Heyyyy ! Merci beaucoup pour vos commentaires, ils me font toujours aussi plaisir !
Bonne lecture :-)
Une heure qu'ils la cherchaient, une heure péniblement longue. Harry était fou de rage.
- Mais où est-elle ? Se plaignit Ginny
- Peut-être avec un certain Serpentard que tu m'as interdit d'approcher ? Répondit Harry avec son ton arrogant à la James Potter
La jeune Weasley ne surenchérit pas, ne préférant pas l'énerver encore plus qu'il ne l'était déjà.
Ils arpentaient chaque coin du château, sans succès. Aucune trace de la Gryffondor et pas de Serpentards en vue.
- Et son appartement ?
- Par Merlin, en effet Ron ! Quel idi..
Ils n'eurent pas besoin d'aller voir, elle n'y était pas. Pas vraiment, à moins que l'infirmerie ne soit qualifiée d'appartement vu le temps qu'elle y passait.
Elle était juste à l'entrée, assise sur un tabouret et l'infirmière en face d'elle. Elle lui tenait le poignet. ''Foulé'', d'après ce qu'Harry venait d'entendre. Il bouillonna intérieurement.
Nott l'avait touchée.
Ces lâches de Serpentards se croyaient au-dessus de tout le monde et s'en prenaient à sa meilleure amie. Cela ne pouvait se passer ainsi.
Hermione les entendit s'approcher, relevant alors la tête. Elle leur lança un regard qui se voulut être rassurant, « ne vous en faites pas, je vais bien », mais l'Elu n'y déchiffra que du désespoir. Ses yeux brun chocolat n'étaient plus aussi étincelants qu'avant. Ils étaient éteints.
Et Harry peinait de plus en plus à le supporter.
Elle avait cours, mais Pomfresh tint absolument à lui donner un sirop ainsi qu'une pommade. La lionne tapa du pied, elle ne voulait pas être en retard.
Lorsqu'elle sortit de l'infirmerie, Hermione le regretta aussitôt et aurait préféré y rester.
- Hermione, explique-moi tout de suite ce qu'il s'est passé.
- Harry...
- Il a raison, ça ne va plus du tout toutes ces cachotteries. Ajouta Ron, le regard dur
Elle ne pouvait plus y échapper.
- Nott m'a pris à part, visiblement je mets Malfoy en danger pour je ne sais quelle raison. Mais qu'importe, sa petite amie Millicent Bulstrode, aussi stupide soit-elle, est arrivée pile à ce moment et a certainement cru que Nott me faisait des avances. De ce fait, elle m'a emmenée plus loin et... elle m'a tout bonnement tordu le poignet alors que je désirais partir.
Une haine tangible se forma sur le visage de ses amis.
- Cette cohabitation ne t'apporte vraiment rien de bon. Soupira Ginny
- En effet. Et puis, que veux-tu dire par, ''je mets Malfoy en danger'' ? Questionna Harry, intrigué
- Je ne sais pas, il n'a rien dit. Enfin... non. Bon, il faut se dépêcher, nous avons cours je vous signale. Se précipita Hermione
- Il faudrait tout de même que l'on mette tout ça au clair. Les Serpentards n'ont pas à faire leur loi ici. Certainement pas après les derniers événements.
- Oui Harry, bien sûr. À plus tard Ginny.
Elle en avait déjà marre de cet interrogatoire. Tout ce qu'elle voulait, c'était être assise sur sa chaise de cours et se distraire pour oublier.
Malgré le fait que tous les petits plaisirs que la soif d'apprendre lui procurait autrefois n'étaient plus présents à cause de ses maux de têtes constants, elle était toujours aussi passionnée. C'était une évidence pour l'élève la plus intelligente de sa promotion.
Potions. Avec les Serpentards. Hermione ne pouvait demander mieux. Ce qu'elle concoctait sous son nez lui donnait des nausées et ses coups d'électricité dans la tête n'arrangeaient rien du tout. Elle peinait vraiment à tenir debout.
- Hermione ? Peux-tu me passer un peu de béozard ?
La concernée ne répondit pas de suite. Elle était perdue dans ses pensées, ou plutôt dans son rêve qu'elle avait fait au début du mois d'octobre, à l'infirmerie.
