Je vous remercie pour vos commentaires qui me touchent toujours autant. Merci d'être encore là et d'être fidèles à cette histoire.
Je vous souhaite une bonne lecture :-)


Deux jours s'étaient écoulés depuis le retour des élèves à Poudlard, Hermione eut beaucoup de peine à se lever et lorsqu'elle aperçut le temps grisonnant à travers sa petite fenêtre, elle se laissa retomber dans son lit en soupirant longuement. Elle n'était pas en retard et de ce fait, son regard se perdit dans le plafond qu'elle observa pendant quelques minutes, plongée dans ses pensées.

Elle n'avait pas eu de nouvelles de Draco depuis la soirée qu'ils avaient passée ensemble deux jours auparavant, elle s'était réveillée emmitouflée dans une couverture qu'elle ne connaissait pas et cette attention n'avait pu provenir que du blond puisque Blaise n'était pas rentré.

La sorcière avait d'abord pensé que Draco s'était rendu compte qu'ils ne pouvaient pas être ensemble, qu'il s'était voilé la face, ainsi il avait décidé de l'ignorer à nouveau.

Cependant elle ne l'avait croisé nulle part dans le château. La lionne en avait donc conclu qu'il était certainement reparti en mission, et elle s'était promis de le faire avouer en quoi elle consistait lorsqu'il reviendrait.

Hier soir Blaise s'était enfin décidé à revenir à l'appartement, mais il ignorait Hermione comme la peste. Leur ronde s'était déroulée dans un silence de plomb et la Gryffondor s'était sentie invisible.

Il savait pour Draco et elle, il se doutait qu'elle ne lui avait toujours rien dit et il était persuadé qu'elle ne lui dirait rien. Blaise avait eu l'espoir qu'elle n'ait pas de sentiments pour lui, qu'elle le rejette, mais ce qu'il avait tant redouté était arrivé. Les deux ennemis s'aimaient plus que la mort ne le leur permettait et cela finirait par détruire son meilleur ami, lui qui avait déjà tant souffert dans sa vie et qui méritait enfin de connaître le meilleur.

Blaise en voulait terriblement à Hermione pour tout ceci, tout comme il lui en voulait de ne pas essayer de se soigner. Mais cela, il ne le lui avouerait probablement jamais.

Harry et Ron étaient déjà en train de déjeuner lorsque Hermione s'installa à côté d'eux, ils lui sourirent. Leur relation commençait doucement à s'améliorer, même si les deux amis avaient toujours du mal à digérer le fait qu'elle ne se soignait pas, notamment lorsqu'ils la voyaient au plus mal.

- Tu as pris tes médicaments ce matin ?

- Oui, Harry. Soupira la brune

Elle détestait que l'on s'inquiète et que l'on la surveille ainsi, Harry se tut donc.
Néanmoins, il fut ravi de la voir manger avec appétit.

- Il faudrait que l'on se voit à dix heures après notre cours de Défense. Chuchota Harry avec un regard insistant

Hermione et Ron hochèrent la tête. La Gryffondor savait déjà ce qu'il voulait leur dire et cela ne l'enchantait guère, mais elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas abandonner son meilleur ami alors qu'il était censé être le sauveur du monde magique.

Depuis qu'elle avait annoncé sa condition à ses amis, elle s'était rendue compte que même si le futur n'existait plus pour elle, Harry, Ron, Ginny et tous les autres en avaient toujours un. Elle devait donc se battre pour eux, en dépit de pouvoir se battre pour sa propre vie.

Le cours de Défense contre les forces du Mal fut épuisant. La directrice McGonagall était intervenue en plein cours, interrompant le professeur Lupin qui tentait tant bien que mal de faire abstraction du malheur de Hermione en se concentrant à nouveau sur la bataille qui approchait à grand pas.

Il avait voulu entraîner les jeunes sorciers, les pousser à se préparer à combattre, les aider à faire sortir ce stress qui leur rongeait les entrailles.

