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Vous me détestez ?

Je suis tellement désolée pour mon retard, une fois de plus, mais il s'est passé tellement de choses ! Entre la rentrée, l'Erasmus, la fin des vacances, l'absence d'internet, la réécriture du script de l'histoire, la découverte de cette perle qu'est le film "Strange Magic" qui est aussi de Papa Lucas, j'ai eu beaucoup, BEAUCOUP de choses à faire... Bref ! Je vous ai pas oublié malgré tout, la preuve ! Oh tiens ! Un chapitre ! *s'enfuit en courant sous un jet de tomates pourries et marinées dans l'huile de foie de morue*

Bonne lecture !


Mission : IMPOSSIBLE !

Je crois sincèrement que j'ai jamais retenu ma respiration aussi longtemps. Du genre à pouvoir participer aux compétitions olympiques d'apnée, j'vous jure ! Bon, mon but ultime, surtout, c'était de pas faire le moindre petit bruit idiot qui pourrait tout aussi débilement trahir ma présence, et dans des cas comme ça… On a souvent l'impression que respirer simplement fait partie de ces « petits bruits idiots ».

Aussi, je me retrouvais dans un arbre, à jouer à dada sur mon bidet sur une branche tandis que des Stormtroopers jouaient juste en dessous à la classe verte, et j'espérais juste qu'ils auraient pas une envie pressante d'étudier les mœurs des oiseaux en levant le nez vers les cimes des arbres.

Bon, observer les mœurs des oiseaux… Ou avoir des besoins plus humains… NAN ! J'ai rien dit, Lereniel !

Mais bon, pour une fois, il semblait que j'avais de la chance. Les deux zozos en bas étaient occupés à scruter les environs à travers leur masque qui était franchement un handicap (on m'en avait fait essayer un, une fois. Autant vous dire que j'ai pas vu le poteau…), et je pouvais entendre au loin un son qui m'a certainement pas rassuré.

Le sifflement d'un chasseur TIE en rase-motte.

Comment est-ce que j'avais bien pu être aussi cruche pour penser faire dodo alors qu'ils allaient forcément envoyer la cavalerie en voyant que la navette était pas arrivée à destination ? C'était pourtant l'un des rares cas de figures que j'avais retenu pendant ces foutus entrainements qu'on avait dû passer avant d'entrer officiellement dans les ordres mystiques des forces rebelles ! T'es tout seul, les impériaux vont en profiter. Et ça, c'était dans le cas d'un simple agent rebelle perdu en territoire ennemi. Alors pour moi…

Y'en avait un qui devait sans doute pas être content.

Du tout.

- T'as pu voir ce qui restait de la carcasse ? , a demandé l'un des pingouins en interrompant mes tergiversions intemporelles sur l'art et la manière d'être glorieusement idiote.

- Non, mais un de mes potes m'a dit que c'était pas beau à voir. Des morceaux éparpillés absolument partout ! Sans compter la rebelle, il n'y a apparemment que deux survivants, si on peut dire ça comme ça. Je crois que l'armée, c'est fini pour eux, si tu veux mon avis.

- Tu crois que c'est elle qui a fait ça ?

- Faudra lui demander quand on la retrouvera.

- Si on la retrouve…

Pingouin numéro 2 se tourna vers Pingouin numéro 1, son blaster retombant le long de son flanc comme si ses bras étaient prêts à tomber.

- Elle est seule, dans une forêt, sans ses petits copains traitres pour l'aider à sortir de là et avec un blocus impérial qui est en train d'être mis en place. On est en train de ratisser la région et tu dis qu'on la retrouvera pas ?

- J'ai pas dit ça ! , a protesté l'impérial, Mais elle est pire qu'une anguille de Kamino ! Ça fait 8 heures qu'on fouille cette fichue forêt et pour l'instant, rien !

