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Hermione avait l'impression qu'à chacun de ses pas, elle s'enfonçait tout droit vers la torture. Sa maladie et des Serpentards tous les jours dans son appartement, cela n'allait pas fonctionner.
Une fois les explications de la directrice terminées, elle les laissa devant le tableau. Avec la fierté du serpent, la brune dut se lancer en première.
- J'écoute ton idée pour le mot de passe.
- Je n'aime pas les Gryffondors.
- Je t'ai demandé une idée, pas un avis stupide. Siffla-t-elle
- Ben, c'est fait.
L'idée de se taper la tête contre le mur lui traversa l'esprit. Elle se contenta de tout simplement lever les yeux au ciel.
- Très bien, je choisis alors. Para bellum.
- Hum ? Zabini haussa les sourcils
- Tu comprendras, un jour.
Les yeux de la lionne s'illuminèrent lorsqu'elle pénétra dans son nouveau lieu de vie. C'était majestueux. Mi-Gryffondor, mi-Serpentard, du rouge et de l'or, de l'argent et du vert. Elle avait toujours imaginé ces appartements ainsi, et elle n'était pas déçue. Cela allait lui changer de sa salle commune.
Sa salle de bains et sa chambre, grandes, décorées à son goût, rien que pour elle.
La brune fut finalement contente d'être ici, d'avoir-presque- tout à sa disposition.
Peut-être qu'elle allait pouvoir se reposer plus facilement dans cette superbe chambre où elle ne serait pas dérangée par les cris de Lavande ou de Parvati.
- C'est quoi le mot de passe déjà ? Cria son nouveau partenaire depuis le salon
- Para bellum. Cingla la préfète, serrant les dents
Elle ne reçut pas de merci mais un claquement de porte à la place. Il sortait déjà et il allait bientôt être vingt-et-une heures. Elle n'allait rien dire, avec les petites mésaventures qu'elle avait eues avec ses meilleurs amis les années passées, elle était mal placée pour lui faire la morale sur ce point.
Hermione était seule dans cet immense appartement. Elle se rendit compte qu'elle dormirait sans Ginny désormais, ce qui fut d'abord étrange. Mais après tout, un bon bouquin à lire tranquillement l'attendait. Ainsi que ses médicaments.
Une fois qu'elle fut dans son lit, elle réalisa que devenir préfète-en-chef avait un autre avantage malgré plusieurs inconvénients. Elle serait très souvent seule et cela allait énormément l'apaiser. Du moins, elle l'espérait.
oOOo
Le réveil fut compliqué, presque insupportable. La maladie de Hermione l'épuisait même après dix bonnes heures de sommeil. Et comme d'habitude à chaque fois qu'elle ouvrait les yeux, elle s'examina afin de voir si son nez n'était pas en sang, ce qui était devenu sa pire phobie désormais.
C'était malheureusement grâce à ce signe qu'elle avait compris qu'elle était malade.
Zabini n'était déjà plus là, il était 7h40 et le salon était vide et terriblement silencieux. C'était la lionne qui était en retard pour le petit-déjeuner, pour la première fois. Hermione Granger en retard, personne n'y croirait.
Elle se dépêcha d'aller rejoindre ses amis dans la Grande Salle.
En y entrant, elle aperçut son collègue qui se faisait sermonner par un Malfoy enragé.
Le blond avait changé, il paraissait plus sérieux et avait oublié les gamineries qui consistaient à embêter tous les Gryffondors en leur lançant des piques stupides. Il semblait qu'il n'en avait plus rien à faire. La future bataille ainsi que son statut de mangemort y étaient forcément pour quelque chose.
À table, Harry et Ron ne cessaient de bombarder Hermione de questions à propos du second préfet. Ginny soupira à côté d'elle.
- Du calme, c'est la première nuit, il n'allait pas direct lui sauter dessus. Plaisanta-t-elle
- Première nuit ou non, il n'a pas intérêt à le faire ! Répliqua Ron devenu tout rouge, furieux. Vous ne vous en rendez pas compte, on est en période de guerre. Ils sont plus dangereux que jamais.
Hermione roula des yeux, mais il en rajouta.
- On est là pour toi Hermione.
La brune eut envie de rire tout à coup. Blaise Zabini n'était rien du tout comparé au vrai ennemi qui prenait le dessus sur elle. Elle lui fit alors un simple sourire.
Après avoir mangé le quart d'un toast seulement, Hermione et ses amis partirent vers leur premier cours.