Chaque soir elle y pensait, en espérant rêver de ce monde parfait à nouveau, mais il ne revenait plus, Cedric non plus. Elle avait besoin d'entendre sa voix à nouveau, de sentir la lumière aveuglante qu'il projetait vers elle pour lui réchauffer la peau. Il n'en avait plus envie apparemment. Peut-être que le Poufsouffle ne voulait pas encore d'elle là-haut.
- Hermione ?
- Oh, excuse-moi Harry. Tiens. Sourit Hermione, avec une moue lassée
- Tu vas bien ? S'inquiéta son meilleur ami, encore et encore
- Bien sûr. Regarde ma potion, c'est la première fois que je la réalise et elle a l'air plutôt réussie non ?
- Mmh. Comme toujours Hermione, cela ne surprend plus personne. Dit-il, sourcils levés, ne comprenant pas la réaction de la Gryffondor
Elle ricana avec nervosité.
Harry se demandait vraiment s'il devait plus s'inquiéter pour la bataille ou pour Hermione. Qu'avait-elle de si grave pour se délaisser de lui au moment où il avait le plus besoin d'aide ? Avait-elle elle aussi besoin d'aide ? Elle n'était pas comme cela pourtant. Elle se débrouillait toujours seule.
- Ce soir, salle commune des Gryffondors, et n'y manque pas Hermione. Dit-il à l'adresse de ses deux amis
- Pourquoi pas dans mon appartement ? Il y aura certainement moins de monde.
- Juste Malfoy, Nott, Zabini et leur chère Parkinson tu veux dire ? Répondit Ron avec ironie
- Très drôle Ronald. Bon d'accord Harry, je verrai si je peux. Tout dépend si Zabini accepte de faire la ronde seul ce soir.
- Il a plutôt intérêt, sinon je viendrai te chercher moi-même.
- Tu n'en auras pas besoin Harry. Assura Hermione
Il ne semblait pas convaincu.
Draco, qui n'était pas très loin, avait tout entendu. Son nez se plissa alors qu'un rictus moqueur et froid prenait place sur ses lèvres.
Parler ? Tous les trois ? C'était très certainement à propos de la bataille. Le mangemort se dit qu'ils n'étaient franchement pas discrets, ce qui le fit bien rire intérieurement.
Mais alors que le Serpentard continuait de ruminer tout en toisant son ennemi, le pire cauchemar de Hermione se produisit.
Du sang. Une goutte de sang venait de s'écraser sur la main de la brune. Elle se retint de crier, mais elle avait tout de même laissé s'échapper un hoquet de surprise bien trop bruyant, tout le monde la toisa et Ron recula aussitôt. Du sang coulait de l'oreille droite de Hermione.
Draco, à la table à côté, fronça les sourcils. Sur le coup il avait cru que c'était sa potion le problème, un effet secondaire peut-être.
Toutefois, en la voyant sortir en courant, il comprit que c'était grave, bien plus grave qu'il ne le pensait.
Harry n'eut pas le temps de réagir, son amie était déjà hors de la salle.
Elle voulait fuir vers l'infirmerie, son refuge, mais avant même de quitter le couloir, elle s'effondra au sol. Elle n'arrivait plus à bouger, du moins, à se relever. Elle n'entendait presque plus et sa vue devenait floue. Son cerveau lui refusait tout mouvement. Elle comprit.
Son mal de tête était si intense qu'elle en perdait ses sens. Elle ne savait plus où elle se trouvait. La panique se fit ressentir dans ses gestes.
- Granger ? À quoi tu joues par Merlin ! Arrête un peu d'attirer l'attention !
- Laisse-moi... Supplia-t-elle, faiblement
- J'aimerais bien mais Slughorn m'a envoyé te chercher pour t'emmener à l'infirmerie. J'ai soutenu que c'était de la comédie, parce que une fois ça va mais pas deux.
Cependant, lorsque Zabini l'observa plus attentivement, il se tut aussitôt. Elle n'arrivait plus à bouger, son oreille continuait de saigner. Elle semblait perdue, cherchant où elle se trouvait, comme si elle était devenue aveugle. Sans attendre, le Serpentard souleva la lionne.
