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Bonne lecture !
Hermione se réveilla en sursaut, sentant que quelque chose la gênait. Elle soupira de lassitude. Elle saignait à nouveau du nez.
Elle avait dû mettre du temps à s'en rendre compte car le sang avait atteint son cou, coulant jusque sa nuque. Elle se leva en bombe afin de nettoyer tout cela.
Il était quatre heures du matin, la brune ne trouva pas le courage de prendre une douche. Elle se débarbouilla et fila dans la salon, elle avait l'impression d'être glacée et elle n'arrivait pas à se réchauffer.
Hermione s'assit près de la cheminée, à même le sol, toute tremblante. Elle n'avait même pas remarqué que Blaise était couché sur le canapé derrière elle.
Réveillé par les précipitations de la brune, il l'observa longuement et se perdit dans ses longs cheveux bruns aux boucles dorées. Il se demanda de quoi elle pouvait souffrir cette fois-ci.
Il remarqua alors une tache rouge sur son arrière-bras. Son nez.
C'était de pire en pire, et ce qui énervait le plus Blaise dans tout cela, c'était qu'elle ne faisait rien pour aller mieux.
Hermione n'arrivait pas à rester assise par terre, elle se leva donc pour s'installer dans le fauteuil. Elle finit alors par remarquer le préfet. Elle fit de gros yeux sur le coup mais la fatigue prit le dessus, en quelques secondes elle ne faisait déjà plus attention à lui. Elle n'avait aucune envie de lui chercher des noises.
Pourtant, lui, il ne la lâcha pas du regard. Au bout de quelques minutes Hermione s'en rendit compte et elle posa les yeux sur lui.
Ils s'étudièrent longuement, dans un silence pesant. Le Serpentard remarqua que les cernes de la brune s'allongeaient de jour en jour, elles ressemblaient presque à des coquards. Ses joues étaient plus creuses que jamais, son teint était aussi blanc que la neige et ses yeux s'éteignaient un peu plus au fil du temps.
Zabini se demanda si ses amis lui changeaient les idées.
Il se surprit à leur en vouloir de ne pas l'aider, parce que lui, il ne pourrait jamais lui venir en aide. C'était ainsi et cela ne pouvait pas changer.
Au fond, Blaise ne voulait pas que Hermione finisse comme sa tante, à souffrir et mourir seule. C'était trop dur, surtout pour une personne de son âge. Et il culpabilisait énormément. Il avait l'impression de laisser sa tante mourir une deuxième fois.
Le jeune sorcier n'avait pas passé de temps avec elle durant sa maladie, il n'avait donc jamais pu l'aider. Aujourd'hui, une personne atteinte du même mal se tenait face à lui, et le même schéma se répétait.
Lorsque Hermione lui avait tout avoué à propos de la tumeur qui logeait en elle et qui la consumait lentement, Blaise avait songé à quitter le poste de préfet-en-chef. Il était hanté par l'idée de se réveiller un matin et la retrouver morte.
Au final il ne l'avait pas fait. Il savait que le souvenir de sa tante lui reviendrait en tête et il se sentirait coupable.
Il repensa soudain à Draco. Il savait désormais que le blond faisait tout cela pour énerver le Maître, qu'il n'en avait plus rien à faire de toutes ces histoires, la bataille et les mangemorts. Mais il allait trop loin, surtout avec la Gryffondor, et cela ne plaisait pas du tout à Blaise. Surtout depuis qu'il avait appris qu'elle était malade.
La sorcière la plus brillante de sa promotion allait faire souffrir toutes les personnes autour d'elle. Elle le ferait souffrir, comme s'il n'avait pas déjà assez subi de choses horribles.
Mais après tout, n'était-elle pas celle qui souffrait le plus dans l'histoire ?
Pendant quelques secondes, Blaise se sentit ridicule à l'idée de haïr Hermione. Il s'en voulait de ce qu'ils lui avaient fait subir certains soirs, ses amis et lui. Il la haïssait car on lui avait appris à détester les sangs impurs, mais elle ne lui avait jamais rien fait et pourtant il se devait de l'exécrer.
Lui et ses amis lui avaient fait les pires crasses, pourtant elle ne semblait pas leur en vouloir, elle ne leur avait jamais rien fait en retour. Elle n'éprouvait de rancoeur envers personne alors que le pire des malheurs lui était tombé dessus.
