Me revoilàààà ! Vous allez enfin pouvoir découvrir ce qu'il se passe avec notre cher Harry.
Merci pour toutes vos reviews adorables !
Merci Miss MPREG pour ta review ! En effet, que ce soit Harry, Hermione ou encore Draco, ils font face à des situations qu'ils n'ont jamais connues, et ils ne savent donc pas comment réagir. N'oublions pas non plus qu'ils n'ont que dix-sept et dix-huit ans. C'est pour cela que Harry s'en prend tant à Hermione pour sa maladie. Draco, quant à lui, a encore du mal à lutter contre part d'ombre.
Merci Fleur d'Ange, oui on remarque bien ici que Draco ne sait pas du tout s'y prendre. En même temps, c'est la première fois qu'il a une vraie copine. C'est toujours un peu difficile au début haha
Et merci beaucoup Khatanou, même si je suis navrée de t'attrister à ce point !
Bonne lecture :-)
Une fois devant le portrait de la grosse dame, Hermione redoutait déjà ce qui l'attendait derrière. En chemin, Ginny n'avait cessé de lui répéter que Harry passait ses nerfs sur Ron et elle depuis plus de vingt minutes.
Lorsqu'elles arrivèrent dans la Salle Commune, l'Elu tournait en rond, à la limite de s'arracher les cheveux. Ron était assis sur une table et il observait son ami, se sentant impuissant.
Il n'y avait qu'eux deux dans la pièce. Le garçon à la cicatrice n'arrivait pas à se calmer.
Harry se tourna vers la brune et déclara sans plus attendre :
- Trente-trois. Trente-trois nés-moldus ont été tués aujourd'hui, Hermione. Et la journée n'est pas encore terminée.
La sorcière plaqua une main sur sa bouche, horrifiée. Elle se sentit défaillir mais Ginny lui souffla de ne pas s'inquiéter.
- Mes parents ? Demanda Hermione
- Ils sont en sécurité selon l'Ordre, affirma Harry, Remus a eu de brèves nouvelles grâce à Tonks.
La brune eut soudain la nausée. Elle réalisa que cela faisait un petit temps maintenant qu'elle ne pensait plus vraiment à ses parents.
Elle avait presque oublié toutes les horreurs que Voldemort était en train d'accomplir et elle eut terriblement honte. Hermione était elle-même une née-moldue et elle ne s'impliquait même pas dans cette affaire.
Elle avait l'impression d'être égoïste et cela la répugnait d'elle-même.
- Ne t'en fais pas pour eux Hermione, ils sont plus protégés que quiconque. Par contre pour ce qui est des autres né-moldus je ne peux pas en dire autant. Les victimes se multiplient chaque jour, Voldemort ne s'arrêtera jamais. Déclara l'Elu
Hermione et Ron n'osaient pas se regarder. Ginny devait se retenir de ne pas ajouter son grain de sel car Harry ne voulait pas la mettre en danger en la mêlant à ces histoires.
- Les visions ne reviennent toujours pas. Voldemort agit dans l'ombre, terré je ne sais où. Cela ne peut plus continuer ainsi. Le Ministère de la Magie est en train de flancher et ce monstre va bientôt s'en emparer. On ne peut plus rester ici sans rien faire.
- Que veux-tu qu'on fasse Harry ? Questionna Ron
- Je ne peux pas encore l'affronter, mais je peux l'affaiblir. Nous devons partir à la recherche des derniers horcruxes, le temps est compté désormais.
La jeune Weasley se précipita vers son petit ami et attrapa sa main, prise d'une panique soudaine.
- Vous ne pouvez pas faire ça ! McGonagall te l'a déjà dit Harry, il y a des mangemorts parmi les élèves. Si tu t'en vas, Tu-Sais-Qui sera au courant dans la seconde qui suit. Vous n'aurez même pas le temps de transplaner qu'il vous fera face.
Hermione déglutit.
Draco désirait plus que tout se retourner contre son propre camp, mais il devait encore leur faire croire qu'il était des leurs. Ainsi, serait-il le mangemort qui allait devoir rapporter le départ du Trio à son Maître ?
- C'est vrai, comment allons-nous faire s'il nous attrape ? Tu ne pourras pas le tuer sans avoir détruit les horcruxes avant. Surenchérit le frère de Ginny
- Sans déconner Ron ? Répliqua Harry avec insolence
La rouquine soupira, agacée par son comportement.
Hermione quant à elle ne savait pas quoi répondre, elle était perdue dans ses pensées et se demandait si Draco ne pouvait peut-être pas les aider dans cette quête.
Mais si elle comptait l'impliquer, alors Harry et Ron comprendraient qu'ils étaient ensemble et cela était inenvisageable.
- Ils ne nous auront pas, insista l'Elu, et il ne nous reste plus que trois horcruxes. Nous les trouverons, je pense savoir où ils se trouvent.
- Tu penses ? Alors ce ne sont donc que des spéculations. Nous ne sommes pas prêts Harry. Clama Ron, sourcils froncés
- Pourquoi te mets-tu à douter de moi Ron ? Tu y croyais encore il y a quelques jours ! S'énerva le garçon aux yeux verts
- Je ne doute pas de toi, mais Dumbledore n'a laissé aucun indice et nos recherches ici n'ont quasiment rien donné. Je veux bien te croire si tu dis que nous les trouverons, mais as-tu un plan B si jamais ce n'est pas le cas ? Ou nous laisseras-tu foncer droit dans le mur ?
- Me faites-vous confiance ? Oui ou non ? Insista Harry
- Bien sûr que oui. Souffla Hermione avec douceur, comme pour le rassurer
S'ils se démenaient comme ils l'avaient toujours fait depuis leur première année à Poudlard, alors ils y parviendraient.
Hermione accordait une confiance aveugle à son meilleur ami et elle ne voulait pas qu'une énième dispute éclate entre eux de toute façon.
Cependant, le vrai problème n'était pas s'ils allaient réussir ou non, mais s'ils le pouvaient. Comment pourraient-ils se cacher si Voldemort et ses disciples avaient déjà envahi chaque recoin du monde magique ?
- Je voulais y aller seul au début, mais je sais que sans vous je n'y arriverai pas. Avoua l'Elu, désespéré
Ron laissa tomber sa tête en arrière et poussa un long soupir. Il était sur le point de céder et Harry le comprit.
Ainsi, il annonça :
- Bien. Alors nous partons demain.
Le rouquin fit de gros yeux et changea d'avis aussitôt.
- Est-ce que tu as pensé à Hermione ? Je ne sais pas si elle tiendra le coup et...
- Ah non Ronald, je t'interdis de faire ça. Ne m'utilise pas par pitié. Le coupa la concernée
Elle inspira un grand coup, elle avait pris sa décision elle aussi.