Histoire de la magie, une matière qui n'intéressait pas vraiment Hermione, mais son amour pour les études reprenait le dessus et elle finissait toujours par trouver des points positifs à ce cours. Les Serdaigles allaient être leurs camarades, elle ne serait donc pas déconcentrée par les Serpentards souvent bien trop immatures.
Ils quittèrent Ginny qui se dirigeait vers son cours de potions avec les Serpentards, les joues rouges suite au « Bon courage » lancé par un Harry souriant.
- Histoire de la magie, je m'en serais bien passé. Soupira Ron
- Arrête un peu de te plaindre, tu es fatigant Ronald... Et puis des fois on tombe sur de bons chapitres, les thèmes de septième année ont l'air pas mal du tout de ce que j'ai pu lire dans...
- Ah, enfin on retrouve notre Miss-Je-Sais-Tout. Ca faisait longtemps. Coupa Harry avec un sourire en coin
Elle s'exprimait à nouveau comme l'intello de la classe. Finalement, elle aimait bien qu'on l'appelle ainsi, cela lui avait manqué.
Le cours venait à peine de commencer et Neville, assis à côté de Hermione, n'écoutait déjà plus. Il était bien trop occupé à regarder le porte-clé en forme de radis que Luna lui avait offert. La brune sourit.
Elle ne cessait de prendre des notes et de froncer les sourcils à chaque rire qu'elle entendait de la part de Ron et Harry assis quelques rangs devant.
- Qu'est-ce qu'ils sont agaçants. Souffla-t-elle
Le cours du jour était fini mais il restait vingt minutes, le professeur Binns avait été très rapide pour une fois.
Il raconta alors à la classe l'une de ses nombreuses histoires. Hermione les adorait, elle se replaça confortablement sur sa chaise, prête à écouter attentivement ce nouveau récit.
Toutefois, son bonheur fut vite gâché par un coup d'électricité qui lui parcourut tout le crâne et elle fut aussitôt calmée. Elle se figea.
- Ca ne va pas Hermione ? S'enquit Neville, relevant la tête
- Si, ne t'en fais pas.
Elle n'avait pas envie de discuter, surtout pas en cours.
- ... Granger ! Miss Granger !
La concernée sursauta.
- Miss, que se passe-t-il ? Vous vous êtes tout à coup endormie ! Et d'après mes souvenirs c'est la première fois que cela vous arrive. S'inquiéta Binns, sourcils froncés
- Comment, professeur ? Qu'est-ce que vous dites ?
Elle ne comprenait pas. Hermione observa ce qui l'entourait, elle ne savait plus où elle était. Neville la toisait, intrigué, tandis que Harry et Ron s'étaient retournés vers elle, soucieux.
- Vous vous êtes e-n-d-o-r-m-i-e ! Répéta le professeur
Impossible.
Elle ne s'en était même pas rendu compte. Elle n'était pourtant pas fatiguée et malgré les maux de tête elle avait repris un minimum de force après le petit-déjeuner.
- Je... je suis désolée professeur, je ne m'en suis pas rendu compte. Veuillez m'excuser... Hermione commençait à paniquer
Le professeur l'examinait d'un air grave. Il savait, tout comme elle, que jamais ce ne serait arrivé à la normale. Elle était bien trop sérieuse pour agir ainsi.
Hermione se demanda alors si ce qu'il s'était produit était un nouvel effet secondaire de son médicament ou bien un nouveau symptôme de sa maladie. Elle eut terriblement honte.
Une énorme honte qui la rongea, mais elle fut aussi furieuse à la fois, contre elle, contre sa maladie mais aussi contre le professeur Binns. Tant de personnes dormaient pendant son cours, mais c'était elle la première qu'il avait humiliée. Elle était certainement son élève préférée puisqu'elle était la seule à aimer un minimum sa matière, mais ce n'était pas une raison. Ce n'était pas de sa faute.
Cependant, elle ne pouvait rien dire, elle était malheureusement fautive. Du moins, tant qu'elle cachait ce qu'il lui arrivait.
À la fin du cours, Harry et Ron s'étaient précipités vers elle.
- Comment Hermione, comment veux-tu qu'on croie que tu vas bien après ça ? Tu n'aurais jamais fait ça, même si tu n'avais pas dormi pendant quatre jours !
Harry s'était posté devant elle, il paraissait affolé. Elle était bloquée, elle devait leur mentir, encore.