Toutefois, McGonagall, prise de panique à son réveil lorsqu'elle avait réalisé que le Mal se déplaçait bien plus vite que prévu et dont la puissance grandissait chaque jour, avait décidé d'annuler tous les cours de la matinée afin de rassembler le personnel et les élèves en qui elle avait le plus confiance.

Alors, elle leur avait tout dit. Elle leur avait dévoilé les secrets les plus enfouis du château afin que les jeunes sorciers puissent en connaître chaque recoin et chaque endroit encore méconnu.
Ainsi ils seraient capables de mieux se préparer à l'affrontement, ils sauraient par où les mangemorts pourraient entrer et ils connaîtraient les sorties par lesquelles ils pourraient s'enfuir. La directrice avait préparé un plan, et ces indications n'étaient que le début. Bientôt, elle expliquerait la phase finale.

Tout ce que la vieille femme avait dit, Harry, Ron et Hermione le savaient déjà. Depuis bien longtemps. Mais Harry fut fier de voir McGonagall si impliquée, si déterminée. Bien que cette idée fit grandement mal au cœur de l'Elu, il devait avouer qu'elle était la parfaite remplaçante de Dumbledore.

Hermione n'avait pas écouté un seul mot, non pas parce qu'elle était déjà au courant mais parce que son esprit ne cessait de penser à Draco. Le blond avait réussi à la faire oublier toutes ses souffrances et il occupait désormais toutes ses pensées, ce qui parfois lui faisait du mal. Notamment lorsqu'il ne donnait plus signe de vie.

Il ne reviendrait pas aujourd'hui non plus.

- Enfin un peu de calme. Soupira Harry

Sandwich dans la main, il s'assit aux côtés de Hermione et Ron sur un rocher qui faisait face au lac. Il faisait froid, mais le soleil les réchauffait et la neige avait complètement fondu. La brune se sentit bien en cet instant. L'air frais lui vidait les poumons et lui chassait les mauvaises idées qui traversaient son esprit.

- J'en veux à Dumbledore, vous ne pouvez pas imaginer à quel point. Pas un mot, pas un seul mot à propos des trois derniers horcruxes. Pas un seul indice alors que je suis persuadé qu'il les connait tous, n'est-ce pas ?

Hermione soupira, attristée par la détresse de son ami.

- Dumbledore regorgeait de secrets, tu le sais bien.

- Il faut que l'on parte, c'est urgent. On a perdu énormément de temps.

Hermione déglutit et Ron baissa la tête, peu enchanté à cette idée.

- C'est très compliqué Harry.

- Pas plus que la bataille qui nous attend, Hermione. Ce n'est pas toi qu'il recherche.

Elle était au courant de tout cela, elle savait plus que quiconque que son meilleur ami était prêt à sacrifier sa vie pour sauver le monde de la magie, et tout cela la brisait intérieurement. Mais la brune se doutait très bien qu'elle était également trop faible pour se lancer dans une telle aventure, même si elle peinait encore à l'admettre.

Soit Hermione partait avec eux mais jamais elle n'en reviendrait, soit elle se battait à leurs côtés lorsque le moment fatidique arriverait. Elle ne pourrait pas faire les deux.

- As-tu pensé à la condition de Hermione ? Ron fronça les sourcils, agacé de l'égoïsme soudain de l'Elu

- Ron, c'est bon... Laisse tomber.

Hermione fut touchée par l'attention de Ron, mais elle détestait que cela soit une autre personne qu'elle-même qui en parle, elle ne pouvait accepter que l'on l'utilise ainsi avec tant de pitié.

- On ne peut pas abandonner, on ne peut pas laisser Voldemort devenir plus fort. Hermione, Ron, on est si proches du but !

Une pointe de désespoir se fit entendre dans la voix de l'Elu qui désirait plus que tout mettre fin à ces événements terribles.

Hermione baissa la tête. Elle avait au fond d'elle une énorme rancoeur envers Dumbledore. Elle lui en voulait d'avoir imposé à Harry un tel destin. Désormais, il ne vivait que pour cela, il ne cessait de penser à ce qui allait se passer s'il ne parvenait pas à accomplir cette terrible mission.
Dès le premier jour où Dumbledore avait posé les yeux sur Harry, il avait su qu'il finirait par être celui qui affronterait Voldemort, qu'importe si la mort devait s'en suivre.

