Hello à tous ! Merci de votre patience et de votre confiance (sincèrement, le prélude donnait pas vraiment d'information sur la suite !)... Euuh, par contre vous me donnez de l'avance à la fin... ?
Bonne lecture !
Sous l'œil des étoiles
Les étoiles avaient toujours été les témoins d'innombrables choses au cours des millénaires qu'elles passaient à briller insensiblement à travers la Galaxie. Des guerres et des merveilles. Des horreurs et des miracles. De la haine et de l'amour. De la trahison et de la loyauté. De la lâcheté et du courage… Et encore aujourd'hui, elles assistaient, passives, à une scène qui, en cette période troublée, était monnaie courante lorsque cela impliquait prisonniers et transferts sous haute sécurité.
L'enseigne Adlan Kernod, assigné à bord du Devastator depuis qu'il s'était fièrement engagé dans la marine impériale deux ans plus tôt, n'avait que faire de ces points lumineux piquetant inlassablement l'obscurité dans laquelle il estimait que le glorieux Empire galactique était le maître absolu. Un esprit plus poétique que lui aurait sans doute estimé que les étoiles pouvaient nous voir et nous juger, mais sans jamais intervenir. Mais pour lui, ce n'était que de gigantesques boules de gaz en fusion aidant à vivre ceux que à qui l'Empire accordait sa bonté et sa miséricorde, et rien d'autre. Lorsqu'il était encore petit, sur sa planète natale de Bakura, on lui avait bien sûr raconté des histoires et des légendes sur les étoiles et les milliers de mondes qui existaient, là dehors. Mais le temps et l'entrainement à l'Académie militaire avaient permis au jeune homme de se débarrasser de toutes ces idioties inutiles. Et à présent il était honoré de pouvoir servir son empire à son humble façon. Son dossier était celui d'un jeune officier efficace, promis à un avenir brillant au sein de l'armée de sa Majesté, l'Empereur Palpatine. Il avait immédiatement compris que la meilleure façon de se faire bien voir par ses supérieurs était de ne pas poser de questions et d'obéir aux ordres.. Ainsi, il espérait monter en grade très rapidement, et prouver encore davantage sa loyauté à l'ordre légitime qui gouvernait cette galaxie.
Cependant… Il devait quand même s'avouer que cette mission-ci, quoique pas si différente que d'autres qu'il avait jusque-là accompli, attisait profondément sa curiosité.
Car quelques heures plus tôt, le Devastator avait accueilli un prisonnier un peu particulier.
Ou plutôt une prisonnière.
En se rappelant pourquoi cette femme était justement emprisonnée, Kernod ne put retenir une grimace de dégout. Ces saletés de rebelles n'avaient vraiment rien de mieux à faire que de se dresser contre l'Empire. Ils étaient pires que des parasites, se dissimulant sous les rochers comme les lâches qu'ils étaient pour frapper l'ordre officiel dans le but de l'affaiblir, fragilisant la situation géopolitique galactique et menaçant la vie de centaines de millions de soldats. Leurs victoires, malheureusement, n'étaient pas aussi minables qu'on l'aurait voulu, ce qui forçait l'Empire à prendre des mesures drastiques qui ne devraient pas avoir à être nécessaires pour faire cesser les troubles sur les mondes qui osaient discuter de la suprématie impériale. Pour Kernod, il n'existait qu'une seule sentence possible pour ces traîtres.
La peine capitale.
Sans procès.
Pourtant, les rumeurs sur cette prisonnière rebelle avaient de quoi être troublantes. Elle avait apparemment été transférée de l'Executor, qui se trouvait être le vaisseau du bras droit de l'Empereur, Dark Vador, et devait être emmenée sur la planète Vjun, au Château Bast. Pourtant, Kernod ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi elle n'avait pas été exécutée comme elle aurait dû l'être. Se pouvait-il qu'elle soit un officier de haute importance, porteuse de renseignements sur l'évasive flotte rebelle pouvant aider l'Empire à mettre fin à cette guerre destructrice ? Mais il aurait fallu qu'elle ait déjà été torturée, or, ce n'a apparemment pas été le cas.
Kernod se secoua brusquement en retournant à la vérification des contrôles de la navette dont il était responsable. Cette inconnue était apparemment mêlée à une affaire qui regardait le seigneur Vador lui-même, puisque son ordre de transfert venait de très haut dans la hiérarchie, et ce n'était pas à un jeune enseigne comme Kernod de demander pourquoi le commandant de la flotte impériale n'avait pas cherché à soutirer des informations à la prisonnière.
