Je suis telleeeeeeeemeeennt désolée pour cette absence, mais la vie m'a tiré par le fond du pantalon et disons que le temps a passé et... OK, j'ai pas vraiment d'excuses, si ce n'est le boulot et le syndrome de la page blanche, ainsi que le fait que j'aie été assez obsédée par la série excellentissime qu'est Jessica Jones. Allez la voir, c'est BIEN ! :D

Bref ! Je suis pas satisfaite de ce chapitre, qui ne s'est pas développé comme je l'avais prévu, mais il introduit un personnage qui m'a tenu à coeur. Je vous en dis pas plus ! Mais comme on est le 16 décembre, jour de la sortie de Star Wars VII (je suis complètement débile à ce propos depuis le début du mois...), je me suis dit que pour me faire pardonner, un nouveau chapitre ne serait pas de trop...

Bonne lecture !


Perduuuue dans la ville !

Je suis restée presque une heure le nez plongé dans un ensemble assez agréable consistant en un mélange de poisson pourri, de papier hygiénique et de vinaigre de riz (enfin, c'est l'impression que ça m'a donné. J'avais pour l'instant rien trouvé qui ressemble de près ou de loin à du riz dans cette galaxie…). Heureusement que j'avais l'estomac vide, d'ailleurs, sinon on aurait pu rajouter « vomi » aux échantillons olfactifs disponibles…

Mais les Stormtroopers sont passés sans se préoccuper de la ruelle.

J'allais pas me demander s'ils étaient encore plus pointilleux que moi à propos de l'odeur, j'étais déjà bien assez contente qu'ils aient pas regardé les poubelles de plus près. Mais je suis quand même restée encore. Dès que j'ai été certaine qu'ils reviendraient pas tout de suite par ici, je me suis tortillée pour sortir mes fesses du tas d'ordures, le cœur malgré tout au bord des lèvres. J'étais assez contente de pas avoir de miroir, là, tout de suite, parce que je suis sûre que je devais sûrement ressembler au mauvais côté d'un balai à chiottes. Je me sentais collante, moite et couverte d'un truc huileux qui donnait absolument pas envie. Quant à mes cheveux… En fait, je voulais rien savoir.

Tout ce que je savais, c'était que j'étais certainement pas sortie de l'auberge.

J'avais voulu atteindre une ville et j'avais réussi. Mais j'avais aussi voulu atteindre une ville sans me faire remarquer, et ça, c'était foutrement raté. D'habitude, ces crétins en armure étaient bêtes comme leurs pieds, mais là, il avait évidemment fallu que je tombe sur le type du bataillon un chouia plus intelligent que la moyenne impériale. A moins que ce ne soit le destin qui lui ai murmuré à l'oreille de se retourner au moment où je jouais à Véronique le ver de terre dans le champ…

J'ai poussé un soupir en m'appuyant contre le mur noirci par les cochonneries de la ruelle qui devaient s'entasser là depuis les débuts de l'Ancienne République (environ 4000 avant notre ère…). Je pouvais pas faiblir maintenant. Il fallait que je trouve un vaisseau. C'était la seule chose à faire pour l'instant. Je voulais pas me concentrer sur comment j'allais pouvoir passer le blocus qu'ils avaient sûrement déjà fini d'installer en orbite. Mes péripéties en solo était déjà complètement débiles à la base, si en plus je commençais à m'inquiéter de m'enfuir de la ville avant d'avoir trouvé un moyen de transport, on était encore là dans trois siècles.

Ou dans une geôle en quelques heures.

Merde.

J'ai boitillé jusqu'à la sortie de la ruelle. Je m'étais tordue la cheville comme l'abrutie que je suis en plongeant joyeusement dans les ordures, et c'est maintenant que je m'en rendais compte. Rajoutez le manque d'endurance et la fatigue par-dessus, vous pouvez être sûrs d'un seul truc maintenant :

Ils me voient, je suis foutue. Je pouvais plus courir dans mon état.

