Merci à grimm-jenn et à Pims10 pour leurs reviews.

Bonne lecture et à mardi.


Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.


Chapitre trois

Charlotte

J'étais encore perdue dans mes pensées, prévoyant les emplettes à faire pour notre nouvelle petite fille, des vêtements, de la nourriture et des jouets, alors que je lui versais un verre de lait et que j'attrapais un paquet de biscuits qui était prêt à partir à la poubelle avec les provisions du mois dernier.

Alors que je remontais à l'étage, Peter entra par la porte de devant dégoulinant comme s'il venait de sortir de la douche tout habillé. Il s'ébroua vigoureusement comme un chien, projetant des gouttes d'eau partout et retirant ses bottes boueuses.

"Dieu merci, c'est fini. Corey Stillson est un putain d'idiot. Ça fait des mois que le toit de son écurie menace de s'effondrer, mais est-ce qu'il écouterait ? Je lui aurais bien dit d'aller se faire foutre, mais j'essayais d'être un bon voisin. En plus, j'avais pitié des chevaux. Je vais prendre une douche et passer des vêtements propres. Merde, il fait vraiment mauvais dehors, comme un..."

Il commença à se déshabiller, puis s'arrêta quand il enregistra finalement ce que je transportais puis fronça les sourcils.

"On a de la visite ? Je ne me souviens pas que tu en aies parlé et qu'est-ce que tu fous avec cette merde ?"

Je mis un doigt sur mes lèvres et je l'entraînai vers la cuisine, l'obligeant à sauter sur un pied, l'autre encore pris dans son pantalon, où je lui annonçai tranquillement ce qui s'était passé et ce que j'avais fait.

Il réagit comme je m'y attendais.

"Tu as quoi ? T'as perdu la tête, Charlotte ? Un enfant ? Un enfant humain ? Qu'est-ce qu'on va faire d'un gamin humain ? On doit appeler les flics, dire qu'on l'a trouvée errante, hébétée sur la route et qu'on l'a amenée ici. C'est de la folie... Je... quoi ? Charlotte !"

Attendant qu'il s'arrête, je lui adressai un sourire et l'aidai à enlever ses vêtements mouillés.

"Peter, tu ne comprends pas ? C'est notre grande chance. C'est une petite fille qui a perdu ses deux parents. Elle est seule au monde. C'est pour cela que nous avons prié... Peter, s'il te plaît ?"

Il me fixa un peu plus longtemps, puis secoua la tête.

"Tu vas nous faire tuer, Charlotte. Et pour les voisins ? Est-ce que tu ne crois pas qu'ils pourraient faire le lien si les flics découvrent l'identité du couple et comprennent qu'un enfant a disparu ? C'est de la putain de folie. En plus, tu viens de dire que le type n'était pas le père, alors qu'en est-il de lui ? Je vais prendre une douche et ensuite... j'appelle les flics."

Il monta les escaliers nu comme un ver et disparut pendant que j'essayais de trouver un moyen de le faire changer d'avis. Peter n'était pas stupide et il pouvait être têtu, mais comme tous les hommes, il pouvait se laisser retourner comme un gant si je trouvais les bons arguments.

J'attendis qu'il soit sous la douche avant d'emporter le lait et les biscuits dans la chambre d'amis où je trouvais Bella réveillée et assise, tenant encore Maggie la licorne.

"Je n'aime pas le tonnerre."

Elle tremblait, alors après avoir posé le verre et l'assiette, je m'assis à côté d'elle, lui souriant de façon rassurante, et je pris sa petite main dans la mienne.

"Ça va, Bella. Je ne laisserai rien t'arriver, chérie. Comment te sens-tu ? Tu as mal quelque part ?"

Elle acquiesça, touchant sa tête.

"J'ai mal à la tête et un peu partout. Je ne sais pas où je suis et je ne me souviens plus de qui vous êtes. Est-ce que je m'appelle Bella ? Je ne me souviens pas, je ne me souviens pas de grand chose et j'ai peur.