- C'est qu'une question de temps avant qu'on lui remette la main dessus. Et là, elle pourra profiter de tout le « confort » d'une geôle impériale…

- Ouais, enfin, elle devait être en route pour Vjun, apparemment…

J'ai pas entendu plus de leur merveilleuse discussion parce qu'ils sont partis continuer leur classe verte ailleurs, mais ça m'avait suffi. J'ai pas osé bouger jusqu'à ce que le bordel qu'ils faisaient se soit arrêté avant de soupirer comme un éléphant à qui on vient de déboucher la trompe. Ils étaient abrutis ou on leur enseignait à ne pas lever le nez en l'air quand ils fouillaient une forêt à la recherche d'un prisonnier évadé ? Bon, je pouvais malgré tout que dire merci à la quelconque divinité supérieure qui avait cru bon de ne pas leur donner cette idée là au moins quand ils étaient passés sous mon arbre, parce que la balade aurait été rapidement terminée… Mais ça m'avait quand même remis les idées en place.

Et je voulais rester planquée là-haut jusqu'à ce que mort s'ensuive ! Mais ça allait pas bien chez moi…

En fait, techniquement, non, ça allait pas bien. Pas quand on était ébranlée physiquement et mentalement au point que je savais toujours pas si j'avais gardé un semblant de bon sens. Mais je pouvais pas rester ici. Ça aurait été signer mon arrêt de mort, surtout si je me laissais aller maintenant. A présent, la seule chose que je savais et que je voulais, et tout de suite, c'était trouver un moyen de partir d'ici.

Et vite si j'en croyais ce que les deux zigotos venaient de me sortir à leur insu.

OOO

Je sais toujours pas comment j'ai réussi à descendre de mon perchoir, de plus sans attirer les joyeux lurons qui se promenaient dans les bois à ma recherche, mais je suis repartie dans mon errance éternelle en évitant toutefois de suivre les deux crétins qui m'avaient manqué de peu. Maintenant que je savais que des Stormtroopers avaient été lâchés dans la forêt pour me pister, je sursautais comme une puce dès qu'une brindille craquait et me faisait aussi riquiqui que possible. Quant aux clairières, je les évitais. La première fois, j'avais été à deux doigts de me faire voir par un chasseur TIE, ce qui m'avait forcé à littéralement reculer sur les fesses pour retourner me mettre à l'abri sous les arbres. Depuis, je préférais largement faire le tour plutôt que me mettre à découvert. Et je pense pas que vous m'en voudrez…

Mais au bout d'un moment, j'ai bien dû me rendre à l'évidence : il y avait de plus en plus de monde dans cette foutue forêt. J'ai commencé à entendre des appels autoritaires, surement de sergents ou des gugusses en gris du genre lieutenants, et des réponses plus ou moins lointaines. J'ai aussi vraiment commencé à croiser des pingouins, qui se promenaient en groupe de trois ou quatre et scrutaient les bois comme s'ils s'attendaient à me voir sortir de là en hurlant à la mort, un nid d'oiseau coincé dans les cheveux et des branches mortes dans le décolleté. Perdu ! Le plus souvent, c'était dans les buissons touffus et piquants qui par miracle poussaient un peu partout qu'il aurait fallu regarder. Enfin, même si j'étais foutrement contente de les avoir, les feuilles piquaient plus que le houx, et je devais souvent me mordre la main pour ne pas pousser un juron qui aurait rapidement mis fin à ma flamboyante carrière d'adepte de la fuite parce que ces foutues feuilles me piquaient partout. Et quand c'était pas les buissons, j'avais pas d'autre choix que d'utiliser les troncs, heureusement assez larges, des arbres, pour jouer à ce truc de cache-cache idiot qu'ils font dans les films, en se déplaçant à mesure que les autres avancent. J'aimais pas ça du tout ! En fait, toute cette situation… Non, toute cette histoire et cette galaxie me prenaient carrément la tête. Mais comme j'avais visiblement pas le droit de l'ouvrir…

J'ai dû mettre plusieurs heures à réussir à sortir de cette forêt.

Pour me figer complètement.

Je vous explique : la forêt s'était enfin terminée et là, miracle des miracles, j'ai pu voir une ville.

Une ville, punaise !

Bon, OK, une petite ville, mais la civilisation, quand même !