L'agitation s'était un peu calmée, avec le soir qui tombait, mais les rares personnes qui restaient n'ont même pas fait attention à moi quand j'ai sorti la tête pour regarder à droite et à gauche. J'ai tâché de cacher mes menottes avec mes manches le plus possible avant de boiter contre le mur à ma droite, cherchant frénétiquement des yeux l'endroit du spatioport. Maintenant qu'ils savaient que j'avais quitté la forêt, les impériaux avaient fait sortir les bipodes qui passaient des faisceaux dans les rues pour scruter les passants en faisant un bruit d'enfer quand ils avançaient. Et si les bipodes étaient de sortie, les pingouins étaient jamais loin. Ça ne s'arrêterait pas jusqu'à ce que le chat attrape la souris ou que la souris face un geste explicatif au matou avant de s'enfuir.

Mais la souris était à bout.

Je me suis faite toute petite dans l'encadrement d'une porte pour éviter un faisceau lumineux qui est vraiment passé trop près à mon gout, avant de repartir de plus belle, essayant de pas me faire remarquer. Mais bientôt, j'ai dû me rendre à l'évidence que j'étais quasiment seule dans les rues.

Ça pouvait dire qu'une seule chose.

Un couvre-feu.

Je me suis mordue la lèvre. Pas bon, pas bon, pas bon ! J'aurais dû m'en rendre compte plus tôt ! Après tout, le couvre-feu est l'un des meilleurs moyens pour débusquer quelqu'un en fuite !

… Et regardez-moi ! Je pense comme un militaire, maintenant.

Il fallait arrêter les frais.

OOO

La nuit était tombée depuis longtemps quand j'ai réussi à atteindre le quartier du spatioport. Enfin, si on pouvait appeler ça un spatioport. Nan, parce que c'était peut-être une ville, mais j'étais pas sure que ça s'appelait « intergalactic New-York »… Bref ! Là, il y avait vraiment plus personne à cause du couvre-feu, à part des pingouins et leurs bipodes de compagnie, que j'avais certainement pas envie de croiser, même si ça avait encore failli arriver plusieurs fois.

Je me suis laissée tomber contre une porte fermée en soufflant. Je crois bien que c'était la fin. Là, je pouvais plus rien faire. En plus, le fait de me retrouver toute seule dans un endroit qui était censé être plein de monde (oui, même si on était au milieu de la nuit, ou à la fin, enfin, je sais plus…) me pesait plus que je voulais bien le laisser croire. Je sais, c'était idiot, mais pour une fois, voir quelqu'un qui ne soit pas un pingouin ou une grenouille à l'uniforme affreux m'aurait fait plaisir…

Ha ha ha.

Mon monde était devenu un vrai cauchemar depuis Bespin… Nan, depuis que j'avais accepté de rester dans cette foutue Rébellion… NAN ! Depuis que j'étais arrivée dans cet univers de fous furieux ! J'avais pesté, j'avais râlé, crié, hurlé, tapé du pied, emmerdé le plus de monde possible, chialé, merdé… Pour, au final, terminer dans une cellule impériale jusqu'à ce que je devienne complètement barge ? D'ailleurs, vous savez quoi ? Peut-être que j'étais barge depuis le début, et que tout ça, c'était dans ma tête. Ça semblait logique, nan ? Je veux dire, Star Wars était rien qu'une foutue histoire où les gens agitaient des suppositoires géants lumineux au nez de leur adversaire, où les casseroles à réacteurs volaient et où tout le monde changeait de planète comme je change de chemise ! Comment voulez-vous prendre ça pour autre chose que les délires d'une fille complètement gaga quand tu sais que tout ça est d'abord né de l'imagination d'un barbu à lunettes. Alors quoi ? Ça voulait dire que moi aussi, j'étais née de l'imagination d'une personne ? Que j'étais pas réelle ? Parce qu'apparemment, si je venais bien de cet univers comme un certain Jedi mythomane qui brille dans le noir me l'avait dit, j'étais née sur l'une de ces planètes…

J'ai dû fermer les yeux et serrer les poings contre mon visage sous le nouveau pic de douleur provoqué par ma migraine. Cette dernière m'avait jamais vraiment quittée, ces temps-ci… Peut-être qu'elle était là, ma preuve comme quoi tout ça n'existait que dans ma tête de nœud, que mon cerveau était en train de bouillir lentement sous la folie…

… En fait, je crois que j'étais déjà devenue folle, parce que j'entendais quelqu'un frapper à la porte dans mon dos.

