Merci infiniment pour tous vos commentaires, ils m'ont tellement touchée. Je ne demande pas mieux que de recevoir de tels avis de votre part. Vous me motivez.
Bonne lecture :-)


Peu après sa rencontre avec Draco, Hermione était restée encore quelques minutes au bal puis elle était vite partie se coucher. Elle n'avait pas réussi à se remettre dans cette ambiance festive après ce qu'il s'était passé.

Dans son lit, elle s'était demandée si toute cette soirée n'avait été qu'un rêve dont elle venait de se réveiller.

C'était pourtant bien réel. Elle avait revu Draco, et c'était tout comme si un homme nouveau lui avait fait face tant il avait agi différemment avec elle.
La brune s'était surprise à sourire en repensant à leur danse secrète, dans le grand couloir du château.
Et pour la première fois depuis bien longtemps, elle s'était endormie paisiblement.

oOOo

Ce ne fut qu'après le petit-déjeuner que Hermione apprit que Blaise était à l'infirmerie, à nouveau. Elle attendit que Ron et Harry s'en aillent pour aller le voir.

Il ne décrocha pas un mot, il ne répondit ni à son bonjour, ni à aucune de ses questions. Blaise regardait droit devant lui, il faisait comme si la lionne n'existait pas.

- Qu'est-ce qu'il te prend Zabini ? Demanda-t-elle une dernière fois

Silence. Hermione eut une boule au ventre. Bien qu'ils ne se portaient pas vraiment dans leur cœur, Blaise était le seul qui continuait à lui parler normalement et qui la comprenait.

Elle s'était alors dit que c'était peut-être ça la solution. Il fallait qu'elle avoue tout à ses amis pour qu'ils la comprennent enfin et qu'ils arrêtent de lui en vouloir. Mais voilà que même Zabini avait fini par ne plus lui adresser la parole. Et elle avait bien vu ce que cela avait donné avec Ginny, elle la laissait aussi de côté désormais, lui avoir tout avoué n'avait rien changé. Cela n'avait fait qu'empirer les choses.

Qu'elle dise la vérité ou non, elle finirait seule dans tous les cas.

- Je n'arrive pas à comprendre. Si c'est à cause de ma maladie...

Hermione réfléchit quelques secondes et elle eut soudain une révélation.

- Malfoy. Tu as vu Malfoy hier soir.

- Dégage d'ici Granger, je ne veux pas te voir.

Hermione serra les dents. Elle abandonna, pour aujourd'hui. Mais il fallait qu'elle sache ce qui lui était arrivé.
Elle se dirigea vers le bureau de Pomfresh.

- Oh bonjour Miss Granger, tenez, vos nouveaux médicaments. L'infirmière lui tendit deux boîtes blanches avec un regard rempli d'inquiétude

La brune lui prit des mains sans vraiment y prêter attention.

- Que s'est-il passé avec Zabini ?

- Il s'est évanoui. Ce cher jeune homme a un peu abusé du Whisky Pur-Feu hier soir. J'ai encore des doutes cependant, je ne sais pas vraiment si ce malaise provient de l'énorme quantité d'alcool qu'il avait dans le sang ou si quelqu'un l'a provoqué.

Hermione fut étonnée que Pompom lui confie tout ceci, elle qui d'habitude restait si secrète sur l'état de ses patients.

- Merci pour les médicaments, bonne journée à vous.

La brune ne laissa pas le temps à la vieille dame de lui répondre, elle sortit de l'infirmerie d'un pas pressé.

Cette journée allait être difficile, Hermione s'était levée plus faible que jamais. Le moment d'hier soir avec Malfoy ne faisait que trotter dans sa tête, Harry et Ron avaient de nouveau été froids avec elle au petit-déjeuner et à présent Zabini l'abandonnait à son tour.

Tout ceci était en train de la tuer intérieurement, peut-être avec plus de douceur que la maladie mais bien plus vite que celle-ci. Hermione savait qu'elle ne survirerait pas si elle finissait seule.
Même si tout au fond d'elle, elle savait que c'était de sa faute. C'était elle qui s'engouffrait dans cet enfer, malgré toutes les cordes qu'on lui lançait afin qu'elle puisse en remonter, elle finissait toujours par les rejeter et s'enfonçait un peu plus dans sa descente vers les ténèbres.

La jeune sorcière décida d'aller à la bibliothèque. Demain, c'était le retour des élèves dans leurs familles pour les fêtes de Noël. Hermione allait devoir séjourner au Terrier, elle n'avait pas le droit de voir ses parents. Si elle osait se rendre là-bas, les mangemorts rappliqueraient dans la minute qui suivait.

Son cœur se serrait à chaque fois que la lionne pensait à eux, mais elle espérait au fond d'elle que ses parents commençaient à s'habituer à son absence et qu'ils pensaient déjà à faire un deuil prématuré de leur fille. Hermione ne voulait pas les faire souffrir en s'en allant. C'était la dernière chose qu'elle souhaitait.

Elle avait longuement pensé à leur lancer le sort de l'Oubliettes, effacer son existence de leurs mémoires, pour toujours. Mais elle n'avait pas supporté cette idée au final. Elle avait besoin de savoir qu'elle avait été aimée toute sa vie avant de partir. Ce serait moins douloureux.