De toutes façons, si les rumeurs courant sur le Château Bast étaient vraies, Kernod doutait sincèrement que cette rebelle y passe un bon moment… Et Kernod était plus qu'heureux de ne pas être à sa place.
Cette femme allait regretter le jour où elle avait décidé de défier l'Empire.
En attendant, la navette était prête. Le Devastator venait de sortir de vitesse lumière, et il avait eu pour ordre d'être prêt à décoller lorsque ce serait le cas. Il ne restait à présent plus qu'à faire venir la passagère et la navette partirait pour Vjun dans les plus brefs délais. Cette mission, aussi simple puisse-t-elle paraître, serait définitivement un bon point sur son dossier.
Un mouvement dans le hangar attira le regard de Kernod, et il vit les portes principales s'ouvrir dans un chuintement qui, même de là où l'enseigne se trouvait, était audible. Un homme, portant l'insigne de lieutenant, pénétra dans le hangar, suivi par quatre Stormtroopers qui encadraient non pas une femme, comme Kernod s'y attendait, mais une gamine.
Bien sûr, elle était beaucoup plus proche du terme « femme » que de celui d' « enfant », mais elle était quand même vraiment jeune. Kernod ne lui donnait pas plus de vingt ans.
Et à voir son état, il cessa de croire aux rumeurs comme quoi elle n'aurait pas été torturée.
Sa tenue était en mauvais état, mais son visage était celui qui dénonçait le plus le traitement qu'elle avait reçu. Elle avait une coupure sur la joue, et deux bleus violacés qui marquaient sa peau comme des tâches, un sur la tempe, l'autre sur la mâchoire. Celui sur la tempe avait d'ailleurs l'air légèrement ouvert, puisqu'un fin filet de sang avait séché sur le côté de son visage. La façon dont elle marchait dénonçait des douleurs dans le corps entier et ses poignets portaient également la marque de l'hospitalité qu'on lui avait réservé : elle avait, autour des menottes qu'elle portait, une peau tuméfiée et rougie, sans doute à force de tirer pour espérer se débarrasser de ses entraves. Kernod doutait qu'on lui ait retiré les menottes depuis qu'on les lui avait mises, mais il estimait cela normal. Elle n'était qu'une fauteuse de trouble, après tout…
Par contre, une chose le frappa bien plus durement qu'il ne l'aurait cru.
Jusque-là, la prisonnière avait marché la tête légèrement baissée comme si elle se concentrait, de sorte que ses yeux avaient été cachés par un rideau de cheveux noirs échappés d'une tresse à moitié défaite. Mais soudain, la fille releva la tête…
Et planta son regard droit sur la vitre du cockpit de la navette.
Droit sur lui.
Kernod dut se retenir, l'espace d'un instant, pour ne pas reculer. Il devait avouer qu'il ne s'attendait pas à des yeux pareils.
Elle avait les yeux vairons. Le gauche, qui semblait rougi comme si elle l'avait frotté avec sa paume, était d'un gris clair. Un gris peut-être un peu particulier, mais qui n'était pas si unique que ça, sauf peut-être par la clarté de sa couleur. Mais l'autre œil…
Noir. Noir comme une nuit sans lune. Noir comme un gouffre béant, qui paraissait traverser le verre du cockpit pour le traverser de part en part. Combinés, les deux, en fait, semblaient vouloir le transpercer, surtout qu'il pouvait y lire quelque chose de puissant, mais qu'il n'arrivait pas à qualifier. Il sentit un dernier frisson descendre le long de sa colonne vertébrale tandis que l'escorte disparaissait sous le cockpit pour s'engager sur la rampe d'embarquement. Il les entendit s'installer, avant que le lieutenant ne vienne le rejoindre.
- Nous sommes prêts à partir, déclara-t-il en fixant l'extérieur du vaisseau qui s'offrait à sa vue, Départ immédiat. Je veux arriver le plus vite possible sur Vjun pour pouvoir faire mon rapport au seigneur Vador.
- Bien, Lieutenant, s'empressa de répondre Kernod en enclenchant les manœuvres de décollage.
Dans un vrombissement, les moteurs se mirent en marche et la navette démarra son processus d'engagement vers le sas d'ouverture.
- Navette ECC-435 à tour de contrôle. Demande autorisation de décollage pour transfert de prisonnier.