Harry l'observait avec insistance, craignant ce qu'elle allait dire.
- Je peux le faire Harry. Je te l'ai promis, je vais t'aider. Dès que nous aurons rassemblé tout ce dont nous avons besoin nous partirons.
L'Elu poussa un soupir de soulagement, et sans plus attendre il se précipita vers Hermione et la prit dans ses bras avec maladresse.
- Merci.
- Tu peux compter sur moi, je t'ai toujours suivi. Lui murmura-t-elle alors qu'ils se détachèrent l'un de l'autre
Le garçon aux lunettes rondes savait que la jeune sorcière serait à ses côtés, elle l'avait toujours été. Qu'importe ce qu'ils avaient affronté, le chien à trois têtes en première année, le loup-garou en troisième année ou encore les mangemorts en cinquième année, Hermione avait combattu sans relâche.
C'était bien pour cela que Harry ne voulait pas accepter la maladie de la lionne. Pourquoi ne parvenait-elle pas à la vaincre ? Une simple tumeur au cerveau ne pouvait pas tuer Hermione Granger, c'était inconcevable.
Ron ramena son ami sur terre en descendant de la table dans un bruit sourd. Il sortit sa baguette de sa poche et amena une veste jusqu'à lui.
- Bon eh bien, je vais essayer de trouver Lavande et lui sortir la pire excuse du siècle quant à mon départ. On est parés pour une nouvelle aventure !
Harry sourit, soulagés de voir que ses amis ne l'abandonnaient pas comme il avait osé le craindre.
Il les informa qu'ils se retrouveraient ce soir vers vingt-trois heures, lorsque tous les élèves dormiraient. Ainsi, ils pourraient prévoir leur fugue.
Hermione et Ron hochèrent la tête puis ils abandonnèrent Harry et Ginny, qui elle abordait un visage contrarié.
La rouquine était prête à lui remettre les idées en place, n'étant pas d'accord avec son choix, mais l'Elu était malheureusement bien trop têtu.
oOOo
En classe d'étude de runes, Hermione se distrayait en faisant tourner sa plume sur elle-même. Elle maîtrisait de mieux en mieux la magie sans baguette, cet art qui était pourtant si instable et incontrôlable. Il était difficile de viser quelque chose en particulier avec ce type de magie, mais la lionne y parvenait petit à petit.
Elle ne put se retenir de sourire, fière de cet accomplissement. Même si son cerveau était en train de l'abandonner, il lui offrait encore la possibilité de s'émerveiller face à de nouvelles découvertes. Avant de s'éteindre à tout jamais.
Toutefois, Hermione oublia vite cette réussite lorsqu'elle repensa à Draco. Tracassée, elle se demandait comment il allait réagir lorsqu'elle lui annoncerait son départ. Devait-elle le lui cacher ? Non, ce n'était même pas la peine d'y penser.
Le blond deviendrait fou et il partirait aussitôt à sa recherche, se mettant ainsi en danger.
La jeune femme sentit un mal de tête arriver alors elle se frotta les tempes, sourcils froncés. Elle devait se concentrer sur le cours et cesser de penser constamment au bien-être des autres. Draco n'aurait pas son mot à dire dans tous les cas.
Les deux sorciers partageaient le même but, celui de réduire Voldemort en cendres, et pour cela la recherche des horcruxes était essentielle.
Hermione se surprit alors à rêver d'une vie meilleure, lorsque le Mage Noir serait enfin vaincu. Elle se voyait ainsi à la tête du Ministère de la magie, luttant pour les minorités du monde magique, et elle s'imaginait également rentrer chez elle après une longue journée de travail, dans une petite maison en bois blanc. Elle avait toujours rêvé d'en avoir une.
Et le soir Draco la rejoindrait, heureux et apaisé car sa marque des ténèbres avait enfin cessé de lui faire mal.
Hermione émit un petit rire nerveux qu'elle étouffa dans sa main. Elle se trouva bien stupide d'oser penser qu'elle aurait le droit à une telle vie un jour.
oOOo
Après l'avoir cherché pendant plus de vingt minutes, la jeune sorcière tomba sur Draco qui était en train de traverser le pont couvert. Le blond se stoppa lorsqu'il aperçut Hermione.
D'abord hésitant, il finit par s'approcher d'elle. La Gryffondor était emmitouflée dans sa grosse veste, avec un bonnet sur la tête et un petit sourire timide sur le bout des lèvres. Cette vision fit craquer le blond, mais il ne laissa rien transparaître. Comme à son habitude il abordait un visage impassible.
Toutefois, il avait terriblement envie de l'embrasser. Les moments qu'ils passaient rien que tous les deux se faisaient rares, et Draco avait du mal à l'accepter.
Mais il dut se contenir car sur ce pont ils étaient à la vue de tous. Rien que le fait de se faire face, cela pouvait leur porter préjudice.
- Tu comptais te balader seule Granger ? Sans moi ? Lança-t-il avec un regard sournois
Hermione roula des yeux et s'esclaffa.
- À vrai dire, il fallait que je te parle. Avoua-t-elle d'un ton plus sérieux
Le visage du Serpentard se ferma aussitôt. Il n'aimait pas entendre ces mots.
Il se racla la gorge et s'approcha un peu plus près de Hermione, la collant presque.
- Je t'écoute.
Plus que petite que lui, Hermione dut relever la tête vers Draco.
Elle sentait son coeur battre à mille à l'heure car elle craignait énormément sa réaction. De plus, les yeux bleu gris du blond la transperçaient, lui faisant comprendre qu'elle devait se dépêcher de lui annoncer ce qu'elle avait en tête. Cela la déstabilisa.
La jeune femme savait que Draco n'était plus du côté du Mal et qu'il avait même aidé le camp ennemi, mais elle se demanda tout de même si elle devait mentionner les horcruxes ou bien contourner le sujet.
- Je... Je pars demain. J'accompagne Harry et Ron, nous devons faire un.. un petit voyage afin de nous préparer à la bataille imminente. Afin d'aider... d'aider Harry à vaincre Tu-Sais-Qui. Bafouilla-t-elle, mal à l'aise
Le regard du serpent s'était aussitôt assombri. Il eut alors un mouvement de recul.
- Pardon ?
- Je dois accompagner Harry et Ron, il le faut. C'est le seul moyen pour le vaincre complètement. Je pars demain. Répéta la brune
- Non. Refusa-t-il d'un ton catégorique
Hermione soupira, elle s'y était attendue.
- Draco...
- Tu ne peux pas. Et tu le sais. C'est du délire ! Cette saleté de Potter et Weasmoche, ils ne se rendent pas compte de ce que cela implique. Ils n'en ont rien à faire de ta santé, ils ne t'ont jamais aidée, et maintenant ils veulent t'embarquer dans un plan foireux qui te mènera à ta perte.