- Que fais-tu..
- Je t'emmène à l'infirmerie. Les joies d'être préfet-en-chef et d'assister son partenaire. Railla-t-il
Zabini courut le plus vite possible, il se faisait violence pour ne pas la laisser tomber de ses bras tant cette proximité avec elle le repoussait. Toutefois, en arrivant à l'infirmerie Hermione tomba dans les pommes.
Sous le choc, Blaise commença à trembler.
- Infirmière ! Cria-t-il avec peine
Pompom arriva à toute vitesse. D'habitude elle aurait hurlé contre tout le monde, comme elle le faisait toujours. Même quand le patient était plutôt bien blessé ou malade, elle avait du mal à supporter les élèves.
Néanmoins, lorsqu'elle aperçut Hermione, son visage se décomposa. Elle tendit les bras vers elle comme une femme hésitante vers son nouveau-né.
- Pauvre petite, que lui arrive-t-elle ?
- Son oreille s'est mise à saigner en plein cours de potions, puis en sortant de la salle elle s'est effondrée, toujours consciente, mais elle...
Zabini s'était arrêté devant l'expression horrifiée de l'infirmière, il ne comprenait pas. Ce n'était qu'un simple malaise après tout, même si le vivre sous ses yeux et dans ses bras l'avait plutôt abasourdi.
- Posez-la ici.
Pompom avait ordonné au préfet-en-chef de rester avec la brune jusqu'à la fin du cours.
Après un peu d'eau fraîche sur le visage et un médicament inconnu aux yeux de Blaise, Hermione daigna enfin se réveiller. Elle avait retrouvé la vue et elle sentait à nouveau ses membres.
En l'observant, Blaise se posait des tonnes de questions. Venait-elle vraiment de vivre un simple malaise ? Il se leva et tourna en rond dans la pièce, il voulait partir. Il n'aimait pas être avec cette fille, il se la coltinait déjà bien assez dans leur appartement.
- Qu'est-ce que t'as bon sang ? Hein ? Tu m'expliques ? C'est pas un rhume ou un simple évanouissement ça. S'emporta-t-il
- Pourquoi... pourquoi est-ce tu t'intéresses à moi maintenant ?
- Et ton oreille là, tu te jettes un sort pour être malade ? C'est ça, j'en suis sûr ! S'énerva-t-il, ignorant complètement la remarque de la brune
Hermione fit de gros yeux à l'entente d'une telle bêtise.
- Laisse-moi par...
- Je ne vais pas t'accompagner tous les jours à l'infirmerie, ça suffit les conneries. C'est déjà assez difficile de vivre avec une fille comme... toi... Alors en plus passer mes journées avec, je refuse.
La réaction du Serpentard confortait Hermione dans son choix. Personne ne devait être mis au courant de sa condition.
- Va-t'en..
- Eh non, je ne peux pas à cause de toi malheureusement. Tu..
- Arrête ! Le coupa-t-elle, criant presque. Tu me donnes un mal de tête affreux.
Alors, Blaise resta de marbre et ne lui adressa plus la parole.
À la sonnerie, il s'en alla sans attendre. Non sans continuer de cogiter.
Draco allait le tuer. Il le mettait encore plus en danger en restant avec elle autant de temps.
Fichue Gryffondor.
Pompom se dirigea vers sa patiente, le visage attristé. Elle se posa à l'endroit même où Zabini s'était assis quelques secondes plus tôt, et elle se mit à regarder la jeune élève en silence, ne voulant pas l'encombrer de mots inutiles.
Hermione tourna la tête vers elle. Ses yeux criaient au désespoir, elle avait besoin d'aide. Devant son expression, les sourcils gris de l'infirmière se froncèrent, faisant apparaître encore plus de rides sur son visage. Elle semblait se retenir de pleurer.
La bouche de la Gryffondor tremblait, ses yeux commençaient à être brouillés par les larmes.
- Je... Pendant quelques minutes.. Je ne trouvais plus mes sens, je ne voyais plus, je ne me repérais plus, mes jambes ne répondaient plus. Confia Hermione, en pleurant doucement
- J'ai passé des heures à faire des recherches sur votre maladie. Les maux de têtes en sont la cause. Et... les traitements qui pourraient vous sauver ne sont pas accessibles.