- « Navette ECC-435, ici tour de contrôle », répondit une voix, « Vous êtes autorisés à décoller ».
- Bien reçu, tour de contrôle, répondit Kernod avec un petit sourire satisfait.
Puis la navette jaillit dans l'espace, paraissant presque vouloir se noyer dans l'océan infini d'étoiles. Très vite, le jeune officier impérial enclencha l'ouverture des ailes en triangle du vaisseau, tandis qu'ils s'éloignaient de plus en plus du Destroyer interstellaire.
- Quelle est l'estimation d'arrivée, Enseigne Kernod ? , demanda le lieutenant, qui paraissait visiblement se retenir de soupirer de frustration.
- Arrivée estimée dans 40 minutes, Monsieur, fut la réponse.
Vjun n'était encore qu'une planète grosse comme une phalange, à cette distance, mais le Devastator ne s'était pas approché davantage à cause de la trajectoire utilisée pour l'Hyperespace, qui aurait précipité le vaisseau de guerre droit sur la planète Gala, la voisine fertile de la planète acide qu'était Vjun. Cette voisine en question, semblable en apparence à Naboo ou à l'infortunée Alderaan, occupait déjà une grande partie du cockpit, sa surface bleue vert créant une luminescence éthérée. Mais Kernod ne s'en préoccupait pas énormément. La navette passerait non loin de la planète pour continuer sa route. Gala ne concernait personne parmi ceux qui étaient à bord de cette navette, aujourd'hui, et certainement pas la prisonnière.
- Prévenez moi à l'instant où nous approcherons de l'atmosphère de Vjun. Le Château Bast aura été informé de notre arrivée, mais il faut délivrer un code spécial que je suis le seul à posséder, déclara le lieutenant en fronçant le nez d'un air qui se voulait important.
Kernod répondit d'un simple hochement de tête. Cet officier se prenait quand même bien au sérieux pour un simple lieutenant, juste parce que le seigneur Vador lui avait personnellement assigné une mission. Qu'il attende un peu, et bientôt, ce serait lui, Adlan Kernod, qui recevrait ses ordres du commandant de la flotte impériale en personne. A ça, il ne comptait pas rester un enseigne très longtemps, c'était sûr. On disait Vador prompt à punir l'insolence et l'inefficacité, mais tout aussi attentif aux détails prouvant la valeur d'un officier. L'amiral Firmus Piett, qui commandait l'Executor, était de cette trempe-là.
Et Kernod ferait ses preuves.
Le lieutenant, satisfait que ses ordres aient été entendus, fit demi-tour. La porte du cockpit se referma aussi sèchement que d'habitude, plongeant Kernod dans un silence seulement entrecoupé de légers signaux sonores indiquant que tout allait bien. Le grondement sourd des moteurs était quasi-inaudible, et aurait-il été plus détendu encore qu'il aurait peut-être pu s'assoupir. Le voyage jusqu'à Vjun était loin d'être l'un des plus longs qu'il ait fait jusque-là, mais lorsqu'on était habitué à la vitesse que procurait l'Hyperespace. Le jeune enseigne s'engonça dans son siège pour s'installer plus confortablement, gardant malgré tout un œil sur les contrôles du vaisseau, au cas où un problème surviendrait. Ses pensées dérivèrent une nouvelle fois vers les circonstances de ce transfert. Si la prisonnière devait être emmenée sur Vjun, c'est qu'elle avait une certaine importance aux yeux de l'Empire. Le Château Bast était une forteresse armée jusqu'aux dents, juchée sur ce qui avait autrefois été un mont escarpé, puisque le sol de la planète était constamment rongé par de violentes pluies acides, rendant toute vie naturelle impossible. Le château n'était accessible que par la voie des airs, et plusieurs destroyers impériaux patrouillaient sans relâche au-dessus de l'atmosphère de Vjun, cette dernière étouffée par d'éternels orages et tempêtes.
En fait, maintenant qu'il y pensait… Très peu étaient ceux qui y avaient été envoyés. Et surtout… On ne les revoyait jamais.
… Que pouvait-on faire pour recevoir comme châtiment un aller simple vers ce qui semblait une mort lente et douloureuse ? Bien sur qu'il pensait que tous les rebelles méritaient la mort pour leur insurrection contre l'Empire... Mais qu'avaient-ils pu faire de plus pour recevoir un tel traitement ?
