Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.


Chapitre Dix-huit

Charlotte

Je pouvais voir sur le visage de Peter qu'il n'était pas très content quand il rentra. Le bruit de la porte qui claque le trahit aussi un peu.

"Où t'étais passée, bordel ? Tu ne réponds plus à ton téléphone ? Qu'est-ce que je dois faire ? Envoyer des signaux de fumée ?"

Je le regardai, ébahie.

"Quoi ? Tu ne m'as pas appelée. Mon téléphone n'a pas sonné une seule fois."

"Oh vraiment ? Tu as changé de numéro ?"

"Non, bien sûr que non, et avant que tu le demandes, oui, je l'avais toujours avec moi."

"Vraiment ? Alors peut-être que tu as besoin d'un putain d'appareil auditif. Parce que je t'ai appelée comme un fou."

"Mais... La seule fois je ne l'ai pas eu sur moi, c'est quand Bella me l'a emprunté pour me mettre une nouvelle sonnerie."

Il me regarda fixement, les yeux jaillissant presque de sa tête.

"Bella ? Tu as vu Bella ? Où est-elle ?"

Avant que je puisse répondre à sa question, il était en haut, criant le nom de notre fille et jurant quand il n'obtint pas de réponse.

Décidant que je ne réussirais pas à lui faire entendre raison tant qu'il courrait partout comme un fou, j'attendis qu'il me rejoigne avant de parler.

"Elle m'a dit que vous vous étiez disputés elle et toi, et maintenant je comprends pourquoi elle m'a appelée pour que je vienne la chercher et pas toi."

"Tu es allée la chercher ? Où ça ? Où est-elle ? Charlotte allez, j'attends des réponses."

"Peter, où as-tu passé toute la journée ? Je pense que le soleil a dû t'abîmer le cerveau. Bella est chez Natalie, comme tu le lui avais permis."

Il fronça les sourcils et je pus voir qu'il n'avait aucune idée de ce dont je parlais, je me sentis soudainement très mal à l'aise.

"Peter, assieds-toi, reprends tes esprits et dis-moi ce qui se passe."

Il s'affaissa sur une chaise, poussant encore quelques jurons, puis il me parla de sa chasse au dahu après que Bella aie décidé de sécher l'école.

"Tu l'as laissée rentrer en ville toute seule ?"

"Non, c'est elle qui a décidé et elle était déjà en ville. Je pensais qu'elle était retournée chez cette fille, mais l'endroit était vide quand j'ai finalement pu y jeter un coup d'œil. Cet appartement est une vraie porcherie. Le reste du temps, je l'ai passé à chercher Bella et à t'appeler, les deux en vain. Pendant que tu faisais amie-amie, tu aidais cette petite salope à disparaître à nouveau en ville. Donne-moi ton portable et va appeler Natalie pour voir si Bella y est allée."

Je sortis mon téléphone et je le lui donnai avant d'appeler Jean pour découvrir que, ce soir-là, sa fille était à un récital en compagnie de son père et que personne n'avait vu Bella ce jour-là.

"J'ai entendu dire qu'elle avait séché les cours, Charlotte. C'est tellement inquiétant quand ils décident de nous mener en bateau. Peter doit être hors de lui, elle a disparu depuis longtemps ?"

J'essayai d'expliquer que Bella n'avait pas vraiment disparu, qu'elle se rebellait simplement contre la punition de son père qui l'avait consignée. Elle sembla comprendre, bien que Natalie n'ait jamais agi de cette façon, et me promis de me faire savoir si Bella contactait sa fille ou si Natalie savait quelque chose.

"Allez-vous appeler la police ?"

"Oh, non. Je ne pense pas que ce soit nécessaire, elle est juste partie en vrille. Elle reviendra bientôt, mais merci, Jean."

"De rien, Charlotte, et s'il y a quoi que ce soit qu'on puisse faire pour vous aider, n'hésitez pas à rappeler."

Pendant que je terminais ma conversation, mon téléphone, que Peter avait jeté à travers la table, s'arrêta devant moi.

"J'ai appelé ! Regarde ton écran, six appels manqués de ma part, et tu sais pourquoi tu ne les as jamais reçus ? Parce que notre fille a éteint le son et le vibreur de ton putain de téléphone. Cette fille restera enfermée dans sa chambre pour les cinq prochaines années quand je la retrouverai."

