Bonne lecture
Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.
Chapitre Neuf
Peter
Je rattrapai ma fille alors que le Major l'empoignait, elle devait essayer de s'éloigner de lui, sinon pourquoi l'aurait-il attirée dans la partie la plus sombre du jardin ?
"Rentre dans la maison tout de suite, Bella, et restes-y. Maman s'occupera de toi. Vas-y, maintenant."
Elle cessa d'essayer de parler, se retourna et courut alors que je prenais le Major à la gorge et que je le tirais vers moi pour lui souffler un avertissement à l'oreille.
"C'est ma fille, salaud. A quoi pensais-tu ?"
Il saisit ma main et l'arracha de sa gorge, ses yeux flamboyants de fureur.
"Ta fille a essayé de me faire des avances, Peter. Pour qui me prends-tu ? "
Je jetai un regard furieux vers cet homme que j'avais un jour considéré comme mon ami, un homme en qui je pensais pouvoir avoir confiance, mais plus maintenant.
"Je me le demande aussi, Major. Elle est jeune, impressionnable et une proie facile pour tout type qui a quelque chose en tête."
Ses yeux s'enflammèrent de fureur et il parla, les dents serrées.
"Arrête ça tout de suite, Peter, avant que ça ne dégénère. Ta fille a le béguin pour moi, elle a essayé de m'embrasser et ouais, elle voulait que je l'embrasse aussi, mais tu penses vraiment que je suis aussi méprisable ? Tu ne me connais pas mieux que ça ?"
Bien parlé, mais la réponse était simple, non, je ne le connaissais pas. Pas quand ma fille adolescente et impressionnable était concernée.
"Si tu dis la vérité, pourquoi tu l'as pas calmée avec ton putain de don ? Hein ? Dis-moi pourquoi ?"
"Je l'ai fait, mais il ne s'est rien passé. Je ne sais pas pourquoi."
"Tu es sûr que tu n'as pas... ?"
Ses yeux devinrent noirs de rage et il me frappa à la mâchoire, m'envoyant valser en arrière, directement dans la piscine.
"Du calme, Capitaine."
Jasper
Ami ou pas, j'avais compris tout ce que Peter pensait de moi. Comment osait-il m'accuser d'avoir essayé d'abuser d'une jeune fille ? Oui, je l'aimais bien, en fait, je l'avais reconnue pour ce qu'elle était vraiment, mais pour autant, je ne l'avais pas encouragée.
Et maintenant, je pouvais difficilement expliquer à Peter que sa fille était ma compagne, n'est-ce pas ? J'avais essayé d'utiliser mon don pour calmer ses émotions, mais ça n'avait pas marché et je ne pouvais pas l'expliquer non plus. Dans ces circonstances, tout ce que je pouvais faire, était de m'éloigner le plus possible de Bella et de rester loin d'elle jusqu'à ce qu'elle soit adulte et qu'elle soit capable de décider de ce qu'elle voulait vraiment.
Tandis que Peter sortait de la piscine, trempé, nous entendîmes des bruits de pas et vîmes Charlotte debout là, Bella regardant par-dessus son épaule, les yeux écarquillés et rougis.
"Ça suffit, tous les deux. Pour l'amour de Dieu, c'est ridicule."
Je me retournai contre elle.
''Oui, c'est vrai, mais essaie de le dire à cet idiot. Je ne toucherais pas Bella même avec une perche de 3 mètres, c'est une gamine stupide qui a le béguin pour un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Essaie de lui faire comprendre ça avant qu'elle n'ait des ennuis avec quelqu'un d'autre. Et toi demoiselle..."
Je pointai du doigt Bella qui tremblait.
"Essaye d'agir comme une jeune femme et non comme une pute. Je me casse d'ici."
Je partis avant d'être poussé à bout et de devenir physiquement violent. Peter était un con aveugle et Charlotte devrait apprendre à sa fille comment se comporter. Ils ne savaient pas ce que je ressentais vraiment pour Bella, mais je n'aurais jamais agi de la sorte avec une enfant de dix-sept ans. Peut-être dans cinq ou dix ans, mais certainement pas avec une enfant. Tout ce que je voulais, c'était mettre le plus de distance possible entre les Whitlock et moi. J'avoue que j'avais été cruel envers Bella, mais j'espérais qu'elle me détesterait, ce serait plus facile pour l'instant et elle avait besoin d'apprendre à se maîtriser un peu.
