Merci pour vos fabuleux commentaires ! Et merci d'être encore là malgré l'attente, vous êtes tous géniaux ! :-) Je vous aime, vous me motivez tellement (et croyez-moi j'en ai terriblement besoin de cette motivation). J'ai fini ma deuxième année et je passe en troisième année à la fac, je suis donc en grandes vacances je vais pouvoir me concentrer sur mes écrits.
Bonne lecture !
- Elle ne se réveille pas ! Pourquoi ne se réveille-t-elle pas ? Draco déposa Hermione sur un lit de l'infirmerie, il semblait à bout de nerfs
Pomfresh, sourcils froncés, lui lança un regard accusateur.
- Ceci est très grave monsieur Malfoy, cette histoire ne va rien vous apporter de bon. Dit-elle tout en auscultant Hermione, toujours évanouie
Le blond s'était douté qu'on allait le soupçonner. Il préféra ignorer cette remarque, et comme à chaque moment d'angoisse, il passa une main dans ses cheveux.
Ils étaient arrivés alors que Blaise s'apprêtait à quitter l'infirmerie. Il abandonna le sac qu'il était en train de faire et se dirigea vers son ami.
- Draco c'est quoi ce bordel ? Putain je l'avais bien dit que c'était une mauvaise idée !
- Je ne l'avais pas dit moi peut-être ? Cracha le blond
- Tu as empiré les choses en y allant.
- Tais-toi donc.
- Silence, allez vous disputer ailleurs ! Partez tout de suite si vous ne voulez pas empirer votre cas. Menaça l'infirmière d'un ton sec
- Je veux savoir ce qu'il en est de sa condition. Répliqua Draco
Blaise soupira.
- Je ne sais pas encore pourquoi mais elle a subi un épuisement terrible, ce qui a causé une grosse chute de tension et son évanouissement. Elle va se réveiller, vous pouvez partir. Croyez-moi, elle a vécu et vivra bien pire que ça. Pomfresh avait prononcé cette phrase en regardant Draco droit dans les yeux
Celui-ci fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu'elle insinuait. Parlait-elle de la bataille qui approchait ?
Le blond avait du mal à se l'avouer mais les seules choses qui le préoccupaient à propos de cette bataille, c'était de se venger et d'empêcher qu'il n'arrive quoique ce soit à Hermione, comme l'infirmière était en train de le sous-entendre.
- Viens.
Blaise commençait à perdre patience, il s'empara du bras de son ami et le tira. Heureusement pour lui, il ne se débattit pas.
Une fois hors de l'infirmerie, Draco se dégagea de l'emprise de Blaise et partit loin devant afin de le semer.
- Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu comptes encore faire ?
- Je vais voir McGonagall, elle semblait être revenue à la normale quand cet abruti de Rusard est enfin arrivé dans la forêt et m'a aidé à ramener Edmund. Il faut que je lui parle.
- Draco non !
Blaise le rattrapa et l'agrippa à nouveau pour l'empêcher d'avancer. Draco le repoussa d'un coup de coude.
- Dégage Blaise.
- Elle ne va rien t'apporter. Tu ne te rends pas compte que tout ceci est grave. Plus grave que d'habitude. Dis-moi plutôt ce qu'il s'est passé et on pourra..
- Tu n'as rien à voir là-dedans, tu ne pourras jamais rien faire.
- Faire quoi et pour qui ? Te venger ? Aider Granger ?
Blaise commençait à être à bout de souffle à force de courir pour rattraper Draco. Sa tension ne cessait de monter tant il s'énervait, il allait partir en vrille.
- Je pense qu'à force tu as compris pourquoi je fais tout ceci non ? Répliqua Draco d'un ton froid
- Tu ne pourras te venger seul, arrête de me mettre de côté par Merlin. Et il faut que tu comprennes que tu ne pourras jamais rien faire pour Granger.
Draco se stoppa et sans que Blaise n'ait le temps de s'en rendre compte, il fut projeté en arrière, poussé par son ami.
- Arrête de tout le temps me dire ça, tu n'en sais rien. Je n'ai plus besoin de toi. Tu es comme les autres Blaise.
Celui-ci se releva aussitôt et cette fois-ci, il explosa pour de bon.
- J'en sais bien plus que toi Draco et ce que je sais là tout de suite, c'est qu'elle te rend dingue. Elle te bouffe autant que cette idée de vengeance envers le Lord. Et crois-moi, tu vas en crever.
Blaise avait tout bonnement beuglé ces mots. Il s'était dit que ce serait les derniers qu'il dirait à son ami pour essayer de le raisonner, de le ramener sur le droit chemin.
- J'abandonne Draco.
Et sur ces dernières paroles, le préfet-en-chef laissa le blond en plan au beau milieu du grand couloir.
Draco, abasourdi, resta immobile quelques secondes mais il reprit bien vite ses esprits, repensant à son but premier. Il s'occuperait de Blaise plus tard.
À ses yeux, ce n'était pas lui qui devenait dingue, mais bel et bien Zabini. Et Draco ne supportait plus que son ami lui parle de Granger comme s'il savait tout sur elle. Il y arriverait seul. Il n'avait besoin de personne, et ce depuis toujours.
Il se remit en chemin. Il fallait qu'il parle à la directrice à tout prix, qu'il comprenne ce qu'il s'était passé avant d'agir.
Une fois devant le phoenix, Draco prononça le mot de passe et s'engagea dans les escaliers. Il détestait se rendre dans ce bureau, il détestait se dire que s'il n'était plus occupé par Dumbledore c'était entièrement de sa faute. Mais il le fallait.
La porte était entrouverte. Il aperçut la directrice qui avait mis en action une dizaine de plumes afin d'écrire un maximum de lettres. Son visage était dur et on pouvait lire l'immense inquiétude qui y régnait.
Le Serpentard se racla la gorge afin de faire remarquer sa présence.
- Entrez Monsieur Malfoy. S'exclama McGonagall sans même relever la tête
Il ne se fit pas prier. Draco était prêt à l'assener de questions, mais il n'eut même pas besoin d'ouvrir la bouche.
- Les ennuis arrivent bien plus vite que je ne les avais prévus. Cela en devient ingérable.
Le blond ne dit pas un un mot, mais la directrice savait déjà ce qu'il voulait entendre.
- Millicent Bulstrode était derrière tout ceci. Je n'ai rien vu venir. Quelle incompétence de ma part, quelle naïveté. Jones et moi-même avons été touchés, mais je doute grandement qu'elle soit la responsable du centaure sous impérium.
Draco demeurait silencieux, toutefois il n'en pensait pas moins. Il savait que Millicent avait fait venir un mangemort. Un qui était bien plus puissant que les pauvres élèves de Poudlard qu'ils étaient.
Il serra les poings. Il était persuadé que cette mission avait été confiée à Nott, mais celui-ci savait pertinemment qu'il se serait fait renvoyer s'il l'avait exécutée. Et ça, c'était hors de question pour lui.
Nott voulait rester à Poudlard pour accomplir des choses bien plus terribles. Il avait alors envoyé Bulstrode à sa place.
- Je vous avais prévenue. Je vous avais dit de ne pas nous accepter. Vous saviez pertinemment que nous étions tous des mangemorts.
- J'ai besoin de vous Monsieur Malfoy. J'ai longtemps peiné à vous faire confiance, mais vous avez sauvé miss Granger, une fois de plus. Il est temps. Nous devons mettre à exécution le plan dont nous avions parlé.
- C'est trop tôt. Répliqua Draco, le visage impassible
Il détestait cette idée d'aider l'ennemi. Il se ralliait au côté du Bien pour venger sa mère, pour aider une sang-de-bourbe qu'il n'arrivait plus à haïr. Il allait aider des personnes qu'il avait exécrées plus que tout pendant de nombreuses années.