La Gryffondor allait profiter de cette journée pour réviser, elle savait d'avance qu'elle en serait incapable chez les Weasley. Ces petites vacances promettaient d'être mouvementées.

Elle s'installa à une grande table vide et déposa cinq bouquins dessus. Elle allait pouvoir s'occuper pendant des heures avec tout cela.

Hermione se força à ouvrir le premier livre. Elle sentait déjà un mal de tête arriver. La brune soupira longuement et se perdit dans ses pensées.

- Combattre la magie noire ? Vraiment, Granger ?

Hermione revint sur terre dans un sursaut. Son cœur loupa un battement lorsque ses yeux se posèrent sur son locuteur.

Il lui faisait face, assis à la même table qu'elle, les bras croisés sur son torse et un livre de potions posé devant lui. Elle n'avait même pas remarqué son arrivée.

- Tu es là. Souffla-t-elle, comme soulagée. Tu es revenu pour de bon ?

Il lui avait promis qu'il ne partirait pas, mais elle commençait à connaître ce nouveau Malfoy, il avait bien trop de problèmes à régler pour pouvoir tenir ses promesses. Elle avait donc cru qu'il était parti à nouveau.

Elle redoutait qu'il s'en aille et qu'il ne revienne que lors de la bataille. Elle était effrayée à l'idée de le voir dans le camp adverse.

- Tu as toutes tes raisons de douter de moi, mais tu te trompes aussi sur beaucoup de choses. Déclara le blond

Son regard d'acier se planta dans celui de Hermione et il lui avait répondu comme s'il avait lu dans ses pensées.

Cette phrase déstabilisa la brune. Que voulait-il dire ? Était-il sincère ? Mais surtout, pourquoi agissait-il ainsi avec son ancienne pire ennemie ? Comment avaient-ils pu passer de la haine à... cela ? Il lui parlait comme s'il s'adressait à quelqu'un de son rang, comme si elle n'avait jamais été une sang-impur à ses yeux et qu'aucune animosité n'avait existé entre eux.

Hermione savait qu'il ne répondrait pas à ses questions, mais au fond d'elle elle connaissait déjà les réponses. Elle avait juste du mal à se les avouer, tout comme lui. Elle décida donc de changer de sujet.

- Où vas-tu aller pendant les fêtes de Noël ?

Draco fut surpris qu'elle se soucie tant de lui, au point de songer à ce qu'il allait faire pour Noël.

- Je ne fête plus rien depuis longtemps. J'ai des choses bien plus importantes à faire.

Hermione se racla la gorge, elle n'aimait pas ce mystère incessant.

- J'espère que tu ne comptes pas aller chez tes parents en douce, Granger.

La concernée fronça les sourcils.

- Comment sais-tu tout ça ?

- J'ai beau ne pas participer à ces actes barbares, je suis tout de même au courant. Comme tout le monde. Tu es proche de Potter, ils s'en prendront à tout ce qui peut le toucher. Alors réponds-moi.

- Non, je n'irai pas. Obéit-elle, décontenancée par le ton autoritaire du blond

- Je ferai en sorte que tu sois en sécurité là où tu iras ces vacances.

Hermione ouvrit la bouche, mais aucun son ne réussit à en sortir. Elle se demanda si un jour elle allait réussir à s'habituer à ce nouveau comportement de la part de Malfoy.

Ne trouvant pas quoi répondre, elle aborda un autre problème qui la tracassait.

- Es-tu au courant pour Zabini ?

- Que sait-il à ton propos que je ne sais pas ?

La gorge de la lionne se serra et elle sentit son cœur battre la chamade. Elle déglutit, paniquée. Zabini avait-il essayé de tout dire à son ami ?

- Qu'est-ce que tu insinues ?

- Je vois bien que vous êtes proches. Il refuse de me parler de toi et s'il le fait, c'est pour me mettre en garde. Il en vient parfois à me menacer et nous sommes à chaque fois à la limite de nous battre.

Le visage de Draco s'était durci, ses poings s'étaient serrés. Hermione comprit. C'était lui qui avait envoyé Blaise à l'infirmerie. Le préfet-en-chef les avait vus danser et il ne l'avait pas supporté. Mais pourquoi donc ? Elle ne les comprenait plus.

- Je ne sais pas ce qu'il te veut, que ce soit en bien ou en mal, mais sache que s'il te touche je le tuerai. Ajouta Draco

Il y eut un long silence et les deux sorciers s'observèrent longuement, droit dans les yeux. La brune n'en revenait pas de ce qu'elle venait d'entendre. Que ce soit le fait qu'il était prêt à tuer son ami ou bien le fait qu'il tuerait pour elle.

- Tu ne peux pas dire ça d'un ami qui a toujours été là pour toi.

- Tu sais tout autant que moi qu'ils nous tournent très vite le dos ces temps-ci. Rétorqua le blond d'un ton sec, rempli de sous-entendus

Hermione sentit que les larmes allaient monter, mais elle ne voulait pas pleurer devant lui. Elle savait que ses amis l'avaient abandonnée, elle ne voulait pas qu'on le lui jette à la figure à nouveau.
Draco réalisa qu'il avait été blessant, il se racla la gorge.

- Pourquoi ? Lui demanda soudain Hermione

Le jeune homme arqua un sourcil, ne saisissant pas ce qu'elle voulait dire.

