Pims10, merci pour ta review. En effet, je n'avais jamais lu de fiction avec un Peter papa poule!
Bonne lecture et à mardi.
Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.
Chapitre cinq
Jasper
Ce fut une erreur de convaincre Alice de passer des vacances avec moi au Texas pour aller voir Peter et Charlotte. Elle n'aimait pas mes vieux amis ni le grand air, même si la chasse était bonne.
J'évitai les villes comme Dallas et Houston, ce qui signifiait qu'il n'y eut pas de méga shopping, et que lorsque nous arrivâmes au ranch Whitlock, son humeur ne s'était pas améliorée.
Voir l'endroit déserté lui donna le sourire, le premier que je voyais depuis des jours.
"On dirait qu'ils sont partis. C'est dommage, mais pas vraiment important. Peut-être qu'à la place on pourrait aller à Dallas ?"
Je regardai par les fenêtres en fronçant les sourcils. L'endroit semblait désert comme si personne n'y avait vécu depuis longtemps et quand je vérifiai la grange et les écuries, je les trouvai vides aussi. De toute évidence, l'endroit n'était plus occupé depuis des années.
"On dirait qu'ils sont partis il y a quelque temps. Ils ne t'ont pas donné leur nouvelle adresse ?"
Je secouai la tête. Elle savait très bien que je n'avais pas eu de nouvelles de Peter depuis des années, surtout par sa faute d'ailleurs. La dernière fois qu'elle m'avait accompagné, Charlotte et elle s'étaient disputées parce que je passais du temps avec Peter en la laissant "s'amuser " avec Charlotte avec qui elle n'avait rien en commun. En conséquence, quand nous étions repartis, les choses étaient tendues.
J'aurais peut-être dû défendre mes amis. J'aurais certainement dû dire à Alice qu'ils étaient mes meilleurs amis et que je n'étais donc pas prêt à leur tourner le dos, mais je ne le fis pas.
Par la suite, je m'en voulus. Après avoir quitté Maria, j'avais erré comme un zombie, ne voulant pas vivre comme un vampire, mais incapable de trouver une autre façon d'exister et puis j'avais rencontré Alice, la réponse à mes prières. Elle m'apparaissait comme un ange gardien envoyé pour me prendre la main et me guider vers une vie meilleure, une façon de vivre sans le tourment de devoir tuer pour exister.
Je lui avais permis de prendre le contrôle de ma vie comme l'avait fait Maria. C'était facile, je n'avais pas à réfléchir, les décisions étaient prises pour moi et comme avec Maria, je croyais qu'Alice m'aimait et voulait le meilleur pour moi, pour nous. On aurait pu penser que j'aurais fait mieux la seconde fois. Je suppose que le désespoir m'avait masqué la réalité.
Ce n'est que lorsque je commençai à comprendre qu'Alice voulait ce qu'il y avait de mieux pour elle, ce qui n'était pas nécessairement bon pour nous, que je commençai à ouvrir les yeux et à ce moment-là, j'étais tellement engagé qu'il semblait impossible de faire marche arrière.
J'aimais Alice, bien sûr, mais Alice ne m'aimait pas, du moins pas de la même façon. Comme Maria, son amour était dévorant, les choses devaient être faites à sa façon ou pas du tout, et le temps que je retrouve un peu de cran, il était presque trop tard, tout comme maintenant.
J'aurais dû dire à Alice que je voulais rendre visite à mes amis seul vu qu'elle ne les aimait pas vraiment, mais j'avais voulu croire que les choses seraient peut-être différentes après une si longue séparation. Et maintenant, nous étions là, seuls devant la maison abandonnée, j'avais l'impression d'avoir reçu un coup de pied dans le ventre alors qu'Alice arborait un sourire entendu. Bien évidemment, elle savait qu'ils n'étaient pas là, elle avait dû voir leur décision de déménager ou du moins que la maison serait vide à notre arrivée. Je doutais qu'elle ait regardé assez attentivement pour avoir vu leur décision de s'en aller ou savoir depuis combien de temps elle avait été prise.