"Calme-toi, Peter. Nous n'avons aucune idée d'où elle est et je suis vraiment inquiète maintenant."

"Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle te voulait de toute façon ?"

"Elle m'a dit qu'elle devait récupérer ses manuels scolaires et ses notes pour le projet qu'elle devait faire avec Natalie."

J'hésitai avant de révéler la vraie raison de mon inquiétude, mais il avait le droit de savoir.

"Et ce n'est pas tout."

"Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi elle rentrerait à la maison pour disparaître à nouveau ? Ça n'a pas de sens."

"Peter, je crois qu'elle a fait une fugue. Elle a pris des vêtements. Elle m'a dit qu'ils étaient pour une œuvre caritative de Jean, tu sais, le refuge."

Il continua à me regarder fixement,

"Et tu l'as crue ?"

"Pourquoi pas ? Elle ne nous a jamais menti auparavant. Je ne sais pas ce qui lui a pris dernièrement."

"Je le sais, moi. Elle a changé après SA visite. Je ne serais pas surpris qu'il l'aie encouragée à faire ça."

Je le regardai avec étonnement.

"Qui ?"

Puis je compris.

" Tu parles du Major ? Tu crois vraiment qu'il nous ferait ça ? Qu'il lui ferait ça à elle ? Pour l'amour de Dieu, Peter, écoute-toi. Tu as même vérifié la zone pour t'assurer qu'il ne traînait pas dans le coin. Je crois que tu perds le sens des réalités. Je le pense vraiment."

"Eh bien, merci pour ta confiance en moi, Charlotte. Tu ne connais pas les hommes comme je les connais. N'importe quelle femme est une proie facile, même les jeunes filles, pour certains hommes."

"S'agit-il d'une expérience personnelle ? "

"Quoi ? Je n'ai aucune idée de ce dont tu parles et on n'a pas le temps pour tes conneries. Tu as laissé Bella devant la maison du maire ? Alors nous commencerons à partir de là. Ou du moins je commencerai, toi, tu appelles cette amie et tous les autres amis auxquels tu penses pour voir si elle ne pourrait pas être avec eux et si tu n'as pas de réponse... tu pourrais essayer notre bon ami le Major, voir si tu peux découvrir où il est ?"

Il repartit en trombe et je pris une grande inspiration. Je n'avais jamais vu Peter aussi en colère et inquiet. Il ne supportait pas de se sentir rejeté par Bella, la fille qu'il adorait et qui, jusqu'à récemment, l'idolâtrait.

Je suppose que nous aurions dû nous attendre à ce que la vie devienne plus difficile à mesure que Bella grandissait et commençait à s'éloigner de nous pour trouver sa place dans le monde. Ses sentiments la rendaient confuse, elle était frustrée que nous la traitions, du moins à ses yeux, comme une enfant quand elle se sentait adulte. Elle voulait être aimée, avoir un petit ami, être comme ses amies.

Personnellement, je pensais que Peter était jaloux de la relation de Bella avec Ashley qui occupait la plupart de son temps libre ces derniers temps. Les deux filles étaient proches, mais lui en vouloir pour ce que Bella avait fait dernièrement était tout à fait injuste. Sa mère menait peut-être une vie que nous désapprouvions, mais rien de ce que j'avais vu ou entendu ne me laissait croire qu'Ashley suivait le même chemin.

J'allai dans la chambre de Bella pour voir s'il y avait quelque chose qui pourrait me donner une idée de ce qu'elle pensait ou de l'endroit où elle avait pu aller. Les vêtements qu'elle avait pris étaient tous simples et pratiques, il semblait donc peu probable qu'elle soit partie retrouver quelqu'un. Son téléphone avait disparu et, lorsque je vérifiai, la boîte dans laquelle elle gardait ses économies aussi, ce qui augmenta mon inquiétude. Visiblement j'avais raison, elle n'avait pas l'intention de revenir de sitôt, mais quitterait-elle vraiment la ville ou se cacherait-elle quelque part ? L'endroit le plus évident serait chez Ashley, mais c'était aussi l'un des premiers endroits où nous irions la chercher. Alors où pourrait-elle aller ? Elle n'avait pas d'autre famille que nous, pas de parents et pas d'amis autres que ceux qu'elle avait rencontrés ici, à l'école.

