Sais-tu qui je suis ?
Chapitre 13 : Manipulations
Noir. Humide. Frai. Ce fut les premières pensées que Kate put former.
- La belle aux bois dormant s'est réveillée ? demanda Stiles sombrement
- Qu-qu'est-ce que tu me veux ?
- Rire. Je veux rire. Je te l'ai dit juste avant de t'assommer. Tu t'en souviens pas ?
Un rire machiavélique sortit de la bouche de l'adolescent. Un rire que personne ne lui connaissait.
Ayant repris partiellement ses esprit, la blonde essaya de marquer, mais elle ne put faire un geste. Elle essaya de bouger ses bras qui commençaient à s'enquilloser, mais ne put les déplacer.
Attachée par les pieds et par les mains sur une grille de métal à la verticale, elle reconnut l'endroit. La cache secrète des Argent. Juste là où elle avait enfermé Peter et son neveu pour apprendre à Allison l'existence des loup-garous et le rôle de sa famille.
- Qu'est-ce que tu vas me faire ?
- Ce que tu nous as fait. Plus précisément ce que tu lui as fait.
Elle sentit une décharge qui traversa tout son corps. Cependant qu'elle soit douce, elle s'inquiéta des suivantes qui ne risquaient pas de l'être.
Une deuxième. Comme elle l'avait imaginé, elle se fit plus forte.
Une troisième. De plus en plus. Elle prit peur.
Une quatrième. Cette fois, des larmes roulèrent sur le bord de ses joues.
Une cinquième. Kate ne pus retenir ses cris de douleur.
La porte s'ouvrit doucement. Chris apparus. Il avança, sans être le moins du monde menaçant vers l'adolescent.
- Arrêtes, Stiles. Ce n'est pas toi, dit-il d'un ton calme.
- Au contraire. C'est exactement moi, répondit-il en tournant sa tête vers le nouveaux venu
Devant l'expression neutre de son visage et la froideur avec laquelle il l'avait contredit, Chris fît un pas en arrière. Effrayé ? Peut-être. Il n'avait jamais vu l'adolescent dans cet état, même à l'époque du Nogitsune.
En y réfléchissant, les Calavera avaient demandé au chasseur de retourner à Beacon Hills car sa sœur y avait été aperçue, mais ne l'avaient pas accompagné. Sans doute savaient-ils ce qu'il se passait ici, car partout, certainement dans le monde entier, la nouvelle d'une meute de couple qui portait en son sein un ancien Dieu avait été ébruitée. Effectivement, ce genre d'annonce ne passe pas inaperçue.
Malgré tout, il n'avait jamais parlé de la raison de son retour, pour ne pas alerter la meute, car les personnes qui avaient parlé d'un « animal vert et bleu aux longues griffe et aux grande dents » n'étaient autre que deux héroïnomanes.
Une nouvelle décharge secoua le corps de la femme, plus douce que les précédentes, mais continue. Tandis que les premières ne duraient que quelques secondes, celle-ci fut longue, douloureuse.
En voyant le visage de Chris qui se renfermait petit à petit, Stiles se décida à se rapprocher. Pendant que le corps de sa sœur continuait d'être parcouru d'électricité, le chasseur esquissa un pas en arrière, mais l'adolescent continua et tendis le bras pour venir prendre celui de son vis-à-vis dans sa main.
Soudain, des images d'horreur apparurent dans l'esprit du plus vieux. Les images des crimes de sa sœur. Tout. Aucun souvenir ne fut épargné. Chaque visage, chaque corps sans vie de ses victimes étaient passés en revue.
Son regard devint noir de haine, il tourna la tête pour aviser la jeune femme. Il l'entendait le supplier d'arrêter l'adolescent avant qu'il ne la tue.
Il attrapa la main de Stiles doucement et se délaissa de son emprise. Une fois fait, le plus jeune alla éteindre le générateur à côté duquel se tenait désormais Chris, puis il regarda Kate, d'un air malicieusement mauvais.
- Peut-être à bientôt ma belle. J'ai bien rit, mais ça ne dépend plus de moi.
- Il lui fît un clin d'œil puis partit.
Refermant la porte derrière lui, il laissait Christopher Argent, un chasseur aguerris, envoyé par les Calavera, chasseurs de famille eux aussi, avec Kate Argent, un monstre qui avait tué tant de personnes, prit tellement de vie et torturer nombre incalculable de gens, pour le plaisir, pour étancher une haine immense, seul. Dans une pièce où personne ne pourra savoir ce qu'il s'est réellement produit.
Lorsqu'il ouvrit la porte, comme il s'y était attendu, la meute était ici, au grand complet.
- Ça va mieux ? s'enquit Derek
- Oui, merci mon loup, répondit-il avec un sourire
Chacun lui fît une accolade, comme pour se rassurer. Comme pour se dire « oui, c'est lui, c'est Stiles, il n'a pas changé ». Et cela fonctionnait. Chacun était rassuré.
- Bien, maintenant qu'il est rentré, je vous propose tous de rentrer chez vous, ou de dormir ici, mais la discussion qui dure des heures, on la fera demain, je veux juste me reposer, lança le shérif
- John a raison, vous devriez aller dormir, l'appuya Charles.
Après des sourires entendus, tous repartaient chez eux, ou chez leurs petits amis respectifs pour d'autre.
