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Bonne lecture ! :-)
- D'habitude, les saignements de nez ne se produisent que la nuit pendant mon sommeil, je ne comprends pas.
- Miss Granger, votre directrice m'a mise au courant de votre état, les saignements de nez sont l'un des nombreux symptômes de votre maladie. C'est cérébral, nous ne pouvons rien y faire.
- Co.. Comment ça ? Madame McGonagall est au courant ? Hermione n'en croyait pas ses oreilles
- Vous ne pensiez tout de même pas que vos parents allaient vous laisser venir à Poudlard sans prévenir la directrice de ce qu'il vous arrive ? Il vous faut un minimum de soutien jeune fille ! Soupira l'infirmière, exaspérée
Hermione avait une confiance aveugle en McGonagall, elle ne dirait rien, mais cette nouvelle l'étonna.
Devant l'air fatigué de la jeune sorcière, Pomfresh reprit son calme.
- Je suis tellement désolée pour vous Miss, personne ne mérite un tel sort. Surtout pas vous.
L'infirmière ne pouvait se résoudre à l'idée de voir une fille aussi prometteuse, courageuse et brillante mourir petit à petit sans ne rien pouvoir faire. Personne ne pouvait accepter ça.
Pourquoi Hermione Granger ? C'était probablement la question qui allait le plus tourmenter l'esprit des sorciers lors des prochains mois.
- Ne parlons plus de cela, oublier m'aiderait déjà beaucoup.
En sortant de l'infirmerie, Hermione ne prit même pas le temps de terminer son repas. L'envie n'était plus présente.
Elle se dirigea donc vers la tour d'astronomie, elle aimait beaucoup y aller le soir. C'était paisible et silencieux. Tout ce dont elle avait besoin.
Une fois arrivée, elle s'assit sur le muret. Autrefois elle n'aurait jamais osé, le vide l'effrayait et cet endroit était certainement le plus haut de Poudlard. Désormais elle n'y pensait même pas. Elle se sentait vivre lorsqu'elle était si près de ce qui pouvait la tuer.
Hermione ne cessait de ressasser les paroles de Malfoy. Depuis tant d'années il la faisait souffrir, cette année elle aurait espéré un peu de compassion. Mais pourquoi donc de la compassion ? Elle avait décidé de ne rien dévoiler sur sa maladie, alors à part sa directrice et l'infirmière, jamais personne n'aurait pitié d'elle.
Toutefois, ce n'était pas une raison pour être si cruel. Personne ne méritait de subir un tel harcèlement.
La lionne se l'était promis. Si elle tenait jusqu'à la guerre, ce serait lui qu'elle tuerait en premier.
Elle ferma doucement les yeux, cherchant à oublier les malheurs qui l'entouraient.
- Granger ! Hurla un jeune homme
Hermione se réveilla en sursaut, ce qui manqua de la faire tomber dans le vide mais heureusement le garçon la rattrapa en lui arrachant presque le bras.
- Sombre idiote ! Tu me fascines Granger, s'endormir au bord du vide ! On aura tout vu. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?
- C'est bon, arrête de hurler comme un dragon. Soupira Hermione, reprenant doucement ses esprits. Tu aurais dû me laisser tomber, cela m'aurait évité de passer mon temps avec toi une seule seconde de plus.
- Non, je suis désolé, mais demain les heures de rondes commencent et je n'ai pas envie de les faire tout seul. Ce qui veut dire que j'aurai besoin de toi quand je n'aurai pas la foi de les faire. Ricana-t-il
La sorcière leva les yeux au ciel, serrant les poings. Elle voulait tous les tuer, à vrai dire. Pas seulement Malfoy.
Cette idée la surprenait, elle avait remarqué que depuis cet été elle était devenue beaucoup plus dure envers les autres.
Alors qu'ils se dirigeaient vers leur appartement, ils tombèrent sur Nott. Hermione soupira intérieurement. Elle se demandait si ce n'était pas fait exprès.
- Qu'est-ce que tu fais là Theo ?
- Une promenade avec ta nouvelle copine Zabini ?
- La ferme, tu ne devrais pas être là.
- Toi non plus. Répliqua Nott avec un rictus
- Je suis préfet, tu te souviens ? Tu veux attirer des ennuis à ta propre maison ?