Une nouvelle fois, Kernod dut se remettre les idées en place. Il n'était qu'un enseigne – pour l'instant – et commencer à poser des questions ne feraient qu'attirer sur lui une attention qui n'était pas celle qu'il attendait.
Si seulement cette fichue gamine à l'arrière arrêtait d'attiser sa curiosité ! Il devait se l'avouer, il aurait été tentant, si l'occasion se présentait, d'aller la voir pour la secouer un peu afin qu'elle puisse lui donner les réponses aux questions qu'il se posait. Mais le souvenir vivace du regard qu'elle avait posé directement sur le cockpit comme si elle avait pu voir au travers, à bord du Devastator le freina dans son élan imaginatif. Poussant un soupir, Kernod reporta son regard sur la surface de la planète Gala tout en se frottant la joue d'un air pensif.
S'il fallait sacrifier sa curiosité sur l'autel de la réussite, et bien soit.
Il allait se pencher pour jeter un coup d'œil au niveau de carburant, une habitude qu'il avait acquise avec le temps, lorsqu'un bruit sourd, suivi d'une alarme stridente le fit sursauter et réagir au quart de tour.
Que se passait-il donc !? Il y a quelques instants à peine, tout était parfaitement normal, et il avait fait toutes les vérifications nécessaires et additionnelles avant leur départ ! Kernod fit voler ses mains sur le tableau de bord, tandis qu'une seconde alarme se mettait en marche, le voyant rouge emplissant le cockpit d'une lueur violente et sinistre. Le jeune enseigne se mordit la lèvre inférieure. Ce n'était pas bon…
Qu'est ce qui se passait, enfin ?
Pleinement concentré sur les sonneries qui ne cessaient pas, occupé à tenter de trouver l'origine du problème, il n'entendit que tard le chuintement métallique de la porte qui se refermait après s'être ouverte.
- Que se passe-t-il derrière, lieutenant ? , demanda-t-il sans se retourner, Nous avons pénétré la couche supérieure de l'atmosphère de Gala, les réglages de la nav…
Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, quelque chose vint violemment le frapper à la tempe, l'assommant à moitié. Entre la douleur soudaine qui le laissa sonné plusieurs secondes, le hurlement des alarmes et la lumière rouge aveuglante, Kernod ne put d'abord que sentir qu'on le poussait brusquement sur le côté. Il tomba rudement au sol en lâchant un grognement, ayant l'impression que sa tête servait d'enclume à un marteau. Son regard flou entraperçut une silhouette trop longiligne et fine pour être celle d'un Stormtrooper ou du lieutenant, se pencher sur les commandes en marmonnant quelque chose qui ressemblait à :
- …Ment ça marche, ce truc…
…
C'était elle.
Mais… Comment avait-elle…
Reprenant peu à peu conscience malgré le beuglement assourdissant des alarmes, la navette continuant à perdre de l'altitude, Kernod remarqua qu'elle avait encore ses menottes, mais que ce qu'elle avait utilisé pour le frapper – un tuyau appartenant surement à la navette, avait été délaissé à côté du tableau de bord dont elle pianotait maladroitement les touches. Grimaçant de douleur, Kernod porta la main à sa ceinture et sortit son blaster qu'il pointa sur la fille en se relevant.
- Espèce de sale petite trainée…, cracha-t-il en se tenant au mur, tant il avait l'impression de tanguer.
Il fallait dire qu'elle n'avait pas eu la main légère, sur ce coup-là. Il pouvait sentir le sang couler sur la peau de sa joue et mouiller le col de son uniforme en glissant dans son cou.
La fille fit brusquement volte-face et écarquilla ses yeux étranges, sans doute surprise de le voir debout malgré sa blessure. Kernod sentit un mauvais sourire étirer ses lèvres malgré son mal de crâne atroce. Oh, elle allait payer pour ça…
Il allait ouvrir la bouche lorsqu'il se passa quelque chose qui fit littéralement plonger son estomac dans ses talons.
La navette piqua du nez et prit de la vitesse.
Ses réglages actuels étaient de ceux nécessaires aux déplacements dans l'espace, pas dans une atmosphère avec une gravité, peu importe son intensité. Incapable de voler dans ces conditions, la navette impériale était tout simplement…
En pleine chute libre.
...
...
...
J'avais demandé une avance pour courir ! AAAAAAAAAAAAAAHHHHH !
A bientôt !
Lereniel