Hermione poussa un long soupir qui en disait bien long. Elle le savait déjà, tout ça. Elle avait juste besoin qu'on l'aide à accepter.
Pourtant, dans chaque rêve qu'elle faisait, elle était morte. Et ce n'était même plus un cauchemar pour elle. Elle trouvait cela si drôle, si ironique en fait. Les rêves dans lesquels elle mourrait étaient les meilleurs rêves qu'elle ait jamais fait. Des espoirs de quelques secondes.
Cependant, elle n'arrivait plus à voir Cedric. Il ne revenait plus. Voulait-il qu'elle se batte ? Encore ? Elle n'y parvenait plus.
oOOo
- Ça va aller Madame, je peux retourner en classe.
- Non, je suis navrée Miss Granger. Il vous faudra rester. Ce qu'il s'est passé est inquiétant et votre directrice est entièrement d'accord avec mes choix. Une nuit ici ne vous fera pas de mal. Ordonna Pompom, reprenant son habituel ton sec
Elle aurait tellement aimé retrouver ses livres pour calmer sa soif de savoir et lui faire penser à autre chose, mais il était vrai qu'une journée remplie de médicaments et de potions magiques ne pourrait que l'aider. Et la préfète-en-chef se dit qu'au moins elle allait échapper à cette fameuse conversation avec Harry et Ron.
L'après-midi, elle se remit à saigner du nez. Elle se retrouvait à présent avec les narines bouchées par des cotons car la magie ne parvenait plus à stopper le saignement.
Hermione s'était également trompée. À la fin du dernier cours de la journée, Harry et Ron arrivèrent à l'infirmerie. Elle leva les yeux au ciel. Elle allait finalement avoir droit à cette discussion qu'elle redoutait tant.
- Que nous caches-tu Hermione ? Soupira son ami aux cheveux noirs en bataille, qui venait de s'assoir auprès d'elle
Les mots étaient coincés dans la gorge de la brune, refusant de sortir. Mais l'état de Harry l'inquiéta tout à coup. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas détaillé, et elle remarqua qu'il était fatigué lui aussi. De la guerre ? Ou du comportement de la jeune Gryffondor ?
Sa barbe naissante prouvait qu'il se lassait de tout et se laissait aller. Il ne voulait qu'une chose, en finir avec tout ça.
Toutefois, il voulait d'abord que Hermione lui avoue tout.
- Tu as saigné du nez cet après-midi ? Demanda Ron, remarquant les cotons dans la petite poubelle posée au pied de la table de nuit
- Malheureusement.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive...
- Je ne sais pas Harry, vraiment. Je me sens plutôt faible ces derniers temps.
- Tu nous sors cette excuse depuis la rentrée.
- Mais c'est pourtant la vérité Ronald.
- L'infirmière n'a-t-elle donc aucun diagnostic ? Tu ne vas tout de même pas continuer l'année comme ça. Et faire un tour chez un médecin moldu serait peut-être mieux non ? S'exclama Harry, désespéré
- Elle ne sait pas encore. Et non, d'après elle il ne pourra rien faire de plus.
Un long silence eut lieu, les deux amis de Hermione ne savaient plus quoi faire. La croire ? Ou continuer d'écouter leur instinct qui leur disait qu'elle ne faisait que de leur mentir ?
- Soit. On en reparlera plus tard, nous n'avons plus trop le temps.
Ils abandonnaient bien vite. Mais qu'importe, ''tant mieux'' se dit Hermione.
- Je.. Je ne trouve pas. Je ne trouve rien à propos des derniers objets. Chuchota Harry, le plus doucement possible
- Et puis Dumbledore ne nous a laissé aucun indice. À part l'épée et le livre.. D'ailleurs, où est-il Hermione ?
- Dans ma chambre, Ron.
Il était vrai qu'elle n'y avait pas vraiment fait attention ces derniers temps.
- Il faudrait l'étudier de plus près.
- Ce ne sont que des contes Harry. Soupira le rouquin
- Dumbledore ne nous aurait jamais donné ça pour rien.
