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Chapitre 7 :
Finn Storm.
Beau gaillard, un sourire éclatant et des vêtements de marque.
C'était donc lui le fameux Finn dont Rey avait manqué l'appel, la semaine précédente.
-Enchanté, avait souri Ben en lui serrant la main.
-Ravi également, je suis totalement fan, avait répondu l'afro-américain poliment.
Tous les trois s'étaient ensuite regardés en chien de faïence quelques secondes avant que Ben - ayant remarqué le malaise plus qu'évident de Rey- ne prétexte un rendez-vous téléphonique pour pouvoir s'éclipser.
Mais qui était donc ce type pour elle ? Un ami ? Un petit-ami ? Un ex ?
Il penchait dorénavant pour la troisième option et le sentiment de profonde contrariété qui s'était immiscé dans sa poitrine à la seconde où il avait posé les yeux sur le jeune homme, l'avait torturé toute la soirée.
L'horloge accrochée sur le mur du petit salon affichait 22H et Ben, était en train de regarder distraitement la télévision quand son portable sonna. Il jeta un coup d'oeil sur l'écran et fit glisser son pouce sur la dalle tactile.
-Bonsoir Amilyn.
-Bonsoir Ben, désolée de te déranger si tard, mais j'ai une bonne nouvelle pour toi : ta séance de laser aura finalement lieu demain matin. Gwendoline Phasma a vu un créneau se libérer et s'occupera de toi vers 10H. Le temps de régler ensuite tous les documents pour ta sortie, et tu pourras quitter Whitegrove dans l'après-midi, si tu le souhaites.
-Oh...Très bien, rétorqua l'acteur, merci de m'avoir informé.
Il allait enfin pourvoir reprendre le cours normal de sa vie, retrouver son appartement, chercher un nouvel agent et se replonger dans la lecture des scénarios qu'on voudrait bien lui proposer. Peut-être devrait-il à nouveau repasser des castings, montrer que son accident n'avait en rien entamé son envie de donner le meilleur de lui-même, mais qu'importe. La perspective de devoir faire ses preuves l'excitait toujours autant. Il avait bien l'intention de tourner à nouveau avec les plus grands et à s'investir dans les projets qui lui tenaient à cœur.
Oui, il avait envie de toutes ces choses-là.
Continuer à voir Rey faisait aussi partie de ses plans. Enfin, ça l'était, avant que Finn ne fasse son apparition à la clinique, un peu plus tôt dans la journée. Il avait besoin d'obtenir des infos sur ce gars.
-Dis-moi Amilyn, est-ce que tu connais un certain Finn Storm ? Il attendait Rey dans l'entrée tout à l'heure quand nous sommes revenus de notre marche sur la plage.
-Finn est venu ici ? répéta la psychologue, étonnée.
-Donc tu le connais...
-Comment a-t-elle réagi ?
-Elle a été tout à fait cordiale. Elle nous a présenté l'un à l'autre puis je les ai laissés tous les deux.
Amilyn soupira alors et Ben n'hésita plus.
-Son petit-ami ?
-Son ex, corrigea la quinquagénaire.
L'acteur écrasa son dos contre le dossier du divan, bascula sa tête en arrière et se mit à fixer le plafond.
-Je m'en doutais, soupira-t-il.
Le silence se fit au bout du fil.
-Serait-ce une pointe de contrariété que je perçois dans ta voix, mon cher Ben ? reprit Amilyn.
Inutile de nier quoi que ce soit. Il savait très bien que la psychologue avait compris.
- Tu avais raison. Cette fille est spéciale.
-J'ai toujours raison. Mais dis-moi, Rey aurait-elle réussi à franchir les hautes murailles entourant ton petit cœur ?
-Peut-être bien...
-Parfait ! Leia n'arrête pas de me dire qu'il lui tarde d'avoir enfin des petits-enfants.
Ben laissa échapper un petit rire. Sa mère se désespérait en effet de le voir "se caser" et fonder une famille depuis qu'il avait passé la trentaine.