- Je n'ai pas vraiment eu le temps de réviser ces dernières semaines, j'ai donc révisé toute la nuit et Zabini me déconcentrait, je ne sais pas ce qu'il trafiquait dans sa chambre.
Elle jeta un coup d'œil furtif autour d'elle afin de s'assurer que la personne qui lui servait d'excuse ne se trouvait pas dans les parages.
- Tu mens, déclara Ron.
- Bien sûr que non ! S'offusqua la Gryffondor avec de gros yeux
Ses deux amis la regardèrent, sceptiques. Levant les yeux au ciel, elle ajouta :
- Ce soir je vais bien dormir et demain tout ira bien.
- Je l'espère. Ne nous mens pas, ce n'est pas le moment.
- Ne t'en fais pas, Harry.
Les sourcils broussailleux du garçon à la cicatrice s'étaient froncés. Il savait que quelque chose n'allait pas, Hermione put le voir avant qu'il ne se détourne. Son regard était devenu triste.
La brune sentit alors son cœur se serrer, mais tout ce qu'elle pouvait faire, c'était lui offrir un sourire qui se voulait être rassurant. Un sourire qui, au fond, lançait un appel à l'aide. Mais cet appel, Hermione se promit que jamais personne ne l'entendrait.
oOOo
Il était dix-huit heures et Hermione avait retrouvé une once de gaité. Elle se trouvait à la bibliothèque, seule et sans aucun stress.
Elle avait choisi de lire un roman moldu, simple mais efficace, ce qui lui permettait de ne pas trop réfléchir. L'histoire parlait d'un garçon qui avait perdu son père, son père qui lui avait tout appris. La lionne repensa aussitôt à Harry et au professeur Dumbledore. La mort du directeur l'avait tellement affecté, combien de fois Ginny l'avait entendu pleurer cet été.
Hermione se sentit mal tout à coup, elle se rendit compte qu'elle ne pensait vraiment plus qu'à elle depuis quelques temps. Harry souffrait lui aussi et il avait besoin d'aide. Surtout avec ce qu'il l'attendait, il avait tellement de choses à porter sur les épaules.
Toutefois, la brune chassa aussitôt ces mauvaises pensées. Elle savait qu'elle serait toujours là pour lui. Jamais elle ne l'abandonnerait.
Après quelques chapitres, Hermione décida de rejoindre ses amis dans la salle commune des Gryffondors. Elle n'avait pas envie d'aller à l'appartement. Elle voulait être entourée de bonnes personnes.
Alors qu'elle se leva, elle aperçut Malfoy. Il releva les yeux vers elle, sentant l'insistance de la lionne, et il lui lança un regard mauvais. Elle n'osa plus avancer, comme stupéfiée.
Le blond était adossé contre une étagère, tenant un livre assez mystérieux dont Hermione ne connaissait pas l'existence. Cela l'étonna puisqu'elle passait sa vie à la bibliothèque.
Cependant, ce fameux bouquin ne semblait plus intéresser le Serpentard, il préférerait fusiller son ennemie du regard.
Hermione n'arrivait pas vraiment à cerner ce qu'il pensait, ses yeux d'un gris inhabituel n'exprimaient aucune émotion. Elle baissa alors la tête et sortit enfin.
Le regard glacial était devenu trop lourd à supporter pour la jeune sorcière.
Ses amis ne l'avaient même pas attendue pour manger. Elle s'en alla donc du dortoir des Gryffondors et se dirigea vers la Grande Salle, agacée d'avoir fait tout ce chemin et s'être épuisée pour rien.
Elle arpentait les longs couloirs du château d'un pas lent. La brune tournait parfois la tête vers les grandes fenêtres ouvertes dans les murs, et elle se perdait quelques secondes dans l'immensité du lac.
Jamais elle ne connaîtrait un endroit plus merveilleux que Poudlard.
À quelques mètres de la salle, Hermione tomba sur Nott et Zabini.
Comme par hasard.
- Point d'amis, Granger ? Ricana le Serpentard aux cheveux aussi noirs que ceux de Harry
- Très drôle Nott, excuse-moi j'ai oublié de rire.
Zabini pouffa et Theodore avait perdu son rictus.
- Ah, Granger.. Granger.. Tu devrais faire attention à ce que tu dis.
- Sinon quoi, franchement ? La lionne était lassée de ce comportement
- Tu le regretteras. Lâcha un blond qui venait d'arriver aux côtés de ses amis
- Toujours à la rescousse du plus faible, n'est-ce pas ?