Cependant il se rappela qu'au final, ses vrais ennemis se trouvaient dans son propre camp. Il ne devait pas l'oublier.
- Ils commencent à s'en prendre aux nés-moldus. Ils assassinent des personnes innocentes, Monsieur Malfoy, des personnes qui n'ont rien à voir avec la magie. Ils s'en prennent également aux parents de nos élèves nés-moldus. J'imagine que vous étiez au courant.
Draco fronça les sourcils. Cela venait d'arriver. La pire chose qu'on pouvait lui faire en tant que mangemort s'était réalisée.
On ne l'informait plus. Voldemort ne le comptait plus parmi ses rangs, ou du moins il ne voulait plus de lui avant la bataille. Il ne lui faisait plus du tout confiance. Et cela allait être un énorme handicap dans sa quête de vengeance.
- Aucunement. Je pense qu'il a compris.
McGonagall se pinça les lèvres. Un infime doute à propos de Malfoy continuait de faire irruption au fond d'elle, mais elle n'avait pas d'autres choix.
- Qu'en est-il des parents de Granger ? Ajouta-t-il
- Nous faisons notre possible pour les maintenir en sécurité.
La directrice n'avait pas envie de lui donner plus de détails.
Draco eut envie de lui assener que ce n'était certainement pas assez, mais il ne voulait pas se faire remarquer à ce propos.
- Je ne veux pas partir sans m'assurer que Granger va s'en sortir.
La directrice l'observa quelques instants, interloquée par cet intérêt soudain du serpent pour la lionne. S'il savait seulement ce qu'il en était vraiment de la condition de la jeune fille.
- Elle n'a rien de grave. Elle ne pourra qu'aller mieux.
Draco soupira. Il ne pouvait pas faire de caprices de toute manière.
- Très bien. Je vais faire ce que vous m'avez demandé. Mais une fois que ce sera terminé, oubliez tout ça. Oubliez que j'y ai pris part, oubliez-moi. Je ne serai jamais de votre côté. Ni du leur.
Alors, Malfoy sortit en trombe, laissant derrière lui une directrice incrédule.
Avant toute chose, il devait faire un tour dans la Salle sur Demande.
Il se doutait bien que l'ensemble du personnel qui travaillait à Poudlard avait épié chaque recoin de la salle, mais ils avaient dû louper un détail. Le mangemort n'avait pu entrer que par cet endroit, c'était évident.
Deux heures, Draco passa deux longues heures dans la Salle sur Demande. Deux heures à fouiller et déplacer des objets, à en fracasser certains sous le coup de la colère. Quelque chose clochait. Si ce n'était pas ici, alors il devait y avoir une faille ailleurs dans le château. Millicent avait déjà été renvoyée mais il fallait qu'il la trouve, et vite.
Il rebroussa donc chemin, déçu de lui-même de n'avoir trouvé aucun indice. Il inspira longuement afin de se calmer, il devait apprendre à contrôler ses émotions. Ou du moins, réapprendre.
Tout juste avant de quitter la Salle sur Demande, il tomba sur un objet qui autrefois l'avait fait rêvé. Le Miroir du Riséd.
Draco n'avait jamais eu l'occasion de se retrouver face à lui. Il hésita, longuement, oubliant tous les soucis autour de lui. Était-ce vraiment une bonne idée ? À ses yeux, ce miroir n'était là que pour montrer un avenir déchu. Un avenir impossible à obtenir et qui était donc fait pour réduire le moral en miettes.
Malgré tout, le Serpentard ne réussit pas à résister à la tentation. Il y ceda avec faiblesse.
Et il le regretta aussitôt. Comme on le lui avait expliqué il y avait de cela quelques années, il apparut d'abord dans le miroir, seul. Habillé d'un costume noir, abordant fièrement une cravate verte parfaitement pliée. Un paysage avait commencé à se dessiner autour de lui, une salle légèrement décorée de vert émeraude, complètement vide. Il n'y eut que lui pendant quelques secondes. Puis, ce fut alors que son plus profond désir se dévoila.
Elle était là, souriante et pleine de vie, avec son teint porcelaine d'autrefois. Les joues plus roses et ses yeux chocolats qui scintillaient à nouveau. Elle portait une robe rouge qui dessinait à merveille son corps. Ses longs cheveux bouclés tombaient sur ses épaules avec l'impression que des vagues lui caressaient la peau. Et surtout, elle le tenait par le bras et elle semblait être profondément amoureuse de lui. Cela se voyait dans son regard.
La fierté qu'on pouvait lire dans les yeux du blond, c'était du au fait qu'il avait Hermione à ses côtés.
Lorsqu'il remarqua loin derrière eux que sa mère, habillée d'une robe argenté et portant un rouge à lèvres qui illuminait son visage, les regardait avec un sourire épanouie, ce fut de trop pour Draco.
- Non.
Il fronça les sourcils et partit sans un dernier regard pour le miroir. Il voulait fuir cette vision qui ne pourrait jamais devenir réalité. Le monde parfait n'existait pas et il le méritait encore moins.
Draco devait revenir aux choses sérieuses. Il était temps. Il fallait qu'il questionne Millicent et qu'il accomplisse sa mission. Il ne pouvait pas la rater, pas cette fois.
Ce fut difficile à admettre mais il eut du mal à laisser Hermione seule ici.
Avant de faire quoique ce soit, il décida donc d'aller voir Blaise, à contrecœur.
ooOOoo
Presque deux semaines s'étaient écoulées. Le château était désormais enseveli sous une couche de neige épaisse qui brillait sous un soleil qui ne chauffait pas suffisamment pour la faire disparaître. C'était la saison où Poudlard faisait rêver les sorciers du monde entier tant le paysage devenu blanc était époustouflant.
Les festivités approchaient, les élèves allaient bientôt retrouver leur famille ou passer un réveillon magique dans leur école. Mais ce qu'ils attendaient tous plus particulièrement, c'était le bal qui devait avoir lieu dans deux jours. Un moment qui leur ferait oublier toutes les peurs qui les rongeaient de l'intérieur et toutes les menaces qui les entouraient. Ils avaient besoin de cet instant de bonheur.
Cependant, Hermione n'arrivait toujours pas à prendre part à cet enthousiasme. Physiquement, elle s'était vite remise de son attaque dans la forêt interdite et elle était sortie de l'infirmerie le lendemain. Néanmoins, la maladie avait encore empiré, obligeant la lionne à retourner dans son lit de malade pendant trois jours.
Mentalement, c'était un désastre. Elle se laissait doucement sombrer. Un peu plus chaque jour, de plus en plus violemment. Harry et Ron étaient venus la voir le lendemain de l'incident, mais sans prononcer un mot. Ce qui l'avait détruite un peu plus. Ils avaient encore du mal à la pardonner.
Toutefois elle ne sut pas qu'après leur visite, les deux amis avaient foncé dans le bureau de McGonagall, furieux qu'une telle chose soit arrivée à leur meilleure amie.
Ginny semblait revenir lentement vers son amie, mais ce n'était pas suffisant.
Ils ne faisaient plus d'efforts. Hermione se sentait tant abandonnée qu'elle se pensait parfois prête à tout révéler, mais elle abandonnait vite cette idée. Elle était trop lâche, elle n'y arriverait jamais.
Pour ne rien arranger, Hermione avait également appris que les moldus étaient victimes de meurtres terribles, commis par les mangemorts. Plus d'une fois elle avait tenté de partir de l'école pour rejoindre ses parents et les mettre en sécurité, mais la directrice l'en avait empêchée à chaque tentative. Hors de Poudlard, Hermione deviendrait l'une des premières cibles des mangemorts. C'était comme l'envoyer droit dans une fosse aux serpents.