Pourquoi ne m'avaient-ils pas contacté ? Un appel, une lettre, quelque chose pour me dire qu'ils avaient déménagé ? Mais après, ça me frappa ! Pourquoi l'auraient-ils fait ? Les Cullen avaient déménagé de nombreuses fois depuis ma dernière visite et pas une seule fois, j'avais écrit ou appelé. Ils avaient probablement supposé qu'avec Alice dans ma vie, je n'avais plus besoin de leur amitié et à un moment donné, j'avais probablement fini par le penser. Ce n'était que maintenant que je comprenais à quel point j'avais eu tort de penser cela. Peter et Charlotte étaient les deux seules personnes dans ma vie à n'avoir jamais rien demandé en échange de leur amitié. Nous avions suffisamment partagé d'horreurs et de bons moments, nous étions liés. Alice avait fait de son mieux pour détruire ce lien et elle aurait pu réussir.
Sa voix me ramena au présent.
"J'ai dit, on y va ? Ça ne sert à rien de traîner par ici. Il est clair que cet endroit est désert depuis des années. C'est tellement déprimant, je ne suis pas surprise qu'ils soient partis, même si c'était cruel de ne pas te le dire. Peut-être que tes amis ne tenaient pas autant à toi que tu le pensais. Je suis désolée, Jazz, ça doit être dur pour toi d'être là.
Je me tournai vers elle, soudain en colère. Le ton de sa voix était amusé, pas triste, et cela me blessa, ne se souciait-elle pas du tout de ce que je ressentais ?
"Je vais les trouver. Pourquoi ne rentres-tu pas à la maison ?"
Ses yeux se rétrécirent, elle n'aimait pas le ton de ma voix. Je n'avais pas pris la peine de cacher ma colère contre elle.
"Tu vas courir partout dans le pays à la recherche des Whitlock ? Pourquoi ? Ils sont partis, ils n'ont même pas pris la peine de dire au revoir, ils n'ont plus envie de te voir, Jazz. Je t'avais prévenu du genre de personnes qu'ils étaient."
"Oui, en effet, et ils m'ont averti du genre de personne que tu étais. J'aurais peut-être dû écouter."
Elle tournait autour de moi en me regardant fixement, les lèvres serrées par la colère.
"Je suppose que tu veux dire que tu aurais dû m'écouter ? Je suis ta femme et j'aimerais juste te faire remarquer que je ne t'ai pas largué sans un mot, comme eux l'ont fait."
Inutile de discuter avec Alice. Elle était si habille avec les mots, qu'elle pouvait m'embrouiller avec, j'étais plus un homme d'action.
"Je vais quand même chercher, Alice. Rentre à la maison."
Je suppose que j'aurais dû m'attendre à la dispute bruyante et vicieuse qui suivit ces mots. Alice ne serait jamais partie sans avoir le dernier mot, ou les mots dans ce cas-là.
Alors que la voiture s'éloignait à toute vitesse de la maison, me laissant couvert d'un nuage de poussière dégagée par ses pneus qui patinaient, je me détournai et soupirai.
J'étais seul une fois de plus et d'après ce qu'avait dit Alice, elle ne reviendrait pas, et ne voulait pas que je revienne, jamais. C'était injuste de m'accuser de penser plus à mes amis qu'à ma femme. Ça faisait des années que je ne pensais qu'à ma femme. Le problème, c'était que j'étais sûr qu'elle n'avait jamais pensé à moi, à moins que ça n'ait un rapport avec la façon dont elle pouvait me persuader de faire ce qu'elle voulait.
Je m'effondrai sur les marches de bois blanchi du porche, écoutant leur doux gémissement de protestation. Peter s'était promis de les faire réparer depuis qu'il avait acheté le ranch, mais c'était l'une de ces choses qu'il ne semblait jamais avoir le temps de faire.