Le Serpentard se sentait terriblement honteux. S'il venait à souffrir d'une telle chose, il en voudrait au monde entier, même à ses parents.
Hermione mit fin à leur long regard, elle s'endormit tout doucement. Blaise soupira longuement. Il ne savait pas pourquoi mais il avait peur pour son ami. Draco allait se faire avoir à son propre jeu.
Engourdi, le préfet-en-chef se leva péniblement pour aller terminer sa courte nuit dans sa chambre. Il passa près de Hermione, la regarda pendant quelques secondes, puis il déposa une couverture sur elle lorsqu'il remarqua que ses mains tremblaient toujours. Il se détourna aussitôt, épuisé.
- Que l'on me tue lors de la bataille. Chuchota-t-elle, probablement en train de rêver
Blaise, de dos, se figea suite à ces paroles, horrifié. Entendre ces mots sortir de la bouche d'une fille qu'il avait toujours détestée, mais dont il n'avait jamais douté du courage et de l'intelligence, c'était de trop. "Alors la maladie est en train de la détruire à ce point-là", se dit-il.
Une fois dans son lit, il fut parcouru d'un frisson en se remémorant ce que Hermione venait de dire. Et il ne réussit pas à s'endormir.
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En Histoire de la magie, Blaise ne cessait d'observer Draco à ses côtés. Le blond n'écoutait rien du cours, la tête posée sur sa main il griffonnait sur son parchemin.
Blaise soupira, le comportement de son ami l'agaçait tout comme il lui faisait peur.
Suite à la scène de cette nuit avec Hermione, le Serpentard n'avait pas trouvé le sommeil. Il était fatigué et donc facilement irritable, il fallait qu'il parle avec Draco une bonne fois pour toute. Devait-il lui dire pour la maladie de la brune ? Non, ce serait l'inciter à se préoccuper d'elle.
Parce que oui, Blaise avait encore du mal à l'admettre, mais son meilleur ami se préoccupait de leur pire ennemie. Pour énerver le Maître ou simplement car il y tenait vraiment, mais il se souciait d'elle, sans pour autant le montrer.
Lui parler de la maladie, ce serait comme si Blaise acceptait le fait que Draco tenait à la Gryffondor, et il fallait le convaincre du contraire. Il devait ramener le blond à la raison, ce n'était pas le bon moyen pour contrarier le Lord.
Draco finirait par perdre, que ce soit face au côté du Mal ou face à Hermione. Il devait la haïr et se battre contre elle, comme il l'avait fait pendant toute sa scolarité à Poudlard. Pour son propre bien.
- Qu'en était-il de la réaction des Géants suite à cette guerre ?
Quel ne fut pas le choc pour Harry, Ron et même Blaise d'entendre Hermione participer en classe. Voilà des semaines qu'elle ne l'avait plus fait.
Au son de sa voix Draco releva la tête, les sourcils froncés.
Blaise serra les dents, pour elle il était capable de revenir à la réalité.
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- Il y a un peu de soleil du coup on va un peu se balader, tu ne veux pas venir avec nous ?
Harry essayait de convaincre Ginny pour qu'elle sorte un peu.
Hermione et Ron restèrent à l'écart. Le cœur de la brune se serra lorsque la rouquine refusa catégoriquement en lui lançant un regard mauvais. Elle ne s'en remettait pas, elle n'accepterait jamais, et cela ne faisait que confirmer les pensées de Hermione. Elle ne devait pas le dire à ses deux amis. À plus personne.
Le soleil caressait le visage de la Gryffondor, elle se sentait bien. Elle espéra passer un bon moment.
Lorsqu'ils se posèrent sur un rocher, un long silence s'installa. Hermione repensa ainsi à Draco. La façon dont il l'avait protégée face à Nott, le regard qu'il lui avait lancé et cette impression qu'il ne ressentait plus aucune haine envers elle.
Elle se posait trop de questions, et elle ne sut si c'était la tumeur qui la rendait folle, mais elle avait envie de lui parler. Elle voulait interroger son ennemi pour savoir s'il l'avait ''sauvée'' afin d'énerver les mangemorts ou pour son propre bien à elle.
Il fallait qu'elle sache si elle pouvait le remercier ou si elle devait le haïr encore plus à l'idée de n'être qu'un pantin dans sa vengeance.