McGonagall avait promis à la jeune fille que ses parents étaient surveillés et qu'ils ne pouvaient pas être plus en sécurité qu'ils ne l'étaient déjà. La brune avait une confiance aveugle en sa directrice, mais au moindre souci elle s'était jurée qu'elle fuirait Poudlard en cachette afin de les rejoindre. Elle avait proposé à McGonagall de les envoyer dans un autre pays, et la directrice lui avait répondu qu'elle leur avait déjà proposé cela mais ils avaient refusé de partir trop loin de leur fille malade.
Avec toutes ces histoires, Hermione avait donc compris qu'elle ne pourrait pas passer Noël chez ses parents afin de ne pas attirer l'attention. Elle allait le fêter chez les Weasley, et c'était bien l'une des choses qu'elle voulait le moins.
Emmitouflée dans une couverture, Hermione se reposait dans le salon. Assise dans un fauteuil face à la cheminée, un thé dans les mains et ses nouveaux médicaments, beaucoup plus dosés, sur ses genoux.
Blaise l'avait rejoint quelques minutes plus tôt. Il la scrutait depuis le canapé, silencieusement. Les effets secondaires de ses nouveaux soins étaient violents, le préfet avait de plus en plus de mal à entendre sa partenaire vomir chaque nuit jusqu'à l'épuisement.
Elle souffrait tant que parfois elle ne les prenait même pas, ce que Blaise avait remarqué et il avait osé lui faire la morale un jour. Au début cela avait surpris la lionne, puis ils s'étaient disputés et cela avait ramené Zabini sur terre. Il devait arrêter de se soucier de celle qui avait toujours été son ennemie.
C'était tout de même compliqué d'ignorer sa descente en enfer apparente, Blaise se demandait comment les amis de Hermione pouvaient être si aveugles. Cela n'avait pas de sens, ils le faisaient exprès. Il avait envie de les secouer. Il voulait qu'ils réagissent pour qu'elle sorte un peu de ce cercle vicieux. Le mal être de la lionne se transmettait beaucoup lorsqu'on était en sa présence et Blaise en faisait les frais.
Encore plus depuis le jour où Hermione avait compris que, après trois jours d'absence, Draco semblait être parti pour de bon. Presque deux semaines plus tard, elle ne savait toujours pas pourquoi et Blaise ne voulait pas lui dire un seul mot à ce propos.
La lionne ignorait le préfet, les yeux rivés sur sa tasse de thé. Le préfet-en-chef décida de briser ce silence pesant.
- Qu'est-ce que ça peut te faire, après tout ?
- Pardon ? Hermione fronça les sourcils, ne comprenant pas cette remarque soudaine
- Pourquoi tu sembles si touchée par son absence ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles. La brune se racla la gorge
Blaise leva les yeux au ciel.
- Je ne sais pas ce que tu t'imagines, mais arrête toute de suite. Vous êtes tous les deux des idiots. Tu n'y comprends rien, Draco encore moins.
- Arrête tes bêtises Zabini, je ne comprends pas tes paroles et je comprends encore moins pourquoi tu m'adresses la parole.
- Tu devrais plutôt te préoccuper de ce qui t'arrive plutôt que de ce qui arrive à Draco. Pesta Blaise, le regard dur
Hermione sentit que ses mains commençaient à trembler d'énervement, il n'avait pas le droit de parler comme s'il pouvait entrer dans sa tête et y lire ce qu'elle ressentait.
- Trouve-toi des nouveaux amis, ça t'empêchera sûrement de te torturer l'esprit pour un ennemi dont tu crois être proche. Ou peut-être que tu devrais essayer de récupérer des personnes qui t'ont abandonnée car tu agis égoïstement. Ajouta le préfet
La lionne n'avait pas bougé d'un cil, pourtant sa tasse de thé vola à quelques centimètres du visage de Zabini et alla s'écraser contre le mur dans un fracassement.
Le préfet dévisagea la malade, ébahi. Sa baguette était pourtant posée sur la table basse. Elle n'avait pas utilisé ses mains, seulement son esprit.
- Il faut un pouvoir et une maîtrise inouïs pour..
- Comme tu l'as dit toi-même, je n'ai pas d'amis. J'ai donc beaucoup de temps libre.
Hermione ne lui laissa pas le temps de répondre, elle se leva pour monter dans sa chambre. Elle devait à se calmer, ce n'était pas bon pour elle de s'énerver à ce point. Et utiliser la magie avec son esprit demandait beaucoup de concentration, ce qui la fatiguait encore plus.
La brune pratiquait cette forme de magie depuis un mois maintenant, lorsqu'elle avait enfin réussi à la maîtriser un minimum elle avait explosé de rire. C'était quand son cerveau était sur le point de mourir qu'il fonctionnait le mieux.
Les yeux de Zabini la suivirent. Il ne la comprenait décidément pas. Comment pouvait-elle exercer une telle force mentale alors qu'elle était si faible ?
Tandis qu'elle s'apprêtait à prendre les escaliers, elle se retourna et plongea son regard dans celui du Serpentard.
- Où est-il ?
- Oublie-le Hermione.
La jeune femme baissa la tête, vaincue. Elle abandonna le préfet dans le salon.
oOOo
Le réveil fut difficile, plus que d'habitude. Remplie d'angoisses et de douleurs, Hermione était à bout.
Cependant elle fut à l'heure pour le petit-déjeuner, pour une fois.
En entrant dans la Grande Salle, elle jeta un coup d'œil vers la table des Serpentard, mais bien évidement il n'y était pas. Elle ne comprit pas pourquoi, mais son cœur se serra à la vue de cette place vide.
Zabini avait remarqué le regard de la lionne qui cherchait Draco, et il fronça les sourcils.
Ils étaient là. Harry et Ron, assis l'un en face de l'autre, étaient en train de déjeuner. Hermione sentit une boule se former dans son ventre, elle ne sut quoi faire sur le coup. Devait-elle les ignorer et rejoindre Neville qui était un peu plus loin ?
Si elle faisait cela, elle n'arrangerait rien. Elle réussit alors à se dire que c'était sûrement à elle, cette fois, de faire un effort.
Ainsi la brune inspira longuement et, sans réfléchir, elle s'installa à côté de Harry. Les deux amis stoppèrent aussitôt leur conversation et fixèrent Hermione pendant quelques secondes, sans un mot. La lionne émit un faible sourire et étonnement, Harry lui rendit.
- Tu vas mieux ? Demanda-t-il en posant sa main sur l'épaule de sa meilleure amie
Et ils firent comme s'ils ne s'étaient jamais disputés, ce qui arrangea Hermione qui préférait oublier ce cauchemar. Elle n'était rien sans eux.
Toutefois, leur reparler la ramena à la dure réalité. Elle allait devoir tout leur avouer un jour ou l'autre, sinon elle risquait de les perdre avant qu'elle ne meure. S'ils comprenaient qu'elle leur avait caché ce terrible secret, ils ne lui pardonneraient jamais.
La voix de Ron la coupa dans ses pensées.
- Vous avez remarqué que Malfoy n'est toujours pas revenu ?
Hermione baissa les yeux, soudain mal à l'aise.
- S'il revient et que McGonagall lui permet encore de rester, je ne comprendrai plus rien. C'est un mangemort, comme Nott ou encore Zabini. Est-elle aveugle ?
La brune déglutit. Lorsqu'elle pensait à Malfoy les derniers temps elle avait tendance à oublier qui il était vraiment.
Il l'avait tant fait souffrir depuis sa première année, et pourtant elle semblait passer au-dessus de tout cela désormais, sans aucun problème. Il avait changé, c'était indéniable, tout comme Zabini. Ils n'étaient plus les mêmes et c'était sûrement pour cette raison que Hermione arrivait à les voir d'une autre façon, par rapport à ses deux amis qui continuaient de les haïr.
