Bonne lecture et merci à Bloom Night pour sa review et aux nouveau followers.
Bises et à vendredi
Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.
Chapitre dix
Jasper
Qu'est-ce que j'allais faire, maintenant ? Je m'étais mis ma compagne à dos, détruit mes seules vraies amitiés et j'étais seul à Cheyenne et destiné à le rester pour les prochaines années avec ce sentiment de solitude qui me rendait fou. Le travail que j'occupais n'était qu'un palliatif qui m'ennuyait à mourir. J'envisageais sérieusement de retourner à l'université pour obtenir un autre diplôme. Cette fois-ci, dans quelque chose de plus difficile comme la chimie ou la physique, puis je reçus un appel d'Emmett qui me sauva la vie.
"Ça va, Jazz man ? Rosie et moi étions inquiets. Ça fait trop longtemps qu'on ne s'est pas vus. Je ne sais pas où tu es, mais nous partons en vacances pour faire du rafting et j'ai pensé que si tu n'avais rien à faire, tu aimerais te joindre à nous. Si c'est le cas, rendez-vous à New River Cabins, sur la route 19, à Fayetteville, en Virginie-Occidentale. On part dans une semaine. J'espère te voir, gros dur."
Il ne savait pas à quel point j'avais besoin d'entendre ça, des visages amicaux et un changement de rythme. Surtout, ça me ferait oublier Bella et les Whitlock. J'abandonnerais mon travail et quand les vacances seraient terminées, je ferais un effort pour trouver une université pour l'automne et pas au Nebraska, en fait, je m'éloignerais le plus possible de la tentation, peut-être même en Alaska ou en Floride !
Je détestais penser que Peter et moi étions dans des camps opposés, nous étions les meilleurs amis depuis plus d'un siècle, mais je devais admettre que je ne pourrais jamais pardonner ses soupçons sur mes actions. Comment avait-il pu me croire capable de profiter d'une gamine de dix-sept ans, placée sous sa protection ? Il me connaissait sûrement mieux que ça ? Eh bien, évidemment non. Alors, qu'il aille au diable, lui et sa précieuse famille.
Bella
J'entendis leur conversation dans la pièce d'à côté, j'avais seulement fait semblant de dormir quand maman était venue me voir. Mon plan avait fonctionné, peut-être pas exactement comme je l'aurais voulu. Personne ne voulait s'entendre dire qu'il n'était qu'un enfant stupide qui avait besoin de grandir, mais comme j'avais déjà compris que si je ne pourrais pas séduire Jasper et ruiner son amitié avec mes 'parents' de cette façon, j'avais trouvé un autre moyen.
Ma mère était complètement dégoûtée par la réaction de papa, mais c'était exactement ce que je voulais. Il avait été facile de voir à quel point ils appréciaient leur amitié avec Jasper. En fait, c'était la seule personne auprès de laquelle je les avais vus se détendre, ils l'aimaient et lui faisaient confiance comme je leur avais fait confiance et les avais aimés. Qu'ils ressentent la douleur que j'avais ressentie en découvrant que j'avais eu tort depuis le début.
Papa ne pardonnerait jamais à Jasper ce qu'il croyait que son ami avait fait. Il m'avait crue même si j'avais été une salope complète l'année dernière.
Ce que je voulais plus que jamais, c'était partir loin d'ici, des gens que j'avais aimés et en qui j'avais confiance, mais que je méprisais maintenant. Peut-être même que je devrais aller à Forks pour rencontrer mon vrai père. J'avais économisé le plus possible, mais il me faudrait une éternité pour réunir assez d'argent pour un tel voyage et mes "parents" appelleraient probablement les flics si je disparaissais, c'était ma chance de vivre dans un des rares états où il était illégal de s'enfuir de chez soi !
Je ne dis à personne à l'école ce qui s'était passé, mes amies savaient à quel point Jasper était sexy et à quel point j'avais de la chance d'avoir des parents avec un ami tel que lui. Qu'ils continuent à le croire.