Peter
Je voulais poursuivre ce salaud et lui fermer sa gueule définitivement, mais Charlotte me retint.
"Peter, Bella a besoin de nous maintenant. Laisse-le."
J'hésitai, puis Bella éclata en sanglots et courut pour me serrer dans ses bras, ce qui était tout ce dont j'avais besoin pour me montrer que Charlotte avait raison.
Je la soulevai et la ramenai à la maison, jurant de tuer le Major s'il s'approchait encore de ma fille.
Je vis Charlotte ramasser quelque chose dans la pelouse et le glisser dans sa poche, mais je laissai tomber, pour l'instant, Bella avait plus besoin de moi.
Cela prit du temps, mais on finit par réussir à la calmer et après un lait chaud additionné d'un somnifère naturel, elle se coucha enfin, toujours très bouleversée par les choses que ce putain de bâtard lui avait dites. Comment avait-il osé comparer ma petite princesse à une pute ?
Une fois seuls, je tendit la main vers Charlotte qui la regarda d'un air vide.
"Quoi ?"
"Je t'ai vu ramasser quelque chose là-bas, donne-le moi."
"Ce n'était rien, juste quelques détritus."
"Oh vraiment ? Alors pourquoi tu l'as mis si vite dans ta poche ? Donne-le moi, Char."
"Ne devrions-nous pas parler de ce qui s'est passé ce soir, Peter ? C'est sûrement beaucoup plus important."
Elle avait raison, tout ce qu'elle avait trouvé n'avait que peu d'importance à la lumière de ce qui s'était passé.
"Oui, tu as raison."
Je m'affalai sur mon fauteuil, ayant l'impression que quelqu'un m'avait arraché les entrailles.
"Comment a-t-il pu nous faire ça, Charlotte ? J'ai confié ma vie à cet homme. Putain, je lui ai aussi sauvé la mise. Maintenant, il vient chez moi et essaie d'agresser ma fille. Je devrais brûler cet enculé de malade pour ça."
Elle soupira et s'assit lourdement sur l'accoudoir de mon fauteuil, prenant ma main dans la sienne.
"Peter, que se passe-t-il ? Qu'est-ce qui a mal tourné ? Pendant des années, nous avons été heureux, Bella était heureuse. Jusqu'à récemment, c'était une belle enfant, si heureuse et aimante. Je ne la reconnais plus. Nous sommes en train de la perdre Peter et je ne sais pas quoi faire."
Je la dévisageai, elle s'inquiétait du comportement récent de Bella ? Vraiment ? Maintenant ?
"Char, notre fille a failli se faire violer par ce pervers répugnant. Tu ne penses pas qu'on devrait se concentrer sur ça pour l'instant ?"
Elle secoua la tête.
"Je ne pense pas que ce soit aussi simple que ça, Peter. J'ai du mal à croire que le Major ait agressé Bella. Je sais ce qu'elle a dit, mais je pense qu'elle a peut-être déformé les faits. Pour avoir l'air innocente."
Je ne pouvais pas croire ce que j'entendais, Charlotte défendait le Major plutôt que notre fille ?
"Elle est innocente. C'est une putain de gamine et lui, un homme. Réfléchis à ça et laisse-moi te dire quelque chose. Si jamais je le revois, je le tuerai, sans hésitation."
Elle sortit une photo froissée de sa poche et la lissa avant de me la remettre.
"C'est ce que j'ai ramassé par terre. Regarde-la."
Je l'attrapai, ma rage atteignant presque le point d'ébullition quand je reconnus ma fille en maillot de bain, souriant de façon quelque peu provocante face à l'appareil photo.
"Quand est-ce que ça été pris ? Est-ce que c'est lui qui l'avait ?"
Charlotte me regarda fixement.
"Comment ai-je pu épouser un homme aussi stupide, Peter Whitlock ? Elle a été prise aujourd'hui, regarde, c'est son nouveau bikini. J'ai vu les filles la prendre. Je suppose qu'elle a dû en offrir une à Jasper, peut-être à la place de celle qu'on a prise d'eux deux."
Je la regardai dans les yeux.