- Excuse-moi, mon grand Maître. Tu crois vraiment que j'en ai encore quelque chose à faire de voir ma maison perdre des points ? Sérieusement Blaise ? Oublies-tu ce que tu es vraiment ?
Hermione scruta les deux Serpentards d'un œil mauvais.
- Tais-toi, idiot. Aboya Blaise
Il ne pouvait plus supporter Theodore ces derniers temps, depuis qu'il avait la marque des ténèbres il se pensait au-dessus de tout le monde. Il avait tellement changé. Il devenait pire que Draco. Et pour cela, il fallait le faire.
Nott n'avait aucune discrétion, s'il avait pu montrer sa marque il l'aurait déjà fait depuis bien longtemps, mais il devait la cacher. Alors il démontrait sa puissance d'une autre manière. En prenant la relève de Malfoy.
Blaise devait vraiment se contenir pour ne pas lui remettre les idées en place.
- Oh d'ailleurs Granger, te revoilà. Nous n'avions pas fini tout à l'heure.
Blaise recula en soupirant. Laissant une Gryffondor tétanisée devant lui.
- Quand Potty est pas là, ou même ce satané loup-garou, on ne fait plus la maligne n'est-ce pas ? Cracha Theodore, en s'approchant dangereusement
Le mangemort empoigna alors Hermione par le col de sa chemise et elle ferma aussitôt les yeux. Il allait la frapper. L'attaquer à mains nues. Incroyable venant d'un Serpentard, se dit-elle. Elle préférait en rire plutôt qu'en pleurer.
Elle sentait déjà les coups venir et elle fut prête. Elle ne flancherait pas devant lui, elle ne pouvait plus se permettre d'être faible face à eux. La lionne plaça sa main sur la poche où se trouvait sa baguette, dans le cas où Nott irait trop loin.
Pourtant, rien ne se produisit.
Blaise avait poussé son ami loin d'elle. Theodore le dévisagea d'un air incrédule et le repoussa en serrant la mâchoire.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend en ce moment par Merlin ! La sang-de-bourbe te plaît ou je rêve ?
Theodore était devenu rouge sang, il agissait comme un hystérique. Zabini le regardait droit dans les yeux, prêt à lui bondir dessus s'il continuait à se donner en spectacle.
- Tu mériterais un Doloris pour oser dire une connerie pareille. Il faut que tu te calmes, qu'est-ce qu'on t'a déjà dit ? Tu ne dois pas révéler ce que tu es. Si on nous voyait en ce moment même, en train de s'en prendre à une Gryffondor, je serais certainement renvoyé de mon poste et ils mèneraient une enquête contre moi... et ce serait fini pour nous tous. Merde Nott, réalise un peu l'enjeu dans lequel nous nous trouvons. Blaise avait poussé son ami dans un coin afin que la lionne ne puisse pas les entendre
Theodore s'était calmé, mais il n'en avait pas fini.
- Je vais en parler à Draco, Blaise, tu deviens bien trop étrange. Et toi, dit-il en se retournant vers Hermione qui n'osait toujours pas bouger, on se reverra !
Les cheveux de jais du garçon partaient dans tous les sens, ses yeux clairs toisaient la jeune femme qui se trouvait à quelques mètres de lui. Il éprouvait tant de haine envers elle.
Quand il avait appris que Blaise serait préfet-en-chef avec leur ennemie, cela avait été la goutte d'eau.
Enfin, Theodore tourna les talons sans ajouter un mot de plus, les poings serrés. Hermione aurait pu parier que Zabini lui avait lancé un regard d'excuse, mais c'était sûrement une de ses hallucinations.
Le Serpentard soupira.
- Ne le dis à personne Granger, mais des fois j'ai terriblement honte d'avoir des amis comme ça. J'aimerais bien qu'ils soient comme toi. Intelligents et réfléchis. Bon, sans le sang-impur bien sûr.
Zabini ne pouvait s'empêcher de rajouter une méchanceté gratuite à la fin de ses phrases, après tout il restait un Serpentard. Cependant, les premiers compliments avaient quelque peu réveillé la brune qui était encore sous le choc.
