Hello, me revoilà !
Bon, j'ai mis un peu plus longtemps à venir poster. Pardonnez moi ! Je termine justement mon stage en entreprise demain, donc j'aurai sûrement un peu plus de temps pour écrire mes chapitres :))
J'ai hésité pour celui là sur son contenu, mais je me suis dit que ça rentrait dans l'histoire, donc je l'ai laissé tel quel. J'espère juste qu'il vous plaira ;3 Kara est loin d'être sortie de l'auberge, en tout cas. Je suis tellement méchante avec elle !
Playlist (parce que oui, il y en a une ! Si vous voulez lire en écoutant ces musiques, je vous en prie ! Sachez par contre que beaucoup d'entre elles risquent de revenir en boucle) :
- Anakin's dream - deuxième partie (John Williams)
- Inner sanctum (James Newton Howard)
Bonne lecture !
Promenons-nous dans les bois…
Un arbre…
Un autre…
…
Des arbres…
Encore des arbres…
Encore des arbres…
…
Tiens, un arbre !
…
J'ai pas déjà dit qu'il y avait des arbres dans cette forêt ?
J'ai lâché un mugissement de frustration (littéralement !) en me laissant tomber comme une loque contre un… Bin, contre un arbre, hein ! Y'avait que ça sur cette foutue planète, visiblement ! J'en pouvais plus. Ca faisait des heures que je tournais en rond comme dans un manège de Mickey Mouse à deux balles dans cet endroit. Et jusque-là, pas une seule indication me disant si j'allais bien vers « Dowtown Galactica » ou « Intersidéral Town » ! A croire que cette planète était pas habitée, ce qui, vu ma veine de ces derniers temps, était tout à fait possible.
Que dis-je ? Hautement probable !
Etant recherchée par l'Empire, je doute que je m'en serais plainte, sauf peut-être pour trouver un vaisseau et me tailler d'ici. Mais là, j'avais faim, j'avais soif et j'en pouvais plus. Je crois sincèrement que je carburais à l'adrénaline depuis perpette, mais que j'allais bientôt être à sec.
Le seul truc, c'est que j'aimerais bien avoir quitté cette planète avant que ce soit le cas. Sincèrement, ça devait être la seule chose qui pourrait m'aider contre les Stormpingouins, dans mon état...
J'ai donc eu un mal fou à me remettre debout, mais il a bien fallu que je le fasse si je voulais pas me faire ramasser à la petite cuillère…
Et au sens propre, la petite cuillère.
J'ai dû passer encore deux bonnes heures à marcher- pardon, je voulais dire « trainer mes pauvres pieds qui me faisaient de grands gestes très obscènes avec les bras qu'ils n'avaient pas » - mais j'ai quand même dû me rendre à l'évidence : c'était pas ce soir que je trouverai un lit douillet où je pourrais fourrer ma tête sous l'oreiller pour hurler un bon coup et ne plus rien voir de cette foutue galaxie lointaine ! La nuit tombait, et moi, je crois bien que j'allais pas tarder à suivre la cadence. J'en pouvais littéralement plus, et j'ai failli me casser la figure une ou deux fois (bon d'accord, plusieurs fois) tellement j'avais du mal à mettre un pied devant l'autre.
Il fallait que je m'arrête. Que je dorme. Dormir ! Oh oui ! Doux mot magique qui annonçait l'oubli que je voulais tellement ces derniers jours… Le seul problème, c'est que je me sentais malgré tout pas super à l'aise. De là où j'étais, j'arrivais encore à voir la fumée de la navette qui s'était allègrement écrasée quelques heures plus tôt. Bon, c'était plus diffus, d'accord… Mais c'était pas encore assez loin pour moi. Qu'est ce qui me disait que les impériaux allaient pas me tomber dessus comme ils savent si bien le faire pendant que je dors ?
Maiiieuuh, j'avais plus tellement le choix, en fait. Entre la fatigue et la faim, je me suis dit que j'allais pas pouvoir faire grand-chose de plus de toute façon… Alors qu'est-ce que ça changeait ?