- Je te demande pour la énième fois, pourquoi est-ce que tu te comportes de cette façon avec moi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je n'arrête pas de repenser à notre danse hier soir, à la façon dont nous étions si proches, et je suis sûre que toi aussi tu ressasses tout ça.

La Gryffondor marqua une courte pause, hésitante à propos de ce qu'elle allait avouer ensuite. Elle s'assura également que personne ne les regardait, jetant quelques coups d'oeil autour d'elle.

- Je... Est-ce que je peux dire qu'il y a un nous ?

Et pour seule réponse, Draco lui sourit. Un petit sourire pourtant si sincère, comme il n'en avait pas fait depuis bien longtemps. Un sourire et des yeux qui exprimaient des émotions plus forts que la haine. Cela voulait tout dire.

Il repensait sans cesse à cette danse, c'était évident. À la beauté de la lionne dans cette somptueuse robe. C'était le seul moment où il avait vraiment été heureux, et ce depuis des années.
Et c'était bien cet instant qui lui avait fait comprendre que c'était elle. C'était Hermione Granger la réponse à toutes ses questions. Cela avait toujours été elle.

Il sortit de ses pensées, le visage à nouveau impassible.

- Il faut que j'y aille.

Hermione fut surprise de ce départ soudain.

- Est-ce que tu seras là à mon retour ?

- Je serai là, et je t'attendrai. Affirma Draco, en lui lançant un dernier regard

Il s'en alla sur ces mots. Hermione baissa alors la tête et un petit sourire illumina son visage malade, le temps d'un instant.
Un visage malade que Malfoy ne remarquait pourtant pas, tant la brune lui faisait perdre tous ses moyens lorsqu'il se retrouvait face à elle.

Cet échange avait en quelque sorte motivé la jeune femme, elle avait révisé jusqu'au soir sans penser une seule seconde à tous ses problèmes.

Lorsqu'elle se décida enfin à sortir de la bibliothèque, elle tomba sur Ron. Il était seul.

- Salut Ron. Dit-elle tout bas, de peur qu'il ne l'ignore

- Oh, Hermione, on se demandait où tu étais. Tu aurais pu nous prévenir. Lui reprocha-t-il, contrarié

- Je suis désolée, j'avais besoin de me changer les idées avant..

- Avant de venir au Terrier ? Tu es déjà embêtée à l'idée d'être entourée par toute ma famille et de ne pas être seule dans ton coin ?

- Ron... Soupira la brune

Elle aurait dû l'ignorer finalement.

- On va aller manger, si jamais tu veux venir.

Hermione ne voulait pas que l'on rejette la faute sur elle une fois de plus, alors elle suivit Ron vers la Grande Salle afin de ne pas créer d'histoires.
Elle fut déçue de voir que Draco n'était pas là, elle aurait espéré l'apercevoir encore une fois avant de partir.

Et son humeur ne s'arrangea pas, seul Neville daigna un peu lui parler lors du repas.
Harry n'avait fait que la tenir au courant de quelques informations à propos de l'attaque des mangemorts envers les moldus, ce qui avait désemparé la brune. Ils étaient de plus en plus nombreux à se faire tuer, et elle commençait à s'inquiéter pour ses parents même si elle savait qu'ils étaient plus en sécurité que quiconque.

Aussi, elle espéra que Draco ne prenait pas part à ce massacre.

oOOo

Hermione avait à nouveau passé une bonne nuit, très peu embêtée par sa maladie.

Cependant, au réveil, l'angoisse prit le dessus et elle courut vers la salle de bains pour vomir. Elle n'avait même pas remarqué que Zabini était de retour et qu'il était allongé sur le canapé, lui aussi tracassé à l'idée de retourner chez lui. Il ne voulait pas revoir tous ces mangemorts, il n'avait pas envie qu'on lui rappelle qu'il en était lui-même un.

Hermione se vida, elle fut si épuisée à la fin que plus rien ne sortait. Elle se releva et vérifia l'heure, elle allait bientôt devoir y aller.

Elle se contempla dans le miroir et elle se fit peur elle-même. Elle avait des cernes presque noires, des yeux fatigués comme si elle n'avait pas dormi depuis des siècles et le teint livide.
La brune devait arranger cela, elle ne pouvait pas arriver chez les Weasley avec une tête pareille. Molly ferait une crise cardiaque.

Hermione, qui sortait de la douche, entendit soudain de l'agitation dans le salon. Elle s'approcha doucement de la porte pour mieux entendre.

- Qu'est-ce que tu fous ici ? Tu oses te pointer après ce que tu m'as fait ?

- Il faut que je la voie.

Draco... murmura la préfète-en-chef, le cœur battant à vive allure au son de sa voix.

- Putain de merde, tu n'as toujours pas compris ce que je t'ai dit ?

- Tu sais très bien que je n'en ai rien à faire.

- Oui, tu as raison. Moi aussi je n'en ai plus rien à faire, je te laisse foncer droit dans le mur.

La brune fronça les sourcils. Alors c'était cela ce qu'il disait à Draco. Il ne lui avouait pas ce qu'elle cachait, mais il lui faisait comprendre que ce secret allait le tuer lui aussi.

Zabini savait que son ami s'était épris de leur ennemie, il l'avait compris depuis longtemps. Et tout ce qu'il avait voulu faire, c'était le protéger d'elle. Mais cela, Malfoy ne pouvait pas le comprendre.