Chaque année que l'Elu avait passé à Poudlard, un fardeau lui était tombé dessus. Et pas une seule fois le directeur ne l'avait vraiment aidé. Hermione eut un sentiment de dégoût à cette pensée.

De plus, elle se rendait compte qu'avec sa maladie, elle ne pourrait pas être celle qui allait aider Harry. Elle se l'était pourtant promis la fois où il lui avait annoncé qu'il fallait partir à la recherche des horcruxes restants et les détruire, mais c'était avant qu'elle n'apprenne qu'elle était malade et condamnée. Elle ne pouvait plus rien faire face à cette tumeur qui l'anéantissait silencieusement.

- Je vais y réfléchir. Finit-elle par dire, peu convaincue

- Hermione...

- Je sais, Harry. Je vais faire de mon possible.

Et sur ces mots, la brune abandonna ses amis, ayant déjà atteint sa limite. Elle était épuisée et la journée était loin d'être terminée.

Le cours de potions ne commençait que dans quinze minutes, Hermione prit donc son temps et alors qu'elle allait descendre vers les cachots, elle tomba sur Blaise. Il marchait devant elle d'un pas pressé.

- Zabini ! L'appela-t-elle en essayant de le rattraper, elle voulait qu'il cesse de l'ignorer

- Laisse-moi tranquille Granger. Répliqua-t-il d'un ton sec sans même se retourner

- S'il te plaît, on travaille ensemble, on ne peut pas éternellement se faire la tête.

- Je cesserai de t'ignorer lorsque tu m'écouteras. Je ne veux pas faire partie de ce désastre.

Sans un regard pour la lionne, Blaise s'en alla dans la direction opposée.
Hermione, estomaquée par ce qu'il venait de dire, resta figée un instant. Elle avait très bien compris ce qu'il avait insinué et elle en fut anéantie.

Ces deux phrases prononcées par le préfet-en-chef hantèrent les pensées de la Gryffondor, et ce tout le long du cours de potions.

Draco lui avait infligé tant de souffrances lors de ses premières années à Poudlard, mais il avait profondément changé et Hermione avait désormais l'impression qu'il était prêt à tout pour elle. Il avait abandonné ses amis, il restait à ses côtés malgré les menaces physiques que les mangemorts lui avaient fait subir.

Les rôles s'étaient inversés. Elle ne voulait pas l'admettre, mais c'était elle qui allait le faire souffrir à présent.

- Nous ne mangerons pas ce midi. Je dois discuter avec McGonagall. Déclara Harry d'un ton sec

- Et je dois aller m'entraîner pour le match. Ajouta Ron, embêté d'abandonner son amie

- Je comprends, on se voit plus tard. La brune leur sourit faiblement

Elle tenta tant bien que mal de cacher son soulagement. Elle avait besoin de calme, son cerveau ne supportait plus une seule parole, plus un seul geste.

Sans trop se presser, Hermione erra dans le château. Elle passa devant l'infirmerie et hésita un instant à entrer pour y passer le reste de la journée, son corps la suppliait d'y céder. La lionne soupira, elle ne pouvait se permettre de rater des cours à nouveau.

Hermione abandonna également l'idée de se forcer à manger. La Grand Salle était bien trop bruyante.

Afin de faire passer le temps, elle s'aventura dans l'école, cela lui rappelait sa première année avec Harry et Ron. Tout ceci lui parut si lointain, elle en eut un pincement au cœur. Elle s'était sentie invincible à leurs côtés, presque immortelle après avoir vaincu tant de dangers avec ses deux amis. Cela lui manquait terriblement.

Alors que Hermione traversait un long couloir où aucun portrait ne figurait sur les murs, où le silence était roi à tel point que son propre souffle était devenu insupportable à écouter, elle sentit soudain une main agripper son bras. Une main qui la tira dans une salle.