Bien sûr, la préfète-en-chef les détestait aussi quelques fois, elle ne pouvait pas faire l'impasse sur tout ce qu'ils avaient commis. Mais le fait d'être condamnée lui avait ouvert les yeux, la maladie l'avait fait grandir.
Elle avait compris qu'on ne pouvait pas haïr quelqu'un sans tout savoir de lui, et elle était loin de connaître les secrets de Malfoy ou de Zabini. Peut-être n'avaient-ils jamais eu le choix. Peut-être que le Mal ne les possédait pas totalement.
- Elle ne veut sûrement pas attiser les flammes en provoquant Tu-Sais-Qui.
Harry fronça les sourcils.
- Vraiment Hermione ? Et avoir des espions dans Poudlard qui s'en vont pendant deux semaines pour tout rapporter à leur maître c'est mieux peut-être ? Ce traître de Snape ce n'était pas suffisant ?
- Harry...
Ron tenta de calmer son ami qui ne pouvait s'empêcher de s'emporter dès que ce sujet était abordé.
- Tu sais très bien qu'ils ne savent rien. Que ce soit l'Ordre ou l'Armée de Dumbledore, nous restons discrets. Lui rappela la lionne
- On ne sait jamais.
Harry se radoucit, il fut surpris de voir que Hermione s'investissait dans leur conversation. Elle qui n'avait pas arrêté d'agir comme un fantôme les derniers mois même lorsqu'ils abordaient des sujets importants.
- Attendons de voir ce qu'il va se passer. Termina l'Elu
oOOo
Ce vendredi passa très lentement. Les échanges entre le Trio restaient encore froids pour le moment, Harry et Ron semblaient heureux de retrouver leur amie mais ils avaient encore du mal à accepter le comportement que la jeune fille avait eu les derniers mois.
Celle-ci s'était sentie très mal dans l'après-midi mais elle n'avait pas cédé, elle n'avait pas pris ses médicaments. Avec les effets secondaires ce serait dix fois pire. Et comme d'habitude, Hermione avait fait de son mieux pour tout dissimuler, et ses amis ne lui avaient pas trop accordé d'importance de toute manière.
Ils venaient de terminer leur dîner, ils se dirigèrent alors vers leurs dortoirs respectifs.
- Vivement que ce bal de Noël soit passé, comme si nous n'avions pas de choses plus importantes à faire.
- Comme quoi, Harry ? Répliqua Ginny, agacée par le comportement de son petit-ami
- Un cours le samedi pour apprendre à tous ces élèves encore ignorants à se battre en cas de danger, par exemple.
- Comme les cours que tu donnais en cinquième année ? Voyons Harry... Soupira Ron
- Et ce bal est une très bonne idée, on a tous besoin d'un peu de bonne humeur les derniers temps. Ajouta la rousse, en lançant un regard insistant vers Hermione
Celle-ci détourna aussitôt la tête. Ginny s'était également radoucie avec la lionne, mais lorsqu'elle repensait au fait que son amie était tout bonnement en train de se laisser mourir et qu'elle ne disait rien à son entourage, la fille Weasley ne pouvait s'empêcher de lancer des piques à Hermione pour la faire réagir.
- D'ailleurs, Ron et toi vous comptez y aller ensemble ? Demanda Ginny en s'adressant à Hermione
- Euh non, j'y vais déjà avec Lavande. Avoua le frère de la rouquine, les joues rouges
Hermione sourit.
- Je suis obligée d'y aller avec Zabini.
Harry, qui marchait un peu plus loin devant, se stoppa net et tourna la tête vers Hermione.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Nous faisons équipe, McGonagall tient à ce que nous montrions une possible entente entre Gryffondor et Serpentard.
- Arrête tes sornettes Hermione, une entente ? Alors que nous allons certainement nous battre contre eux ? L'Elu ricana
Hermione se retint de s'emporter, elle n'aimait pas quand il commençait à agir avec arrogance.
De toute manière elle devait rentrer, dans une heure elle allait devoir faire sa ronde dans le château, seule.
- Je n'ai pas envie de créer de conflits avec notre directrice. Je vous laisse, dit Hermione en prenant l'escalier qui la mènerait à son appartement, le devoir m'appelle.
Ses amis la saluèrent sans insister.
Elle n'en revenait toujours pas qu'ils avaient enfin cessé de l'ignorer, elle avait l'impression que cela avait duré une éternité. Et même si cela restait encore tendu entre eux, Hermione fut soulagée. Cette journée avait au moins eu quelque chose de positif.
En entrant dans l'appartement, la brune trouva Blaise endormi sur le canapé. D'instinct, elle s'avança et déposa une couverture sur lui, comme il le faisait très souvent avec elle.
Il faisait très froid dans les couloirs et la faiblesse de Hermione ne l'aidait pas à supporter ce changement de température.
- Hermione ?
La concernée se retourna dans un sursaut et pointa sa baguette sur l'inconnu qui venait de l'interpeller.
- Oh Remus, c'est vous. Vous m'avez fait peur.
- Je ne fais pas souvent peur pourtant, du moins sous ma forme humaine. Le professeur émit un léger sourire que la lionne lui rendit. Qu'est-ce que vous faites là à cette heure-ci, et toute seule qui plus est ?
- J'exerce simplement mon devoir de préfète-en-chef.
- Mais enfin Hermione, vous ne pouvez pas vous promener seule. On ne sait jamais avec..
- Je sais très bien gérer ma maladie tout comme je sais très bien me défendre face à un danger, ne vous en faites pas pour moi Remus. Chuchota la brune, ne voulant pas recevoir de remontrances
Remus, les mains dans les poches, soupira. Plus les jours passaient, moins il arrivait à accepter le destin de sa meilleure élève.
- Vous tremblez, remarqua la brune, la pleine lune approche. Avez-vous besoin d'aide quant à votre potion ?
Elle tenta de changer de sujet, mais Remus ricana.
- Besoin d'aide ? Vous plaisantez Hermione ? Regardez-vous et demandez-vous qui a vraiment besoin d'aide.
Ces mots furent durs, froids, mais ils étaient nécessaires. Remus n'en pouvait plus, à chacun de ses cours elle était un peu plus faible, à chaque fois qu'il la voyait ses traits étaient plus tirés. Elle était en train de disparaître et personne ne l'aidait, cela le désabusait.
Hermione baissa la tête.
- Je dois y aller Remus, je ne souhaite pas me coucher trop tard.
- Bien sûr Hermione, reposez-vous. Une grande journée nous attend demain. Ne voulez-vous pas que je vous raccompagne ?
- Remus, la brune commençait à être agacée, je sais gérer tout ça. Seule. J'ai eu le temps d'apprendre.
Et sur ces mots, la lionne abandonna son professeur et ami. La gorge de celui-ci se noua. Il fallait qu'elle en parle, qu'elle se soigne. Voilà des jours qu'il faisait des cauchemars à propos de Hermione. Dedans elle mourrait, seule.
Face à elle, il oubliait qu'il était son professeur. Face à la jeune fille qui ne reflétait plus que la maladie désormais, Remus n'arrivait pas à contenir ses sentiments.
Il se sentait idiot d'agir ainsi, mais il ne pouvait pas faire partie de ces personnes qui la laissaient mourir à petit feu comme si de rien n'était.
oOOo
Ginny était toute excitée. Elle entra dans l'appartement de son amie en dansant presque.
- Franchement Hermione, il serait temps de te préparer tu ne crois pas ? Le bal commence dans deux heures !
La brune dévisagea Ginny comme si elle avait vu Merlin en personne.
Où était passée la rouquine qui ne voulait plus lui adresser la parole, qui l'ignorait tel un fantôme errant dans Poudlard ? Comme Harry et Ron, elle était revenue vers elle mais elle avait demeuré froide. Et à présent elle revenait telle une fleur, comme si rien ne s'était passé.