"Il n'y a pas d'eux deux, il n'y a jamais eu d'eux deux, ça n'arrivera jamais, compris ? Pourquoi voudrait-elle qu'il ait ça ? C'est pratiquement pornographique."
"Peter, écoute-toi, tu as l'air d'un fou. Penses-tu vraiment que notre ami profiterait d'un enfant dont nous avons la garde ? Tu le connais sûrement mieux que ça ? Je sais que je me méfiais de lui aussi au début, mais vraiment ? Bella a un sacré béguin pour lui, elle et ses amies ont bu quelques bières en douce aujourd'hui et elle s'est ridiculisée, elle l'a abordé et il a paniqué et a dit des choses très méchantes. Je suppose qu'il ne sait pas comment s'y prendre avec les enfants. Nous savons tous que c'est encore une enfant, mais c'était blessant de le lui faire remarquer si brutalement. Elle déborde de tous ces nouveaux sentiments et émotions et elle ne sait pas encore comment les gérer. C'était une erreur stupide, un moment embarrassant que dans quelques mois, elle regrettera d'avoir vécu. C'est ce qui arrive quand une enfant devient une femme, on fait des choses stupides, embarrassantes et parfois dangereuses et, si on a de la chance, on a quelqu'un qui nous aime pour aider à ramasser les morceaux et donner des explications. Bella a traversé beaucoup de choses récemment et elle refuse de nous parler de ses problèmes. Il faut qu'on l'oblige à s'ouvrir."
Je n'étais pas convaincu, je pensais qu'elle défendait le Major parce qu'elle en pinçait pour lui. Était-elle prête à avoir une meilleure opinion de lui que de Bella ? Était-elle satisfaite d'accuser Bella de s'être jetée sur lui parce qu'elle avait eu des ennuis au cours de l'année dernière ? Merde, putain de merde. Même si elle l'avait provoqué, il lui incombait quand même de mettre un terme à tout cela sans la jeter dans les buissons d'épines et sans l'insulter. En ce qui me concernait, l'enfer gèlerait avant qu'il ne remette les pieds dans cette maison ou qu'il ne s'approche à moins de deux cents kilomètres de ma fille.
Charlotte
J'allai voir Bella et la trouvai endormie, toujours les yeux rouges et je pouvais voir que son oreiller était mouillé de larmes, quelques-unes des nombreuses larmes qu'elle aurait sans doute à verser sur cette route qui ferait d'elle une femme. C'était vraiment une honte qu'elle se soit focalisée sur le pauvre Major, bien que... Que pouvait-elle faire d'autre ? Ils étaient destinés à être ensemble dans le futur. C'était dommage que les choses se soient passées comme ça aujourd'hui, ça les empêcherait de se revoir pendant un bon moment.
Je savais qu'il ne se serait jamais abaissé au point de profiter d'une jeune fille naïve. C'était un homme d'honneur et si Peter pouvait se calmer assez longtemps pour penser de façon cohérente, il pourrait s'en souvenir, mais pour le moment, je ne dirais rien. Cela ne ferait qu'empirer les choses et Bella avait besoin que nous soyons unis et solidaires dès maintenant. J'espérais simplement qu'en lui montrant notre amour et notre soutien, nous pourrions comprendre ce qui la dévorait.
Je ramassai les vêtements qu'elle avait laissés par terre alors qu'elle se préparait à aller au lit et allai ranger ses chaussures dans le placard. Je me retrouvai alors devant un énorme agrandissement de la photo que nous avions prise d'elle et du Major à sa deuxième visite, celle qu'elle avait prise à l'école pour la montrer à ses amies. Je n'étais pas au courant de cette copie, des cœurs dessinés tout autour ou de leurs initiales entrelacées au centre d'un cœur percé d'une flèche.
Je soupirai, elle était vraiment tombée amoureuse de lui. C'était facile de comprendre pourquoi. Il était beau et costaud et il avait ce charisme que seuls les hommes d'action, les mauvais garçons devenus bons, semblaient posséder, mais... c'était un rêve, un beau fantasme et rien de plus. J'aurais dû le savoir, j'avais ressenti la même attirance envers lui avant de poser les yeux sur Peter pour la première fois. Puis tout avait changé.