Mais, parce qu'évidemment il y avait un « mais »… Deux choses :

1. La limite, le no man's land, entre cette Arcadie* des Arcadies et la forêt était tout simplement peuplée par ces créatures particulièrement néfastes et invasives qu'on appelle communément les impériaux, 'vec leurs speeders impériaux, leurs joujous qui font bobo et tout et tout.

2. Entre cette Arcadie des Arcadies et moi… Il y avait aussi un champ.

Un grand champ, hein ! Avec des hautes herbes d'un vert qui tirait presque sur le bleu… Mais un champ quand même.

Je fais comment pour passer incognito, moi !?

Toute à ma contemplation envieuse, j'ai dû carrément me laisser tomber dans les hautes herbes en retenant un petit couinement de souris quand un speeder est passé tout près de ma position. Le nez chatouillé par les plantes qui me donnaient envie d'éternuer, je me suis aplatie autant que possible en attendant qu'ils passent, avant de devoir rouler comme l'aurait fait un saucisson sur une table quand une patrouille est arrivée dans mon dos, depuis la forêt. Je vous rappelle que j'avais toujours pas réussi à enlever ces foutues menottes. J'allais mal finir, je vous jure !

… Quoique… A tout prendre, il valait peut-être mieux que je continue comme ça. En soufflant comme un bœuf, j'ai réussi à me tortiller pour me remettre sur le ventre comme un gros asticot aux cheveux en pétard et me redresser sur mes genoux abimés. Bizarrement (ou miraculeusement, on peut dire les deux), les impériaux avaient pas remarqué mon manège. Mais j'avais pas été discrète, discrète, quand même ! Je sais bien qu'ils étaient pas des lumières, mais là…

En fait, c'est en levant la tête avec toute la discrétion dont j'étais capable que j'ai compris pourquoi j'avais pas encore un pingouin qui faisait à dada sur mon bidet sur mon dos. Tellement persuadés qu'ils me coinceraient dans la forêt, les impériaux, du moins la grande majorité d'entre eux, me tournaient carrément le dos en attendant visiblement que je sorte du bois comme l'aurait fait la terrible Bête du Gévaudan de je-sais-pas-sur-quelle-planète-j'ai-atterri-mais-à-cet-instant-précis-j'en-ai-rien-à-foutre.

J'ai pas réfléchi. J'ai tourné la tête pour reporter mon attention sur la ville. Ce que j'allais faire était sans doute l'idée la plus débile que j'aie jamais pu avoir (et j'en ai eu beaucoup…), mais au point où j'en étais, j'allais pas faire dans la dentelle. J'ai juste vérifié la direction de la ville, avant de me remettre à ramper le plus vite possible. C'était maintenant ou jamais, et pas le temps de faire dans la dentelle !

J'ai eu de la chance pendant la première partie de l'épreuve, me contentant de me redresser pour un faire un petit bond idiot pour être sure que j'allais toujours dans la bonne direction ou que j'allais pas foncer dans un soldat, puisque c'était en général ma spécialité… Mais pour une fois, ça s'est… plutôt bien passé.

Enfin, la première partie.

J'avais mal aux coudes et mes genoux me faisaient clairement comprendre qu'ils allaient pas supporter ce traitement de choc encore très longtemps. Mais même si j'avais l'impression que mon cou allait se casser en deux n'importe quand, je pouvais pas m'arrêter. Vous savez, cette sensation qui vous pousse toujours plus loin parce que vous savez que si vous faites une pause, ne serait-ce qu'un instant, vous avez perdu ? Bin là, c'était exactement ça.

Surtout que, comme je l'ai dit, ça s'est corsé sur la fin.

J'étais tellement concentrée sur le fait de ramper sur la dernière ligne droite que j'ai pas fait attention à un détail en particulier.

Si l'herbe était franchement haute vers la forêt et le milieu du champ, elle l'était beaucoup moins près de la ville.