- Je n'ai aucune envie d'y aller, si tu savais. Souffla Hermione
- Avec Zabini en même temps, ça peut se comprendre... Mais tu verras, on va passer une super soirée. Lui assura Ginny avec enthousiasme
Hermione soupira. Ce n'était pas Zabini le problème. C'était son mal de tête incessant, c'était sa faiblesse générale, c'était son absence. C'était tout cela qui l'empêchait de savourer pleinement cet esprit festif et joyeux.
- Tu as une robe j'espère ? Enchaîna la jeune Weasley
- Bien sûr, ma mère me l'a envoyée dès que je lui ai appris qu'il y aurait un bal. Hermione émit un petit rire
- Elle veut te changer les idées. Fit remarquer Ginny
Hermione haussa les épaules. Elle se dirigea vers sa chambre pour se préparer, histoire que Ginny ne l'embête pas plus longtemps.
- Zabini est là ?
- Non.
- Est-ce que ce n'est pas trop dur, avec lui ?
- Pas du tout. Répondit la brune d'un ton ferme et catégorique.
Cette réponse étonna Ginny, mais elle décida de ne pas en demander plus. Elle ne voulait pas gâcher sa bonne humeur en apprenant que son amie était sûrement en train de fraterniser avec l'ennemi.
Hermione fouilla dans son armoire et en sortit une robe encore cachée dans sa protection. Elle la posa sur son lit et la déballa. La cadette des Weasley fit de gros yeux lorsqu'elle aperçut la robe.
- Elle est.. splendide. Hermione, tu vas être magnifique dedans. Je vais faire tache à côté de toi, toutes les filles d'ailleurs.
La lionne eut un rire gênée.
- Ne dis pas n'importe quoi. L'habit ne fait pas tout, regarde mon visage !
Ginny, éblouie par la beauté de la robe, reporta son attention sur le dit visage.
Hermione n'était pas moche comme elle pensait l'être, à vrai dire elle était certainement l'une des plus jolies filles que Ginny avait pu voir dans sa vie. Elle avait des cheveux bouclés bruns avec des reflets d'or, des yeux chocolats qui pouvaient même envoûter un Strangulot, un petit nez fin avec des petites tâches de rousseur qui l'habillaient, des pommettes rondes et une bouche parfaitement dessinée. Elle avait un charme plus imposant que n'importe quelle fille de Beauxbâtons. Elle n'avait rien à envier à personne.
Mais en regardant de plus près, le cœur de Ginny se brisa. Lorsqu'on examinait attentivement la lionne, on pouvait voir que les étincelles dans ses yeux étaient éteintes, que ses pommettes manquaient de couleur et étaient cachées par d'immenses cernes, que ses joues étaient creuses. Son visage reflétait la souffrance à l'état pur.
- Je.. La gorge de la rousse se noua, l'empêchant de continuer sa phrase
Ginny sentit les larmes monter mais il fallait qu'elle se reprenne, elle ne devait pas craquer, pas maintenant.
- Allez, on va faire un petit tour dans la salle de bains !
La rouquine prit la main de Hermione afin de la tirer, prête à lui redonner un peu de joie dans sa vie.
oOOo
- Granger ! Je sais que tu adores être en retard, mais ce n'est pas mon cas ! Grogna Zabini, tapant du pied près de la cheminée, un verre de whisky Pur Feu dans la main
Un cliquetis se fit entendre, et Hermione apparut enfin. Zabini, buvant une gorgée, releva les yeux et manqua de s'étouffer.
Il fut bouche bée face à la brune, habillée et maquillée. Elle était méconnaissable. Il n'y avait plus une once de fatigue sur son visage et c'était ce qui perturba le plus le préfet-en-chef.
Blaise finit par détourner le regard, gêné.
- Bien.. bien. On peut y aller maintenant.
Hermione, un sourcil arqué et un sourire en coin, observa Zabini habillé d'un costume entièrement noir, sauf la cravate qui était verte émeraude.
- Du whisky Pur Feu avant d'y aller ? Vraiment ?
- La soirée passera bien plus vite une fois que je serai soûl ! S'exclama Blaise
- Si l'alcool ne contribuait pas à l'avancement de ma maladie, crois-moi que je serais en train de suivre ton idée.
Zabini ne réussit pas à retenir un sourire, mais il se reprit bien vite et se mit en route. Hermione ne se fit plus attendre et le suivit.
Ils marchèrent côte à côte, sous un silence de plomb. Un silence qui en disait long sur leur envie de se rendre à ce bal de Noël. Un silence qui fut animé par le bruit des talons que portait la brune.
Ils étaient gigantesques, elle s'étonnait de pouvoir marcher correctement avec. À vrai dire ils ne devaient pas faire plus de cinq centimètres, mais c'était déjà trois centimètres de trop.
- Si on est les derniers et qu'on se fait remarquer Granger, ça ira mal pour toi. Lança Blaise alors qu'ils s'apprêtaient à franchir les portes de la Grande Salle
Hermione roula des yeux. Son partenaire la devança et entra, tête haute. Hésitante, elle finit tout de même par le suivre.
Cependant, une fois entrée, elle s'arrêta aussitôt. Son souffle fut coupée à la vue de l'intérieur de la Grande Salle, complètement transformée. C'était bien plus beau qu'en quatrième année.
Tout était blanc, avec quelques touches d'argenté, des flocons de neige plus vrais que nature tombaient lentement et le plafond brillait de mille feux. C'était un paradis sur terre, c'était tout ce qu'il y avait de plus magique. Et cela fit du bien à Hermione de revoir de la belle magie. Elle ne remarqua même pas que la salle était remplie de tous les habitants du château.
Elle revint vite à la réalité lorsque Zabini posa une main sur son dos pour la faire avancer.
- Nous sommes bel et bien les derniers. Je te haïs tendrement Granger.
- Tant que c'est tendrement. Sourit-elle
Mais la brune perdit vite son sourire lorsqu'elle réalisa que la plupart des personnes avait cessé de parler afin d'observer les deux préfets-en-chef. C'était surprenant pour eux de voir un Serpentard et une Gryffondor ensemble.
Elle se mit à trembler, mais Zabini ne la lâcha pas, ce qui l'encouragea à continuer son chemin qu'elle se fraya au milieu de la foule.
- C'est vraiment Hermione Granger ? Une voix murmura dans le public
La jeune sorcière était en effet changée. Voilà bien longtemps qu'on ne l'avait plus vue aussi radieuse.
Lorsqu'elle passa devant ses trois amis, elle leur adressa un sourire timide. Harry n'en crut pas ses yeux mais il fut ravi de la voir à nouveau rayonnante. Ron ne pouvait plus bouger tant la beauté de Hermione l'avait frappé, même ses oreilles en étaient devenues rouges, ce qui agaça Lavande.
Ginny eut un grand sourire et fut fière de son travail, cela lui fit chaud au cœur de voir qu'elle avait aidé Hermione à aller mieux, pour une soirée au moins.
Au loin, McGonagall et Remus se lancèrent un regard soulagé, soulagés de voir que leur élève préférée était de retour.
Lorsqu'ils arrivèrent sur la piste de danse, aux côtés des autres préfets-en-chef, ils se mirent en place. Ils devaient ouvrir le bal.
Hermione connaissait les ouvertures de bal. C'était avec Cedric qu'elle avait vaincu sa peur de danser devant tout le monde. C'était lui qui lui avait fait découvrir ce que c'était que d'éprouver des sentiments. Même si désormais elle se rendait compte qu'ils n'avaient pas été aussi forts que ceux qu'elle ressentait aujourd'hui, pour une autre personne.
