Mille pardons, je viens juste de me souvenir qu'on est vendredi. je suis un peu décalée, mon mari est malade depuis mardi et mes filles depuis hier, du coup, j'ai cru qu'on était samedi, vu que tout le monde est à la maison...
Voici donc le nouveau chapitre. Bon week-end et à mardi.
Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.
Chapitre dix-sept
Rosalie
J'avais tellement de peine pour Jasper, les choses avaient été très dures pour lui cette l'année, d'abord le divorce, bien que je n'aurais jamais parié sur le fait que ça arriverait un jour. Alice était charmante, je l'adorais en tant que sœur, mais en tant qu'épouse, en tant qu'épouse de Jasper, c'était un désastre absolu.
Certes, il avait eu besoin d'elle au début, mais elle n'avait jamais appris à lâcher prise, à lui permettre de déployer ses ailes et à être l'homme qu'il était vraiment. Alice était une sorte de maniaque du contrôle et ça s'était avéré trop envahissant pour cet esprit indépendant qui s'était battu pendant des années pour se libérer d'une poigne de fer. Jazz était la personne la plus aimante et la plus attentionnée que j'aie jamais rencontrée, à part Emmett bien sûr, mais même lui n'aurait pu en supporter autant.
Maintenant, il avait aussi perdu son meilleur ami. J'avoue avoir été choquée par le comportement de Peter, même si je ne connaissais pas très bien les Whitlock, ne les ayant rencontrés qu'une seule fois lorsqu'ils avaient rendu visite à Jazz à la maison. Ils semblaient très liés, unis par des années de dangers partagés et de camaraderie, mais le temps agit bizarrement sur les gens et l'amour peut creuser un fossé entre les amis les plus proches.
Je leur enviais cette opportunité qu'ils avaient eue de devenir parents, j'avais désiré ardemment une telle occasion. J'aurais agi de la même façon que Charlotte, mais il est évident que le fait de devenir parent vous change, change vos perspectives et vos priorités. Ils avaient été tellement absorbés par leur enfant qu'ils avaient complètement oublié leur ami, puis quand il était réapparu dans leur vie, quelque chose s'était terriblement mal passé.
Personne de sensé n'accuserait Jasper d'être un pervers qui s'en prendrait aux adolescentes très jeunes ou vulnérables, mais Peter était aveuglé par ses responsabilités et avait franchi une limite qui avait profondément altéré leur lien. J'espérais simplement qu'avec le temps, ils pourraient mettre tout ça de côté, d'autant plus que la jeune fille qu'ils considéraient comme leur fille était la compagne de Jasper. Sinon, ça ferait des étincelles quand Peter découvrirait leur relation. Au moins, il ne pourrait pas dire que Jasper avait traqué la jeune fille, nous lui servirions de témoins de ses errances en Europe au cours des dernières semaines.
Je sentais que quelque chose n'allait pas, Jasper était distrait et devenait distant, mais Em m'avait dit de le laisser tranquille.
"C'est déjà assez de dur pour lui d'être loin de sa compagne, il n'a pas besoin que tu le harcèles à chaque changement d'humeur."
Em avait peut-être raison, mais cela ne m'empêcha de parler à Jazz quand je le trouvai assis, seul, en train de regarder les Pyrénées au loin. Nous avions prévu de faire de l'alpinisme ensuite, quelque chose qu'Emmett adorait car il pouvait se hisser sur des parois verticales à la seule force de ses bras, son incroyable puissance démontrant sa supériorité, même si j'étais sûre que Jazz pourrait probablement lui en donner pour son argent. Edward était rapide, mais Jazz l'était tout autant, Em était fort mais Jazz aussi, il était le guerrier ultime et je suppose que c'était ce qui l'avait maintenu en vie durant toutes les années qu'il avait passées entouré de nouveau-nés et d'un commandant psychopathe.
"Ça va, Jazz ? Tu es très silencieux."
Il soupira et se tourna vers moi en souriant légèrement.
"Toujours à veiller sur moi, n'est-ce pas, Rose ? Oui, je vais bien... Je crois."
J'observai son visage, perplexe face à cette réponse.
"Tu n'es pas sûr ?"