Il en était de même pour elle. Une croix noire faite au marqueur défigurait le visage de Jasper et le canif que lui avait donné Peter quand il lui enseignait la sculpture sur bois, était planté à l'endroit même où son cœur aurait dû être. La croix ne me dérangeait pas, mais le couteau m'inquiéta, c'était un acte très violent pour une fille de son âge.
Retirant le couteau de la photo, je la remis dans la table de chevet de Bella et y trouvai d'autres copies de la même photo déchirées en morceaux, partiellement brûlées, cloquées et couvertes de cendres. Je ne sentais pas de fumée dans sa chambre, mais en regardant sur le large rebord de la fenêtre, je trouvai un plat en verre qui, d'habitude, se trouvait sur son étagère, noirci et maculé de suie et de cendres. Elle avait manifestement brûlé ce qu'elle pouvait sur le rebord de la fenêtre, puis renversé les restes dans son tiroir.
Il s'y trouvait d'autres morceaux de papier déchirés et je reconnus la carte d'anniversaire que le Major lui avait envoyée l'année dernière ainsi qu'un journal intime, les pages froissées ou déchirées et surtout couvertes d'encre noire. Mais il en restait assez de visible pour comprendre que Bella avait gardé cela comme une sorte de fantasme. Dans ce monde, Jasper était son petit ami et elle avait inventé un conte dans lequel ils sortaient ensemble, allaient à des soirées, des pique-niques, des barbecues, au cinéma, partageaient leur premier baiser, etc. Je souris, un peu triste, elle avait vraiment beaucoup d'imagination. J'espérais juste que Peter ne tomberait jamais là-dessus. Il était impossible qu'il croie que c'était juste un fantasme puéril.
Quittant la pièce tranquillement, je rejoignis Peter dans notre chambre. Nous avions tendance à y passer du temps le soir parce que c'est ce qu'on attendait des parents humains, ils étaient fatigués, allaient au lit et dormaient, tout comme leurs enfants.
Peter était assis près de la fenêtre, le regard tourné vers l'extérieur, un livre dans une main, mais il se retourna en m'entendant entrer.
"Elle va bien ?"
Je hochai la tête.
"Oui, elle dort. Tout ira mieux demain matin et dans quelques semaines, elle aura un nouveau garçon à l'esprit."
"Garçon ? Ouais, j'aime entendre ça, un garçon, de son âge. Et s'il pose un doigt sur elle..."
"Peter, elle a dix-sept ans. Elle sortira avec quelqu'un, tombera amoureuse et finira par..."
Il leva la main pour m'arrêter.
"N'en parle même pas, Charlotte. Je ne suis pas prêt pour ça, pas encore. Peut-être jamais. Putain, j'aurais jamais cru qu'être père serait aussi stressant."
Je mis mes bras autour de ses épaules et je me penchai pour embrasser le sommet de sa tête.
"Et tu n'aurais raté ça pour rien au monde."
Il soupira.
"Non, c'est sûr, mais je vais garder un œil sur Bella pendant un moment. Elle a besoin de savoir qu'elle est en sécurité. Qu'on l'aime. Et je veux savoir ce qui la ronge. On l'a laissée faire trop longtemps, il est temps de la forcer à nous le dire. Cette animosité et cette haine me tuent."
Bella fut très discrète le lendemain et refusa l'offre de Peter d'aller en ville, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Au lieu de cela, elle passa la serpillière dans la maison, puis s'enferma dans sa chambre pour finir un devoir d'anglais qu'elle devait rendre lundi.
Peter était inquiet, il détestait voir sa petite princesse malheureuse et, bien sûr, il blâmait le Major pour tout.
"Je te le dis, Char, je ne veux plus que cet homme s'approche de Bella et si je le vois..."
"Peter, ça suffit. Je crois qu'il a compris le message hier soir. N'en parlons plus, si Bella nous entend, ça ne fera que la perturber un peu plus. Pourquoi tu n'irais pas sculpter un cochon ou quelque chose comme ça ?"
Il réussit à sourire faiblement à cette suggestion.
"Tu veux dire la ferme et va te faire foutre. D'accord, j'y vais, mais demain, je conduirai Bella à l'école. Je veux m'assurer qu'elle arrive à bon port et sa voiture a besoin de nouveaux pneus."
Je secouai la tête tristement, il faisait passer notre plus vieil ami pour une sorte de harceleur fou maintenant !
