Excellents fêtes de fin d'année à tous! Et merci d'être encore au rendez-vous!
Chapitre 10
-Regardez ce nez minuscule ! Et ces petits doigts ! Oh mon Dieu, Frances est trop mignonne !
Rose berçait la petite fille dans ses bras tandis que Rey était assise dans le fauteuil près du lit avec le deuxième bébé. Poe, l'air attendri, les regardait faire tout en caressant les cheveux de Kaydel. La pauvre était encore pâle et groggy mais dès que le médecin avait autorisé les visites, elle avait tenu à présenter les jumeaux à ses amies.
- Rian vient de me sourire ! s'exclama Rey
Tout comme Rose, elle craquait déjà littéralement pour le nourrisson pelotonné tout contre elle.
-Je ne suis pas certain que des bébés de quelques heures soient capables de faire ça intentionnellement, Rey. Mais je veux bien croire que mon fils ait hérité de mon côté charmeur, fanfaronna Dameron.
-J'espère surtout qu'ils vont hériter tout de reste de Kaydel ! le moucha Rose en rigolant.
Les rayons du soleil filtraient à travers la fenêtre et baignaient la chambre de lumière. La nuit avait été éprouvante, les cœurs mis à rude épreuve, mais tout s'était finalement bien terminé et les Dameron étaient désormais des parents. Malgré la fatigue, ils irradiaient de bonheur et Rey se mit soudain à les envier. Elle était surtout très contente pour Poe, qui, tout comme elle, avait perdu son père et sa mère très jeune et avait toujours rêvé de fonder une grande famille.
-Vous avez bien travaillé. Ils sont absolument parfaits. Je suis tellement heureuse pour vous, souffla-t-elle, en se laissant soudain gagner par l'émotion.
Sa voix s'était mise à trembler légèrement en prononçant les derniers mots et elle sentait désormais les larmes monter jusqu'à ses cils. Elle relâchait la pression. Elle avait eu tellement peur. Pour Kaydel et pour les bébés.
Poe se leva de sur le lit et alla la rejoindre. Il passa un bras autour de ses épaules et la serra contre lui.
-Et moi je suis heureux de vous avoir toutes les deux, répondit Poe avant d'embrasser Rey sur le front et d'adresser un clin d'œil à Rose.
La kiné savoura cette étreinte quasi-fraternelle, tandis que la voix douce et un peu éraillée de Kaydel s'élevait depuis le lit.
-Oui, merci infiniment. Vous êtes des amours.
-C'est ça oui… En tous cas, vous, ne vous avisez plus de nous refaire un coup pareil ! grommela Rose, tout aussi émue.
-Alors je te rassure Tico, on va attendre un peu avant de remettre ça, plaisanta Poe.
Les deux jeunes femmes restèrent discuter encore quelques heures et finalement elles rentrèrent chacune de leur côté.
En sortant de l'ascenseur, Rey se dirigea vers son appartement telle un automate. Ses paupières semblaient peser des tonnes mais par miracle, elle parvint à introduire sa clé dans la serrure et à ouvrir sa porte. Elle abandonna ses chaussures au beau milieu de l'entrée, se traina ensuite jusqu'au salon et se laissa tomber de tout son poids sur le canapé. Sa nuque était douloureuse d'avoir passé la nuit à somnoler à moitié assise dans la salle d'attente de l'hôpital et elle réalisa qu'elle n'avait quasi rien mangé depuis son repas avec Ben au restaurant. Son sac était posé près d'elle et elle attrapa son téléphone à l'intérieur. Son doigt glissa sur l'écran et elle se redressa brusquement en voyant que l'acteur avait laissé un nouveau message.
BEN : Désolé de ne pas avoir pu répondre plus tôt. J'ai passé la journée avec ma mère et je n'avais plus de batterie. Soulagé d'apprendre que ton amie va bien. Tu dois être exténuée. Je t'appelle demain. Je t'embrasse. Ben.
La veille, il avait été adorable. Il avait même proposé de la conduire lui-même à Staten Island. Elle avait gentiment refusé, préférant retourner chez elle prendre sa propre voiture. Mais il avait insisté pour la ramener afin d'aller plus vite et ils étaient retourné à Caroll Gardens dans la Ford Falcon Futura 50 léguée par son père.
-Merci encore. Je suis tellement désolée, avait-elle bafouillé en sortant de la voiture.
-Allez, file ! avait-il ordonné, le visage grave et les yeux chargés d'inquiétude.
Et cet après-midi elle avait effectivement tenté de le joindre , mais elle était tombée à chaque fois sur le répondeur.
Alors là, elle était épuisée oui, mais elle avait surtout besoin d'entendre le son de sa voix. Elle appuya sur son nom dans les contacts et porta le téléphone à son oreille. Après à peine une sonnerie Ben décrocha.
-Rey, tout va bien ?
La jeune femme se mit à sourire.
-Oui, ça fait du bien de pouvoir enfin te parler.
-C'est trop bête, mon téléphone était déchargé et…
-Ben, ce n'est pas grave, le coupa la jeune kiné en se calant contre les coussins et en basculant sa tête en arrière.
-Alors c'est vrai ? Tout le monde va bien ?