"C'est la fille, Bella. Je peux la sentir, comme une présence fantomatique qui plane aux limites de mon esprit et je m'y habitue lentement. Je veux dire, avec un peu de chance, ce n'est que pour quelques années. Mais pour l'instant... Je ne sais pas comment t'expliquer, Rose. Cette sensation change, elle se métamorphose en autre chose. C'est comme si quelque chose s'était passé. Je ne sais pas. Peut-être que c'est parce qu'elle est en train de grandir, mais c'est beaucoup plus présent maintenant. J'imagine que je m'y habituerai aussi avec le temps. Tu comprends ce que je veux dire ? Bon sang, je ne suis pas sûr de me comprendre moi-même."
Je secouai la tête.
"Pas vraiment, mais je ne me suis jamais retrouvée dans cette situation. Tu crois que c'est à cause de la distance qui vous sépare ?"
"Non, j'étais plus loin quand on était en Slovaquie. Si c'était le cas, je devrais me sentir mieux en me rapprochant d'elle, tu ne crois pas ?"
"Tu demandes à la mauvaise personne. Pourquoi tu n'en parlerais pas avec Carlisle ?"
"Tu crois qu'il saurait ? J'en doute. C'est peut-être parce que je pense à elle un peu plus chaque jour, même si j'essaie de ne pas y penser. Je crois que j'ai peur de rater ma chance, c'est tout. Elle pourrait rencontrer un humain et tomber amoureuse, et après ?"
Je ne savais pas comment répondre à cette question, mais je me dis que s'il y avait un lien entre eux deux, elle ne trouverait pas le grand amour ailleurs.
"Ça n'arrivera pas, Jazz. Ça ne marche pas comme ça. Même si elle pense être amoureuse, dès qu'elle te verra, elle saura qu'elle avait tort. Quoi qu'il en soit, d'après ce que tu as dit sur Peter, je doute qu'un type s'approche assez pour capturer son cœur."
Il sourit, "Je suppose que tu as raison. J'aimerais juste que le temps ne passe pas si lentement, Rose."
Je pris sa main et je la serrai, "Je sais, mais chaque jour qui passe est un jour de moins à attendre et je suis sûr qu'elle ressent la même chose, même si elle ne comprend pas pourquoi."
"Ouais, peut-être. J'essaie toujours de trouver un moyen de m'excuser pour ce que je lui ai dit."
Je grimaçai en me levant et en lui tendant la main.
"Eh bien, ça devrait te tenir occupé un moment. Maintenant, viens, on a une montagne à gravir, une vraie, cette fois."
Bella
Ashley et moi restâmes à l'abri des regards à l'arrière du camping-car alors que nous quittions la ville, ignorant toujours notre destination finale, mais gloussant comme deux écolières au début d'une aventure et, en vérité, c'était bien de ça dont il s'agissait !
C'était le début d'une nouvelle vie pour nous deux. Nous étions enfin responsables de nos propres actions et prêtes à prendre les décisions qui affecteraient nos vies. Le monde entier s'étendait devant nous, ou du moins une partie du monde, en tout cas. Je pouvais décider moi-même de ce que je faisais et quand je le faisais. Plus besoin de courir partout, à l'entière disposition de mes parents, pour faire ce qu'ils voulaient quand ils le voulaient. Plus de règles stupides, plus de punitions et j'étais libre de choisir mes amis.
Bien sûr, la communauté que nous allions rejoindre avait ses propres règles, mais elles semblaient peu nombreuses et assez simples et n'étaient pas conçues pour nous écraser. D'après ce que nous avions entendu, la vie là-bas semblait idyllique. Plus d'école à moins que nous ne choisissions de poursuivre nos études. Pourtant, quoi que nous fassions, nous serions appréciées, nous ferions partie de quelque chose de chaleureux et d'accueillant. Personne ne critiquerait ce que nous ferions, notre façon de nous habiller ou de parler, cela ressemblait à un pur bonheur.
Et il y avait aussi une réelle possibilité d'une liaison sérieuse avec Luke. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme lui, quelqu'un qui se souciait énormément de moi, de mes besoins et de mes désirs. On aurait dit qu'il était amoureux de moi. J'étais presque certaine qu'il voulait que nous devenions un couple une fois que nous serions arrivés dans la communauté. Peut-être même qu'on se marierait, il avait été très clair : le concubinage n'existait pas dans la communauté, bien que je soupçonnais Ash et Timothy d'être devenus très proches ces derniers jours. Elle n'en avait pas vraiment parlé, mais il était assez clair qu'ils avaient été intimes. Je ne l'aurais pas fait, mais j'acceptai l'idée qu'elle et moi étions différentes sur ce plan.