Hélas, sa relation avec Bazine n'était pas la première à avoir viré au fiasco. Sa vie sentimentale n'était qu'une succession d'échecs et il avait été fautif la plupart du temps, trop obnubilé par son travail et trop accaparé par Snoke ces dernières années. Il avait aussi réalisé que s'attacher à quelqu'un lui faisait un peur et il avait fini par accepter que l'amour et la vie à deux ne soient peut-être pas faits pour lui. Mais ce n'était pas grave. Son métier lui suffisait.
Et puis Rey avait déboulé dans sa vie deux mois plus tôt, sous une pluie battante au beau milieu du parc. Dès qu'elle avait abaissé sa capuche, dévoilant son petit nez mutin, son visage d'ange et ses sourcils froncés, il avait su...
Elle l'avait remballé, puis s'était excusée, avait débarqué ensuite à la piscine avec ce bikini absolument torride, et les dés avaient été jetés. Tout ce qu'il avait pu découvrir sur elle par la suite n'avait fait que le conforter dans l'idée que Rey Kanata était faite pour lui. Tout lui plaisait chez elle et les confidences qu'elle s'était s'autorisée à lui faire l'avait touché plus qu'il ne l'aurait cru.
La mort de sa mère dans un accident de voiture quand elle avait trois mois. Le fait de ne jamais avoir su qui était son père. Son enfance heureuse et sans nuages dans un haras du nord de l'état, portée par l'amour inconditionnel de ses grands-parents maternels. Et la mort tragique de son grand-père quelques années plus tôt, foudroyé, tout comme Han, par une crise cardiaque.
- Maz, est à présent la seule famille qui me reste. Je l'adore, lui avait-elle dit. Elle va fêter ses soixante-dix ans bientôt et c'est mon héroïne. Elle est tellement forte et indépendante, toujours de bonne humeur et si courageuse. C'est mon pilier dans la vie. Je l'aime plus que tout.
Elle lui avait expliqué l'origine de son nom de famille et le véritable patchwork ethnique dont elle était issue : son arrière-grand-père Yukio Kanata était japonais, maître de Shiatsu, et était tombé amoureux d'une infirmière russe. Ils avaient émigré avec leur fils Dimitri aux Etats-Unis et ce dernier avait épousé Maria Isabella Prescott – Maz, donc- une superbe jeune americano-mexicaine qu'il avait rencontré en travaillant comme palefrenier dans un ranch au Texas.
Rey adorait son métier, tout comme lui adorait le sien.
Et ses amis comptaient énormément pour elle ; Rose, Poe et Kaydel étaient un peu les frères et sœurs qu'elle n'avait jamais eus.
Elle rêvait aussi de faire un jour le tour du monde.
Alors lui aussi, jour après jour, s'était livré à elle comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Rey avait désormais de quoi alimenter tous les forums de fans avec des infos croustillantes à son sujet ; sur sa vie de star de cinéma, ses projets, sa famille, confessant que son père lui manquait atrocement, et qu'il regrettait aussi sa brouille avec son oncle Luke. Sa passion pour la calligraphie, pour la vieille Ford Falcon Futura 50 de Han qu'il gardait précieusement dans le garage de son immeuble à Brooklyn Heights, et toute une flopée d'anecdotes de tournage.
Bref. Rey avait chamboulé sa vie, il était accro et il ne pouvait pas ne pas chercher à la revoir.
Il repondit alors à Amylin:
-Merci. Pour tout ce que tu as fait pour moi.
-Je t'en prie Ben. Mais c'est plutôt l'équipe des kinés que tu devrais remercier. Et surtout Rey, qui a réussi à faire de toi un patient modèle.
Le regard du grand brun alla se perdre dans la contemplation du petit bois à travers la baie vitrée de sa chambre. En toile de fond, le crépuscule du soir nimbait de rouge et d'orangé les arbres du parc tandis que le soleil disparaissait à l'horizon.
-Ne t'en fais pas, j'y compte bien, rétorqua Ben.
OoooooO
Les doigts de Rey quittèrent les avant-bras de l'homme plaqué contre son dos et allèrent agripper avec force la tête de lit.
Son cœur était prêt à exploser dans sa poitrine et elle se sentait sur le point de jouir comme jamais elle n'avait joui auparavant.
