où il est devenu aveugle.
John ouvrit la bouche avec colère mais Lestrade ne lui laissa pas le temps de parler.
- Mycroft est plus intelligent que Sherlock. Si, si c'est vrai, j'en suis témoin. Le problème c'est qu'à cause du fait qu'il n'a jamais trouvé quelqu'un d'aussi intelligent que lui, il oublie parfois qu'il y a des choses qu'il ne sait pas. Il part du principe que Sherlock ne peut pas vivre sans les meurtres, les enquêtes, et que pour ça il a besoin de ses yeux. Il ne voit pas ce que moi j'ai vu, le côté humain, l'amitié. Pour lui, je pense, Sherlock va mourir et il se retrouve confronté à ce qu'il a toujours cherché à éviter : la douleur due à l'implication et à l'amour. Et il se bat contre Moriarty avec tout ce qu'il possède pour ce qu'il croit être quelques jours supplémentaires de vie pour son frère.
- Avant que...
- Avant que Sherlock ne craque et ne décide de mettre un terme à tout ça.
John médita quelques instants sur les paroles de Greg.
- C'est lui qui vous a dit ça ?
- Non, il ne m'a rien dit. Je le devine. Mais je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis un moment.
- Mais alors... ?
- Je le connais John. Je le connais même très bien. Il se peut que je me trompe, bien sûr, mais je pense que j'ai raison.
- Il faut que vous lui parliez Greg. Moi il ne m'écoutera pas, la dernière fois que je l'ai vu j'ai failli lui tirer une balle dans la tête. Il ne parle plus à Sherlock. Le seul moyen que tout ça s'arrête c'est qu'ils s'en occupent ensemble.
Greg approuva.
- Oh je suis d'accord, et c'est pour ça que j'essaie de jouer les médiateurs depuis le début mais Mycroft ne répond plus… Et avec ce que vous venez de me raconter…
John lui lança un regard en coin, il avait du mal à déterminer le degré d'amitié des deux hommes.
- Peut-être que si vous savez où il habite… Vous pourriez passer le voir ?
Greg n'eût pas le temps de répondre : l'infirmier revenait, souriant d'un air vexé.
- Vous m'avez bien eu... J'espère que vous êtes content. Je ne dirai rien ne vous inquiétez pas.
L'inspecteur lui sourit en retour :
- Il vous a signé un autographe ?
- Non, pas vraiment…
Il fit une grimace éloquente et John se dérida à son tour : Sherlock reprenait du poil de la bête !
- Il m'a dit qu'il devait vous parler inspecteur. Je vous laisse, je dois aller voir les autres chambres. Bonne journée, et bon courage.
Les deux hommes le saluèrent et John se tourna vers Greg.
- Je vais rentrer à l'appartement me reposer un peu. Dès que vous avez du nouveau appelez moi ou laissez moi un message d'accord ?
Greg lui serra la main avec un sourire fatigué.
- Bien sûr.
A l'appartement il n'y avait personne. Mrs Hudson n'était pas chez elle et John s'effondra sur le sofa, incapable de monter le dernier étage. Sa dernière vision fût celle d'un appartement sens dessus-dessous avec des tâches de sang séchées sur le parquet, puis le monde bascula dans le néant.
Ce fût l'odeur, plus que le bruit, qui le réveilla. Une odeur âcre, désagréable qui le fit bondir du canapé. De la fumée sortait de la cuisine et il faillit s'y précipiter lorsqu'il entendit une voix grogner :
- Qui a trafiqué cette bouilloire ? Est-ce que quoi que ce soit marche ici ?
John s'avança lentement, les yeux écarquillés et regarda la longue silhouette qui sortait difficilement un morceau de plastique fondu de la gazinière. Il reconnut vaguement la fausse bouilloire qui servait à Sherlock de boîte fourre-tout pour ses expériences. La pauvre ne servirait plus jamais à rien, à moins peut-être… Un musée d'art contemporain… John sortit de ses pensées. L'odeur le prenait à la gorge mais il profita de ces quelques secondes pour se ressaisir.