"On y est, Bella, le début de notre nouvelle vie. Timothy m'a dit qu'on peut même changer nos prénoms si on veut. La plupart des membres de la communauté choisissent de nouveaux prénoms lorsqu'ils la rejoignent, ça fait partie du nouveau départ. Ils sont principalement tirés de la Bible, mais ce n'est pas si mal et je déteste Ashley. Je veux devenir une nouvelle personne, qui renaîtra des cendres de mon ancienne vie. Qu'est-ce que t'en penses ? C'est bien ou pas ?"
J'éclatai de rire, mon amie était déjà si différente, joyeuse, le cœur léger et les yeux brillants d'excitation.
"Alors qu'est-ce que tu penses de... ? Bathsheba ? Ou Salomé ?"
Elle me donna un léger coup de poing dans le bras.
"Hé, je ne suis pas comme ça. Je pensais peut-être à Loïs, apparemment, ça veut dire «meilleur» et ça va être une vie meilleure. Et toi ?"
Je fis une grimace, je n'avais pas pensé devoir changer mon nom, mais je suppose que c'était logique : un nouveau nom pour une nouvelle vie.
" Laisse-moi y réfléchir. Tu sembles avoir déjà pensé à beaucoup de choses."
Elle haussa les épaules en ouvrant une barre de chocolat qu'elle avait tirée du sac de nourriture que les gars avaient laissé pour nous.
"J'en avais parlé avec Timothy, de partir avec lui, je veux dire. Il m'a beaucoup parlé de la communauté, cela semble si différent, si simple. Hey, ça sera comme La petite maison dans la Prairie."
Nous éclatâmes toutes les deux de rire à cette idée, mais elle avait raison, ce serait comme remonter le temps, mais sans les filles obligées de faire toutes les tâches merdiques pendant que les hommes s'amusent, montent à cheval, s'entre-tuent et partent à la chasse. Je suppose qu'avec les supermarchés, ce n'était pas vraiment nécessaire, mais quand même, cuisiner sur un feu ou sur un poêle à bois serait quelque chose de nouveau, peut-être même effrayant au début.
"Je me demande comment ils se baignent. Tu crois qu'ils ont des baignoires en étain comme dans les westerns ? Ou est-ce qu'ils vont à la rivière ou au lac ? On pourrait aller se baigner à poil."
Je la regardai avec horreur.
"Whoa, je n'irai pas dans un bain collectif, pas même avec toi Ash."
"Loïs, souviens-toi, pas Ashley, plus maintenant."
Nous nous arrêtâmes au milieu de la nuit à Dodge City pour manger et utiliser les toilettes, celles du camping-car étaient correctes, mais un peu déconcertantes lorsque le véhicule était en mouvement.
Pendant qu'on attendait des hamburgers au drive-in, je demandai à Luke où on allait.
"Tu sais que tu ne m'as jamais dit où se trouve ta communauté."
"Vraiment ? Je suis désolé. C'est en Louisiane. J'ai bien peur que nous ayons encore un long chemin à parcourir. Vous devriez dormir un peu toutes les deux. Timothy et moi nous relaierons pour conduire. Tu dois être épuisée."
Je devais lui parler d'une chose qui me tracassait depuis des heures, ça me rendait dingue.
"Tu crois que les flics iront interroger ton père à propos de nous ? Je veux dire, s'il nous a vues ou quoi que ce soit ?"
Luke me sourit.
"Ne t'inquiète pas, vous avez toutes les deux plus de 16 ans, donc la police ne fera rien pour le moment. Le temps qu'ils agissent, nous serons chez nous, sains et saufs, et personne ne nous reliera à votre fugue."
"Mais s'ils le font, peuvent-ils nous forcer à rentrer chez nous ?"
"C'est difficile, d'abord, il faudrait qu'ils prouvent que vous vivez dans notre communauté et comme nous avons une certaine protection contre la loi, ce ne serait pas facile. Malheureusement, comme vous vivez toutes les deux au Nebraska, il y a une loi qui dit que vous ne pouvez pas quitter la maison avant d'avoir atteint l'âge de 19 ans, alors oui, s'ils peuvent prouver que vous vivez avec nous, ils pourraient théoriquement essayer de vous faire renvoyer au Nebraska.
Ashley haussa les épaules, elle ne semblait pas du tout préoccupée par tout ça.
"Je ne pense pas que ma mère fera beaucoup d'efforts pour me retrouver et j'ai dix-huit ans, alors les flics ne s'inquiéteront pas trop pour moi. Par contre, ça pourrait être plus dur pour toi, Bella."