Elle voulut pousser un cri mais il fut étouffé par une autre main plaquée sur sa bouche. Effrayée, elle eut le réflexe de fermer les yeux, et elle resta ainsi quelques secondes.
Hermione entendit alors un petit rire moqueur, on la libéra et elle rouvrit les yeux. Son ventre se tordit aussitôt de bonheur.

- Draco, quand cesseras-tu de me surprendre ainsi ?

Le blond afficha un petit rictus fier, la tête haute.

- Ne doute pas de moi Granger. Lui souffla-t-il au plus près de son oreille

Il portait un pantalon noir ainsi qu'un pull de la même couleur, légèrement moulant. Hermione sentit ses joues rougir. Elle fut presque émerveillée par la beauté du Serpentard et elle se trouva même ridicule.
Elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment elle avait fait pour ressentir de telles choses pour son ennemi de toujours en si peu de temps.

Draco tourna légèrement la tête sur sa droite, et Hermione remarqua un énorme bleu sur sa mâchoire.

- Draco... Murmura-t-elle avec tristesse. Ils ont recommencé...

- Ce n'est rien.

D'abord hésitant, il finit par attraper la main de la lionne qu'il enlaça dans la sienne.
Hermione venait de réaliser qu'ils étaient dans la salle sur demande.

Draco l'avait complètement vidée, ne laissant au milieu qu'une table en bois massif, une cheminée abritant un grand feu ainsi que deux chaises et deux Bièraubeurres.

Il avait amené Les Trois Balais à eux, il ne devait probablement pas se faire voir à Pré-au-lard, sous peine d'être pris au piège. Hermione était émerveillée.

Le Serpentard la tira jusqu'à la chaise et s'installa face à elle.

- Pourquoi ? Pourquoi les laisses-tu faire ?

- Ce n'est pas maintenant que je dois complètement leur tourner le dos. J'attendrai le dernier moment, et ils auront mal. Terriblement mal.

Hermione fronça les sourcils, inquiète.

- Explique-moi ta mission. Je t'en prie.

Draco avala une gorgée de sa boisson et soupira. Elle avait le droit de savoir, notamment après toutes ces absences.

- Je recherche des alliés pour votre camp. Je vais voir des loups-garous, des géants, des centaures, des gobelins, j'ai tenté quelques détraqueurs également, en vain, mais les loups-garous restent les plus difficiles à convaincre. Ils ont une énorme rancoeur envers les humains. Expliqua-t-il avec son éternel visage impassible

Hermione fut bouche-bée suite à l'entente de cette révélation. Elle n'arrivait pas à y croire tant cela lui paraissait insensé.

- Pourquoi toi ?

- La moitié de ces créatures ont déjà cédé au côté du Mal et elles sont surveillées. Seuls les mangemorts peuvent entrer en contact avec eux. McGonagall ne m'a pas choisi au hasard.

- Comment a-t-elle pu avoir confiance en toi aussi vite ?

Draco émit un petit rire nerveux. Celle qu'il aimait malgré lui continuait de douter à son propos, et elle avait de bonnes raisons d'agir ainsi. C'était ce qui lui faisait le plus mal.

- Elle sait ce qui est arrivé à ma mère. Elle sait ce que je ressens pour toi. À mon plus grand malheur, elle sait tout. Elle a très vite compris pourquoi je voulais vous aider. Et cette mission est devenue notre contrat.

La brune commençait à comprendre. Toutes ces questions restées sans réponse trouvaient enfin un sens. Elle ne fit aucune remarque quant à ce que Draco avait insinué avec sa mère. Elle se doutait que c'était un sujet sensible, mais une pensée lui traversa l'esprit.

Elle devait savoir la vérité, qu'importe la souffrance qu'elle lui infligerait.

- Est-ce que j'ai quelque chose à voir dans cette rébellion contre ton camp ? Hermione lui demanda, sentant une boule gonfler dans son ventre

- Non, bien sûr que non. Dit-il d'un ton sec, énervé qu'elle puisse penser une telle chose. J'aurais aimé. J'aurais aimé que ce ne soit que pour rendre le Lord fou de rage. Mais je suis tombé dans l'interdit, comme ma mère. Et c'est désormais pour toi que je fais tout cela.