- Oui. Les bébés sont adorables. Et ils gardent Kaydel encore quelques jours.
-OK.
-Au fait, je ne te dérange pas j'espère ?
-Tu plaisantes, j'ai pensé à toi toute la journée.
Le cœur de Rey se transforma instantanément en gros chamallow tout mou.
-Je voulais que tu saches que même si notre rendez-vous s'est terminé un peu trop abruptement à mon goût, hier soir, j'ai passé un merveilleux moment avec toi. Alors merci, répondit-elle.
-Moi aussi, j'ai passé une très bonne soirée.
Le timbre de sa voix était captivant, ses mots tellement réconfortant. Aussi, malgré l'épuisement et son irrépressible besoin de dormir, un désir ardent se mit à éclore dans le ventre de la jeune femme. Elle avait juste envie qu'il soit là sur ce canapé lové tout contre elle, pour respirer son parfum, sentir son souffle sur sa peau, pour pouvoir le toucher, être touchée. Elle voulut le lui dire, mais elle n'osa pas.
-On pourrait peut-être programmer un nouveau rendez-vous ? ajouta Ben, presque timidement.
-Programmons oui, répondit Rey avec un petit rire.
-Le problème c'est que j'ai un planning très chargé cette semaine. Je déjeune avec mon agent demain midi, avec un producteur demain soir, et je dois me rendre en Floride vendredi pour l'ouverture d'une nouvelle animation « Galactic Fights » dans un célèbre parc d'attraction. Je ne serai de retour que dimanche.
-Wow, dis donc, quel programme !
-A cause de mon accident, j'ai échappé à ce genre de choses jusqu'à maintenant, mais là, je ne peux plus me défiler, c'était stipulé dans mon contrat. Mercredi soir tu serais libre ?
-Je travaille toute la journée et le soir, je dois retrouver ma grand-mère pour finaliser les préparatifs pour sa fête d'anniversaire. Madame veut un groupe de musiciens pour animer la soirée ! s'esclaffa-t-elle. Bref, il reste encore pas mal de choses à régler.
-Jeudi soir alors ?
-OK pour jeudi. Chez moi ?
Elle travaillait aussi le lendemain mais ça lui était égal. Elle n'avait pas l'intention d'attendre davantage. Elle ne savait pas jusqu'où cette soirée les conduirait. Elle espérait qu'ils échangeraient plus qu'un simple baiser cette fois et elle se mit spontanément à rougir.
-Chez toi. C'est parfait.
- Je te préviens, je ne suis pas aussi douée que le chef du resto de Jamie mais je te promets de faire de mon mieux.
-Tu sais, je me débrouille plutôt bien aux fourneaux. On pourrait peut-être cuisiner à deux mains ? Et je me charge d'apporter du vin.
Prendre la voiture. Foncer jusqu'à son appartement et lui montrer à quel point elle souhaitait que les choses se concrétisent enfin entre eux. Si seulement elle n'était pas à deux doigts de s'endormir, là, toute habillée sur le sofa !
-Cuisiner à deux mains, ça me va tout à fait.
-Très bien alors bonne nuit Rey. J'ai hâte d'être à jeudi.
-Bonne nuit Ben, moi aussi j'ai hâte.
OoooO
Le cabinet qu'Amilyn partageait avec un confrère à Manhattan et dans lequel elle officiait deux jours par semaine offrait une vue époustouflante sur Central Park. En cette fin de mois de mars, les arbres commençaient à afficher les couleurs du printemps, les pelouses retrouvaient leur teinte vert clair et les cerisiers étaient tous en bouton. Assise confortablement dans son immense fauteuil en ce lundi matin, la psychologue observait Ben depuis maintenant un bon quart d'heure.
Il se tenait debout face à la fenêtre panoramique et en dix ans de thérapie avec lui, c'était assurément la première fois qu'elle le voyait aussi loquace et détendu au cours d'une séance.
-J'avais oublié à quel point j'aime le personnage de Bale. J'ai encore en mémoire les lignes de texte apprises à Julliard quand j'ai joué la pièce pour la première fois. C'est dingue, j'ai l'impression que c'était hier !
Le jeune homme se retourna alors vers elle, le visage radieux et les mains en mouvements.
- Mace a fait un superbe travail de mise en scène et j'adore bosser avec Zorii. Quant aux autres, je ne connaissais pas Greg Thanisson et D.J Hacker, mais nous nous sommes de suite très bien entendus. Bref, je suis vraiment emballé et j'ai vraiment envie que cette production soit un succès.
-Je vois ça, sourit la psychologue en faisant rouler son stylo entre ses doigts. Quand j'ai appelé Leia ce matin, elle m'a dit que vous aviez déjeuné ensemble hier et que Luke était là.
-Oui, confirma simplement Ben. Tu veux savoir si j'ai toujours envie de lui botter le train quand je le vois ?
-J'ai envie de savoir en effet.
Ben, partit d'un petit rire, vint finalement s'asseoir sur le divan face à elle.
-Comme je l'ai dit à Luke, je ne veux plus vivre comme ça, dans la rancœur et le regret.
-Je suis heureuse que vous vous soyez enfin expliqués tous les deux. Vous en aviez besoin autant l'un que l'autre.