Et elle mourrait d'envie de connaître la vérité sur ce petit manège. Pourquoi cherchait-il à provoquer la colère de son propre camp ? Il se rebellait et elle avait la vague impression que certes, il ne voudrait jamais être du côté du Bien, mais il ne voulait plus faire parti du côté du Mal non plus. Elle n'y comprenait plus rien.
La jeune sorcière avait d'autres priorités plus importantes dans sa vie, mais elle était hantée par le comportement du blond.
Hermione devait y voir plus clair.
- Hermione ? Comment ça se passe avec Zabini ? Demanda Ron en l'épiant avec inquiétude
- Ca va Ronald, ne t'en fais pas. On ne se voit que très peu et lorsque c'est le cas, on ne se parle même pas.
Zabini. Elle repensa à ce matin, quand elle s'était réveillée avec une couverture sur elle, déposée par le Serpentard lui-même. Et le long regard qu'ils s'étaient échangé. Voilà qu'un autre de ses ennemis commençait à faire tomber son masque face à elle.
Lorsqu'elle se dit ceci, elle comprit que cela ne pouvait être qu'un piège. Ils étaient deux à se soucier d'elle. C'était forcément pour la faire souffrir au final et nuire à Harry. Ou était-ce à cause du fait qu'elle lui avait tout avoué pour sa maladie ?
Depuis quelques minutes la brune jouait avec un caillou dans ses mains et, énervée de toutes ces questions qui lui torturaient l'esprit et qui demeuraient sans réponses, elle le balança quelques mètres plus loin en grognant. Harry et Ron la toisèrent d'un air étrange.
Hermione rougit, elle ne comprit pas sa réaction. C'était comme si son cerveau avait réagi sans qu'elle n'en soit avertie.
- Tu vas bien ?
- Bien sûr, je suis juste terriblement fatiguée. Je crois que je ne suis pas prête Harry. Hermione mentit pour détourner leur attention
Harry soupira et posa un bras sur les épaules de sa meilleure amie afin de la réconforter.
- Personne n'est prêt, mais une fois le jour venu nous aurons bien assez de force pour nous battre, crois-moi.
Hermione eut envie de rire intérieurement. La bataille n'arriverait certainement pas avant quelques mois et elle se dit que ce serait miraculeux si elle pouvait encore bouger un petit doigt d'ici là.
Elle posa sa tête sur l'épaule de l'Elu et elle profita de ce petit moment de bonheur au soleil. Entourée de ses deux meilleurs amis qui avaient cessé de douter d'elle.
- Tu as raison. Je crois en nous. Finit-elle par dire
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Blaise avait réussi à convaincre Draco de venir boire un verre dans l'appartement des préfets.
Il lui tendit un grand verre de whisky Pur Feu et s'assit sur le canapé en face de lui. Le blond le but d'une traite, ce qui fit soupirer Blaise. Cet alcool était assez fort et peu de personnes pouvaient le boire cul sec sans broncher.
- Tu as besoin d'aide Draco.
Celui-ci se mit à s'esclaffer, dépassé.
- D'aide ? J'ai toujours su me débrouiller seul.
- Arrête de te croire invincible, tu ne vas pas te battre tout seul contre le côté du Bien et contre le côté du Mal.
- Je n'ai pas besoin de toi pour me résonner. J'ai déjà tout décidé. Je n'ai rien de plus à te dire là-dessus Blaise.
Le préfet se sentait bouillonner. Il ne supportait plus tous ces petits secrets.
- Je n'ai pas plus envie que toi de me battre, mais en attendant je ne me donne pas en spectacle comme tu le fais avec Granger.
- Je t'ai déjà dit de te mêler de tes affaires. On a déjà parlé de ça. Le blond abordait désormais un regard froid et mauvais
- C'est ce que je fais, merde. Tu es mon seul ami ici. Et je sais que tu vas finir par te faire avoir à ton propre jeu. Tu vas perdre Draco.
- Je te l'ai déjà dit, il ne me fera rien. Siffla le blond
- Je ne parle pas forcément de lui ! Blaise venait tout bonnement d'hurler, à bout de nerfs
Il avait l'impression de parler dans le vide et cela l'irritait au plus haut point.