Ses derniers mots me frappèrent. Ash avait raison et je me sentais malade à l'idée d'être ramenée chez moi par la police, je préférerais mourir plutôt que de subir cette humiliation.
Luke sembla sentir mon humeur parce qu'il passa un bras autour des mes épaules et me serra contre lui.
"A vrai dire, la situation de Bella n'est pas aussi sombre que ça. Les gens avec qui elle vit ne sont pas ses parents biologiques et, pour autant que je sache, ils ne l'ont pas adoptée officiellement. Tout ce qu'ils imagineront, c'est qu'elle aurait pu retrouver son père biologique et partir pour le rencontrer. Si la police la retrouvait dans la communauté, ils pourraient découvrir qu'il est l'un des nôtres et, bien sûr, il voudrait qu'elle vive avec lui."
Je fronçai les sourcils anticipant des problèmes pour lui.
"Cela ne mettrait-il pas ta communauté en danger ? Je veux dire, vous ne pourriez rien prouver, n'est-ce pas ?"
"Peut-être que non. Et si tu leur envoyais une lettre disant que tu as pris contact avec ton père biologique et que tu as décidé d'aller vivre avec lui ? Ils pourraient te rechercher autant qu'ils veulent. Le seul indice qu'ils auraient serait le cachet de la poste sur une enveloppe."
Je préférai nettement cette idée, je n'avais aucune envie qu'on me traque comme une sorte de criminelle. Bon sang, je n'avais rien fait de mal.
"Peut-on trouver quelqu'un pour poster une lettre si j'en écris une ?"
"Bien sûr. La communauté a beaucoup d'amis qui seraient prêts à le faire pour nous. En fait, si tu écris ta lettre maintenant, je peux l'envoyer tout de suite à un de nos amis. Je connais quelques adresses que je peux utiliser. As-tu une idée de l'endroit où se trouve ton père biologique ?"
J'hésitai car je n'avais dit à personne ce que j'avais découvert sur mon père, pas même à Ashley, et je hochai la tête.
"Oui, il vivait dans une ville appelée Forks dans l'état de Washington. J'ai trouvé une coupure sur lui il y a quelque temps."
"Parfait ! Ça pourrait être difficile d'y trouver quelqu'un pour envoyer ta lettre, et puis c'est pas sûr qu'il soit toujours là-bas après toutes ces années. On peut envoyer cette lettre de n'importe où, c'est juste un écran de fumée. Ils peuvent suivre une piste du Texas à Forks aussi longtemps qu'ils le veulent. Cela vous fera disparaître et tiendra la communauté à l'écart de tout ça."
Je hochai la tête : "Alors, faisons-le."
Alors que j'écrivais la courte note adressée à maman et papa, je m'émerveillais de mon courage. J'allais me libérer des seuls parents que j'avais jamais connus. Je serais seule au monde, mais je m'en fichais. J'espérais qu'ils passeraient des années à me chercher et qu'ils se sentiraient mal en sachant que c'était leur comportement qui m'avait obligée à fuguer.
Cependant, je ressentis un léger sentiment de panique lorsque je remis l'enveloppe à Luke qui la prit soigneusement par le coin à l'aide d'un mouchoir en papier.
"C'est pour quoi faire ?"
Il haussa les épaules.
"Je suis probablement trop prudent, mais la police pourrait bien relever les empreintes présentes sur l'enveloppe pour s'assurer que c'est bien toi qui a écrit et posté la lettre."
Ashley fronça les sourcils.
"N'es-tu pas un peu paranoïaque, Luke ? Ils penseront sûrement que les empreintes inconnues viennent de quelqu'un au bureau de poste."
Il se retourna vers Ash, l'air très sérieux.
"Il vaut mieux être prudent."
Elle fit une grimace et retourna son attention vers Timothy nous laissant quelques minutes à Luke et moi pour nous embrasser et nous câliner. J'avais besoin d'être rassurée et je me sentais déjà mieux quand les gars nous laissèrent finalement à l'arrière du camping-car pendant qu'ils repartaient, en route vers la Louisiane. Je n'y étais jamais allée, et je n'en connaissais rien, et ça me rendis encore plus nerveuse alors qu'Ash ne semblait pas du tout stressée.
"Profite Bella, c'est le début du reste de ta vie et c'est toi qui est finalement aux commandes. Que demander de mieux ?"
Quoi en effet ?