Hermione ne cessait d'être surprise à chaque fois qu'elle le revoyait. Elle le croyait, elle le croyait plus qu'elle n'aurait dû se le permettre.

Pour seule réponse, elle se leva et se posa délicatement sur ses genoux. Ainsi, elle enfouit sa tête dans le cou du blond, poussant un souffle de bonheur.
Alors, la Gryffondor se rendit compte que c'était avec lui qu'elle retrouvait enfin la paix et que toute sa souffrance s'en allait. C'était comme le tout premier rêve qu'elle avait fait. Elle avait l'impression d'y être retournée, sauf que tout était vrai cette fois-ci.

Pourquoi lui ? Pourquoi ce garçon qui était devenu un mangemort ? Elle l'ignorait.

Étonné, Draco enroula ses bras autour de Hermione et la serra le plus fort possible, ce qui la fit rire. Un rire mélodieux et apaisant, qui fit du bien au Serpentard. Il en avait même oublié les paroles de Blaise qui l'avait mis en garde.

Sa vie n'était pas facile les derniers temps, et sa mission l'épuisait moralement et physiquement.

- Je vais devoir y aller.

- Déjà ?

Elle releva la tête vers lui, une tristesse naissante pouvait se lire dans ses yeux.

- Je n'en ai que pour une heure ou deux, je reviens vite, lui murmura-t-il, rejoins-moi ce soir dans la Tour d'Astronomie. Je t'y attendrai après le dîner.

Hermione hocha la tête, heureuse. Elle ne voulait pas sortir de cette bulle qu'ils venaient de former ensemble. Elle ne voulait pas revenir sur terre.

- J'ai besoin d'en savoir plus sur cette mission.

- Je m'en doute bien, Miss-Je-Sais-Tout.

Et sur ces mots, Draco déposa un long baiser sur le front de la lionne. Il eut lui aussi du mal à la quitter.

Alors qu'ils s'apprêtaient à sortir de la Salle sur Demande, Draco prit le visage d'Hermione entre ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Elles étaient si douces, elles lui avaient tant manqué. Il l'embrassa comme si c'était la dernière fois, et il espéra qu'à travers ce baiser Hermione comprendrait tout ce qu'il éprouvait pour elle, tout ce qu'il ne parvenait pas à lui dire avec des mots.

- À ce soir. Dit-il entre deux baisers, puis il quitta la pièce sans se retourner

Hermione resta plantée devant la porte de la salle qui disparaissait petit à petit. Ce moment rien que pour eux deux lui avait redonné tant de force, elle avait l'impression d'être sur un petit nuage dont elle mit quelques minutes à redescendre.

Elle réalisa qu'elle avait cinq minutes de retard pour son prochain cours. Heureusement, Harry et Ron furent également en retard, mais de dix minutes. Ainsi, elle échappa de peu à un interrogatoire.

oOOo

Hermione passa rapidement dans son appartement avant le dîner, elle avait oublié ses médicaments.

Blaise n'était pas là, une fois de plus, et cela désolait énormément la lionne.
Toutefois, elle savait que jamais il ne lui reparlerait si elle ne disait pas la vérité à Draco.

Elle avala ses deux petites pilules quotidienne puis glissa la boîte dans la poche de son gilet gris. Ce soir, Hermione avait retrouvé l'appétit et Draco en était probablement la cause. Elle ne cessait de penser à leurs retrouvailles. Elle voulait déjà être dans ses bras.

En chemin vers la Grande Salle, la brune avait un petit sourire scotché aux lèvres.

- Tu es pitoyable Granger.

La concernée s'arrêta brusquement. La personne qui venait de s'adresser à elle se cachait dans l'ombre d'une statue, mais elle avait reconnu sa voix.

- Nott.

Hermione sentit son corps se raidir. Theodore, le visage déformé par la haine, s'approcha de la Gryffondor d'un pas menaçant.

- Nous ne t'avons pas assez prévenue ? Draco n'a donc pas retenu la leçon ?

Il ne laissa pas le temps à Hermione de faire quoique ce soit, il la plaqua contre le mur et entoura sa gorge de ses mains.