Draco le dévisagea avec de gros yeux, il allait s'énerver lui aussi, cela se sentait. Mais Blaise n'en avait que faire, il n'était pas prêt à laisser son ami se jeter dans la gueule du loup.
Le blond finirait par perdre face à Voldemort, tout comme il perdrait face à Hermione Granger. Blaise se demanda alors lequel des deux était le plus redoutable.
- Je n'arrive plus à te comprendre. Je ne te reconnais plus. Tu as déjà énormément changé lorsque tu es devenu mangemort, et encore plus lorsque tous ces mangemorts, ton propre camp, ont agressé sexuellement ta mère sous les ordres du Maître. Je comprends que tu veuilles te venger, je suis prêt à être à tes côtés le jour où cela arrivera. Mais là tu es méconnaissable. Par Merlin Draco, je t'en supplie, ne t'approche pas de cette sang-de-bourbe.
Il avait osé aborder le sujet. Blaise avait malheureusement assisté à cette scène horrible, et ce aux côtés de Draco. Cela s'était produit cet été. Le blond avait été forcé à regarder sa mère se faire agresser tandis que son père se faisait torturer, tout cela parce que Draco n'avait pas réussi à tuer Dumbledore.
Blaise se rappelait très bien du regard de son ami à ce moment-là, il ne l'avait jamais vu aussi terrorisé et écoeuré. Le Lord avait fait la pire erreur de sa vie ce jour-là.
Draco avait voulu défendre sa mère, s'interposer. Alors le Maître lui avait lancé le sortilège Doloris à plusieurs reprises, sans aucune pitié.
Zabini n'avait rien pu faire, il avait vu son meilleur ami se faire malmener sous ses yeux. Impuissant.
Aujourd'hui encore Blaise regrettait plus que jamais de ne pas être intervenu. C'était pourquoi il refusait de le voir souffrir à nouveau.
Le préfet n'avait plus jamais voulu y repenser, cela avait été l'épreuve la plus dure à supporter et pourtant il n'avait fait que regarder, il n'avait rien subi comparé à Draco ou Narcissa.
Le jeune Malfoy s'était brisé ce jour-là, Blaise savait que plus rien ne serait jamais comme avant et personne n'arriverait à le reconstruire, personne. Cela ne servait donc à rien qu'il s'enfonce encore plus en enfer. Il y était déjà bien assez.
Le blond avait détourné le regard. Blaise voyait bien qu'il était prêt à lui sauter dessus, mais il fallait qu'il réalise. C'était maintenant ou jamais.
- Tu as déjà bien assez souffert avec cette punition. Ne t'en inflige pas une autre avec Granger. Il y a d'autres moyens de se venger du Maître.
Le verre de Draco explosa entre ses mains. Il ne bougea pas, il laissa sa paume libérer un filet de sang qui s'écrasa sur le sol froid et il lança un regard si vil à son ami que celui-ci en frissonna.
- Continue Blaise, tu seras alors seul lors de la bataille. Et je te laisserai crever sans aucun remord.
Blaise déglutit. Le blond avait toujours été têtu et il n'était pas prêt à écouter qui que ce soit. Mais le préfet ne se laissa pas abattre.
- Très bien. Alors je serai le premier à te laisser te jeter droit dans la gueule du diable. Tu ne sais pas tout Draco, je t'aurai prévenu.
Sans plus attendre, Blaise quitta l'appartement.
Ils ne s'échangèrent plus un mot pendant près d'une semaine.
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Cette semaine était passée bien trop lentement aux yeux de Hermione. Il y avait des jours avec et aujourd'hui était un jour sans. Elle souffrait tellement que cela en devenait insupportable. Heureusement pour elle, elle n'avait eu que trois heures de cours dans la journée.
La brune se mit à paniquer quand, presque arrivée à son appartement pour aller se reposer, sa vision devint floue. Elle fut prise d'énormes vertiges et elle avait l'impression que sa vue s'affaiblissait.
- Non.. Non. Souffla-t-elle
Elle avait lu dans des livres de médecine moldue que l'on pouvait devenir aveugle suite à une tumeur au cerveau.
De peur, elle se mit à trembler. Elle préférait mourir que perdre la vue. Être témoin de la magie qu'elle était capable de produire était l'une des dernières choses qui la rendait heureuse. Elle ne pouvait pas renoncer à cela.