OOO
Bon, je sais que je me répète, mais encore une fois, je sais pas comment j'ai réussi à trouver la force de crapahuter dans l'arbre que j'avais choisi comme lit provisoire… Surtout avec les menottes ! Mais vous imaginez ? Déjà que j'étais pas la plus douée avec mes mains libres, mais alors attachées…
Bref ! C'est avec un nid d'oiseau à la place de cheveux tellement y'avait de brindilles là-dedans (en même temps, vu l'état dans lequel ils étaient déjà… Ça allait pas changer grand-chose !) et des égratignures partout que j'ai finalement réussi à me hisser sur une fourche, que j'espérais être assez haute pour éviter les visiteurs intempestifs. Nan parce que je connais pas cette planète, et en plus de ça, y'a des impériaux. Perso, moi, ça me suffit, merci beaucoup !
Alors OK. C'était pas ultra confortable. Mais bon, ça pourrait surement jamais être pire qu'une cellule dans un Destroyer interstellaire, quand même ! J'espérais juste ne pas me casser la figure en dormant, mais j'étais visiblement trop crevée pour m'en soucier bien longtemps, parce que je me suis écroulée comme une masse et je me suis endormie presque immédiatement.
OOO
C'est le gargouillement de l'eau qui m'a fait ouvrir les yeux. Au début, j'ai pas réussi à comprendre ce qui se passait. J'étais dans une salle circulaire au sol décoré de motifs, illuminée par le soleil rentrant à tout va par les larges ouvertures de la pièce, qui donnait sur un balcon. Tout était clair, beau, si je pouvais décrire ça comme ça.
Pur.
Le paysage au-dehors ressemblait à celui d'une carte postale suisse, enfin presque. Nan parce que je doute qu'il y ait des vaisseaux qui vont et viennent entre Lausanne et Genève, d'habitude (m'enfin, on sait jamais…). Les montagnes étaient absolument immenses, du genre à renvoyer se rhabiller fissa le Mont Everest, et dans la plaine, il n'y avait que des champs, des forêts, des fleuves et des lacs. Le soleil était haut dans le ciel, comme en fin de matinée, et aucun nuage n'était en vue.
C'était paisible.
Je me suis approchée et appuyée sur le rebord d'une fenêtre tout en me disant que c'était pas vraiment possible. J'étais… en forme. J'avais plus mal nulle part et j'avais plus l'impression de sortir d'un combat de catch avec le champion du monde de bodybuilding après avoir pris un bain dans les ordures. C'était géant de ressentir ça après avoir passé plusieurs jours à moisir dans une cellule sans savoir ce qui va vraiment se passer plus tard. Pourtant, quand je baissais les yeux, je ne me voyais pas. On aurait dit que j'étais devenu un vrai fantôme ! J'ai même essayé de passer la main à travers mon bras, mais j'ai senti ni l'un, ni l'autre.
Je devrais pourtant être habituée aux trucs complètement fous, dans cet univers, depuis le temps… Pourtant, je sentais la chaleur du soleil sur ma peau, et le vent sur mon visage.
OK, si c'était bizarre, c'était quand même foutrement agréable de se sentir aussi légère ! Et puis tout était si beau…
J'étais tellement occupée à regarder le paysage que j'ai pas tout de suite remarqué que j'étais pas toute seule. A ma décharge, il faut dire que cette personne ne faisait absolument aucun bruit… Et qu'elle était déjà sur le balcon quand je m'en étais rendue compte, ce que je pouvais pas immédiatement voir. Malgré tout, le fait que personne ne m'ait encore dit quoi que ce soit, ou que j'aie pas vu des soldats, gardes ou je sais pas quoi encore débouler ici pour me déclarer gentiment de les suivre en pointant les trucs qui leur servaient d'armes sous mon nez, me disait que soit on m'avait pas encore remarqué non plus.
Soit on pouvait pas me voir.
J'ai attendu quelques minutes avant de lancer un « ého ? » dubitatif, mais la personne a pas bronché.
Donc on me voyait pas et on m'entendait pas non plus.
Qu'est-ce que vous feriez, vous, dans ce cas-là ? Vous resteriez plantés à cette fenêtre alors que la vue est meilleure sur le balcon et que vous emmerdez personne si on peut pas vous percevoir ?
J'ai oublié la fenêtre pour m'avancer sur le balcon… Et je me suis figée, complètement tétanisée.
La personne sur le balcon, c'était une femme.