La musique se fit doucement entendre, Blaise empoigna alors la main de Hermione et ils se mirent à danser. Trop gênés, ils ne se regardèrent pas. Hermione imagina Cedric à sa place. Cela lui brisa le cœur et elle se dit qu'il aurait dû être là. Tout comme Draco.
Draco... Elle ne supportait plus son absence. Elle ne supportait plus d'avoir toutes ces questions sans réponses en tête.
- La tête haute Granger, la tête haute. Fit remarquer Zabini
Cette attention fit rire Hermione, lui rappelant les cours de danse de McGonagall en quatrième année. Elle s'exécuta et lui jeta un coup d'œil, le Serpentard eut un petit sourire moqueur à son tour.
Cette ouverture de bal émerveilla son public. Hermione fut étonnée de voir que son partenaire savait très bien danser, tout aussi bien qu'elle. Il était très concentré et ses mouvements de valse étaient gracieux.
- Nous dansons beaucoup lors de ces stupides fêtes entre Sang-Pur. Déclara Blaise en remarquant le regard insistant de Hermione, comme s'il avait lu dans ses pensées
- Quelle horreur, je compatis.
Il ricana. Hermione ne comprenait décidément rien de ce qui était en train de se dérouler, elle passait un bon moment avec un ennemi. Ou un ancien ennemi, elle ne savait plus vraiment. Cela dépendait des jours. Il était instable, mais peut-être moins que Malfoy.
Ils étaient tant concentrés dans leurs mouvements qu'ils ne se rendirent pas compte que la musique était finie. Les agitations de la foule les firent revenir sur terre.
Hermione et Blaise se lancèrent alors un dernier regard puis ils se quittèrent pour rejoindre leurs amis respectifs.
- Tu es splendide Hermione.
Ginny eut les larmes aux yeux en voyant son amie se diriger vers eux, elle marchait avec tant d'élégance. Et ce qui émut le plus la rouquine dans tout cela, c'était le fait que Hermione ne semblait plus malade. Elle avait l'air de revivre et même si ce n'était que le temps d'un soir, c'était déjà beaucoup.
- Ça fait du bien de te voir... éclatante et souriante.
Harry prit sa meilleure amie dans ses bras, ce qui bouleversa Hermione. Elle ne savait même pas à quand remontait la dernière fois où il avait été si affectueux envers elle. Cela lui fit tant de bien.
Ron ne dit rien, mais son expression du visage en disait long. Hermione lui sourit.
Ginny l'avait aidée à se sentir mieux dans sa peau et l'ouverture de bal avec Zabini s'était bien passée contrairement à ce qu'elle avait pensé.
Elle s'était promis de laisser la maladie de côté le temps d'une soirée afin de profiter pleinement de ses amis et rattraper toutes ces fois où elle les avait laissés de côté. Hermione retrouvait un peu de joie en elle.
À l'autre bout de la salle, Nott épiait la lionne.
- Maintenant que Malfoy n'est plus là, tu prends sa place Zabini ?
Le concerné se tourna vers son ami, sourcils froncés.
- Qu'est-ce que tu veux dire Nott ?
- Tu te rapproches d'elle, je voyais ton regard lors de votre danse ignoble. C'est quoi votre souci ? Tu sais très bien que tout ceci ne plairait pas au Maître. J'ai abandonné à propos de Draco, il n'y a plus rien à faire pour lui. Mais toi, pourquoi le provoques-tu à ton tour ?
- Je ne provoque rien ni personne. Tu te fais des idées. Siffla Blaise, les dents serrées
- Vous le regretterez.
- Mais tais-toi, c'est mon rôle de préfet-en-chef, je n'avais pas le droit de refuser. Zabini se retint de lui en coller une
Theodore se racla la gorge et détourna le regard. Blaise poussa un soupir irrité, il avait déjà envie de partir.
- Bal de merde, soirée de merde, école de merde. Murmura-t-il alors qu'il se dirigeait vers le buffet pour manger un peu
Tandis qu'il était en train d'hésiter entre du poulet rôti et de la soupe à la citrouille, Hermione surgit à côté de lui.
- La nourriture de Poudlard, c'est bien la seule chose qui met tout le monde d'accord.
- Ah parce que tu t'es remise à manger toi ? Cingla Blaise
Hermione pouffa. Il était vrai qu'avec son mal de tête et ses nausées, elle n'avait pas très faim. Mais ce buffet de Noël semblait exquis.
Elle observa le préfet se servir. Puis elle jeta un coup d'œil vers les amis du Serpentard et une fois de plus, elle ne remarqua que l'absence de Malfoy dans le groupe.
- Est-ce qu'il reviendra ?
Zabini se tourna vers la lionne et lui lança un regard froid.
- Tu n'abandonnes donc jamais ? Qu'est-ce qui te prend à la fin ? Tu en parles comme si tu parlais de l'un de tes amis.
- Je..
- Il te déteste, comme ça a toujours été le cas. Et il ne te déteste pas seulement à cause de ton sang. Arrête ça tout de suite Granger. Répliqua Blaise d'un ton dur
Hermione sentit son cœur se serrer suite à ces paroles.
- Pourquoi m'a-t-il sauvée dans la forêt interdite dans ce cas ? Dis-moi pourquoi.
- Ce n'est clairement pas le moment de discuter de ça. Et s'il a fait ça, c'était forcément pour son propre bien, pas pour le tien. Occupe-toi plutôt de toi, tu en as plus besoin que lui.
Blaise termina de se servir puis il laissa Hermione en plan. Celle-ci baissa la tête, une fois de plus frustrée car elle n'obtenait aucune réponse. Elle avait essayé de ne pas penser à Malfoy, mais c'était désormais fichu, sa soirée se passerait mal.
Alors qu'elle allait rejoindre ses amis, elle tomba sur Remus.
- Vous êtes ravissante Hermione. Cela fait plaisir à voir.
- Je vous remercie Remus. Répondit la brune, gênée
Elle sentait ses joues devenir rouges.
- Vous vous sentez bien ce soir ? Remus semblait soucieux
- Je fais avec.
- Vous avez très bien dansé et j'étais étonné de voir que vous formiez un très beau duo avec Monsieur Zabini.
Hermione ne sut pourquoi mais cette dernière remarque l'interloqua. Remus voyait-il lui aussi que certains Serpentards, et même mangemorts, n'étaient plus détestables comme auparavant ? Elle n'était pas la seule à le ressentir.
- Allez rejoindre vos amis, profitez de cette soirée et oubliez tous vos problèmes.
- Merci Remus, profitez bien vous aussi.
Elle lui adressa un dernier sourire et partit vers son groupe.
Elle qui pensait ne pas être tracassée au moins le temps de ce bal, elle avait eu tort. Il avait juste fallu qu'il lui revienne à l'esprit et tout était gâché.
Lorsque Hermione arriva face à ses amis, elle sentit un malaise dérangeant.
- Vous ne voulez pas vous chercher à manger ? Tenta la lionne
Harry lui lança un regard énervé. Comment pouvait-il changer de comportement en si peu de temps ?
- Et toi ? Zabini t'a tellement subjuguée que tu en as oublié de te servir ?
Hermione regarda son assiette, qui était vide. En effet, elle ne s'était même pas servie.
- C'est juste que..
- C'est bon Hermione, on a compris. Tu sais, si tu veux aller avec eux, il n'y a pas de problème.
Harry avait avancé ça d'un ton haineux.
- Harry...
Hermione chercha de l'aide auprès de Ginny et Ron, mais une fois de plus ils se plièrent à l'Elu et restèrent en retrait.
- Vos sourires échangés pendant la danse, je me disais que c'était pour fair plaisir à McGonagall et son éternelle espérance pour une entente entre les Gryffondors et Serpentards, mais maintenant tu discutes avec lui alors qu'on est là. Ne me dis pas que c'était professionnel.