Malgré cette ''confession'', le préfet l'avait tout de même bousculée pour passer devant elle et il la laissa seule derrière lui. Hermione se racla la gorge.
Les serpents ne restaient jamais aimables bien longtemps.
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Plus tard dans la nuit, alors que la pleine lune illuminait presque autant que le soleil, Hermione se réveilla en sueur. Elle avait de nouveau rêvé que son oreille était en sang.
Elle peina à ouvrir les yeux, épuisée. Elle descendit alors dans le salon pour respirer un air plus frais. Elle n'en pouvait plus.
La lionne s'assit sur le canapé mais ne remarqua pas que son camarade était installé dans un fauteuil, dans un coin sombre où elle ne pouvait pas le voir. Le feu de cheminée n'éclairait que la préfète.
Blaise se rendit compte pour la première fois depuis le jour de la rentrée qu'elle n'allait pas bien, pas du tout à vrai dire. Elle était blanche comme un linge, ses cernes étaient toutes aussi grosses que ses yeux et elle semblait plus maigre que les autres années. Il ne comprenait pas.
Au final, il finit par se dire que ce n'était qu'une Gryffondor qui prouvait bien que les élèves de cette maison n'étaient pas si courageux. Elle ne mangeait presque pas tant elle était angoissée quant à l'avenir, et cela l'affaiblissait.
Le Serpentard eut un air dégoûté. Il détestait les personnes qui abandonnaient trop vite. Mais après tout, était-ce la vraie raison ? Il se surprit un instant à penser qu'il se trompait et que la brune cachait quelque chose de bien plus obscure.
Alors, il l'observa en silence pendant au moins dix bonnes minutes. Il attendit qu'elle s'en aille pour pouvoir enfin monter à son tour.
Malgré toute son impureté, Hermione Granger devenait un grand mystère aux yeux de Blaise Zabini, il ne pouvait plus le nier.
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Le lendemain, le préfet avait tout fait pour éviter Hermione, sa situation l'intriguait beaucoup et elle lui embrouillait l'esprit.
Lorsqu'il croisa Draco dans la matinée, il mourut d'envie de tout lui dire. Le comportement étrange de Granger, son changement physique. Il y avait de quoi débattre.
Pourtant, jamais il ne raconta ce qu'il avait vu cette nuit-là.
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Voilà plus de deux semaines que le Trio d'or et le trio émeraude avaient commencé leur septième année.
Harry continuait toujours à être aussi stressant et oppressant avec la bataille, il ne se souciait que de cela, mais Ron commençait cependant à le comprendre. Après tout, cela allait être lui ou Voldemort à la fin. Il y avait de quoi paniquer.
Ginny, elle, ne savait plus quoi faire avec l'Elu. Un jour il voulait d'elle, l'autre non, et ainsi de suite. Elle se lassait de cette situation. L'ambiance était maussade de tous les côtés. Elle qui avait espéré passer des jours paisibles avant que la bataille ne surgisse, ce n'était pas le cas. Cette année s'avérerait être terriblement difficile à supporter.
Assise sur le canapé, les jambes repliées sur elle-même, un livre en main et la chaleur du feu qui réchauffait sa peau glacée, Hermione était au paradis. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien. Son cerveau était vide de tous maux. Aujourd'hui, elle n'était pas sous l'emprise de son démon.
Hermione entendit soudain des pas arriver qui ne lui dirent rien qui vaille.
- Elle est où la sang-de-bourbe ? S'exclama Pansy Parkinson avec une voix aiguë, en entrant dans le salon
- Mais la voilà, avec un bouquin, comme d'habitude. Cette abrutie de Miss-Je-Sais-Tout. Soupira Theodore derrière elle
Il s'était cependant calmé depuis que Draco lui avait remonté les bretelles quelques jours plus tôt. Le blond l'avait trouvé trop cruel pour un garçon qui devait cacher le genre de secret qu'était la marque des ténèbres.
Draco et Blaise ne les écoutaient même plus, lassés de ce jeu. Ils s'assirent sur le canapé, ignorant complètement la Gryffondor, ce qui convenait parfaitement à celle-ci.
Cela faisait maintenant deux semaines que Zabini ramenait ses amis dans l'appartement des préfets, Hermione n'avait malheureusement pas son mot à dire. Ce n'était même pas interdit dans le règlement.