Je pouvais déjà voir les premiers immeubles qui se dressaient là comme si quelqu'un s'était tout simplement éclaté à les planter à même le sol sans aucune frontière entre l'urbain et le naturel quand un tir de blaster m'a brusquement raté de peu. J'ai sursauté tellement fort que mon corps a décollé du sol l'espace d'une fraction de seconde avant que j'arrive à me retourner. C'est là que je me suis rendue compte que ramper, c'est bien quand ça sert à te cacher à la vue des autres, donc dans un environnement propice.

Environnement que j'avais quitté depuis au moins cinq mètres.

Mais quelle crétine !

Le pingouin qui avait tiré avait déjà rameuté ses copains casqués et ils se sont tous mis à courir à travers le champ que j'avais mis quinze plombes à traverser sur le ventre, tout en criant des trucs auxquels j'ai sincèrement pas fait attention. Pourquoi ? Oh, peut-être parce que j'avais autre chose à faire.

Comme me bouger les fesses, par exemple.

J'ai failli me casser la figure dans la poussière qui avait remplacé le champ en me remettant debout et je suis partie à fond la caisse sans me soucier de ce qui pouvait se trouver devant moi, tant que ça n'avait pas de blaster réglé sur « tuer » ou « paralyser ». Parce que c'était bien les anneaux bleus que je voyais fuser autour de moi, maintenant que ces excités de la gâchette dans mon dos avaient visiblement reçu l'ordre de ne pas tirer pour tuer. Mais à tout prendre, je préférais ni l'un, ni l'autre ! En plus, les tirs paralysants étaient plus difficiles à éviter que les tirs normaux.

Bien plus difficiles.

J'ai lâché un cri de surprise en sentant mon bras droit, de mon épaule jusqu'à mes doigts, devenir aussi insensibles que s'il avait été anesthésié. Vous me direz, c'était pas loin du compte, après tout… Mais un tir plus précis, et j'étais foutue ! J'ai bousculé les passants, en majorité humains, visiblement, qui s'écartaient avec des cris de surprise en voyant la fille débraillée, au visage égratigné et aux cheveux hirsutes que j'étais devenue, talonnée par des pingouins de l'Empire à chaque coin de rue un peu plus nombreux qu'avant. Sauf que cette course poursuite infernale commençait sérieusement à me faire paniquer. J'étais déjà pas endurante, et dans l'état où j'étais à cause de l'hospitalité impériale, j'allais plus pouvoir tenir très longtemps.

Il me fallait une planque.

Et vite.

La respiration sifflante, j'ai profité d'un virage vers l'inconnu en espérant avoir suffisamment d'avance sur les Stormtroopers qui me tiraient toujours allègrement dessus pour pouvoir trouver un endroit plus fiable que ces rues dégagées à ciel ouvert. Je me doutais bien que c'était risqué comme idée. Combien de fois est-ce que Teran et moi, on avait failli se faire avoir parce que les ruelles plus petites et plus sombres peuvent devenir de vrais pièges à rat ? Mais quand on se débrouillait suffisamment bien, les pièges à rat pouvaient devenir des abris temporaires…

J'avais plus qu'à espérer un miracle. Je pouvais rien faire de plus dans mon état.

C'est pourquoi j'ai littéralement sauté sur le côté en avisant une ruelle qui ressemblait foutrement plus à un coupe-gorge qu'à autre chose, bourrée jusqu'à la glotte d'ordures et autre containers. L'odeur aurait fait vomir Palpatine lui-même, mais au point où j'en étais…

Je préférais largement les ordures aux tortures.


* : Pour celles et ceux qui l'ignorent, l'Arcadie, région grecque, aurait été dans les arts et la littérature un lieu idyllique et paradisiaque, incarnation d'un âge d'or où l'homme aurait vécu en communion constante avec la nature qui l'environnait. Le peinte Nicolas Poussin a réalisé un (bon d'accord, deux !) tableau magnifique appelé « Et in Arcadia Ego » ou plus communément « les bergers d'Arcadie ». Petit point culture gé qui sert à rien, mais ça m'amusait de faire faire à Kara une comparaison entre une simple petite ville et ce qui était décrit comme un paradis terrestre. Quand je dis qu'elle perd la boule…

Voilà, donc... Petit cadeau pour me faire pardonner !

La suite bientôt !

Lereniel