Amilyn se mit à griffonner quelques notes dans son calepin et Ben attrapa la tasse de café posée devant lui sur la table basse.
-Mon oncle n'a pas changé d'adresse tu sais ? reprit-il ensuite l'air de rien.
Il but une gorgée de café et le coin des lèvres de la quinquagénaire se relevèrent légèrement.
-Je te rappelle que c'est moi qui suis sensée faire des sous-entendus pour t'inciter à me raconter ce que tu as sur le cœur. D'ailleurs en parlant de cœur…Comment ça se passe avec Rey ?
Après que Ben lui ait raconté ses mésaventures du week-end et annoncé ses plans pour la soirée de jeudi, Amilyn afficha un sourire satisfait et la pointe de son stylo glissa à nouveau sur le papier. Elle n'avait pas l'habitude de s'envoyer des fleurs, mais elle devait reconnaître que jusqu'à présent, son plan se déroulait à merveille. Jouer les marieuses était son passe-temps favori quand elle ne cherchait pas à farfouiller dans le subconscient des gens et elle était plutôt douée pour ça. (La fabuleuse histoire d'amour qu'avaient vécue Han et Leia après qu'elle les ait présentés n'en était-elle pas la preuve ?)
Là, elle avait fait une pierre deux coup. Quelques mois plus tôt, Rey et Ben avaient, tous les deux, besoin de guérir-dans tous les sens du terme- et la quinquagénaire avait pressenti que les faire se rencontrer serait une excellente idée. Et elle avait eu raison. La phase 1 de la confrontation suivie de l'apprivoisement mutuel avait fonctionné, la phase 2 au cours de laquelle ils devaient tomber éperdument amoureux l'un de l'autre était une totale réussite et la phase 3….
Amilyn avait l'intuition que la phase 3 était en bonne voie.
OooooO
Comme prévu, le début de semaine avait été plutôt chargé pour Rey. Elle avait terminé de déballer ses cartons, aidé Maz à peaufiner les derniers détails de la fête, tout en assurant son service au dispensaire.
Le jour J était enfin arrivé et la jeune kiné était en train de compléter le dossier de son dernier patient sur l'ordinateur de l'accueil quand Rose arriva derrière elle en soupirant.
-Bon, ça y est, je décolle. Je viens de fermer la porte d'entrée et d'éteindre dans toutes les salles. Carmen revient travailler normalement demain. Tu en as encore pour longtemps ? Tu veux que je t'attende ?
-Non c'est bon Rose, tu peux y aller, j'en ai juste pour cinq minutes.
-A quelle heure Ben doit arriver chez toi ?
-Dix-neuf heures trente.
- Tu as le gingembre et le miel pour la recette de poulet que je t'ai donnée ?
-Oui, j'ai tout, ne t'inquiète pas.
-Gingembre frais, hein ? Tu sais, pour le côté aphrodisiaque. Remarque vous êtes chauds bouillants tous les deux, même pas besoin de ça pour attiser la flamme !
-Rose…
-Et pour les cœurs coulants chocolat fruits rouge, c'est juste huit minutes de cuisson à 200°C, n'oublie pas !
-Rose, c'est bon, Ben et moi, allons nous en sortir ! Allez, file voir ton film avec Paige.
-Les préservatifs ! s'exclama Rose, tu as des préservatifs j'espère !
Rey fit mine de s'offusquer en leva les yeux au ciel. Pourtant, c'était effectivement la première chose à laquelle elle avait pensé en faisant ses courses la veille. Elle se revoyait au rayon « pharmacie », face à la multitude de boites multicolores en train de se demander quel « modèle » prendre… Elle avait oublié à quel point il y avait du choix. La dernière fois qu'elle avait utilisé des capotes, c'était lors des premiers mois de sa relation avec Finn, un an plus tôt. Elle était ensuite passée à la pilule et n'avait pas arrêté depuis.
Texturés pour plus de sensations, aromatisés au fruit de la passion, fraise, fruits exotiques, phosphorescents, spécial endurance avec anesthésique local pour mieux contrôler la montée du plaisir ! C'était dingue ! Un vrai casse-tête ! Sans parler des tailles !
Rey avait choisi un modèle ultra fin, large, parce qu'après tout, ne disait-on pas « grandes mains, grande… » (oh là là, pourvu que le dicton ne mente pas !) puis avait continué ses emplettes le rouge aux joues en tentant de, premièrement, réprimer les pensées salaces qui s'étaient soudain bousculées dans sa tête (goût fruit de la passion ça devait être sympa…) et deuxièmement, de se concentrer sur la recherche des ingrédients nécessaires à la préparation de son dîner (Alors il lui fallait des aubergines…euh non pas des aubergines…du gingembre, oui c'est ça.)
-Allez bon film Rose ! Ne bave pas trop sur Armitage Hux et embrasse Paige pour moi, rétorqua la jeune kiné avec un sourire.
-Tu m'appelles demain pour me raconter, d'accord ? Je veux tout savoir !
-Promis.
-Parfait ! Amuse-toi bien toi aussi ! Bisous.