- Pitié No...

Il serra, de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus faire un seul bruit. Il se collait à elle, cherchant à l'emprisonner par tous les moyens.

- Reste loin de lui, n'affaiblis plus notre camp comme tu es en train de le faire ou la prochaine fois je ne m'arrêterai pas.

À peine le Serpentard avait-il libéré la lionne de son emprise qu'elle se mit à courir dans le sens opposé. Terrifiée par ce qui venait de se passer, elle n'avait pas même pas vu Draco apparaître et foncer droit vers Theodore tandis qu'elle l'avait fuit.

Elle ne pouvait plus s'arrêter, bien qu'elle savait qu'il ne la poursuivait pas. Elle courra jusqu'à la Tour d'Astronomie, jusqu'à ce qu'elle s'écroule sur les escaliers, au bord du malaise.

Pendant ce temps, Draco s'était rué sur celui qui avait été autrefois un ami. Il avait empoigné par le col ce jeune homme qui était devenu un monstre à ses yeux et il l'emmena loin de la Grande Salle. Il le tira tel un vulgaire animal vers les cachots.

- Je te l'avais dit Nott. Je t'avais mis en garde.

Theodore tentait de se dégager, mais sous l'effet de la rage Draco avait développé une force surhumaine.

Arrivés à destination, il le jeta dans l'ancien bureau de Snape. Personne ne l'avait repris, et aucun portrait ne s'y trouvait, personne ne pouvait dire ce qu'il se passait dans cette pièce, aucun secret ne pouvait en sortir.

Draco poussa le mangemort à l'en faire tomber par terre.

- Je devrais te tuer pour avoir osé la toucher ainsi.

Et sur ces mots, il le rua de coups. Son poing fusa une dizaine de fois sur le visage de Nott, sous les cris étouffés de celui-ci. Bientôt, il ingurgita tellement de sang qu'il n'arrivait presque plus à respirer.

Draco ne parvenait plus à se contrôler, il s'empara d'une bouteille de whisky Pur Feu qui traînait sous le bureau et, après un dernier regard rempli de dégoût envers sa victime, il lui donna un coup dans le visage à l'aide de la surface plate de la bouteille. Son nez fut écrasé.

Theodore poussa un cri strident, comme jamais le blond n'en avait entendu.

- Désormais, c'est à toi de retenir la leçon. Lui cracha Draco alors qu'il se relevait. Je te souhaite un bon séjour à l'hôpital.

Il sortit du bureau et repensa aussitôt à Hermione lorsque sa tension se mit à redescendre.
Il se précipita alors vers la Tour d'Astronomie, il savait qu'elle y était déjà.

Elle l'attendait, assise sur les escaliers au plus haut de la Tour. L'air y était si froid que certaines marches étaient couvertes de glace. Il se dirigea vers la lionne dont la tête était baissée et il la prit dans ses bras, elle ne portait qu'un gilet et son corps entier tremblait.

- Je suis là.

Elle ne répondait pas, elle ne réagissait pas.

- Hermione ?

Doucement, il lui releva la tête et les reflets de la lune lui fit découvrir qu'elle pleurait, silencieusement. Il sentit son ventre se tordre de douleur face à cette scène et son sang ne fit qu'un tour lorsque l'image de Theodore lui revint en tête.

- Il ne recommencera plus, je peux te le jurer.

Hermione fit non de la tête, relevant enfin ses yeux remplis de tristesse vers le blond.

- Je suis désolée.

La Gryffondor pensait à tout ce que Draco subissait par sa faute. Les mangemorts lui infligeaient des horreurs et pourtant il se démenait afin de gagner l'estime de la brune.

Voldemort allait probablement finir par le tuer et si ce n'était pas lui, ce serait elle qui finirait par le faire souffrir à en mourir, comme Blaise n'avait cessé de lui répéter.

Que se passerait-il si elle venait à le quitter, si la maladie prenait le dessus et mettait fin à son combat ? Comment réagirait Draco si celle qui aurait pu être sa rédemption venait à mourir sans qu'il n'ait jamais rien su de sa condition ? Cela le détruirait.