J'ai sursauté comme si quelque chose m'avait piqué quand j'ai senti le sas coulisser avec un chuintement aigu. La ruelle était plutôt étroite, ce qui fait que mon action de me coller contre le mur opposé en regardant ce qui allait sortir de derrière la porte qui venait de s'ouvrir était pas la meilleure idée du siècle. Sincèrement, il suffisait de faire deux pas dehors pour toucher le mur auquel j'étais actuellement en train de faire un câlin. Dans la merde noire, je vous dis !

Pas de lumière à l'intérieur, mais malgré mon envie d'aller me mettre à l'abri fissa, j'ai pas foncé. En fait, si j'avais pu me dématérialiser pour me fondre dans le mur aussi noirâtre que les autres, je l'aurais fait. J'avais peut-être pas regardé beaucoup de films d'horreur, mais y'avait quand même pas marqué « bécasse » sur mon front !

… Si ?

Et puis même sans avoir regardé de films d'horreur, j'étais traquée comme un lapin par des pingouins de l'espace sur une planète qui aurait ravi tous les bovidés de la Terre tellement il y avait d'herbe et de champs. Vous croyez que c'était le moment de faire confiance aux autochtones ?

Puis j'ai vu une main sortir de l'obscurité.

Qui me faisait un signe distinctif.

Du genre « vite, vite ! ».

J'ai plissé les yeux. Les doigts avaient un aspect un peu rondouillard, au bout pointu, avec une peau épaisse. Cinq doigt d'accord… mais définitivement pas humains.

L'inconnu a dû sentir que j'étais pas franchement prête à faire le premier pas, parce qu'une voix s'est ajoutée à la main :

- Venez, vite ! La prochaine patrouille va passer d'un moment à l'autre !

J'ai pas bougé tout de suite, même si le fait de savoir qu'un troupeau de pingouins en approche était sur le point de me tomber dessus m'a un peu crispée. Finalement, il a quand même fallu que je prenne une décision. Priant je-sais-pas-qui-et-pour-le-moment-j'espérais-que-ça-suffirait, je me suis avancée jusqu'à passer l'entrée, qui s'est immédiatement refermée dans mon dos, nous plongeant dans le noir.

Pas pour très longtemps, cependant.

Une lumière est apparue quelques secondes après, me permettant d'enfin voir celui qui avait décidé de risquer sa peau pour me sortir de ce merdier de façon temporaire et pour je ne sais quelle raison. J'ai cligné des yeux tant à cause de l'afflux brutal de lumière qu'à cause de celui qui se tenait devant moi.

Je dois l'avouer, l'un des trucs auquel j'avais toujours pas vraiment réussi à m'habituer, dans cet univers, c'était la diversité d'espèces qu'on pouvait trouver en voyageant dans cette galaxie. Pourtant, en trois ans de participation active à la Rébellion, j'en avais vu, des gens qu'on aurait dit tout droit sortis de l'imagination d'un geek shooté aux drogues douces d'Amsterdam ! Celui-là ne faisait pas vraiment exception, même s'il était ce qu'ils appelaient ici un « humanoïde » : il avait une apparence qui rappelait celle des humains, si l'on passait outre sa peau couleur ocre, ses doigts pointus, les cornes qui enserraient sa tête chauve en pointant vers le bas et son visage juste assez différent pour qu'on sache qu'il n'était pas humain. J'ai froncé les sourcils. J'en avais encore jamais vu, des comme lui. Mais malgré tout, même si j'en avais jamais vu, j'ai pu me rendre compte qu'il avait l'air plutôt jeune, comme un adolescent de peut-être quinze, seize ans.