"Je suis Charlotte, une amie de ta mère, tu te souviens ? Je t'ai dit qu'elle m'a demandé de m'occuper de toi parce qu'elle a dû partir pour un petit moment. Tu ne veux pas rester ici ? C'est ta nouvelle chambre et tu peux m'aider à la décorer comme tu veux. Peter et moi sommes très heureux que tu restes ici."

Elle baissa la tête.

"Qui est Peter ?"

"Mon mari."

Bella resta pensivement assise pendant quelques minutes, puis des larmes commencèrent à couler le long de ses joues.

"Maman est partie avec Cooper, c'est ça ? Il a dit qu'il allait être mon meilleur ami et il a demandé à maman de l'épouser mais il ne voulait pas vraiment de moi. Aucun des petits amis de maman ne voulait de moi. Je suis juste dans leurs pattes."

J'enveloppai son petit corps de mes bras alors qu'elle sanglotait, tout en me demandant comment on pouvait ne pas vouloir de cette petite fille. Ça laissait penser que sa mère était loin d'avoir mené une vie idéale pour quelqu'un qui avait un enfant à charge, mais cela ne me concernait pas. Tout ce que je voulais, c'était qu'elle soit heureuse et qu'elle fasse partie de notre famille si possible.

Elle était épuisée lorsqu'elle cessa de pleurer et, après avoir bu du lait, grignoté des biscuits et s'être rendue rapidement aux toilettes, elle s'endormit presque instantanément en serrant une fois de plus Maggie contre sa poitrine. Je supposais que le choc était au moins en partie responsable et que le sommeil l'aiderait à guérir. J'étais soulagée qu'elle ne se souvienne pas de l'accident, cela ne faisait que renforcer mon sentiment que j'étais censée la trouver et lui donner une nouvelle vie.

La laissant dormir paisiblement malgré la tempête qui faisait rage au-dessus de nos têtes, je découvris Peter appuyé contre le mur en face de sa porte. Quand il me vit, il secoua la tête d'un air désespéré.

"Tu ne peux pas la garder, Charlotte. Les autorités vont la rechercher, elle a sa propre famille qui va s'inquiéter. En plus, comment pourrait-on élever un enfant humain ? Nous sommes des vampires qui chassons des humains, bordel de merde. Allons, réfléchis un peu."

Il avait raison, bien sûr, mais ça n'avait pas d'importance. J'avais désespérément besoin de cette chance que le destin m'avait donnée. Je voulais une petite fille à moi et Peter en était conscient.

Il essaya de me faire entendre raison et j'essayai de le persuader qu'il était possible de garder Bella. Je pense que son amour pour moi me permit, finalement, d'avoir le dernier mot. Ainsi que ce qu'il avait entendu sur la vie passée de Bella. Les petits amis de sa mère qui ne voulaient pas d'elle. Quel genre de famille permettrait qu'un enfant soit si cruellement traité ? Nous pouvions lui offrir beaucoup plus et elle méritait une vie meilleure pour cette seconde chance.

Voyant que j'étais en passe de le convaincre, je convins qu'il n'était pas possible de rester ici. Cela aurait été trop dangereux une fois le camion découvert et les corps finalement identifiés.

"S'ils ne savent pas qui est le couple qui se trouvait le camion, ils ne sauront jamais qu'il y avait un enfant avec eux, et même s'ils les identifient à temps, qui peut dire que Bella était présente ? Sa mère aurait pu peut-être la laisser chez des amis pendant qu'elle partait avec son petit ami. Son père biologique s'en fiche, sinon il serait intervenu avant. On peut le faire Peter, il faut juste qu'on fasse attention. Bella ne se souvient pas de son nom ni d'où elle vient. C'est peut-être à cause du choc de l'accident ou du traumatisme causé par la bosse sur sa tête. Peut-être qu'elle ne s'en souviendra jamais et si elle s'en souvient, alors mon histoire aura un sens pour elle. Elle peut y croire, Peter. Elle y a cru."

Il soupira et secoua la tête, mais je pouvais voir à quel point il voulait désespérément me croire. Combien il voulait une chance d'avoir une famille, une petite fille qui pourrait être à nous.