J'allumai son ordinateur portable et entrai le mot de passe, elle ne l'avait jamais changé, c'était toujours Princesse. Je détestais faire ça, mais je vérifiai ses e-mails et ses discussions, mais il n'y avait rien ici qui pourrait aider. La plupart du temps, elle conversait avec Ashley, Natalie, Sara et quelques autres amies, mais il n'y avait rien à propos de sa fugue ou de l'endroit où elle pourrait aller. C'était clair qu'elle était malheureuse et qu'elle nous blâmait, enfin, surtout Peter, d'être dominateurs et autoritaires, mais c'était le même discours que tous les adolescents à travers les âges !

Parce qu'elle était connectée à Facebook, je tentai d'abord ma chance avec Sara, et lui envoyai un message. Elle n'avait pas vu Bella et voulait savoir si elle allait bien car elle ne l'avait pas vue à l'école aujourd'hui. Elle n'avait aucune idée d'où était Bella et ne pouvait pas m'aider. Je la crus parce qu'elle pensait que j'étais Bella quand j'avais envoyé le premier message et avait demandé si j'étais malade ou si j'avais besoin d'une copie de ses notes prises pendant les cours de la journée.

Quand j'appelai chez Ashley, un homme me répondis. Il sembla agacé quand je demandai à parler à Deb et quand celle-ci prit le téléphone, elle n'était pas plus amicale.

"Deb. Je suis désolée de vous déranger, mais est-ce que Bella est là ?"

"Quoi ? Écoutez, j'ai promis à votre mari que je ne permettrai plus à votre fille de venir ici et je l'ai fait. Elle n'est pas là et je ne sais pas où elle est."

"Pourrais-je parler à Ashley alors ?"

"Non, elle boude dans sa chambre. Maintenant, arrêtez de m'embêter."

Elle raccrocha le combiné avec fracas, pensant probablement clore le sujet, mais j'étais sûre que mon mari frapperait à sa porte très bientôt et qu'il n'accepterait pas un refus comme réponse.

Je l'appelai et fut soulagée quand il répondit immédiatement.

"Tu as découvert quelque chose ?"

"Pas vraiment. Je ne pense pas qu'elle soit avec ses amies, mais Peter, elle a pris ses économies avec elle. Tu crois qu'elle a quitté la ville ?"

"Comment, Char ? Sa voiture est toujours à la maison."

"Et un bus ou un train ? Elle aurait pu aller à Denver en bus."

"Pourquoi ferait-elle ça ? Elle ne connaît personne à Denver... A moins que..."

Je levai les yeux au ciel, pas encore, je t'en pris !

"Non, Peter. Je ne te suivrai pas dans cette idée et si tu as encore quelques neurones qui fonctionnent, tu ne le fera pas non plus."

"Alors, tu as réussi à le joindre ?"

"Je n'ai pas encore essayé, j'étais occupée à chercher où Bella était allée. Je vais essayer maintenant, mais je veux que tu essaies chez Ashley. Sa mère y est avec un type, mais je n'ai pas pu parler à Ashley, elle ne m'a pas laissée faire et si quelqu'un sait ce que fait Bella, c'est bien sa meilleure amie. Oh, et Peter, s'il te plaît, ne tue personne. Et quand tu auras fini là-bas, reviens à la maison. Il faut qu'on parle, c'est important."

Je ne savais pas s'il m'avais entendue, je ne pouvais qu'espérer qu'il ferait ce que je lui demandais, mais pour l'instant, je devais passer l'appel que j'avais remis à plus tard. Non pas parce que je croyais que le Major puisse être impliqué dans la disparition de Bella, mais parce que je savais qu'une fois qu'il aurait découvert qu'elle avait disparu, il ne pourrait pas se tenir à l'écart des recherches. Et j'étais sûre que Peter et lui allaient s'empoigner pour de bon et je ne voulais même pas y penser, ni à l'issue possible.

Je retins mon souffle en composant son numéro et en attendant d'être connectée, mais l'appel tomba directement sur la messagerie vocale. Évidemment, il était hors de portée ou son téléphone était éteint parce qu'il était à la chasse. Je refusais de croire qu'il était sur la route quelque part avec Bella, mais c'était la première conclusion à laquelle Peter allait arriver. Je décidai de continuer à essayer de le joindre plutôt que de laisser un message, après tout, que pourrais-je dire ?

J'essayais encore de joindre le Major quand Peter arriva à la maison une heure plus tard, l'air plus frustré que jamais.