Derek resta avec Stiles pour la nuit. Il voulait s'assurer que le garçon allait bien. Vraiment bien. Car malgré le visage souriant et les traits détendus, Derek connaissait Stiles. Il savait qu'il arrivait parfaitement à cacher ses émotions. C'est donc tout naturellement qu'il se dirigea vers sa chambre accompagné du jeune homme.
- Laisse tomber le masque maintenant. Ça va ?, dit Derek
- Didou, commença Stiles, irrité mais attendrit à la fois par l'attention que lui portait son loup. Ça va, vraiment. Je vais mettre du temps à m'y faire. Avoir deux côté aussi opposé en moi c'est bizarre, mais j'ai toujours fonctionné comme ça. La seule différence c'est que maintenant, mon côté obscure est plus fort.
Derek sourit, l'adolescent face à lui - qui était désormais son petit ami, son compagnon - ne pouvait s'empêcher de faire du sarcasme, même lorsque tout allait mal. Quand ce n'était pas du sarcasme, c'était des références à des films ou des séries.
- Non, effectivement, Stiles était le même. Il n'avait pas changé.
En cette nuit de pleine lune, aucun loup n'eut de mal à se contrôler. Après ce qu'ils avaient vécu chez les Stilinski, cela les avaient en quelques sortes renforcés et rapprochés. Plus encore qu'ils ne l'étaient déjà.
Tous étaient confortablement installés, le visage cependant tendu – dans des lits moelleux côte à côte avec une âme sœur, dans un canapé entouré des bras protecteurs d'un compagnon aimant, dans un fauteuil avec un amoureux transit sur les genoux… - et écoutaient le bruit de fond sonore et agité qu'était la forêt – comme à toutes les pleines lunes – qui les apaisait. Ils appréciaient les combats de renards, les nuées d'insectes volants qui battaient des ailes dans une douce mélodie cependant qu'elles ne laissaient rien passer à travers elles, les bruissements des arbres qui entouraient se spectacle ainsi que les différents volatiles qui semblaient commenter chaque combats.
Un hurlement se fît entendre. Un hurlement qui transpirait la souffrance et la terreur.
Tous étaient confortablement installés, désormais détendus et calmes – dans des lit moelleux côte à côte avec une âme sœur, dans un canapé entouré des bras protecteurs d'un compagnon aimant, dans un fauteuil avec un amoureux transit sur les genoux… - et écoutaient le silence qui les apaisaient.
Le hurlement avait transpercé les bois de part en part. Plus de bruit. Plus de combats. Ce cri avait fait taire la forêt.
Voulant réellement savoir ce qui se passait dans la tête de son compagnon, Derek rendit visite à Deaton.
Arrivé à la clinique vétérinaire, le brun se demanda si Stiles apprécierais ou non et surtout si il lui en voudrait d'être venu demander des informations sur sa personne sans qu'il soit là.
Alors qu'il faisait demi-tour, il entendit la voix de Stiles.
- J'ai toutes les réponses qu'il me fallait, mais il te faut les tiennes. Deaton pourra t'aider, mais rentre vite tu me manques.
Il se retourna. Encore. Personne. Malgré son ouïe fine, aucun bruissement de feuilles, aucun pas, aucun cœur battant, rien. Le silence. Il regarda sa main et y vît la chevalière qu'il n'avait pas enlevée depuis le jour où il l'avait trouvée.
- C'est grâce à elle que tu l'entends ou que tu sais s'il va bien. Entre, je ne pourrai pas parler longtemps avec ce froid, dit le vétérinaire
Installés dans l'arrière-boutique de la clinique, Deaton commença son discours.
- Il est simplement Stiles. Celui que tu as toujours connu. La seule différence, c'est que maintenant il est doté de pouvoirs qui surpassent l'entendement et son côté noir ressors plus lorsqu'il est soumis à de grandes émotions tel que la colère ou le stress.
- Alors qu'est-ce qu'il a fait à Kate hier ?
Une ombre s'approcha des deux. Une ombre qui se transforma rapidement en forme plus nette, puis en homme. Charles se permit de répondre à Derek directement.
- Il ne lui a rien fait. Du moins il ne l'a pas blessé. En réalité son côté Noir s'exprime en manipulant les autres. C'est Chris qui a tué sa sœur hier. Car Stiles l'a en quelque sorte manipulé.
- Comment vous pouvez dire ça ?! C'est impossible, répondit-il, catégorique
- En réalité, il ne manipule personne, mais il leur fait sentir ce qu'ils ont à faire. Monsieur Argent a toujours su qu'il devrait tuer Kate lorsqu'il la retrouverait, mais en la voyant, vous imaginez sans problème qu'il ne pouvait s'y résoudre. Mon arrière-petit-fils n'a rien faire d'autre que de lui rappeler son passé et le laisser faire ses propres décisions. Je pense, de la même façon, que son côté Blanc se fait voir de la manière identique. Il ne va pas sauté sur quelqu'un sur le point de se faire tuer, mais il va lui dire à l'avance que prendre un autre chemin serait plus judicieux.
- Je comprends mieux… Donc il nous guide c'est ça ?
- Oui, c'est exactement ça. Tu commences à le connaitre, Derek. De mieux en mieux, et malgré tout, tu restes à ces côtés. Je suis heureux que tu fasses partie de la famille.