Bien que Malfoy restait plutôt en retrait, les trois autres ne se gênaient pas et faisaient un boucan insupportable tous les soirs. Et chaque nuit la Gryffondor s'endormait avec le crâne prêt à exploser. Elle était au bord de la crise de nerfs.
Ce soir, Hermione regretta très vite de ne pas être montée dans sa chambre lorsqu'elle les avait entendus entrer.
- Tu lis quoi ? Encore un livre pathétique sur des moldus pathétiques ? Ricana Blaise, sans même la regarder, les yeux plongés dans son verre
Le peu d'estime qui était apparue pour son partenaire était aussitôt redescendue à zéro. Elle ne daigna même pas lever la tête, mais l'ignorance énervait les Serpentards plus qu'autre chose.
- Erotique peut-être, vu la tête de coincée qu'elle tire. Ajouta Pansy, déjà bien atteinte après quelques verres de whisky Pur Feu
Theodore et Blaise, si bourrés que leurs yeux se fermaient à moitié, éclatèrent de rire.
De temps en temps Draco, quant à lui, jetait quelques coups d'oeil vers Hermione. Il attendait qu'elle éclate pour pouvoir s'en prendre à elle à son tour.
Il n'avait plus envie de lui chercher des noises en premier. À vrai dire, il n'avait plus envie de rien. Cela n'avait rien à voir avec la lâcheté, il était simplement lassé de tout cela. Même si martyriser des moldus le faisait monter dans l'estime du Lord, cela ne l'intéressait plus.
Draco avait abandonné l'idée de rendre son Maître fier de lui depuis bien longtemps.
- Bon Granger, tu comptes parler ? Allez raconte, comment il est Thomas avec toi ? Ah non... Pas Thomas... Euh comment c'est déjà... Ah, Weasmoche. Questionna Nott
Il était soûl comme un trou mais il abordait toujours ce petit rictus au bout des lèvres.
- Tu parles, qui.. Qui-qui voudrait de cette saleté ? Ricana Parkinson, les yeux rivés vers Malfoy
Elle voulait tant l'impressionner. Hermione était indignée, ils étaient écoeurants. Cependant elle refusait de fuir, elle ne souhaitait pas leur faire ce plaisir.
- Bon, ça vous dit qu'on la réveille ?
- Ah ça oui Nott, approuva Pansy.
Hermione n'eut pas le temps de relever la tête qu'un sort venait d'atteindre son livre, et toutes les pages s'étaient déchirées. Pansy pointa sa baguette vers elles et les brûla. Elle jeta ensuite les cendres en l'air. La lionne se figea.
- Merde Pansy, évite de salir mon salon ! S'énerva Zabini
La Gryffondor était au bord des larmes, elle était prête à exploser.
Mais contre toute attente, Malfoy la devança.
- Non ! Rugit-il. Grandissez un peu. J'accepte que vous vous amusiez de temps en temps, mais maintenant c'est assez. Vous êtes ridicules, bourrés comme vous êtes, vous me faites honte.
Ses amis se stoppèrent, abasourdis. Draco avait reçu une éducation stricte, et un désordre pareil, il détestait cela. Il n'acceptait pas de voir ses amis agir ainsi.
Le blond fut si énervé qu'il n'avait même pas pensé à utiliser sa baguette, il s'était aussitôt penché pour tout ramasser à mains nues et il mit les restes au feu.
De dos aux autres, il tomba sur la couverture du livre encore intacte et s'en empara aussitôt, la cachant discrètement dans sa poche.
Hermione, qui n'avait pas bougé d'un cil, observa Draco avec incompréhension. Il ramassait les cendres tel un elfe de maison. Elle n'arrivait pas à y croire.
- Toi et Zab.. Zabini ! Vous devenez vraiment trop bizarres ! Couina Nott
Draco se releva et lança à son ami le regard le plus méchant qu'il ait pu lui faire. Les gloussements de Parkinson s'étaient aussitôt arrêtés. Zabini baissa la tête.