Toute la nuit, nous avions attendu avec appréhension que la tempête se calme et que la camionnette carbonisée soit découverte, ce qui fut le cas à l'heure du déjeuner. Au début, Bella était très calme et nous observait nerveusement, surtout Peter. Ses expériences avec les hommes avaient dû être vraiment mauvaises parce que quand il lui parlait, elle se crispait et je savais qu'elle s'attendait à ce qu'il lui crie dessus si elle disait ou faisait quelque chose de mal. Elle était moins nerveuse avec moi et je lui changeai les idées en lui demandant de m'aider à préparer le déjeuner. J'approchai un tabouret pour qu'elle grimpe dessus et elle se mit tout de suite à sourire en cassant d'abord quelques œufs dans un grand bol, puis en les versant sur le babeurre, avant de mélanger la pâte à pancake.

Lorsque nous eûmes fini, le plan de travail ressemblait à une zone de guerre, mais elle était heureuse et lorsque Peter la complimenta sur les pancakes, elle semblait moins effrayée par lui, d'autant qu'à mon grand étonnement, il se força même à en avaler un.

Quand nous entendîmes la voiture de police arriver, j'emmenai Bella faire une promenade dans la prairie pour voir les lapins et la tenir hors de vue pendant que Peter discutait avec eux.

A notre retour, une heure plus tard, il était seul et pendant que Bella faisait la sieste (elle souffrait encore des effets de l'accident, même si elle s'en souvenait pas vraiment) je lui demandai ce qui s'était passé.

"Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté ce plan insensé, Char. Je n'aurais pas dû. J'ai failli leur dire qu'on avait trouvé Bella errant sur la route tôt ce matin, mais d'une manière ou d'une autre..."

Je le serrai dans mes bras et le remerciai alors qu'il poursuivait.

"C'était une enquête de routine, ils passaient dans toutes les maisons dans un rayon de 15 km autour de l'accident. Ils voulaient juste savoir si nous avions vu ou entendu quelque chose, mais avec la tempête, ils n'espéraient pas vraiment obtenir de résultat. Ils ne cherchent pas d'enfant et ils ne savent pas encore qui sont les occupants de la voiture. Tôt ou tard, ils les identifieront grâce au numéro du moteur, mais il semble que la plaquette ait été arrachée dans l'accident et elle n'a pas encore été retrouvée. Ils traitent ça comme un tragique accident. Il est arrivé trop vite dans le virage par mauvais temps."

"C'est un soulagement. Peut-être qu'ils n'identifieront jamais la femme. Je veux dire, le type possédait ou louait probablement le camion, mais pas elle. Peut-être que personne ne savait qu'ils étaient ensemble."

Il me fixa longuement avant de soupirer à nouveau.

"Ouais. En tout cas, je leur ai dit que nous partions d'ici quelques semaines, pour des vacances prolongées, mais ils n'étaient pas intéressés, ils m'ont juste remercié pour leur avoir accordé un peu de mon temps et sont partis. Aussi fou que ça puisse paraître, tu pourrais t'en tirer comme ça."

Décidant que nous avions maintenant gâché toutes nos chances dans le coin, et qu'il était temps de quitter la région de toute façon, nous décidâmes de nous déplacer vers le nord, vers Seattle, où le soleil ne serait plus un problème. Après tout, nous devions nous assurer que Bella ne découvrirait jamais ce que nous étions vraiment, aussi impossible que cela puisse paraître.

Nous trouvâmes une cabane à louer là-bas, loin de la ville, à la campagne, le temps que nous puissions acheter une maison, et en quelques semaines, nous avions quitté le Texas pour de bon. Je ne pensais pas que nous puissions manquer à qui que ce soit, sauf peut-être au gars qui habitait le ranch près du nôtre. Nous étions restés à l'écart du monde, et, à une époque, nous avions déjà disparu pendant des mois quand la fantaisie nous prenait. Nous prenions un nouveau départ avec notre fille et nous étions déterminés à faire en sorte que cela fonctionne, même si nous savions que nous aurions besoin de l'aide de l'ami d'un ami pour que cela devienne réalité. Bella aurait besoin d'une nouvelle identité avec tous les papiers appropriés nous en donnant la garde, ce n'est qu'après que nous pourrions nous détendre et profiter de ce miracle.