Je pouvais attendre leur retour ici, il était évident qu'ils n'avaient pas vendu la propriété et je n'avais aucun doute qu'un jour ils y reviendraient, mais ça aurait pu prendre des décennies et je ne voulais pas être seul. Le problème, c'est que je n'avais nulle part où aller.
Mes amis me manquaient et je voulais être en leur compagnie. J'avais besoin de quelqu'un à qui parler et Charlotte avait toujours été ma confidente jusqu'à l'arrivée d'Alice. J'espérais juste qu'ils accepteraient mes excuses et qu'ils m'accueilleraient à nouveau chez eux, même si je ne le méritais pas.
Je forçai une porte à l'arrière de la maison que je trouvai pratiquement vide, le peu de meubles qui restaient, étaient recouverts d'une épaisse couche de poussière. Le rez-de-chaussée était exactement tel que je me souvenais, les meubles restants étaient recouverts d'un linceul de poussière blanche, les placards et les tiroirs étaient vides.
J'avoue que j'espérais trouver un mot, une lettre pour moi. Ils se doutaient sûrement que je reviendrais un jour ? Ou pas ? Peut-être qu'ils avaient pensé, « dix ans sans un mot, il nous a abandonnés, a décidé que les Cullen étaient plus importants dans sa vie. » Si c'était ça, je n'avais qu'à m'en prendre à moi-même.
Je flânai à l'étage, perplexe, quand j'entrai dans la chambre d'amis qui avait toujours été la mienne lors de mes visites. Même quand ils déménageaient d'un endroit à l'autre, ils laissaient mes affaires dans le placard et les tiroirs, mais tout était vide cette fois-ci.
En explorant plus loin, je trouvais un sac contenant mes affaires dans un coin du grenier. C'est vrai, il était propre et bien plié, mais quand même... J'eus l'impression qu'ils m'avaient abandonné et qu'ils étaient passés à autre chose.
Peut-être pensaient-ils qu'un jour je viendrais récupérer mes affaires et qu'il serait facile de me les rendre si elles étaient déjà prêtes, ou peut-être qu'ils les avaient emballées en pensant qu'ils ne me reverraient plus jamais et les avaient rangées ici et oubliées. Le sac contenait des boîtes de bibelots brisés, de vieux rideaux et draps, ainsi que des objets délaissés qui n'étaient plus utiles ou dont on n'avait plus besoin. Oui, Major, toi aussi, tu n'es plus nécessaire ou utile, comment te sens-tu ?
L'autre chose étrange, était un livre de coloriage pour enfants, ouvert à une page montrant un papillon à moitié colorié, à côté duquel se trouvait une valise abîmée qui semblait avoir été plongée dans de l'eau trouble à un moment donné de son passé. Elle ne contenait qu'une écharpe de femme foutue dans un coin. C'était vraiment un casse-tête, parce que ça n'avait vraiment pas sa place ici.
Qu'est-ce que cela signifiait ? Est-ce que Charlotte ou Peter avaient attaqué une mère et sa fille et avaient-ils été forcés de fuir la région ? Cela semblait très improbable, je connaissais trop bien mes amis. Charlotte adorait les enfants et même Peter leur consacrait plus de temps que tout autre adulte humain qu'il avait rencontré. En plus, ils n'auraient pas gardé de trophées.
Peut-être que j'interprétais trop cette trouvaille. C'était peut-être des choses que Charlotte avait trouvées ? Elle adorait fouiller dans les friperies et inventer des histoires sur les objets qui avaient attiré son attention. Qu'aurait-elle fait de cette collection, me demandais-je ?
Je me sentais encore plus déprimé et abandonné, je pris le sac et quittai la maison après avoir bloqué la porte cassée, et je me mis en route... où ? Je n'avais aucun moyen de transport, aucun effet personnel, accepté les affaires dans le sac, et je n'avais nulle part où aller, à moins de ramper devant Alice pour implorer son pardon. Il gèlerait en enfer avant que je le fasse.