Hermione sentit son ventre se tordre de douleur à cette idée, elle allait faire souffrir une personne de plus à cause de sa maladie.

- Merci Blaise, je n'attendais que ça, que tu me laisses enfin et que tu cesses ces menaces. Railla Draco

Il y eut un blanc et même si Hermione ne pouvait pas assister à la scène, elle sentit à quel point l'ambiance était devenue pesante.

- Où vas-tu aller pendant ces vacances ?

Blaise ne pouvait pas s'empêcher de se faire du souci pour son ami. Il lui avait certes lancé un sort impardonnable, mais le préfet avait été le premier à tenter de le torturer. Il avait trop bu, tout était de sa faute et non celle du blond. Il n'arrivait pas à lui en vouloir.

- Je reste ici, je n'ai plus rien à faire là-bas. J'ai des choses à régler.

La brune entendit Zabini soupirer.

- Même si je ne soutiens pas tout ce que tu fais Draco, j'ai confiance en toi.

Hermione n'entendit pas la réponse du blond, mais seulement une porte qui claqua. Elle revint alors sur terre et se dépêcha de se préparer.

Une fois devant les escaliers, elle hésita à les descendre. Elle allait tomber nez à nez avec Draco et elle ne se sentait pas prête.
Malheureusement, elle devait bientôt partir, elle n'avait plus le choix.

La sorcière arriva alors dans le salon et elle découvrit Draco qui se tenait face à la cheminée, de dos à elle. Il semblait perdu dans ses pensées.

Lorsque le blond entendit Hermione se rapprocher de lui, il se retourna et planta son regard dans le sien.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Bonjour à toi aussi Granger. Draco eut un rictus moqueur

La jeune sorcière sentit ses joues rougir.

- Je voulais savoir si tu allais bien avant que tu t'en ailles.

Cela faisait si longtemps que l'on ne lui avait pas posé cette question avec sincérité et non pas juste pour faire la conversation.

- J'aurais préféré rester ici, mais cela compliquerait tout. Avoua-t-elle

Il observait la lionne avec une si grande intensité dans le regard qu'on pouvait presque croire qu'il lisait en elle. Ne remarquait-il pourtant pas qu'elle était épuisée, que ce soit moralement ou physiquement ? Hermione se demandait ce qu'il lui trouvait pour la scruter avec tant.. d'admiration ?

Elle était sûre d'ailleurs que jamais il n'avouerait qu'il la regardait comme si elle était la huitième merveille du monde, mais ses yeux le faisaient à sa place. Son regard d'un bleu acier en disait long et il ne le savait même pas.

Tout ceci remua Hermione intérieurement, et elle fut vite gênée. Elle émit un rire nerveux mais Draco ne détourna pas le regard.

- Je te fais peur, Granger ?

- Oh non Malfoy, je n'ai pas peur de toi.

Elle n'eut pas le temps d'ajouter un mot. Le visage de Draco s'était retrouvé face au sien en quelques secondes, et il avait déposé ses lèvres sur les siennes. Il avait longuement hésité mais il s'était enfin lancé. Il n'osait pas repenser à toutes ces fois où il avait rêvé de ce moment. La sensation que cela lui procura était indescriptible.

La brune ne le repoussa pas malgré le choc, au contraire, alors le blond posa sa main sur la nuque de la Gryffondor pour la rapprocher plus près de lui et il approfondit le baiser.
Le corps de Hermione se mit à trembler, à frissonner, son ventre se tordait de plaisir. Jamais personne ne lui avait fait ressentir cela.

À travers ce baiser, les deux élèves se dirent tout ce qu'ils n'avaient jamais pu s'avouer. Les lèvres du Serpentard étaient si douces, Hermione plongea alors sa main dans sa chevelure blonde, il sentait si bon. Leurs langues finirent par se mêler et la passion s'empara d'eux. Tout ceci semblait irréel, la sorcière avait l'impression d'être transportée dans un tourbillon de bonheur et cela lui fit oublier tout ce qui l'entourait.
Une fois de plus, Draco venait de l'aider à mieux supporter sa vie en tant que condamnée.

À bout de souffle, ils mirent fin à ce baiser fougueux. Draco, la bouche entrouverte, contempla la brune. Il avait attendu cela depuis si longtemps.

Cependant, Hermione revint brutalement à la réalité et les mots de Zabini lui traversèrent l'esprit.

- On ne peut pas... Chuchota-t-elle

- C'est aussi ce que je pensais.

La brune eut un petit sourire. Il savait toujours quoi répondre. Mais qui était-il ? Où était passé son pire ennemi ?

- Je veux qu'il y ait un nous, Granger.

Et sur ces mots, il déposa un dernier baiser sur le front de la lionne en guise d'au revoir et il sortit de l'appartement.

Elle aurait aimé lui répondre qu'elle le voulait elle aussi, ce nous. Elle voulait croire en eux. Si Malfoy avait réussi à changer à ce point en si peu de temps, alors tout était possible.
Mais elle ne pouvait pas. Il fallait qu'elle arrête de rêver. Avec une maladie en phase terminale, elle n'avait pas le droit de s'engager, c'était égoïste pour la personne qui resterait.