La brunette s'éclipsa par la porte de service et Rey se remit au travail. Elle avait de plus en plus de mal à se concentrer. L'excitation montait crescendo à la perspective de ses retrouvailles imminentes avec Ben. Il était dix-huit heures quand elle éteignit l'ordinateur et elle s'apprêtait à récupérer ses affaires au vestiaire des praticiens quand elle entendit quelqu'un tambouriner contre la porte du hall.
Quand elle s'approcha pour voir de quoi il s'agissait, elle découvrit deux jeunes garçons devant l'entrée. Le plus grand portait autour du cou une paire de rollers attachés par les lacets et, encombré par les volumineuses chaussures, il peinait à soutenir le plus petit qui sautillait à cloche-pied. Rey pouvait les entendre se disputer derrière la vitre.
-C'est rien Harlan ! Je te dis que ça me fait pas si mal que ça ! En plus, maman va nous disputer si elle sait qu'on est sortis dans la rue pendant qu'elle était chez Miss Mc Dermott !
Mais Harlan paraissait bien trop affolé pour écouter son frère. Quand il aperçut Rey près du comptoir, avec son ensemble blouse-pantalon de coton bleue et ses sneakers blancs, il comprit qu'elle travaillait ici il leva des yeux implorants vers elle en posant sa main à plat sur le carreau.
-Madame, s'il vous plait ! Aidez-nous ! Mon frère vient de tomber et son genou a doublé de volume !
Rey déverrouilla la porte et invita les deux gamins à entrer dans la salle d'attente.
Sa garde était finie. Elle devait rentrer chez elle maintenant si elle voulait que tout soit prêt à temps pour l'arrivée de Ben. Mais son regard bifurqua immédiatement vers l'articulation enflée du gamin sur un pied et son intention initiale de les rediriger vers les urgences ne fit pas long feu quand presqu'au bord des larmes, le grand répéta :
-S'il vous plaît madame…
Et merde… soupira-t-elle mentalement avant de redéposer son sac sur le sol.
C'est ainsi que Rey passa la demi-heure suivante à s'occuper de l'entorse du petit Jackson Talbot, tandis que son grand-frère attendait tout penaud sur une chaise. Quand Rey demanda pourquoi ils ne portaient pas de protections, Harlan répondit qu'ils n'avaient pas les moyens de s'en acheter et qu'ils avaient trouvé les rollers dans une poubelle. Et effectivement, Rey put remarquer que ces derniers étaient en piteux état. Malgré les suppliques des deux gamins, la jeune kiné contacta Loretta Talbot, mère célibataire, qui cumulait un boulot de réceptionniste la journée et d'aide à domicile dans la soirée. La pauvre femme, arriva quinze minutes plus tard, complètement paniquée et Rey dû la rassurer en lui assurant que son fils n'avait rien de grave et que non, elle n'allait pas appeler les services sociaux. Loretta la remercia en la serrant dans ses bras et Rey eut un petit pincement au cœur en les regardant quitter le dispensaire tous les trois, avec la paire de béquilles qu'elle avait fourni à Jackson.
Elle courait à présent sur le parking direction sa voiture. Il était dix-huit heures quarante-cinq et elle était en retard. Elle déverrouilla la porte, jeta son sac sur le siège passager mais au moment de s'asseoir derrière le volant, elle entendit quelqu'un appeler dans son dos :
-REEEYYYYYY !
La main de la jeune femme se crispa sur le montant de sa portière. Elle connaissait très bien cette voix.
Aussi se retourna-t-elle lentement pour découvrir un Finn Storm chancelant, appuyé contre un des lampadaires bordant la route près du grand escalier. Derrière lui était stationné un taxi dont le conducteur regardait aussi dans sa direction à travers la vitre passager baissée.
-REEEEEYYYYYY ! hurla à nouveau Finn en lui faisant cette fois de grands signes désordonnés avec les bras.
Puis le jeune homme tenta de descendre le trottoir et manqua de trébucher. Le taximan, dépité, sortit alors de son véhicule pour vociférer à son tour :
-Hey vous ! Vous voulez bien vous occuper de lui ? Et me payer aussi tant que vous y êtes ! Je trimballe ce type depuis Park Avenue et il a failli vomir dans ma caisse trois fois !
Merde, merde…
-C'est pas vrai… lâcha-t-elle à haute voix en claquant sa portière et en retraversant le parking pour rejoindre les deux hommes.
Elle n'avait pas répondu aux textos que Finn lui avait envoyés. Elle pensait qu'il comprendrait qu'elle n'était plus intéressée et qu'il laisserait tomber. Qu'est-ce qu'il fichait là alors, visiblement ivre et sans qu'elle ne lui ait jamais dit qu'elle bossait désormais à Brookdale ?
-Il est complètement bourré, annonça le chauffeur en ricanant quand Rey arriva juste à temps pour rattraper Finn qui menaçait de s'étaler encore une fois de tout son long dans les arbustes du bas-côté. Vous le connaissez au moins, hein ? J'ai pas envie de vous laisser avec lui si ce mec est un psychopathe ou je ne sais quoi !
-Il faut qu'on parle tous les deux…oui qu'on parle…balbutiait le jeune homme en s'accrochant maintenant à son épaule
-Oui c'est bon, je le connais, rétorqua Rey, en sentant pourtant monter en elle une bouffée d'appréhension mêlée de colère.