- Non, ça ne l'était pas. Avoua Hermione
Elle se dit alors que si Harry savait vraiment ce qu'elle avait demandé à Zabini quelques minutes auparavant, il la haïrait.
L'Elu toisa son amie et serra les poings.
- Tu sais ce qu'ils ont fait, ce qu'ils font et ce qu'ils vont nous faire. Et tu agis ainsi.. Tu es..
- Harry ! Arrête. Intervint Ginny, comprenant que son petit-ami allait désormais trop loin dans ses propos
- Ça va Ginny, ne t'en fais pas. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Hermione ravala un sanglot
Elle observa Harry et elle ne put voir dans ses yeux que de la déception. Elle réalisa qu'elle était en train de perdre son meilleur ami, non pas à cause de sa maladie dont il n'était même pas au courant, mais à cause de son rapprochement avec l'ennemi. Et cette idée lui tordit l'estomac.
- Tu te fais des idées Harry, c'est tout ce que je peux te dire. Hermione mentit pour le bien de l'Elu
Celui-ci décida de l'ignorer, Ginny prit sa main pour tenter de le calmer.
- Je vais un peu sortir, j'étouffe ici. Sourit faiblement la brune
La rouquine lui lança un regard d'excuse.
- Hermione... Tenta Ron, réalisant que tout ceci faisait du mal à son amie
- Ne t'en fais pas.
Elle abandonna les trois sorciers, le cœur lourd. Mais au fond, c'était eux qui l'abandonnaient au fil du temps. Et tout était de sa faute. De sa propre faute et de celle de la maladie.
Il fallait qu'elle sorte de la Grande Salle, et vite, ou elle allait craquer. Hermione ne voulait pas éclater en sanglots, surtout lorsqu'elle remarqua que Zabini l'observait. Elle allait faire une crise de panique, elle sentait ses poumons se comprimer.
Une fois dans le couloir, elle réussit enfin à respirer normalement. Elle fut soulagée d'être loin de ses amis et de Zabini. De toute cette foule qui la dévisageait comme si elle était une nouvelle Hermione.
La sorcière inspira un grand coup puis elle se mit en route, elle avait besoin de prendre l'air. Un air frais.
Cependant, Hermione marcha à peine deux mètres qu'elle se figea. Son cœur loupa un battement et elle retint son souffle.
Il était là. Il était de dos, mais elle reconnut ses cheveux blonds presque blancs, plaqués en arrière.
- Draco...
À cause du choc, elle ne réalisa même pas qu'elle venait de l'appeler par son prénom. Il était de retour, elle n'arrivait pas à y croire.
Le Serpentard se retourna enfin vers la Gryffondor et il lui fit face, le visage impassible et les mains dans les poches. Draco était éclairée par une torche accrochée au mur, mais Hermione était quant à elle cachée dans l'ombre.
Lentement, elle s'avança pour enfin se dévoiler. La bouche du blond s'entrouvrit légèrement mais aucun son n'en sortit. Il se demanda un instant s'il était en train de rêver.
Hermione se tenait devant lui, mais elle n'osa pas le regarder. Draco fit quelques pas pour se rapprocher d'elle, comme pour s'assurer qu'elle était vraiment là. Et c'était le cas. Elle était vêtue d'une longue robe rouge, finement pailletée. Il ne réussit pas à cacher le fait que tout ceci le déboussola.
La préfète-en-chef osa enfin relever les yeux vers lui, et elle réalisa qu'il était en train de la contempler comme s'il la revoyait pour la première fois depuis des années.
Le blond s'attarda alors sur le visage de la lionne, son visage qui avait repris de si jolies couleurs. Il rayonnait et ne semblait plus fatigué. Ses pommettes étaient rosées, sa bouche parfaitement dessinée par un rouge à lèvres rouge foncé qui faisait ressortir ses yeux chocolats.
Ses yeux, voilà bien longtemps que Draco ne les avait pas vus aussi riches en émotions. Il ne sut pourquoi, mais la brune avait retrouvé son regard flamboyant d'autrefois. Ses cheveux bouclés et brillants tombaient sur ses épaules nues.
Un souffle époustouflé sortit alors de la bouche du Serpentard, il n'arrivait plus à détourner le regard. Elle était exactement comme ce qu'il avait vu dans le miroir du Riséd. Mais c'était bien plus beau que ce désir enfoui que le miroir lui avait montré, car cette fois c'était la réalité.
Ce n'était pas un rêve ou une simple prédiction, Hermione était là, à quelques centimètres de lui. Elle était la plus belle chose qu'il lui ait été donné de voir dans sa vie.
Hermione remarqua cette admiration que lui portait Draco dans ses yeux, et elle ne comprit pas ce qu'il se passait. Jamais elle n'aurait cru voir un jour un sentiment pareil dans le regard de cette personne qu'elle avait tant détestée.
- Où étais-tu ? Pourquoi es-tu parti sans rien dire ?
Hermione avait envie de lui hurler dessus, lui montrer à quel point il l'avait fait souffrir en la laissant ainsi sans un mot. Mais elle ne pouvait pas gâcher ce moment qui lui semblait si irréel tant cela ne leur ressemblait pas. Ils se lorgnaient yeux dans les yeux comme si rien de mal ne s'était jamais passé entre eux, comme s'ils se rencontraient pour la toute première fois.
La brune attendait que Draco parle, mais ils entendirent tout à coup une musique de slow se mettre en route.
Alors, le blond tendit son bras vers la lionne. Hermione, confuse, toisa la main fine du Serpentard qui n'attendait que la sienne, puis elle reporta son attention vers lui. Draco Malfoy, habillé d'un pantalon noir et d'une simple chemise blanche qui lui allait pourtant si bien, était vraiment en train de lui proposer une danse ?
Elle hésita quelques secondes, puis elle posa délicatement sa main dans celle du serpent. Sentant son hésitation, Draco la tira alors vers lui et la plaqua contre son torse, l'emprisonnant dans ses bras. Hermione hoqueta de surprise.
Il posa alors une main dans son dos, et Hermione, troublée, en fit de même. Ils tendirent leur bras droit, leurs doigts encore entremêlés, et ils se mirent enfin à danser. Lentement.
Ils étaient seuls dans ce couloir, loin de tous ces mauvais regards, et ils pouvaient profiter pleinement de cet instant qui ne durerait pas bien longtemps.
Hermione n'aurait pas pu demander mieux comme retour. Elle était si proche du visage de Draco qu'elle sentait son souffle s'écraser sur son front. Elle osa alors relever les yeux vers lui, et le regard du blond exprimait tant d'émotions qu'il en était indéchiffrable.
Le Serpentard demeurait mystérieux, impénétrable, mais la façon dont il serrait la lionne contre lui en disait long.
Le cœur de la lionne battait la chamade, jamais elle n'aurait pensé vivre un tel moment. Encore moins avec Draco.
Alors, doucement, elle posa sa tête sur l'épaule de son partenaire et un long soupir de soulagement s'échappa de sa bouche. Un souffle qui montrait à quel point ce contact avec le Serpentard la débarrassa de tous ses problèmes, lui fit oublier sa maladie et ses souffrances. Dans ses bras elle était libre. Elle n'avait jamais connu une telle sensation.
Draco fut tout d'abord surpris par ce rapprochement de la brune, puis il la serra un peu plus fort contre lui, comme pour lui montrer que lui aussi il oubliait tout ce qui le tracassait grâce à cette danse bien plus forte que la magie elle-même.
Il n'y avait plus qu'eux deux. Le reste n'existait plus. C'était une évidence, bien qu'ils s'étaient haïs pendant de si longues années.
- Je suis revenu pour m'assurer que Edmund ou quelconque autre mangemort n'était pas de retour. Murmura le blond
- Tu n'avais pas le droit de partir sans rien dire.