Bella sembla accepter assez rapidement sa nouvelle situation, même si la nuit, elle versait quelques larmes et me demandait pourquoi sa maman l'avait abandonnée, si elle avait été une mauvaise fille. J'essayai de lui expliquer que sa maman allait voyager et qu'elle voulait un foyer pour elle, avec des gens qui s'occuperaient d'elle et l'aimeraient, bien que je me sente terriblement coupable. Ce mensonge valait certainement mieux que de dire à la petite fille que sa maman était morte, n'est-ce pas ? Que le jour où j'avais trouvé Bella, elle était à côté du corps sans vie de sa mère ?

Peter et moi en avions discuté et avions décidé que la meilleure chose à faire, serait de lui dire dans quelques mois, une fois qu'elle se serait un peu habituée, que sa maman était morte dans un accident. Elle saurait alors avec certitude qu'elle resterait avec nous, et peut-être qu'à ce moment-là, elle nous ferait assez confiance pour nous accepter comme ses nouveaux parents.

Je gardai un œil sur les informations afin de savoir quand ils identifieraient officiellement Cooper Manners. Comme nous nous en doutions, le camion les conduisit à lui, mais il fallut plus de temps pour identifier la femme. Elle n'avait pas de dossier dentaire, elle avait eu de la chance, je suppose, ou nous en avions eu.

Ils retracèrent finalement les mouvements de Cooper jusqu'à la ville où il travaillait et découvrirent qu'il avait une relation avec une femme nommée Renee Hitchcock qui avait une petite fille, Isabella. Le problème, c'est qu'ils pensaient que la femme à la morgue était Renée, mais il n'y avait aucune trace d'enfant dans le camion et aucune pièce d'identité sur le corps de la femme, ni aucun bagage, alors que Renée avait été aperçue partant avec Cooper Manners, sa fille et des valises. Elle avait dit à ses amis au bar qu'il l'emmenait voir ses parents, mais quand la police les contacta, ils ne savaient rien à propos d'un enfant. Tout ce qu'ils savaient, c'est que leur fils leur avait dit qu'il venait avec une surprise et ils avaient deviné qu'il était probablement sérieusement engagé avec une femme.

Il y avait deux hypothèses. Soit Cooper s'était disputé avec Renée et les avait laissées quelque part, elle et sa fille, puis avait fait monter quelqu'un d'autre en route. Dans ce cas, le cadavre n'était pas celui de Renée. Ou, Renée et lui avaient laissé l'enfant quelque part et étaient partis ensemble sans elle, bien que tous ceux qui connaissaient Renée aient dit que cela ne lui ressemblait pas. Si ce n'était pas Renée, ni elle, ni sa fille n'avaient jamais été revues et si c'était elle, alors aucune trace de la petite fille n'avait jamais été trouvée.

Ce que je découvris, tout comme les policiers lorsqu'ils identifièrent officiellement la femme, c'est que le père biologique de l'enfant était un flic qui, par un concours de circonstance, vivait également dans une petite ville de l'État de Washington. Une ville du nom de Forks, dont je connaissais le nom parce qu'un de nos amis y habitait depuis quelques années déjà. Nous avions donc décidé que ça n'était pas le bon endroit pour notre nouveau foyer, Seattle était bien trop près de Forks, même si les chances que nous rencontrions le vrai père de Bella étaient d'une sur un million. Il se mit tout de suite à la recherche de sa fille disparue, sans savoir à quel point elle était proche de lui. Cependant, je n'avais pas pitié de lui. Il avait renoncé à tout droit lorsqu'il avait laissé son ex-femme l'emmener quand elle était bébé, et d'après ce que je pus voir, il n'avait eu aucun contact réel avec aucune d'elles depuis ce jour.