- Tu n'y es pour rien.

- J'avais si hâte à l'idée de passer un moment avec toi ici. Tout est gâché. La gorge de Hermione se noua

- Ne dis pas de bêtises. Tout va bien.

S'il savait. S'il savait à quel point il avait tort.

- Et Nott ne te touchera plus jamais, pas même par le biais d'un regard. Acheva Draco

Hermione avait bien remarqué les taches de sang sur ses mains et dans son cou, elle se doutait de ce qu'il avait pu faire à Nott, mais elle préféra ne plus y penser. Elle ne voulait pas savoir.

Le temps d'une seconde, elle s'était dit que Theodore aurait dû aller jusqu'au bout et la tuer. Cela aurait été plus facile.

- Notre moment dans la Salle sur Demande était trop beau pour être vrai.

Hermione était revenue sur terre de façon trop violente, elle peinait encore à se remettre de ses émotions.

Draco fronça les sourcils et il sentit son cœur se serrer. Il ne voulait pas entendre de telles choses.

- Ne me quitte pas. Dit-il précipitamment

- Jamais. Ce n'est pas ce que je veux dire Draco. Le rassura-t-elle aussitôt, réalisant que ses paroles étaient peut-être trop dures

La lionne plongea son regard dans celui du serpent et ils restèrent ainsi de longues minutes. Peu à peu, Hermione retrouva une once de joie. Il la rassurait tant.

Lorsqu'il sentit que les mauvaises pensées de la brune s'estompaient et que son traumatisme s'atténuait légèrement, Draco la couvrit de baisers délicats sur la joue, puis sur ses lèvres. Une attention qui vola un petit sourire à la jeune sorcière.

- Descendons sur le palier, les escaliers sont dangereux. Déclara le blond

Il prit les mains de Hermione et la fit se lever. Elle remit son gilet en place, son corps complètement gelé, et ce geste fit tomber sa boîte de médicaments par terre.

La brune sentit son coeur louper un battement lorsque le Serpentard s'empara de la boîte. Il ne remarqua rien sur le coup, mais lorsqu'il fut prêt à la rendre à Hermione, ses yeux tombèrent sur le nom du médicament.
Un nom qui lui parut étrangement familier bien que les sorciers ne prenaient pas ce genre de comprimés.

Alors, il repensa à toutes ces choses étranges dont il avait été témoin. Le nombre de fois où Hermione avait séjourné à l'infirmerie, ce jour où elle s'était effondrée en pleine ronde avec Zabini, ses multiples saignements de nez. Et les paroles de Blaise. Il l'avait prévenu, et Draco l'avait pris pour un fou.

Mais la réalité était là, et elle venait de le frapper de plein fouet.

- Granger... ?

La Gryffondor avait perdu tout son courage, elle fuyait son regard, tétanisée. Elle ne pouvait plus y échapper, elle allait revivre cette même scène qu'à Noël au Terrier.

- Je..

Elle ne voulait pas, elle ne voulait pas le faire souffrir, mais elle n'avait plus le choix. Elle le savait.

- Hermione, qu'est-ce que tu me caches ?

- Je.. Draco..

- Granger ! Insista le Serpentard, haussant le ton. Ces médicaments, les mises en garde incessantes de Blaise, qu'est-ce que cela veut dire ?

Il la suppliait, et Hermione se sentit alors défaillir. C'était trop dur.

- Je t'en prie !

La brune releva les yeux vers lui, elle était étonnée de le voir se dévoiler ainsi. Jamais il n'avait paru si déboussolé. Cette mise à nu fit encore plus souffrir la lionne.

Elle ne pouvait plus s'imaginer sans Draco. Elle ne voulait plus l'abandonner.

Hermione finit alors par inspirer un grand coup, et elle ne retint plus son secret bien trop lourd, bien trop douloureux.

- J'ai une tumeur au cerveau Draco, c'est assez commun chez les moldus. Il est trop tard pour guérir. Je... Je n'ai plus beaucoup de temps à vivre.