"Cette putain de femme, j'ai failli la jeter par la fenêtre avec son petit ami. Ils étaient tous les deux ronds comme une queue de pelle et n'avaient aucune idée de l'endroit où était Ashley. Sa mère ne savait même pas qu'elle n'était pas à la maison, cette salope stupide pensait que la gosse était au lit. Elle n'avait aucune idée d'où était sa fille et ne semblait pas s'en soucier non plus. Tu as eu plus de chance ?"

Je regardai mon téléphone et secouai la tête.

"Je tombe directement sur la messagerie, mais..."

Peter leva la main pour m'arrêter.

"Je sais, je sais, je sais, il ne peut pas être là, quelque part avec notre fille, Dieu défend à Saint Jasper Whitlock de faire une chose pareille. As-tu oublié son comportement à la fête ?"

Avant que j'aie pu lui faire remarquer que nous n'avions aucune idée de ce qui s'était réellement passé cette nuit-là, il continua à parler.

"Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"

"Je sais ce qu'il ne faut pas faire. Nous ne devons pas impliquer la police."

Il fronça les sourcils,

"Pourquoi pas ? C'est pas pour ça que je paie mes putains d'impôts ?"

"Réfléchis, Peter. Légalement, nous n'avons aucun droit sur Bella. Et s'ils découvrent qui elle est vraiment ? Ils pourraient nous la prendre et nous devrions disparaître. On ne la reverrait plus jamais et elle pourrait même penser qu'on est responsables de l'accident qui a tué sa mère."

Il s'affaissa sur sa chaise en passant sa main dans ses cheveux noirs et en jurant plus discrètement.

"Qu'ils aillent se faire foutre, on n'a pas besoin des flics, on est des vampires, on peut trouver un enfant humain."

"OK. As-tu pu suivre l'odeur de Bella depuis la maison de Jean ?"

"Oui, elle est allée au parc. Je ne l'ai pas vue tout à l'heure quand j'y étais, mais je l'ai suivie jusqu'au parking, Ashley aussi. Elles étaient toutes les deux ensemble aujourd'hui dans ce parc."

"Et après ?"

"Puis plus rien, son odeur a disparu. Peut-être qu'elles sont allées se balader avec des amis, je ne sais pas Charlotte. Je n'en sais rien, putain."

Je m'approchai de lui, posai les mains sur ses épaules tendues et essayai de le réconforter.

"Nous la trouverons, Peter. Elle est juste frustrée et en colère contre nous. Elle a décidé de s'enfuir, mais elle réalisera bientôt qu'elle n'a nulle part où aller. Tout ce que nous avons à faire est de continuer à chercher, elle n'ira pas loin et la bonne nouvelle, c'est qu'elle n'est pas seule, elle est avec Ashley et deux filles ensemble sont plus en sécurité qu'une seule."

Il soupira fortement et passa une main sur son visage.

"Je suppose que oui. J'y suis même retourné et j'ai parlé au pasteur, tu sais, celui qui organisait le barbecue de l'église où les filles sont allées. Il semblait assez sincère, il m'a proposé de m'aider à la chercher et a promis que ses fidèles fouilleraient le parc. Il ne se souvenait pas de Bella ou d'Ashley en particulier, mais pourquoi s'en souviendrait-il ? Il y avait beaucoup de monde dimanche. Qu'est-ce que je vais faire si on ne la retrouve pas ? Et si elle avait été enlevée ?"

"Elle n'a pas été enlevée. Elle a dû trouver un endroit où se cacher. Allez viens, allons faire un tour, voir si on peut trouver où deux adolescentes pourraient aller et pendant ce temps... je vais continuer d'essayer de joindre le Major."

Il sauta sur ses pieds, heureux d'avoir un but une fois de plus.

"Ouais, on fait comme ça. Allez."

Je conduisis, donnant à Peter une chance de d'apercevoir Bella dans les rues sombres de la ville. Je m'arrêtai au parc pour qu'il puisse reparler au prédicateur, mais nous pouvions voir des gens avec des lampes de poche vérifier les bois et les buissons, donc ils n'avaient manifestement pas trouvé Bella ou Ashley. Elles étaient ensemble, j'en étais convaincue. Elles se cachaient quelque part et essayeraient de rester planquées jusqu'à ce qu'elles reprennent leurs esprits et réalisent qu'elles n'avaient nulle part où aller et personne à qui s'adresser. Je me demandais juste combien de temps cela prendrait et si mon pauvre mari pourrait survivre aussi longtemps.