Elle me tournait presque complètement le dos, et ses cheveux formaient une masse incroyable de boucles noires qui retombaient sur ses épaules. Une de ses mains était posée sur le rebord de la rambarde tandis qu'elle regardait le paysage… Mais sans vraiment le voir.
J'ai essayé de déglutir. J'ai vraiment essayé.
Parce que même si je voyais à peine son visage, je savais déjà de qui il s'agissait.
Kachirii a finalement tourné la tête vers la salle circulaire avec un soupir d'aise et son regard – gris, gris si clair, si simple – m'a transpercé sans me voir. Je me suis senti trembler comme une feuille. J'avais pas froid, pourtant.
J'avais une foutue envie de pleurer.
Ma mère.
Celle qui aurait dû m'élever. Celle qui aurait dû être avec mon père et moi pour me montrer que j'étais pas toute seule dans un monde de fous furieux. Celle qui aurait dû m'aimer.
Celle qu'on m'avait prise.
Elle avait l'air plus jeune que dans les rêves que j'avais fait d'elle avant. Des rêves dont je voulais absolument plus me rappeler tellement ils étaient douloureux. Oui… plus jeune, mais marquée par ce qu'elle avait vécu, parce que l'hologramme que j'avais d'elle et qui ne me quittait pas la montrait moins grave que ça. Mais ça n'avait pas l'air de l'empêcher d'avoir un petit sourire au coin des lèvres, comme si elle était la seule à posséder un secret heureux qu'elle ne divulguerait à personne.
Un secret…
Kachirii a alors déplacé le poids de son corps, et j'ai fini par comprendre ce qui lui donnait ce sourire.
Un petit ventre rond commençait à tendre le tissu de sa tenue, et elle passait de temps à autre une main dessus comme si elle…
Comme si elle…
Je saurais pas vraiment dire ce que j'ai ressenti en voyant ça. J'avais plus que jamais envie de pleurer , mais surtout, j'avais envie de courir brusquement et de la… Ça se tordait comme un serpent, dans mes entrailles, et j'avais l'impression que ma poitrine servait d'enclume à un marteau tellement ça me faisait mal. Le fait que son regard me traverse comme si j'étais rien de plus qu'une foutue miette par terre me faisait également terriblement souffrir, et j'aurais bien hurler jusqu'à m'arracher la gorge si ça lui aurait permis de m'entendre.
Juste une fois.
Kachirii a baissé les yeux vers son ventre en le caressant une nouvelle fois et a murmuré quelque chose à voix si basse que j'ai pas réussi à comprendre ce qu'elle disait. Etant en plus pas douée pour lire sur les lèvres, j'étais vraiment complètement paumée. Puis ses yeux gris (j'avais la même couleur, au moins pour l'un d'entre eux !) sont retournés scruter le paysage, comme si elle cherchait quelque chose sans vraiment y mettre du cœur à l'ouvrage, puisqu'elle semblait si…
Heureuse ?
Oui, elle était heureuse, mais il y avait aussi, visiblement, quelque chose qui ressemblait à de la mélancolie dans son sourire, dans ses fossettes, dans l'éclat de son regard perçant et doux à la fois…
J'ai failli l'appeler, avec un tel degré de désespoir sur le bout de la langue que j'ai cru que j'allais exploser, mais j'ai soudainement vu ma mère se redresser, parce que quelqu'un venait d'entrer dans la pièce. J'ai cligné des yeux sans vraiment comprendre en voyant cet homme au teint mat et aux cheveux et à la barbe noirs. Il était grand, et habillé de façon élégante mais simple. Il a souri à Kachirii avant de se mettre à parler, et c'est là que je me suis rendue compte que mes oreilles allaient très bien…
C'était le son lui-même qui était nul.
Impossible d'entendre quoi que ce soit concernant leur sujet de discussion, même s'il ne fallait pas s'appeler Madame Irma pour comprendre que la conversation tournait autour du ventre rond de ma mère. J'avais les yeux qui piquaient, mais je me suis rendue compte trop tard que de les cligner, c'était la dernière chose à faire. Tout a disparu comme si ça n'avait jamais existé, et je suis sure que j'aurais hurlé de rage et de frustration si ce que j'avais vu ensuite m'avait pas arrêté.