-Il a de la chance d'être tombé sur moi et pas sur un de ces connards de chauffeur Uber malhonnête ! Bon bref, c'est pas tout ça, mais la course ça fait quarante dollars.
Rey trouva le portefeuille de Finn dans la poche arrière de son jeans, y trouva du liquide et paya le chauffeur qui remonta dans son taxi. Les gens qui les croisaient sur le trottoir jetaient au jeune homme des regards affligés. La jeune femme prit alors la décision de lui faire traverser le parking pour le conduire jusqu'à sa voiture. Elle agrippa alors sa taille pour le maintenir debout et le força à avancer. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que Finn ne lui facilitait pas la tâche. Sa tête posée contre la sienne, Rey pouvait sentir à plein nez son haleine chargée de whisky.
-Bon sang Finn, mais qu'est-ce qui t'a pris de te saouler comme ça ? Et qu'est-ce que tu fais là ?
Elle ne se rappelait pas lui avoir parlé de ce nouveau boulot à Brookdale. Il avait dû appeler à Whitegrove pour savoir où elle était.
-J'ai décroché le contrat ! Tu te rends compte ? Cinq millions de dollars ! Et je rentre demain à Londres. Alors on a fêté ça avec les collègues…Et je me suis dis…Tiens…Ce serait bien de continuer la soirée avec Rey…Parce que …
-Allez Finn, fais un effort, avance, grogna-t-elle en essayant de le faire bifurquer à gauche.
La voiture n'était plus qu'à quelques mètres et Rey n'avait pas vraiment envie d'entendre la suite de sa réponse. Elle sentait que ce qu'il allait dire n'allait pas lui plaire.
-Parce que j'ai réalisé une chose, Rey…. Je crois que je suis encore amoureux de toi. Pourtant je sais que j'ai tout gâché et que tu ne veux plus de moi. Et tu sais comment je le sais ? Parce que tu n'as pas répondu à mes textos…
Rey ouvrit la portière côté passager sans répondre et le poussa à l'intérieur.
-Je voulais juste qu'on passe un peu de temps ensemble…Comme avant. Parce que tu me manques. Je me suis comporté comme un salaud. Je t'ai laissée tomber Rey… Si tu savais comme je regrette. Pardon.
-Finn, écoute, on en a déjà parlé.
-Je t'aime encore, Rey. Viens avec moi à Londres s'il te plait. Je me sens trop seul là-bas.
-Finn, arrête…rétorqua la jeune kiné, de plus en plus exaspérée. C'est fini entre nous.
-Pourquoi tu n'as même pas répondu à mes textos ? C'est à cause de lui hein ? Ben Solo, la super staaarrr de cinéma ! C'est lui que tu aimes maintenant, c'est ça ?
La jeune femme, qui s'apprêtait à refermer la portière, se figea brusquement.
-J'ai bien vu la façon dont vous vous regardiez tous les deux à la clinique, renifla-t-il. Bon sang Rey, je suis tellement désolé. Je suis qu'un pauvre crétin arriviste et égoïste. J'ai tout gâché entre nous…Tu es une fille fantastique et moi je suis incapable d'aimer correctement qui que ce soit. Je fais toujours tout foirer…
Cette fois les épaules de Rey s'affaissèrent et l'envie de faire dégager Finn de sa voiture, de le laisser en plan, ici même, sur ce parking et de lui rouler dessus à plusieurs reprises venait de s'envoler. Appeler Rose à l'aide s'avèrerait inutile. Elle devait se trouver en ce moment même en pleine séance de ciné avec sa sœur. Aucun autre taxi ne voudrait le reprendre dans cet état pour le ramener à son hôtel et il était hors de question pour elle de le laisser seul ici à passer la nuit dehors. La seule solution était de le ramener elle-même. Et ça allait lui prendre au minimum, deux bonnes heures.
Merde et re-merde…
Rey leva alors la tête pour regarder le ciel.
Sur le camaïeu jaune et bleu du crépuscule, les premières étoiles commençaient à apparaître et la jeune femme réalisa qu'il n'était plus utile de consulter l'heure.
Bon sang. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire pour que le Destin s'acharne de la sorte?
D'un geste las, elle attrapa son téléphone dans son sac. Il fallait qu'elle appelle Ben. Il devait déjà être sur le point de quitter son appartement pour la retrouver chez elle.
La main sur la portière, elle commença à composer le numéro quand soudain, Finn se pencha brusquement hors de la voiture et déversa le contenu entier de son estomac sur ses sneakers immaculés.
OooooO
Appuyé contre la balustrade de sa terrasse, Ben porta son verre de vin à ses lèvres.
Droit devant, les lumières du pont de Brooklyn et la skyline des gratte-ciels.
Au-dessus de lui, un tapis d'étoiles dans un ciel sans nuages.
Son dîner chez Rey était tombé à l'eau à la dernière minute. Un imprévu urgent à régler au dispensaire.
La jeune femme s'était une nouvelle fois confondue en excuses au bout du fil et l'excitation qui avait transporté l'acteur toute la journée était retombée comme un soufflé.