Lorsque Hermione entra dans l'appartement, elle manqua de trébucher bien que rien ne se trouvait sur son chemin, elle se rattrapa en s'appuyant sur le rebord de la cheminée.
Draco, dont la Gryffondor n'avait pas encore remarqué la présence, se releva d'un bond. Pendant quelques secondes il hésita à se rapprocher, mais lorsque la lionne releva la tête il se ravisa.
La brune se frottait les yeux, comme si cela allait enlever cette impression de vision floue. Cela ne l'empêcha pourtant pas de voir que le Serpentard se trouvait à quelques mètres d'elle. Il ne savait plus où se mettre.
Elle l'ignora pendant un instant, toujours accrochée à la cheminée pour reprendre son souffle. Elle paniquait, elle craignait de s'évanouir. Ce n'était vraiment pas le bon moment et elle se dirigea alors vers le fauteuil. Elle n'en avait rien à faire de la présence du blond.
En silence, Draco se rassit à son tour. Il attrapa son verre de whisky Pur Feu et s'en abreuva lentement, tout en scrutant Hermione. Celle-ci réussit à se calmer, mais sa vision demeurait trouble.
- Est-ce que Nott a tenté de t'approcher en cachette depuis la dernière fois ? Demanda le jeune homme après un long silence
Hermione daigna enfin relever la tête vers son ennemi, surprise. Elle considéra sa question pendant quelques minutes.
- Non. Répondit-elle tout simplement
Il hocha la tête. Elle fronça les sourcils et se mit à observer le Serpentard à son tour, du mieux qu'elle pouvait.
Celui-ci planta son regard dans le sien et demeura impassible. Et comme la dernière fois, ce qui surprenait toujours autant Hermione, Draco n'avait plus une once de haine dans ses yeux. Cela la déstabilisa et elle fut soudain prise d'un violent mal de tête. Son visage se crispa sous la douleur.
Draco se détourna, comme si l'observer aussi intensément le gênait. Son regard se perdit dans le vide, ce qui l'aida à se confesser.
- J'ai lu Orgueil et Préjugés. Est-ce parce que je m'ennuyais terriblement ou parce que ton amour étrange pour ce livre m'a intrigué. Je n'en sais rien.
Il se mit à rire tant il se retrouvait ridicule.
- Par Merlin, j'ai lu un pauvre livre moldu. Qui plus est se trouve être un livre sur une histoire d'amour purement irréelle et inconcevable. Comme si Darcy était un sang-pur et Elizabeth une sang-impur. Complètement impossible.
Il se tut un instant, ses yeux d'un gris acier à présent plongés dans les flammes du feu de cheminée. Puis il reprit.
- Pourtant, j'ai aimé le lire.
Et ce qu'il trouvait encore plus absurde c'était qu'au fond de lui, il souhaitait qu'un tel amour puisse exister.
Hermione l'épia, bouche bée. Comme si elle venait de réaliser pour la première fois que son ennemi de toujours pouvait lui aussi être humain.
Elle avait envie de ricaner à son tour, elle avait toujours pensé qu'une telle histoire d'amour pouvait exister. Et depuis qu'elle avait appris pour sa maladie, elle s'était aussi dit que si on ne pouvait plus croire en l'amour, alors autant ne plus croire en la vie. Que ce soit l'amour de ses parents, de ses amis ou d'un garçon, c'était dans les pires situations qu'elle en avait besoin.
- Je préfère croire en un amour ridicule plutôt qu'en un monde noir rempli uniquement de personnes au sang-pur. Répliqua-t-elle, attendant la réaction de Draco
Celui-ci comprit bien le sens de cette réponse, que c'était une sorte de provocation. Pourtant, pour la première fois de sa vie, cela ne lui fit rien, il ne partit pas au quart de tour comme il l'aurait toujours fait autrefois. Au contraire, il émit un sourire à peine perceptible.
- Bien évidemment, Granger. Autrement je ne t'aurais jamais racheté ce foutu livre.
Cette réplique surprit Hermione sur le coup, mais elle sourit légèrement à son tour.
Draco distingua ce sourire et cela le perturba. Il ne la voyait plus sourire depuis leur rentrée et ce fut la première fois en plus de sept ans qu'il provoqua cet effet sur la Gryffondor.