Au lieu de ça, je me dirigeai vers la ville la plus proche et je pris un bus pour Houston, au moins je serais sur un terrain familier et confortable. C'était une bonne idée, en théorie, mais quand je descendis à la gare, je ne reconnus rien. Cela faisait plusieurs décennies que je n'avais pas visité la ville et tout avait complètement changé. J'étais vraiment perdu.
Je trouvai un motel et réservai une chambre pour quelques nuits pour me donner le temps de réfléchir. Je me douchai et changeai de vêtements en appréciant la sensation de la chemise en flanelle et du vieux jean ample, des choses que je n'osais jamais porter quand Alice était là. Tandis que j'enfilais une paire de bottes usée, je me sentis différent. Je n'étais plus Jasper Hale, le mari à la mode d'Alice, mais Jasper Whitlock, ex-soldat et homme d'action qui ne dépend que de lui-même.
Je fis un peu de shopping, achetant un sac en cuir pour mes vêtements afin de pouvoir jeter le sac noir et je louai ensuite une voiture.
J'appelai aussi Jenks pour lui demander de retracer les allées et venues de Charlotte et Peter Whitlock, m'énervant quand il posa des questions stupides.
"Dans quel état dois-je commencer la recherche ?"
"Si je savais que je ne vous demanderais pas de les retrouver, et ne m'appelez pas chez les Cullen. Utilisez mon portable."
Le ton irrité que j'employais, m'assurait qu'il commencerait immédiatement à travailler sur mon problème. Il savait que ce n'était pas une bonne idée de me faire attendre trop longtemps. Je pourrais décider de lui rendre visite et il ferait presque tout pour l'éviter.
Pendant que j'attendais, j'achetai des cadeaux « d'excuses » pour mes amis. Puis j'achetai un nouveau portable, je voulais jeter l'ancien une fois que j'aurais eu des nouvelles de Jenks, je ne voulais pas recevoir d'appels de Carlisle, d'Alice ou d'un autre membre de la famille. Cette époque était révolue. Peut-être qu'un jour, je reprendrais le contact avec eux, mais pour l'instant... eh bien... en dehors de m'avoir appris à être végétarien, les Cullen ne m'avaient apporté que des ennuis. Ils m'avaient rendu mou et docile, une cible facile pour une femme forte et intrigante comme Alice.
Jenks me recontacta encore plus vite que je ne l'avais prévu, en fait, le lendemain matin, il me donnait une adresse au Nebraska.
"C'est assez récent, ils n'y sont que depuis trois ans. Vous voulez aussi leurs anciennes adresses ? Ils ont un peu bougé au cours des six années précédentes."
Cela m'intrigua, Charlotte préférait trouver un endroit qu'elle aimait et y rester le plus longtemps possible, mais d'après les détails que Jenks me donnait, ils avaient déménagé trois fois au cours des deux premières années et une autre fois au cours de la quatrième. Fuyaient-ils quelqu'un ? Sinon, pourquoi continuer à déménager si souvent ? Ça ne leur ressemblait pas et me fit m'interroger sur la valise et le livre de coloriage que j'avais trouvés au ranch. Eh bien, je savais où ils étaient maintenant, je leur rendrai visite afin de voir par moi-même ce qui se passait.
Bien qu'intrigué et impatient de revoir mes amis, je pris mon temps et fis le trajet par la route, principalement par lâcheté, je suppose. J'avais peur de leur réaction en me revoyant. Je ne supportais pas l'idée d'être rejeté par ceux que je considérais comme ma famille.
Tout en conduisant, je repensai au siècle qui venait de passer et aux bons moments que nous avions vécus depuis que nous avions échappé à Maria. Sans mes amis, je suis sûr que je n'aurais jamais trouvé la volonté de quitter le Mexique. Bref, je devais ma vie et ma liberté à Charlotte et Peter.