La jeunesse…

Il m'a fait signe de jouer à motus en s'appuyant contre le sas qu'il venait de verrouiller pour entendre ce qu'il se passait à l'extérieur. Je l'ai regardé faire en silence, mes genoux jouant aux castagnettes sous la fatigue et l'adrénaline du moment. Je dirais bien qu'on est resté comme ça au moins plusieurs minutes, avant que mon super sauveur ne recule pour se tourner vers moi et me faire un sourire pour le moins éclatant, qui m'a surpris. Toujours sans un mot, il m'a fait signe de le suivre et a disparu dans un couloir sombre en trottinant d'un pas v. J'ai mis un petit moment avant d'obtempérer, toujours sous le choc.

L'endroit était pire qu'un bazar tatooinien, je vous jure ! Y'avait des trucs qui s'empilaient jusqu'au plafond, et bon sang, j'aurais bien été infoutue de vous dire de quoi il s'agissait ! J'ai failli me casser la figure un nombre incalculable de fois sur une distance de 5 mètres seulement, avant de me dire que m'appuyer sur le mur, bah c'était plutôt cool, comme idée… Surtout quand vous manquez d'avoir un rencard avec le sol à cause de ce qui ressemble à un tournevis galactique . J'espérais juste ne pas avoir terminé dans un truc du genre « piège ». C'est pas ma faute, après, si une rébellion contre un empire tyrannique vous rend complètement parano ! Seulement, j'avais pas franchement le choix, à cet instant précis. Trop fatiguée, puis j'avais mal partout, sérieux !

J'ai continué en titubant dans le noir comme une alcoolique aveugle, et j'ai manqué lâcher un couinement de souris comme je savais si bien les faire quand mon nouveau copain est réapparu en face de moi comme l'aurait fait un magicien.

- Désolé pour le désordre, s'est-il excusé d'un air presque penaud, Les Stormtroopers ne font pas vraiment dans le rangement et je n'ai pas vraiment eu le temps de tout remettre en ordre. Et puis, c'est une entrée très peu utilisée, alors…- Attends, attends, attends… , ai-je lâché, Les Stormtroopers ?

OK, là, j'avais un mauvais pressentiment… Mais le gamin a secoué la tête et les mains.

- Non, non ! C'est sans impériaux, ici. Mais les Stormtroopers ont fouillé l'endroit, tout le quartier, en fait. Ils vous cherchaient.

- … T'es sûr que tout est OK ? , ai-je fini par demander.

J'ai pas pu m'en empêcher mon angoisse a dû se faire sentir dans mes mots, parce que le gamin m'a fait un nouveau sourire :

- Ne vous inquiétez pas.

Il m'avait dit ça avec une telle conviction que je me suis surprise à le croire. C'était bête, hein ? D'habitude, pour moi, c'était chacun son cul et les hippopotames de l'espace seraient bien gardés. Mais j'étais franchement dans une merde noire - Nan, je rectifie : dans une merde intersidérale – et ce gamin, dont j'étais même pas foutue d'identifier l'espèce comme la crétine que j'étais, décidait sans même me connaitre de me donner un coup de main.

Je vais vous l'avouer : je lui faisais confiance.

Il y a des fois, dans la vie, vous rencontrez des personnes que vous n'aviez jamais vu avant. Vous ne leur avez jamais parlé, vous ne les avez jamais regardé avant cet instant. Et d'un coup, quelque chose, un geste , un mot, une parole… Et vous vous dites que oui, cette personne mérite votre confiance. C'est rare, je l'admets, et ça ne m'est arrivé qu'une fois avant ça.

Avec Teran.

Mais maintenant, je ressentais la même chose envers cet adolescent gamin, qui s'était dit que me sortir de la rue était peut-être la chose à faire.

Alors la seule chose que j'ai pu demander à cet instant a été :

- Comment tu t'appelles ?

Il s'est de nouveau tourné vers moi et ses yeux noirs ont pétillé comme des étincelles.

- Séraphi.


Merci à ceux qui suivent et pour vos reviews !

La suite dès que possible :)

Lereniel