- Mycroft…
L'aîné des Holmes se retourna et pendant un instant, John vit plusieurs émotions traverser son visage. Culpabilité, gêne, colère… Mais par habitude sûrement, la froideur l'emporta. Il avait quelque chose, néanmoins, de plus humain… La fatigue lui avait creusé des sillons sous les yeux et un vague désespoir se ressentait dans toute son attitude.
- Vous vous essayez à la déduction John ? Avec l'influence de mon frère, vous devriez pouvoir lire en moi comme dans un livre ouvert actuellement.
Mycroft se retourna et soupira en jetant la forme fondue dans l'évier. L'eau s'évapora et enfuma l'appartement pendant quelques secondes de silence.
John restait immobile. La haine qu'il avait pu ressentir faisait surtout place à la pitié désormais. Il repensait à ce que Greg lui avait dit, au désespoir de l'homme en face de lui.
- Sherlock, Greg, Joan, vous...
Mycroft avait la tête baissée au dessus de l'évier. Sa voix était sourde.
- A cause de vous je ne peux rien faire. Vous êtes tous irrationnels. Vous ne voulez rien comprendre...
John soupira et s'assit sur une chaise.
- Combien de temps est-ce que j'ai dormi ?
- Une douzaine d'heures je crois.
L'ex-soldat se passa la main sur le visage.
- Comment va Sherlock ?
- Lestrade m'a dit qu'il allait bien, vu les circonstances. Je l'ai eu au téléphone ce soir. Il est toujours à l'hôpital avec lui. Ils s'organisent... pour la suite.
- Sans vous ?
Mycroft releva la tête et regarda franchement John.
- Sherlock m'a fait passer un message. Apparemment je serais plus utile ici et il devrait revenir demain pour qu'on parle du plan tous ensemble.
John haussa les sourcils, surpris.
- Il vous a dit de venir à Baker Street ?
Mycroft s'avança et s'assit sur une chaise en face du docteur.
- Oui. Qu'est-ce que je serais venu faire ici autrement ? Comme tout ce que j'ai fait jusqu'à présent a mené au désastre, j'écoute maintenant l'inspecteur Lestrade. Et mon frère.
- Il lutte.
- Oui.
- Contrairement à ce que vous disiez.
- Oui. Pour l'instant.
Les deux hommes se faisaient face, fatigués.
- J'aime mon frère.
- Moi...
Mycroft serra les lèvres en l'entendant hésiter mais John ne flancha pas.
- Moi aussi. Je l'aime.
L'aîné des Holmes soupira et baissa la tête, les yeux sombres.
- J'aurais cru que ce serait une bonne nouvelle. Que quelqu'un tienne à Sherlock autant que vous.
John avait la gorge serrée. Sherlock avait tenu à ce que Mycroft vienne ici et lex-soldat pensait savoir pourquoi. Il insista :
- Plus il y a de gens qui luttent pour lui, à ses côtés, plus il a de chances de s'en sortir. Et je ne pense pas être mauvais pour lui.
- Non. Certes.
Mycroft posa son menton dans sa main.
- Je suis certain que Sherlock est plus heureux qu'il ne l'a jamais été depuis que vous êtes venus tous les deux ici.
- Mais alors...
- Là n'est pas la question John. Je connais mon frère. Je veille sur lui depuis plus de vingt ans. Je sais à quel point son travail compte pour lui. Ce sont les enquêtes qui l'ont remis sur pied après chaque crise, chaque overdose. Si il ne peut plus enquêter, il n'a plus de raison de vivre.
John prit une inspiration et ouvrit la bouche mais Mycroft continua.
- Je ne sais pas quoi faire. Dès le départ j'ai su que c'était perdu d'avance, que je ne pourrais pas l'aider... Que tout ce que je tenterais serait désespéré. Et j'avais raison... J'ai essayé toutes les idées qui me sont venues, j'ai réfléchi pendant des jours et des nuits, j'ai tout fait ! Si seulement je pouvais entrevoir une solution... Si il y avait une chance...