Le blond serra les poings afin de les empêcher de trembler. Il ne parvenait pas à contrôler son impulsivité.
- Je refuse de te laisser partir avec eux. Tu ne pourras pas te soigner convenablement dehors, dans la nature.
Ici ou là-bas, cela ne changeait rien pour la Gryffondor, elle pouvait prendre ses médicaments n'importe où.
Elle ferma les yeux et inspira un grand coup afin de ne pas tomber dans la colère à son tour. Elle devait se montrer ferme mais ne pas être dure pour autant.
Hermione avait toujours eu peur que Draco ne l'abandonne, et c'était elle qui était en train de le faire au final. Elle ne savait pas si elle allait revenir saine et sauve de cette aventure. Le blond avait le droit d'avoir peur.
La jeune sorcière n'aurait pas non plus accepté qu'il parte, elle devait donc se montrer compréhensive.
Toutefois, elle n'avait plus le choix. Cela faisait des mois qu'elle essayait de repousser ce moment fatidique. Désormais, elle ne pouvait plus y échapper.
- Je suis désolée, mais je ne peux pas laisser tomber Harry. Pas maintenant.
Hermione sentit son coeur se déchirer. Elle ne voulait pas faire cela à Draco, au fond d'elle elle mourrait d'envie de rester à ses côtés. Il n'y avait qu'avec lui qu'elle se sentait revivre.
Mais d'un autre côté, la Gryffondor était prête à tout pour son meilleur ami. Depuis leur première année à Poudlard elle l'avait suivi dans toutes ses mésaventures, sans hésiter une seule seconde.
- Alors tu m'abandonnes moi ? Souffla Draco, blessé
Il recula un peu plus, comme pour montrer qu'il refusait d'entendre ce qui allait suivre.
La brune s'en voulut de lui faire tant de peine, il ne le méritait pas. Il souffrait tout autant qu'elle.
- Ce n'est pas ça. Ce voyage est important, on ne pourra pas vaincre Tu-Sais-Qui si nous n'y allons pas. Tu veux le voir tomber toi aussi, alors comprends-moi. Murmura Hermione
Elle était désespérée, tiraillée entre l'envie de rester au château avec Draco et le devoir d'accompagner ses deux meilleurs amis dans cette quête qui pourrait sauver le monde magique.
Le blond détourna le regard. Hermione put voir qu'il serrait sa mâchoire, il éprouvait des difficultés à contenir sa rage.
Elle tenta alors de le rassurer.
- Je reviendrai, je te le promets.
Le mangemort ricana nerveusement.
- Est-ce que tu t'entends parler ? Vous ne savez pas ce qui vous attend dehors. Nott et Parkinson ont quitté Poudlard. Ils ne diront rien, mais ils exécuteront les ordres du Mage Noir. Des mangemorts ont été déployés dans tous les environs, prêts à vous chasser. Il a certainement senti que Potter allait bientôt s'enfuir. Ils vous trouveront et vous enlèveront dès que possible. Tu dois rester ici.
Hermione déglutit, le Serpentard avait probablement raison, après tout il était aux premières loges puisqu'il se faisait encore passer pour un disciple du Lord. Il savait ce qu'il se passait.
Néanmoins, au risque d'énerver Draco encore plus, cela donna une idée à la Gryffondor.
- Mais tu peux nous aider puisque tu as des infos ! Il te suffira de nous dire où se trouve Tu-Sais-Qui, ainsi que les personnes qu'il enverra nous chercher.
Le blond se mit à rire à nouveau, à bout de nerfs. Elle était décidée à partir, et il n'avait pas l'habitude que l'on ne lui obéisse pas.
- Par Merlin, comment ai-je pu craquer pour une fille si bornée ?
Hermione ne put s'empêcher de sourire suite à cette remarque, mais la réalité la ramena presque aussi vite sur terre.
- Il tue des personnes nées-moldues à la chaîne, sans aucune pitié. Le temps est compté avant qu'il ne parvienne à s'en prendre à mes parents. Je dois agir avant qu'il ne soit trop tard. Ce massacre doit s'arrêter, des vies humaines sont en jeu. Je n'en peux plus de voir des familles détruites dans les articles de la Gazette du Sorcier.
Draco ne détacha pas son regard glacial de la lionne. Il comprenait, il était au courant de tout cela et il savait que certains de ses anciens camarades participaient à ces tueries.
Lui-même avait failli y prendre part, mais heureusement il avait ouvert les yeux avant que le mal ne soit fait.
Cependant, il était si énervé en ce moment-même que des mots cruels sortirent de sa bouche. Des mots qu'il ne pensait pas, mais qui avaient fusé dans son cerveau suite à cette dispute et qu'il n'avait pas réussi à retenir.
- Tu as d'autres choses à penser que de sauver ces foutus moldus.
Hermione se pétrifia, ses yeux bruns s'écarquillèrent.
- Je suis moi-même une née-moldue. Comment peux-tu dire cela ?
Draco réalisa aussitôt qu'il venait de commettre une erreur. Il pesta dans sa barbe et se maudit intérieurement.
Cela faisait bien longtemps qu'il ne faisait plus attention à cette histoire de sang, à tel point qu'il en avait oublié que Hermione faisait partie de ce peuple que Voldemort cherchait à exterminer.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je n'arrive pas à contenir ma colère. Granger, ta santé doit passer avant le reste.
La jeune femme remarqua le désespoir du serpent, il ne savait plus quoi dire pour la faire rester. Mais il n'avait pour autant pas le droit de dire de telles choses.
- C'est égoïste de penser ainsi. Je vais mieux, mes médicaments m'aident. Je peux donc me permettre de penser aux autres, et une seule vie ne vaut rien contre les milliers d'autres qui sont actuellement en danger.
Hermione doutait d'elle-même, elle n'était pas persuadée qu'elle tiendrait le coup en partant pour cette chasse aux horcruxes.
Cela lui faisait peur, et elle était à la limite de céder aux supplications de Draco, mais elle ne devait pas flancher. Il fallait aider Harry et toutes ces personnes innocentes qui n'avaient rien demandé.
- Je te le répète, mais je reviendrai. Ma maladie ne pourra pas m'empêcher de réduire Tu-Sais-Qui à néant cette fois-ci.
Le blond ne dit rien, il se contenta d'observer la brune. Il réagit à peine lorsque celle-ci s'avança vers lui et déposa un baiser sur sa joue, avant de vite regarder les alentours pour s'assurer que personne n'avait assisté à cette scène.
Il avait encore les nerfs à vif et il n'arrivait pas à redescendre en pression.