Ben en aurait presque ri s'il n'était pas aussi déçu. Du coup, il avait ouvert la bouteille de Pinot noir qu'il avait prévu d'apporter chez la jeune femme et il avait commandé chinois.
Le vent du soir se fit plus frais et il se décida alors à retourner à l'intérieur. Il prit une douche, enfila un bas de pyjama et un T-shirt et se cala finalement dans son canapé avec les deux nouveaux scénarios que lui avait fait parvenir Monica Mothma dans la matinée : un premier film d'un jeune réalisateur apparemment très prometteur et un énième blockbuster dont l'action prenait place dans l'espace. Devrait-il encore se retrouver engoncé dans des costumes étouffants et inconfortables ? Pitié…
Au moment où il ouvrit le script pour commencer à lire, son téléphone laissé sur l'îlot central de la cuisine émit un bip sonore. Il venait de recevoir un texto.
Ben se leva donc en soupirant et déverrouilla son téléphone.
C'était Josh, son assistant, qui lui indiquait que son vol du lendemain pour la Floride avait été avancé. Départ à sept heures trente au lieu de neuf.
Très bien. Autant aller se coucher alors.
Mais au moment de reposer son portable, un autre bip retentit et un message de Rey s'afficha à l'écran.
REY: Hey. C'est encore moi.
Surpris, Ben se mit à sourire et ses doigts volèrent sur le clavier.
BEN : Hey. Et je suis ravi que ce soit toi.
REY : Il est tard. Je ne te réveille pas j'espère ?
BEN : Non.
REY : Tu n'es pas trop fâché pour ce soir ?
La mâchoire de Ben glissa machinalement de gauche à droite.
BEN : Juste déçu d'avoir été privé d'un autre moment agréable en ta compagnie. J'avais vraiment envie de te voir.
Quelques secondes s'écoulèrent pendant lesquelles Ben se demanda si Rey était toujours en ligne. Puis les trois petits points gris clignotèrent à nouveau sur l'écran et la réponse de la jeune femme s'afficha.
REY : Alors ça tombe bien parce qu'en fait, je suis en bas de chez toi.
Rey se tenait debout au milieu du trottoir. Elle ne savait pas trop quel immeuble était celui de Ben et elle attendait, son téléphone à la main. Elle s'était arrêtée devant la porte de garage derrière laquelle elle savait se trouver la Ford Falcon bleue de l'acteur. Elle avait le cœur qui battait la chamade et les mains moites.
A peine avait-elle démarré pour quitter Brookdale, que Finn s'était tout bonnement assoupi contre la portière de son côté et avait ronflé tout le long du chemin. Arrivée au Manhattan Inn, un des chasseurs l'avait gentiment aidée à trainer son ex petit-ami endormi jusque dans sa chambre. Elle avait remercié le brave homme et tandis qu'il refermait la porte, elle s'était dirigée déjà vers le petit bureau au coin de la pièce pour écrire un petit mot à Finn.
Bon retour à Londres. Je te souhaite le meilleur pour la suite.
Rey.
C'était bien suffisant. Elle était encore un peu furieuse mais elle avait juste envie qu'il tourne enfin la page, et elle espérait que le message était assez clair.
Puis elle avait repris sa voiture et conduit toutes vitres baissées avec la radio à fond.
C'est en traversant le pont de Brooklyn, qu'elle avait finalement décidé que non, le Karma ou le Destin ou Dieu sait quelle Force qui régissait l'Univers n'allait pas gagner ce soir.
Elle avait enfilé le jean, le T-shirt AC/DC et la paire de sandales qu'elle gardait heureusement toujours dans son sac de sport, remisé ses sneakers souillés dans un sac plastique et sa tenue de travail au fond de son coffre et foncé pied au plancher dans la nuit New-Yorkaise jusqu'à Warren Street.
A présent, sa voiture était garée cent mètres plus loin. Autour d'elle, la rue était quasiment vide.
Dans ses mains son portable restait désespérément silencieux et elle commença à angoisser.
Mais soudain, une porte à sa gauche en haut d'un escalier s'ouvrit et un géant brun en pantalon de pyjama, T-shirt blanc et les pieds nus dévala les marches en la cherchant du regard.
La bouche de Rey devint sèche. Son cœur manqua un battement.
Ben afficha un grand sourire quand il la vit enfin et fonça droit sur elle.
Elle s'était mise à frissonner et elle s'apprêtait à parler quand deux bras immenses l'enlacèrent soudain et qu'une bouche avide se plaqua contre la sienne. Rey ferma alors les yeux et se laissa transporter.
Elle était au paradis, ou en enfer peut-être. Parce qu'elle sentait son sang bouillir, ses sens s'affoler, sa peau s'embraser. Elle entrouvrit les lèvres et accueillit la langue de Ben avec un soupir d'extase. Oh mon Dieu, elle était sûre qu'on avait pu l'entendre à l'autre bout de la rue.
Une main glissa tout contre sa joue, enveloppa sa mâchoire, passa sur sa nuque puis dans ses cheveux. Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait envie de le toucher aussi, mais l'once de raison qui subsistait en elle en cet instant précis hurlait à ses oreilles qu'il était plutôt inconvenant de faire ce qu'elle avait envie de faire à Ben Solo au beau milieu de la rue.