Alors, la jeune sorcière soupira longuement, un soupir plein de désespoir. Elle regrettait déjà que ce baiser n'ait pas duré plus longtemps.

oOOo

Dans le train, Hermione n'avait fait que penser à ce baiser, cela pouvait paraître futile mais elle était si apaisée. Qu'est-ce que cela lui faisait du bien de se vider la tête.
Elle n'écoutait même pas ce que Harry et Ron disaient et à vrai dire ils ne cherchaient pas à la mêler à la conversation. Ginny elle, lisait dans son coin.

La brune songea longuement à ce que Draco allait bien pouvoir faire à Poudlard.

Une fois à la gare, ils transplanèrent aussitôt. Et comme si Molly avait prédit leur arrivée, elle était déjà sur le pas de la porte d'entrée lorsqu'ils atterrirent devant.

- Mes chéris ! Vous voilà !

Elle cria presque, heureuse de revoir tout le monde. Noël était sa période préférée.
Elle les embrassa un à un, tout sourire. Mais arriva ce qui devait arriver, lorsque ce fut au tour de Hermione, la mère de famille perdit aussitôt sa gaité.

- Hermione chérie, tu as l'air mal en point ! Tu n'as pas supporté le transplanage ?

La brune remarqua que Harry s'était retourné vers elles, elle voyait bien qu'il voulait dire quelque chose mais il choisit de se taire.

- C'est sûrement ça oui, il me faudrait un grand verre d'eau je crois. Sourit Hermione

- Bien sûr ma chérie, je vais t'apporter ça tout de suite.

L'Elu chuchota quelques mots à Ron, et celui-ci soupira. Hermione baissa la tête, ces vacances allaient être terriblement longues.

oOOo

Hermione avait passé la journée à aider Molly, ce qui l'avait épuisée, mais elle en fut tout de même contente car elle avait réussi à se distraire.

Le soir, les jumeaux étaient passés à la maison et la brune avait retrouvé un semblant de bonne humeur. Fred et George ne changeraient jamais, qu'importe la situation. Ils gardaient leur éternel humour.

- Par Merlin miss Granger, c'est que vous feriez un bon elfe de maison dites-moi. Observa Fred, après avoir remarqué à quel point la cuisine et le salon étaient en parfait état

- Mais un elfe de maison libre Gred, attention ! Rectifia George

Hermione leva les yeux au ciel.

- Tu sais que je déteste les personnes qui ont des elfes de maison, n'est-ce pas Fred ?

Elle arrivait toujours à distinguer les jumeaux, elle ne se trompait jamais.

- Peut-être. Ricana-t-il

Il lui ébouriffa les cheveux. Hermione lui lança un regard à la fois énervé et amusé.
Le rouquin lui fit alors un clin d'œil puis il partit dans la cuisine pour s'empiffrer avec son frère.

oOOo

Hermione devait dormir dans la chambre de Ginny, avec elle. Elle avait redouté ce moment toute la journée. Une fois qu'elle fut dans son lit, la rouquine couchée dans celui juste à côté, ce qu'elle avait tant appréhendé se réalisa.
Son amie l'ignorait complètement et de ce fait, la brune ne se sentait pas à sa place.

- Ginny...

- Oui ? La cadette des Weasley ne semblait pas énervée, ce qui soulagea un peu Hermione

- Est-ce que tu m'en veux encore ?

- Tout autant que mon frère et Harry t'en veulent. Et encore, eux ils ne savent pas.

Hermione eut envie de pleurer tant la rouquine lui avait répondu avec froideur. Comment avait-elle pu devenir si méchante ?
Cette maladie détruisait tout, que ce soit Hermione ou les personnes qui l'entouraient.

- Qu'est-ce que je dois faire pour arranger les choses ?

- Tu le sais très bien. Avoue tout.

- Ce sera encore pire.

- Non !

Ginny, prise d'une rage soudaine, s'était redressée dans son lit. Elle s'était retenue de ne pas crier. Hermione se figea.

- Tu ne trouves pas que la situation ne peut pas être pire qu'elle ne l'est déjà ? Tout ça parce que tu ne veux rien dire à tes meilleurs amis. À cause de ça ils pensent que tu n'en as plus rien à faire d'eux, de la bataille et tout le reste. Et les conséquences sont que Ron est devenu exécrable avec moi et Harry ne veut plus me parler non plus. Ils sont odieux avec tout le monde. C'est merveilleux n'est-ce pas ?

- Ginny je suis vraiment désolée, je ne m'en étais même pas rendue compte... Répondit Hermione, la voix tremblante

- Pense à tout ce que je viens de te dire Hermione, et je t'en prie fais quelque chose. Tu sais au fond de toi que tu es encore plus malheureuse sans eux, alors réveille-toi et dévoile tout. Je ne veux pas te faire du mal, mais il faut que tu réalises ce que tu es en train de faire.

Les dernières paroles de Ginny résonnèrent dans la tête de la brune toute la nuit.
Et la malade ne réussit pas à dormir.

ooOOoo

Le soir de Noël était arrivé plus vite que prévu. Cela signifiait que Hermione pourrait bientôt retourner à Poudlard. Qu'elle pourrait bientôt le retrouver. Qu'elle serait loin du Terrier où elle peinait tant à être naturelle, où il était devenu difficile de simplement prendre ses médicaments sans se faire surprendre.

Aussi, au château, elle pouvait fuir les regards accusateurs de ses amis, ici c'était impossible et cela la déprimait.