Au fil des jours, seule Ash semblait comprendre que quelque chose n'allait pas, mais quand elle me demanda si je voulais en parler, je haussai les épaules en évoquant des problèmes avec mes parents, nous en avions tous, et elle savait que je n'étais pas heureuse à la maison depuis quelque temps. J'avais dû lui parler un peu quand je lui avais demandé de m'aider à me retrouver seule avec Jasper. Alors je lui racontai que je voulais contrarier mes parents en mettant leur ami dans le pétrin. Je ne sais pas si elle me crut ou si elle pensait que j'étais trop gênée pour admettre que je voulais tenter ma chance avec lui.
"Dis-moi ce qui s'est passé. Ma mère vient de rompre avec son dernier petit ami, j'ai découvert ça en rentrant de ta fête. Elle l'a jeté dehors après qu'il l'ait frappée, maintenant elle a un énorme œil au beurre noir et ne peut pas aller travailler. Qui voudrait se faire servir une bière par une femme qui ressemble à un panda ? Je suppose que ça veut dire qu'on va encore vivre de soupe et de pain pendant une semaine."
"Il était gentil avec toi ? Alec, je veux dire."
Elle haussa les épaules.
"Il criait et disait que j'étais dans ses pattes, mais j'ai l'habitude de ces conneries maintenant. Maman l'aurait jeté dehors s'il avait levé la main sur moi. Tu as de la chance, Bella."
Je fis une grimace, mais je n'étais toujours pas prête à parler de mon propre drame.
La journée s'éternisa, d'autant plus que Natalie et mes autres amies continuaient de parler de Jasper et de ma fête. A chaque fois que j'entendais son nom, c'était comme un coup de poignard dans mon cœur et je pouvais entendre à nouveau ses paroles cruelles, mais cela valait le coup, juste pour voir la douleur dans les yeux de mes « parents ».
Papa vint me chercher à l'école, le garage attendait toujours que les nouveaux pneus arrivent et il ne voulait pas me laisser conduire ma voiture avant qu'elle soit en parfait état. Du moins, c'est ce qu'il m'avait dit, mais personnellement, je pensais qu'il s'attendait peut-être à ce que Jasper soit dans les parages. Le croyait-il vraiment ? Peut-être n'avait-il pas entendu ce que Jasper avait dit ou peut-être qu'il voulait avoir une chance d'en parler d'homme à homme maintenant qu'il s'était calmé. S'il réapparaissait, je crierais et je lui donnerais un coup de pied dans l'entrejambe, pour voir s'il aimait ça ! Ça devrait remettre les idées de papa en place à propos de ce qu'il s'était passé.
Ce soir-là, Maman me demanda si je voulais reparler de la fête, mais je secouai la tête, essayant d'avoir l'air blessée mais décontractée à ce sujet.
"Il n'y a rien à en dire, maman. Quoi qu'il en soit, j'ai des devoirs à faire et je veux regarder le film à neuf heures, c'est censé être vraiment flippant."
Comme je m'y attendais, Maman leva les yeux au ciel.
"Dans ce cas, regarde-le dans ta chambre, tu sais quelle réaction aura papa s'il découvre que tu regardes des films d'horreur."
Cela me permit de ne pas devoir passer la soirée avec eux, ce que j'évitais autant que possible, et Sooty et moi nous pelotonnâmes sur mon lit pour regarder « Entretien avec un Vampire ».
Le lendemain soir, j'évitai mes " parents " en restant chez Ash, ce que je faisais aussi souvent que possible ces derniers temps, supposément pour que nous puissions travailler ensemble sur notre projet scientifique.
Sa mère était présente, se cachant de tout le monde jusqu'à ce que son œil au beurre noir, courtoisie de son dernier ex-petit ami, s'estompe, et aida la douleur et l'humiliation à disparaître à l'aide d'une bouteille. Il y en avait une vide sur le comptoir de la cuisine et la vaisselle sale était empilée dans l'évier.