Quand l'acteur la relâcha enfin pour reprendre son souffle, le seul mot qu'elle arriva à prononcer fut son prénom, murmuré tout contre ses lèvres comme une promesse.
-Monte avec moi, s'il te plait, souffla-t-il.
En guise de réponse, Rey se mordit la lèvre en lui décochant un regard charmeur puis elle partit à reculons direction les escaliers en entrainant Ben à sa suite. Ils remontèrent ensemble dans le hall de l'immeuble, passèrent devant le comptoir vide de Mr Artoo et s'engouffrèrent dans l'ascenseur. Quand les portes s'ouvrirent sur le palier du dernier étage, ils étaient à nouveau soudés l'un à l'autre, Ben couvrant le cou de la jeune femme de baisers, Rey agrippée à ses cheveux, à ses épaules.
L'acteur ouvrit sa porte avec son coude et Rey leva les yeux un instant pour découvrir toute l'étendue de son appartement. C'était spacieux, moderne, il y avait une terrasse avec vue sur la promenade, le fleuve, la ville illuminée.
Elle en profiterait plus tard.
Pour l'instant elle n'avait envie que d'une seule chose : que Ben la déshabille et qu'elle le déshabille en retour. Elle voulait goûter sa peau, le sentir sur elle, le sentir en elle.
Elle avait fantasmé ce moment tant de fois. Seulement là, c'était vraiment en train d'arriver. Ben Solo, ce soir, était tout à elle. Ses mains passèrent sous le T-shirt de coton, caressèrent ses abdominaux, sa taille, remontèrent sur son dos pour effleurer le petit renflement de la cicatrice sur sa colonne.
-Enlève ça, ordonna-t-elle, et Ben se retrouva bientôt torse nu.
-A ton tour, répliqua-t-il en faisant passer l'étoffe à l'effigie des frères Young par-dessus sa tête.
Les pauvres furent abandonnés sur le sol du salon, tout comme sa paire de sandales.
Tout en continuant à s'embrasser fougueusement, ils atteignirent enfin la chambre et Rey atterrit sur le lit, pantelante. Sans attendre, elle déboutonna son jeans et le rabattit en se tortillant sur ses chevilles. Ben acheva de le lui retirer sans que ses yeux ne quittent les siens une seule seconde et elle se retrouva très vite sans sous-vêtements.
Oh mon Dieu, il était vraiment pressé !
Elle ne se plaignit pas car elle aussi avait envie de lui à en hurler et l'érection visible de son partenaire à travers le tissu fin de son pantalon lui arracha un sourire triomphant.
Ben se mit à caresser ses mollets, remonta le long de ses cuisses, et soudain son sexe tout entier fut recouvert par une masse de cheveux sombres et des lèvres avides.
Rey avait encore du mal à réaliser ce qui était en train de lui arriver. Ses gémissements résonnèrent bientôt dans la toute pièce tandis que les muscles de son ventre se crispaient délicieusement.
-Tu es divinement trempée, souffla Ben entre deux coups de langue.
-Et toi tu es extrêmement doué, rétorqua-t-elle entre rire extatique et halètement.
Son clitoris était à l'agonie, tout son corps frémissait et soudain ses mains agrippèrent les draps, Elle était sur le point d'exploser et ses jambes commencèrent à trembler. Oh oui, le Karma pouvait définitivement aller se faire voir ce soir parce que Ben Solo était en train de lui offrir un cunnilingus magistral et qu'elle était sur le point de jouir vite et fort contre sa langue.
-Ben, je vais…
Elle n'eut pas le temps d'achever sa phrase. L'orgasme déferla sur elle tel un raz-de marée et elle hurla son plaisir contre son poing serré.
Ça faisait tellement de bien. Ben était magnifique et il la regardait à présent en souriant avec un petit air conquérant. Calé au-dessus d'elle, dans la faible clarté qui régnait dans la chambre, son ombre gigantesque semblait vouloir la recouvrir toute entière. Elle connaissait son anatomie par cœur. Enfin presque, mais elle n'allait tarder à vraiment tout découvrir.
-Enlève ça aussi, miaula-t-elle en dégageant les hanches de Ben de son pantalon de coton.
Ils étaient enfin complètement nus tous les deux et l'exploration put alors reprendre. Ils se caressèrent longtemps, chacun charmé par la douce musique des gémissements qu'ils se soutiraient l'un à l'autre jusqu'à ce que Ben tende un bras vers le tiroir de la table de nuit. Il en sortit un petit carré argenté et Rey décida que c'était cette fois à elle de prendre les choses en main.
-Donne, fit-elle en récupérant le préservatif et en poussant Ben à s'allonger sur le dos.
Elle eut alors une vue imprenable sur sa superbe érection et se mit à sourire en constatant que pour Ben Solo du moins, le dicton ne mentait pas : « Grandes mains…Taille XL ». Elle resserra ses doigts autour de la verge on ne peut plus appétissante de l'acteur et effectua un premier va-et-vient avec son poing. Puis la tentation fut trop forte et elle le prit en bouche. Juste le gland pour commencer, sur lequel elle fit jouer sa langue. Elle sentit alors Ben complètement à sa merci, la mâchoire serrée et le souffle court. Il agrippa tout à coup sa nuque et accompagna tendrement son mouvement de tête quand elle descendit plus bas puis remonta lentement.