- Je te laisse, Zabini m'attend pour discuter de la ronde de ce soir. Rejoins-moi dans la Salle sur Demande avant le dîner, on discutera de mon départ. Ce sera plus sûr là-bas.
"Départ", ce mot horripilait le Serpentard. Et Hermione se rendit bien compte que le jeune homme était à la limite d'exploser.
Soucieuse, elle lâcha :
- S'il te plaît, ne fais pas de bêtises.
La toisant de haut, le mangemort hocha à peine la tête. Hermione lui lança un regard attristé, puis elle rebroussa chemin vers le château.
Elle espéra, peut-être naïvement, que Draco finirait par accepter sa décision.
Bien évidemment, ce ne fut pas le cas.
Une fois assuré que la brune était hors de son champ de vision, le blond partit dans la direction opposée d'un pas décidé.
La folie avait pris le dessus sur la raison, la haine et la peur affluèrent en même temps, empêchant Draco de mieux coordonner ses pensées.
Ce fut ainsi qu'il se retrouva à chercher Harry Potter.
Il commençait à faire nuit lorsqu'il finit par le trouver non loin de la cabane de Hagrid.
L'Elu traînait, seul, à la lisière de la forêt interdite. Il semblait chercher quelque chose, creusant avec ses mains dans la neige aussi blanche que la lune naissante.
Alors, le Serpentard se rua vers lui et hurla :
- Potter !
Surpris, Harry se retourna vers Draco, prenant soin de cacher un étrange caillou dans sa poche.
La stupéfaction sur le visage de l'Elu laissa vite place à un regard mauvais, et ses sourcils broussailleux se froncèrent.
- Tiens, tu oses enfin me faire face pour la première fois depuis cette nuit où tes amis les mangemorts ont tué Dumbledore. Cracha Harry avec mépris
Le blond décida d'ignorer cette remarque. Il n'avait pas le temps, il devait agir vite s'il voulait empêcher Hermione de partir.
- J'ai deux trois mots à te dire. Expliqua-t-il, le plus calmement possible
- Je n'en ai rien à faire, je n'ai pas à discuter avec un idiot comme toi. Je ne te laisserai pas me piéger, je sais que tu es un de ses plus fidèles partisans.
Le Gryffondor était aussi têtu que sa meilleure amie, Draco dut se contenir pour ne pas lui en retourner une.
- Va te faire voir Malfoy. Ajouta Harry avant de se détourner, se dirigeant à nouveau vers l'entrée de la forêt interdite
- Ah ouais ? C'est ce qu'on va voir.
Draco s'assura que sa baguette était bien dans la poche de sa cape et il rattrapa l'Elu.
Celui-ci se stoppa net lorsqu'il sentit que le mangemort le suivait.
- Tu as problème ? Tu veux fouiner, comme à ton habitude ?
Harry revint vers Draco et il lui fit face. Bien que le Serpentard le dépassait d'une bonne dizaine de centimètres, le garçon aux cheveux de jais ne fut pas intimidé pour autant.
Il n'avait jamais eu peur du jeune Malfoy, et depuis la sixième année il le considérait comme un moins-que-rien.
Harry se pinça les lèvres, attendant que Draco daigne enfin lui répondre. Celui-ci lui lança un regard plus froid que la glace, puis il sortit :
- Nott et Parkinson sont partis et ils ne reviennent pas, tu sais ce que cela veut dire. Vous ne pouvez pas quitter le château, ils vous attendent. Ils sont partout. Mettez un pied dehors et vous êtes foutus.
Le Gryffondor dévisagea le blond. Il ne comprenait pas ce qu'il insinuait.
Il lui fallut quelques secondes pour réaliser ce qui était en train de se passer. Ainsi, son sang ne fit qu'un tour.
- Tu nous as espionnés sale mangemort ! C'est Zabini, n'est-ce pas ? Je savais que Hermione allait tomber dans le piège, il a trouvé un moyen d'épier chacun de ses faits et gestes !
- Qu'est-ce que tu racontes Potter ? Aboya Draco, éberlué par ce qu'il entendait
- Pourquoi me mets-tu en garde ? Tu cherches à te faire passer pour le gentil afin de mieux m'atteindre, comme tu l'as fait avec Dumbledore ? J'espère que Voldemort t'a donné une bonne leçon, tu pleurnichais tellement pour ta vie que Snape a dû le tuer à ta place. Espèce de lâche ! Rugit Harry qui était désormais tout aussi enragé que le Serpentard
Draco avait de plus en plus de mal à garder son calme, il fut alors contraint de cracher le morceau.
- Pauvre abruti. Si Weasley et toi vous souhaitez absolument partir, alors allez-y, tu ne pourras pas me reprocher de ne pas t'avoir prévenu. Mais vous n'emmènerez pas Hermione avec vous.
Harry, dont les yeux prirent l'apparence de deux soucoupes volantes, recula, abasourdi.
Il eut l'impression d'avoir été sonné et crut un instant qu'il était coincé dans un cauchemar.
Ce n'était pas Zabini qui avait rapporté le départ du Trio au blond, mais bel et bien la Gryffondor.
Hermione Granger, la meilleure amie de l'Elu, s'était éprise de Draco Malfoy, l'un de leurs plus grands ennemis.
- Pauvre connard ! Hurla Harry
Il ne perdit pas de temps, il pointa aussitôt sa baguette magique vers le Serpentard. Celui-ci n'eut pas le temps de s'emparer de la sienne, mais grâce à son esprit il réussit à lancer un sort sans avoir à l'utiliser.
Harry fut projeté quelques mètres plus loin, laissant le temps à Draco de dégainer à son tour sa baguette.
- Tu ne peux pas lui infliger ça, elle est malade espèce de taré ! Vociféra le blond, qui était prêt à faire n'importe quoi pour garder Hermione auprès de lui
Le jeune homme, qui était en train de replacer ses lunettes sur son nez, se releva et lança un regard assassin à son rival. Il ne l'avait jamais autant haï qu'en cet instant.
- Expelliarmus !
D'un coup de baguette, Draco repoussa le sort. Toutefois, Harry ne semblait pas en avoir fini avec lui.
- Endoloris !
À nouveau, le blond évita le sort de justesse.
- Je te tuerai ! Je te tuerai pour ce que tu as fait à Dumbledore et pour ce que tu fais subir à Hermione !
Plutôt que de s'enfuir, Draco décida d'en rajouter une couche. Il avait cessé d'être lâche, ce défaut appartenait désormais au passé.
- Qu'importe ce que tu penses Potter, je ne te laisserai pas mettre sa vie en danger.
Harry n'en pouvait plus, il voulait le faire taire.