Après tout Dumbledore était un mystère à lui-même, même vivant. Alors mort, comment allaient-ils trouver des réponses à ses questions si difficiles ? Cela paraissait impossible.
Cependant, Hermione se promit qu'une fois remise sur pied, elle allait tout faire pour les aider. Elle leur devait au moins ça.
- J'ai aussi beaucoup observé Malfoy... Il tourne en rond dans les couloirs, parfois. Même devant ton appartement Hermione. Je ne sais pas ce qu'il manigance mais c'est très louche. Ne lui parle pas trop quand il vient voir Zabini, il fouine.
- C'est bien connu de sa part ça. Plaisanta Ron
Harry n'avait pas envie de rire. Tout comme Hermione.
- Ne t'en fais pas Harry, il ne cherche pas vraiment à me parler. Au contraire.
- Zabini ne t'a rien fait quand il t'a ramenée ici ? S'enquit Ron, soudainement
- Non, il m'a aidée. À sa façon.
Harry parut éberlué.
- C'est bizarre.
- Plutôt. Approuva-t-elle
L'Elu posa sa main sur celle de son amie. Il s'inquiétait pour elle. Pourquoi lui faisait-elle ça ? Elle n'y pouvait rien, mais c'était tellement mal tombé. Tout tombait mal. Hermione était au plus bas, et il faisait face à un amour avec Ginny qui ne pouvait se concrétiser pour l'instant, ainsi qu'à un fouineur de Malfoy et trois horcruxes restants. Juste avant le début de la fin qui approchait de plus en plus.
Harry n'arrivait plus à tout gérer et il n'avait pas l'impression d'être aidé, à part par Ron.
- Pourras-tu venir ces jours-ci, dans la salle commune ? Peut-être pourrions-nous commencer les recherches.
- Bien sûr Harry, mais tout dépendra de mes rondes. Accepta la brune, remarquant bien son appel au secours
- D'accord, ça me soulage de savoir que tu ne nous abandonnes pas. On va y aller. Tu ne peux vraiment pas sortir ?
- Non, répondit Hermione d'un air fatigué.
- Comment fais-tu pour accepter tous ces séjours ici ?
- Ne t'occupe pas de moi Harry, il y a plus grave. On se voit demain.
- Oui, bonne nuit. La salua-t-il, tout de même inquiet
- Bonne nuit Hermione ! Lui souhaita Ron
- Bonne nuit vous deux, à demain.
Ils s'en allèrent, sans un mot. Elle avait redouté leur arrivée, mais à présent elle aurait aimé rester avec eux toute la nuit. Elle se sentait terriblement seule, abandonnée.
Un peu plus tard, Pompom arriva pour donner les médicaments habituels à Hermione, des médicaments censés apaiser sa douleur mais qui n'en faisaient rien. Des médicaments que les sorciers ne connaissaient pas.
Et ça, Draco le remarqua en passant devant l'infirmerie. Il s'était arrêté, apercevant Hermione qui buvait un verre d'eau juste après les avoir mis en bouche.
Il était toujours figé comme une statue lorsque la lionne releva la tête vers lui. Il ouvrit légèrement la bouche, sourcils froncés. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait.
Hermione se recoucha aussitôt, lui tournant le dos.
Elle entendit ses légers bruits de talons s'en aller et elle pria Merlin pour qu'il n'ait rien entendu. Comment allait-elle faire s'il venait de comprendre quelque chose ? Comment le cacher ? Comment lui demander de ne rien dire alors qu'elle savait de toute façon qu'il ne l'écouterait jamais ?
Après tout c'était un sorcier, il ne comprendrait rien. Surtout lui.
Alors, doucement, elle reprit son calme.
oOOo
La nuit venait de faire son apparition. Et par chance, le sommeil aussi pour Hermione. Elle s'était vite endormie. Si paisiblement.
« Elle courait la lionne. Dans son uniforme gris au blason or qui représentait sa maison, elle courait la lionne. Dans un des prés de sa deuxième maison, Poudlard. Elle était libre, tout était si serein autour d'elle. Elle était seule mais la vie lui semblait plus belle. Le soleil brillait, le ciel était bleu, sans aucun nuage. L'air était frais et floral.