Mes rêves précédents concernant ma mère se terminaient toujours de cette façon : je me retrouvais dans un endroit carrément flippant, où rien ne paraissait avoir de sens. Il n'y avait que des ombres plus noires que noires qui grignotaient les traces claires. A chaque fois, elles se faisaient plus minces, plus effilées, comme des morceaux de papier qu'on déchire très lentement en confettis. Et toujours, j'entendais cette espèce de voix horrible, ni féminine, ni masculine, ni plurielle, ni singulière, qui me hurlait littéralement dans les oreilles le mot « juge ».
Mais cette fois-ci, le blanc avait presque disparu, et j'ai cru que j'allais me noyer dans une mer d'encre tellement j'avais l'impression d'étouffer. Et surtout, quand j'ai entendu la Voix, j'ai été choquée par le changement. Plus de cri, plus de hurlement… Juste un chuchotement, ténu, mince.
« Choisis ».
OOO
En me réveillant en sursaut, je me suis redressée tellement vite que j'ai manqué d'organiser un rancard entre mon crâne et la branche du dessus. J'avais le souffle court et des sueurs froides sur tout le corps. Pas le genre de réveil agréable, donc…
Et en plus de ça, rajoutez les plus belles courbatures de compète de la galaxie et vous aurez ici un exemplaire parfait d'une Kara en fuite.
Ouaaaaiiss… Trop génial.
Plus sérieusement, je crois bien que plus cassée… C'était pas possible. Là, il fallait avouer que je commençais sérieusement à atteindre mes limites. En levant les mains de la branche sur laquelle j'étais cramponnée, j'ai pu voir qu'elles tremblaient de façon complètement incontrôlée. M'enfin, j'aurais pas franchement été capable de dire si c'était à cause de la fatigue et de la faim, ou si c'était à cause du…
Du rêve.
Les rêves comme celui que je venais de faire, je m'en rappelais toujours, comme un film qui passerait en boucle dans ma tête sans rien perdre de sa vivacité. Et c'était quand même foutrement cruel. J'avais les yeux qui piquaient, mais je me suis frottée les paupières avec une frustration qui résumait à peine ce que je ressentais vraiment.
Il fallait que ça s'arrête. J'étais même pas sure d'avoir envie de savoir pourquoi je voyais ma… Kachirii comme ça. Si ça se trouvait, c'était juste un coup tordu de mon esprit désespérément dans le pâté…
Je savais juste pas que qu'il aimait me faire souffrir.
Histoire de me changer les idées qui étaient déjà suffisamment noir cramé comme ça, j'ai penché la tête pour essayer de voir comment j'allais bien pouvoir descendre de mon perchoir. Je devais ressembler à un gros perroquet déplumé, franchement ! Mais rien qu'à voir la hauteur, associée aux douleurs qui me rappelaient constamment que j'étais quand même un peu cassée, je me suis d'un coup sentie encore plus fatiguée que je ne l'étais déjà. En fait, je me suis mordue la lèvre si fort que j'ai cru que j'allais me faire saigner, ce qui était actuellement parfaitement inutile…
Je voyais juste pas comment j'allais réussir à descendre dans mon état.
Je sais qu'il fallait pas que je me laisse abattre comme ça, mais c'était plus fort que moi. J'ai commencé à perdre courage. J'avais juste envie de rester là, perchée, mais en sécurité…
Crac.
Je me suis figée d'un seul coup, les rares muscles qui étaient pas encore raides pétrifiés plus efficacement que si j'avais fait un examen ophtalmologique à Méduse. Et pour cause…
C'était pas des zentils pitits animaux que je pouvais voir venir vers mon arbre attitré.
A moins que les animaux de cette planète s'amusent à se déguiser en Stormtroopers.
Cliffhanger ! Je suis pas méchante qu'avec Kara, je crois... Nan nan, pas taper ! Aïe !
Bon, pas mon plus long chapitre, mais n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :)
Pour la playlist, si vous trouvez qu'une chanson ou un musique correspond bien au chapitre, envoyez moi le titre ! Je voudrais me faire un avis dessus ;)
La suite arrivera bientôt (j'espère !) mais comme j'aurai le décalage horaire, mes nuits risquent d'être productives... B3
A bientôt !
Lereniel.