Ils s'engagèrent alors dans un combat qui semblait interminable. Des sorts fusaient dans tous les sens et pourtant personne ne semblait remarquer ce qu'il se passait.
- Tu te trompes sur toute la ligne, quitte Poudlard et tu sombreras au fond du trou, entraînant le monde magique avec toi.
Draco était désespéré, imaginer Hermione se faire kidnapper par les disciples du Lord le rendait fou.
Cette dernière remarque fut de trop pour l'Elu.
- Venomserpentem !
Cette fois-ci, le Serpentard fut touché en pleine poitrine. Il s'écroula presque aussitôt et son corps se raidit sous la douleur. Le sortilège lui donna l'impression qu'un poison lui parcourait le corps entier.
Il sentait que ses membres brûlaient intérieurement et il crut un instant que l'on lui arrachait les bras et les jambes.
Ce n'était pas aussi puissant que le sortilège Doloris, Draco se rappelait très bien à quel point il avait eu envie de mourir lorsque le Lord lui avait infligé ce sort.
Toutefois, ce que Potter venait de prononcer, le blond n'en avait jamais entendu parler. Et il aurait aimé ne jamais le connaître car la souffrance durait bien plus longtemps que celle provoquée par un Endoloris.
Pas un bruit ne put sortir de sa bouche tant le moindre mouvement le tétanisait de douleur. Il sentit sa peau rougir comme si elle venait d'être brûlée.
Couché dans la neige, le froid ne faisait qu'empirer la souffrance de Draco.
- Tu regretteras tes paroles. Le menaça Harry, avant de l'abandonner sans le considérer une seule seconde de plus
Pendant ce temps, Hermione attendait Draco dans la Salle sur Demande qu'elle avait fait apparaître quelques minutes plus tôt.
Assise sur un long canapé en velours, elle jouait avec les boucles de ses cheveux, perdue dans ses pensées.
Elle se demandait comment la directrice allait réagir lorsqu'elle découvrirait que le Trio s'était enfui. Que penserait-elle de la jeune sorcière ? Elle était tout de même préfète-en-chef, et elle allait manquer à son devoir.
La brune se sentit tout à coup honteuse, voire coupable, mais elle finit par se ressaisir. McGonagall ne pourrait pas leur en vouloir bien longtemps, ils faisaient cela pour les sauver, elle et tous les autres sorciers du monde magique.
Hermione jeta un coup d'oeil à sa montre et réalisa qu'elle attendait Draco depuis près de trente minutes.
- Par la barbe de Merlin ! S'exclama-t-elle
Il ne l'avait pas oubliée, c'était impossible venant du Serpentard.
Il lui avait simplement posé un lapin.
- J'espère qu'il n'est pas parti sans rien dire ! Pesta la brune
D'un geste rageur, elle attrapa sa cape qu'elle avait posée sur une chaise et sortit de la Salle sur Demande.
Les couloirs étaient vides et silencieux. Les occupants du château devaient probablement être en train de prendre leur dîner.
Devant les portes de la Grande Salle, Hermione se fit la plus discrète possible et espionna la table des Serpentards. Zabini était là, et une fille qu'elle identifia comme étant Daphné Greengrass semblait l'importuner. La place de Draco était vide.
La jeune femme pensa alors que le blond avait bel et bien quitté Poudlard.
Toutefois, lorsque les yeux de Hermione glissèrent vers le rang des Gryffondors, elle réalisa que Harry manquait également à l'appel. Ron mangeait avec Dean, Neville et Seamus.
- C'est pas possible... Murmura-t-elle
Draco ne l'avait pas écoutée. Hermione le sentait au fond d'elle.
Sans réfléchir elle se précipita vers la sortie, le souffle court.
Elle fut à peine dehors qu'elle tomba sur Harry.
- Harry ! Où étais-tu ?
Le concerné se contenta de fusiller Hermione du regard, il n'avait pas l'air d'avoir envie de lui parler.
Alors, la brune comprit que quelque chose de grave venait de se produire. Et tout était de sa faute.
Il fallait qu'elle trouve Draco au plus vite.
- Lumos ! Chuchota-t-elle
Sa baguette lui éclaira le chemin et elle se mit ainsi à courir, l'adrénaline prenant le dessus sur sa faiblesse générale. Sans vraiment savoir pourquoi, son instinct la guida vers la forêt interdite.
Ce fut là qu'elle trouva Draco, couché de tout son long sur le dos. Hermione se retint de pousser un cri d'horreur et elle se rua vers le blessé.
Péniblement, le blond tenta de se relever, en vain. Le sort s'était quelque peu dissipé mais la neige l'avait frigorifié.
Lorsque la Gryffondor arriva à ses côtés elle s'agenouilla près de lui.
- Draco, que s'est-il passé ? Qu'as-tu fait ? Questionna-t-elle, complètement paniquée
Elle essayait tant bien que mal de retenir un sanglot et sa gorge se noua. Le voir dans cet état lui était insoutenable.
- Je ne voulais pas... Je ne voulais pas que tu partes Granger. Il sait... pour nous deux. Répondit le Serpentard avec difficulté
Hermione plaqua une main sur sa bouche. Elle comprenait mieux la réaction de Harry quelques minutes plus tôt.
Il allait la tuer, jamais il ne la pardonnerait. La brune se mordit les lèvres afin de contenir ses émotions.
Pour l'heure elle devait d'abord aider Draco.
- Laisse-moi t'aider s'il te plaît. Le supplia-t-elle
Hermione tenta de prendre son bras afin de le remettre sur pied, mais le mangemort se dégagea et fuit le regard de la Gryffondor. Il s'en voulait d'avoir à nouveau agi sous le coup de l'impulsivité.
- Ne t'occupe pas de moi, tu n'as pas à subir mes actes.
- Draco, cesse d'être ainsi ! Je t'emmène à l'infirmerie. Répliqua-t-elle d'un ton ferme
Elle voulut en rajouter, agacée qu'il la rejette, mais elle fut coupée dans son élan.
- Va-t'en Granger !
La sorcière se retourna dans un brusque sursaut et découvrit Zabini. Il l'avait probablement vue devant la Grande Salle et il l'avait suivie.
- Zabini je..
- Ne te mets pas dans le pétrin pour cet imbécile.
Blaise poussa légèrement la préfète-en-chef afin de relever Draco.
Tandis que le jeune homme plaçait le bras de son ami sur ses épaules et encerclait sa taille, il le mit en garde.
- Essaye de te débattre et je t'assomme.
Le blond ne réussit pas à lui répondre, chaque mouvement que Zabini lui faisait faire se révéla être une pure torture. Sans cela, Draco lui aurait déjà dit d'aller se faire voir.
- Il faut l'emmener à l'infirmerie.