Et pour la première fois, un sourire, un vrai, apparut sur son visage si pâle, si doux. Son teint s'était aussitôt illuminé et ses maux de tête habituels s'en étaient allés. Etait-elle malade ? Bien sûr que non, elle ne connaissait plus cette sensation désormais.
Hermione tournait sur elle-même, la tête relevée vers le ciel, un sourire éclatant sur le bout des lèvres. Elle criait de joie, riait de bon cœur. Elle était enfin libérée de son malheur. La vie avait finalement décidé de la laisser tranquille. De la laisser vivre plus longtemps. De profiter, encore. De réussir sa vie.
Elle continuait de tourner, elle levait les bras vers le ciel. Elle voulut remercier le monde entier d'avoir stoppé sa douleur.
Mais alors qu'elle s'apprêtait à le faire, le temps changea tout à coup. Du bleu, le ciel était passé au gris ténébreux. Le soleil était devenu noir. Et la tumeur de la jeune adulte était revenue, elle avait même empiré.
Hermione hurla de douleur, des larmes ruisselant sur ses joues. Elle se laissa tomber à terre, pourquoi elle ? Pourquoi tant d'espoir pour qu'il soit réduit à néant ?
Soudain, quelqu'un lui prit la main et la releva. C'était Cedric. Malgré la souffrance, le visage de Hermione rayonna. Il était revenu, enfin.
Cependant, ce n'était plus le même Cedric. Il était sombre à présent, habillé en noir et le regard triste, désespéré. Tout en baissant la tête, il tendit un ballon gris vers Hermione.
Ce n'était plus « l'Espoir » mais « la Maladie » qui était écrit dessus. Et malgré ce mot horrible sur ce ballon, elle le prit tout de même en mains. Et aussitôt son corps était redevenu faible, son teint aussi blanc que celui d'un mort. Elle retomba à terre.
Elle se sentait partir, telle une lionne affaiblie. Le ballon l'emmenait dans les ténèbres. Cedric la regardait s'en aller, les larmes aux yeux.
- Je ne sais plus si ça va aller Hermione, je ne sais plus. Mais on se retrouvera, je te le promets, on se retrouvera. Murmura-t-il, alors qu'elle s'enfonçait de plus en plus
Boum.
Elle n'eut même pas le temps de lui répondre que le Poufsouffle tomba devant elle, raide mort. Une seconde fois. Comment était-ce possible ?
Elle se retourna en sursaut, une personne venait de le tuer en lui lançant un sort. Le même que celui qu'il avait reçu sous l'ordre de Voldemort.
Cette fois-ci, c'était Draco Malfoy. Il se tenait droit devant elle, sa baguette magique désormais pointée vers la tête de la lionne.
Hermione voulut crier mais il fut plus rapide. En réalité, ce n'était pas la brune qu'il visait.
- Va-t'en ! Hurla-t-il avec rage
Et le ballon "La Maladie", que Hermione tenait dans sa main droite, explosa suite au sort lancé par le Serpentard au regard glacial. »
Et tout devint flou. Hermione se réveilla en poussant un petit cri.
Il devait être deux heures du matin, les carreaux étaient glacés par le froid dehors et l'infirmerie en prenait un coup.
Elle avait l'impression de délirer.
Hermione n'arrivait plus à dormir, tracassée. Faisait-elle des rêves prémonitoires ? Que faisait-il dans son rêve ? Etait-il au courant ? Elle se fatiguait à se poser tant de questions.
Pourtant Hermione se rendormit très vite, l'âme en peine du fait que le début de son rêve ait parfaitement représenté son espoir de guérir un jour, mais il avait vite fini par la ramener à la réalité. À la douleur et au chagrin qui ne s'en allaient plus. À une fin qui approchait à grands pas.
Elle aurait tant aimé s'en sortir, mais comment garder un infime espoir avec une maladie pareille ? Petit à petit, il disparaissait.
L'espoir d'une lionne affaiblie.
Here it is. Le petit chapitre 5.. Bon, il ne se passe pas énormément de choses mais LÀ c'est le début d'une réponse à tout. À vous de savoir désormais. :-)
Qu'en avez-vous pensé ? J'espère que vous avez tout de même aimé.
J'attends vos avis avec hâte, merci pour votre lecture !