D'ailleurs, ses jambes avaient commencé à trembler et, seule la main immense entourant sa gorge et celle torturant habilement son clitoris, l'empêchaient de s'effondrer en avant sur le matelas. Son corps était en feu, du bout des orteils jusqu'au sommet du crâne. Un feu délicieux qui menaçait de la consumer toute entière alors que la voix rauque et haletante de son partenaire lui susurrait à l'oreille à quel point elle était belle et merveilleuse.
Comment était-il possible de ressentir autant de plaisir ? C'est trop bon. C'était divin.
-C'est ça, Rey, lâche prise...
Les mèches sombres de son amant caressaient sa joue. Une bouche avide dévorait sa nuque, glissait sur son épaule et grognait à présent contre sa peau.
- Oh mon Dieu, Ben, ne t'arrête pas ! hurla-t-elle presque en se cambrant au maximum et en basculant la tête en arrière pour se livrer totalement.
Chaque cellule de son corps était prête à imploser. L'orgasme s'annonçait fulgurant, irréel, magnifique...
La sonnerie du téléphone retentit soudain. Le souffle court et le cœur tambourinant contre ses côtes, Rey se redressa brusquement. L'esprit encore en équilibre entre rêve et réalité, elle mit quelques instants à se rendre compte qu'une feuille de papier était collée à son visage puis s'en débarrassa d'un geste de la main.
Merde... Elle avait dû s'assoupir quelques minutes sur son bureau.
Ses joues étaient brûlantes. Son entrejambe aussi. Le téléphone continuait de sonner et elle devait répondre.
-A...Allô ? balbutia-t-elle finalement dans le combiné.
-Rey ? C'est Amilyn. Désolée de t'embêter avec ça mais il faudrait que tu finisses de compléter le dossier de Ben Solo avant 15H cet après-midi. Ben quitte Whitegrove aujourd'hui. Je vais profiter de devoir me rendre au dispensaire tout à l'heure pour le conduire à New York.
Pendant un long moment, la jeune femme demeura interdite au téléphone.
-Rey ?
-Oui... oui, désolée, je... Pardon Amilyn, je m'en occupe tout de suite.
-ça va, Rey ?
-Oui, oui, c'est très bien que Ben puisse enfin rentrer chez lui. Je suis juste...
-Ne me dis pas qu'il va te manquer !
La voix de la psychologue avait pris une inflexion amusée, presque satisfaite et Rey préféra couper court à la conversation.
-Je m'occupe du dossier tout de suite. Au revoir Amilyn, se dépêcha-t-elle de répondre avant de raccrocher.
La main toujours posée sur le combiné, Rey se sentit tout à coup extrêmement lasse et vide. Il était 13H. Son sandwich à moitié dévoré était posé devant l'écran de l'ordinateur et les formulaires de commande de matériel tous étalés sur le sous-main devant elle. Piquer lamentablement du nez en plein boulot n'était absolument pas dans ses habitudes, plutôt la conséquence de la nuit quasi-blanche qu'elle avait passée.
La veille, son « presque-baiser » avec lui sur la plage, l'avait laissée dans la confusion la plus totale. Les yeux plongés dans ceux de l'acteur, face à l'océan, elle avait ressenti l'envie folle de céder à cette force qui l'attirait irrémédiablement vers lui. Le temps s'était suspendu quelques secondes et une sorte de lien s'était ouvert entre eux. Lui aussi l'avait senti, elle en était certaine.
Puis il s'était penché pour l'embrasser. Ou bien était-ce elle ? Elle n'était plus très sûre. Mais au dernier moment, elle avait renoncé.
Parce qu'il était son patient.
Parce que le geste désespéré de Lindsay était encore marqué au fer rouge dans son esprit.
Parce que malgré tout ce qu'ils avaient partagé, durant ces semaines de rééducation, Ben appartenait à un autre monde que le sien, celui des strass, de la célébrité, et qu'elle était juste...Rey.
Elle avait donc passé la nuit à repenser à tout ça, mais aussi au retour de Finn et à la conversation qu'elle avait eu avec Poe et Rose via FaceTime, une fois rentrée chez elle.
-Quoi ? Finn est à New York ? s'était offusquée Rose. Et il a osé venir te voir à la clinique ?
- Pour quoi faire ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ? avait renchéri Poe.