- Je ne suis pas idiot Granger. Cesse de faire ta Miss-Je-Sais-Tout et rentre dans le château.
Sur ces dernières paroles ils partirent, s'effaçant dans la pénombre. Hermione resta plantée là, encore déboussolée.
Harry et Draco s'étaient battus à cause d'elle, une fois de plus. L'Elu savait tout et il s'était vengé sur le Serpentard avec cruauté.
Petit à petit, la brune détruisait toutes les personnes qu'elle aimait. Elle avait longtemps pensé que c'était la faute de sa maladie, mais non. C'était elle, le monstre.
Hermione devait aller voir la directrice, et vite. Elle allait arranger tout ce désordre qu'elle avait semé.
Elle se retrouva alors devant le bureau de McGonagall en quelques minutes. Elle sentit un mal de tête arriver et prit aussitôt un médicament afin de ne pas être embêtée. Les heures étaient comptées.
La directrice invita Hermione à rentrer. Son visage strict semblait être dépassé par les événements.
- Ce qui s'est passé est très grave, Miss Granger. Je n'ai jamais vu Madame Pomfresh si désemparée. Nous ne pouvons nous permettre de nous en prendre aux personnes qui servent le Mage Noir. Continuons ainsi et ce que nous craignons tous se produira bien plus tôt que nous le pensons. Le renvoi de Bulstrode et Jones a déjà suffisamment semé la pagaille.
- Zabini et Malfoy ne diront rien. Personne d'autre ne les a vus. Assura Hermione
- J'ose y croire. J'ai remarqué que votre collègue commençait lui aussi à s'éloigner du Mal. Espérons que tout ceci ne soit pas un piège.
- Je sais que cela peut paraître étrange de ma part, Madame la directrice, mais ils sont bien les deux seuls Serpentards en qui nous pouvons avoir confiance. Malfoy vous l'a prouvé. J'en doute parfois, mais je me rends vite compte que nous devrions plutôt nous méfier d'autres élèves.
McGonagall considéra un instant les paroles de la lionne, puis elle changea de sujet.
- Venomserpentem. Potter a utilisé ce sortilège très dévastateur sur Malfoy, j'imagine qu'il l'avait trouvé dans le livre du Prince de Sang-Mêlé. Je ne comprends pas ce qu'il lui a pris, qu'est-ce qui a bien pu le mettre dans une telle colère ? Ce sort peut entraîner de graves séquelles si la personne touchée n'est pas prise en charge à temps. Amputation, coma. Heureusement pour Monsieur Malfoy, son ami l'a emmené à l'infirmerie dans les délais escomptés.
Hermione ferma un instant les yeux, tournant la tête.
Harry s'était pourtant débarrassé du livre, mais il semblait qu'il avait tout retenu. La préfète-en-chef se détestait, l'Elu n'aurait jamais fait une telle chose si elle avait caché son départ à Draco.
Draco. Comme s'il ne souffrait déjà pas assez, il était désormais à l'infirmerie alors qu'il avait simplement voulu les aider. Cela ne pouvait continuer ainsi.
- Malfoy a essayé d'empêcher Harry de quitter le château.
Hermione se tut un instant, perturbée par l'expression du visage de la directrice. Elle avait l'air d'être surprise par ce qu'elle venait d'entendre. Ne s'était-elle donc jamais dit que l'Elu voudrait un jour s'enfuir afin de trouver les derniers horcruxes ?
La jeune sorcière se racla la gorge et continua :
- Harry souhaite partir à la chasse aux horcruxes, dès demain. Ron Weasley et moi-même devons l'accompagner.
Elle avait craqué et tout avoué, au risque d'empêcher Harry de réaliser cette chasse qu'il préparait avec détermination et angoisse depuis des mois.
- Mais c'est de la pure folie ! S'indigna McGonagall, ahurie
Celle-ci se leva de son bureau et se mit à tourner en rond près de la Pensine, une main posée sur son menton.
Immobile et jouant avec ses doigts, Hermione attendit que l'ancienne professeure continue ses sermons.
- Miss Granger enfin ! Vous ne pouvez pas partir. Vous savez tout autant que moi que votre condition ne vous le permet pas.
- Je vais mieux et j'ai mes médicaments... Tenta la brune
- Miss Granger je vous en prie. Je ne peux pas vous laisser. Vous avez besoin d'un suivi régulier. Et puis, il est trop tard désormais. Si Potter venait à sortir hors du château, il se jetterait dans la gueule du loup. Les mangemorts rôdent dans les environs, Pré-au-lard va bientôt être condamné et notre communication avec l'Ordre devient difficile. Les chouettes ne sont plus envisageables depuis bien longtemps. Les temps deviennent de plus en plus sombres. Expliqua la directrice d'un air grave
Hermione était prise de soudaines nausées, ces annonces lui faisaient froid dans le dos.
Elle s'imagina ce qui aurait pu leur arriver s'ils s'étaient enfuis, et elle réalisa au final que Draco avait raison depuis le début.
En pensant au blond, une question lui vint en tête.
- Comment Parkinson et Nott ont-ils pu quitter Poudlard dans ce cas ?
- N'importe qui peut quitter le château, y revenir demeure bien plus difficile cependant. Les membres de l'Ordre, de l'Armée de Dumbledore et Malfoy sont les seuls à connaître le moyen.
Tout ce qu'il avait fait pour le côté du Bien, Draco l'avait expliqué à Hermione.
Cependant, la préfète-en-chef n'avait pas encore obtenu toutes les réponses.
La directrice remarqua son hésitation et ajouta :
- Dumbledore a vu en Malfoy qu'il n'était pas épris du Mal, il croyait simplement en des idéaux que son père lui avait appris. J'ai su ce qui est arrivé à ses parents. Le Mage Noir n'est plus son maître depuis longtemps maintenant. Et comme vous le savez, Snape nous a trahis, il nous fallait donc un nouvel espion.
- Et si Vous-Savez-Qui le force à dévoiler son moyen d'accéder à Poudlard ? S'enquit Hermione
Elle avait peur que la bataille ne commence trop tôt, mais elle craignait également que Draco ne soit à nouveau torturé.
- Voyons Miss Granger, le Mage Noir n'a pas besoin de cela. S'il veut attaquer le château, il l'attaquera. J'ose simplement espérer que Malfoy nous préviendra afin que nous puissions nous préparer.
Hermione acquiesça, honteuse de ne pas y avoir pensé avant de poser cette question qu'elle jugea stupide.