- Tu n'es digne de rien Nott. S'il voyait ton comportement, il préférerait encore avoir Granger dans ses rangs plutôt que toi. Ressaisis-toi pauvre ignorant, ou tu seras le premier à te faire tuer. Siffla le blond, ses yeux gris étaient plus glacés que jamais
Il toisa ses amis et il se demanda alors s'il pouvait encore les appeler ainsi. Il n'avait plus confiance en eux, il ne voulait plus d'eux, il voulait changer d'entourage.
Ils étaient nocifs et traîner avec eux signifiait rester coincé dans un cercle vicieux qui durait depuis la première année. Seul Zabini pouvait encore être considéré comme une « bonne connaissance ».
Malfoy épia avec dédain la scène qui se déroulait devant lui. Nott, avec de gros yeux, n'osait même plus lever la tête vers le blond. Zabini et Parkinson se toisaient l'air de dire ''Il devient fou''.
- Quoiqu'il en soit, je vous laisse. Je ne reviendrai plus ici, à moins que tu ne changes d'attitude Zabini. Plus d'alcool et de gamineries. Alors je serai présent. S'exclama Draco en adressant un regard bref et froid à la lionne qui n'osait plus bouger
Avec peine, Hermione finit par se motiver et monta le plus vite possible dans sa chambre. Elle voulait pleurer mais son cerveau refusait, elle avait tellement mal aux yeux qu'elle pouvait à peine les cligner. Elle ne parvenait plus à réfléchir correctement.
Doucement, elle sombra.
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Ces derniers jours, les quatre Serpentards avaient complètement ignoré Hermione. Rien ne pouvait la rendre plus heureuse.
Le cours de potions venait de se terminer et elle devait rapporter le bilan de cette semaine à la directrice McGonagall, comme chaque vendredi soir. En compagnie de Zabini. Ils venaient d'avoir cours ensemble alors ils s'y rendirent tous les deux. Côte à côte, mais sans faire l'effort d'échanger un seul mot.
Et ce fut pareil au retour, sauf que quelque chose vint tout gâcher. Sans s'y attendre, du sang coula à flot sur les lèvres de Hermione. Son nez lui faisait à nouveau des siennes.
- Par Merlin Granger, c'est dégoûtant. Lâcha Zabini en fronçant les sourcils
Il s'en alla sans attendre, ne supportant pas la vue du sang. Ce n'était pas normal, il y en avait bien trop pour un simple saignement de nez.
La lionne soupira d'exaspération, elle n'arrivait pas à croire qu'il allait se battre pour Voldemort lors de la bataille. Ils n'étaient pas prêts de gagner s'ils comptaient tous fuir pour si peu.
Heureusement, Ginny arriva au même moment et aida Hermione.
- Hermione...
Elle lui donna plusieurs mouchoirs, la jeune préfète les avait oubliés à l'appartement.
Quelle idiote.
Pompom lui avait pourtant dit que de telles choses pouvaient arriver n'importe quand désormais.
Ginny l'observait avec un air désolé sur le visage. Lorsque le saignement se stoppa, elles se remirent en route.
- C'est fou comme tu saignes du nez en ce moment, s'inquiéta la rouquine.
- Ce n'est rien de grave, cela arrive souvent.
- Souvent ? C'est encore plus étrange alors.
La brune ne voulait pas en parler, et elle n'en parlerait jamais.
Elles se quittèrent en bas des escaliers et prirent leur chemin respectif, se saluant sans grande conviction.
À peine arrivée devant le tableau de son appartement, Hermione se stoppa. Elle tomba à genoux sans vraiment s'en rendre compte et elle se mordit la lèvre pour ne pas hurler. Une douleur diffuse s'était installée dans son nez et elle l'assena jusqu'à l'arrière de sa tête.
Elle avait l'impression que l'on lui fendait le crâne en deux. Jamais elle n'avait ressenti une telle douleur, c'était indescriptible, bien plus terrible que ses maux de tête habituels. Elle dut alors se résoudre à retourner à l'infirmerie, encore une fois. La douleur était bien trop intense.
Madame Pomfresh l'informa que c'était certainement dû aux saignements de nez et qu'elle devait s'attendre à subir cela de nombreuses fois.
Une autre mauvaise nouvelle l'attendait.
La semaine dernière, l'infirmière l'avait envoyée à Ste Mangouste en fin de journée pour effectuer une radio, afin de vérifier l'évolution de sa tumeur.