- Vraiment Granger ? Et pourquoi donc ? Questionna Draco, un sourcil arqué et un léger sourire en coin sur le visage
Hermione, dont la tête était toujours posée sur l'épaule du Serpentard, ne répondit pas. Après tout, il savait déjà la réponse.
La musique qui les entraînait s'arrêta soudain, les ramenant à la réalité. Hermione releva la tête et observa intensément son partenaire, pour être sûre que tout ceci était bien réel. Draco plongea ses yeux d'un bleu acier dans ceux de la lionne.
Le visage du serpent demeurait fermé, mais Hermione réussit tout de même à lire à travers son regard.
- Va rejoindre Potter avant qu'il ne rapplique et nous tue tous les deux.
Hermione pouffa. Draco recula alors et lâcha la main de la brune.
C'était fini, comme elle l'avait prévu, cet instant magique avait été de courte durée. Est-ce que cette danse les avait enfin rapprochés ? Ou recommenceraient-ils à jouer au chat et à la souris ? Qu'est-ce que tout cela signifiait ?
Hermione se dit alors qu'elle verrait déjà ce que l'avenir lui réservait, après tout elle avait désormais appris à vivre au jour le jour.
Cependant, elle n'en avait pas fini avec lui sur certains points.
Alors, avant de le laisser pour retourner dans la Grande Salle, elle le fixa avec insistance. Et une fois de plus, le blond lut dans ses pensées.
- Je ne partirai pas. Dit-il d'un ton ferme
Elle acquiesça avec un sourire et elle le quitta, le cœur léger et le ventre retourné par ce trop plein d'émotions.
Hermione était si désarçonnée qu'avant de rentrer dans la salle, elle n'avait même pas remarqué que Blaise était caché dans un coin non éclairé. Il avait observé toute la scène.
Draco s'apprêtait à se diriger vers l'extérieur lorsque son ami sortit de l'ombre.
- Draco ! Beugla Blaise, essayant de contenir sa rage
Le blond se retourna sans sourciller.
- Bonsoir Blaise. Salua-t-il, un rictus sur le visage
- Qu'est-ce que tu fous là ?
- Ça me fait aussi plaisir de te revoir. Ironisa Malfoy
- Pourquoi tu as fait ça ?
On pouvait presque entendre du désespoir dans la voix du préfet. Draco fronça les sourcils, il ne le comprenait pas.
- Tu nages en plein délire mon pauvre.
- Granger. Précisa Blaise
Le blond serra les poings.
- Je t'ai déjà dit de ne pas me parler d'elle. Occupe-toi de tes affaires.
Le jeune Malfoy ne voulait pas en savoir plus, il n'avait pas le temps pour ces bêtises. Il se détourna alors et reprit son chemin.
- Tu restes ici Draco ! Rugit Blaise
Le mangemort s'arrêta, immobile.
- Ne me dis pas que tu es en train de pointer ta baguette sur moi Blaise.
Il se retourna, et en effet son ami le menaçait, baguette tendue vers lui.
- Tu ne peux pas faire ça Draco. Je ne peux pas te laisser faire.
- Il faut que tu arrêtes tes conneries.
Draco commençait à s'énerver, sa mâchoire se serra.
- Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi ?
- Faire quoi ? Par Merlin Blaise dis-moi ce qu'il te prend !
- Pourquoi est-ce que tu t'attaches à Granger ? Je t'avais dit de rester loin d'elle. Et ne me dis pas que c'est pour enrager le Lord, je sais que cela n'a plus rien à voir avec ça.
- Oui, ça n'a plus rien à voir avec le Lord. Et ça ne te regarde pas pour autant.
- Tu ne te rends pas compte Draco, tu vas en crever.
- Arrête de me dire ça espère d'idiot. Le Lord me tuera car je me rapproche de Granger selon toi ? Je ne m'en doutais pas tiens !
- Non. C'est elle qui t'enverra droit dans un cercueil. Et crois-moi qu'être tué par le Maître te semblera être une mort plus douce.
- Tu deviens malade Blaise, tu es pire que Nott.
- Endoloris !
Draco ne l'avait pas vu venir, mais il réussit tout de même à éviter le sort. Il sortit aussitôt sa baguette.
- Expelliarmus !
Blaise fut désarmé, il fonça alors sur le blond et tenta de le pousser contre le mur mais Draco fut plus fort que lui et le repoussa, le faisant presque tomber à terre.
- Tu es fou Blaise, il faut que tu te calmes.
Draco n'arriverait bientôt plus à se contrôler.
- Je te tuerai. Je te tuerai avant que tu n'ailles plus loin avec elle. Avec ce qui nous attend tu ne peux pas te permettre de souffrir. Cela ruinera tous tes plans.
- Je n'en peux plus de tes sous-entendus incompréhensibles Blaise, pourquoi est-ce que je souffrirais ? Tu as perdu la tête !
- Je te tuerai, crois-moi je le ferai.
- Ne me cherche pas.
- Alors je la tuerai elle, je ferai tout pour que tu ne t'attaches pas à elle.
Ce fut de trop pour le blond.
- Je suis désolé, mais il faut que tu te taises. Endoloris.
Blaise fut touché en pleine poitrine. Il s'écroula au sol, mais il n'hurla pas malgré la douleur. Il se mordit les lèvres jusqu'à les faire saigner.
Draco tourna la tête, il ne pouvait assister à cette scène, cela lui rappelait bien trop la fois où il avait lui-même subi ce sort. Après que sa mère se soit fait agresser.
- Tu me dégoûtes Blaise. Pour ce que tu dis, et pour ce que tu as voulu me faire alors que tu connais très bien mon passé.
Le blond attendit un instant avant de reporter son regard sur le préfet.
Il ne convulsait plus, il était couché et essayait de reprendre son souffle. Draco devait se retenir de ne pas lui sauter dessus et le ruer de coups.
Blaise retrouva l'usage de la parole au bout de quelques minutes.
- Pourquoi Draco, dis moi juste pourquoi.
- Pourquoi ? Cracha-t-il. Tout simplement car j'ai appris que ma mère avait aimé un moldu il fut un temps. Elle l'a aimé et l'aime encore aujourd'hui, mais tu connais les familles de Sang-Pur, elle a été battue jusqu'à ce qu'elle accepte d'épouser un homme de son sang. Et regarde où ça l'a menée. Elle a fini avec un lâche qui l'a entraînée en enfer. Tout cela m'a aidé à ne pas faire la même erreur.
Blaise, qui venait à peine de reprendre ses esprits, fut chamboulé par cette confession. Jamais il n'aurait cru cela. Surtout pas de la part de Narcissa.
Il ne s'avoua pas vaincu pour autant.
- Et tu crois que cela te donne la permission d'en aimer une toi aussi ? Granger en plus de ça. Tu en crèveras. Tu vas tellement souffrir que tu te lanceras toi-même le sort de la mort.
Draco s'était résolu à ne plus répondre à ce genre de remarque, Blaise ne semblait pas vouloir lui dire ce qu'il insinuait.
Il toisa alors avec dégoût celui qu'il avait toujours considéré comme son meilleur ami, puis il tourna les talons afin de s'en aller loin d'ici.
- Pourquoi elle ? Cria Blaise dans une dernière tentative
Draco se stoppa. Il resta de dos et lança un regard vers le blessé par dessus son épaule.
- Ça a toujours été elle.
Et sur ces mots, il abandonna Blaise encore meurtri par le sortilège de torture ainsi que par tout ce qu'il avait vu et entendu ce soir.
Voilà voilà pour ce chapitre.
Il se passe pas mal de choses. J'espère que vous avez apprécié ! :-)
Qu'en avez-vous pensé ? Quel est votre moment favori ?
J'attends vos commentaires avec hâte. Je vous fais des bisous !