Elle aurait mieux fait de se taire. Après la scène à la bibliothèque, elle n'aurait même pas dû oser lever les yeux vers lui, mais elle avait choisi de faire pire en répliquant. Elle gardait toujours ce courage insolent en elle.
Nott était prêt à lui sauter dessus, les poings serrés, pourtant Malfoy le stoppa. Il s'approcha alors de Hermione.
- Calme-toi un peu, Granger. Être amie avec Potter ne fait pas de toi quelqu'un d'invincible. On sait tous les deux que, bientôt, tu seras au plus bas. Cracha-t-il avec un rictus
À cet instant, on aurait pu comparer les yeux de la Gryffondor aux souaffles de Quiddicht. Son souffle s'était coupé. Et le « Telle une lionne affaiblie » lui était revenu en tête.
Etait-ce donc Malfoy ? Savait-il tout ? Non, se dit Hermione, il faisait simplement allusion à la bataille qui approchait.
- Est-ce que je vous dérange, Messieurs ? Interrompit soudain une voix grave
Ils se retournèrent tous. Hermione fut soulagée de voir que Remus se trouvait face à elle. Un seul regard suffit pour les faire partir.
Elle était désormais terrifiée. Malfoy la terrifiait. Les années précédentes, ses paroles n'étaient que celles prononcées par un gamin lâche et trouillard. Il avait souvent eu recours à son père pour faire peur aux autres.
Cette année, c'était autre chose. C'était bien pire.
Hermione avait raison, il avait changé. Il avait bel et bien oublié les enfantillages, il préférait désormais faire subir des choses plus terribles. Plus sombres.
- Merci, Remus. Sourit Hermione, les joues rouges
- Les temps-ci deviennent de plus en plus mauvais Hermione. Il vous faut vous méfier de vos fréquentations, certes, mais ne vous laissez pas faire.
Il lui fit un clin d'oeil et s'en alla sur ces derniers mots. La brune se dit que c'était malheureusement plus facile à dire qu'à faire.
- Hermione, hé oh !
La voix de Harry la ramena à la réalité.
- Oh, Harry. Désolée j'étais à la bibliothèque. Vous avez déjà fini de manger ?
- Désolé, on pensait justement que tu avais mangé sans nous.
- Ce n'est pas grave Ron.
- Mais il y a encore Dean et Neville ! Ajouta Ginny, gênée par la situation
- D'accord, à plus tard dans ce cas.
Elle se pressa d'aller manger, étrangement elle mourrait de faim.
Cependant, une fois assise à table, tout appétit s'en était allé. Ce que Malfoy avait dit ne cessait de tourner en rond dans sa tête et elle avait à présent envie de vomir.
Elle examina son gratin de pâtes, devait-elle se forcer ou partir ? Il fallait qu'elle mange un peu, cela ne l'aiderait pas à aller mieux autrement.
- Euh.. Hermione..
L'interpellée releva la tête.
- Lavande ?
Lavande Brown, qui ne lui adressait plus la parole depuis la sixième année, venait de l'appeler. C'était très certainement pour se moquer d'elle.
Hermione la toisa, l'incitant à continuer ce qu'elle voulait lui dire.
- Tu saignes du nez. Annonça-t-elle avec dégoût
Parvati paraissait sur le point de dégobiller à côté d'elle. Hermione émit un hoquet de surprise. Elle ne l'avait même pas remarqué et elle ne trouva aucune serviette afin de réduire les dégâts.
Elle se leva, manquant de trébucher, et elle courut jusqu'à l'infirmerie, bouchant son nez avec sa main.
Ginny, qui était venue la chercher, lui courut après.
- Hermione ? Hermione attends-moi ! Cria-t-elle
- Laisse-moi ! Ca va ne t'en fais pas !
Bien sûr, cela n'allait pas. Cela s'empirait, de jour en jour. Mais elle ne voulait pas se l'avouer, ni à elle, ni aux autres.
Elle était la lionne rouge et or, courageuse et fière.
À présent elle n'était que Hermione Granger, malade et condamnée, sans aucune perspective d'avenir.
Voici voilà pour le second chapitre. J'espère que vous avez aimé.
Je tiens à préciser aussi, qu'étant assez obsédé avec Theodore Nott il sera très présent dans mon histoire. Il ne sera pas très gentil par contre haha.
Alors, la petite intrigue du 'Malfoy est-il au courant ou non ?', qu'en pensez-vous ? Quel est votre moment préféré ? J'attends vos avis avec hâte ! :-) Merci pour votre lecture.
