Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.


Chapitre Douze

Bella

Je réalisai qu'il faudrait que je dise quelque chose à mes parents, mais pas à propos de Luke. Je ne voulais pas avoir à répondre à toutes leurs questions et papa s'en servirait comme excuse pour me garder à la maison, il n'aimait pas que je fréquente des garçons. En plus, c'était bien d'avoir un secret rien qu'à moi, alors je leur mentis comme eux m'avaient menti.

D'abord, pour expliquer pourquoi je rentrais si tard, je leur dis que j'étais occupée à faire des recherches à la bibliothèque de l'école pour un devoir d'histoire, puis que j'avais parlé à des amis et oublié l'heure. Puis, je leur racontai que certains d'entre nous allaient de bonne heure au cinéma le lendemain et que donc je ne renterai pas tôt et irai directement de chez Ashley.

Ma mère sembla d'accord avec mon programme et me dit qu'elle attendrait à la maison pour neuf heures.

"Ça te donnera le temps de manger un hamburger après le film et tiens..."

Elle me donna dix dollars.

"Je sais que tu es un petit peu à sec en ce moment et je suis contente que tu redeviennes normale."

Normale ? Si seulement tu pouvais lire dans mes pensées.

"Tu vas bien maintenant, n'est-ce pas, Bella ?"

Je hochai vaguement la tête. Je n'allais certainement pas entamer une discussions sérieuse avec elle.

"Bien sûr. De toute façon, je dois aller faire mes devoirs."

"Tu veux manger avec nous plus tard ? Ou veux-tu quelque chose à grignoter ?"

"C'est bon maman, je me ferai des pancakes plus tard."

Elle sourit et attendit le baiser sur la joue qui lui montrerait que j'en avais fini avec ce qui me tracassait, mais je ne pouvais pas me résoudre à le faire. Au lieu de ça, je hochai la tête et courus dans ma chambre. J'aurais dû me sentir coupable de lui mentir, mais je ne ressentis rien du tout. Quoi qu'il en soit, il fallait que j'appelle Ash pour être sûre qu'elle me couvrirait le lendemain, mais j'attendis un peu plus tard, quand maman et papa partirent faire leur promenade du soir. D'une certaine façon, ils semblaient toujours savoir tout ce que je disais à mes amis comme s'ils avaient un micro caché dans ma chambre ou quelque chose comme ça, même si je savais qu'ils ne fouineraient jamais vraiment. C'était juste bizarre !

Heureusement, quand je parlai à Ash, je découvris que Timothy l'avait aussi invitée au pique-nique, alors elle serait enchantée de mentir à ma mère si elle m'appelait pour vérifier que tout allait bien.

"Et ta mère ? Tu lui as parlé de Timothy ?"

"Tu es folle, Bella ? Elle voudrait probablement venir avec moi et flirter avec son père. Quoi qu'il en soit, elle travaille tard les prochains jours pour gagner un peu plus d'argent et je pense qu'elle a un nouveau petit ami, elle a dit qu'elle ne serait peut-être pas à la maison avant vendredi. Peut-être qu'il travaille au bar toute la semaine et qu'il rentre voir sa femme le week-end ?"

J'ouvris la bouche pour protester contre ces accusations amères, mais je m'arrêtai. Vue la façon dont la mère d'Ashley s'était comportée ce week-end, elle pourrait avoir raison. Pourquoi les femmes se laissent-elles utiliser par des salauds comme Cooper ou le nouveau mec de sa mère ? Pourquoi tous les mecs ne pouvaient-ils pas être comme Luke ?

J'arrivais à peine à dormir en pensant au lendemain, je le reverrai, il me tiendrait la main et me traiterait comme une dame.

Alors que je rangeais mon sac de cours et mon manteau dans mon placard, je vis les morceaux déchirés de la photo, en tas dans le fond. J'avais déchiqueté Jasper comme il m'avait déchiré le cœur et j'avais laissé son amitié avec maman et papa en ruines, mais je ne pouvais me résoudre à la brûler ou à la jeter à la poubelle comme toutes les autres. Peut-être que je voulais juste un rappel de ce qu'était un sac à merde pour apprécier toutes les personnes sympas que je rencontrerais.

Je laissai tomber mon sac sur les morceaux, les cachant à la vue, et je fermai la porte du placard.

"Au revoir, connard."

Je souris en murmurant ces mots, bien qu'au fond de moi, je me sentais coupable. Bien sûr, il avait été cruel et blessant avec moi, mais j'avais commencé. Encore une fois, Bien fait pour lui ! Ce type était un bâtard grossier et nuisible. J'espérais qu'il ne se trouverait jamais de petite amie ou que si c'était le cas, elle le traiterait comme il m'avait traitée. Pas étonnant qu'il soit encore célibataire !

Quand je m'endormis, je rêvai de quand j'étais petite fille, des disputes bruyantes et des jurons que j'entendais de temps en temps, des nuits où j'entendais ma mère pleurer et du temps où elle portait un plâtre au poignet. Était-elle vraiment tombée après avoir glissé ou son petit ami du moment lui avait-il fait du mal ? Tout comme la mère d'Ashley avait été maltraitée par les siens ?