-Je peux te l'avouer maintenant, j'ai rêvé de ça un nombre incalculable de fois, s'extasia-t-il.
Mais Rey avait déjà déchiré l'emballage du préservatif et déroulait à présent le latex sur le sexe frémissant de Ben.
-Et moi donc… susurra-t-elle à son l'oreille en s'installant délicatement à califourchon sur lui et alors que Ben murmurait une nouvelle fois son prénom avec vénération, elle l'introduit en elle sans plus attendre.
La sensation d'être remplie toute entière la fit vaciller et tout à coup et Ben étouffa un gémissement en se mordant la lèvre dès qu'elle se mit à bouger.
-Merde, Rey, c'est trop bon.
-Comment ai-je fait pour résister tout ce temps ? souffla-t-elle.
-Je croyais juste que tu étais insensible à mon charme.
Ses paumes gigantesques se posèrent sur ses seins et commencèrent à les malaxer doucement, caressant du pouce ses tétons durcis. Rey se cambra alors instinctivement pour accentuer la friction. La pression montait. Sa peau commençait à luire de sueur.
Elle posa alors ses mains sur les siennes, les forçant à abandonner sa poitrine. Elle avait besoin de prendre appui pour accentuer les mouvements d'ondulation de son bassin. Leurs paumes se joignirent alors et leurs doigts s'entrelacèrent :
-Putain, Rey, je vais devenir fou grogna Ben.
Il avait fermé les yeux. Elle voyait bien qu'il luttait pour se contrôler et, joueuse, elle accéléra encore. Mais elle fut bientôt prise à son propre piège. L'orgasme revint, encore plus intense cette fois. Elle n'eut même pas le temps de crier. Elle ne voyait plus rien, ne sachant plus tout d'un coup où était le haut, le bas, si elle était encore à cheval sur Ben Solo au milieu du lit ou si elle avait été projetée au loin dans la stratosphère.
Elle s'écroula alors sur lui, tentant de reprendre sa respiration et elle était encore en train de frémir de plaisir quand les positions échangèrent une nouvelle fois. Elle se retrouva plaquée au matelas, les cuisses écartelées par les hanches de son amant qui s'était mis désormais à la pilonner sans ménagement tandis qu'elle était secouée d'un nouveau spasme. C'était incroyable. Allait-elle jouir encore ? Elle avait l'impression de redécouvrir son corps. Depuis quand était-elle capable d'enchaîner deux orgasmes d'affilée à seulement quelques secondes d'intervalle ? Mais elle avait déjà la réponse. C'était à cause de lui. A cause de Ben. De la magie de ses doigts, du parfum de sa peau, de cette connexion étrange qui semblait s'être établie entre eux à la minute où ils avaient baissé leur garde tous les deux.
-Ben, ton dos, balbutia-t-elle, les yeux mi-clos et le grand brun laissa échapper un petit rire.
Elle était incroyable et absolument adorable. En pleine partie de jambe en l'air torride, Rey trouvait encore le moyen de s'inquiéter pour lui. Cette fille était un cadeau du ciel et plus jamais il n'allait la laisser quitter ses bras. En guise de réponse, il accéléra encore et il sentit Rey sur le point de basculer à nouveau dans le gouffre.
-Oh mon Dieu, Ben, oui…
Ils avaient tous les deux la bouche ouverte et leurs yeux s'accrochèrent, il n'y avait plus qu'elle, plus que lui et il sentit alors le sexe de velours de Rey se contracter violemment autour du sien tandis qu'elle arrêtait de respirer. Lui aussi eut le souffle coupé. Sa tête partit en arrière et il explosa en elle avec un râle rauque. La décharge d'endorphine le laissa dans un état de béatitude totale et il s'écrasa de tout son poids aux côtés de Rey.
Une fois le préservatif retiré et abandonné au pied du lit, tous les deux demeurèrent un instant sans bouger, les yeux au plafond et le souffle saccadés, attendant patiemment que les battements de leurs cœurs se calment.
-Quelle bonne idée tu as eu de venir finalement, parla Ben le premier en caressant la hanche de la jeune femme du dos de la main.
-Effectivement, c'était une excellente idée, répondit Rey en venant se lover tout contre lui.
Elle se mit à effleurer sa taille, remonta jusqu'à son cou pour plonger ses doigts dans ses cheveux et suivre la courbe de son oreille. Ben tourna alors la tête vers elle et elle releva le menton pour l'embrasser tendrement.
L'amour avec Rey n'avait rien de comparable avec ce qu'il avait expérimenté avant. C'était une confirmation : elle était la femme de sa vie.
-Je n'ai plus envie de partir pour la Floride demain, j'ai envie de te garder avec moi dans cette chambre jusqu'à la fin des temps, murmura-t-il en collant son front contre le sien.
- Mmmm, j'adore aussi cette idée-là, répondit Rey tout contre sa bouche.
Alors Ben soupira de contentement, en se disant qu'il était à cet instant précis l'home le plus heureux du monde.
OoooO