Heureusement, ils s'étaient calmés en cette soirée de Noël. Harry et Ron avaient fait un effort et tentaient quelques approches vers Hermione. Ils discutaient actuellement tous les trois avec Remus, au salon.

- Les Serpentards, ou devrais-je plutôt dire les mangemorts, ne sont pas trop durs à gérer cette année Remus ? Questionna Harry

Hermione, suite à la remarque sur les mangemorts, leva les yeux au ciel. Ce que Ron remarqua.

- Eh bien non, bizarrement. Avoua Remus en haussant les épaules

- C'est parce qu'ils cachent quelque chose, ils se font petits. Railla l'Élu, sourcils froncés

Remus ne répondit pas. Il n'aimait pas vraiment aborder ces sujets, et Hermione le remercia intérieurement car son manque d'enthousiasme fit que Ron et Harry allèrent faire un tour dans la cuisine.

- Comment vous sentez-vous Hermione ?

Le professeur profita de cette absence pour prendre des nouvelles de la malade, il ne cessait de penser à elle chaque jour et il n'arrivait toujours pas à y croire.

- Les derniers temps j'ai beaucoup plus mal moralement que physiquement. Confessa-t-elle en essayant de rester le plus impassible possible, il ne fallait pas qu'elle craque ce soir

- Je m'en doute Hermione, mais ce serait tellement plus simple si..

- Non, Remus, s'il vous plaît. Pas ça, pas ce soir. Je ne peux pas faire ça ce soir. Et je ne sais pas si j'y arriverai un jour.

- Je comprends et je sais que vous avez du mal à le concevoir Hermione, mais ce serait tellement plus simple.

La brune ne répondit pas, elle baissa les yeux. Elle ne voulait pas parler de cela, pas le jour de Noël.

Elle fut sauvée par le gong, toute la famille Weasley et les invités débarquèrent dans le salon. C'était l'heure des cadeaux.
Remus lança un dernier sourire peiné à la sorcière, puis il alla s'asseoir aux côtés de Nymphadora.

Le sapin de Noël, décoré en blanc, était si grand qu'il touchait le plafond. Il y avait tellement de cadeaux autour que la moitié de l'arbre était cachée. Tout le monde semblait si heureux, même Harry, Ron et Ginny. Cela réchauffa le cœur de Hermione.

- Qui veut distribuer les cadeaux cette année ? Demanda Arthur avec un grand sourire

Molly leva la main, toute excitée. Elle les distribuait chaque année, elle adorait cette tradition et personne ne voulait lui retirer ce plaisir, alors Arthur lui laissa sa place près du sapin.

- Bien ! Elle s'empara du premier cadeau, un énorme cadeau. Celui-ci est pour toi ma Ginny chérie !

Hermione aurait pu parier ce qu'il y avait dedans, et elle eut raison. La rouquine sortit de la boîte une tenue de Quiddicht rouge et or, qui brillait de mille feux. Avec cela, on ne remarquerait qu'elle sur le terrain. Bien sûr, ce cadeau était de la part de Harry.

Ginny lui sauta dans les bras. L'Elu fut rouge tomate et eut un rire gêné.

Hermione avait offert à Ron un mini frigo qu'elle avait trouvé dans un magasin moldu et qu'elle avait rendu magique, ainsi à chaque fois que le rouquin l'ouvrirait la nourriture qui lui faisait le plus envie à ce moment-même apparaîtrait. Cela fit rire tout le monde mais son ami en fut ravi et lui adressa un grand sourire, ce qui fit énormément plaisir à la brune.

Elle reçut de sa part un bouquin sur l'histoire de Poudlard mais de façon animé, comme si elle regardait un film différent à chaque page qu'elle tournait. Elle le remercia, enjouée.

Hermione et Ginny, comme connectées, s'étaient offert la même chose. Une plante magique qui aidait à mieux dormir la nuit lorsqu'on la posait à côté de son lit. Cela les fit glousser et pendant un instant Ginny oublia toute la rancœur qu'elle éprouvait envers son amie.

Molly tendit le cadeau de Hermione pour Harry. Il fut hésitant un instant, puis il l'ouvrit. C'était une photo animée de James et Sirius, faisant les idiots près du lac à Poudlard. Ils devaient avoir dix-sept ans. La photo était placée dans un cadre en bois brun somptueux. L'Elu n'en croyait pas ses yeux.

- Hermione, où l'as-tu eue ?

- Je l'ai trouvée chez Sirius quand on a été cherché ses affaires, elle était sous une armoire et je suis sûre qu'il l'avait lui-même perdue. Raconta-t-elle avec un petit sourire

- Merci, Hermione.

Il avait l'air si ému, cela toucha la sorcière. Elle fut extrêmement gâtée suite à tous ces cadeaux, et elle avait même reçu un vinyl de musiques classiques de la part de Remus.

- Remus, il ne fallait pas..

- Ça me fait très plaisir. Dit-il avec un petit sourire en coin

- Allez tout le monde, à table ! S'exclama Molly en leur faisant signe de se lever

- Chouette ! Cria Ron

La dîner de Noël se déroula dans la convivialité, personne ne pensait à la noirceur qui les submergeait depuis quelques mois, pas même Harry. Il n'y avait que rires et sourires.

Hermione se sentait bien mais fatiguée, elle avait pris une double dose de médicaments pour ne pas être trop malade.