En à peine quelques secondes, le visage du jeune homme s'était décomposé. Il avait l'impression d'être dans un autre monde, il n'arrivait plus à réfléchir. Il en lâcha la boîte de médicaments.

- Tu ne peux pas.. tu ne peux pas me faire ça. Sa voix se brisa

Il sentit les larmes lui monter aux yeux, sa gorge se serra à tel point qu'il ne parvenait plus à respirer.

Draco était anéanti, il ne pouvait pas y croire. Hermione tentait de lui parler mais il ne l'écoutait plus, son regard était perdu dans le vide, comme si plus rien ne l'entourait.

Et il resta ainsi quelques minutes, luttant pour retenir les sanglots qui menaçaient d'éclater. Il se demanda un instant s'il n'avait pas fait un mauvais rêve, si ces paroles n'avaient pas été imaginées. Il n'arrivait plus à dissocier la réalité de l'imaginaire. Et le retour sur terre fut pire que toutes les souffrances qu'il avait vécues tout au long de sa vie.

Le mangemort osa enfin regarder celle pour qui il aurait pu tout donner et qui allait désormais le quitter. Et la brune put voir à travers lui et lire toute la douleur qui s'était emparée de lui.

- Draco...

Il ne voulait plus rester ici. Alors, il l'ignora et s'en alla sans la considérer une seule seconde de plus. Le Serpentard savait que c'était la pire chose à faire, mais il n'arrivait plus à réfléchir.

Une fois qu'il fut sûr qu'il était suffisamment loin de Hermione, il craqua et éclata en sanglots, des sanglots étouffés qu'il avait retenus bien trop longtemps.

Il marchait sans vraiment trop savoir où il allait. Il ne pouvait plus s'arrêter.

Draco tira sur son pull qui devenait trop serré pour lui, il suffoquait et les pleurs ne l'aidaient pas. Lentement, il se sentait dépérir.

Après avoir longtemps erré sans but dans le château afin de se calmer, il se retrouva devant l'appartement de Hermione et Blaise.
À bout, il murmura le mot de passe et entra. Aussitôt, Zabini fut devant lui.

- Putain Draco, tu l'as complètement défiguré ! S'exclama-t-il, à la fois horrifié et incrédule

Le blond ne répondit pas, il n'en avait que faire de l'état de Theodore. Il leva la tête et toisa simplement son ami, puis il explosa.

- Tu le savais... Tu le savais ! Hurla-t-il, les joues ruisselantes de larmes

Elle lui avait tout avoué. Blaise se figea, abasourdi. Il ne l'avait jamais vu ainsi, et cela lui creva le cœur.

- Je.. J'ai essayé de te le dire, j'ai essayé de te faire comprendre.. Balbutia-t-il

- Je l'ai toujours aimée, mais je m'en suis rendu compte bien trop tard. Je lui ai pourtant demandé de ne pas me quitter.

La gorge de Blaise se noua devant la détresse de son meilleur ami. Malgré toute la rancœur qu'il éprouvait envers lui, il le prit instinctivement dans ses bras et Draco y déversa ainsi toute sa peine.

Le mangemort avait toujours été très pudique et honteux lorsqu'il s'agissait de montrer ses émotions. Ce soir, cela avait été impossible pour lui de les dissimuler derrière son visage froid et impassible.

Ce que Blaise avait tant redouté était arrivé. La souffrance allait prendre le dessus sur tout le reste, le blond ne s'en remettrait jamais. Il aurait dû lui dire, il aurait dû l'empêcher de tomber dans cet enfer. Il s'en voulait terriblement.

Jamais Draco ne connaîtrait pire douleur que celle-ci, même devant la torture de sa mère il n'avait pas réagi ainsi.
Il allait perdre celle qui aurait pu tout changer.

Pour la première fois dans sa vie, quelqu'un avait réussi à l'abattre.


Et voilà pour ce chapitre. Avec une sacrée révélation n'est-ce pas ?
Quel est votre moment préféré ?
J'espère que vous avez bien aimé. J'attends vos avis avec hâte.
Encore désolée pour cet énorme retard.
Bises :-)