Les mecs semblaient aimer nous faire du mal à nous, les filles, peu importe qu'on soit jeunes ou vieilles. Je me promis à moi-même que si quelqu'un me faisait encore du mal, je m'en irais, je ne deviendrais jamais une victime, il ne faudrait pas qu'un mur me tombe dessus pour que je sache que ça fait mal, oh non.

Le lendemain matin, je pris deux sacs avec moi, un sac de cours et un avec des vêtements de rechange pour le cinéma. Papa me demanda ce que nous allions voir et je faillis tout faire foirer, je ne savais même pas ce qui était à l'affiche, avant de me rattraper et de dire que ça dépendait.

"On est tout un groupe à y aller, alors on a décidé de choisir le film en arrivant au cinéma."

"Pas de films interdits aux moins de 18 ans, Bella."

"Papa, c'est une projection de fin d'après-midi ! Il n'y en aura pas."

Il hocha la tête et me serra dans ses bras, ce qui me fit me tendre instantanément. Chose qu'il remarqua tout de suite. Il se détacha et se recula pour me regarder sérieusement.

"Je sais que je te rends dingue, mais c'est seulement parce que j'aime ma petite fille."

Il fut un temps, je l'aurais cru, mais plus maintenant. Je le serrai vaguement dans mes bras, me forçant à lui dire les mots qu'il voulait entendre, juste par souci de maintenir la paix et la tranquillité.

"Je sais papa, mais ta petite fille grandit et peut supporter un film d'horreur maintenant."

Il grogna et me demanda de l'emmener en ville pour récupérer son pick-up, qui était une fois de plus au garage.

"J'ai des sculptures à déposer au magasin en ville et ensuite, je pourrai marcher jusqu'au garage."

Il voulait parler, me demander ce qui se passait en ce moment, si j'allais bien, ce qui me tracassait, mais j'allumai la radio et me concentrai sur la route en grognant simplement des réponses à ses questions jusqu'à ce que, finalement, il abandonne.

La journée me sembla si longue que j'eus du mal à me concentrer, à tel point que j'eus des problèmes en Géographie. J'étais en train de rêver au lieu d'écouter et je ne connaissais pas la réponse à une question posée par Mr Holmes. Je n'avais même pas entendu la question !

Plus tard, je n'évitai une retenue pour avoir échoué à un questionnaire en histoire que parce que j'étais habituellement une très bonne élève. Mais je savais qu'un message serait envoyé à mes parents pour demander s'il y avait un problème à la maison. La mère d'Ashley en recevait souvent, mais la mienne, jamais... Jusqu'à récemment, et ça les contrariait toujours.

"Ce n'est pas si grave, Bella. Tout le monde peut décrocher de temps en temps et tes parents ne vont pas en faire une crise. Bon sang, tu n'obtiens que des A, la plupart du temps."

Jasper

C'était bon de revoir Em et Rose et d'entendre les nouvelles de la famille. Visiblement, Alice avait encore des ennuis pour la façon dont elle m'avait traité, au moins avec Esmée et ces deux-là. Personnellement, je m'en foutais, j'étais bien mieux sans elle. Ça faisait du bien de faire ce que je voulais quand je le voulais, de reprendre ma vie en main et de n'être redevable de personne. Mais il y avait aussi l'épineux problème des Whitlock et de Bella.

Les deux premiers jours, nous nous concentrâmes sur le rafting, trouvant les zones les plus dangereuses et les plus difficiles de la rivière pour tester nos compétences, mais je suppose que je n'étais pas aussi doué que je le pensais pour cacher mes problèmes.

Après avoir dressé le camp le troisième soir et qu'Em soit parti chercher du bois pour le feu, Rosalie vint s'asseoir à côté de moi comme une sœur inquiète.

"Qu'est-ce qui ne va pas, Jazz ? Il y a quelque chose qui te tracasse, quelque chose qui te fait de la peine ? Tu veux en parler ?"

Je soupirai en fixant la rivière qui s'écoulait rapidement plutôt que de la regarder elle, en essayant de décider si je devais parler ou non.

"C'est à toi de décider, je ne te mettrai pas la pression si tu préfères garder ça pour toi, mais je déteste te voir malheureux parce que tu l'es, même si tu essaies de le cacher."

Je ris avec amertume.

"Je ne peux rien te cacher, n'est-ce pas, Rose ? Je ne sais pas vraiment par où commencer. C'est un putain de bordel."

Elle ne dit rien, restant simplement assise à côté de moi, une main sur mon épaule, et lentement je commençai à expliquer, ou du moins, j'essayai.

Quand je finis par me taire, je ne savais pas à quoi m'attendre, est-ce qu'elle comprendrait ? Ou sa réaction serait-elle hostile, comme celle de Peter ?

Elle enleva sa main de mon épaule et je me raidis, ça y est, on y était...

Mais elle prit ma main dans la sienne et la serra.

"Peter est un imbécile. Il te connaît mieux que quiconque, comment peut-il te croire capable d'une telle chose ? Je suis désolée, ça a dû être dur à avaler. Est-ce que tu en es sûr, Jazz ?"