- Je suis heureux que nous soyons tous réunis dans la bonne humeur. Déclara Arthur. Cela prouve que nous sommes plus forts qu'eux.

Tout le monde approuva.

- Arthur, ne commençons pas là-dessus. Restons dans l'esprit de Noël. Intervint Tonks qui sentait déjà que cela allait faire débat

- Non, attendez. Hermione a peut-être une information à nous faire passer à ce propos d'ailleurs.

Tous les regards se posèrent sur Ron. Le rouquin avait un peu trop bu et semblait légèrement remonté.

- Qu'est-ce qu'il te prend Ronald ? Le gronda Molly d'un air indigné

- C'est vrai Hermione, dis-leur ce que tu ne veux pas nous dire depuis tout ce temps.

La brune le toisa avec de gros yeux, elle n'arrivait pas à y croire. Il ne pouvait pas faire ça, pas ce soir.

- Vous y croyez ça, notre Miss-Je-Sais-Tout n'est plus. Depuis la rentrée elle n'écoute plus rien en cours et ne travaille plus.

- Ronald... La voix de Hermione le suppliait presque

- Ron, qu'est-ce que tu fais ? Intervint Harry, qui semblait lui-même mal à l'aise

- C'est vrai non ? Harry ne retourne pas ta veste. C'est simple, maintenant elle préfère se confier à des mangemorts !

- Ronald, ça suffit ! Molly tapa les poings sur la table

- Alors comme ça notre Granger fricote avec les ennemis ? Sourit George

- Tu n'aurais pas quelques anecdotes croustillantes à leurs propos ? Enchaîna Fred

Arthur leur lança un regard noir.

- C'est bon maintenant on arrête ces bêtises, vous n'êtes plus des gamins.

- Quand même, nous avons le droit de nous poser des questions à partir du moment où Hermione passe plus de temps avec Zabini et ses chers copains plutôt qu'avec nous. Admit Harry qui rejoignait Ron

Alors, tout le monde se tourna vers Hermione. Elle sentit tout son corps trembler, elle se demanda si son cœur n'allait pas cesser de battre. Pourquoi ? Pourquoi leur faisaient-ils cela ? Pourquoi ce soir ?

La brune chercha de l'aide chez Ginny, mais celle-ci avait baissé la tête.

- Vous ne voyez donc pas qu'elle a l'air tout le temps ailleurs, dépassée par les événements ? Maman, ne me dis pas que tu n'as pas remarqué qu'elle allait mal lorsqu'on est arrivés. Elle ne veut rien dire, elle nous laisse de côté comme des vieilles chaussettes.

- Ronald stop, je ne veux plus rien entendre ! Molly était rouge de rage

- Notre petit frère serait-il jaloux ? Taquina Fred qui essayait, maladroitement, de détendre l'atmosphère

Hermione tomba sur le regard de Remus. Elle pouvait lire dans ses yeux qu'il la suppliait de mettre fin à tout cela, de tout dire afin qu'elle ne subisse plus de tels reproches alors qu'elle ne les méritait pas.

- Jaloux de quoi ? D'une fille qui est clairement en train de nous abandonner en cette période qui s'annonce difficile ?

Ron n'arrivait plus à contenir sa rage, il repensait à leur arrivée au Terrier quand Hermione avait levé les yeux au ciel lorsque Harry avait évoqué les mangemorts.

Molly se servit un grand verre de vin apporté par Remus et le but d'une traite.

- Ce n'est pas le moment pour régler des comptes. Cessez ce comportement puéril enfin ! Le professeur de défense contre les forces du mal commençait lui aussi à perdre patience

- Mais attendez, peut-être que Hermione va se décider à nous apporter un miracle de Noël en nous avouant enfin son secret ! Qu'est-ce que tu en penses Harry ?

- J'en doute. Le Gryffondor haussa les épaules

- Mais enfin Arthur fais quelque chose, ils ne m'écoutent pas ! Molly semblait désespérée

- Si vous continuez, vous sortez de table ! Menaça le père Weasley

Cette remarque ne fit qu'empirer les choses. Cela partit dans tous les sens, plus personne ne s'entendait parler.

- Je suis malade... Murmura Hermione

Le brouhaha ne s'arrêta pas, cependant Remus et Ginny avaient bien compris. Ils relevèrent les yeux, la bouche entrouverte, abasourdis qu'elle ait enfin osé prononcer ces mots.

- Oh, je crois avoir entendu Hermione. Est-ce que c'est possible ? Demanda Harry en toisant son amie

Tout le monde se tourna vers elle, à nouveau. Plus personne ne dit un mot. La brune planta alors son regard dans celui de l'Elu.

- Tu parles, toujours aussi muette. Souffla Ron, qui semblait enfin vouloir abandonner l'affaire

- J'ai une maladie incurable. Je vais mourir. Répéta-t-elle, un peu plus fort

Ils l'avaient poussée à bout, elle avait craqué.

Le verre de Molly explosa dans sa main, Tonks plaqua une main sur sa bouche et chercha la main de Remus afin qu'il la rassure et lui dise que ce n'était qu'une mauvaise blague.
Ginny se mit à pleurer silencieusement, ne quittant pas son amie du regard. Les jumeaux avaient perdu tout sourire, ils ne savaient plus où se mettre.