Elle me demanda de remercier ma mère pour le pain à l'ail et au piment que je lui avais amené. En regardant les placards vides et le réfrigérateur qui contenait seulement une bouteille de lait et un citron ratatiné, je pouvais comprendre pourquoi elles étaient tombées dessus et avaient tout dévoré.
Est-ce que ma vie aurait été pareille si j'étais restée avec ma vraie mère : un petit appartement miteux avec des placards vides et une mère alcoolique ? Dans ce cas peut-être m'avait-elle fait une faveur en me laissant avec Peter et Charlotte ? Je me demandais si je trouverais un mec qui m'aimerait autant que papa aime maman ? Ou étais-je condamnée à répéter les échecs de ma mère biologique ? En regardant autour de moi, je priais pour que ça ne soit pas le cas, je ne voulais pas finir ici, seule, mal-aimée, et m'en sortant à peine.
J'aidai Ash à ranger un peu, à faire la vaisselle et à jeter les ordures, principalement des bouteilles vides et de vieux cartons de nourriture à emporter, puis nous nous installâmes pour discuter pendant que Deb, la mère de Ash, allumait la télé, se servait un autre verre et allumait une cigarette. C'est marrant, elle n'avait pas d'argent pour la nourriture, mais assez pour l'alcool et les cigarettes ? Certaines personnes avaient un sens bizarre des priorités.
J'avais dû rêvasser parce que tout à coup Ash me poussa.
"Tu m'as entendue ? J'ai dit qu'il y avait une de ces réunions religieuses ce week-end au parc en ville. Tu veux y aller ?"
Je me tournai vers elle perplexe, convaincue que j'avais mal compris. Une réunion religieuse ?
"Pourquoi ?"
Elle sourit et cligna de l'œil d'un air conspirateur.
"Parce qu'il y aura un barbecue après, c'est-à-dire de la nourriture et des boissons gratuites, et la dernière fois qu'il y en a eu un, il y avait quelques gars vraiment sympas. Allez, ça va être marrant."
J'acceptai essentiellement parce qu'il n'y avait pas grand-chose à faire le week-end et que j'étais contente d'avoir une excuse pour quitter la maison.
Puis je grimaçai.
"Papa n'appréciera pas. Il est si stressé quand je veux sortir ces temps-ci."
Elle sourit.
"Alors dis-lui que tu restes ici avec moi. Ça ne dérangera pas maman, elle aura repris le travail samedi donc on aura l'appartement pour nous seules. On pourra aller faire du lèche-vitrines samedi, puis au parc dimanche. S'il te plaît, dis que tu viendras. Dis oui."
Comme je m'y attendais, papa n'était pas très content que je reste chez Ashley, mais ma mère lui parla, surtout quand je lui avais dit que nous allions finir notre projet scientifique. Papa était paranoïaque. Il croyait toujours que je sortais pour rencontrer un type, mais c'était rarement le cas.
J'avais essayé de sortir avec un gars de ma classe, un de ces sportifs aux cheveux blonds et à la carrure imposante, du style que j'appréciais. Il avait été gentil au début, il m'avait emmenée au cinéma, déjeuner au restaurant et puis soudain il avait changé. Je n'étais pas prête à lui donner ce qu'il voulait, je n'étais pas ce genre de fille. Je m'étais donc retrouvée à deux kilomètres de chez moi sur la route, en pleurs, et j'avais dû faire le reste du chemin à pied. Je ne l'avais pas dis à papa et maman. J'étais sûre que papa serait allé le chercher pour, au minimum, lui casser une jambe.