- Je suis navrée mais vous ne pouvez pas partir. Plus maintenant. Potter n'a plus aucune vision de Vous-Savez-Qui, il est imprévisible et donc plus dangereux qu'auparavant. Ne vous en faites pas à propos des derniers horcruxes, nous les trouverons. J'ai confiance en Potter, et nous allons l'aider. L'Ordre du Phénix et l'Armée de Dumbledore sont en train de mettre en place un moyen de communication dans le cas où le Ministère de la Magie venait à sombrer dans les profondeurs du Mal. Vos camarades, Monsieur Thomas, Finnigan et Londubat y travaillent d'arrache-pied avec Miss Tonks et notre cher Kingsley. Nous sommes plus forts qu'eux car nous sommes soudés, n'oubliez pas cela.
La Gryffondor sourit, bien que son ventre la tordait de douleur tant cette discussion l'angoissait.
Comment avait-elle pu croire qu'elle serait capable d'accompagner Harry ? Sa santé ne le lui permettait plus, et si elle souhaitait tenir jusqu'à la bataille, elle se devait de garder le peu de force qu'il lui restait.
- Je vais convoquer Potter, et je vais tout lui expliquer. Vous devez vous reposer Miss Granger. Vous n'êtes que des enfants, Dumbledore et moi-même l'avons trop souvent oublié. Vous vivez des choses terribles pour votre âge et nous vous en demandons tellement, profitez de ces derniers moments de calme. Termina McGonagall, le regard triste et fatigué
Hermione marchait sans vraiment regarder devant elle, plongée dans ses pensées les plus sombres.
Au fond d'elle, elle était soulagée de ne pas avoir à partir demain. Elle n'y aurait pas survécu.
Mais d'un autre côté, elle s'en voulait terriblement car les plans de Harry étaient tombés à l'eau par sa faute. Ajouté à cela le fait qu'il était désormais au courant de sa relation avec le mangemort.
La brune eut envie de pleurer, c'était fini. Elle allait définitivement perdre son meilleur ami, et probablement Ron et Ginny également.
Une fois devant l'infirmerie, elle se précipita à l'intérieur. Le bureau de l'infirmière était plongé dans le noir. Draco se trouvait tout au fond.
Lorsqu'il aperçut Hermione, il se redressa en position assise.
- Tu ne devrais pas venir là. Dit-il avec froideur
La Gryffondor ne daigna même pas l'écouter. Elle ferma les rideaux autour d'eux puis elle lui fit face. Ses cheveux d'un blond presque blanc étaient en bataille et une petite égratignure s'était logée sur sa tempe suite à sa chute.
Cela lui fit tout de drôle que les rôles soient inversés, c'était elle qui était normalement habituée à ce lit dur et froid.
Toutefois, le Serpentard semblait allait mieux et sa peau avait retrouvé sa couleur normale.
Hermione soupira de soulagement, elle avait enfin droit à une bonne nouvelle.
Ressentant le besoin d'être réconfortée, elle s'assit sur le rebord du lit et enfouit délicatement sa tête dans le cou de Draco. Son odeur apaisa aussitôt la lionne.
- Je ne pars plus. Chuchota-t-elle avec une petite voix
Il y eut un silence.
Puis, Draco enroula ses bras autour de la personne la plus précieuse dans sa vie, et il déposa un long baiser sur son front.
oOOo
Le lendemain, Hermione sortit de sa dernière heure de cours très satisfaite d'elle-même car sa professeure d'étude de runes l'avait longuement félicitée pour le devoir qu'elle lui avait rendu.
Draco s'était assez vite remis de sa confrontation avec Harry et il avait quitté l'infirmerie en fin de matinée. Cela avait enlevé un poids sur les épaules de la brune qui s'était énormément inquiétée pour lui.
À présent, elle allait devoir affronter ce qu'elle redoutait tant depuis hier.
Par chance, elle tomba sur Harry qui se baladait près du lac, accompagné de Ron et Ginny. Il leur avait certainement déjà tout raconté.
- Ne flanche pas Hermione. Se murmura-t-elle à elle-même
Elle inspira un grand coup et prit son courage à deux mains. Elle désirait plus que tout arranger la situation et elle refusait de perdre ses amis.
La neige s'était durcie et les bruits de pas de Hermione la trahirent. Les trois Gryffondors l'avaient entendue et ils se retournèrent donc vers elle.
- Que fais-tu là Hermione ? Tu n'as pas honte ? Grogna Harry d'un ton glacial
Hermione haussa les sourcils, décidément cela commençait bien.
- Je voudrais juste vous expliquer pour...
- Un secret de plus que tu comptais nous cacher, n'est-ce pas ? La coupa-t-il brusquement. Eh bien cela s'est retourné contre toi.
Ginny s'avança légèrement, elle semblait vouloir intervenir mais ce ne fut pas le bon moment.
Ron quant à lui n'osait pas regarder la brune tant il était écoeuré de la savoir en couple avec Malfoy. Jamais il ne l'aurait pensée capable d'une telle chose.
- Que voulais-tu que je fasse ? J'avais peur de votre réaction, je savais que vous ne l'accepteriez pas. Répondit Hermione dont le désespoir se faisait entendre dans sa voix
- Pourquoi lui ? Demanda la rouquine sans méchanceté, cherchant simplement à comprendre
- Mais cela ne s'explique pas ! Vous savez bien comment fonctionne l'amour, cela nous tombe dessus sans que l'on ne s'en rende compte.
- De l'amour ? Pour cette saleté de fouine ? J'aurais tout entendu. Lâcha Ron avec un rire nerveux
Même si Hermione les comprenait, leurs réactions lui brisaient le coeur.
Harry essayait de rester calme mais la préfète-en-chef sentait à quel point il bouillonnait intérieurement. Il avait énormément de non-dits sur le coeur et il n'allait pas tarder à les lui balancer à la figure.
- Tu as osé Hermione, tu as osé fricoter avec ce mangemort qui nous méprise depuis la première année, ce monstre qui est le neveu de celle qui a tué mon parrain. La seule figure paternelle qui restait dans ma vie. Je suis persuadé qu'il a même félicité sa tante pour cet exploit. Sirius a souffert tant d'années à Azkaban, à croire que ses meilleurs amis étaient morts par sa faute alors qu'il était innocent. Et toi tu oses te tenir devant moi et me dire que tu es tombée amoureuse d'un partisan du meurtrier de mes parents ?
Des larmes de rage perlaient dans le coin des yeux de Harry. Ginny tenta de le calmer, mais rien n'y fit.
- C'est une honte pour Sirius et mes parents. Et le pire dans tout ça, c'est que tu as couru pour le sauver hier, plutôt que de te soucier de moi. On voit désormais tes priorités. Surenchérit-il
Harry se détourna un instant, fixant le lac.
Il avait difficilement accepté de ne pas partir chercher les horcruxes grâce à McGonagall qui l'avait longuement rassuré, mais il ne parviendrait pas à accepter ce qu'il avait appris sur Hermione. Il ne s'était jamais senti si trahi. Il n'en revenait toujours pas.