-Il s'est excusé.
-Excusé ? ça c'est la meilleure ! Mieux vaut tard que jamais ! avait pouffé l'orthopédiste avec cynisme.
- Il avait l'air vraiment sincère et soulagé que j'accepte de parler avec lui. Il m'a dit avoir regretté la façon dont ça s'est terminé entre nous, il m'a demandé pardon et il voudrait qu'on reste amis. Rien de plus.
Sur l'écran de son téléphone, Rose avait arqué un sourcil, l'air inquiet.
-Tu es encore amoureuse de lui ?
-Tu plaisantes ! Non ! s'était indigné Rey. Mais j'en ai assez de lui en vouloir pour ça. Nous avons eu de bons moments tous les deux et je suis heureuse que les choses s'apaisent.
Finn avait l'air ravi de sa nouvelle vie à Londres. Il était juste revenu pour la négociation d'un gros contrat et séjournait dans un hôtel à Manhattan.
-Il ne reste à New York qu'une ou deux semaines, maximum, donc il est inutile de commencer à vous faire des films, tous les deux.
-Je n'ai pas confiance en lui, avait rétorqué Poe. Et toi Tico ?
-Pas confiance non plus. Et si, en fait, il était revenu parce qu'il veut te récupérer ? Je suis sûre qu'il ne s'est pas pointé à la clinique comme ça, seulement pour faire amende honorable. Il a un truc derrière la tête.
Rey leur avait alors assuré qu'elle n'allait pas retomber dans les bras de son ex, changer d'avis et partir vivre de l'autre côté de l'Atlantique. Puis la jeune femme s'était arrangée pour faire dévier la conversation sur la distribution des chambres pour le week-end au haras et sur le fait qu'elle comptait sur eux pour l'aider à chercher un nouvel appartement.
Rose et Poe étaient devenus ses meilleurs amis à la minute où tous les trois avaient commencé à bosser ensemble à la clinique. A partir de ce jour-là, ils s'étaient toujours tout confié et pourtant, cette fois, elle rechignait à leur avouer ce qui s'était passé avec Ben.
Au fil des semaines, cet homme qu'elle avait trouvé au départ si soupe-au-lait et exaspérant, s'était révélé quelqu'un de totalement différent de l'image froide et trop sérieuse qu'il renvoyait au monde. Et aujourd'hui, le constat était sans appel : elle avait complètement et irrémédiablement craqué pour lui. Son cœur s'emballait à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle. Sans parler du feu qu'il éveillait au creux de son bas-ventre.
Non. Pas du feu...plutôt un torrent de lave.
-Merde...laissa-t-elle échapper malgré elle, en se fustigeant mentalement d'être aussi ridicule.
Ben Solo était sur le départ. Retour à New York, à sa carrière et à sa vie de star internationale de cinéma. Le coeur de Rey se serra et prit une dernière bouchée de son sandwich avant de le remettre dans son papier d'emballage.
Amilyn lui avait demandé de compléter le dossier de Ben et elle allait le faire. Puis elle se rendrait à la piscine pour sa séance avec Mme Atkins et ensuite elle irait voir Ben dans sa chambre pour lui dire au revoir. Elle aviserait sur le moment de ce qu'elle serait prête à lui dire.
OoooooO
-Bravo Georgia, vous avez bien travaillé aujourd'hui.
Georgia Atkins, 53 ans, avait la poitrine aussi gonflée que ses lèvres. Son bonnet de bain rose fluo était presque assorti à la teinte fushia de ses ongles interminables. Cette femme de banquier et mère au foyer épanouie- ses enfants Meghan et David, ayant quitté la maison pour étudier respectivement à Yale et Harvard depuis déjà une dizaine d'année-, n'avait hélas rien trouvé de mieux à faire que d'essayer d'installer seule au-dessus de sa cheminée Renaissance, le « David Hockney » acheté aux enchères par son mari la semaine précédente. Résultat des courses : une chute du haut de l'échelle, un fémur brisé et une peinture hors de prix accrochée de travers.
-Merci Rey, tu es un amour ! Tu vas tellement me manquer !
-C'est gentil. Mais ne vous inquiétez pas. Charlie est super. Il va bien s'occuper de vous.