Le monde venait de s'écrouler sur eux. Ils auraient tous préféré se prendre un Doloris plutôt que d'apprendre cette nouvelle. Le choc fut si puissant que personne ne réussit à parler.

Hermione, le visage impassible, observait à tour de rôle ses deux meilleurs amis, ceux pour qui elle aurait tout donné et qui venaient de l'humilier gratuitement un soir de Noël. Au fond d'elle, elle ne leur en voulait pas, mais elle resta froide et ne chercha à rassurer personne. Elle avait mal, tellement mal.

Ron était devenu tout blanc, il était alcoolisé et avait eu du mal à comprendre.
Mais il venait de réaliser ce que la lionne avait dit. Il sortit de table et courut dehors, comme s'il tentait de fuir la vérité qui lui avait enfin été révélée. Hermione sentit sa gorge se nouer, mais elle ne voulait pas pleurer.

Alors, Harry et la brune échangèrent un long regard, sous un terrible silence qui pourtant criait de douleur.

Le garçon à la cicatrice mit du temps à accepter ce qu'il venait d'entendre. Il eut des flashs soudains, tous les souvenirs qu'il avait partagés avec Hermione défilèrent dans sa tête. Il la revoyait le jour de leur rencontre dans le train qui les emmenait à Poudlard pour leur première année, avec son air à la fois si hautain et si innocent. Il se remémora la fois où, dans la Grande Salle en deuxième année, elle lui avait sauté dans les bras après s'être réveillée suite au maléfice infligé par le Basilic.

Il repensa à tous leurs fou-rires, ainsi que les peines et les dangers qu'ils avaient affrontés ensemble. Il se souvint de toutes les fois où elle l'avait sauvé. S'il était encore là aujourd'hui c'était grâce à elle. Elle était son pilier. La jeune sorcière avait rendu ses années à Poudlard meilleures et elle était la sœur qu'il n'avait jamais eue. On allait lui arracher un membre de sa famille à nouveau.

"J'ai une maladie incurable. Je vais mourir." Alors, Harry réalisa. Il comprit que lui, il ne pourrait pas la sauver. Et à cette pensée, tout s'effondra autour de lui.

- Hermione...

Il était anéanti, jamais personne ne l'avait vu ainsi, avec tant de détresse dans le regard. Pas même lors de la mort de Sirius.

- Hermione ma chérie, dis-nous que ce n'est pas vrai. Dis-nous qu'il y a une solution...

Molly sanglotait, elle se leva et tourna en rond, plaquant une serviette sur son visage.

- C'est une maladie moldue, même la plus grande des magies n'y fera rien.

Les propos furent durs à encaisser, tout ceci avait gâché les festivités, mais on l'avait forcée à tout avouer et elle ne voulait plus leur mentir.
Sans que personne ne s'y attende, Ginny se mit à hurler sur Harry.

- Toi et Ron vous avez tout gâché, vous êtes ignobles.

La jeune Weasley pleurait toutes les larmes de son corps, à la fois soulagée à l'idée que son amie allait enfin être comprise mais aussi dévastée de se prendre à nouveau la vérité en pleine figure.

Elle quitta la table sans même lui laisser le temps de répondre. Harry n'avait pas bougé d'un cil, son regard était toujours perdu dans celui de Hermione.

- Tout ira bien Harry, je te le promets.

La brune tenta de le rassurer, de lui montrer qu'elle était forte.

Une larme, une seule larme roula sur la joue de l'Elu, et il ne réussit plus à décrocher un mot de la soirée. Il semblait vide, comme si son âme l'avait quitté. Il n'y arriverait pas sans elle. Un monde magique sans Hermione Granger n'aurait plus aucun sens.

Hermione fit face à ce qu'elle avait tant redouté. Un déchirement. Sa maladie allait tout détruire. Ils ne s'en remettraient jamais.

- Hermione tu ne peux pas nous faire ça.

Ron réapparut tout à coup, encore plus mal qu'auparavant. Le cœur de la jeune femme se brisa. Elle leva alors les yeux vers lui.

Elle aurait aimé leur dire qu'elle ne les abandonnerait jamais, qu'ils se verraient vieillir l'un et l'autre et que le Trio d'Or ne serait jamais séparé. Hermione aurait voulu leur promettre qu'elle serait leur Miss-Je-Sais-Tout pour toujours.

Mais elle ne pouvait pas. Elle n'avait pas le droit de leur donner de faux espoirs. Elle ne voulait pas quitter ceux pour qui elle aurait pu tout sacrifier, elle mourrait déjà intérieurement à l'idée de ne plus pouvoir profiter de la vie à leurs côtés.
Toutefois, elle était condamnée et rien ne pouvait changer cela. Elle ne pourrait vivre éternellement qu'à travers leurs souvenirs, dans leur cœur.

Alors, Hermione sourit faiblement à son ami. Et à travers ce sourire, elle lui fit comprendre qu'elle ne les quitterait jamais vraiment.


Voilà voilà pour ce nouveau chapitre, pas très joyeuse la fin n'est-ce pas ?
Qu'en avez-vous pensé ? J'espère que vous avez bien aimé.
Je vous avoue que c'était assez compliqué à écrire cette annonce..
Quel est votre moment préférée ?
Dites-moi tout, j'ai trop hâte de recevoir vos avis.
Bises, et merci pour votre lecture :-)