- C'est fini Mycroft.
Le grand brun leva les yeux, choqué, et regarda John qui lui sourit avec fatigue.
- C'est fini. Vous avez pris soin de Sherlock pendant toutes ces années et il ne s'en serait sûrement pas sorti sans vous. J'en suis certain. Vous l'avez protégé. Mais vous n'avez plus à le faire, pas tout seul du moins.
John montra l'appartement d'un geste vague.
- Je m'occupe de lui ici et à l'extérieur. Je suis partout avec lui, ou presque. Pour vous c'est devenu impossible, mais moi je suis heureux de veiller sur lui. Ce n'est pas à vous de trouver une solution pour Sherlock. C'est à lui de le faire, avec mon aide et la vôtre et celle de Greg si il la veut. Je sais que vous êtes sceptique. Mais Sherlock n'est pas aussi désespéré que vous l'êtes. Les choses évoluent... Sherlock a changé.
Mycroft cacha ses yeux un instant.
- J'ai tout fait pour veiller sur lui.
- Vous devriez vous en rendre compte Mycroft. Vous avez échoué à le protéger depuis l'accident, vous l'avez mis en colère et vous l'avez poussé à bout parce que vous ne voyez pas que ce n'est pas à vous de le faire. Ce n'est pas à vous de décider s'il doit vivre ou mourir. Ou de quelle manière.
- Mais il ne pourra plus enquêter !
John serra les lèvres et acquiesça :
- C'est possible qu'il ne puisse plus travailler comme avant. On en a parlé, plusieurs fois déjà.
Mycroft ouvrit les yeux, surpris et John secoua la tête.
- Oui, il en est conscient bien sûr. Mais on peut trouver des solutions, même si ça nous coûte. J'en suis certain. Et rien que le fait qu'il le tente devrait vous faire réaliser que vous vous trompez.
Mycroft se leva brusquement et souffla à bout de nerfs :
- Je n'en peux plus ! J'y réfléchis depuis l'accident, jour et nuit et je ne vois pas comment tout ça pourrait s'arranger, avec ou sans Moriarty. Je ne supporte pas de voir Sherlock dans cet état, je ne sais plus quoi faire !
John avait déjà vu cet état de nerfs chez beaucoup de ses patients. Ce fût le médecin qui parla, et Mycroft en était conscient.
- Vous allez vous reposer Mycroft. Vous allez enfin dormir, en sachant que Sherlock va a peu près bien et que vos agents le surveillent et que Greg est avec lui. Le plan de Moriarty n'est pas de l'assassiner sauvagement. Vous allez prendre du temps, autant qu'on peut se le permettre, ici. Je vais m'occuper de vous jusqu'à ce que Sherlock rentre, je vais vous donner ma chambre. Quand il rentrera de l'hopital demain on parlera tous ensemble. Et vous verrez qu'il y a des choses à faire, on aura besoin de vous pour réfléchir. En attendant, un thé dans une vraie bouilloire et du repos.
John se leva et mit de l'eau à chauffer. Il prépara la chambre et redescendit avec quelques affaires.
- Mrs Hudson ?
- Chez sa sœur, sous surveillance. Elle avait besoin de calme après les événements... Mais elle harcèle mes hommes pour avoir de vos nouvelles.
Le docteur posa une tasse de thé devant Mycroft et un cachet.
- D'accord. Je vais lui envoyer un message. Je doute que vous dormiez par plaisir donc vous allez prendre ce somnifère. Ça a beau ne plus avoir d'effet sur Sherlock, je suis prêt à parier que vous allez dormir.
Le hochement de tête de Mycroft fût ce qui se rapprocha le plus d'un merci. John hésita et, lentement, lui tendit la main.