-Et beau gosse ! Je l'ai croisé hier dans les couloirs.
La jeune kiné se mit à rire, aida Georgia à sortir de la piscine et la confia aux bons soins de Chewie. Elle alla ensuite prendre une douche, s'habilla et se dirigea d'un pas décidé vers son bureau. Il était quinze heures et elle devait justement y retrouver Charlie pour le briefer sur le programme de rééducation réalisé jusqu'à maintenant avec Mme Atkins. A travers la verrière séparant la pièce du couloir, elle aperçut son collègue assis sur le sofa, le nez plongé dans un dossier, mais également un énorme bouquet de pivoines et de roses rouges placé dans un vase près de l'ordinateur.
-Salut Charlie, s'exclama-t-elle en entrant, les yeux rivés sur les fleurs.
-Salut Kanata !
-Qu'est-ce que c'est ? demanda la jeune femme en pointant le bouquet du doigt.
Les pivoines étaient ses fleurs préférées et son cœur se mit à battre tout à coup très fort.
-C'est pour toi apparemment. Un livreur vient juste de les déposer.
Charlie lui lança un regard malicieux et Rey remarqua la petite carte blanche glissée entre les pétales incarnats.
Sans plus prêter attention à son collègue, la jeune kiné se saisit de la note et la tira fébrilement de son enveloppe.
Très chère Rey,
Merci pour ta gentillesse, ta patience (et Dieu sait qu'avec moi il t'en a fallu beaucoup), ton dévouement et ton fabuleux sourire, qui a illuminé chaque jour de mon séjour ici. En souvenir aussi d'un certain bikini rouge, divinement bien porté et devant lequel j'ai eu le plus grand mal à rester stoïque.
Je te souhaite bon courage pour ton travail au dispensaire et je me dis que, puisque tu seras sur New York dans les prochaines semaines, nous pourrions peut-être aller boire un café tous les deux ou aller dîner un soir. Si ça te tente et/ou si tu as besoin de quoi que ce soit un jour, n'hésite pas à demander mon numéro personnel à Amilyn.
Je t'embrasse et merci encore.
Ben Solo.
Les mains de Rey tremblaient désormais. Elle déposa la carte sur le bureau, jeta un dernier regard au bouquet et sortit du bureau en trombe.
-Bonjour Charles, Ben Solo est dans sa chambre ? s'exclama-t-elle en arrivant toute essoufflée devant le comptoir de Charles Threepio.
-Non, Mademoiselle Rey, j'ai fait porter ses bagages dans le véhicule du docteur Holdo et il vient juste de passer pour rejoindre le parking des médecins.
La jeune femme le remercia et partit en courant vers la porte menant à l'arrière du bâtiment. Elle déboucha sur le parking et repéra un peu plus loin le S.U.V d'Amilyn.
Ben, les clés à la main était prêt à monter à l'intérieur, côté passager. Il était seul et Rey s'élança à nouveau.
-Ben ?
L'acteur se retourna, et afficha alors une mine réjouie tandis que Rey arrivait enfin à son niveau et se plantait devant lui, haletante et les joues rosies par le sprint qu'elle venait de piquer à travers les couloirs de la clinique.
-Hey...Tu as couru on dirait.
Il était encore plus beau que d'habitude avec son pull écru et son jean noir. Il ne portait plus le pansement gris sur sa joue. Sa cicatrice à nu était légèrement rougie par l'action du laser mais il ne faisait aucun doute que le résultat serait parfait. Il ne resterait plus au final qu'une mince ligne à peine visible.
Le sang tapait contre les tempes de la jeune femme. Elle n'en revenait pas de ce qu'elle s'apprêtait à faire et, sans hésiter davantage, elle agrippa les épaules de Ben et sa bouche se plaqua sur la sienne.
L'espace d'un instant, Rey craignit d'avoir été trop loin mais l'acteur, au début surpris, se laissa rapidement couler tout contre elle. Rey sentit alors une main se glisser derrière sa nuque tandis que l'autre enserrait sa taille. Les paumes de Ben étaient chaudes et caressantes, douces et électrisantes à la fois.
C'est parfait. Comme dans son rêve.