- Oh Miss Granger... Comment vous dire une telle chose... C'est si affreux.
Pomfresh, les yeux humides, annonça de but en blanc à son élève que sa tumeur lui laisserait certainement moins de six mois à vivre. Elle était trop grosse et les cellules cancéreuses s'étalaient à présent sur tout le cerveau.
L'infirmière, elle-même peu convaincue par ses propos, essaya de la rassurer en lui rappelant que ces six mois pouvaient être des années et des années, que certaines personnes avaient vécu jusqu'à plus de quarante ans avec des tumeurs à l'aide de médicaments, mais Hermione ne l'écoutait même plus. À quoi bon, elle savait déjà tout cela. Le lui rappeler la démoralisait tout bonnement, elle savait que ce n'était que de faux espoirs.
Une seule larme roula sur la joue de la jeune Gryffondor, une seule et unique larme. Ce qui attrista tellement Madame Pomfresh que pour la première fois, l'infirmière d'habitude si froide et renfermée, lui caressa le front avec douceur.
- Vous pouvez rester là cette nuit, n'importe quelle nuit. Je serai là. Je sais que vous avez choisi de ne le dire à personne et il vous faut du soutien Miss Granger.
- C'est gentil, mais je n'en ai pas vraiment besoin, les cours et mes amis m'aident déjà beaucoup à oublier. Soupira Hermione
L'infirmière n'eut pas le temps de répondre.
- Je comprends les personnes dans ma situation à présent. Avant je les trouvais toutes ridicules, avec leurs pauvres phrases de malades en phase terminale qui ne voulaient pas se battre... Mais ils ont raison finalement, la mort semble tellement plus simple, plus paisible.
Et sur ces mots, Hermione sortit de l'infirmerie. Dégageant les mèches de cheveux qui tombaient devant ses yeux.
La potion de l'infirmière l'avait soulagée, elle se sentait tout à coup un peu mieux et préférait fuir cet endroit qui lui rappelait les chambres stériles de l'hôpital.
Madame Pomfresh s'était enfermée dans son bureau aussitôt la sorcière partie, et pour la première fois depuis plus de dix ans, elle éclata en sanglots. Une part au fond d'elle lui disait qu'une femme au caractère comme elle ne pouvait pas pleurer, elle devait rester froide et garder son cœur de pierre habituel qui l'aidait tant dans sa carrière d'infirmière.
Bien évidemment que c'était un atout de ne rien ressentir quand une personne entre la vie et la mort était entre ses mains. Comment pourrait-elle exercer son métier en pleurant chaque décès ?
Toutefois cette nuit-là, elle avait craqué pour de bon. Son cœur fait de glace s'était brisé face au désespoir de l'élève la plus brillante de sa promotion. Le monde de la magie ne se remettrait jamais d'une telle disparition.
En rentrant dans son appartement, Hermione remarqua que Blaise était déjà au lit. Elle s'assit quelques minutes sur le canapé, son regard se perdant aussitôt dans les flammes.
Tout de suite, la brune eut besoin de ses amis pour lui remonter le moral après cette nouvelle. Mais Madame Pomfresh avait raison, elle avait choisi de garder sa condition secrète. Il lui fallait affronter sa propre guerre, seule.
Elle se leva donc pour aller se coucher, épuisée moralement et physiquement.
Cependant, alors qu'elle passait près de la petite table ronde qui se trouvait dans un coin du salon, Hermione aperçut quelque chose de brillant posé au milieu du meuble en bois. Elle arqua un sourcil, intriguée.
Elle s'approcha et saisit l'objet.
C'était son livre préféré, brûlé par Pansy Parkinson quelques jours plus tôt. Orgueil et Préjugés. Flambant neuf.
Et voilà pour le chapitre 3, pas super je sais.. Mais l'action ne commence pas toujours dans les premiers chapitres avec moi, sorry hihi.
Alors, qu'en pensez-vous ? Un Draco toujours méchant mais un peu plus mature ? Un Theodore pire que Malfoy ? Un Zabini sur la voie de la raison ?
Hermione et sa maladie ? La fin du chapitre ?
Un petit commentaire pour la suite ? :-)