Il ne sut quoi penser de tout ceci, jamais il n'aurait imaginé se retrouver dans une telle situation. Mais dans tous les cas, cela ne le dégoutait plus d'être face à elle. Cela l'écoeurait encore moins de la voir sourire.
Grâce à cet échange qu'ils venaient d'avoir, il oublia tout, la bataille, sa haine pour le côté du Mal, sa mère, la vengeance.
Alors, pendant un instant, il souhaita être Darcy.
Hermione n'arrivait pas à réaliser ce qui était en train de se passer. Elle entretenait une conversation quoique déconcertante mais normale avec Draco Malfoy. Elle s'était surpris à apprécier voir de l'humanité sur le visage du blond.
La brune devenait folle, ce n'était pas possible autrement. La tumeur la faisait halluciner, tout lui semblait irréel. Elle ne pouvait pas sympathiser avec son ennemi, pas maintenant. Pas alors qu'ils allaient devoir s'affronter dans quelques mois.
Elle ne comprenait pas pourquoi il réagissait ainsi avec elle. Celle qu'il avait tant détestée, peut-être même plus que Harry.
Hermione voulut lui poser ces questions, mais elle sentit tout à coup du sang couler le long de son oreille droite. Elle se leva en trombe, prise de panique à nouveau.
Ses oreilles se mirent à siffler si fort que cela lui arracha une grimace. Elle n'entendait plus rien. Elle ne perçut pas les paroles de Draco qui semblaient s'éloigner alors qu'elle n'était même pas encore sortie de l'appartement.
Une fois en dehors, elle courut. Elle manqua de tomber plusieurs fois, mais la peur lui permettait de se ressaisir et elle parvint à atteindre l'infirmerie.
Heureusement, Pompom n'avait aucun patient et Hermione n'avait croisé personne en chemin. Elle se laissa tomber à genoux devant l'entrée du bureau de l'infirmière.
- S'il vous plaît.
Ses paroles furent presque inaudibles, la brune était sur le point de s'évanouir.
Pompom réussit tout de même à l'entendre. Lorsqu'elle découvrit Hermione à ses pieds, elle plaqua sa main sur sa bouche, terrifiée.
La jeune sorcière avait du sang qui coulait jusqu'à la naissance de sa poitrine, ses yeux étaient si rouges qu'on avait l'impression qu'ils allaient éclater.
- Miss.. Chuchota l'infirmière, encore déboussolée par cette scène insoutenable
Elle s'agenouilla face à elle, et contre toute attente, Hermione se jeta dans ses bras.
Elle craqua, lessivée de tout ça. La Gryffondor explosa en sanglots. Des sanglots sourds et bruyants à la fois. Elle déversa plus de larmes que son corps ne pouvait le lui permettre.
Madame Pomfresh la serra contre elle avec douceur, ne pouvant rien faire d'autre.
- J'ai l'impression que je vais bientôt perdre la vue, je perds mon équilibre. Les médicaments n'ont jamais fait effet. Je.. Je n'arrive plus à suivre en cours et je commence à me désintéresser de ce que j'aime vraiment. J'en viens parfois à ne plus supporter mes propres amis, ceux qui m'ont tant apporté. J'ai des crises de panique, je ne dors plus et je..
La sorcière eut du mal à se l'avouer. Il lui fallut quelques secondes pour réussir à tout dévoiler.
- Je commence à ressentir des choses anormales pour un être que j'ai méprisé pendant tant d'années et qui m'a fait beaucoup de mal. Plus rien ne va et je souffre, par Merlin, je souffre horriblement. J'aimerais que cela s'arrête. Je vais finir par faire souffrir toutes les personnes qui m'entourent et je préfère encore mourir plutôt que de voir ça. La mort me paraît si paisible, si vous saviez. Les rêves dans lesquels je meurs sont les meilleurs que j'ai pu faire.
L'infirmière de Poudlard ravala un sanglot à l'entente de ces derniers mots.
Tadam. Chapitre 8. Alors, qu'en pensez-vous ? La conversation Draco/Blaise, Hermione/Draco ? Le moment Blaise/Hermione ? La confession d'Hermione à Pompom ? La révélation sur ce qui est arrivé à la mère de Draco? J'attends vos avis avec hâte, j'espère que vous avez aimé ce chapitre.
Merci de m'avoir lue.
Bises :-)