Leurs corps étaient désormais collés l'un à l'autre. Ben était immense et ses lèvres étaient merveilleuses, encore plus moelleuses que ce qu'elle avait imaginé. Quand sa langue tenta de se frayer un passage pour venir goûter la sienne, elle l'accueillit avec un gémissement et leur étreinte se fit soudain plus avide.
Le parking, la voiture, la clinique n'existait plus. Quand l'oxygène dans ses poumons commença à manquer, elle rompit leur baiser à regret mais Ben continua à picorer ses lèvres, son menton, la ligne de sa mâchoire.
-Bon sang, Rey... J'ai envie de faire ça depuis notre première rencontre dans le parc, lâcha-t-il dans un souffle.
-On s'est crié dessus, sourit-elle.
-Tu m'as ébloui.
La jeune femme effleura alors du bout des doigts la joue du grand brun en prenant bien soin de ne pas toucher sa cicatrice.
-J'espère que tu n'as pas mal.
-Je n'ai pas mal.
Le parfum de Ben commençait à lui monter à la tête. Bergamote, vétiver, et cette touche absolument grisante et un peu sauvage qu'elle n'arrivait toujours pas à identifier.
-Je regrette qu'on n'ai pas pu discuter plus longtemps hier, ajouta ce dernier en resserrant ses bras un peu plus autour d'elle.
Rey baissa les yeux. Elle se devait d'être honnête avec lui, parce qu'elle ne voulait pas qu'il croie que sa réticence passée avait un quelconque lien avec Finn...
-Oui, alors... Je ne vais pas te mentir : Finn est mon ex. Il vit aujourd'hui à Londres. A cause du travail. Nous sommes séparés depuis l'année dernière. Il est juste revenu à New York aussi pour le travail.
-D'accord...
La bouche de Ben, au creux de son oreille glissa alors lentement contre sa joue pour revenir jusque sur sa bouche. Et tout le corps de Rey se tendit.
- Hier il souhaitait juste discuter avec moi. En ami. Je voulais que tu le saches, que ce soit clair parce que...
-Parce que ? souffla Ben en la regardant à présent droit dans les yeux.
Elle crut alors que le sol allait s'ouvrir sous ses pieds et l'engloutir toute entière. Mais elle s'accrocha à ses épaules et se perdit un peu dans ses prunelles sombres.
-Parce que ton bouquet était magnifique et que je serai ravie d'aller boire un café avec toi.
Ben lui offrit alors le plus merveilleux des sourires. Il attrapa son téléphone dans la poche arrière de son jean, déverrouilla l'écran et le lui tendit.
-Je peux donc avoir ton numéro ?
Zut, quel était son numéro de téléphone déjà ?
Sans trop réaliser ce qu'elle était en train de faire, Rey ouvrit le répertoire, pianota sur le clavier et lui rendit son portable.
C'est alors qu'un bruit de talons hauts claquant sur le bitume se fit soudain entendre derrière eux.
Rey tourna la tête pour voir Amilyn avancer dans leur direction et s'exclamer :
-Tiens, tiens... Tu es là ?
La jeune kiné se passa rapidement une main dans les cheveux. C'était horrible...Elle devait être toute décoiffée et rouge comme une tomate. Instinctivement, elle recula de deux pas tandis que Ben la dévisageait toujours avec gourmandise. Les lèvres de l'acteur étaient encore roses de leurs baisers et lui aussi avait les joues en feu.
-Oui je...je disais seulement au revoir à Ben, répondit-elle en bafouillant.
La psychologue se retint de tout commentaire et se contenta d'acquiescer avec un sourire qui en disait pourtant long.
-Prêt pour le départ Solo ? fit-elle alors en se retournant vers le fils de Leia.
Ce dernier lui remit les clés.
-Oui, on peut y aller.
Sa mâchoire glissa de gauche à droite et il adressa à la jeune femme un dernier regard complice tandis qu'Amylin s'installait au volant.
-Au revoir, Rey. A très bientôt j'espère.
-A bientôt oui, répondit la jeune kiné.
Puis elle regarda la voiture s'éloigner le long de l'allée bordée de cyprès, passer les grilles de la clinique et disparaître.
OooooO