Ils aimaient tous les deux Sherlock et se battaient pour lui. Moriarty avait semé le chaos dans leur vie. Ils étaient fatigués, à bout et pourtant une dure lutte les attendait. Ils devaient arriver à se comprendre,à s'unir, s'ils voulaient vaincre.
Mycroft releva la tête et réalisa que l'ex-soldat lui souriait en serrant la main qu'il avait tendue en retour.
Un sourire las, mais calme.
L'aîné des Holmes pensa à son frère et baissa la tête.
Seul dans la chambre, après que John eût fermé la porte, Mycroft s'enfouit la tête dans les mains. Tout son corps se relâcha et ses nerfs l'abandonnèrent. Il s'endormit d'un sommeil lourd, sans s'en rendre compte, l'oreiller trempé de larmes et de sueur.
Au salon, un John Watson bien réveillé finissait un SMS détaillé à sa logeuse. Il venait de l'envoyer lorsque son téléphone sonna :
- Allô Greg? Si vous me dites que vous voulez allez boire un coup , à ce stade je vous accompagne.
- Salut. Non, hélas. J'aimerais bien être chez moi, mais je suis encore à l'hôpital avec Sherlock.
- Tout va bien?
- Oui, je vais rentrer chez moi... J'ai redonné un portable à Sherlock, on a installé l'assistance vocale alors il pourrait vous appeler lui-même mais il me fait vivre un enfer. Vous êtes sur haut-parleur.
John entendit le grand brun souffler à l'autre bout du fil.
- Mycroft est bien chez vous?
- Oui, il m'a réveillé. J'ai cru comprendre que c'était une idée de Sherlock?
Ignorant une remarque du détective qui grognait qu'il avait juste espéré que John lui collerait une balle, Greg répondit.
- J'ai dû beaucoup insister pour qu'il accepte d'y aller. Mais je pense que c'est nécessaire, et Sherlock aussi. Tout s'est bien passé?
- Plus ou moins... Il dort avec une bonne dose de somnifères.
- Bien... On a tous besoin de sommeil pour demain.
John se redressa, frissonnant.
- Vous avez un plan?
Un silence plana et ce fût la voix de Sherlock qui s'éleva à travers le téléphone.
- Oui. Demain je rentre à Baker Street et commence la contre-attaque. Moriarty a joué avec nous et il pense que la partie continue... Mais je te jure John que pour moi ça n'a plus rien d'un jeu. Je vais le détruire.
John sentit l'adrénaline lui parcourir les veines.
- Je peux faire quoi que ce soit?
- Non, tu as déjà fait bien plus que ce que je pouvais te demander. Prends des forces pour demain. Et merci d'avoir veillé sur Mycroft... Ça n'a pas dû être facile de ne pas lui administrer une dose fatale de somnifère. Je savais que je pouvais te faire confiance.
- La tentation était forte...
L'inspecteur Lestrade soupira et John sourit en l'entendant:
- Bon Greg, allez vous coucher. Vous dormez encore moins que moi.
- J'arriverai plus tard demain...J'ai quelques personnes à rassembler. Je reprends mon téléphone!
- A demain alors.
La voix de Sherlock s'éleva et lança :
- Deuxième tiroir, à demain John.
Avant qu'il n'ait pu lui demander quoi que ce soit, la conversation coupa.
En soupirant, John se dirigea vers la chambre de Sherlock. Il avait beau avoir dormi toute la journée, il devait réussir à se reposer pour le lendemain. Et dans un vrai lit pour changer... Son colocataire ne lui en voudrait pas de toute façon... Il se déshabilla et s'étendit sur le matelas, complètement réveillé. Après quelques minutes passées à se retourner, ses yeux tombèrent sur une petite commode. Il se leva et ouvrit le deuxième tiroir. Deux écharpes bleues, soyeuses, reflétaient légèrement la lumière de la rue. John sourit et en prit une avec lui. Il retourna s'allonger dans le lit et rit doucement :
- Sherlock, espèce d'imbécile...