Hermione était impuissante. Elle avait le sentiment qu'elle était devenue tout aussi détestable que Voldemort.
Que Harry insinue qu'elle était une honte aux yeux des Potter et de Sirius l'avait blessée au plus haut point. C'était bien plus douloureux que tous les symptômes que sa maladie lui infligeait.
Bien sûr, Ron et Ginny ne lui venaient pas en aide. Ils demeuraient silencieux, mais ils étaient eux aussi déçus de leur amie. Et elle n'arrivait même pas à leur vouloir car leur déception était tout à fait légitime.
- Est-ce qu'il l'a su avant nous, pour ta maladie ?
- Non. Il l'a découvert à notre retour des vacances de Noël.
L'Elu fut un instant soulagé. Il n'aurait pas supporté que Malfoy l'ait appris avant lui.
Ginny décida cependant d'en rajouter, ravivant les tensions.
- Comment as-tu pu changer d'avis à son sujet ? Hermione, il t'a insultée par rapport à ton sang pendant des années. Dès qu'il le pouvait il te descendait plus bas que terre.
- Tu es aveuglée, est-ce ta maladie qui te rend folle ? Il n'a aucun sentiment pour toi, tout ceci n'est qu'un piège. Je te rappelle qu'il est le serviteur de Voldemort !
Harry marqua une courte pause, à bout de nerfs, puis il reprit :
- Je ne te reconnais plus. La Hermione d'autrefois n'aurait jamais ressenti de telles choses pour cet être abominable.
Pour la première fois depuis bien longtemps, la brune craqua. Elle ne voulait pas se montrer faible, mais les paroles de ses amis lui firent tant de mal qu'elle explosa en sanglots devant eux.
- Il était présent quand vous m'avez tourné le dos, voilà tout ! Vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est dur de se sentir seule quand on a une maladie en phase terminale. Il était là quand vous ne l'étiez pas, il m'a aidée dans les pires moments. Le Draco Malfoy que vous connaissiez était un garçon apeuré, qui craignait de décevoir son père s'il n'obéissait plus à ses ordres. Le même schéma s'est répété avec le Mage Noir. Mais ce Draco n'existe plus.
Ron avait relevé les yeux vers Hermione, mais son expression du visage restait indéchiffrable. Harry et Ginny avaient perdu leurs moyens et ne savaient plus comment réagir suite à ce discours.
La réalité se dessinait face à eux et ils se sentirent honteux lorsqu'ils réalisèrent qu'ils n'avaient jamais vraiment été là pour leur meilleure amie.
- Ça fait des mois que vous m'abandonnez.
La voix de la préfète-en-chef s'était brisée lorsqu'elle avait prononcé ce dernier mot.
- C'est... C'est juste qu'on t'en veut... On t'en veut tellement quand tu nous dis que tu ne veux pas te faire soigner. Balbutia Ginny, les lèvres tremblantes
- C'est difficile pour nous d'accepter ta condition. Nous n'arrivons pas à nous dire que tu es condamnée, car tu es toujours là. Tu continues de vivre normalement, ce n'est pas comme si tu étais clouée dans un lit d'hôpital. Admit Harry, qui commençait lui aussi à perdre sa voix tant il était peiné
- Pourquoi ne comprenez-vous pas ? Je peux simplement retarder l'inévitable et apaiser mes douleurs grâce à des médicaments. Et c'est ce que je fais, c'est ce qui me permet d'être toujours là comme tu le dis Harry. Je me bats chaque jour.
Ses amis n'osaient plus répondre.
- Vous pensez toujours à la douleur que cela vous fait de me savoir malade. Mais pensez-vous à la mienne ?
- Je ne m'en suis pas rendu compte... Murmura Harry, la gorge nouée
Il se mit tout à coup à neiger. Hermione avait si froid, son petit nez était devenu tout rouge.
- Je continuerai d'être toujours là pour toi Harry, je ferai tout ce qui est en mon possible pour t'aider. Alors pourquoi me rejettes-tu ? Ma santé et ma vie sentimentale ne changeront rien à notre amitié. Je pourrais tout faire pour toi, et ce depuis la première fois où je t'ai rencontré.
Les yeux verts de l'Elu s'embuèrent.
- Ginny. Je te l'ai déjà dit mais on va se battre, ensemble. Nous vaincrons le Mal et je serai là. Je ne te laisserai pas tomber. Et toi, Ron, rappelle-toi de la sixième année, lorsque tu as enfin compris que tu valais bien plus que ce tu pensais. Tu étais si téméraire, tu fonçais tête baissée même si ce qui te faisait face t'effrayait. Maintenant, lorsqu'il s'agit de me défendre, tu te dégonfles.
- Hermione... Tenta le rouquin, mais elle ne lui laissa pas le temps de répondre
- Vous critiquez Draco, mais il est plus courageux que vous désormais. S'il vous plaît, ne répétez jamais ce que je vais vous dire car il ne souhaite pas que j'en parle, mais si le côté du Bien a réussi à rallier tant de peuples et de créatures à ses côtés, c'est grâce à Draco. C'est lui qui est parti en mission pour les convaincre de se joindre à nous.
Le choc et l'incompréhension pouvaient sur lire sur le visage des trois amis de la Gryffondor.
Harry était abasourdi, toutes ces révélations inattendues lui semblaient surréalistes.
Dans une dernière tentative, Hermione leur fit part d'un appel à l'aide qu'elle avait longtemps gardé enfoui en elle.
- J'ai besoin de vous trois, vous êtes ma famille et je ne m'en sortirai pas sans vous. Lorsque je ne serai plus là ce sera trop tard.
Ginny, qui n'avait pas pu retenir ses larmes, se jeta dans les bras de la malade. La cadette des Weasley se rendait compte à quel point elle avait été horrible avec elle.
Elles restèrent ainsi quelques secondes, profitant de ce doux moment.
Ron, qui prenait lui aussi conscience de son comportement odieux, observa la scène d'un air absent.
Par-dessus l'épaule de la rouquine, Hermione et Harry s'échangèrent un long regard. Un regard rempli de regrets.
Voilà pour ce 19ème chapitre.
Beaucoup de confrontations et de révélations dans ce chapitre n'est-ce pas ? Il était temps que tout soit dit, que les secrets cessent.
Oui, Venomserpentem est un sort que j'ai complète inventé haha, car je ne trouvais aucun sortilège qui me convenait et je ne voulais pas faire un remake de la sixième année avec Sectumsempra !
Qu'en avez-vous pensé ? J'espère que cela vous a plu.
N'hésitez pas à me laisser un commentaire, ça m'encourage beaucoup.
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À très vite pour la suite :-)