Un autre gars m'invita à sortir avec lui, mais quand je lui demandai pourquoi, il me dit que j'avais l'air triste, comme si j'avais besoin de compagnie et que lui et ses amis allaient à une fête dans le vieux moulin abandonné. Je ne comprenais que trop bien ce qu'il voulait et quand je refusai, il dit à tous ses amis que j'étais une bonne suceuse. Je ne savais même pas ce que c'était jusqu'à ce qu'Ashley m'explique et que j'en sois mortifiée, pourquoi les mecs m'appréciaient-ils si peu ?
"N'oublie pas d'appeler ta mère samedi soir, pour lui dire que tu vas bien. Tu es sûr que tu restes chez Ashley ? Tu n'utilises pas ça comme excuse pour aller à une fête ? Ou sortir avec un garçon ?"
"Non papa. Nous allons finir notre projet scientifique et regarder un film. Ne t'embête pas à venir me chercher, je prendrai ma voiture et je la garerai derrière l'immeuble."
Il se renfrogna, mais il ne voyait pas de bonne raison pour dire non.
"D'accord, mais ne sors pas seule après la tombée de la nuit, c'est trop dangereux. Toutes sortes de tarés traînent dans ces appartements."
Il avait raison, bien sûr, mais je ne l'admettrais certainement pas ou il pourrait changer d'avis et suggérer qu'Ashley dorme chez nous. C'était bien mieux des rester chez elle car on aurait l'appartement pour nous seules et qu'on allait pouvoir faire ce qu'on voulait. Y compris voler quelques bières à sa mère et peut-être même quelques cigarettes, bien qu'elles me fassent toujours tousser et que, par conséquent, je refusais généralement quand Ash m'en proposait.
De plus, avec ma voiture, nous serions au parc en dix minutes en partant de chez elle, de chez nous c'était une bonne demi-heure et j'avais des visions de ma mère venant avec nous, ce qui ne serait pas de bon augure pour nos chances de voir des garçons.
Avant de partir, maman me donna une boîte de cookies, des lasagnes maison, un pack de coca et un gâteau au chocolat.
"Comme ça, je sais que tu mangeras et la pauvre Ashley aussi et j'ai mis 20 dollars au cas où tu aurais besoin de quelque chose. Amuse-toi bien et sois sage."
Pourquoi faisait-elle encore comme si tout allait bien entre nous ? Elle et papa me serrèrent dans leurs bras comme si j'allais à l'université au lieu de partir pour le week-end. Alors que je les perdais de vue en sortant de l'allée, je poussai un soupir de soulagement. Je me sentais toujours mieux à chaque fois que je n'étais plus avec eux et je les haïssais encore plus car c'était de leur faute.
C'était amusant de dormir seule dans l'appartement d'Ashley, sa mère nous avait laissé des sodas et des biscuits. Nous nous étions bourrées de tout ça et de ce que ma mère avait donné. Puis nous avions essayé du maquillage et différentes coiffures. C'était comme avoir une sœur, quelque chose qui me manquait même si je comprenais que Charlotte ne pouvait avoir ses propres enfants, ou était-ce un autre mensonge ? Je ne faisais plus confiance à ce qu'ils m'avaient dit.
Nous nous couchâmes très tard après avoir regardé un film à la télévision et parlé de ce que nous imaginions pour notre avenir, bien qu'aucune de nous ne savait vraiment quoi faire, sauf foutre le camp d'Ogallala.
Après nous être levées tard le lendemain matin, nous découvrîmes que la mère d'Ashley avait ramené quelqu'un à la maison, un type appelé Paulie rencontré au bar où elle travaillait, et qu'ils avaient couché ensemble ! Je me sentis soudainement mal à l'aise et cela raviva le souvenir des différents types que ma vraie mère avait ramenés à la maison et qui restaient ensuite avec nous.
Paulie traita Ashley de la même façon que les petits amis de ma mère m'avaient traitée, comme si elle le gênait. Alors, quand Ash leur dit que nous allions à la réunion de l'église, il fut heureux de nous donner quelques dollars pour acheter le petit déjeuner en chemin et nous ferma la porte au nez.