Je hochai la tête lentement, "Oui, j'en suis sûr."

"Eh bien, dans ce cas, la seule chose à faire, c'est d'attendre ton heure. Tu dis qu'elle a dix-sept ans, ? Cela signifie que tu vas devoir attendre encore un an. A ce moment-là, Peter et Charlotte ne pourront plus rien faire, elle sera adulte et capable de prendre ses propres décisions. Elle doit se sentir tellement désorientée en ce moment. Même en tant qu'humaine, elle doit être influencée par l'attraction."

"Ouais, et maintenant elle me déteste. J'aurais dû m'y prendre plus délicatement. Au lieu de ça, j'ai dit la première chose à laquelle j'ai pensé pour la repousser. Comment va-t-elle passer outre, Rose ?"

"C'est ta compagne, elle s'en remettra, même si elle te le fera peut-être payer dans le futur. Pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous en Europe ? Nous aimons être en ta compagnie et tu ne veux pas vraiment retourner à l'université, n'est-ce pas ?"

Son expression d'horreur me fit rire.

"Je suppose que non et j'aimerais bien rester avec vous si tu es sûre que ça ne vous dérangera pas, Em et toi. "

"Ça serait génial, tu nous as vraiment manqué et on va s'amuser un peu. Pas vrai ?"

La façon dont elle dit ça sonna comme un avertissement : tu vas t'amuser ou sinon. Que pouvais-je faire d'autre à part accepter ? Ça m'occuperait un moment et donnerait à Bella le temps de grandir.

Emmett semblait vraiment ravi quand nous lui annonçâmes que je les accompagnerais en Europe. Je me sentis beaucoup mieux après ça, j'aimais Rose et Em, ils étaient honnêtes et francs, ils n'y avait pas de manières ni de langue de bois avec ces deux-là.

Il m'était quand même difficile de couper mes liens avec le Nebraska et Bella, même si j'avais compris que c'était nécessaire. Je caressai l'idée d'écrire à Peter et Charlotte, mais je doutai que ça puisse servir à quelque chose. Peter était tellement en colère contre moi et en retour, j'avais été si choqué par son attitude envers moi. Je me demandais ce que Charlotte en pensait, elle avait dû voir qu'il y avait un lien entre Bella et moi. Son don ne se trompait jamais, mais avait-elle refusé de comprendre ou décidé de garder ça secret jusqu'à ce que Bella soit plus âgée ? L'un des principaux problèmes était qu'ils étaient devenus parents et voyaient Bella différemment, elle était sous leur responsabilité, leur précieuse enfant, et ils feraient tout ce qu'il fallait pour la garder en sécurité et heureuse. Je suppose que l'idée que leur petite fille côtoie une créature telle que moi, après tout ce dont ils avaient été témoins, ce que j'étais capable de faire, leur était odieuse. Si seulement ils comprenaient mes vrais sentiments envers Bella.

Nous rentrâmes tous ensemble à Cheyenne. Je quittai mon travail et allai chez moi chercher mes affaires. Puis nous prîmes l'avion entre Cheyenne et Denver, puis à destination de Budapest. Apparemment, c'était un endroit qu'Em avait toujours voulu visiter et j'étais heureux de me laisser porter par le courant, bien qu'une fois dans les airs au-dessus de l'océan, je pus sentir que je laissais quelque chose de très précieux derrière moi. Je me demandais combien de temps il faudrait pour que l'attraction devienne trop grande pour la combattre. Un an peut-être... si j'avais de la chance.

Je pense que Rose comprit à quel point c'était dur pour moi parce qu'à un moment donné, elle m'attrapa la main et la serra, souriant face à mon expression et me faisant un clin d'œil. Je ne sais pas ce qu'elle avait dit à Em, probablement tout, mais si c'était le cas, il restait très discret. Il ne mentionna pas une seule fois les Whitlock, même s'il devait savoir par Alice qu'ils avaient disparu sans un mot. C'est peut-être pour ça qu'il m'avait contacté, pour me soutenir moralement. Quelle qu'en soit la raison, je leur en étais reconnaissant et je ferais de mon mieux pour ne pas gâcher leur voyage.

Em avait dressé une liste de tous les endroits qu'il voulait voir à Budapest, y compris la grotte de Pálvölgy, le musée hongrois de l'électrotechnique, principalement pour Rose je pense, le mémorial Chaussures au bord du Danube, le musée du flipper de Budapest et la Maison de la terreur. Je n'avais jamais entendu parler de certains de ces lieux et je savais que ça serait à la fois instructif et agréable, ce qui m'aiderait à rester sain d'esprit. Je savais qu'il avait des listes semblables pour d'autres villes qu'il avait l'intention de nous faire visiter et c'était encore mieux que de retourner à l'université.


Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'avoue que j'apprécie beaucoup l'apparition d'Emmett dans cette fiction, et vous? N'hésitez pas à me le dire.

Et puis, si ça vous intéresse, faite une recherche sur les lieux dont parle Jasper, ils existent vraiment !

A vendredi...